Arguments téléologiques biochimiques fondés sur le dessein
26 décembre 2025
« Que tes œuvres sont nombreuses, ô Éternel ! Tu les as toutes faites avec sagesse ; » Psaume 104:24 (Berean Bible)
Il ne s’agit pas ici de « preuves » de l’existence de Dieu, mais plutôt d’« indices » attestant que certains aspects du vivant ont nécessairement été conçus. En un sens, on peut y voir les « empreintes digitales » de l’œuvre créatrice de Dieu. Avant d’aborder ces différents points, il convient toutefois de comprendre ce qu’est la micro-évolution.
La micro-évolution
À la différence de la macro-évolution, la micro-évolution est un fait qui a été observé dans la nature. Elle a également été confirmée par les expériences menées par Richard Lenski sur la bactérie E. coli dans les années 1990. Voir, de Michael Behe, The Edge of Evolution, p. 141, pour de plus amples développements.
Un exemple de micro-évolution serait l’apparition de toutes les races humaines, de couleurs différentes, à partir d’un seul couple. Un deuxième exemple est celui d’un virus du rhume qui acquiert une résistance au vaccin antigrippal de l’année précédente. Ainsi, lorsque surviennent des erreurs de copie génétique, le résultat peut être catastrophique ou cancéreux ; il peut, très rarement, se révéler bénéfique ; le plus souvent, il demeure neutre. Une partie de notre ADN se trouve dans des groupes appelés « exons », qui produisent des protéines. Cependant, chez les eucaryotes (les plantes et les animaux), une grande part de l’ADN se trouve dans les « introns », qui ne codent pas pour des protéines, bien qu’ils jouent peut-être un rôle dans la régulation de la vitesse de l’ADN codant. Une petite mutation peut transformer un intron en exon, ou inversement. Les mutations qui en sont la cause peuvent provenir des rayons cosmiques, de la radioactivité ou d’agents chimiques mutagènes tels que la nicotine. Les procaryotes connaissent en outre une forme supplémentaire de mutation. Ils ne possèdent ni noyau ni autres structures cellulaires, et leur ADN est « flottant ». Les procaryotes tels que les bactéries peuvent expulser au hasard une partie de leur ADN, que d’autres bactéries « mangent » et intègrent au leur.
Les organismes porteurs de modifications génétiques défavorables peuvent disparaître rapidement, ou bien s’éteindre très progressivement. Ces modifications peuvent aussi se révéler nuisibles dans la plupart des milieux, mais bénéfiques dans d’autres. Ainsi, certains Juifs ashkénazes sont atteints de la maladie de Tay-Sachs, qui les rend résistants à la tuberculose, et certaines personnes souffrent de thalassémie (sous diverses formes) ou de drépanocytose, qui les rend résistantes au paludisme.
D’aucuns affirment que l’espèce humaine traverse actuellement une phase de changement micro-évolutif. Les biochimistes ont découvert un gène de la digestion du lait qui se désactive au sortir de la petite enfance, de sorte que nous perdons les protéines nécessaires à la digestion du lait (mais non du fromage). Nombre de personnes (de toutes races) dont les ancêtres étaient éleveurs possèdent une mutation qui empêche ce gène de se désactiver ; elles digèrent parfaitement le lait leur vie durant. C’est notamment le cas de 70 % des Européens de l’Ouest.
Mais quelles sont les limites du changement biologique par mutation et sélection naturelle permettant aux organismes vivants de s’adapter, par opposition à ce qui ne saurait résulter que du dessein intelligent d’un Concepteur (Dieu) ? Avant de pouvoir traiter cette question, il nous faut d’abord comprendre la distinction entre complexité réductible et complexité irréductible. On peut constater que la micro-évolution engendre une complexité réductible, mais l’on voit mal comment une complexité irréductible pourrait exister sans concepteur.
La complexité réductible
Certaines choses sont complexes sans être irréductiblement complexes. Considérons les grandes termitières d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’Australie. Elles peuvent atteindre 90 pieds (environ 27 mètres) de diamètre. On y trouve la chambre de la reine, différents compartiments destinés à l’élevage des œufs et des nymphes, et même ce qui semble relever d’une « conception » visant à réguler l’humidité, la température et la circulation de l’air. Certaines termitières comportent même une sorte de cheminée qui évacue l’air chaud et vicié par effet Venturi. Elles sont solidement bâties : on estime que la plus ancienne termitière connue a plus de 3 820 ans. Les termites présentent en outre divers comportements instinctifs, tels que le léchage des œufs et des nymphes afin d’en ôter les champignons.
Les termitières illustrent la complexité, mais non la complexité irréductible. Des insectes ne possédant que quelques-uns de ces traits jouiraient peut-être d’un avantage sur ceux qui en seraient dépourvus. S’ils en possédaient quelques-uns de plus, leur avantage serait plus grand encore. Tout se passe comme si l’on cherchait, par adaptations successives, la meilleure solution : plus on s’en approche, mieux l’on se porte. En mathématiques, un algorithme adapté à ce type de problème est qualifié d’« algorithme glouton », car l’optimum global est soit le seul optimum local, soit l’un des très rares optima locaux.
Un second exemple de complexité réductible est le mimétisme. Cinq espèces de papillons africains ont un goût repoussant, tandis que cinq autres espèces, savoureuses, en imitent la coloration. Dans ce second groupe, les descendants dont l’apparence se rapproche le plus de celle des papillons au goût repoussant bénéficient d’un avantage sur les autres. Voir, de Lester et Bohlin, The Natural Limits to Biological Change, p. 27, pour de plus amples développements.
La complexité irréductible
L’idée selon laquelle l’information contenue dans l’ADN est « irréductible » aux seules lois de la chimie et de la physique remonte au chimiste Michael Polanyi, en 1967. Longuement discutée par Michael Behe, la complexité irréductible pose qu’il n’y a aucun avantage à ne posséder qu’une partie d’un dispositif. Tant que toutes les pièces ne sont pas en place, l’ensemble ne sert à rien. Le flagelle en offre un exemple : cet organite cellulaire en forme de fouet, mû par un moteur rotatif cellulaire, équipe certains micro-organismes. Il ne faut pas moins de trente protéines spécialisées différentes pour former un flagelle. Une cellule qui en possède vingt-neuf n’est pas mieux lotie que celle qui n’en possède aucune. Il en va comme au jeu d’anneaux d’une fête foraine : si l’anneau ne retombe pas exactement sur la bouteille, le coup est entièrement manqué, si près du but que l’on soit. Mathématiquement, la courbe pourrait être parfaitement plate (gradient nul), ou bien présenter des gradients aléatoires, le « trou » gagnant y étant percé de façon non dérivable. Voir The Cell’s Design, p. 70-83, et The Edge of Evolution, p. 261-268, pour des explications détaillées.
Deux types intermédiaires
Il existe également deux types de complexité intermédiaires entre les deux précédents.
Dérivabilité au voisinage immédiat de l’optimum seulement : Dans ce premier cas, la complexité demeure irréductible tant que l’on n’est pas proche d’une solution, puis devient réductible au-delà. Reprenons l’exemple des vingt-neuf protéines spécialisées, sans utilité tant que les trente ne sont pas réunies. Supposons toutefois qu’entre trente et une et trente-cinq protéines, le bénéfice augmente progressivement. Si l’on compare les trois cas envisagés jusqu’ici, la complexité réductible présente partout une pente qui vous vient en aide, la complexité irréductible n’en présente nulle part, et le troisième type n’en présente qu’au voisinage immédiat de l’optimum.
Optima locaux multiples : Dans un second type de complexité, la pente peut vous « égarer » en vous éloignant de l’optimum global. Ce problème est mathématiquement bien plus ardu.
Exemples de complexité irréductible
« Darwin écrivait dans son Origin of Species [p. 54] : “S’il pouvait être démontré qu’il existe un organe complexe quelconque n’ayant pu se former par une multitude de modifications successives et légères, ma théorie s’effondrerait totalement.” », cité d’après The Case for a Creator, p. 197.
Les cils sont de multiples appendices que portent certaines cellules et qui ressemblent à de fins cheveux. Les cellules qui tapissent nos intestins en sont pourvues afin de faciliter l’absorption des aliments et de l’eau. Chaque cil compte environ deux cents éléments protéiques. Un prototype demeurant à l’intérieur de la cellule serait inutile. The Case for a Creator, p. 201-204
Les flagelles sont des appendices en forme de fouet situés à l’extérieur de la cellule. Un flagelle peut tourner jusqu’à 10 000 tours par minute, s’arrêter en un quart de tour et repartir en sens inverse. Un système sensoriel interne à la cellule lui indique quand démarrer, s’arrêter et inverser son mouvement. The Case for a Creator, p. 204-207
L’ARN polymérase II met en jeu douze protéines, dont l’une fait office de « pince » maintenant l’ADN en place pendant que les autres agissent sur lui. The Cell’s Design, p. 84
La fabrication de nos anticorps – Il est remarquable que nous disposions d’une machinerie cellulaire déjà prête à produire des anticorps protéiques contre des menaces que l’organisme n’a même pas encore rencontrées. Parmi les molécules impliquées figurent l’interleukine, l’immunoglobuline G (IgG), le TCP et les protéines RAG, Darwin’s Black Box, p. 117-139
Les cellules de notre système immunitaire comptent huit types qui agissent de concert : les basophiles, les éosinophiles, les neutrophiles, les leucocytes, les lymphocytes B, les lymphocytes tueurs naturels (cellules NK), les lymphocytes T et les monocytes. Le CMH-1 est le marqueur protéique que les cellules sécrètent pour inhiber les cellules NK en leur signalant qu’elles relèvent du « soi ».
Les ribosomes – Chaque ribosome est constitué de cinquante molécules géantes (plus d’un million d’atomes) capables de fabriquer n’importe quelle protéine que l’ADN lui commande de produire. The Case for a Creator, p. 207-209
Le transport cellulaire des protéines – réticulum endoplasmique, appareil de Golgi, lysosomes, etc. Darwin’s Black Box, p. 98-116
La coagulation du sang comporte dix étapes faisant intervenir vingt molécules différentes. Si l’on abaisse la concentration d’une seule d’entre elles dans l’organisme, comme le font les anticoagulants, la coagulation ne s’opère qu’à la mesure du composé le moins concentré. Darwin’s Black Box, p. 74-97, et The Case for a Creator, p. 209-211
Le métabolisme cellulaire – La cellule emmagasine et utilise l’énergie, un peu à la manière d’une pile : l’adénosine monophosphate (AMP) peut stocker de l’énergie pour devenir de l’adénosine diphosphate (ADP), laquelle peut à son tour en stocker pour devenir de l’adénosine triphosphate (ATP). Darwin’s Black Box, p. 140-161
Une spéculation athée veut que les étapes précurseurs aient pu servir à une autre fin. Toutefois, dans la plupart des cas, la machinerie originelle prétendument « reconvertie » n’a jamais été retrouvée.
Les limites de l’évolution
Michael Behe donne, dans The Edge of Evolution, p. 59-61, un exemple des limites de la micro-évolution. Celle-ci s’opère à des rythmes différents selon le délai qui sépare la naissance de la reproduction et selon le nombre d’individus. Ainsi, une personne atteinte du paludisme héberge environ mille milliards de cellules parasitaires (1012) ; environ un milliard de personnes (109) sont atteintes du paludisme, et le parasite se reproduit une fois toutes les cinq à douze heures selon la souche.
Récemment, une souche de paludisme a évolué de manière à développer une résistance à la chloroquine, ce qui a supposé des mutations simultanées. Selon Behe, la probabilité d’obtenir ces deux mutations dans une même cellule était de l’ordre de 1020. Mais, les cellules du parasite étant si nombreuses, le phénomène s’est effectivement produit. Chez l’homme, le délai qui sépare le nouveau-né du parent est de dix-huit à trente ans (et non de cinq à douze heures), soit un rythme environ 2 × 105 fois plus lent. Étant donné qu’il n’y a que huit milliards (8 × 109) d’êtres humains, mais compte tenu du fait que la reproduction sexuée « manque » davantage de mutations que la reproduction asexuée, un changement à deux mutations serait, chez l’homme, à tout le moins des millions de fois plus lent. Ces estimations demeurent très approximatives, et la probabilité réelle pourrait donc être différente. Il reste que, si l’on admet avec les évolutionnistes que l’homme, le chimpanzé et le gorille ont divergé il y a environ cinq millions d’années, le temps disponible est bien court pour que des mutations précises portant sur deux gènes surviennent au hasard, alors qu’il suffit à des mutations portant sur un seul gène. Cela ne signifie pas que des mutations à deux gènes ne se produiraient jamais, mais simplement que le temps manque pour toutes les mutations nécessaires au passage des mammifères aux singes, puis à l’homme.
Conclusion
Imaginez que vous survoliez en avion un petit îlot désert et que vous aperceviez de nombreuses pierres disposées de manière à former les mots « Au secours ». Vous poursuivez ensuite votre route, trouvant curieux que des vagues aléatoires puissent produire un motif aussi remarquable. C’est en quelque sorte ce que font les athées lorsqu’ils écartent les arguments tirés du dessein. Peut-on prouver que ce « Au secours » a été tracé par un homme ? Non, mais devant un message aussi long, l’existence d’un auteur s’impose inévitablement.
Il est relativement aisé d’édifier la complexité pièce par pièce, chaque petite modification améliorant quelque peu l’ensemble. Mais ce procédé ne vaut pas pour la complexité irréductible, à moins que le processus n’ait cessé d’être aléatoire et qu’un Concepteur y soit intervenu. Les chrétiens partisans de l’évolutionnisme théiste soutiennent qu’il en a nécessairement été ainsi, car la mutation et la sélection aléatoires n’ont ni la puissance ni le temps nécessaires, à moins qu’un Concepteur n’ait présidé aux événements. Les chrétiens créationnistes affirment en revanche que, s’agissant des grandes différences observées dans le vivant, rien ne prouve que Dieu ait eu recours à la macro-évolution. Les deux camps s’accordent toutefois à reconnaître dans les indices du dessein autant d’empreintes digitales de Dieu.
Références
Pour de plus amples informations en ligne, voir https://intelligentdesign.org/
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Wikipédia
Michael Ray Lewis, cinéaste passé de l’athéisme au christianisme. https://www.youtube.com/watch?v=ayU6dDtu0hU
Par Steven M. Morrison, Ph. D.