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Questions bibliques sur la Torah

 

Q: Comment prononce-t-on exactement « Torah », et que signifie ce mot ?

R: Le Merriam-Webster Dictionary en donne la prononciation TOR-ah, avec un « o » long, un schwa sur le « a » et l’accent tonique sur la première syllabe. La Torah se compose des cinq premiers livres de la Bible, de la Genèse au Deutéronome.

   On traduit souvent « Torah » par « Loi ». Ce mot a toutefois un sens plus large que « Loi », et « instruction » en serait une meilleure traduction. Ainsi, Clément d’Alexandrie, dans les Stromates (193-202 apr. J.-C.), livre I, chap. 28, p. 340, divise la Torah en quatre domaines : a) historique, b) législatif/éthique, c) sacrificiel/science physique et d) théologique/vision.

On peut aussi la diviser selon d’autres classifications.

 

Q: Pourquoi pense-t-on que Moïse a écrit les cinq premiers livres (appelés la Torah) ?

R: Il y a au moins trois raisons.

1. Jésus a présenté ces livres comme écrits par Moïse en Marc 1.44 ; 10.3-5 ; 12.26 ; Luc 16.29,31 ; 20.37 ; Jean 3.14 ; 5.46 ; 6.32 ; 7.19 ; 7.23.

2. D’autres ont reconnu que la Torah avait été écrite par Moïse : Matthieu 22.24 ; Luc 2.22 ; 5.14 ; 20.28 ; 24.27,44 ; Jean 1.17 ; 1.45 ; 8.5 ; 9.28 ; Actes 3.22 ; 6.11,14 ; 13.39 ; 15.1,5 ; 15.21 ; 21.21 ; 26.22 ; 28.23 ; 1 Corinthiens 9.9.

3. Moïse a pu mettre lui-même tout cela par écrit (il disposait de 47 ans pour le faire), ou bien en confier la rédaction, en tout ou en partie, à un secrétaire. Un secrétaire a pu ajouter certains éléments, tels que le chapitre relatant la mort de Moïse ; mais, quelle que soit la manière dont ces livres ont été mis par écrit, c’est Dieu qui les a donnés par l’intermédiaire de Moïse.

 

Q: Moïse a-t-il écrit chaque mot de la Torah ?

R: Probablement pas. Mais cela ne pose aucun problème, car c’est en Dieu, et non en Moïse, que nous plaçons notre confiance pour donner et préserver ce qu’il veut que nous lisions. Exode 6.26-27 et 16.33-36 ont pu être écrits par Moïse, s’il a choisi de rédiger ces passages à la troisième personne, comme en Deutéronome 31.9,24. Moïse était prophète, mais il serait inhabituel qu’il ait relaté sa propre mort en Deutéronome 34.5-12. Quoi qu’il en soit, aucun de ces trois exemples ne révèle un texte postérieur à l’époque de Moïse.

 

Q: D’une manière générale, comment les cinq premiers livres pourraient-ils être de Moïse, puisque [prétendument] on ne savait pas écrire à cette époque ?

R: Au milieu du XIXe siècle, de nombreux enseignants libéraux soi-disant chrétiens enseignaient que la Bible était issue de plusieurs siècles de tradition orale, puisque l’on ne savait pas écrire à l’époque de Moïse. Depuis lors, on a découvert des écrits antérieurs de 1 800 ans à Moïse. Quelque 30 000 tablettes sumériennes ont été mises au jour, dont 4 000 dans la ville d’Uruk, datées de 3000 av. J.-C., et plus de 20 000 tablettes dans l’importante cité de Mari. Entre 14 000 et 15 000 inscriptions sur tablettes d’argile ont été exhumées dans la cité d’Ebla (2500-2200 av. J.-C.), dont l’une mentionne le nom d’Abraham. À l’époque de Moïse, même des esclaves savaient lire et écrire. Du reste, Moïse fut élevé à la cour d’Égypte et y reçut une instruction approfondie (voir Actes 7.22).

   Même un simple esclave pouvait s’instruire en lisant les nombreuses inscriptions qui couvraient les murs des temples et des tombeaux. On pourrait dire que ceux qui s’accrochent encore à la théorie de la tradition orale devraient, eux aussi, lire l’inscription sur la muraille. Pour plus de détails, voir l’Encyclopedia of Bible Difficulties, p. 51-54. Sur Ebla, voir le National Geographic Magazine, décembre 1978, p. 731-759.

 

Q: Pourriez-vous répondre à cette question : combien d’Israélites Dieu a-t-il fait périr pour désobéissance et rébellion au cours des années passées dans le désert ?

R: On peut répondre à cette question de deux manières.

a) Presque tous les Israélites sortis d’Égypte sont morts dans le désert à cause de leur désobéissance. Beaucoup d’entre eux sont morts de vieillesse, de mort naturelle, mais Dieu avait déclaré qu’aucun de ceux qui étaient sortis d’Égypte n’entrerait dans la terre promise, à l’exception de Josué, de Caleb et de ceux qui n’avaient pas atteint l’âge de la responsabilité. (D’autres, par ailleurs, ne périrent pas pour désobéissance, mais moururent lors de l’attaque des Amalécites, en Exode 17.8-13.)

b) Mais si l’on ne retient que ceux que Dieu a fait périr directement (y compris par une plaie) pour désobéissance :
b1) Exode 32.35 rapporte que beaucoup périrent par une plaie après avoir fait le veau d’or, sans en préciser le nombre.

b2) Lévitique 10.1-3 : deux fils d’Aaron, Nadab et Abihu, furent frappés de mort pour avoir offert un feu étranger.
b3) Nombres 11.33-34 rapporte une très grande plaie, sans en donner le nombre de victimes.

b4) Nombres 14.37-38 : les hommes qui avaient décrié le pays de Canaan moururent frappés d’une plaie.

b5) Nombres 16 : Koré, Dathan, Abiram et leurs familles furent engloutis par la terre.

b6) Nombres 20.22-28 : Aaron mourut parce que Moïse et lui s’étaient rebellés aux eaux de Meriba. (Selon Nombres 33.39, Aaron avait alors 123 ans, mais il mourut sur l’ordre exprès de Dieu.)

b7) Nombres 21.6-8 : beaucoup de gens moururent mordus par des serpents brûlants, après avoir parlé contre Dieu.

b8) Nombres 25.8-9 : une plaie, survenue après que les Israélites eurent rendu un culte à Baal-Peor, fit 24 000 morts.

b9) Enfin, Moïse reçut l’ordre de monter sur le mont Nebo, en Moab, juste en face de Canaan, où Dieu lui annonça qu’il lui reprendrait la vie. Dieu lui ordonna d’y monter pour lui montrer le pays, bien que Moïse ne pût y entrer. Moïse y monta donc pour contempler le pays, puis mourut, comme Dieu le lui avait ordonné (Deutéronome 32.48-52 ; 34.1-5).

c) Il y eut aussi des exécutions.

c1) Environ 3 000 Israélites furent mis à mort pour idolâtrie après l’adoration du veau d’or, en Exode 32.28.
c2) Un blasphémateur fut lapidé en Lévitique 24.10-16.
c3) Nombres 15.32-36 : un homme qui ramassait du bois le jour du sabbat fut lapidé.

c4) Nombres 25.4-8 : des Israélites qui avaient rendu un culte à Baal-Peor furent mis à mort.

   Remarquons également que, lors du second recensement, en Nombres 26, le total est légèrement inférieur à celui du premier recensement, effectué près de 40 ans plus tôt. Ainsi, leurs près de 40 ans d’errance dans le désert n’ont nullement accru leur nombre.

   Nous apprenons ailleurs dans la Torah, ainsi que dans les livres ultérieurs, que Dieu est miséricordieux et plein d’amour ; mais les passages qui précèdent montrent qu’il est aussi exigeant et plein de colère. Ces morts auraient pu être passées sous silence et tomber dans l’oubli ; elles ont pourtant été délibérément consignées ici, et je pense que c’est parce que Dieu voulait nous faire comprendre quelque chose. Même si Dieu sait faire grâce et miséricorde, ne tenez pas sa grâce et sa miséricorde pour acquises. Ne vous rebellez pas contre Dieu, car il est, de tous les êtres de l’univers, à la fois le plus redoutable dans sa colère et le plus aimant.

   Puissiez-vous connaître la grâce et la miséricorde de Dieu, et non sa colère.

 

Q: Existe-t-il une preuve historique d’un « Hexateuque », c’est-à-dire d’un recueil réunissant la Torah et le seul livre de Josué ?

R: Il n’en existe absolument aucune. Voici trois éléments qui prouvent le contraire :

1. Les Samaritains n’acceptaient comme Écriture que la Torah (les cinq premiers livres).

2. Les sadducéens, de même, reconnaissaient à ces mêmes cinq livres une pleine autorité scripturaire.

3. Les Juifs orthodoxes acceptaient le même Ancien Testament que les protestants, mais le divisaient en trois parties : la Torah, les Prophètes et les Écrits.

 

Q: Qu’est-ce que la théorie JEPD, quels arguments avance-t-on en sa faveur, et pourquoi est-elle erronée ?

R: La théorie JEPD, ou hypothèse documentaire, est aujourd’hui enseignée dans de nombreux cours universitaires consacrés à la Bible. Elle a été élaborée au XIXe siècle par Julius Wellhausen et d’autres, à une époque où les savants pensaient que peu de gens savaient écrire du temps de Moïse. Elle soutient que les cinq premiers livres de la Bible (ainsi que Josué) seraient une tradition orale mise par écrit plusieurs siècles après Moïse, par au moins quatre ou cinq auteurs différents.

Jéhoviste : source (v. 850 av. J.-C.) des passages où le nom divin est employé, comme Genèse 2.4-3.3.

Élohiste : source (v. 750 av. J.-C.) des passages où le mot Élohim désigne Dieu, comme Genèse 1.1-2.3 ; 7.2-3.

Priesterkodex : source sacerdotale (v. 450 av. J.-C.) des versets relatifs au temple, comme le Lévitique et Gn 6.19-20.

Deutéronomiste : source (v. 622 av. J.-C.) de la plus grande partie du livre du Deutéronome.

Heiligkeitsgesetz : source dite « Code de sainteté » (v. 575 av. J.-C.), pour Lévitique 17-26 ; il s’agit d’une variante de la théorie JEPD.

En général, la théorie JEPD enseignait autrefois que la Bible donne une fausse image d’elle-même et que la Torah n’aurait reçu sa forme actuelle que vers 200 av. J.-C. Or nous possédons, parmi les manuscrits de la mer Morte, une copie de l’Exode et du Lévitique datée d’environ 250 av. J.-C.

…Ce qu’ont dit les auteurs bibliques

Moïse mit par écrit ce que l’Éternel avait dit, en Exode 24.4-7 et en Exode 34.27.

L’Éternel parla, en Josué 1.7-8, de prendre garde à observer toute la loi que Moïse avait prescrite dans le livre de la loi. Voir aussi Josué 8.31-34 ; 23.6.

Au temps de Josias, 2 Chroniques 34.14 rapporte que l’on trouva le livre de la loi de l’Éternel donnée par Moïse.

Jésus et les évangélistes mentionnent que la Loi a été donnée par Moïse en Marc 7.10 ; 10.3-5 ; 12.26 ; Luc 2.22 ; 5.14 ; 16.29-31 ; 20.28,37 ; 24.27,44 ; Jean 1.45 ; 5.45-47 ; 7.19,23 ; 8.5 ; 9.29.

L’apôtre Paul fait référence aux écrits de Moïse en Romains 10.5, en 1 Corinthiens 9.9 et en 2 Corinthiens 3.15.

D’autres livres du Nouveau Testament mentionnent Moïse : Actes 3.22 ; 6.14 ; 13.39 ; 15.1,21 ; 26.22 ; 28.23 ; Hébreux 9.19 ; Apocalypse 15.3.

   Voici d’autres versets qu’Evidence That Demands a Verdict volume 2, p. 95-98, cite comme indiquant que la Torah a été écrite par Moïse ou à son époque : Deutéronome 31.9,24-26 ; Exode 17.14 ; Nombres 33.2 ; 1 Rois 2.3 ; 2 Rois 14.6 ; 23.25 ; 1 Chroniques 22.13 ; 2 Chroniques 5.10 ; 23.18 ; 25.4 ; 30.16 ; 33.8 ; 35.12 ; Esdras 3.2 ; 6.18 ; 7.6 ; Néhémie 1.7,8 ; 8.1,14 ; 9.14 ; 10.29 ; 13.1 ; Daniel 9.11,13 ; Malachie 4.4.

Ésaïe 59.21 promet : « Voici mon alliance avec eux, dit l’Éternel : Mon esprit, qui repose sur toi, Et mes paroles, que j’ai mises dans ta bouche, Ne se retireront point de ta bouche, ni de la bouche de tes enfants, Ni de la bouche des enfants de tes enfants, Dit l’Éternel, dès maintenant et à jamais. » (LSG)

   Moïse a fort bien pu écrire lui-même toute la Torah sur parchemin, puisqu’il disposait de plus de 40 ans. Il a pu aussi la faire écrire par des scribes. Quelques mots ont pu être retouchés plus tard, et Moïse n’a probablement pas relaté sa propre mort. Ces exceptions mises à part, les auteurs bibliques, tous les maîtres juifs (Philon, Josèphe, etc.), les premiers auteurs chrétiens et ceux qui se fient aujourd’hui à la Bible croient :

a) que la Torah (la Loi) a été écrite à l’époque de Moïse,

b) par Moïse ou par des scribes travaillant sous sa direction,

c) et qu’elle constitue une transmission fiable de la parole de Dieu.

La théorie JEPD nie ces trois points.

…Critères d’appréciation

   Lorsque l’on affirme qu’une chose est vraie ou fausse, il convient d’énoncer les critères sur lesquels repose ce jugement. En règle générale, lorsqu’un document se présente comme écrit par une personne donnée à une époque donnée, le bénéfice du doute revient à cette affirmation, à moins qu’il n’existe de sérieuses raisons de penser le contraire. Il n’est pas objectif d’appliquer un critère à l’histoire profane et un critère plus sceptique à l’histoire rapportée par des croyants.

   On trouvera ci-après des arguments pour et contre la théorie JEPD, chaque argument en sa faveur étant suivi d’une réfutation (signalée par « Réponse »). Le « terrain » de la bataille a considérablement changé depuis l’apparition de la théorie JEPD : chaque petit coup de pioche de l’archéologue a peu à peu fait tomber le mur de respectabilité de cette théorie du XIXe siècle.

…Arguments en faveur de plusieurs auteurs (JEPD)

Différence des noms divins employés pour Dieu : Élohim est employé 35 fois dans les 34 premiers versets, et Yahvé-Élohim 20 fois dans les 45 versets suivants.

Réponse : Ce n’est pas tout à fait exact, puisque Élohim seul est employé 3 fois en Genèse 3.1-5, lorsque le serpent et Ève s’entretiennent. Mais l’emploi de l’un ou l’autre terme était délibéré : il exprimait d’abord la nature universelle et transcendante de Dieu, puis ses aspects plus personnels. On observe une situation semblable dans le Coran : « Allah » prédomine dans les sourates médinoises, plus tardives, tandis que dans les sourates mecquoises, plus anciennes, « Seigneur » est souvent employé et « Allah » rarement. De même, le premier chapitre de l’épître aux Hébreux n’emploie jamais les mots « Jésus » ou « Christ », mais seulement « Fils », à 5 reprises. Or Hébreux 2.1-3.3 emploie « Jésus » 4 fois. Pourtant, nul ne met en doute l’unité de l’épître aux Hébreux. Jean 1.1-16 n’emploie pas davantage les mots « Jésus » ou « Christ », mais seulement « Parole » ou « Fils », à 6 reprises. Pourtant, nul ne pense que Jean 1.1-16 soit d’un autre auteur.

   Soit dit en passant, le livre de Jonas n’emploie que le nom divin (sauf lorsque parlent les marins) jusqu’à Jonas 3.4. Ensuite, le récit emploie aussi Élohim pour désigner le vrai Dieu.

Anachronismes supposés : En Exode 6.2-3, Dieu déclare qu’il ne s’est pas fait connaître à Abraham, à Isaac et à Jacob sous son nom de Yahvé. Or ce nom apparaît en 197 endroits avant Exode 6.2-3.

Réponse : Dire « Christophe Colomb a débarqué en Amérique » n’est pas un anachronisme ; et n’oublions pas que la Genèse n’a été mise par écrit qu’à l’époque de Moïse. En outre, le texte ne dit pas que ce nom n’avait jamais été révélé auparavant, mais seulement qu’il n’avait pas été révélé à ces trois personnes. Bien entendu, la plupart des dialogues sont vraisemblablement des paraphrases.

Doublets d’événements distincts : Gn 1 et Gn 2. Gn 4.17-24 et Gn 4.25-5.32. Gn 12.19-20 et Gn 26.7-11. Gn 15 et Gn 17.

Réponse : La ressemblance ne prouve pas la répétition. Par exemple, Genèse 1 relate la création de la terre, et Genèse 2 celle de l’homme dans le jardin d’Éden. En Genèse 12.19-20, Abraham fit passer sa femme pour sa sœur. Si un fils admirait son père, et que celui-ci avait agi ainsi sans jamais lui dire que c’était mal, le fils serait d’autant plus enclin à faire de même. Isaac fit d’ailleurs la même chose en Genèse 26.7-11.

Doublets de résumé ou de précision : Gn 6.19-20 et Gn 7.2-3. Gn 12.1-5 et Gn 12.4b-9. Gn 32.22-32 et Gn 35.9-10.

Réponse : La littérature antique comportait souvent, elle aussi, des résumés.

Contradictions alléguées : Gn 1.12,26 et Gn 2.5-7. Gn 1.24,27 et Gn 2.7,19.

Réponse : Dieu créa les plantes avant l’homme, mais les plantes des champs (les cultures) ne vinrent qu’après l’homme, en Genèse 2.5-7. Genèse 2.7,19 montre que les animaux avaient été créés, et non qu’ils n’auraient été créés qu’à ce moment-là. Genèse 2.19 dit : « Or l’Éternel Dieu avait formé du sol tous les animaux sauvages et tous les oiseaux du ciel » (NIV).

Différents styles d’écriture sont présents.

Réponse : Une même personne peut employer divers styles d’écriture selon les sujets traités et aux différentes époques de sa vie. Par exemple, C. S. Lewis a écrit des contes pour enfants, de la science-fiction et des ouvrages de théologie, et ses styles varient bien davantage que ceux de la Torah.

…Arguments chronologiques contre la théorie JEPD

Qui aurait connu ces détails propres à l’époque ? Au XIXe siècle, les critiques de la Bible pouvaient relever dans la Torah de nombreux détails qui ne trouvaient aucun appui en dehors de la Bible : entre autres, des villes hittites en Palestine, Sodome et Gomorrhe, des noms tels qu’Abram et Arjoc, ainsi que les peuples énumérés. Au XXe siècle, on a trouvé des preuves de la plupart de ces éléments, notamment de 51 des 68 peuples mentionnés et de 13 des 16 villes. Ainsi, plus de 20 000 tablettes provenant de la cité de Mari (2800-1760 av. J.-C.) ont été conservées. On y trouve les noms de Noé, d’Abram, de Laban et de Jacob.

Qui aurait connu les détails de l’Égypte ancienne ? Aujourd’hui encore, des critiques de la Bible commettent parfois l’erreur d’affirmer que l’Égypte devait avoir une frontière fermée, ou qu’il n’existe aucune trace des Hébreux. Or les archéologues ont trouvé à Gosen des traces de moutons asiatiques à longue queue apparus précisément à cette époque. Des listes d’esclaves en Égypte, datées d’environ 1809-1743 av. J.-C., mentionnent expressément des esclaves issus des tribus d’Issacar et d’Aser. On a mis au jour une grande villa qui pourrait avoir été la demeure de Joseph. On a également découvert des noms asiatiques propres à cette seule époque, tels que Schiphra.

Pour « J » : Genèse 1 se présente comme un contraste, presque comme une réfutation de l’Épopée de Gilgamesh, dont la première rédaction remonte à environ 2100 av. J.-C. (bien qu’elle n’ait atteint sa forme définitive que vers 1200-1000 av. J.-C.).

Pour « E » : Genèse 2 présente certaines ressemblances avec le poème sumérien de Dilmun, rédigé vers 2400 av. J.-C. Si deux œuvres littéraires présentent des ressemblances, cela suggère qu’elles datent d’une même époque.

Pour « P » : Selon l’érudit Joseph P. Free, il n’existe plus aujourd’hui aucune raison valable de dater tardivement les lois lévitiques relatives aux sacrifices, puisque des parallèles apparaissent dans des textes ougaritiques du XIVe siècle av. J.-C.

Pour « D » : Le plan du Deutéronome est très proche de celui des traités de suzeraineté antérieurs à 1000 av. J.-C.

…Arguments contre la théorie JEPD fondés sur l’unité du texte

Quatre-vingt-onze versets sont scindés entre différents « auteurs » selon le commentaire libéral Interpreter’s One-Volume Commentary.

Genèse 2.4 ; 7.16,17 ; 8.2,3,13 ; 10.1 ; 12.4 ; 13.11,12 ; 16.1 ; 19.30 ; 21.1,2,6 ; 25.11,26 ; 31.18 ; 32.13 ; 33.18 ; 35.22 ; 37.25,28 ; 41.46 ; 42.28 ; 45.1,5 ; 46.1 ; 47.5,6,27 ; 48.9,10 ; 49.1,28

Exode 1.20 ; 2.23 ; 3.4 ; 4.20 ; 7.15,17,20,21 ; 8.15 ; 9.23,24,35 ; 10.1,13,15 ; 12.27 ; 13.3 ; 14.9,19,20,21,27 ; 15.21,22,25 ; 16.13,15 ; 17.1,2,7 ; 19.2,3,9,11,13 ; 24.12,15,18 ; 25.18 ; 31.18 ; 32.8,34,35 ; 33.5,19 ; 34.1,11,14

Nombres 13.17,26 ; 14.1 ; 16.1,2,26,27 ; 20.22.

(Le Deutéronome est considéré comme entièrement « D ».)

   Combien de versets cette théorie devrait-elle scinder en deux avant de devenir insoutenable ? Quatre-vingt-onze versets, c’est trop ; c’est pourtant le nombre de versets qu’il faudrait scinder.

Voici une traduction du texte même du papyrus Brooklyn (1809-1743 av. J.-C.) qui mentionne Issacar, Aser et Schiphra, tirée de Pharaohs and Kings: A Biblical Quest de David M. Rohl (Crown Publishers, 1995), p. 276-277.

« (b) Aux lignes 13, 14, 16, 22 et 67, nous trouvons des variantes de l’éponyme tribal “Issacar”, nom du cinquième fils de Léa et de Jacob ;

(c) À la ligne 23 figure le nom du clan “Aser”, d’après son ancêtre éponyme, le deuxième fils de Zilpa et de Jacob.

(d) Enfin, à la position 21, nous lisons “Schiphra” […] »

 

Q: Dieu a-t-il fidèlement préservé la Torah ?

R: Oui. L’Écriture comme l’archéologie indiquent que nos copies actuelles ne comportent aucune modification importante. En voici quatre raisons :

1. Dieu a promis de préserver sa parole en Ésaïe 55.10-11 ; 59.21 ; 1 Pierre 1.24-25 ; Matthieu 24.35.

2. Jésus et le Nouveau Testament ont confirmé les Écritures de l’Ancien Testament en Matthieu 19.4 ; 22.32,37,39 ; 23.35 ; Marc 10.3-6 ; Luc 2.23-24 ; 4.4 ; 11.51 ; 20.37 ; 24.27,44.

3. Preuves archéologiques : la Septante, traduction grecque de la Torah, a été réalisée vers 250 av. J.-C. Les manuscrits de la mer Morte s’échelonnent d’environ 250 av. J.-C. jusqu’à une époque postérieure à Jésus-Christ, et nous pouvons les comparer à nos Bibles actuelles. Les Targoums araméens sont des traductions réalisées vers l’époque de Jésus. Les manuscrits de la mer Morte comprennent environ 95 000 fragments provenant de quelque 867 manuscrits de l’Ancien Testament et d’autres écrits. Selon The NIV Study Bible, p. 1432, environ un tiers des manuscrits de la mer Morte sont des manuscrits de l’Ancien Testament.

4. Le témoignage des premiers auteurs chrétiens, notamment Ignace et Polycarpe, qui furent disciples de l’apôtre Jean.

 

Q: Pour les musulmans, quelles preuves leur Coran fournit-il que la Bible venait à l’origine de Dieu ?

R: Les musulmans avec qui je me suis entretenu reconnaissent volontiers que la Bible a été donnée à l’origine par Dieu ; voici néanmoins, tirées de leur propre Coran, les raisons pour lesquelles ils devraient le croire.

1. Le Coran mentionne de nombreux prophètes et hommes pieux communs avec la Bible.

Parmi eux figurent Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Job, Moïse, David, Salomon, Élie, Élisée, Jonas, Jean-Baptiste, Jésus et ses apôtres.

   Sourate 6.84-85 : « Nous lui avons donné [à Abraham] Isaac et Jacob, et Nous les avons guidés tous (les trois) ; et auparavant Nous avions guidé Noé et, parmi sa descendance, David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. C’est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien. Et Zacharie, Jean [le Baptiste], Jésus et Élias [Élie] : tous au rang des justes. »

   Sourate 32.23 : « Nous avons en effet donné jadis le Livre à Moïse. Ne doute donc pas qu’il soit parvenu (jusqu’à toi) ; et Nous en avons fait un guide pour les enfants d’Israël. »

   Sourate 6.91 : « Ils n’estiment pas Allah à sa juste valeur lorsqu’ils disent : “Allah n’a rien fait descendre sur un homme (par voie de révélation).” Dis : “Qui donc a fait descendre le Livre qu’apporta Moïse, lumière et guide pour les hommes ?” […] »

2. Le Coran affirme qu’Allah a donné ses paroles à ces prophètes

Sourate 4.150-151 : « Ceux qui renient Allah et ses messagers, et qui veulent faire une distinction entre Allah et ses messagers en disant : “Nous croyons en certains, mais nous en rejetons d’autres”, et qui veulent prendre une voie intermédiaire, (151) ceux-là sont en vérité les mécréants […] »

La sourate 3.48 dit : « Et Allah lui enseignera [à Jésus] le Livre et la Sagesse, la Torah et l’Évangile. »

La sourate 29.46 montre que l’on doit croire en la Bible : « […] “Nous croyons en la révélation qui est descendue vers nous et en celle qui est descendue vers vous” […] »

 

Q: Pour les musulmans, quelles preuves leur Coran fournit-il que la Torah a été fidèlement préservée jusqu’à nos jours ?

R: D’après mon expérience, beaucoup de musulmans ne savent pas clairement ce que leur propre Coran enseigne à ce sujet. Voici quatre points, suivis d’une explication de chacun d’eux.

1. Le Coran ne dit jamais que la Bible a été corrompue ;

2. au contraire, il affirme qu’Allah préserve sa parole ;

3. Jésus a confirmé la Bible de son temps ;

4. enfin, les preuves archéologiques remontent jusqu’à l’époque de Jésus.

1. Le Coran n’a jamais dit que la Bible avait été corrompue.

La sourate 2.75 dit que certains, peut-être des Juifs de Médine, ont sciemment altéré la parole de Dieu après l’avoir comprise. Elle ne dit pas qu’ils ont corrompu l’Écriture, ni la leur ni celle du monde entier. Du reste, ils n’auraient pu altérer sciemment la parole de Dieu s’ils ne l’avaient plus eue en leur possession. Voir aussi la sourate 3.78.

2. Le Coran affirme qu’Allah préserve sa parole.

La sourate 5.46 dit : « Et Nous avons envoyé sur leurs traces [celles des prophètes] Jésus, fils de Marie, confirmant la Torah venue avant lui ; Nous lui avons donné l’Évangile, où se trouvent direction et lumière, et qui confirme la Torah venue avant lui, guide et exhortation pour ceux qui craignent Allah. » Jésus devait disposer de la Torah authentique pour pouvoir la confirmer.

   Le texte poursuit. La sourate 5.47 dit : « Que les gens de l’Évangile jugent d’après ce qu’Allah y a révélé […] » Si les gens de l’Évangile doivent juger d’après ce que Dieu a révélé dans l’Évangile, comment l’Évangile d’après lequel ils doivent juger pourrait-il ne pas être celui d’après lequel Dieu leur a dit de juger ?

   La sourate 5.48 dit : « À toi [y compris les gens de l’Évangile], Nous avons fait descendre l’Écriture en vérité, confirmant l’Écriture venue avant elle et la gardant en sécurité ; juge donc entre eux d’après ce qu’Allah a révélé, et ne suis pas leurs vains désirs en t’écartant de la vérité qui t’est parvenue […] » Voir aussi la sourate 5.66,68,70.

   Remarquez qu’Allah a) a confirmé l’Écriture qui l’avait précédé et b) l’a gardée en sécurité. Cher musulman, croyez-vous ce que le Coran dit de Dieu gardant l’Écriture des gens du Livre ?

   La sourate 15.9-10 dit : « C’est Nous, sans aucun doute, qui avons fait descendre le Message, et c’est Nous assurément qui le garderons [de la corruption]. Nous avons envoyé des messagers avant toi parmi les sectes d’autrefois. » La sourate 15.9 ne dit pas que seul le « Coran » serait gardé, mais « le Message ».

   La sourate 10.94 dit que ceux qui doutent devraient interroger ceux qui lisaient « le Livre » avant Mahomet.

3. La confirmation de la Torah par Jésus en son temps.

La sourate 3.48 dit : « Et Allah lui enseignera [à Jésus] le Livre et la Sagesse, la Torah et l’Évangile. »

   Le Coran, sourate 5.46, dit : « Et Nous avons envoyé sur leurs traces [celles des prophètes] Jésus, fils de Marie, confirmant la Torah venue avant lui ; Nous lui avons donné l’Évangile, où se trouvent direction et lumière, et qui confirme la Torah venue avant lui, guide et exhortation pour ceux qui craignent Allah. »

   Si Jésus a confirmé la Torah telle qu’elle était préservée en son temps, il est périlleux de rejeter ce que Jésus a confirmé.

   Le Coran, sourate 3.50, dit : « (Je [Jésus] suis venu à vous) pour confirmer la Torah qui était avant moi. […] Je suis venu à vous avec un signe de votre Seigneur. Craignez donc Allah et obéissez-moi. » Il est pratiquement impossible de faire ce qui suit :

1. Craindre Dieu, tout en pensant qu’il ne peut pas ou ne veut pas préserver la révélation à laquelle obéissent ses fidèles.

2. Obéir à Jésus, tout en rejetant à la fois ses paroles et la Torah qu’il a confirmée.

4. Preuves archéologiques concernant l’Ancien Testament

L’archéologie montre que la Bible que Jésus connaissait a été préservée.