Q : Dans la Genèse, comment sait-on que la Genèse doit figurer dans la Bible ?
R : Entre autres raisons, parce que Jésus et tant d’autres personnages de la Bible ont authentifié l’Ancien Testament et ont fait référence à la Genèse en tant qu’Écriture. Voir Matthieu 19:4 et Marc 10:4-9 pour deux exemples où Jésus cite le Livre de la Genèse en tant qu’Écriture.
Q : Dans la Genèse, qui a été le premier à répondre à des questions sur la Genèse ?
R : À ma connaissance, la première personne à avoir rédigé des réponses à des questions sur la Genèse fut Philon, un Juif hellénistique d’Alexandrie, qui vécut environ de 20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C. Nous disposons aujourd’hui d’une traduction arménienne de son œuvre. Il rédigea un ouvrage en trois parties intitulé « Questions et réponses sur la Genèse ». Nous avons conservé ses réponses à 244 questions portant sur Genèse 1 à 17, selon le point de vue d’un juif pieux fortement influencé par la philosophie platonicienne grecque. Vous pouvez vous procurer cet ouvrage dans *The Works of Philo : Complete and Unabridged* – nouvelle version mise à jour, traduite par C.D. Yonge, Hendrickson Publishers, 1993, quatrième impression 1997.
Q : Dans Genèse 1, étant donné que certaines choses doivent être vraies, comme 1 = 1 et 1 + 1 = 2, Dieu a-t-Il créé les mathématiques et les nombres ? Comment aurait-Il pu les créer autrement ?
R : Dieu a tout créé ; cependant, une tautologie, c’est-à-dire quelque chose qui est vrai par définition – comme le fait que les objets rouges soient de couleur rouge –, n’est pas une « chose ». On peut supposer que Dieu a créé chaque « chose » en mathématiques qui n’est pas une tautologie.
Q : Dans la Genèse 1, puisque Dieu a tout créé, a-t-Il créé les ténèbres, le mal et les trous dans le sol ? S’Il a créé le mal, Il ne semble pas être un Dieu parfaitement bon. Si ce n’est pas le cas, alors celui qui l’a fait semble être lui aussi un créateur.
R : Dieu a créé toute chose. Les ténèbres ne sont pas une chose, mais une absence ou une diminution de lumière. Le mal n’est pas une chose, mais une absence ou une perversion du bien. Les trous, les ténèbres et le mal n’ont pas été créés directement par Dieu, mais ils ont vu le jour en tant que tautologies, ou « sous-produits existentiels » de la matière, de la lumière et du bien. De même, une ombre n’est pas une chose indépendante, dotée de matière, d’énergie ou d’esprit. Néanmoins, les plantes peuvent mourir dans l’ombre. Ainsi, les ombres ont une « existence parasitaire », mais elles existent bel et bien.
Q : Dans Genèse 1, puisque Dieu a créé toutes choses bonnes, pourquoi les tornades, les fléaux et autres catastrophes se produisent-ils ?
R : À l’origine, tout était bon. Cependant, Romains 8, 20-22 révèle que, depuis la Chute, la terre a elle aussi été « soumise à la vanité ». Le monde entier est sous la domination du malin (1 Jean 5, 19), et le prince de ce monde est Satan, selon Jean 12, 31 ; 14, 30.
Q : Dans Genèse 1, quel est l’argument cosmologique ?
R : Tout d’abord, voici une façon simple, bien que peu rigoureuse d’un point de vue logique, de le formuler.
On ne peut rien tirer du néant. Toute chose créée a dû être créée. Même la ou les premières choses créées ont dû être créées par quelque chose ou quelqu’un qui existait déjà. Par conséquent, quelque chose ou quelqu’un devait être incréé et éternel.
Voici une formulation plus rigoureuse ; les définitions sont les miennes.
Nous partons du principe que chacun dispose de connaissances suffisantes pour avoir une définition appropriée des notions suivantes : logique, contradiction et non-contradiction, événement, processus, « dans », objet, ensemble, temps, séquence, matière, énergie, esprit, cause, être affecté par, et affecter.
L’existence réelle est définie ici comme le fait d’être dans cet univers, d’avoir la capacité d’être affecté par quelque chose dans cet univers, ou d’avoir la capacité d’affecter quelque chose dans cet univers. Cette définition du terme « existence » serait trop restrictive, car elle ne tient pas compte des idées, des modèles et d’autres choses. Appelons donc cela « existence réelle » et limitons notre discussion ici à l’existence réelle.
Une chose réelle est définie ici comme un objet ou un ensemble de matière, d’énergie, d’esprit, ou une combinaison de ceux-ci, qui possède une existence réelle. Les vérités logiques, les contradictions logiques et les démonstrations mathématiques ne sont pas considérées ici comme des choses.
Soit dit en passant, l’existence parasitaire est définie comme l’existence réelle de choses qui ne sont pas des choses réelles. Les vides, l’obscurité, les pénuries, l’inexactitude et le mal ne sont ni de la matière, ni de l’énergie, ni de l’esprit ; pourtant, tout comme une ombre peut tuer des plantes qui ont besoin de soleil, ou comme le manque de nourriture peut tuer une personne, les ombres et le manque de nourriture ont une existence réelle sans être des choses réelles.
L'univers est défini ici comme un ensemble d'entités réelles qui existent bel et bien. Notez que, dans cette définition particulière, l'univers est autonome, et que Dieu (en supposant que Dieu existe, qu'il soit esprit et qu'il puisse agir sur les choses) se trouve dans l'univers.
Le « néant » est défini ici comme ce qui n’existe jamais réellement ou qui n’a pas d’existence réelle à un moment donné. En d’autres termes, avant d’être créée [ou après avoir été détruite], une chose réelle ne se trouve pas dans l’univers, n’influe pas sur l’univers et n’est pas influencée par l’univers.
Une cause est définie comme ayant une existence réelle puisqu’elle influe sur d’autres choses de l’univers qui ont une existence réelle. Une cause est, par définition, une chose réelle si elle peut être constituée de matière, d’énergie, d’esprit ou d’une combinaison de ces éléments.
La création est définie ici comme l’événement ou le processus consistant à produire une nouvelle chose réelle. La création se distingue de la « modification », qui ne nécessite pas nécessairement de cause extérieure à la chose elle-même. La création d’une nouvelle chose réelle peut inclure la modification ou la destruction d’une chose réelle préexistante, mais ce n’est pas obligatoire. Toutefois, veuillez vous reporter au point suivant.
Rien ne peut naître du néant. Toute chose réelle créée nécessite une cause pour sa création. En d’autres termes, rien ne peut être créé à moins qu’une ou plusieurs choses ou êtres ne l’aient créé. Une chose ne peut être créée sans aucune cause.
Une chose ne peut pas se créer elle-même. Rien ne peut se créer soi-même. Bien que les choses réelles puissent parfois se transformer ou s’autodétruire, rien ne peut être la cause de sa propre création.
Une cause première. Bien que les choses réelles créées puissent en créer d’autres, il a bien fallu, en dernier ressort, qu’il y ait une cause première. En d’autres termes, dans une succession de causes, au moins une cause a dû précéder toutes les autres causes qui nécessitent elles-mêmes une cause.
Non créé. Puisqu’au moins une cause doit être dépourvue de cause antérieure, et que toute création nécessite une cause, au moins une chose ou un être existant réellement est non créé et existe depuis l’éternité passée, car il n’a pas eu de création.
Résumé : Toute chose réelle qui existe a soit eu un moment précis ou une période au cours de laquelle elle a existé pour la première fois, soit elle ne l’a pas eu. Si ce n’est pas le cas, elle est éternelle et incréée. Si c’est le cas, alors une chose réelle a été la cause de son existence.
Limites : Cet argument ne prouve pas que la cause première soit un être vivant, ni qu’il n’existe qu’une seule cause incréée, ni même si des causes incréées existent encore. Il prouve simplement qu’il y a eu au moins une chose ayant une existence réelle (personnelle ou impersonnelle) qui a existé éternellement sans avoir été créée.
L’un des premiers auteurs à avoir clairement perçu l’argument cosmologique et à avoir parlé de Dieu comme de la cause première fut Philon le Juif, qui vécut à Alexandrie, en Égypte, de 15/20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C. R.C. Sproul et Norm Geisler proposent de nombreux documents de qualité sur l’argument cosmologique.
Q : L’argument selon lequel « la complexité du monde indique qu’il doit y avoir un créateur » semble convaincant, jusqu’à ce qu’on le pousse jusqu’à sa conclusion logique. Qu’en est-il de la complexité de Dieu ? Si un être complexe nécessite un concepteur, alors Dieu doit nécessiter un concepteur encore plus grand, et ainsi de suite à l’infini. Où cela s’arrête-t-il ? L’argument aboutit à une « régression infinie », et il n’y a pas de réponse à cela. N’est-ce pas ?
R : Avant de répondre à cet argument, permettez-moi d’abord d’approfondir « le problème ». Outre la question de la complexité, cela concerne également une forme erronée de l’argument cosmologique. Si toute chose a une cause, alors Dieu doit Lui aussi avoir une cause. Mais bien sûr, Dieu n’a pas besoin d’une cause pour Sa création s’Il est éternel et incréé.
Puisque quelque chose doit avoir une fin, ou bien ne pas en avoir, il n’y a que deux réponses possibles :
a) la régression en arrière n’a pas de fin
b) la régression en arrière a une fin, à savoir une première cause sans cause.
Si a), la régression en amont n’avait pas de fin, alors tout n’aurait pas de cause, car la régression elle-même n’aurait finalement aucune cause. Par conséquent, dans les deux cas, il existe quelqu’un ou quelque chose qui n’a pas de cause.
Si b), s’il y a une fin à la régression en arrière, alors il doit y avoir une première cause, d’une complexité indéterminée. Bien sûr, cela signifie alors que Dieu n’est pas un être causé, le produit d’une quelconque création.
Je me demande toutefois si Dieu ne trouverait pas tout cet argument trop simpliste, car nous concevons les causes dans le temps. Si Dieu existe à la fois en dehors du temps et en son sein, et si le temps lui-même est une création de Dieu, alors parler de ce qu’était la situation avant que Dieu n’existe est un oxymore.
Q : Dans Genèse 1, Dieu aurait-il pu créer d’autres êtres et d’autres mondes ?
R : Il a certainement créé d’autres êtres : les anges et les démons. Quant à la création d’autres mondes peuplés d’êtres vivants, la Bible ne nous dit pas tout ce que nous souhaiterions savoir, mais seulement ce que nous devons savoir — et nous devons veiller à lire au moins cela. Dieu aurait pu créer d’autres univers, et c’est peut-être ce que sont le Paradis et l’Enfer.
Q : Dans Genèse 1, pourquoi Dieu a-t-Il créé Adam et Ève, alors qu’Il savait d’avance qu’ils Lui désobéiraient ?
R : Bien que Dieu sût d’avance qu’ils pécheraient, Il nous explique plusieurs raisons pour lesquelles Il a créé les êtres humains.
Pour sa gloire : Dieu a créé ses enfants pour sa gloire. Ésaïe 43, 7 ; 61, 3.
Des êtres à aimer : Dieu nous aime profondément. Psaume 145, 9, 17 ; 1 Jean 3, 1.
Pour qu’ils soient ses enfants : 1 Jean 3, 1-2 ; Galates 3, 28 ; Romains 8, 15-17
Pour habiter en nous : 1 Jean 4, 12-16 ; Romains 8, 9-11
Dieu désire que personne ne périsse. Ézéchiel 18:23, 32 ; 33:11 ; 2 Pierre 3:9. Pourtant, Dieu n’éprouve aucun regret d’avoir créé ceux qui, ayant eu l’occasion de choisir, ont librement choisi de Le rejeter. Dieu savait d’avance qu’ils pécheraient, et a néanmoins choisi de ne pas s’immiscer dans leur choix ni de les « défaire ».
Peut-être que l’une des raisons pour lesquelles Dieu a choisi de créer des êtres à Son image est similaire à celle qui pousse les parents à avoir des enfants. Certes, les enfants coûtent cher, entre les couches et la nourriture, et certes, ils causeront des chagrins par leurs maux, leurs blessures et leur désobéissance, mais malgré tout cela, l’amour qui les lie en vaut la peine.
Q : Dans Genèse 1:1, Dieu a-t-Il créé parce qu’Il avait besoin de créer ?
R : La Bible n’apporte aucun élément venant étayer cette hypothèse. Dieu n’a aucun besoin, dans le sens où Il ne subirait aucun préjudice ni ne cesserait d’exister s’Il ne créait rien. En revanche, le désir de Dieu était de créer, et Il a comblé ce désir à une échelle grandiose et merveilleuse.
Q : Dans Genèse 1:1, y a-t-il eu d’autres créations après la Genèse ?
R : Les Écritures ne se prononcent pas sur ce point, et Dieu est libre d’agir comme Il le souhaite. Si Dieu a créé d’autres créatures, celles-ci pourraient ressembler aux anges, à Adam et Ève avant la Chute, à nous-mêmes, aux démons, aux animaux, ou à quelque chose de tout à fait différent.
Q : Dans Genèse 1:2, si l’Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux, cela signifie-t-il que le Saint-Esprit n’est pas un être vivant et intelligent, mais plutôt une force active, comme l’affirment les Témoins de Jéhovah ?
R : Non. Le fait que le Saint-Esprit n’ait pas de corps physique et puisse planer au-dessus des eaux ne contredit pas le fait que les Écritures montrent que le Saint-Esprit est un être vivant doté d’une personnalité.
Ce qui suit est une reprise de la discussion sur 1 Jean 5:6-8.
Un témoin peut être aussi bien un être vivant qu’un objet inanimé. L’erreur des Témoins de Jéhovah réside dans le fait que, puisque le Saint-Esprit possède de nombreux attributs dont l’être humain est dépourvu, ils en déduisent (par un raisonnement quelque peu tiré par les cheveux) que le Saint-Esprit ne peut pas avoir de personnalité. 1 Jean 5:6-8 montre qu’il existe trois témoins attestant que Jésus avait un corps physique. Le sang fait référence à sa crucifixion, et l’Esprit est un témoignage intérieur pour les chrétiens. L’eau fait référence soit au baptême de Jésus par Jean, soit, éventuellement, à l’eau qui entoure un bébé à la naissance.
Voici divers faits que la Bible nous enseigne au sujet de la personnalité du Saint-Esprit.
Parakletos (le Consolateur, celui qui est à nos côtés). Jean 14, 16.26 ; Jean 15, 26
Il peut connaître les pensées les plus intimes de Dieu. 1 Corinthiens 2, 10-11
Il nous parle. Actes 13, 2 ; Hébreux 3, 7
Il nous rappelle. Jean 14, 26
Comme un parent, afin que nous ne soyons pas orphelins (« orphanos » en grec). Jean 14, 18
Il nous guide. Jean 16, 13
Il nous enseigne. Jean 14, 26 ; 1 Corinthiens 2, 13
Il vit en nous. 1 Corinthiens 3, 16 ; 2 Timothée 1, 14 ; Romains 8, 9, 11 ; Éphésiens 2, 22
Dans nos cœurs. 2 Corinthiens 1:22, Galates 4:6
Il intercède en notre faveur (les objets inanimés ne prient pas et n’intercèdent pas). Romains 8:26-27
Peut être offensé. Hébreux 10:29
Il rend témoignage au Christ. Jean 15:26
Possède une pensée. Romains 8:27
Peut être attristé. Ésaïe 63, 10 ; Éphésiens 4, 30
Fait des choix. 1 Corinthiens 12, 11
Possède de l’amour. Romains 15:30
Peut considérer que certaines choses sont bonnes. Actes 15:28
Il sonde les profondeurs de Dieu. 1 Corinthiens 2:9-10
Il gémit (et donc se soucie) pour nous. Romains 8:26
Q : Dans Genèse 1:10, comment Dieu a-t-il pu créer la terre, puisque celle-ci avait déjà été créée dans Genèse 1:1 ?
R : Le mot hébreu (eres) est le même dans les deux cas. Comme en français, (eres) peut désigner le monde sous le ciel, mais aussi la terre ou la terre ferme. Ainsi, Dieu a créé la planète en Genèse 1:1, et la terre ferme en Genèse 1:10. Voir l’Encyclopédie des difficultés bibliques, p. 65-66.
Q : Dans Genèse 1 et Genèse 2, pourquoi semble-t-il y avoir deux récits de la création ?
R : Observez ce qui est créé dans chaque récit. Genèse 1 relate la création des cieux et de la terre, tandis que Genèse 2 relate la création des êtres humains dans le jardin d’Éden.
Q : Dans Genèse 1 et à d’autres endroits, pourquoi Dieu est-il appelé Élohim, alors qu’à d’autres endroits, comme dans Genèse 2, il est appelé Yahvé ?
R : Dieu possède un grand nombre de noms et de titres dans la Bible. Il semble que le nom Yahweh mette l’accent sur la relation personnelle que Dieu entretient avec nous, contrairement au nom Élohim, qui souligne Ses aspects impartiaux et transcendants. La Genèse 1 ne mentionne aucun nom pour Adam, Ève ou les animaux, alors que la Genèse 2 les mentionne. Ce contraste est si marqué qu’il ne peut être que délibéré.
Il était courant, dans les cultures anciennes, d’attribuer plusieurs noms à un même dieu. En voici quelques exemples :
Osiris – Wennefer, Khent-amentius, Neb-abdu
Bel – Enlil, Nunamnir
Sin – Nanna
El – Latpan
Baal – Larpan
Q : Dans Genèse 1, Dieu aurait-il pu créer la Terre en six jours littéraux de 24 heures ?
R : Qu’ils considèrent la Terre comme ancienne ou récente, tous les chrétiens devraient répondre « oui » à cette question.
Au lieu de six jours, le Tout-Puissant aurait pu la créer en six secondes s’Il l’avait voulu. La question n’est pas de savoir comment Dieu devait créer, mais comment les Écritures et la nature révèlent qu’Il a choisi de créer.
À titre d’aparté, les Écritures ne précisent pas, dans la Genèse 1, quelle est la durée d’un jour chez Dieu. Le Deutéronome 9:1 montre qu’un « jour » peut désigner une période supérieure à 24 heures, comme c’était le cas à l’époque de Moïse. Le Psaume 90:4 et 2 Pierre 3:8 indiquent que les jours de Dieu peuvent être très longs.
Q : Dans Genèse 1, les similitudes entre ce récit et les récits de la création babyloniens prouvent-elles qu’ils ont une origine humaine commune ?
R : Les récits babyloniens présentent de nombreuses similitudes sur le plan des détails physiques, mais sont presque diamétralement opposés quant à leur cause. Contrairement à Marduk qui lutte contre le chaos incarné par le dragon Tiamat, c’est Dieu qui décide de ce qui se passe. S’il existe une part de vérité dans les cultures non bibliques, cela ne devrait pas être une surprise. De plus, le style de Genèse 1 semble constituer un contraste délibéré avec les concepts païens.
Q : Dans Genèse 1, 26 et 3, 22, pourquoi le mot « nous » est-il utilisé pour désigner le seul vrai Dieu ?
R : Il y a deux réponses possibles.
1. Le « nous » fait référence au seul vrai Dieu, mais le pluriel est le sens approprié pour une conversation au sein de la Trinité.
2. Le « nous royal » était utilisé par les rois et les dieux pour désigner une seule personne. À titre d’exemple, dans la religion islamique du Moyen-Orient, le Coran utilise « nous » lorsque Allah se réfère à lui-même. Musulmans et non-musulmans s’accordent à dire que l’emploi du « nous royal » dans le Coran ne suggère pas que Mahomet ait enseigné qu’Allah était composé de plusieurs dieux.
Cependant, Philon le Juif (15/20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C.) a interprété cela non pas comme le « nous » royal, mais comme signifiant que Dieu avait recours à des assistants, dans *Sur la Création*, chapitre 24, n° 75, p. 11.
Q : Genèse 1:26 signifie-t-il que nous devrions être éduqués pour acquérir les perfections divines et devenir le centre des bénédictions divines, comme l’enseignent les bahá’ís dans *Some Answered Questions*, p. 8 et 9 ?
R : Non, car Genèse 1:27 indique que Dieu a accompli ce qu’Il avait dit dans Genèse 1:26. Lorsqu’Adam et Ève ont été créés, ils étaient parfaitement exempts de péché avant la chute, et ils n’avaient pas besoin d’éducation. Bien que nous soyons toujours à l’image de Dieu, Genèse 1:26-28 fait référence à ce que Dieu a déjà accompli.
Q : Genèse 1:26 signifie-t-il que les êtres humains sont eux-mêmes des « petits dieux », comme l’affirment Kenneth Hagin et certains enseignants du mouvement « parole de foi » ?
R : Non. Le mot utilisé dans la Genèse est « à l’image de », et non « est ». Même les enseignants du mouvement « parole-foi » s’accorderaient à dire que des créatures telles que nous n’ont jamais dû être adorées. Les corps d’Adam et d’Ève se sont vu accorder une immortalité qui pouvait être perdue, une justice qui pouvait être ruinée, et un amour parfait pour Dieu qui pouvait être rejeté comme un vieux fruit.
Q : Dans Genèse 1, 26-27, s’agissait-il d’une conversation entre les membres de la Trinité, ou entre des êtres créés tels que les anges ?
R : Bien que les anges aient pu entendre ces paroles eux aussi, il s’agissait d’une conversation au sein de la Trinité. Notre création n’était pas l’œuvre des anges, mais celle de Dieu dans la Trinité. Le premier auteur chrétien connu pour avoir observé qu’il ne pouvait s’agir d’anges fut Justin le Martyr (qui écrivit vers 138-165 apr. J.-C.) dans son Dialogue avec Tryphon le Juif, chapitre 62, p. 228.
Q : Dans Genèse 1, 26-27, puisque Dieu a fait les hommes supérieurs aux anges, pourrait-Il créer par la suite des êtres supérieurs aux humains ?
R : Les Écritures ne se prononcent pas en un sens ou dans l’autre, et Dieu est libre de faire tout ce qu’Il souhaite. Cependant, les Écritures affirment que les croyants sont des « fils de Dieu » et que nous « régnerons avec le Christ » et serons « assis avec le Christ » (Éphésiens 2, 6). Il est difficile pour une créature finie d’être beaucoup plus élevée que cela.
Q : Dans Genèse 1:26, Adam était-il un « surhomme » doté de capacités un million de fois supérieures aux nôtres, comme l’enseignait Watchman Nee dans *La puissance latente de l’âme* (1933, p. 15) ?
R : Les Écritures n’ont jamais enseigné cette étrange spéculation. Elles n’ont jamais enseigné non plus qu’Adam était déjà semblable à Dieu en apparence extérieure, comme l’enseignait Watchman Nee dans le même ouvrage, à la page 18. Malheureusement, les gens essaient souvent d’ajouter leurs propres enseignements à ce que Dieu a réellement dit.
Q : Dans Genèse 1:26, si nous sommes créés à l’image de Dieu, cela ne prouve-t-il pas que Dieu (ou du moins le Père) possède un corps physique d’homme ? (Les mormons évoquent ce point.)
R : La plupart s’accorderaient à dire que le Saint-Esprit n’a pas de corps physique et que Jésus n’avait pas de corps physique à cette époque. Si le « nous » fait référence à une discussion entre le Père, le Fils et l’Esprit, alors l’« image » ne peut pas désigner un simple corps physique. Soit dit en passant, Genèse 9:6 montre que, depuis la Chute, nous portons toujours l’image de Dieu.
Q : Dans Genèse 1:27, les êtres humains sont-ils toujours créés à l’image de Dieu depuis la Chute ?
R : Oui. Genèse 9:6, après le déluge, montre que même si nous sommes entachés par le péché, nous portons toujours l’image de Dieu.
Q : Dans Genèse 1:28, puisque l’homme devait remplir la terre et la soumettre, cela lui donnait-il le droit de détruire l’environnement ?
R : Pas du tout ! Nous n’avons jamais entendu parler d’un chrétien ou d’un juif qui ait lu la Bible en y apportant cette interprétation. Cette nouvelle interprétation, avancée pour la première fois en 1967 [voir la référence de Kaiser à la fin], ne semble avoir de sens que si l’on ne lit qu’une partie de Genèse 1 et que l’on définit « soumettre » comme « détruire », plutôt que comme « gouverner avec sagesse ». En réalité, la Bible énonce six points importants concernant la protection de la terre et des animaux.
1. Ils étaient des « locataires » sur une terre qui appartenait en réalité à Dieu
1a. Ainsi, la terre ne pouvait être vendue de manière définitive (Lévitique 25:23)
1b. Toutes choses appartiennent à Dieu (Psaume 24, 1)
2. Dieu jugera ceux qui souillent la terre en général
2a. Ésaïe 24, 5 dit que la terre a été souillée par son peuple.
2b. Zacharie s’est lamenté sur la destruction des forêts majestueuses et des riches pâturages. Plus encore, il s’est lamenté sur la calamité spirituelle dont ces calamités naturelles sont des allégories. (Zacharie 11:1-3)
3. Dieu condamne la souillure physique de la terre
3a. Dieu détruira ceux qui détruisent la terre. (Apocalypse 11:18).
3b. Dieu jugera les « brebis » qui non seulement mangent ce dont elles ont besoin, mais piétinent le reste du pâturage. Elles ne se contentent pas de boire de l’eau claire, mais elles troublent le reste de l’eau avec leurs pattes (Ézéchiel 34, 17-22).
3c. Nombres 5, 3 parle de ne pas souiller le camp, dans le contexte des maladies contagieuses.
3d. Même en temps de guerre, il ne faut pas abattre les arbres fruitiers qui rendent la terre productive (Deutéronome 20, 19-20). Un olivier peut vivre plus de 1 000 ans.
4. Dieu condamne la souillure de la terre par le mal
4a. Nombres 35, 33-34 nous ordonne : « Ne souillez pas le pays », dans le contexte du meurtre d’êtres humains.
4b. Ne souillez pas le pays par l’idolâtrie (Jérémie 16, 18).
4c. Jérémie 32, 34 mentionne des personnes qui souillent la vallée de Topheth par des sacrifices d’enfants.
4d. Dans Ézéchiel 7:22, les méchants souilleront le lieu précieux de Dieu.
5. La loi de Dieu implique une gestion avisée des ressources
5a. Adam a été placé « dans le jardin d’Éden pour le cultiver et en prendre soin » (Genèse 2:15).
5b. Ne pas cultiver deux sortes de plantes ensemble (Deutéronome 22, 9). Au contraire, l’alternance des cultures permet de réduire les ravageurs.
5c. Laisser la terre en jachère tous les sept ans et pendant le Jubilé (Lévitique 25, 3-7, 11-12, 18).
5d. Dieu jugerait Israël s’il enfreignait cette règle (Lévitique 26, 34-35).
6. Les animaux : ils appartiennent à Dieu, ont été créés pour notre usage, mais nous devons les traiter avec bienveillance
6a. Les animaux appartiennent à Dieu (Psaume 50, 10) et c’est Lui qui prend soin d’eux (Psaume 36, 6 ; 104, 11, 14 ; 147, 8-9).
6b. Manger de la viande est autorisé, et dans certains cas même prescrit (Genèse 9, 2-5 ; Actes 10, 13).
6c. Jésus était sans péché (Hébreux 4, 15 ; 7, 26 ; 1 Pierre 2, 22 ; 1 Jean 3, 5). Il mangeait du poisson (Luc 24, 42-43) et, en bon Juif, il mangeait de la viande comme cela était prescrit lors de la Pâque (Exode 12, 8-10).
6d. Il est permis de porter du cuir, comme le montre Jean-Baptiste qui portait une ceinture de cuir dans Marc 1:6.
6e. La chasse est autorisée (Lévitique 17, 13).
6f. Il était même ordonné de tuer des animaux pour les offrir en sacrifice (Exode – Deutéronome).
6g. Nous devons être bienveillants envers les animaux (Proverbes 12, 10).
Q : Dans Genèse 1:28, même si la Bible ne dit pas explicitement que nous devons gaspiller le don de Dieu qu’est notre environnement, le christianisme enseigne-t-il implicitement que nous pouvons détruire l’environnement ?
R : Non. On ne peut pas imputer au christianisme les problèmes écologiques causés par la cupidité et la surpopulation, pas plus qu’on ne peut imputer ces problèmes aux animistes en Afrique, aux hindous en Inde, aux athées en Chine, ni aux musulmans en Indonésie et au Moyen-Orient. Il existe des problèmes écologiques sur tous les continents, tout comme il existe, sur tous les continents, des personnes prêtes à sacrifier l’environnement pour leur profit personnel. Pour une analyse de ce que dit réellement la Bible au sujet de l’environnement, veuillez vous reporter à la réponse précédente.
Q : Dans Genèse 1:29, Adam et Ève se sont-ils vu donner toutes les plantes portant des graines, ou ne pouvaient-ils pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, comme le dit Genèse 2:17 ?
R : Bien que nous ne sachions pas si l’arbre de la connaissance du bien et du mal portait des graines ou non, cela n’a pas d’importance ici. Quoi qu’il en soit, cela signifiait qu’ils pouvaient manger de toutes les plantes portant des graines, à l’exception de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Q : Dans Genèse 1:29, si toutes les plantes pouvaient être consommées par les êtres humains, en quoi la Bible est-elle logique et raisonnable, puisqu’il existe des plantes et des graines toxiques que l’on ne peut pas manger ? (Cette question a été soulevée par un musulman)
R : Dans le Coran, la sourate 5, versets 46 à 48, il est dit que Jésus a confirmé la Torah et les Évangiles. C’est une accusation très grave de la part d’un musulman que d’affirmer que Jésus a validé quelque chose qui était faux et qui ne venait pas de Dieu. Mais pour répondre à cette objection, que l’on comprenne cela comme désignant chaque plante sans exception ou chaque herbe et chaque grain, Dieu a dit cela à Adam avant la chute, avant que la terre ne soit maudite. La nature a radicalement changé lorsque Adam et Ève ont péché. Avant la chute, Dieu a donné la domination sur la terre à Adam et Ève, mais lorsqu’ils ont péché en suivant la suggestion du serpent, Satan est devenu le prince (bien que non le roi) de ce monde. Or, la chute soulève un point intéressant : si les musulmans affirment aujourd’hui que les prophètes sont sans péché, et si Adam et Ève ont péché et ont attiré toute la malédiction sur nous lorsqu’ils ont péché, pourquoi les musulmans disent-ils qu’Adam était un prophète ?
Q : Dans Genèse 2, 2-3, pourquoi Dieu s’est-Il reposé de Son œuvre le septième jour ?
R : Le terme « se reposer » signifie ici cesser l’œuvre de la création. Dieu ne se fatigue pas (Ésaïe 40, 28). Les Écritures ne disent jamais que Dieu avait besoin de se reposer, mais qu’Il a choisi de le faire.
Q : Dans Genèse 2, 2, le concept du sabbat était-il d’origine babylonienne et a-t-il été ajouté ultérieurement à la tradition juive ?
R : Il y a deux réponses, l’une pour les chrétiens et l’autre pour les non-chrétiens.
1. (pour les chrétiens) : Si vous partez du principe que Jésus venait de Dieu, comme le prouve sa résurrection, et que Jésus a reconnu l’exactitude originelle et la fiabilité préservée de l’Ancien Testament, et qu’il est possible de prouver que les références au sabbat dans la Genèse et Jérémie ont été écrites avant Jésus, il ne s’agissait pas d’une invention babylonienne, et il n’y a rien d’autre à ajouter.
2. (pour les non-chrétiens) : Les Babyloniens appelaient le 15e jour du mois « sappatu ». Bien sûr, il ne s’agit là que d’un seul jour par mois, et non de quatre. À la page 19, Asimov a eu la perspicacité de remarquer que le sabbat semblait avoir peu d’importance pour les Israélites à l’époque pré-exilique, et une grande importance à l’époque post-exilique. Cependant, postuler que les Juifs babyloniens et post-exiliques aient été universellement « bernés » au point a) de croire que leur exil était dû au non-respect d’un commandement qui ne figurait pas dans leurs Écritures, et b) que celui-ci ait été ajouté à 59 endroits (dont 35 dans la Torah) sans que personne ne remarque ce nouveau concept, n’est pas crédible. Soit dit en passant, tous les Juifs ne se sont pas rendus en Babylonie. Jérémie rapporte que certains se sont plutôt rendus en Égypte. Ce sont les descendants de ces Juifs qui ont traduit l’Ancien Testament en grec, et la traduction grecque de la Septante contient elle aussi les versets relatifs au sabbat.
Toute spéculation concernant des erreurs dans la Bible pourrait sembler tout à fait crédible à quelqu’un qui estimerait très important de démontrer qu’il y a des erreurs dans la Bible et qu’il n’est donc pas nécessaire de la suivre. Cependant, même Isaac Asimov a au moins reconnu le caractère fragile de cette théorie en ne la mentionnant que comme une simple tentation.
Q : Dans Genèse 2:4, 5:1, 6:9, 10:1, 11:10, 11:27, 25:12, 25:19, 36:1, 36:9 et 37:2, Nombres 3:1 ; Ruth 4, 18, le mot hébreu (Toledot) marque-t-il le début d’une section ou la fin d’une section ?
R : Soit il désigne toujours le début, soit il désigne toujours la fin, soit il peut désigner l’un ou l’autre selon les cas.
Ambiguïté : Voici quelques « tole dots » qui pourraient être interprétés dans les deux sens : Genèse 2:4 ; 5:1 ; 36:9 ; 37:2.
Début : Voici quelques « tole dots » que le contexte exige de placer au début : Genèse 6:9 ; 10:1 ; 11:10 ; 11:27 ; 25:12 ; 25:19 ; 36:1 ; Nombres 3:1. Philon le Juif (15/20 av. J.-C. – 50 apr. J.-C.) mentionne Genèse 2:4 comme « résumant son [celui de Moïse] récit de la création du monde » dans *Sur la Création* 44:129, p. 18.
En conclusion : il n’existe pas un seul « toledot » dont on puisse prouver qu’il se trouve à la fin d’une section. Par conséquent, les sections ambiguës comportent probablement des « toledots » au début.
La preuve la plus concluante que le « toledot » se trouve au début d’une section est Genèse 25:19, qui précise qu’il s’agit du récit d’Isaac. La section qui suit immédiatement parle des enfants d’Isaac. La section qui précède immédiatement parle d’Ismaël et n’a absolument rien à voir avec Isaac.
Q : Dans Genèse 2, 5-7, Dieu a-t-il créé les plantes après l’homme, ou avant l’homme comme le disent Genèse 1, 12 et 26 ? (Cette question a été posée par un athée nommé Capella.)
R : Trois points sont à prendre en compte dans la réponse.
1. Les plantes d’abord : la Genèse 1 indique clairement que les plantes ont été créées sur la terre avant l’homme. Celles-ci incluent bien sûr les ancêtres de toutes les plantes modernes.
2. Le monde contre le jardin : la Genèse 1 est le récit de la création des cieux et de la terre, tandis que la Genèse 2 est le récit de la création du jardin d’Éden.
3. Les cultures après l’homme : la Genèse 2 montre que les arbustes des champs sont apparus après l’homme, du moins dans le jardin d’Éden. Dans les deux cas, c’est le mot hébreu signifiant « champ », saday, qui est utilisé, plutôt que de parler simplement de « plantes ».
À titre d’information complémentaire, le Dictionnaire Wycliffe d’archéologie biblique, p. 23, indique qu’à Beersheba, on a découvert des grains calcinés de blé, d’orge, de lentilles et de raisin datant de 4 000 av. J.-C.
Q : Dans Genèse 2:5-7, de quelles céréales s’agit-il, parmi celles que nous consommons aujourd’hui et celles qui étaient consommées autrefois ?
R : On considère souvent que les céréales se limitent aux trois principales cultures vivrières : le blé, le riz et le maïs ; mais en réalité, vous pourriez prendre trois repas par jour pendant une semaine et manger une céréale différente à chaque repas.
Maïs : Les archéologues nous indiquent que le maïs a été domestiqué dans le Nouveau Monde vers 5 000 avant J.-C. Il n’y avait pas de maïs en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique ni en Asie avant Christophe Colomb. Le maïs est issu d’une céréale appelée téosinte. La téosinte comptait environ 50 grains peu serrés, et l’épi mesurait moins d’un pouce de long. À l’inverse, le maïs actuel compte entre 500 et 1 000 grains étroitement serrés sur chaque épi. Comme les grains sont très serrés, le maïs actuel ne peut pas pousser à l’état sauvage sans l’aide de l’homme.
Blé : L’archéologie a mis au jour des ancêtres du blé au Moyen-Orient, en Irak, vers 7 000 av. J.-C. Il s’agit de l’émmer, qui perd ses graines lorsque le vent souffle. Il existe aujourd’hui des milliers de variétés de blé. Le kamut (= khorasan, = « blé du roi Toutânkhamon ») est probablement une variété de blé dur. À titre d’aparté, certains considèrent que les 2 000 ans qui séparent le début de la culture du blé de celui du maïs constituent l’une des deux raisons (l’autre étant les chevaux) pour lesquelles, lorsque les Espagnols sont arrivés en Amérique, la culture amérindienne accusait un retard de 1 000 à 2 000 ans par rapport à la culture européenne.
Le riz était le dernier arrivé parmi les trois principales céréales. Il a été domestiqué vers 3 500 av. J.-C.
L’amidonnier (= blé amidonnier, = faro) a été découvert sur des sites pré-céramiques au Moyen-Orient dès 9 800-8 800 av. J.-C. L’amidonnier domestiqué est différent de l’amidonnier sauvage, mais il provient de ce dernier. Par la suite, l’amidonnier s’est répandu en Europe et en Inde.
L’épeautre a une origine quelque peu mystérieuse. Il était cultivé dans l’Empire romain, en Grande-Bretagne et en Asie avant même la culture du blé. Il pourrait s’agir d’un hybride entre l’amidonnier et le blé, ou entre l’amidonnier et l’égilope sauvage (Aegilops tauschii), ou encore avoir deux origines distinctes. Certains pensent que l’épeautre est apparu vers 6 000 av. J.-C.
Le sorgho provient d’une graminée d’Afrique. Son aspect ressemble quelque peu à celui du maïs. Le sorgho est l’une des huit principales cultures céréalières actuelles ; il est aujourd’hui utilisé pour l’alimentation animale, mais constitue probablement aussi la cinquième culture la plus importante destinée à la consommation humaine.
L’orge a probablement été cultivée pour la première fois vers 8 000 avant J.-C. dans la région d’Israël et de la Jordanie. Elle s’est ensuite répandue vers l’est jusqu’à l’Himalaya.
On suppose que le seigle a fait son apparition dans la région du mont Ararat et du lac de Van, dans l’est de la Turquie, peu après la domestication du blé. Il pousse dans des endroits où le blé et l’orge ne poussent pas.
L’avoine est une céréale dont on sait peu de choses, si ce n’est que des restes ont été découverts dans une tombe égyptienne datant de 2 000 avant J.-C. et qu’elle a probablement vu le jour en Asie Mineure.
Le sarrasin (Fagopyrum esculentum) a été cultivé pour la première fois dans les provinces chinoises du Yunnan et du Sichuan vers l’an 1 000 après J.-C. Son rendement n’est pas très élevé, mais il arrive rapidement à maturité et s’adapte bien aux climats arides et frais. Il en existe au moins 14 variétés.
L’herbe de Palmer (= herbe de nipa, = Distichlis palmeri) n’était cultivée que dans le désert de Sonora, à l’ouest du Mexique et à l’ouest des États-Unis. Elle constituait la principale source de nourriture de la tribu des Cocopah. Elle ressemble quelque peu au blé, à ceci près qu’elle peut pousser dans des conditions arides et qu’elle est capable d’absorber l’eau de mer et d’en excréter le sel.
Les millets constituent un ensemble d’au moins 13 graminées comestibles à petites graines qui se cultivent bien dans des conditions arides. Certains millets, comme le millet à balai, constituaient également la principale céréale en Chine et en Corée dans les temps les plus anciens. Parmi les différentes variétés de millet, on trouve le millet commun, le millet à balai, le millet brun, le millet à doigts, le fonio, le millet à queue de renard, le millet japonais, les larmes de Job, le millet kodo, le petit millet, le millet perlé, le millet proso et le teff. Pour plus d’informations, consultez le site http://en.wikipedia.org/wiki/Millet.
Les pommes de terre ne sont pas une céréale, mais elles constituent aujourd’hui la quatrième culture vivrière en importance. On estime que leur culture a débuté vers 6 000 av. J.-C. au Pérou et en Bolivie, dans la région du lac Titicaca.
Parmi les autres cultures non céréalières, on trouve les haricots, les légumineuses, le soja, les arachides, le manioc, les patates douces, les pois, le fruit à pain, les noix de coco, les bananes, les bananes plantains et le taro. La graine de kesari était cultivée en Inde, mais elle a des effets paralysants à long terme.
Q : Dans Genèse 2:7, Dieu a-t-Il créé la matière, ou l’a-t-Il simplement « organisée », comme l’enseignent de nombreux mormons, ou bien la matière n’a-t-elle pas été créée parce qu’elle n’est pas une chose réelle, comme l’enseignent la Science chrétienne et certains groupes religieux orientaux ?
R : Non. Le fait que Dieu soit tout-puissant signifie qu’Il peut tout faire, et le fait qu’Il soit le Créateur signifie qu’Il a tout créé. Dieu a créé l’univers « ex nihilo », c’est-à-dire à partir de rien. Ainsi, pour être précis, Dieu n’a pas seulement créé les « choses de matière et d’énergie », mais Il a créé la matière et l’énergie elles-mêmes.
Q : Dans Genèse 2,7 et 19, Dieu a-t-il créé l’homme avant les animaux, ou après les animaux, comme le dit Genèse 1,24 et 27 ? (Cette question a été posée par un athée (Capella).)
R : Trois points sont à prendre en compte dans la réponse.
Sur la Terre, Dieu a créé l’homme après les animaux, comme le dit Genèse 1, 24 et 27.
Dans le jardin d’Éden, Dieu a dû créer l’homme avant de lui montrer les animaux.
Même dans le Jardin, les animaux étaient peut-être déjà présents avant l’homme. Genèse 2:19 fait référence aux animaux qui avaient déjà été créés à ce moment-là. Cela ne signifie pas que les animaux n’avaient pas été créés avant ce moment-là.
Q : Genèse 2:7 prouve-t-il que les êtres humains n’ont pas d’âme immortelle, comme l’affirment les Témoins de Jéhovah ?
R : Non. Le mot hébreu utilisé ici, « nephesh », signifie « âme » dans certains passages, et « vie » dans d’autres, comme celui-ci. Comment les croyants se trouvant sous l’autel dans Apocalypse 6:9-10 pourraient-ils être sous l’autel s’ils n’avaient pas d’existence après la mort ?
Q : Dans Genèse 2:10-14, où se trouvent les fleuves qui jaillissaient du jardin d’Éden ?
R : Tout d’abord, le jardin d’Éden n’existe plus aujourd’hui sur terre. Nous ne savons pas où se trouvait le fleuve Pishon, et le Tigre et l’Euphrate se trouvent en Turquie, en Syrie et en Irak. On considère généralement que le Gihon est le Nil, qui coulait depuis la région de Cush, au sud de l’Égypte. Cependant, il aurait pu s’agir d’un fleuve plus petit prenant sa source à « Cush » (Kashshu), dans l’ouest de l’Élam, très proche du Tigre et de l’Euphrate. Les Kassites (en grec : Kosséens) étaient originaires de cette région.
Q : Dans Genèse 2:15, pourquoi Dieu a-t-il dit : « Tu (singulier) peux manger de tous les fruits du jardin, sauf que vous (pluriel) ne devez pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal » ?
R : Chacun d’entre eux pouvait choisir n’importe quel arbre ; ils n’étaient pas tenus de manger la même chose. Cependant, aucun des deux n’avait le droit de manger du fruit de cet arbre-là. La forme plurielle renforce l’emphase ; cet ordre ne s’adressait pas seulement à Adam, mais à tout le monde.
Philon le Juif (15/20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C.) a été le premier à répondre à cette question dans Questions et réponses sur la Genèse, I, p. 794.
Q : Dans Genèse 2, 16, pourquoi Dieu a-t-il créé Adam, sachant qu’il allait chuter ?
R : Dieu peut tout faire, mais une impossibilité logique n’existe pas. Dieu ne peut pas créer un être qui choisit l’obéissance aimante envers Lui, si cet être n’est pas capable de choisir d’obéir à Dieu. Être capable de choisir d’obéir à Dieu signifie être capable de choisir de Lui désobéir.
Q : Puisque Genèse 2, 17 dit : « Le jour où vous en mangerez, vous mourrez certainement », comment Adam et Ève sont-ils morts « ce jour-là » ?
R : Spirituellement et judiciairement. Trois points sont à prendre en compte dans la réponse.
La mort spirituelle s’est produite ce jour-là.
Sur le plan judiciaire, ce jour-là, des condamnations à la mort éternelle et à la mort physique ont été prononcées à leur encontre. Dans *Hard Sayings of the Bible*, p. 91-92, Walter Kaiser, Jr. montre que l’expression idiomatique hébraïque signifie la certitude de leur mort, et non l’immédiateté de celle-ci.
Pour un autre exemple de l’emploi de cette expression idiomatique, voir 1 Rois 2, 37, où Salomon adressa un avertissement similaire à Shimeï le jour où il quitta Jérusalem.
La première personne dont on sait qu’elle a apporté une réponse à cette question est Philon le Juif (15/20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C.) dans *Questions et réponses sur la Genèse*, I, p. 794, et *Interprétation allégorique*, I, 33 (105), p. 46-47, où il mentionne la mort de l’âme.
Un deuxième auteur antique, qui a donné une réponse différente, est Irénée dans *Contre les hérésies*, livre 5, chapitre 23 (182-188 apr. J.-C.), p. 551-552. Comme Irénée note qu’un jour auprès du Seigneur équivaut à 1 000 ans, il interprète cela comme l’un des jours de Dieu, et il estime significatif que Genèse 5, 5 indique qu’Adam est mort à l’âge de 930 ans, ce qui est inférieur à 1 000 ans.
Q : Dans Genèse 2, 18, pourquoi est-il dit que l’homme était seul, alors qu’il était à la fois avec Dieu et avec les animaux ?
R : Adam exerçait certes une autorité sur les animaux, et il adorait Dieu, mais il n’avait personne d’autre qui lui ressemblât. Il était seul en ce sens qu’il n’avait personne avec qui entretenir une relation horizontale, d’égal à égal.
Q : Genèse 2, 18-22 montre-t-il que la femme a été créée après coup, comme l’affirme Born Again Skeptic à la page 164 ?
R : Non, cela montre exactement le contraire. Dieu a pris beaucoup de temps, demandant notamment à Adam de donner un nom aux animaux, afin de lui démontrer son besoin d’une compagne. La plupart des éléments décrits dans Genèse 1 et 2 ont simplement été créés sans grande explication. Cependant, Dieu a d’abord « préparé le terrain » et expliqué le rôle d’Ève en tant que collaboratrice d’Adam avant de la créer.
Q : Genèse 2:18 montre-t-il que les femmes sont inférieures aux hommes, puisque Ève a été créée différemment d’Adam ?
R : Non, ce n’est pas le cas. Six points à prendre en compte dans la réponse.
1. La différence ne prouve pas l’inégalité. Des personnes différentes parlent des langues différentes, mais cela ne signifie pas que chaque langue soit inférieure ou supérieure à une autre. Comme l’a dit un chrétien, Ève n’a pas été créée à partir du pied d’Adam pour être sous son autorité, ni à partir de sa tête pour être au-dessus de lui, mais à partir de son flanc pour être à ses côtés.
2. « Aide » ne signifie pas « inférieure ». Certains pourraient penser qu’Ève était inférieure à Adam parce qu’elle était une « aide » dans Genèse 2:18. Cependant, Dieu est notre « aide » (même mot hébreu) dans le Psaume 70:5, et cela ne signifie pas que Dieu nous soit inférieur ! Ainsi, traduire le mot hébreu par « compagne » est plutôt imprécis. Une meilleure traduction serait : « Je ferai une puissance [ou une force] correspondant à l’homme », selon l’étude détaillée de l’hébreu réalisée par Walter Kaiser dans *Hard Sayings of the Bible*, p. 92-94. La femme est donc destinée à être une « partenaire à part entière » et non pas simplement une assistante.
3. Genèse 1:27 montre que les deux sont créés à l’image de Dieu. Ce n’est pas seulement Adam qui est à l’image de Dieu, mais l’homme et la femme sont tous deux à l’image de Dieu. Soit dit en passant, le fait d’être à « l’image de Dieu » ne signifie en aucun cas que Dieu se limite à avoir deux pieds, deux mains, un estomac, etc. Au contraire, tout comme une image en deux dimensions est une représentation imparfaite d’un objet réel en trois dimensions, le caractère du Dieu infini et notre être fini présentent certaines similitudes.
4. Égaux par nature, par valeur, par importance, etc. Dans la Bible, Galates 3:28 dit : « Il n’y a ni Juif ni Grec, ni esclave ni libre, ni homme ni femme, car vous êtes tous un en Jésus-Christ. » (BSB)
5. Mais différents dans leur rôle : Éphésiens 5:22-24 montre que les épouses doivent se soumettre à leurs maris, car les maris sont le chef de l’épouse. Les maris doivent aimer leurs épouses comme le Christ a aimé l’Église, selon Éphésiens 5:25-26. Paul a déclaré que les femmes ne devaient pas enseigner aux hommes ni exercer d’autorité sur eux, dans 1 Timothée 2:12.
6. Comment cela se traduit-il dans la pratique ?
6.1 Déborah était une juge pieuse d’Israël (Juges 4-5). Sur cette base, il n’y a aucune difficulté à voter pour une femme à la présidence ou au poste de Premier ministre.
6.2 Elles pouvaient hériter de biens, y compris des terres, comme le mentionnent Nombres 36, 8 et Job 42, 15.
6.3 Pour une description plus détaillée de la manière dont une épouse doit être une partenaire à part entière de son mari, lisez Proverbes 31, 10-31. On y lit notamment :
Elle travaille de ses mains (Proverbes 31, 13, 22) et en tire profit (Proverbes 31, 24, 31).
Elle fait ses courses (Prov. 31, 14) et cuisine. Prov. 31, 15
Elle supervise les autres. Proverbes 31:15
Elle décide elle-même d’acheter un bien immobilier (Proverbes 31, 16).
Elle plante une vigne. Proverbes 31:16 (Notez qu’une famille ne possède pas une vigne entière uniquement pour sa consommation personnelle ; c’était une source de profit.)
Elle est physiquement forte. Proverbes 31:17
Elle fait également du commerce, non seulement par nécessité, mais aussi pour en tirer un profit. Proverbes 31:18
C’est elle-même qui fait l’aumône aux pauvres. (Elle devait avoir le contrôle de l’argent pour pouvoir le faire.) Proverbes 31:20
Elle gère le foyer. Prov. 31, 21
Elle est sage et enseigne la sagesse. Proverbes 31:26
En résumé : les femmes ne sont pas inférieures aux hommes par nature, par valeur ou par importance. Elles ont certes un rôle différent de celui des hommes, comme toute future maman pourra vous le confirmer.
Voir également le *Guide pratique pour résoudre les difficultés bibliques* (édition d’aujourd’hui), p. 191-193, pour en savoir plus sur la manière dont la femme a été créée « à l’image » de l’homme et égale à lui.
Q : Dans Genèse 2:19, pourquoi Adam avait-il besoin de voir tous les animaux présents ?
R : Dieu a donné à Adam la domination sur tous les animaux dans Genèse 1:26, et Dieu voulait voir comment Adam nommerait les animaux dans Genèse 2:19.
En outre, il y avait peut-être une raison plus subtile. Avant de créer Ève, Dieu avait compris l’importance de combler ce qui manquait à Adam, mais Adam, lui, ne s’en rendait pas compte. Ainsi, Adam a pu apprendre trois choses sur les animaux qui concernaient sa situation du moment.
La famille :
a) En montrant à Adam que tous les animaux supérieurs comportaient un mâle et une femelle, Dieu lui a révélé comment Il les avait créés complets et capables de perpétuer leur espèce.
b) Adam pouvait observer toutes les créatures et constater qu’aucune ne lui ressemblait.
c) Adam pouvait voir qu’il avait lui aussi besoin d’une autre personne pour le compléter.
Soit dit en passant, enseigner aux enfants comment se reproduisent les plantes et les animaux est une bonne approche pour leur expliquer comment Dieu a établi la manière dont les enfants sont conçus.
Communauté :
a) Même les chiens et les cerfs vivent au sein de communautés.
b) Adam pouvait constater qu’il n’avait personne comme lui au sein d’une communauté avec qui partager sa vie, et que les êtres humains ont besoin d’autres personnes à leurs côtés.
Le leadership :
a) Puisque Dieu avait donné à Adam la domination sur la terre, Adam devait connaître les animaux qui s’y trouvaient.
b) Comme Adam exerçait cette domination, Dieu l’a honoré en lui demandant de donner un nom aux animaux. Philon le Juif en fait mention dans les Œuvres de Philon, p. 882.
Q : Dans Genèse 2:19-3:19, quels éléments provenant des premiers écrits mormons prouvent que les mormons croyaient à cette doctrine absurde selon laquelle Adam était Dieu ?
R : Voici les citations tirées du *Journal of Discourses* mormon, suivies de douze autres écrits à titre de preuves.
a. Journal of Discourses, vol. 1, p. 50. (Sermon de Brigham Young) « Écoutez donc, ô habitants de la terre, Juifs et païens, saints et pécheurs ! Lorsque notre père Adam entra dans le jardin d’Éden, il y entra avec un corps céleste, et il amena avec lui Ève, l’une de ses épouses. Il a contribué à créer et à organiser ce monde. C’est Michel, l’archange, l’Ancien des Jours ! dont les hommes saints ont écrit et parlé C’est notre Père et notre Dieu, et le seul Dieu avec lequel nous ayons affaire. Tout homme sur la terre, qu’il se dise chrétien ou non, doit l’entendre et le saura tôt ou tard. » (les italiques et les petites capitales figurent dans l’original)
b. Journal of Discourses, vol. 1, p. 51. (même sermon) « Jésus, notre frère aîné, a été engendré dans la chair par le même Être qui se trouvait dans le jardin d’Éden, et qui est notre Père céleste. »
Notez que les mormons répondent souvent qu’il s’agit d’une erreur d’impression. Il est intéressant de noter que les volumes du grand prédicateur chrétien Charles H. Spurgeon ont été publiés à peu près à la même époque, et qu’il n’y avait aucune erreur d’impression indiquant qu’un être créé était Dieu dans les œuvres de Spurgeon. Vous trouverez ci-dessous des preuves corroborant que le prophète mormon a bel et bien tenu ces propos.
1. Le journal de Wilford Woodruff, à la date du 19 février 1854. (Consultez la bibliothèque de la BYU)
2. Deseret Evening News, 14 juin 1873
3. Deseret Evening News, 18 juin 1873
4. Journal de Hosea Stout : On the Frontier, vol. 2, p. 438.
5. The Millennial Star, vol. 16, p. 543.
6. The Millennial Star, vol. 15, p. 769-770. Un an et demi plus tard.
7. Journal de John Nuttall, vol. 1, p. 18-21.
8. Journal d’Abraham H. Cannon, vol. 11, p. 39 (a enseigné pendant 50 ans)
9. *Hymnes sacrés et chants spirituels pour l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours*, 1856, p. 375
10. *Women of Mormondom*, p. 179
11. Journal of Discourses, vol. 4, p. 1 (discours du président Heber C. Kimball prononcé le 29 juin 1856)
« … et je sais également que si nous ne sommes pas unis avec frère Brigham, notre dirigeant, nous ne sommes pas unis avec le Christ. Oui, je le sais, et mes sentiments sont et ont toujours été aux côtés de frère Brigham. J’ai appris par expérience qu’il n’y a qu’un seul Dieu qui concerne ce peuple, et c’est le Dieu qui concerne cette terre , le premier homme. Ce premier homme a envoyé son propre Fils pour racheter le monde, pour racheter ses frères. »
12. Enfin, un ouvrage beaucoup plus récent :
La place d’Adam dans les Écritures et la théologie de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours : « L’identification d’Adam à Dieu le Père par le président Brigham Young est un fait irréfutable. » p. 58
Q : Dans Genèse 2:20, comment Adam aurait-il pu donner un nom à tous les animaux, à moins que le fruit défendu n’ait été un ordinateur Apple Macintosh ?
R : Quelqu’un a un jour fait remarquer avec humour que si Adam avait dû nommer toutes les espèces animales (y compris 1,5 million d’insectes) en 24 heures le sixième jour, il n’est pas étonnant que l’on confonde le fruit défendu avec une pomme, disques durs compris !
D’un autre côté, Paul S. Taylor a justement fait remarquer que l’expression « donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs » dans Genèse 2:20 ne signifie pas nécessairement qu’il a nommé toutes les espèces de la Terre. Il pourrait simplement s’agir de nommer les genres et les familles d’animaux se trouvant dans l’environnement immédiat d’Adam.
Pour ceux qui aiment les anecdotes, il existe environ 26 000 espèces vivantes d’animaux vertébrés terrestres et d’oiseaux, ainsi que 9 500 espèces fossiles connues sur Terre. (Parmi les espèces fossiles, près de la moitié étaient des reptiles, et 1 000 étaient des oiseaux).
On dénombre environ 5 600 genres d’animaux terrestres vivants, dont 1 900 genres d’oiseaux. Il existe environ 6 500 genres d’animaux terrestres fossiles connus, dont près de 1 000 genres d’oiseaux et 1 500 genres de reptiles.
Q : Dans Genèse 2:21-23, Adam était-il à la fois homme et femme avant la création d’Ève ?
R : Rien dans les Écritures ne suggère cela. Genèse 3, 16 dit que le mari sera le chef de la femme. Comme cela s’est produit après la chute, le degré de « masculinité » d’Adam avant Ève n’a aucune incidence sur quoi que ce soit. Cependant, en ce qui concerne l’autorité de l’Église en général, Paul considère comme significatif le fait qu’Adam ait été formé avant Ève dans 1 Timothée 2, 13. L’argument de Paul serait trompeur si Adam avait été à la fois homme et femme.
Q : Dans Genèse 2, 21-23, le récit de la création d’Ève à partir d’une côte a-t-il été tiré du poème sumérien de Dilmun ?
R : Non. Commençons par quelques informations contextuelles, puis la réponse, et enfin deux enseignements que nous pouvons tirer de cette réponse sur la manière dont Dieu a inspiré la Bible.
B1. Samuel Noah Kramer, dans *The Sumerians* (Université de Chicago, 1963), mentionne que le mot sumérien désignant la côte, *ti*, signifie également « donner la vie », et que dans le poème de Dilmun, Nin-ti était la « dame de la côte » ainsi que la « dame qui donne la vie », celle qui guérit la côte malade du dieu Enki.
B2. Il s’agit d’un jeu de mots en sumérien, mais pas en hébreu, ce qui rend cette similitude d’autant plus frappante.
B3. À l’exception de la « dame qui a guéri la côte » par opposition à « Ève, issue de la côte d’Adam » dans la Genèse, il n’existe aucune autre similitude entre ces deux récits. Voir *The Sumerians*, p. 148-149, ou *Hard Sayings of the Bible*, p. 94-95, pour le récit sumérien.
B4. Les tablettes du poème de Dilmun datent de 2400 av. J.-C. ou plus tard. Quoi qu’il en soit, elles sont antérieures à Abraham, qui quitta Ur avant 2050 av. J.-C.
B5. Ce récit était peut-être bien connu dans l’Antiquité.
La réponse comporte quatre points.
A1. Il ne s’agit là que d’un exemple parmi tant d’autres de récits similaires concernant des événements mentionnés dans la Genèse. Un autre exemple est celui des plus de 200 récits de déluge universel provenant de divers peuples à travers le monde.
A2. Le jeu de mots concernant la côte pourrait indiquer que d’autres cultures anciennes avaient conservé une connaissance, au moins incomplète, de la création de l’humanité.
A3. Plus encore, d’autres passages de la Genèse 1 semblent presque avoir été rédigés de manière délibérée pour contraster avec les récits sumériens, akkadiens et autres. Ces derniers présentent des dieux se querellant ; dans la Genèse, le Dieu unique crée sereinement. D’autres récits mettent en scène un héros luttant contre le chaos. La Genèse présente Dieu planant au-dessus de l’« abîme/des eaux », et donnant des ordres et des commandements.
A4. Certaines similitudes de détails entre la Genèse, le poème de Dilmun et d’autres œuvres anciennes pourraient indiquer une connaissance commune de certains événements. Cependant, il est indéfendable d’affirmer que l’un a été copié de l’autre, non seulement parce que les détails communs sont peu nombreux, mais aussi parce qu’il n’y a pratiquement aucune similitude dans la signification sous-jacente à ces détails.
Leçons à tirer de cette réponse :
L1. La Genèse n’a pas été écrite dans le vide. Dieu ne se contente pas de nous révéler la vérité ; Il révèle une vérité intemporelle, mais d’une manière concrète, adaptée à l’époque et à la culture. L’une des raisons (mais pas la principale) pour laquelle la Genèse a pu être donnée par Dieu était de corriger les conceptions erronées que les gens avaient de l’origine de l’homme, tout en reconnaissant certaines des vérités qui avaient survécu.
L2. Dieu se sert de la culture. Dieu se sert même des mauvaises actions des hommes pour sa gloire (Genèse 50, 20). Comment pourrions-nous même tenter d’empêcher Dieu de se servir également de la culture, comme Il le souhaite ? Moïse était un homme instruit, et il a peut-être lu cette histoire ; Dieu s’est servi de cette lecture pour lui montrer ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas.
L3. Surtout, ne croyez pas que l’expression « les Écritures sont infaillibles » signifie que la Bible a dû être dictée de manière mécanique. 2 Pierre 1, 21 dit que les prophéties étaient des paroles prononcées par des hommes sous l’inspiration du Saint-Esprit. Ainsi, lorsque différentes parties de la Bible reflètent manifestement des styles d’écriture humains différents, cela n’exclut pas une origine divine. Cela démontre simplement que Dieu s’est servi des styles d’écriture de diverses personnes comme Il l’a jugé bon.
Q : Dans Genèse 2:22, qui est Lilith à cette époque ?
R : Le nom de Lilith n’est jamais mentionné une seule fois dans la Bible. Il existait au Moyen Âge une fable concernant une femme nommée Lilith qui aurait été la première épouse d’Adam. Elle aurait refusé de se soumettre à Adam, et Dieu aurait alors créé Ève. Selon ce mythe, Lilith aurait été transformée en un démon qui tue les nouveau-nés.
Lilith était également un vampire dans la mythologie sumérienne, selon l’ouvrage *The Sumerians*, p. 198, 258. L’ouvrage *Civilizations of the Ancient Near East*, p. 1890, mentionne que les personnes célibataires qui mouraient devenaient une catégorie particulière de démons appelés Lilu (masculin) et Lilitu (féminin). Ils demandaient aux vivants de les épouser, leur promettant la richesse, mais si la personne vivante y consentait, elle mourait prématurément.
Aucun manuscrit biblique, qu’il soit juif ou chrétien, ne fait davantage allusion à Lilith qu’à Donald Duck.
Q : Dans Genèse 2:22, comment Dieu a-t-il pu créer Ève à partir d’une côte ?
R : De la manière dont Dieu Tout-Puissant l’a voulu. Si Dieu devait utiliser une côte, et si vous pensez qu’Il a dû prélever la côte entière, alors j’imagine que vous pourriez en conclure qu’Ève compterait toutes les côtes d’Adam chaque matin !
Plus sérieusement, Dieu n’a peut-être pas utilisé toute la côte ; une seule cellule aurait pu suffire.
L’ouvrage « 735 questions bibliques déroutantes auxquelles on répond », p. 23, ajoute que si Dieu l’avait créée à partir d’argile, on pourrait soutenir que les femmes sont intrinsèquement différentes (et peut-être inférieures aux hommes). Cependant, puisque Ève a été créée à partir d’une côte, elle avait la même identité, à part entière, que l’homme.
Q : D’après Genèse 2, 22-23, les hommes devraient-ils avoir une côte de moins que les femmes ?
R : Non. Si un homme se fait couper un bras, ses enfants et petits-enfants ne naîtront pas tous avec un bras en moins. De même, si l’on prélève quelques cellules de la côte d’une personne, tant les parents que leurs enfants auront toujours le même nombre de côtes.
Tertullien, qui a écrit entre 198 et 220 apr. J.-C., interprète cela comme si Dieu avait « emprunté une côte » dans son ouvrage *Exhortation à la chasteté*, chapitre 5, p. 53. Il ajoute également que Dieu aurait pu emprunter davantage de côtes pour créer davantage d’épouses, mais qu’il a choisi de ne pas le faire, afin de montrer que la monogamie était la norme et non la polygamie.
Q : Dans Genèse 2, 25, l’homme et la femme ont-ils été créés nus à l’origine, et étaient-ils censés porter des vêtements ?
R : Oui, ils ont été créés nus et n’éprouvaient aucune honte. Cependant, après la Chute, Dieu les a revêtus, et nous portons des vêtements depuis lors.
Q : Dans Genèse 3, 1-24, étant donné que Dieu a créé les êtres humains pour qu’ils soient, en fin de compte, supérieurs aux anges, cela aurait-il pu être un facteur dans la décision de Satan de se rebeller ?
R : Les Écritures ne se prononcent pas sur ce point, mais c’est certainement une possibilité.
Q : Dans Genèse 3, 1-24, Adam et Ève avaient-ils la peau blanche, noire, brune, jaune ou rouge ?
R : La Bible reste totalement muette à ce sujet. Puisqu’Adam et Ève sont les ancêtres de nous tous, cela n’a aucune importance. Nous sommes tous, à parts égales, les descendants d’Adam et d’Ève. Peut-être Dieu a-t-il délibérément choisi de ne pas le préciser, afin que personne ne puisse prétendre qu’Il avait indiqué qu’une race était plus proche ou plus éloignée d’Adam et d’Ève.
Q : Dans Genèse 3, pourquoi Dieu a-t-il permis qu’Adam et Ève soient tentés ?
R : La Bible ne le dit pas. Cependant, on peut supposer que Dieu ne voulait pas simplement des personnes qui L’aimaient, mais des personnes à qui l’on offrait un choix, et qui choisissaient malgré tout de L’aimer.
Q : Dans Genèse 3, si Ève a introduit le péché originel, comment se fait-il que Satan ait commis le péché d’orgueil contre Dieu ? Ai-je manqué quelque chose ici ?
R : Satan a péché et est tombé avant Adam et Ève. Mais le péché d’Ève et d’Adam a introduit une nature pécheresse dans la race humaine.
Q : Dans Genèse 3, j’ai une question à laquelle je n’ai pas réussi à trouver de réponse. Dans la Bible, il est écrit que Dieu crée l’Homme. Dieu dit à l’Homme de ne pas manger le fruit défendu – le fruit de l’arbre de la connaissance – car ce fruit ouvrira vos yeux pour vous faire prendre conscience du bien et du mal, du bon et du mauvais. L’Homme mange le fruit défendu et est transformé. L’homme voit désormais que la nudité est un mal. Comment le fait pour l’homme de désobéir à Dieu peut-il constituer un péché alors qu’il n’avait aucune connaissance du bien et du mal au moment où il a mangé le fruit défendu ?
R : Je me ferai un plaisir de répondre à votre question. Permettez-moi de commencer par vous poser une question : depuis la chute, comment une personne sait-elle ce qui est bien et ce qui est mal ? Nous le savons directement grâce à tout ce que Dieu nous a révélé sur ce qui est bien et ce qui est mal, et chacun en a une idée approximative grâce à sa conscience intérieure. (Bien sûr, une personne peut toutefois émousser sa conscience.)
Après la chute, Adam et Ève avaient tous deux une conscience, un sentiment de culpabilité d’avoir mal agi en désobéissant, et eux-mêmes ainsi que leurs descendants avaient une nature pécheresse. Les conséquences de la chute furent profondes.
Avant la chute, ils n’avaient rien de tout cela, ni aucune connaissance du bien et du mal. Leur nature était bonne, et tout ce qu’ils faisaient était juste — ou presque. Ils n’avaient aucun commandement à craindre de transgresser, à l’exception d’un seul : ne pas manger du fruit de l’arbre défendu de la connaissance du bien et du mal. Leur choix, celui de manger ou non, n’était pas un choix entre le bien et le mal, car ils ne savaient pas ce qu’étaient ces notions. Leur choix consistait plutôt, tout simplement, à obéir ou non à Dieu.
De nos jours, il arrive que les gens aient des conceptions étranges du bien et du mal, comme ces pères musulmans qui pensent qu’il est juste de tuer leurs filles parce qu’ils estiment que celles-ci ont fait honte à la famille, notamment en commettant des actes tels que se marier avec quelqu’un que leur père n’approuvait pas. Même les chrétiens peuvent parfois s’attarder excessivement sur la question : « La Bible autorise-t-elle cela ? ». Plus important que de se demander « est-ce bien ou mal ? », il faut se demander « Dieu veut-Il que je fasse cela ? » ou « cela plaît-il à Dieu ? ». La réponse sera en réalité la même que celle à la question « est-ce bien ou mal ? », mais l’essentiel ne doit pas être d’agir uniquement pour apaiser notre conscience ou pour suivre un ensemble de règles, mais pour plaire à Dieu.
Ainsi, pour répondre brièvement à votre question, Adam et Ève n’ont pas péché en choisissant le mal plutôt que le bien, car ils ne savaient pas ce qu’étaient le mal et le bien. Ils ont péché en connaissant le commandement simple que Dieu leur avait donné et en choisissant de désobéir à Dieu.
Q : Dans Genèse 3, s’agissait-il d’une épreuve injuste, puisque Adam et Ève n’avaient pas encore la connaissance du bien et du mal, comme l’affirme un athée (Capella) ?
R : Non. Est-ce une épreuve injuste que de dire à quelqu’un de ne pas consommer de drogues illégales, telles que la cocaïne, avant qu’il n’ait eu l’occasion d’en consommer ? Bien sûr que non. De même, il n’était pas injuste qu’ils reçoivent cette interdiction sans avoir fait l’expérience du mal et de la culpabilité. Bien que l’on puisse faire valoir qu’ils ne savaient pas tout du bien et du mal à ce moment-là, ils savaient que leur Créateur leur avait ordonné de ne pas manger du fruit de cet arbre, et cette connaissance suffisait à elle seule à faire de cette épreuve une épreuve juste.
Aujourd’hui, nous ne connaissons pas toutes les raisons pour lesquelles Dieu nous interdit de faire certaines choses, mais si Dieu nous a ordonné de ne pas les faire, nous savons tout ce qu’il faut savoir pour Lui obéir.
Q : Dans Genèse 3, en quoi consistait exactement le mal qu’il y avait à manger du fruit de cet arbre ?
R : Ce n’était pas qu’un fruit particulier fût mauvais ; peut-être auraient-ils pu manger de cet arbre plus tard. Comme l’a écrit Théophile, évêque d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.) dans sa lettre « Théophile à Autolyque », livre 2, chapitre 25, p. 104 : « Car ce n’était pas l’arbre, comme certains le pensent, mais la désobéissance, qui portait en elle la mort. » Pères anténicéens, vol. 2, p. 104. Certains voient également dans l’expression « comme Dieu, connaissant le bien et le mal » une volonté de s’approprier la prérogative divine de définir le bien et le mal.
Q : Dans Genèse 3, cette épreuve s’apparentait-elle à celle de parents qui placeraient une batterie de 40 000 volts dans le salon et diraient à leur bébé de ne pas y toucher ?
R : Non, le danger résidait dans leur désobéissance, et non dans l’arbre. Quatre points sont à prendre en compte dans cette réponse.
1. Contrairement à une batterie dangereuse, ce n’était pas l’arbre qui était mortel. C’était la désobéissance à Dieu qui était mortelle et qui les a fait mourir spirituellement ce jour-là, puis physiquement par la suite.
2. Adam et Ève n’étaient pas des bébés. Ils étaient capables de raisonner comme des adultes, ils avaient pleinement conscience de ce qu’ils faisaient et des conséquences que Dieu leur avait annoncées.
3. Adam et Ève voyaient tous leurs besoins satisfaits, et ils n’avaient aucun moyen de désobéir à Dieu, si ce n’est en mangeant du fruit de l’arbre. Que cela vous plaise ou non, Dieu laisse aux êtres humains le choix de Le servir ou non. Certains pourraient penser : « Dieu n’aurait pas dû faire cela, Dieu aurait dû faire de nous tous des robots incapables de désobéir. » Quels que soient les sentiments des hommes, Dieu peut faire ce qu’Il souhaite, et Dieu a choisi de donner à chacun le libre arbitre de Lui désobéir, et de vivre avec les conséquences de son obéissance ou de sa désobéissance.
4. Le fruit aurait pu être mangé de toute façon. Théophile, évêque d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.), enseignait que si Adam et Ève n’avaient pas péché, ils auraient mûri, seraient devenus parfaits et seraient montés au ciel en possédant l’immortalité. L’humanité avait une nature intermédiaire, ni entièrement mortelle, ni tout à fait immortelle, ou bien le Paradis se situait entre la terre et le ciel. Théophile à Autolycos, livre 2, chap. 22, p. 24, p. 104
Q : Dans Genèse 3, devrions-nous être fiers qu’Ève ait mangé la pomme, comme l’affirme Laura Schlesinger ?
R : Non. Le Dr Laura a raison sur bien des points, mais elle se trompe sur celui-ci. Voici ce qu’elle a déclaré dans *Modern Maturity*, septembre-octobre 1999, p. 67.
« Je suis très fière qu’elle ait mangé le fruit de l’arbre de la connaissance. Car si elle ne l’avait pas fait, nous serions encore des animaux dans le Jardin. Dieu n’a pas placé cet arbre là uniquement pour l’ombre. C’est par ce geste que nous sommes devenus humains. »
Tout d’abord, cet arbre n’était pas simplement l’arbre de la connaissance, mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Mme Schlesinger a raison de dire que les êtres humains n’étaient plus les mêmes. Tous les meurtres, les guerres, l’oppression et l’irresponsabilité morale commis par les êtres humains se sont produits après cet événement. Cependant, les êtres humains restent humains au Paradis, où ils ne pécheront plus. Il n’est pas impossible d’être pleinement humain sans pécher, comme l’étaient Adam et Ève avant d’avoir mangé, et comme l’est Jésus-Christ.
Plus tard dans l’interview, lorsque le Dr Laura a déclaré qu’Adam avait eu tort d’essayer de rejeter la faute sur Ève, M. Schlesinger avait raison, car Genèse 3:6 indique qu’Adam était avec Ève lorsqu’elle a mangé.
Q : Dans Genèse 3, le fruit de l’arbre était-il une métaphore d’une union sexuelle spirituelle illicite entre Ève et Satan, comme l’enseigne le révérend Moon de l’Église de l’Unification (les « Moonies ») dans le Principe divin (5e éd., 1977), p. 75-79 ?
R : Il n’y avait aucune métaphore sexuelle associée à l’arbre, au fruit ou à Satan. Si le révérend Moon avait raison, alors :
Que représentaient tous les autres arbres dont ils avaient le droit de manger les fruits ?
Ève a ignoré Satan lorsqu’elle a mangé le fruit de l’arbre
Dans Genèse 3:13, Ève, en essayant de rejeter toute la responsabilité sur le serpent, s’est contentée de dire que celui-ci l’avait trompée. Elle n’a jamais dit que le serpent lui avait fait quoi que ce soit.
Voir également la question précédente.
Q : Dans Genèse 3, existe-t-il dans d’autres cultures un récit similaire concernant les premiers êtres humains, dans un jardin, mangeant un fruit défendu ?
R : Oui. En voici au moins trois exemples.
Le peuple S’gaw Karen de l’est de la Birmanie : le Dieu tout-puissant et omniscient, nommé Y’wa, a tout créé. Il a créé deux personnes, un homme nommé Thanai et une femme nommée Eeu, et les a placés dans un jardin comportant sept sortes d’arbres fruitiers. Il y avait cependant une sorte dont ils ne devaient pas manger. Le maléfique Mu-kaw-lee a trompé ces deux personnes en leur disant qu’elles acquerraient des pouvoirs miraculeux et monteraient au Ciel. Mu-kaw-lee les a persuadées de manger le fruit de l’arbre de l’épreuve. Elles l’ont mangé et sont devenues sujettes à la maladie, au vieillissement et à la mort.
Don Richardson examine la possibilité que ce récit puisse provenir d’une influence nestorienne ou catholique romaine, et conclut que ce n’est pas le cas, car il n’a trouvé aucune notion d’incarnation ni de rédempteur mourant pour l’humanité et ressuscitant d’entre les morts.
Les Santal du nord-est de l’Inde : Ils croyaient en « Thakur Jiu » (Thakur = authentique, Jiu = Dieu), qui créa le premier couple, un homme nommé Haram et une femme nommée Ayo, et les plaça à Hihiri Pipiri, à l’ouest de l’Inde. Le maléfique Lita les incita à fabriquer de la bière de riz et à en verser une partie sur le sol en offrande à Satan. Ils s’exécutèrent et s’enivrèrent avec le reste de la bière. À leur réveil, ils se rendirent compte qu’ils étaient nus et eurent honte. Ils eurent par la suite sept fils et sept filles. Leurs descendants se corrompirent, si bien que Thakur Jiu cacha un « couple sacré » sur le mont Harata (= Ararat ?), et détruisit les autres lors d’un déluge. Finalement, leurs ancêtres voyagèrent (vers l’est) de forêt en forêt, jusqu’à ce qu’ils parviennent à de hautes montagnes qui leur barraient le chemin. Ils finirent par les franchir (peut-être au col de Khyber) et arrivèrent dans leur patrie, près de Calcutta.
Les Sumériens : Les Sumériens croyaient qu’ils venaient d’un paradis qu’ils appelaient Dilmun. Il n’y a toutefois pas beaucoup d’autres parallèles avec le jardin d’Éden. Dilmun était un lieu où se trouvaient tous les dieux, ainsi que Ziusudra, un humain qui avait atteint l’immortalité. Le poème de Dilmun date d’environ 2 400 av. J.-C.
Q : Dans Genèse 3, puisque Adam et Ève étaient parfaits, comment des êtres parfaits peuvent-ils commettre des actes imparfaits, tels que le péché ?
R : Quelle que soit la définition que l’on donne au terme « parfait », la Bible ne dit jamais qu’Adam et Ève étaient parfaits. Elle ne dit pas non plus qu’ils étaient incapables de pécher. Au contraire, la Bible montre seulement qu’ils étaient très bons et qu’ils étaient « sans péché », en ce sens qu’ils n’avaient pas encore péché. Ils étaient néanmoins capables d’exercer leur libre arbitre et de faire un choix concernant le péché.
Clément d’Alexandrie, dans *Les Stromates* (193-202 apr. J.-C.), livre 6, chapitre 12, p. 502, fut l’un des premiers à répondre à cette question. Il affirma notamment que l’homme « n’était pas parfait lors de sa création, mais disposé à accueillir la vertu. … Or, une aptitude est un élan vers la vertu, et non la vertu elle-même. Tous, donc, comme je l’ai dit, sont naturellement constitués pour l’acquisition de la vertu. »
Q : Dans Genèse 3, puisqu’un Dieu parfait ne crée que des êtres parfaits, comment Adam et Ève ont-ils pu pécher ?
R : Cinq points sont à prendre en compte dans la réponse.
Tertullien a répondu à cette question dès 207/208 après J.-C. dans ses Cinq livres contre Marcion, livre 2, chapitres 5 à 9. La longue réponse de Tertullien peut se résumer par ses propres mots : « Il convenait donc que [l’homme], à l’image et à la ressemblance de Dieu, soit doté d’un libre arbitre et d’une maîtrise de soi ; afin que cette chose même — à savoir la liberté de volonté et la maîtrise de soi — puisse être considérée comme l’image et la ressemblance de Dieu en lui. » En d’autres termes, il convenait à un Dieu parfait de créer des créatures à son image, dotées du libre arbitre.
Théophile, évêque d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.), répondit à une question connexe — Adam et Ève étaient-ils mortels ou immortels ? — en montrant qu’ils se trouvaient dans un processus et qu’ils étaient capables d’évoluer dans un sens comme dans l’autre. (Théophile à Autolycos, livre 2, chap. 27, p. 105)
Pas des robots : voudriez-vous qu’un Dieu parfait soit limité à la création de robots et incapable de créer des êtres dotés du libre arbitre ? Dieu ne crée pas d’impossibilités logiques ; et pour que Dieu puisse créer des êtres qui choisissent librement de L’aimer et de Lui obéir, Il les a également créés capables de ne pas L’aimer et de ne pas Lui obéir. La Bible ne dit jamais qu’Adam et Ève étaient « parfaits » au sens où ils n’auraient jamais pu pécher. Elle dit plutôt qu’ils étaient « très bons » et « sans péché », en ce sens qu’ils n’avaient pas encore péché.
La perfection de Dieu : qu’il s’agisse des êtres humains ou des démons, la Bible indique très clairement que la perfection de Dieu ne L’empêche pas de créer des êtres capables de Lui désobéir.
Quelle définition ? Si la définition qu’une personne donne d’un Dieu parfait est celle d’un Dieu incapable de créer des êtres dotés de libre arbitre moral, alors c’est à elle qu’il incombe de trouver au moins un verset qui étaye cette opinion. Sinon, cette définition ne correspond pas au Dieu de la Bible. La question fondamentale ici est la suivante :
a) devez-vous essayer d’imposer votre définition de la « perfection de Dieu » au Dieu de la Bible, ou
b) faut-il laisser Dieu s’exprimer Lui-même dans la Bible sur Sa perfection et sur la manière dont Il a choisi de créer ?
Quant à savoir pourquoi Dieu a choisi de « se donner cette peine » de créer Adam et Ève, tout en sachant qu’ils pécheraient, veuillez vous reporter à la discussion sur Genèse 1.
Q : Dans Genèse 3:1 et 2 Corinthiens 11:3, pourquoi Adam et Ève ont-ils été tentés par Satan sous la forme d’un serpent, plutôt que sous celle d’un autre animal, comme un lion ou un lapin ?
R : Les Écritures ne le précisent pas, mais nous pouvons émettre des hypothèses. Les grands animaux pourraient être intimidants et mettre les gens sur leurs gardes. Les petits animaux risqueraient d’être ignorés, car jugés insignifiants. Un serpent pourrait suggérer que la « ruse » est acceptable. Pour que de nombreux membres de la société se mettent à pécher en masse, il faut d’abord que beaucoup de gens soient persuadés qu’un péché n’est pas répréhensible.
Certaines personnes considèrent le serpent comme une métaphore de l’intelligence dépourvue de conscience. Le serpent est remarquable par la manière dont il attend sournoisement sa proie et s’en approche furtivement. Matthieu 10, 16 dit que nous devons être rusés comme des serpents et innocents comme des colombes.
Q : Dans Genèse 3:1, comment un animal dépourvu d’intelligence et muet, tel qu’un serpent, a-t-il pu tenter Adam et Ève ?
R : Il ne s’agissait pas d’un serpent ordinaire. Satan a pris la forme d’un serpent ; or, Satan pouvait parler et est doté d’une grande intelligence. Satan est également appelé « le serpent » dans Apocalypse 12:9, 14, 15 et Apocalypse 20:2. Il existe deux façons possibles dont Satan aurait pu se présenter sous la forme d’un serpent, et l’interprétation la plus simple suggère que les deux sont vraies.
Transformation physique : soit Satan s’est transformé lui-même, soit il a été transformé en serpent capable de parler.
Possession : il est possible que Satan soit entré dans un animal existant et qu’il ait parlé à travers lui.
Que le serpent qu’Ève a vu ait été Satan lui-même ou simplement un serpent ordinaire, Satan « parlait par l’intermédiaire » de cette forme pour suggérer l’approche rusée et insidieuse d’un serpent.
Q : Dans Genèse 3:1-16, quels enseignements généraux pouvons-nous tirer de cet exemple concernant le péché ?
R : Nous pouvons en tirer de nombreux enseignements, mais en voici quelques-uns.
1. Le péché entraîne la mort. Adam et Ève ne seraient jamais morts, mais ils se sont engagés sur la voie de la mort le jour où ils ont péché.
2. Le péché a des conséquences même après le pardon. Dieu leur a pardonné, mais ils allaient tout de même mourir, et ils n’ont pas récupéré le don de l’arbre de vie (du moins pas avant Apocalypse 2,7 ; 22,2,14).
3. Les Écritures ne précisent pas s’ils ont même vu la mort avant que Dieu ne tue des animaux pour les revêtir de peaux. Le péché ne pouvait être couvert par un bouquet de feuilles qui repousseraient l’année suivante. Il ne pouvait l’être que par le sang d’un animal mort.
4. Ils pouvaient manger les fruits de presque tous les arbres du jardin, mais ils ont jugé Dieu avare de leur refuser cet arbre-là. Après la chute, Dieu a fait preuve de miséricorde en leur pardonnant et en les revêtant de peaux d’animaux, mais ils allaient connaître des difficultés, car la terre allait désormais leur être avare.
5. Même les conséquences de leur péché constituaient une miséricorde de la part de Dieu. Haddon Robinson mentionne que la douleur plante le drapeau de la réalité dans la forteresse du cœur rebelle.
6. Même après le péché, Dieu a toujours un plan de rédemption. Même lorsque nous commettons de graves erreurs, la promesse de Romains 8:28 reste vraie. Même dans ce chapitre sombre, Dieu avait fait une promesse dans Genèse 3:15.
Q : Dans Genèse 3:1,14, puisque le serpent a été maudit et condamné à ramper sur le ventre, cela signifie-t-il que les serpents avaient autrefois des pattes ?
R : Non. Bien que certains amphibiens (les sirènes) possèdent des pattes avant mais pas de pattes arrière, ce n’est pas ce dont il est question ici. Bien que les Écritures ne soient pas précises, Satan a été maudit par un mode de déplacement réduit et dégradant. Satan a pris la forme d’un humble serpent, et Dieu l’a puni d’une malédiction selon laquelle une partie des attributs du serpent resterait attachée à Satan.
Lorsque les gens pèchent, le besoin de pardon pour l’acte extérieur ne constitue qu’une partie du problème. La nature du péché est souvent telle qu’une partie de celui-ci s’accroche à notre cœur, à l’intérieur, et nous avons besoin d’une purification autant que d’un pardon.
Q : Dans Genèse 3, 1, 14-15, le serpent avait-il des pattes avant la malédiction ou non ?
R : Il existe deux points de vue principaux.
Oui : il est possible que ce « serpent » particulier du jardin ait ressemblé à un varan, qui garde son ventre à l’écart du sol, et que Dieu ait transformé cette créature pour qu’elle perde toute trace de pattes. Il n’aurait pas pu simplement passer d’une posture « semblable à celle d’un varan » à une façon de ramper sur le ventre, à la manière d’un crocodile, car l’utilisation du mot courant « serpent » impliquerait l’absence de pattes. La Nelson Study Bible, p. 10, indique : « Le texte […] laisse entendre qu’auparavant, le serpent avait une autre forme physique. »
Non : le New International Bible Commentary, p. 117, estime que « la punition infligée au serpent (v. 14) ne doit pas être interprétée comme signifiant qu’il avait autrefois des pattes. Au contraire, ce qui semblait autrefois naturel et beau serait désormais un rappel perpétuel de ce qu’il avait autrefois commis. » L’Expositor’s Bible Commentary, vol. 1, p. 55, précise : « Cette malédiction ne suggère pas nécessairement que le serpent marchait auparavant avec des pieds et des pattes, comme les autres animaux terrestres. Il s’agit plutôt du fait que, pour le reste de sa vie, en raison de la malédiction, lorsque le serpent rampe sur le ventre, comme le font les serpents, il « mangera de la poussière ». L’accent est mis sur le fait que le serpent « mange de la poussière », une expression qui, ailleurs, revêt le sens de « défaite totale » (cf. Ésaïe 65, 25 ; Michée 7, 17). »
Quoi qu’il en soit, l’essentiel est que le serpent, qui était si rusé (« arum » dans Genèse 3, 1), est désormais maudit (« arur » dans Genèse 3, 14). Le mot « maudit » s’applique au serpent et à la terre, mais pas à l’homme ni à la femme.
Q : Dans Genèse 3, 3-24, pourquoi Adam et Ève ont-ils été punis plus sévèrement que beaucoup de gens aujourd’hui ?
R : Dieu ne les a pas punis simplement pour avoir cueilli le fruit ; après tout, ils auraient pu cueillir le fruit d’autres arbres. Dieu les a punis parce qu’ils n’avaient pas encore une nature déchue et qu’ils ont néanmoins désobéi à Dieu.
La sévérité de leur châtiment semble raisonnable si l’on considère que Dieu punit en fonction de ce que les gens savent et de ce dont ils étaient capables. Contrairement aux gens d’aujourd’hui, ils se trouvaient en présence directe de Dieu, et pourtant ils n’ont pas fait confiance à Dieu pour savoir ce qui était le mieux pour eux. Contrairement aux gens d’aujourd’hui, ils n’avaient pas de nature pécheresse, qui les pousserait sans cesse à pécher.
Q : Dans Genèse 3:3-6, Adam et Ève ont-ils mangé une pomme ?
R : Les Écritures ne disent nulle part qu’ils ont mangé une pomme. Il s’agissait d’un fruit défendu, le fruit de la connaissance du bien et du mal, qui n’existe vraisemblablement plus sur terre aujourd’hui.
Certains pensent que la confusion entre le fruit défendu et la pomme au Moyen Âge est due au fait que le mot latin pour « mal » est « malum » et que le mot latin pour « pommier » est « malus ». Quelle que soit l’origine de cette idée, il n’y a aucun fondement biblique à son cœur, quelle que soit la manière dont on l’aborde. ;-)
Q : Dans Genèse 3:5-22, Adam symbolise-t-il l’esprit céleste, Ève l’âme terrestre et le serpent l’attachement au monde humain, comme l’enseignent les bahá’ís dans *Some Answered Questions*, p. 123 ?
R : Non. Depuis des siècles, certains s’efforcent de donner à la Genèse des significations spirituelles contraires à son sens littéral. Adam est sans aucun doute un homme, et Ève une femme ; ajouter cette interprétation injustifiée revient à faire des hommes des « esprits célestes » supérieurs et des femmes des « âmes terrestres ». Or, la vérité est que les hommes et les femmes ont une valeur égale et identique aux yeux de Dieu (Galates 3:28).
Q : Dans Genèse 3:5, 22, si Adam et Ève devaient être « comme des dieux » s’ils mangeaient le fruit, cela signifie-t-il qu’il existe plus d’un Dieu, comme l’enseignent les mormons ?
R : Ce n’est qu’après cet événement qu’ils auraient acquis la connaissance du bien et du mal. Genèse 3:5 dit « comme Dieu ». Le mot « dieux » (avec un « s ») n’apparaît que dans la version KJV ; en hébreu, on trouve « Élohim », un nom désignant Dieu. Ainsi, Genèse 3:5 ne prouve en rien l’existence d’une pluralité réelle.
Q : Dans Genèse 3:5, 22, les hommes auraient-ils pu tout savoir, comme Dieu ?
R : Non. Satan n’a même pas laissé entendre qu’ils seraient comme Dieu à tous égards (adoration, toute-puissance, Trinité, etc.). Il leur a plutôt promis qu’ils seraient comme Dieu en ce sens qu’ils connaîtraient à la fois le bien et le mal. Bien sûr, avant d’avoir mangé le fruit, ils ne connaissaient que le bien. Après l’avoir mangé, ils ont pris conscience à la fois du bien et du mal. Ainsi, d’une manière qu’Adam et Ève allaient profondément regretter, le serpent avait raison. Voir *Hard Sayings of the Bible*, p. 95-96, pour une réponse similaire.
Cinq autres passages mentionnent la connaissance du bien et du mal : Deutéronome 1:39 ; 2 Samuel 14:17 ; 19:35 ; 1 Rois 3:9 ; et Ésaïe 7:15. Ceux-ci montrent que c’est Dieu qui détermine ce qui est bien et ce qui est mal, et peut-être Satan leur promettait-il une « déclaration d’indépendance » dans laquelle ils décideraient eux-mêmes de ce qu’étaient le bien et le mal. Cette « déclaration d’indépendance » les a en réalité piégés dans la condamnation. Voir *735 Baffling Bible Questions Answered*, p. 24-25, pour en savoir plus sur ce point de vue.
Satan fait aujourd’hui une promesse similaire. Dans de nombreuses formes d’hindouisme, le but n’est pas d’entretenir une relation avec Dieu, ni d’être « bon ». Le but est plutôt d’acquérir de l’« expérience », en faisant l’expérience à la fois du bien et du mal. Il arrive parfois que des personnes soient surprises de découvrir qu’un gourou hindou est malhonnête et trompe quelqu’un. Il se peut que ce gourou ne soit pas en contradiction avec sa religion. Pour certains, le but est la maîtrise à la fois du bien et du mal.
Q : Dans Genèse 3:6, pourquoi Ève a-t-elle été punie pour avoir cherché la sagesse en mangeant le fruit, alors que l’acquisition de la sagesse est généralement considérée comme une bonne chose ?
R : La recherche de la sagesse n’est pas bonne en soi. Chercher la sagesse auprès de Dieu est une bonne chose, mais la sagesse acquise par la désobéissance ne l’est pas. En général, les chrétiens n’ont pas appris ni expérimenté toutes les différentes formes du mal, et ils ne souhaitent d’ailleurs pas le faire.
Comme l’écrivait Théophile, évêque d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.), dans sa lettre À Autolycus, livre 2, chapitre 25, p. 104 : « Car ce n’était pas l’arbre, comme certains le pensent, mais la désobéissance, qui portait en elle la mort. Car il n’y avait rien d’autre dans le fruit que la connaissance ; or, la connaissance est bonne lorsqu’on en fait usage avec discernement. Mais Adam, qui n’était encore qu’un enfant, était pour cette raison incapable, à ce moment-là, de recevoir la connaissance comme il se doit. » Pères anténicéens, tome 2, p. 104.
Q : Dans Genèse 3, 6, en quoi les tentations de Satan à l’égard d’Ève sont-elles similaires à celles de Jésus dans Matthieu 4, 1-11 et Luc 4, 1-13 ?
R : Bien qu’elles ne soient pas identiques, Satan utilise souvent les mêmes tactiques, encore et encore, et c’est probablement parce qu’elles n’ont pas cessé de fonctionner.
Ève a vu que le fruit défendu était
1. bon à manger [appétit physique],
2. agréable à la vue [beauté, convoitise des yeux],
3. Désirable pour acquérir la sagesse [les yeux s’ouvriront, et, comme Dieu, vous connaîtrez le bien et le mal] [un pouvoir divin après avoir obéi à l’ordre de Satan].
Jésus, qui jeûnait, fut tenté par
1. de transformer des pierres en pain [appétit physique],
2. de se jeter du haut du porche du temple [pour se mettre en valeur],
3. L’autorité sur tous les royaumes de la terre [un pouvoir divin sous les ordres de Satan].
1 Jean 2, 16 mentionne trois sortes de péchés dans le monde : la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie.
Q : Dans Genèse 3:8, puisque Dieu est partout (Psaume 139), comment Adam a-t-il pu s’éloigner de la présence de Dieu ?
R : Le fait que la présence de Dieu soit partout n’empêche pas Dieu d’avoir une présence directe et localisée pour entrer en relation avec nous. Comme le mentionne *When Critics Ask* (p. 36), il existe de nombreux autres exemples où Dieu se manifeste en certains lieux à travers différentes choses. Parmi ceux-ci, on peut citer les trois visiteurs d’Abram (Genèse 18, 1-33), le buisson ardent (Exode 3, 2-22), une nuée épaisse (Exode 19, 9), sur le mont Sinaï (Exode 19, 11-12), sur l’Arche de l’Alliance (1 Rois 8, 11-13), le départ de Dieu du temple (Ézéchiel 10, 3-18), et la venue de Jésus sur terre.
Q : Dans Genèse 3, 8, puisque Dieu est partout, comment Adam et Ève ont-ils pu entendre Dieu marcher dans le jardin ?
R : Dieu est partout, et Il peut tout faire ; cela inclut également d’avoir une présence localisée. Il pourrait s’agir de Dieu dans la Trinité, mais les premiers chrétiens, tels que Théophile d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.) dans sa Lettre à Autolycus, livre 2, chapitre 22, p. 103, affirment qu’il s’agissait de Jésus-Christ. Les théologiens appellent « christophanies » les apparitions du Christ antérieures à Sa naissance virginale.
Q : Dans Genèse 3, 9 et 11, puisque Dieu sait tout, pourquoi a-t-Il dû demander où se trouvait Adam et ce qu’il avait fait ?
R : Dieu sait effectivement tout. À l’instar d’un parent s’adressant à ses enfants, Dieu pose parfois des questions dont Il connaît déjà les réponses, afin de donner aux hommes l’occasion de se confesser devant Lui.
À l’époque, Dieu leur a posé quatre questions :
1. Où êtes-vous ?
2. Qui vous l’a dit (où avez-vous appris cela) ?
3. Avez-vous mangé (désobéi) ?
4. Qu’avez-vous donc fait ?
Les questions de Dieu les ont doucement conduits vers la repentance. Dieu leur a certes pardonné sans réserve, mais ils ont tout de même subi les conséquences de leurs actes et n’ont pas récupéré le don de l’arbre de vie.
Aujourd’hui, Dieu pose ces quatre mêmes questions aux hommes !
1. Où êtes-vous ? Les personnes qui vivent dans le péché ignorent souvent où elles en sont, même si Dieu et leur entourage peuvent voir à quel point elles rendent leur propre vie misérable. « Car nous aussi, autrefois, nous étions insensés, désobéissants, égarés, asservis à toutes sortes de désirs et de plaisirs, vivant dans la méchanceté et l’envie, haïs et nous haïssant les uns les autres. Mais lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour l’humanité se sont manifestés » (Tite 3:3-4a BSB).
2. Qui vous l’a dit (où avez-vous appris cela) ? De nos jours, les gens croient souvent trop de mensonges au lieu de la vérité qui vient de Dieu. « Je crains cependant que, tout comme Ève a été séduite par la ruse du serpent, vos esprits ne soient détournés de votre dévotion simple et pure envers le Christ. Car si quelqu’un vient vous annoncer un Jésus différent de celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un esprit différent de celui que vous avez reçu, ou un Évangile différent de celui que vous avez accepté, vous le tolérez très facilement. » (2 Corinthiens 11, 3-4 BSB)
3. Avez-vous mangé (désobéi) ? Qu’il s’agisse d’une source de connaissance interdite (et souvent mensongère), d’expériences interdites, ou d’un cœur attaché à des choses de moindre importance, le Saint-Esprit vous demande : « Êtes-vous en train de désobéir ? »
4. Qu’avez-vous fait ? Les tragédies dont on est soi-même responsable (tant morales que physiques) ne surviennent généralement pas soudainement, comme un ballon qui éclate, mais reposent sur un fondement de péché qui s’est accumulé au fil du temps, à l’image d’un ballon qui se dégonfle lentement. Jacques 1:15 dit qu’après avoir conçu, le désir enfante le péché ; et le péché, lorsqu’il a atteint sa maturité, enfante la mort. Même si une personne coupable est sans excuse, regardez tout de même en arrière et voyez quels choix et quelles attitudes de cœur ont conduit à cette catastrophe.
De même, les premiers auteurs chrétiens considéraient que les questions de Dieu leur révélaient leur propre situation et les appelaient à la repentance.
Théophile (évêque d’Antioche de 168 à 181/188 apr. J.-C.), dans sa Lettre à Autolycus, livre 2, chapitre 26, p. 105, fut le premier à aborder cette question. Il a déclaré : « Quant à Dieu qui l’a interpellé en disant : “Où es-tu, Adam ?”, Dieu n’a pas agi ainsi comme s’Il l’ignorait ; mais, dans Sa longue patience, Il lui a donné une occasion de se repentir et de se confesser. »
Tertullien, dans son ouvrage Les Cinq Livres contre Marcion (207/208 apr. J.-C.), répond à cette question de la manière suivante : « … Dieu n’était ni dans l’incertitude quant à la commission du péché, ni dans l’ignorance du lieu où se trouvait Adam. Il convenait certainement de convoquer le coupable, qui se dissimulait face à la conscience de son péché, et de le faire comparaître devant son Seigneur, non pas simplement en l’appelant par son nom, mais en portant un coup direct au péché qu’il venait de commettre à cet instant. Car cette question ne doit pas être lue sur un ton purement interrogatif : « Où es-tu, Adam ? », mais d’une voix impressionnante et solennelle, avec un ton d’accusation. « Ô Adam, où es-tu ? » – ce qui revient à dire : « Tu n’es plus ici, tu es en perdition » – de sorte que cette voix est l’expression de Celui qui à la fois réprimande et se lamente. » (Cinq livres contre Marcion, livre 2, chap. 26, p. 317). Tertullien répond également à cette question (plus brièvement) dans Contre Praxéas (vers 213 apr. J.-C.), chap. 16, p. 612.
Adamantius (vers 300 apr. J.-C.) affirme que Dieu n’a pas interrogé Adam « parce qu’Il souhaitait s’informer, mais plutôt pour lui rappeler quelque chose [à Adam] ». *Dialogue sur la vraie foi*, première partie, strophe 17, p. 61.
Athanase (331 apr. J.-C.) a également répondu que Dieu posait la question en le sachant. Il ajoute par ailleurs que si quelqu’un pense que Dieu ignore la réponse au moment où Il pose la question, cette personne fait déjà partie des manichéens. Quatre discours contre les Ariens, discours 3, chap. 28.50, p. 421
Q : Dans Genèse 3, 14-15, le Seigneur Dieu a maudit le serpent en lui disant : « Tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. » J’ai du mal à concilier cela avec les données zoologiques selon lesquelles les serpents sont carnivores et se nourrissent de grenouilles, d’oiseaux, etc. Je ne cherche pas à dire que Dieu a tort ; je crois qu’Il est infaillible, mais pourriez-vous m’expliquer ce que ce verset signifie réellement ? S’agit-il ici d’une métaphore ?
R : Examinons d’abord les serpents, puis la métaphore. Contrairement aux vers, les serpents sont carnivores et ne se nourrissent pas de poussière. Mais la plupart des serpents rampent sur le sol ; leur nourriture se limite à ce qui tombe dans la poussière, et ils ne peuvent éviter d’avaler un peu de terre avec leur nourriture. Ce n’est pas seulement leur nourriture, mais toute la vie du serpent qui est humble, entourée de ce qui est sale et insignifiant. Le nom hébreu utilisé ici, « nacash », est un terme courant désignant le serpent, dérivé du verbe signifiant « siffler » ou « murmurer ». Il comporte des connotations de magie murmurée. Ainsi, ce mot met l’accent sur le murmure du serpent, tandis que la Genèse met l’accent sur la poussière ; l’image qui en résulte est donc : « Une fois que vous aurez murmuré dans la poussière, vous murmurerez dans la poussière tous les jours de votre vie. »
La New Geneva Study Bible, p. 13, indique que la poussière peut signifier « humiliation abjecte ». La NIV Study Bible, p. 10, précise que la poussière pourrait également être le symbole de la mort.
Or, le serpent qui a tenté Adam et Ève n’était pas un serpent ordinaire ; c’était Satan lui-même. Deux possibilités s’offrent à nous : soit Satan est apparu sous la forme d’un serpent, soit il a utilisé le corps d’un serpent existant. Si Genèse 3:14-15 peut faire référence à tous les serpents, ou à un seul amphibien/lézard/serpent et à tous ses descendants, ce passage pourrait également signifier que Satan est en quelque sorte contraint de conserver cette apparence physique, puisqu’il l’a utilisée à cette occasion.
L’accent le plus important mis dans Genèse 3, 14-15 porte sur le jugement prononcé contre Satan. Tout comme le serpent rampe d’une manière basse et déshonorante, ne se nourrissant que de ce qui est souillé, Satan, qui a choisi de prendre la forme d’un serpent, ne pourra jamais échapper à cette condition de ramper dans la poussière, après avoir occupé autrefois une position élevée au ciel.
Le fait que les gens voient le serpent ramper et manger de la poussière pourrait servir de rappel de la chute.
Au cours du Millénium, tel que décrit dans Ésaïe 65, 25, le loup, l’agneau et les autres animaux seront transformés et bénis, mais le serpent continuera de « manger de la poussière ». Alors que nul ne fera de mal et qu’il n’y aura pas de carnivores sur la montagne sainte de Dieu, le serpent continuera de « manger de la poussière ». Apocalypse 20, 1-10 nous dit que les croyants régneront avec le Christ sur la terre pendant 1 000 ans, mais qu’à la fin de ces 1 000 ans, Satan sortira encore et « chuchotera », soulevant les nations contre Dieu.
Q : Genèse 3, 15 signifie-t-il que la Vierge Marie serait sans péché, comme l’affirment certains catholiques ?
R : Non, pour deux raisons.
C’est à Ève que ce verset s’adresse, et non à Marie. Bien sûr, Ève n’était pas sans péché, mais cela ne pose aucun problème puisque ce verset n’a jamais dit qu’elle était sans péché.
La postérité, c’est-à-dire Jésus, est au centre de ce verset. Rien ici, ni nulle part ailleurs dans la Bible, n’indique que la mère de Jésus serait sans péché. De plus, il n’existe aucune mention, dans les quelque 4 200 pages d’écrits chrétiens antérieurs au concile de Nicée qui ont été conservés, indiquant que Marie était sans péché.
Q : Dans Genèse 3:15, qui sont exactement les descendants de Satan ?
R : Dans Jean 8, 41 et 44, Jésus indique qu’il s’agit de ceux qui le rejettent.
Q : Dans Genèse 3:15, 23-24, en quoi les mots utilisés ici sont-ils ironiques ?
R : Il s’agit d’un jeu de mots. Adam avait été placé dans le jardin pour y adorer (le’obdah) et y obéir (lesomrah), mais après la chute, il allait travailler (la’abod) et être empêché (lismor) d’accéder à l’arbre de vie.
Parfois, les mêmes circonstances peuvent être pour nous une bénédiction ou une malédiction, selon notre obéissance à Dieu.
Q : Genèse 3:16 devrait-il être traduit par « Un piège a accru votre peine et vos soupirs » ou par la formulation traditionnelle « Je multiplierai grandement » ?
R : Les consonnes hébraïques sont presque identiques dans les deux cas. Les voyelles sont très différentes, mais les signes vocaliques n’ont été ajoutés que bien des années après le Christ. La seule différence au niveau des consonnes réside dans le fait qu’il manque deux consonnes dans la traduction traditionnelle. Soit ces consonnes manquantes sont le fruit d’une erreur typographique, soit l’autre traduction est correcte.
Si l’autre traduction (« piège ») est correcte, alors Satan serait le piège. Quoi qu’il en soit, avoir des enfants n’est pas un mal, et cela faisait à l’origine partie de la volonté de Dieu pour eux (Genèse 1:28) ; la Chute n’y a rien changé.
Q : Faut-il interpréter Genèse 3:16 comme signifiant que la femme a été maudite par un désir [sexuel] irrésistible pour son mari ? Ou bien le mot devrait-il être « détourner/contrôler » plutôt que « désir » ?
R : Bien que le mot lui-même puisse signifier l’une ou l’autre de ces choses, le contexte indique « détourner », « contrôler » ou « dominer ». Sur les 120 occurrences des mots anglais « desire », « desiring » et « desirous » dans l’Ancien Testament, ce mot hébreu particulier désignant le désir, teshuqah (Strong 8669), n’est utilisé que trois fois : Genèse 3:16 ; Genèse 4:7 et Cantique des Cantiques 7:10. Dans le Cantique des Cantiques 7, 10, il s’agit du désir d’un homme pour sa bien-aimée, tandis que dans Genèse 4, 7, Dieu avertit Caïn que le péché le convoite.
Selon Walter Kaiser, les auteurs de l’Église primitive Clément de Rome (96-98 apr. J.-C.), Irénée (182-188 apr. J.-C.), Tertullien (198-220 apr. J.-C.), Origène (225-254 apr. J.-C.), Épiphane, Jérôme et Philon le Juif, ont traduit ce passage par « se détourner », et ils ne connaissaient pas l’interprétation du terme « désir ». Ainsi, ce passage signifie que les femmes se détourneraient de la confiance en Dieu pour se fier plutôt à leurs maris. Kaiser mentionne que Katherine C. Bushnell a découvert que la première utilisation du terme « désir » dans ce passage remontait à un moine dominicain italien nommé Pagnino. Bien que la Bible de Wycliffe ait été traduite avant cela, malheureusement, toutes les autres Bibles anglaises, de la version de Coverdale à la version du roi Jacques, ont dès lors traduit ce passage par « désir ».
Cinq raisons indiquent que ce terme signifie « se tourner vers », « contrôler » ou « maîtriser », par opposition au désir sexuel :
1. La symétrie entre « le désir de ton mari » et « il dominera sur toi ».
2. La proximité d’une signification similaire dans Genèse 4:7
3. S’il s’agissait de désir sexuel, pourquoi n’y a-t-il aucune mention du désir des hommes envers les femmes ?
4. Nouveau Testament : les épouses se soumettant à leurs maris et les maris aimant leurs épouses comme le Christ a aimé l’Église, en Éphésiens 5, 22-33. 1 Timothée 2, 11-14 mentionne même que les femmes ne doivent pas enseigner ni exercer d’autorité sur les hommes, car c’est Ève qui a été séduite.
5. Les maux de l’histoire : les hommes ont souvent dominé les femmes de manière abusive et inappropriée. Lorsqu’un empereur sumérien ou chinois mourait, ses épouses étaient parfois tuées avec lui. Avant l’arrivée des Britanniques, lorsqu’un homme hindou mourait, son épouse était généralement brûlée vive lors de ses funérailles (pratique appelée « suttee »). Les Grecs n’accordaient pas une considération beaucoup plus élevée aux femmes que les Arabes et les musulmans : lorsqu’on reçoit une femme, un serviteur ou du bétail, il convient de lui saisir le front et de prier Allah. Ibn-i-Majah, vol. 3, n° 1918, p. 157. Selon la charia (loi) musulmane, le témoignage d’une femme équivaut à la moitié de celui d’un homme, « en raison de la déficience de l’esprit féminin ». (Boukhari, vol. 3, livre 48, chap. 12, n° 826, p. 502)
Q : Dans Genèse 3:16, la femme devait-elle souffrir énormément lors de l’accouchement, ou le fait d’avoir des enfants était-il une bénédiction, comme le dit Genèse 1:28 ?
R : Les deux affirmations sont vraies. Trois points sont à prendre en compte dans la réponse.
Avant la chute d’Adam et Ève, avoir des enfants aurait été une bénédiction, sans aucune souffrance physique ni émotionnelle.
Après la Chute, Genèse 3:16 indique qu’il y aurait une douleur physique. À cela s’ajouterait la souffrance causée par les enfants eux-mêmes en raison de leur péché. L’ouvrage *735 Baffling Bible Questions Answered*, p. 25, précise qu’il est très probable que cette douleur désigne l’ensemble du processus consistant à élever les enfants jusqu’à l’âge adulte. La douleur qu’Ève a ressentie en donnant naissance à Caïn et Abel devait être minime comparée à celle qu’elle a éprouvée en apprenant que Caïn avait assassiné Abel.
À titre d’aparté, les animaux ne ressentent généralement pas autant de douleur lors de la mise bas, en raison de la taille de la tête du petit par rapport au bassin de la mère.
Cependant, cette bénédiction n’est pas totalement anéantie. Les enfants restent une bénédiction du Seigneur (Psaume 127, 3-5).
Q : Dans Genèse 3:16, pourquoi tout a-t-il été imputé à Ève ? (Un musulman a affirmé cela.)
R : Tout n’a pas été imputé à Ève. Certes, c’est Ève qui a mangé la première, et c’est elle qui a été punie, mais Adam a lui aussi été puni. Il a dû travailler dur pour tirer de la terre ce qui lui venait auparavant sans effort.
Dans la théologie biblique, rien n’indique qu’Ève ait été rendue « plus stupide ». Cependant, puisque le musulman a soulevé ce point, le théologien et historien musulman al-Tabari a déclaré qu’Ève était à l’origine intelligente, mais qu’Allah l’avait rendue (contrairement à Adam) stupide après la chute d’Adam et d’Ève. al-Tabari, vol. 1, p. 280, 281. De plus, Mahomet a déclaré dans les hadiths que l’urine d’un bébé de sexe masculin est plus pure que celle d’une fille. Ibn-i-Majah, vol. 1, n° 522, 525, 526, p. 284, 285, 286. La raison en est la suivante : « Il (le Prophète) a dit : “En vérité, Allah l’Exalté a créé Adam, et Ève (Hawwa’) a été créée à partir d’une de ses petites côtes. Ainsi, l’urine d’un garçon provient de l’eau et de l’argile, tandis que celle d’une fille provient de la chair et du sang.” » Notez que cela n’est pas lié à la Chute, mais remonte à la création même d’Ève.
Q : Dans Genèse 3:20, compte tenu des différences entre les personnes, comment toutes les races pourraient-elles provenir d’Adam et d’Ève ?
R : Genèse 3:20 dit qu’Ève serait la mère de tous les vivants. La taille, la couleur des cheveux et celle de la peau sont des différences mineures, non seulement chez les êtres humains, mais aussi chez les chiens, les chats et les chevaux. Sur le plan génétique, tous les êtres humains sont très similaires. Une étude génétique portant sur 67 races de chiens, publiée dans le numéro de juin 1997 de la revue Science, indique que les chiens ont eux aussi une origine commune.
D’autres versets qui confirment que tous descendent d’Adam et Ève sont Matthieu 19, 4-5 ; Romains 5, 12-19 ; et 1 Timothée 2, 13-14.
Q : Dans Genèse 3:20, si Adam et Ève n’avaient pas péché, auraient-ils quand même eu des enfants ? (c’est ma femme qui a posé cette question)
R : Oui. Nous ne connaissons pas l’âge physique d’Adam et Ève au moment où ils ont péché ; ils auraient pu être des enfants, des adolescents ou des adultes. Le fait qu’il n’y ait pas eu d’enfants avant la Chute ne signifie pas que Dieu les ait créés incapables d’avoir des enfants à moins qu’ils ne pèchent.
Deux passages bibliques différents prouvent qu’ils auraient pu avoir des enfants, indépendamment de la Chute.
Dans Genèse 1:28, avant la Chute, Dieu leur a ordonné d’être féconds et de se multiplier. À moins que Dieu ne fasse référence aux mathématiques, Il leur a ordonné d’avoir des enfants.
Dans Genèse 3:16, Ève a été maudite par une douleur accrue lors de l’accouchement. Elle a été maudite par une douleur ou une souffrance accrue lors de l’accouchement, et non par l’accouchement lui-même.
Q : Dans Genèse 3:21, pourquoi Dieu a-t-Il revêtu Adam et Ève de peaux d’animaux ?
R : Les Écritures ne le disent pas explicitement, mais nous pouvons voir dans ce premier sacrifice d’animaux un symbole indiquant que Dieu utiliserait le sacrifice d’un être vivant pour couvrir notre péché.
Q : Dans Genèse 3:21, pourquoi Dieu a-t-il « eu besoin » de la poussière de la terre pour créer Adam, et d’une côte pour créer Ève ?
R : La Bible dit que Dieu a choisi d’utiliser ces éléments, mais elle ne dit jamais qu’Il était tenu d’utiliser de la poussière et des cellules provenant d’une côte. Dieu peut utiliser tout ce qu’Il souhaite.
Q : Dans Genèse 3:22, pourquoi Dieu a-t-Il empêché Adam et Ève de manger à nouveau de l’arbre de vie ?
R : Il y a trois aspects à cela.
La discipline : cela permettrait de montrer à Adam et Ève, ainsi qu’à nous-mêmes, la gravité du désobéissance à Dieu.
Châtiment judiciaire : Dieu leur avait promis que le jour où ils mangeraient le fruit défendu, ils mourraient. Ils sont morts spirituellement ce jour-là, et l’accès à l’arbre de vie leur a été retiré afin qu’ils meurent physiquement.
Miséricorde et bénédiction : s’ils avaient pu continuer à manger de l’arbre de vie, ils auraient porté à jamais la culpabilité et la malédiction de leur péché. Ainsi, le fait de leur permettre de mourir et de tout recommencer, ce qui a abouti à la venue du Christ apportant le salut à tous, était un acte de miséricorde. Novatien l’a souligné dans son Traité sur la Trinité, chapitre 1, p. 612.
Q : Dans Genèse 4, 3-6, pourquoi Dieu a-t-il rejeté l’offrande de Caïn ?
R : Même si Abel a peut-être apporté ce qu’il avait de meilleur et que Caïn ne l’a pas fait, rien dans la Genèse ne l’indique.
Hébreux 11, 4 dit qu’Abel a offert son sacrifice par la foi. Outre le fait que Caïn avait une mauvaise attitude (comme l’ont montré ses actions ultérieures), il se pourrait également que Dieu ait voulu des offrandes de sang, et non des légumes, en préfiguration de la mort du Christ.
Cela pourrait constituer un contraste entre l’adoration sincère d’Abel et l’adoration formaliste de Caïn. Les offrandes d’Abel, composées des « meilleures parties » des « premiers-nés », représentaient les morceaux les plus prisés des premiers-nés. Caïn s’est contenté d’apporter « quelques » légumes, et non les prémices.
Q : Dans Genèse 4:7, le pronom doit-il être traduit par « cela », en référence à la tentation de pécher, ou par « lui », en référence à Abel ?
R : Je pense qu’il devrait s’agir de « cela ». Le mot hébreu est à la troisième personne du singulier, ce qui, en soi, peut signifier « il », « elle » ou « cela ». Pour savoir s’il s’agit de « il » ou de « cela », il faut examiner le contexte.
S’il s’agissait de « lui » (c’est-à-dire Abel), ce serait le seul passage où l’on pourrait dire que le frère aîné aurait potentiellement une « autorité » sur son frère cadet. À l’époque de l’Ancien Testament, l’aîné recevait généralement une double part, mais cela ne constitue pas une domination. En effet, si cela signifiait « il », on pourrait soutenir soit que Dieu a ordonné à Caïn de tuer (d’exercer une domination ?) son frère, soit que Caïn, en agissant à l’opposé de ce que Dieu lui avait conseillé, exerçait une domination sur Abel.
Si cela signifiait « cela », alors Dieu s’adresse à Caïn pour lui dire de résister à ce qui se tapit (comme un animal) à la porte, c’est-à-dire à la tentation de pécher. Je n’ai entendu que cette interprétation, jamais l’autre.
J’étais curieux de savoir ce qu’enseignaient les Pères de l’Église prénicéenne à propos de ce verset. Le seul auteur prénicéen à avoir abordé cette question est Irénée (182-188 apr. J.-C.) dans son ouvrage *Contre les hérésies*, livre 3, chapitre 23.4, p. 456, et livre 4, chapitre 18.3, p. 485. Irénée, un auteur grec, utilisait apparemment la Septante. Bien qu’il ait commenté Genèse 4, 7 sans le citer, son analyse montre qu’il l’interprétait manifestement comme « il ». Selon Irénée, Caïn ne voulait pas partager équitablement les biens avec son frère, mais souhaitait dominer sur lui.
Je pense quant à moi qu’il s’agit de « cela », car Dieu dit à Caïn qu’il est censé avoir la maîtrise sur « cela/lui ». Irénée a complètement méconnu le sens de ce verset. C’est Caïn qui est censé avoir la maîtrise sur la tentation de pécher, et non Abel.
Q : Dans Genèse 4:10, comment le sang d’Abel a-t-il pu crier ?
R : Il s’agit d’une métaphore illustrant l’injustice commise à l’encontre d’Abel et la culpabilité de Caïn. Prendre la Bible au sens littéral signifie la lire telle que ses auteurs l’ont voulue. Ne pas reconnaître les métaphores et les allégories dans la Bible revient à adopter une lecture hyperlittérale de la Bible. Reportez-vous à l’introduction pour une analyse plus approfondie de la différence entre une lecture hyperlittérale et une lecture de la Bible telle qu’elle a été voulue, et telle que Jésus l’a interprétée.
Q : Dans Genèse 4:12, pourquoi Caïn n’a-t-il pas été exécuté pour meurtre ? (c’est ma femme qui m’a posé cette question)
R : La peine capitale était prescrite dans l’Ancien Testament, non seulement dans les Dix Commandements, mais aussi juste après le déluge, en Genèse 9, 5-6, et dans le Deutéronome 13, 10-11. Cependant, ces passages sont tous postérieurs à l’époque de Caïn et d’Abel. Par ailleurs, Dieu connaît toutes les circonstances, et Dieu Lui-même n’est pas lié par les lois qu’Il a établies pour nous.
À l’époque, aucune loi prévoyant l’exécution pour meurtre n’avait été communiquée à Caïn, et Dieu l’a puni en le chassant de la terre.
Q : Dans Genèse 4, 12, la prophétie s’est-elle avérée non accomplie puisque Caïn a bâti une ville dans Genèse 4, 17 ?
R : Non, il ne s’agit pas d’une prophétie dont l’inexécution a été prouvée, et ce pour deux raisons.
D’un point de vue factuel : Genèse 4:12 dit simplement que Caïn serait un errant sans repos ; il ne précise pas quand il errerait, combien de temps il serait errant, ni s’il le resterait pour toujours. Nous savons peu de choses sur la vie de Caïn par la suite. Genèse 4:17 indique que Caïn construisait une ville et qu’il la nomma d’après son fils Énoch. Peut-être Caïn essayait-il de construire une ville au mépris de la prophétie de Dieu, et c’est après cela qu’il fut chassé et qu’il erra.
Sur le plan spirituel : Caïn était considéré comme issu de la lignée « maudite », et rien n’indique qu’il se soit jamais remis à suivre Dieu. Cette prophétie pourrait donc avoir fait référence à la condition spirituelle de Caïn autant qu’à sa condition physique.
Q : Dans Genèse 4:13, pourquoi Caïn pensait-il que quiconque le trouverait voudrait le tuer ?
R : Il est très intéressant de noter que la Bible ne dit nulle part que Dieu ou quiconque ait dit cela à Caïn. Pour de nombreuses fautes morales, y compris le meurtre, les gens ont en eux une conscience qui leur dit que c’est mal. Caïn a peut-être raisonné ainsi : s’il tuait un de ses semblables, créé à l’image de Dieu, il serait juste qu’il soit tué en retour. Dans Genèse 4:15, Dieu semble confirmer ce raisonnement, et c’est pourquoi Il a pris des précautions supplémentaires en apposant une marque sur Caïn, afin que les autres sachent qu’ils ne devaient pas agir ainsi.
Q : Dans Genèse 4, 13-16, quelle marque Dieu a-t-il apposée sur Caïn ?
R : Les Écritures ne le précisent pas, si ce n’est qu’il s’agissait de quelque chose que les autres pourraient reconnaître. Cependant, cela ne faisait pas partie de la malédiction de Caïn. Il s’agissait plutôt d’un acte de grâce de la part de Dieu, qui a donné à Caïn une marque afin que les autres sachent qu’ils ne devaient pas le tuer.
Q : Dans Genèse 4:13, y avait-il quelqu’un d’autre sur terre à part Adam, Ève et Caïn ?
R : Cela fait référence non seulement aux éventuelles filles parmi lesquelles Caïn a choisi son épouse, mais aussi aux personnes nées après le meurtre. Bien que tous les êtres humains descendent d’Adam et Ève (Genèse 3, 20 ; Actes 17, 26 ; Romains 5, 14-15), Adam et Ève ont eu d’autres fils et filles, selon Genèse 5, 4.
Q : Dans Genèse 4:16-22, où les fils d’Adam et Ève ont-ils trouvé leurs épouses ? L’inceste n’est-il pas interdit ?
R : Genèse 5, 4 indique qu’Adam et Ève ont eu d’autres fils et filles. L’inceste n’était pas interdit à l’époque : si nos gènes étaient exempts de défauts génétiques, l’inceste ne se traduirait par aucune des plus de 2 000 maladies génétiques humaines qu’il provoque aujourd’hui.
À titre d’anecdote historique, Augustin d’Hippone a répondu à cette question de manière pratiquement identique dans *La Cité de Dieu*, livre 15, chapitre 16, p. 297 (413-426 apr. J.-C.).
Q : Dans Genèse 4, 16-17, comment Caïn a-t-il trouvé sa femme au pays de Nod ?
R : Deux points sont à prendre en compte dans la réponse.
1. Même en supposant que Caïn ait effectivement trouvé sa femme au pays de Nod, celle-ci serait tout de même une descendante d’Adam et d’Ève, puisque tous les hommes descendent d’Adam (Actes 17, 26) et qu’Ève est la mère de tous les vivants (Genèse 3, 20).
2. La Bible ne dit nulle part que Caïn a rencontré sa femme à Nod. Il est tout à fait possible que Caïn fût déjà marié et que sa femme l’ait accompagné à Nod.
Q : Dans Genèse 4, 17-24, s’agit-il de la généalogie d’Adam, ou est-ce plutôt Genèse 4, 25-5, 32 qui en constitue la généalogie ? (Un libéral a soulevé ce point en tant que redondance démontrant la pluralité des auteurs de la Genèse)
R : Genèse 4, 17-24 présente la généalogie de Caïn, sans mentionner Seth. Immédiatement après, Genèse 4, 25-5, 32 présente la généalogie de Seth, sans mentionner Caïn. Il n’y a ici ni chevauchement ni redondance.
Si cela n’est pas clair, vous pouvez vous reporter à un deuxième exemple. 1 Chroniques 5, 1-10 présente la généalogie de Ruben, l’un des fils de Jacob. Immédiatement après, 1 Chroniques 5, 11-22 présente la généalogie de Gad, un autre fils de Jacob.
Q : Dans Genèse 4, 22, comment les métaux ont-ils pu être utilisés si tôt ?
R : On a trouvé du bronze en Thaïlande (4 500 av. J.-C.), en ex-Yougoslavie (4 000 av. J.-C.), en Grèce (3 000 av. J.-C.) et en Anatolie (avant 3 000 av. J.-C.). Les Égyptiens utilisaient le fer provenant de météorites pour fabriquer des ornements et des poignards avant 3 000 av. J.-C. De même, dans la ville d’Eshnunna, près de Babylone, des archéologues ont découvert une lame en fer datant de 2 700 av. J.-C.
Q : Dans Genèse 4:22, le nom « Tubal-Caïn » est-il lié à la région de « Tubal » située dans la Turquie actuelle, comme l’indique le Guide de la Bible d’Asimov, p. 33 ?
R : Bien qu’il soit impossible de le prouver dans un sens ou dans l’autre, il n’y a probablement aucun lien. Tubal était également le nom d’un fils de Japhet, et le peuple des Tubaliens était sans doute apparenté à lui. Le peuple des « Tubaliens » est mentionné dans les archives assyriennes à l’époque de Salmanazar III (859-824 av. J.-C.) et de Sargon, vers 732 av. J.-C.
Q : Dans Genèse 4, 23-24, pourquoi cet homme a-t-il blessé Lémec ?
R : Voici trois hypothèses concernant cet homme :
Un justicier pensait agir comme il se doit en tentant de tuer la descendance de Caïn. Cependant, Dieu a expressément indiqué dans Genèse 4, 15 que personne ne devait se venger de Caïn ; il est donc sous-entendu qu’il ne fallait pas non plus se venger de ses fils.
Un voleur cherchant à s’emparer des biens de Lémec aurait pu prétexter que celui-ci était un descendant de Caïn.
L’identité de l’ancêtre de Lémec n’avait aucune importance ; cet homme cherchait simplement à voler et/ou à tuer Lémec.
Cependant, les Écritures n’accordent aucune importance à la raison pour laquelle cet homme en particulier cherchait à blesser Lémec. Le but de Genèse 4, 23-24 était de montrer qu’après le premier meurtre, Caïn et ses descendants vivaient dans l’hostilité envers les autres.
Q : Dans Genèse 4, 23-24, quelle était l’ascendance de l’homme qui a blessé Lémec, et quand Seth est-il né ?
R : Les Écritures ne le précisent pas ; il existe donc trois possibilités tout aussi plausibles les unes que les autres.
Abel a eu des enfants avant d’être assassiné.
Seth était son ancêtre. Rien n’indique que les événements de Genèse 4, 23-24 se soient déroulés chronologiquement avant ceux de Genèse 4, 25-26.
Caïn était l’ancêtre de ce jeune homme.
Q : Dans Genèse 5, 1-32, ces années pourraient-elles en réalité être des mois ?
R : Non. Si c’était le cas, Hénoch n’aurait eu que 65 mois (environ 5 ans et demi) lorsqu’il est devenu le père de Mathusalem ! Voir « 1001 questions bibliques répondues », p. 323, pour une réponse essentiellement identique.
Q : Dans Genèse 5, 1-32, le Livre de la Genèse suppose-t-il que tout le monde parlait l’hébreu avant Abraham ?
R : Non, bien au contraire. Le chapitre 11 de la Genèse, en racontant l’histoire de la tour de Babel, indique qu’après le déluge, différents peuples parlaient des langues mutuellement inintelligibles. Avant la tour de Babel, rien n’indique que les gens parlaient l’hébreu. Abraham lui-même ne parlait probablement pas l’hébreu. Il venait d’Ur, une ville sumérienne. L’hébreu comporte certains emprunts sumériens qui sont passés par l’akkadien.
Les linguistes laïques estiment que la plupart des langues occidentales, y compris le sanskrit en Inde, ont une origine commune datant d’environ 4 000 av. J.-C.
Q : Dans Genèse 5:3-29, que signifient tous ces noms en hébreu ?
R : Voici leurs significations, basées sur l’étymologie (l’origine des mots) tirée de la Concordance de Strong et, dans certains cas, sur la signification indiquée par la Genèse.
Adam – homme. La Concordance de Strong indique que ce mot signifie « au teint rougeaud » ou « homme ». Genèse 2, 23 précise qu’Adam = homme.
Seth – mis/placé/désigné/substitué. Genèse 4:25 précise qu’Ève l’a nommé Seth parce que Dieu en a désigné un autre à la place d’Abel.
Enosh – mortel. La Bible d’étude NIV, p. 13, précise que ce nom, tout comme « Adam », signifie « homme ».
Cainan/Kenan – « établi » (comme un nid ou une demeure)
Mahalaleel – Louange à Dieu, Louez Dieu.
Jared – une descendance
Hénoch – Initié, consacré, formé
Methuselah – « l’homme du javelot »
Lémec - issu d’une racine inutilisée dont la signification est incertaine
Noé – soit « repos », soit « réconfort »
Irad – le fugitif
Ham – « chaud »
Sem – un nom ?
Japhet – expansion. Selon les Grecs d’avant l’ère chrétienne, Japétos était leur ancêtre.
Une leçon que l’on peut tirer de Japet est que l’étymologie ou la signification de chaque nom n’est pas nécessairement importante.
Un deuxième enseignement que l’on peut tirer de Seth et de Noé est que la signification de certains noms revêt une importance particulière.
Q : Dans Genèse 5, 21-27, y a-t-il une raison pour laquelle Mathusalem était l’homme le plus âgé de la Bible ?
R : Peut-être. Le déluge a eu lieu l’année où Mathusalem est mort. C’était peut-être un signe de la miséricorde de Dieu, qui a retardé le déluge en lui accordant une longue vie.
Q : Dans Genèse 5:24, pourquoi Dieu a-t-il enlevé Hénoch, un homme pieux ?
R : Peut-être pour la même raison que nous apportons de belles fleurs chez nous. Hénoch n’est pas nécessairement mort ; Dieu l’a simplement emmené avec Lui au ciel, à l’instar d’Élie dans 2 Rois 2:11-12. Une autre illustration serait celle d’Hénoch et de Dieu, comme de bons amis, partant se promener ; il se faisait tard, et Dieu a dit : « Puisque tu es plus près de ma maison que de la tienne, pourquoi ne viendrais-tu pas simplement chez moi maintenant ? » Dieu fait toutefois mourir la plupart de ses serviteurs pour qu’ils aillent au ciel. Il ne s’agit pas d’un mépris insensible, mais le Psaume 116:15 dit : « Précieuse aux yeux de Jéhovah est la mort de ses saints. » (Traduction littérale de Green)
Q : Dans Genèse 6, pourquoi y a-t-il des similitudes entre le déluge de Noé et d’autres récits ?
R : Il est normal qu’ils soient similaires s’ils relatent un événement commun. Le récit babylonien est similaire dans les détails, mais très différent quant aux raisons invoquées. Selon ce récit, les dieux ont détruit l’humanité parce que les hommes faisaient trop de bruit, mais ils l’ont regretté par la suite et se sont rassemblés, affamés, autour des sacrifices de « Noé ».
Une similitude curieuse réside dans le fait que la Bible mentionne que les trois fils de Noé étaient Cham, Sem et Japhet. Les Instituts aryens de Manu indiquent que Satyavrata a survécu au déluge avec trois fils : Jyapeta, Sharma et C’harma. L’écrivain grec Aristophane rapporte la tradition grecque selon laquelle Japetos (Iapetus, le Titan) était l’ancêtre des Grecs. Tout cela constitue des preuves corroborantes d’un événement commun.
Q : Genèse 6:3 signifie-t-il que l’Esprit de Dieu pourrait quitter quelqu’un et ne jamais revenir ?
R : Non. Genèse 6:3 indique que l’esprit donné par Dieu quittera le corps physique d’une personne au bout de 120 ans.
Q : Genèse 6:3 signifie-t-il que la durée de vie de l’homme ne serait désormais plus que de 120 ans, ou qu’il y aurait 120 ans de grâce avant le déluge ?
R : Les deux interprétations sont possibles, car il n’existe aucune preuve permettant de réfuter l’une ou l’autre. L’une comme l’autre pourrait être correcte, selon la NIV Study Bible, p. 14, et le New International Bible Commentary, p. 120. L’Expositor’s Bible Commentary, vol. 2, p. 77, penche pour l’interprétation selon laquelle il s’agit de la durée de vie de l’homme. Il précise que l’interprétation selon laquelle il s’agissait de la période précédant le déluge a été défendue par Luther, Calvin et la Bible de Scofield. La « New Geneva Study Bible », p. 18, mentionne les deux points de vue, mais penche en faveur des années précédant le déluge.
Q : Dans Genèse 6:3, Dieu a-t-il fixé notre durée de vie à 120 ans, ou seulement à 70 ou 80 ans, comme le dit le Psaume 90:10 ?
R : Certaines choses sont difficiles à comprendre tant que l’on n’a pas pris conscience que Dieu est libre d’établir des règles différentes à des époques différentes. La durée de vie moyenne des êtres humains a évolué. Dieu a fixé la durée de vie moyenne à 120 ans juste avant le déluge. Bien plus tard, le Psaume 90, 10 montre qu’elle a été raccourcie. Il y est dit qu’un homme vit jusqu’à 70 ans, 80 s’il en a la force. Si l’on trace une courbe représentant les durées de vie indiquées dans la Genèse, on observe une diminution exponentielle.
Les scientifiques ne connaissent pas avec certitude tous les mécanismes du vieillissement : les microbes, eux, ne vieillissent pas. Si la déméthylation de l’ADN pourrait constituer l’un de ces mécanismes, le mécanisme dominant semble être le raccourcissement des brins d’ADN. Chaque fois que l’ADN d’une cellule animale se divise, certaines de ses extrémités sont raccourcies. Or, ces extrémités comportent désormais des éléments étrangers, et les microbes possèdent une enzyme, la télomérase, qui les restaure. Cependant, la télomérase ne semble pas restaurer les extrémités de l’ADN chez les animaux.
Q : Dans Genèse 6:3, comment concilier cela avec les affirmations des paléontologues selon lesquelles les peuples anciens vivaient moins longtemps ?
R : Cette affirmation particulière du scientisme, qui se fait passer pour de la science, comporte certaines failles.
1. Notez qu’ils ne mentionnent jamais sur quelle base ils affirment que les gens avaient une espérance de vie plus courte.
2. Ils ne présentent aucune preuve attestant qu’ils disposent d’un échantillon statistiquement valable et impartial. Par exemple, un paléontologue hypothétique du futur, dans plusieurs siècles, pourrait déterrer les déchets de quelques cliniques pratiquant l’avortement et « prouver » que notre espérance de vie moyenne était inférieure à un an. Cette « preuve » serait elle aussi biaisée d’un point de vue statistique.
3. Les estimations de l’espérance de vie devraient préciser si elles incluent ou excluent la mortalité infantile. Par exemple, dans les années 1970, l’espérance de vie dans de nombreux pays d’Afrique centrale était inférieure à 30 ans. Pourtant, si vous vous rendiez dans ces pays, vous verriez tout de même de nombreuses personnes âgées. S’il existait un pays hypothétique où tous les tout-petits vivaient jusqu’à 60 ans, mais où les deux tiers des bébés mouraient, l’espérance de vie moyenne ne serait que de 20 ans.
Q : Dans Genèse 6:3, puisque Dieu ne pouvait en aucun cas s’incarner, comment Jésus a-t-il pu venir sur terre ? (Cette question a été posée par un athée)
R : Genèse 6, 3 ne dit rien de tel. Il dit simplement que les hommes sont bel et bien de chair. Or, s’il est vrai que Dieu est Esprit et que Jésus s’est dépouillé de sa nature divine pour venir sur terre dans la chair, Genèse 6, 3 en soi ne confirme ni ne nie quoi que ce soit concernant la venue de Dieu dans la chair.
Q : Dans Genèse 6:2, 4-5, qui étaient les Nephilim ou « fils de Dieu » ?
R : Les Nephilim, qui signifient « les déchus », étaient également appelés « fils de Dieu » ; voici quelques théories expliquant pourquoi on les appelait ainsi.
La lignée pieuse de Seth, ou des croyants qui ont péché en épousant des non-croyants issus de Caïn. Ce point de vue remonte à Jules Africain, qui écrivait entre 232 et 245 apr. J.-C., dans les Pères anténicéens, volume 6, fragment 2, p. 131.
Les « rois puissants » constituent l’interprétation du Targum araméen.
Une autre race, telle que les Néandertaliens, les Denisoviens ou peut-être l’Homo erectus.
Technologiquement avancés : un sceptique estime que les Israélites les appelaient « géants » en raison de leurs hauts remparts et de leurs armes technologiquement avancées.
Des enfants nés de femmes et d’hommes possédés par des démons.
Certains êtres démoniaques pouvaient se croiser : telle était la croyance des Juifs Philon, Josèphe (< 100 apr. J.-C.) et de l’auteur du 1er livre d’Hénoch (chapitre 6). Parmi les chrétiens qui enseignaient cette doctrine, on peut citer la Deuxième Apologie de Justin le Martyr, chap. 5, p. 190 ; l’ouvrage de Tertullien intitulé « Sur le voile des vierges », chap. 7, p. 32 (198-220 apr. J.-C.) ; Les Instructions de Commodien (vers 240 apr. J.-C.), chapitre 3, p. 203, et Ambroise de Milan (vers 378 apr. J.-C.). Augustin d’Hippone, dans *La Cité de Dieu* (413-426 apr. J.-C.), livre 15, chapitre 23, p. 303-304, reconnaît que les premiers chrétiens partageaient ce point de vue, mais souligne que Genèse 6, 3 va à l’encontre de cette interprétation, car Dieu dit que son Esprit ne restera pas à jamais avec l’homme, ce qui n’aurait aucun sens si ce n’étaient que des démons qui commettaient ces actes.
Peut-être s’agissait-il d’une tentative de Satan visant à altérer notre patrimoine génétique. Cependant, si les démons pouvaient se croiser, comment Jésus aurait-il pu expier en partie pour des êtres mi-hommes, mi-démons ?
Q : Dans Genèse 6:6, comment Dieu se repent-il ?
R : Ce mot peut également être traduit par « s’est affligé ». Dieu exprime Ses émotions au fur et à mesure que les événements se produisent. Jérémie 18:8 aborde ce sujet en détail. Voir également la discussion sur Genèse 20:3,6 pour plus d’informations.
Q : Dans Genèse 6:9, en quoi Noé était-il parfait parmi sa génération ?
R : Rien n’indique que le terme « parfait » signifie ici une perfection sans péché. Le mot hébreu signifie plutôt « conformité à la norme », et l’idée initiale aurait bien pu être celle d’être droit. Ce même mot, avec des voyelles différentes, est utilisé dans Lévitique 19:15 pour « juger votre prochain avec équité ».
Q : Dans Genèse 6:12, puisque tous avaient corrompu leurs voies, comment Noé a-t-il pu être irréprochable dans Genèse 6:9 et Genèse 7:1 ?
R : Le contexte montre clairement que « tous » signifie « à l’exception de Noé et de sa famille ». Notez que Lémec, le père de Noé, est également mort l’année du déluge.
Q : Dans Genèse 6:13 et 7:1, comment Noé savait-il que Dieu lui parlait, puisqu’il n’avait jamais vu Dieu ?
R : Souvent, les personnes qui entretiennent une relation de longue date avec Dieu savent quand Dieu leur parle. Voir 1 Rois 19, 11-13 pour un autre exemple.
Le seul avertissement dont disposaient les gens concernant le déluge venait de Noé, cet homme qui construisait un bateau dans le désert. Du point de vue de Noé, il serait soit le plus grand héros, soit le plus grand fou que sa génération ait jamais connu. Il ne serait rien entre les deux. Telle est la nature d’une grande foi en Dieu. (Sermon de Bill Counts, 5 novembre 2005)
Q : Dans Genèse 6:14, comment Noé a-t-il pu construire une arche aussi grande ?
R : Il a eu 100 ans pour la construire avec ses trois fils, et peut-être l’aide de quelques ouvriers. L’arche mesurait environ 450 pieds de long, 75 pieds de large et 45 pieds de haut. Cela représente 1 518 750 pieds cubes si l’on considérait qu’il s’agissait d’une boîte rectangulaire parfaite. En 100 ans, ils pouvaient construire 45/100 = moins d’un demi-pied de hauteur par an. Une stalle de 10 pieds sur 15 pieds sur 6 2/3 pieds représente un volume de 1 000 pieds cubes. Le paquebot Queen Elizabeth 2 mesure 963 pieds (294 m) de long, 105,3 pieds (32,09 m) de large et 171,3 pieds (52,5 m) de haut. L’arche était donc plus petite que le Queen Elizabeth 2, à ceci près qu’elle n’avait pas de quille profonde.
Q : Dans Genèse 6:14, quelle était la longueur d’autres bateaux anciens ?
R : Dans l’Antiquité, un bateau romain de 100 pieds de long a été découvert en Grande-Bretagne ; plus tard, les drakkars vikings étaient également longs, le plus long connu étant le drakkar de Roskilde, qui mesurait 115 pieds. À l’époque des grandes explorations, les navires de ligne pouvaient atteindre 200 pieds de long, et plus tard, les clippers mesuraient généralement entre 150 et 250 pieds de long. Le plus long clipper, baptisé le « Great Republic », mesurait 302 pieds de long. Bien qu’il existât quelques clippers en métal en Europe, la plupart étaient en bois, avec des renforts métalliques au niveau de la charpente et de la quille intérieure.
Bien sûr, ils n’avaient pas 100 ans pour construire ces bateaux. De plus, alors que la plupart des bateaux sont construits en chêne en raison de sa résistance, d’autres essences, telles que le teck, l’ébène, le « blackheart » brésilien et le cocobolo (en Amérique du Sud), sont bien plus résistantes. L’arche n’a pas été construite en chêne, mais en bois de gopher. Nous ne savons pas exactement ce qu’est le bois de gopher ; il existe deux théories. La première est qu’il s’agissait d’un bois très dur (qui existe peut-être encore aujourd’hui sous un autre nom ou qui a peut-être disparu). Une deuxième théorie est que le « bois de gopher » désignait un procédé mécanique consistant à presser le bois pour le durcir, afin qu’il résiste mieux. Enfin, le fait qu’elle ait été construite en bois de gopher ne signifie pas qu’elle ne comportait pas d’autres éléments, tels que des clous métalliques, des renforts, etc. Genèse 4:22 montre qu’ils disposaient d’outils en bronze et en fer (probablement d’origine météoritique) bien avant Noé.
Q : Dans Genèse 6:14, comment sait-on qu’une coudée mesure 17,5 pouces ?
R : Lorsque le roi Ézéchias fit construire le tunnel de Siloé, vers 700 av. J.-C., ses ouvriers y gravèrent une inscription indiquant qu’il mesurait 1 200 coudées de long. En divisant la longueur en pouces par 1 200 coudées, on obtient environ 17,5 pouces par coudée. Bien sûr, un coudée à l’époque de Moïse aurait pu être légèrement plus grande ou plus petite. L’arche aurait alors été légèrement plus grande ou plus petite.
Q : Dans Genèse 6:14, comment l’arche a-t-elle pu résister au déluge de Noé ?
R : Il y a au moins trois raisons.
Le bois de gopher était peut-être une essence de bois solide, mais il s’agissait peut-être aussi de bois ayant subi un traitement spécial. Un bois lourd est un bon choix, car il offre une certaine souplesse. Genèse 4:22 montre qu’ils disposaient déjà de bronze et de fer avant Noé.
Sa forme était idéale pour affronter les eaux agitées (1 par 1,67 par 10).
Dieu pouvait bien sûr également protéger l’arche de manière surnaturelle si nécessaire.
Q : Dans Genèse 6:19, Noé devait-il emmener deux individus de chaque créature, ou sept couples de chaque animal pur comme le dit Genèse 7:2 ? Mais n’y a-t-il eu qu’un seul couple de chaque espèce dans Genèse 7:8-9 ?
R : Tout cela est vrai ; Genèse 6:19 ne mentionne pas spécifiquement les animaux purs. Noé devait emmener deux de chaque espèce, et en outre, il devait emmener sept des animaux purs. Genèse 6:19 dit « deux » ; il ne dit pas « pas plus de deux ». Les animaux supplémentaires étaient destinés à servir de nourriture et à être offerts en sacrifice, comme le mentionne Genèse 8:20. Il ne s’agit pas tant d’une imprécision de la part de la Bible que d’un exemple illustrant la manière dont Dieu nous enseigne. Dieu s’assure que nous comprenions le concept général « deux pour repeupler », puis ajoute un deuxième concept : « sept supplémentaires pour les sacrifices ». C’est similaire à l’apprentissage de l’arithmétique par les élèves. Ils apprennent d’abord à soustraire un petit nombre d’un grand nombre. Ce n’est que plus tard qu’ils découvrent les nombres négatifs et qu’ils apprennent qu’il est possible de soustraire un grand nombre d’un petit nombre.
Genèse 7, 8-9 ne mentionne pas exactement un couple de chaque espèce animale. Il est dit « deux par deux », ce qui inclut à la fois le seul couple d’animaux impurs et tous les couples d’animaux purs.
Q : Genèse 6, 19-20 provient-elle d’une source « sacerdotale » datant d’environ 450 av. J.-C., et Genèse 7, 2-3 d’une source « yahwiste » datant d’environ 850 av. J.-C. ?
R : Rien ne prouve qu’il s’agisse de deux récits distincts, si ce n’est leur répétition. Cependant, la répétition est une technique littéraire visant à renforcer un argument. À l’époque, ils ne disposaient peut-être pas de l’adage moderne « Dites-leur ce que vous allez leur dire, dites-le-leur, puis dites-leur ce que vous leur avez dit », mais ils étaient certainement conscients de l’efficacité de la répétition, comme le montre ne serait-ce qu’un bref coup d’œil aux Psaumes ou aux Proverbes.
Il est difficile pour les libéraux d’affirmer que l’histoire du déluge de Noé remonte soit à 850 av. J.-C., soit à 450 av. J.-C., car l’épopée sumérienne de Gilgamesh comporte certains détails identiques concernant un déluge mondial, et elle a été écrite avant 2500 av. J.-C. (Une copie babylonienne de la tablette 11 de cette épopée en 12 tablettes se trouvait dans le palais d’Assurbanipal à Ninive.)
Pour être juste cependant, la théorie libérale JEPD, selon laquelle le déluge de Noé proviendrait de deux sources, date du XIXe siècle, avant que l’Épopée de Gilgamesh ne soit connue du monde moderne. La seule raison pour laquelle cette question est abordée dans cet ouvrage est qu’il existe encore un certain nombre de « chrétiens » libéraux qui croient en la théorie JEPD.
Q : Genèse 7, 1-24 jette-t-il le discrédit sur le caractère de Dieu et sur Sa conception de la justice ? Dieu a détruit l’humanité tout entière parce qu’Il s’est « repenti » de l’avoir créée. En substance, Dieu a admis avoir commis une erreur, et afin de corriger cette erreur, Il endosse les rôles de juge, de jury et de bourreau, et anéantit toute l’humanité à la manière de « Robo-Cop » sans procès, commettant ainsi un génocide. Je ne doute pas que le mal existait, mais en quoi un enfant d’un an ou un fœtus à naître est-il mauvais ?
R : Pas du tout, même si cela risque de bouleverser la conception « édulcorée » que certaines personnes se font de Dieu. Tous ceux qui ont jamais vécu, s’ils ne sont plus sur terre aujourd’hui, sont morts (à deux exceptions près). La question n’est pas de savoir s’ils sont morts, mais quand ils sont morts, et s’ils ont eu la possibilité d’avoir des descendants. Dieu a éprouvé un sentiment de chagrin en voyant à quoi ressemblait le monde à l’époque de Noé. Que cela vous plaise ou non, Dieu est un juge. Il est également un jury, et oui, un bourreau. Dieu a le droit, et Il exerce ce droit, de déterminer quand et comment les gens meurent.
Q : Dans Genèse 7:1, les autres hommes n’avaient-ils « aucune chance » de se repentir, comme l’ont affirmé les athées ?
R : Non, un siècle est amplement suffisant pour se repentir. En voyant l’arche se construire, ils pouvaient écouter Noé, un « prédicateur de la justice » (2 Pierre 2:5). Il a fallu 100 ans pour construire l’arche, et plus d’un siècle est un délai largement suffisant pour avoir la possibilité de se tourner vers Dieu. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles 1 Pierre 3:20 dit que Dieu attendait patiemment pendant la construction de l’arche.
Q : Dans Genèse 7:2, comment Noé pouvait-il savoir quels animaux purs emmener, puisqu’il n’y avait pas encore de loi de l’Ancien Testament ?
R : Noé ne disposait pas des Écritures de l’Ancien Testament ; c’est plutôt Dieu lui-même qui lui parlait. Bien que nous ne sachions pas exactement dans quelle mesure Dieu a enseigné à Noé ce qui ferait partie de la Loi mosaïque, Dieu se connaissait certainement lui-même et était capable de communiquer à Noé quels animaux il devait emmener par sept.
Dans cette conversation en tête-à-tête avec Noé, nous ne savons pas si Dieu a utilisé ou non la définition exacte de « pur » telle qu’elle figure dans la Loi mosaïque. Quoi qu’il en soit, Noé a reçu des instructions sur les animaux à emmener.
Cette question nous enseigne une leçon. Chaque fois que Dieu vous demande de faire quelque chose, vous ne connaissez généralement pas tous les détails. Vous pouvez tergiverser ou simplement obéir à ce que vous savez, et faire confiance à Dieu pour vous corriger si nécessaire au fur et à mesure que vous obéissez. Si vous attendez de connaître d’abord chaque détail, vous n’obéirez probablement jamais.
Q : Dans Genèse 7:2, Noé devait-il emmener sept couples d’animaux purs, ou seulement deux couples d’animaux purs, comme l’affirme le critique biblique Bart Ehrman (Jesus, Interrupted, p. 10) en se référant à Genèse 7:9-10 ?
R : M. Ehrman a peut-être confondu ses notes à ce sujet. Genèse 7:2 mentionne sept couples d’animaux purs et un couple d’animaux impurs. Genèse 7:8-10 dit : « Et ils entrèrent auprès de Noé dans l’arche, mâles et femelles parmi les animaux purs, parmi les animaux impurs, parmi les oiseaux et parmi tout ce qui rampe sur la terre, (9) deux par deux, comme Dieu l’avait ordonné à Noé. (10) Et au bout de sept jours, les eaux du déluge se répandirent sur la terre. » (Traduction littérale de Green)
Genèse 7:9-10 ne mentionne pas le nombre d’animaux. Genèse 7:8-9 indique que les animaux (au pluriel) vinrent « deux par deux », c’est-à-dire par paires (au pluriel). Il y avait plusieurs couples, un par espèce d’animaux impurs. Il y avait également plusieurs couples d’animaux purs. Dans Genèse 7:8, il n’y avait aucune raison d’être plus précis quant au nombre de couples, car six versets plus haut, le nombre de couples avait déjà été précisé.
Q : Dans Genèse 7,4 – 8,12, en quoi la structure littéraire de ce passage est-elle inhabituelle ?
R : Il s’agit d’un chiasme, figure de style courante dans la littérature hébraïque antique, dans laquelle chaque énoncé (à l’exception parfois de celui du milieu) trouve un énoncé symétrique qui lui fait écho. Voici la structure :
7,4 – 7 jours pour attendre le déluge
7,10 – – 7 jours d’attente avant le déluge
7,17a – – – 40 jours de déluge
7:24 - - - - 150 jours de montée des eaux
8:3 - - - - 150 jours de retrait des eaux
8:6 - - - 40 jours d’attente
8:10 - - 7 jours d’attente
8:12 - 7 jours d’attente
De plus, Genèse 7:21-23a constitue un chiasme au sein de ce chiasme.
- Toute chair périt
- - Les oiseaux
- - - les animaux domestiques et les animaux sauvages
- - - - les insectes rampants
- - - - - Les êtres humains
- - - - - - tout ce qui se trouvait sur la terre ferme
- - - - - - tous les êtres vivants qui se trouvent à la surface de la terre
- - - - - Les êtres humains
- - - - Les animaux
- - - Les plantes rampantes
- - les oiseaux du ciel,
- ils furent anéantis.
Q : Dans Genèse 7:12, 24, le déluge a-t-il duré 40 jours ou 150 ?
R : Genèse 7:12 indique qu’il a plu du ciel pendant 40 jours, mais les eaux ont recouvert la terre pendant 150 jours au total. Voir *When Critics Ask*, p. 42, et *Chronological and Background Charts of the Old Testament*, p. 36.
Q : Dans Genèse 8, pourquoi la Bible semble-t-elle enseigner que l’humanité ne remonte qu’à environ 6 000 ans ?
R : Selon les méthodes de datation radioactive, les humains anatomiquement modernes, que beaucoup appellent « l’homme de Cro-Magnon », sont apparus pour la première fois il y a entre 350 000 et 300 000 ans.
Cependant, quelle que soit la date à laquelle Dieu a créé l’homme, les généalogies de la Genèse laissent place à des lacunes indéterminées, car le mot « fils » signifie également « descendant », et le mot « père » signifie également « ancêtre ». Ésaïe 51, 2 dit qu’Abraham est le père des Juifs, et les Juifs ont dit à Jésus qu’Abraham était leur père dans Jean 8, 39.
À titre d’aparté, nous pouvons affirmer avec certitude que le monde a été créé en six jours, mais quelle est la durée d’un jour de Dieu ? 2 Pierre 3, 8 dit qu’un jour auprès du Seigneur équivaut à mille ans, et mille ans à un jour. Le Psaume 90, 4 dit que mille ans aux yeux de Dieu sont comme un jour ou une veille dans la nuit. Irénée, dans *Contre les hérésies*, livre 5, chap. 23.2 (182-188 apr. J.-C.), p. 551-552, interprète l’un des jours du Seigneur mentionné dans la Genèse comme durant mille ans.
Q : Dans Genèse 8, 1 et Exode 6, 5, comment Dieu aurait-Il pu « se souvenir » s’Il n’avait pas d’abord oublié ?
R : Dieu est omniscient. Même si Noé a pu se sentir oublié, il s’agit simplement d’une expression signifiant que Dieu n’avait pas oublié Noé. Lorsque nous pensons à quelqu’un à l’occasion de son anniversaire ou d’une date importante, cela ne signifie pas que nous l’oublions le reste de l’année. Voir *When Critics Ask*, p. 43, pour une réponse similaire.
Q : Dans Genèse 8:11, quelle est la signification de la feuille d’olivier ?
R : La feuille a probablement poussé après le déluge, et les oliviers ne poussent pas en haute altitude. L’olivier est souvent un symbole du peuple de Dieu.
Q : Dans Genèse 8:15, toutes les races descendent-elles de Noé ?
R : Du côté paternel, oui, mais du côté maternel, non. La femme de Noé, ses trois fils et leurs épouses se trouvaient également sur l’arche. Les différences ne sont pas si grandes, étant donné que dans les mariages mixtes, deux frères peuvent avoir la peau très claire et très foncée.
Q : Dans Genèse 8, 15-21, quels sont les parallèles avec Genèse 12, 1-7 ?
R : Il existe au moins sept parallèles entre l’appel de Dieu à Noé et celui d’Abram.
Dieu dit à [lui] Genèse 8, 15 Genèse 12, 1
Sortez de l’arche / du pays Genèse 8, 16 Genèse 12, 1
Alors [il] partit Genèse 8, 18 Genèse 12, 4
Puis [il] bâtit un autel Genèse 8, 20 Genèse 12, 7
Dieu [le] bénit (Genèse 9, 1 ; Genèse 12, 2)
Multipliez-vous / devenez une grande nation (Gn 9, 1 ; Gn 12, 2)
Concluez une alliance / Dieu leur donne le pays Genèse 9:9 Genèse 12:7
Q : Dans Genèse 8:21-22, les eaux recouvriront-elles à nouveau toute la terre ?
R : Non, car Ésaïe 54, 9 nous rappelle que ce ne sera pas le cas. C’est là un autre argument contre l’hypothèse d’un déluge local, car Dieu a déclaré qu’il n’y aurait plus jamais de déluge recouvrant la terre. Si le déluge de Noé n’avait été qu’un déluge local, il y aurait eu d’autres terribles inondations locales.
Q : Dans Genèse 8:21, Dieu détruira-t-il à nouveau toute vie, ou tout sera-t-il détruit selon 2 Pierre 3:7, 10 ?
R : Genèse 8:21 dit que Dieu a promis de ne pas détruire toute vie « … comme je l’ai fait », et Genèse 8:22 ajoute « … tant que la terre subsistera ». Dieu détruira la terre par le feu, en épargnant les croyants.
Q : Dans Genèse 8:22, pourquoi y a-t-il encore des famines ?
R : Genèse 8:22 dit que les moissons et les semailles ne cesseront pas. Bien qu’il y ait eu de nombreuses famines, il n’y a jamais eu de famine mondiale et permanente.
Q : Dans Genèse 9, comment tous les animaux ont-ils pu retourner à l’endroit d’où ils venaient ?
R : Les chrétiens ne s’accordent pas sur la date à laquelle le déluge a eu lieu : entre 2 600 et 3 000 av. J.-C., vers 7 000 av. J.-C., vers 14 000 av. J.-C. ou il y a près d’un million d’années. Ceux qui pensent que le déluge s’est produit entre 2 600 et 3 000 av. J.-C. estiment que les données archéologiques et les méthodes de datation radioactive sont contradictoires ; il n’y aurait donc aucune donnée permettant de déterminer si les animaux sont retournés à l’endroit d’où ils venaient ou non.
En revanche, si le déluge s’est produit il y a environ 14 000 ans, tous les animaux ne sont pas restés au même endroit. Un pont terrestre reliait alors l’Amérique et l’Asie. Par la suite, les mammouths et les chevaux ont disparu des Amériques.
Quoi qu’il en soit, quelle que soit la date du déluge, tous les chrétiens s’accordent à dire que Dieu a le pouvoir d’inciter les animaux à se rendre là où Il le souhaite.
Q : D’après Genèse 9:3, les hommes peuvent-ils manger de la viande, ou uniquement des légumes ?
R : Genèse 1:29 indique qu’Adam pouvait manger des fruits et des légumes. Après le déluge, Genèse 9:3 précise que nous pouvons désormais manger de la viande. Reportez-vous à la discussion sur Genèse 1:28 pour plus d’informations.
Q : D’après Genèse 9:4 et Actes 15:28-29, la consommation de sang est-elle interdite aujourd’hui ?
R : Certains répondent par la négative, car le Christ a abrogé la loi, et dans Actes 10, 11-16, tous les « aliments » ont été déclarés purs.
D’autres répondent par l’affirmative, car cette interdiction a été énoncée avant la Loi mosaïque, dans Genèse 9:4. Dans Actes 15:20, 28-29, l’Église apostolique primitive croyait et enseignait que les chrétiens devaient s’abstenir de consommer du sang. Bien sûr, des quantités infimes de sang sont acceptables, car il était permis aux Juifs de manger le gibier qu’ils chassaient et dont ils vidangeaient [rapidement] le sang sur le terrain, selon Lévitique 17:13.
Q : Dans Genèse 9:4, Lévitique 7:26-27, Lévitique 17:11-12 et Deutéronome 12:16, 23-25, l’interdiction de consommer du sang signifie-t-elle que l’on ne doit jamais recevoir de transfusion sanguine, comme l’enseignent les Témoins de Jéhovah ?
R : Non. Nous ne devons pas être cannibales, mais les greffes d’organes sont autorisées. De même, il a été demandé aux gens de ne pas manger de sang, mais les transfusions sanguines sont autorisées.
Comme le souligne l’ouvrage *Les Témoins de Jéhovah répondent verset par verset*, p. 22-23, même l’organisation des Témoins de Jéhovah, la « Tour de Garde », n’a interdit les transfusions sanguines qu’en 1944. En 1967, elle a également interdit les greffes d’organes (revue *La Tour de Garde*, 15 décembre 1967, p. 702-704). Puis elle a changé d’avis et les a autorisées en 1980 (magazine La Tour de Garde du 15 mars 1980, p. 31). Elle n’autorisait pas non plus les vaccinations de 1931 à 1952.
Q : Genèse 9:6 interdit-il aujourd’hui l’exécution des criminels ?
R : Pas du tout. Genèse 9:6 interdit le meurtre tout en ordonnant l’exécution comme châtiment pour les meurtriers. N’oubliez pas que la Genèse fait partie des livres de Moïse, et que, de l’Exode au Deutéronome, un certain nombre de crimes étaient passibles de la peine de mort. Voir également la question suivante.
Q : Genèse 9:6 parle-t-il de la peine capitale ?
R : Il est clairement question de la peine capitale. Il s’agit de l’exécution et non de la simple mort physique qui touche aussi bien les non-meurtriers que les meurtriers.
Q : Dans Genèse 9, 12-13, l’arc-en-ciel, en tant que signe de l’alliance de Dieu, montre-t-il qu’il n’y avait pas d’arcs-en-ciel avant le déluge ?
R : Cela le laisse entendre, mais ne le prouve pas. Comme l’indique le *Today’s Handbook for Solving Bible Difficulties* (p. 220-221), le fait que Dieu utilise un signe ne prouve pas automatiquement que celui-ci n’existait pas auparavant. Par exemple, le rite de la circoncision était pratiqué avant Abraham par d’autres peuples, notamment les Égyptiens et les Éthiopiens (Hérodote, dans son *Histoire*, livre 2, chapitre 104, p. 69). Les Égyptiens la pratiquaient selon l’Épître de Barnabé (vers 70-130 apr. J.-C.), chapitre 9, p. 142 : « Oui, les Égyptiens pratiquent eux aussi la circoncision. »
Q : Dans Genèse 9, 20-21, comment un homme pieux comme Noé a-t-il pu s’enivrer ?
R : Premièrement, la Bible ne cache pas le fait que le peuple de Dieu pèche lui aussi. Deuxièmement, la pression atmosphérique étant plus faible près du sommet d’une montagne après le déluge, il est plus facile de s’enivrer.
Q : Dans Genèse 9, 20-21, pourquoi cette triste histoire de Noé s’enivrant figure-t-elle dans la Bible ?
R : La Bible ne se contente pas de nous montrer pourquoi il est important d’agir correctement, elle fournit également des exemples concrets des conséquences d’un mauvais comportement. Clément d’Alexandrie (193-217/220 apr. J.-C.) répond très clairement à cette question : « L’ivresse de Noé a été consignée par écrit afin que, grâce à la description claire et écrite de sa transgression qui nous est présentée, nous puissions nous prémunir de toutes nos forces contre l’ivresse. » Le Manuel de l’instructeur, tome 2, chapitre 2, p. 246.
Q : Dans Genèse 9:21-25, la Genèse était-elle une version abrégée d’un récit original dans lequel Cham aurait castré Noé pour l’empêcher d’avoir d’autres fils, à l’instar du mythe grec de Cronos castrant son père Ouranos, comme l’a suggéré un athée (Capella) ?
R : Non, il n’y a ici aucune allusion à une castration. Quant à la culture grecque, gardez à l’esprit que la seule culture grecque à l’époque de Moïse était celle des premiers Grecs mycéniens. Une grande partie de ce que nous connaissons de la mythologie grecque est postérieure à cette époque. À titre de référence, la guerre de Troie d’Homère s’est déroulée vers 1 200 av. J.-C., soit environ 250 ans après l’Exode.
Par conséquent, il n’y a probablement pas eu d’emprunt ici. Si l’on insiste néanmoins sur l’existence d’un emprunt, c’est la culture postérieure qui aurait emprunté à la culture antérieure, et le récit grec en question est probablement postérieur à Moïse.
Q : Dans Genèse 9:22, en quoi le fait que Cham ait vu son père nu était-il répréhensible ?
R : Les fils ne doivent pas divulguer librement les défauts de leurs parents, et l’attitude de Cham, dans Genèse 9, 22, était irrespectueuse. Cham apprit que son propre fils serait pour lui un sujet de honte. L’attitude de Cham était moqueuse selon Méthode (270-311/312 apr. J.-C.) dans *Le Banquet des dix vierges*, Discours 10, chap. 2, p. 348, et selon Justin (vers 138-165 apr. J.-C.) dans *Dialogue avec Tryphon*, chap. 139, p. 269.
Q : Dans Genèse 9, 22-23, que faites-vous si vous avez honte de vos parents ?
R : Commencez par comprendre pourquoi vous êtes gêné. Vos parents commettent-ils réellement un acte moralement répréhensible, s’agit-il simplement d’une situation où vous vous montrez trop pointilleux, ou d’un cas intermédiaire ? Vous devez honorer vos parents (Exode 20, 12 ; Éphésiens 6, 2), mais vous ne devez pas pour autant tolérer le péché. Vous devez obéir à vos parents dans le Seigneur (Éphésiens 6, 1). Cela signifie que vous devez leur obéir, mais lorsqu’ils vous ordonnent quelque chose qui va à l’encontre de la volonté de Dieu, vous devez d’abord obéir à Dieu.
Q : Dans Genèse 9:22-23, que faire si vos enfants ont honte de vous ?
R : Il existe au moins quatre raisons pour lesquelles ils peuvent avoir honte de vous :
1) à cause d’une position morale que vous adoptez et qui est juste,
2) à cause d’une question de style, de préférence personnelle ou d’un autre sujet moralement neutre qui est tout à fait acceptable,
3) à cause d’une erreur que vous avez commise,
4) à cause de quelque chose qui n’était pas mauvais en soi, mais qui manque de considération ou ne respecte pas leurs sentiments.
Pour la première raison, vous pouvez simplement expliquer pourquoi vous adoptez cette position. Pour la deuxième raison, vous ne devez pas laisser ce qui est bon être présenté comme mauvais (Romains 14, 16), mais par amour, vous pourriez faire preuve de souplesse à leur égard (Romains 14, 14-15).
Q : Dans Genèse 9, 22-23, pourquoi les enfants n’honorent-ils parfois pas leurs parents ?
R : Il existe une ancienne histoire chinoise racontant qu’un voyageur aperçut un homme transportant son père âgé dans une brouette, tandis que son jeune fils marchait derrière. Le voyageur demanda à l’homme ce qu’il faisait, et celui-ci répondit que, puisque son père ne pouvait plus prendre soin de lui-même et constituait un fardeau pour la famille, il allait le jeter dans la rivière pour le noyer. Le voyageur fut bouleversé par cette réponse et ne sut que dire pour dissuader l’homme de commettre cet acte cruel. Finalement, il se contenta de dire : « N’oubliez pas de ramener la brouette ! » En d’autres termes, en agissant ainsi envers son père, il apprend à son propre fils à faire de même à son égard.
Lorsque les enfants n’honorent pas leurs parents, cela peut s’expliquer par au moins cinq raisons.
a) Ils ne voient pas la nécessité d’obéir à Dieu qui nous commande d’honorer nos parents (Exode 20:12 ; Éphésiens 6:2).
b) En tant qu’enfants, ils ne veulent pas obéir à leurs parents dans le Seigneur, comme le leur demande Éphésiens 6:1.
c) Ils les ont peut-être honorés auparavant, car ils pensaient que leurs parents pouvaient les aider. Ils ne considèrent plus leurs parents comme capables de les aider matériellement ; alors pourquoi les honorer ? Cela peut concerner des enfants qui partent à l’université, ou des adultes qui ne voient aucune perspective de richesse provenant de leurs parents.
d) Ils se montrent ingrats envers les sacrifices que leurs parents ont consentis pour eux pendant leur enfance.
e) Ils choisissent peut-être de faire fi de toute autorité en général.
La brouette sera toujours là. Lorsque vos enfants ou d’autres personnes décideront de la manière dont ils vont gérer leur relation avec vous, ils se souviendront de ce que vous avez fait avec la brouette, ainsi que des relations dans lesquelles vous ne serez peut-être plus le principal bénéficiaire.
Q : Dans Genèse 9, 22-23, comment devons-nous réagir face au péché des autres ?
R : Dans tous les cas, nous ne devons pas donner l’impression de tolérer le péché, mais nous pouvons tout de même aimer le pécheur. Nous ne devons pas nous mettre dans une situation où nous serions nous-mêmes tentés. Par ailleurs, il y a une différence selon que le pécheur est votre enfant, votre parent, une personne plus âgée que vous, un chrétien ou un non-croyant.
Si notre frère pèche contre nous, alors, selon Matthieu 18, 15-17, nous devons d’abord essayer de lui parler en privé ; si cela fonctionne, l’affaire est réglée. Mais s’il ne veut pas écouter, retournez le voir, accompagnés d’une ou deux autres personnes. Si cela ne fonctionne pas, signalez-le à l’Église. Si cela ne fonctionne toujours pas, il doit alors être exclu de l’Église.
Ne donnez pas suite à une accusation portée contre des anciens, à moins qu’elle ne soit étayée par deux ou trois témoins (1 Timothée 5, 19).
Les châtiments corporels (fessées) peuvent être infligés à vos enfants, mais pas à d’autres personnes (Proverbes 22, 15 ; Hébreux 12, 7-11).
Ne réprimandez pas un homme plus âgé avec sévérité (1 Timothée 5:1).
Q : Dans Genèse 9:25, pourquoi est-ce Canaan et non Cham qui a été maudit ?
R : Ham apprit que ses descendants seraient un exemple des conséquences du péché. Le « Expositor’s Bible Commentary », tome 2, p. 97, indique que la forme hébraïque du verbe est à l’imparfait et non au jussif, « de sorte que le sens s’apparente davantage à une prédiction (« Il sera ») qu’à une malédiction (« Qu’il soit ») ». Ainsi, les paroles de Noé anticipent un thème central des récits suivants : la séparation de la descendance élue de celle des Cananéens. » L’ouvrage *735 Baffling Bible Questions Answered*, p. 32, va dans le même sens.
Pour plus de détails, voir le Dialogue avec Tryphon de Justin le Martyr [vers 138-165 apr. J.-C.], chapitre 139, p. 268-269.
Q : Dans Genèse 9, 25-26, quelle était la malédiction de Canaan ?
R : La Genèse dit simplement : « Il sera l’esclave des esclaves de ses frères. » Notez que la malédiction ne pèse pas sur Cham, mais sur Canaan. Aucun manuscrit grec ou hébreu ne mentionne Cham ; seule une traduction arabe l’affirme. (Selon *L’origine de la Bible*, p. 307, la première version arabe du Pentateuque a été traduite par Saadya Gaon, qui vécut de 892 à 942 apr. J.-C.)
Tout comme Cham a fait honte à son père Noé, Canaan et ses descendants feraient honte à Cham, son père. Voir *Hard Sayings of the Bible*, p. 116-118, pour une réponse plus détaillée.
Q : Dans Genèse 10, qui sont ces 68 peuples et ces 16 villes ?
R : Il s’agit du document ethnographique le plus ancien dont nous disposons, selon l’ouvrage *735 Baffling Bible Questions Answered*, p. 32. Les spécialistes estiment pouvoir identifier 51 de ces 68 peuples, et les archéologues ont mis au jour 11 de ces 16 villes. Sodome et Gomorrhe ont été si complètement détruites qu’elles n’ont jamais été retrouvées. Cependant, les tablettes d’Ebla, datant de 2 400 à 2 250 av. J.-C., mentionnent les villes de Si-da-mu (Sodome) et d’I-ma-ar (Gomorrhe). Par ailleurs, le Dictionnaire Wycliffe d’archéologie biblique, p. 124, indique qu’un sanctuaire appelé Bab edh-Dhra a été découvert juste au sud de la mer Morte. Il a été daté entre 2 800 et 1 800 av. J.-C.
Voici les peuples connus ou supposés.
Japhet – Les Grecs affirmaient que leur ancêtre était Japétos
|->Gomer – Gimirra / Cimmérien assyrien / Grec
| |->Ashkenaz – As-gu-za-a / assyrien = Scythes
| |->Riphath – ? vivait-il en Russie ?
| |->Togarma – Soit la ville de Tegarama en
| Asie Mineure, les ancêtres des Arméniens,
| ou les deux.
|->Magog - Les Scythes ? selon Josèphe
|->Madai - Les Mèdes
|->Javan - Grecs ioniens
| |->Élisha – Éoliens ? selon Josèphe
| |->Tarsis – ville d’Asie Mineure ou bien d’Espagne
| |->Kittim - Chypre
| |->Dodanim/Rodanim - île de Rhodes
|->Tubal - le peuple des Tabali en Cappadoce
|->Méshech - les Mushki/Assyriens, à l'origine situés entre
| la Cilicie et la mer Caspienne
|->Tiras - peut-être les Thrusa (=Tw-r’w-s3), qui envahirent l’Égypte en 1250 av. J.-C.
Ham - Pas de tribu, uniquement des descendants
|->Kush – Les Soudanais (Kush dans l’Antiquité)
| |->Saba – Nord de l’Éthiopie. Le nom de ce
| | lieu provient probablement de colons sabéens
| | arrivés plus tard.
| |->Havila – Soit près du fleuve Indus au
| | au Pakistan, soit près de Saba et de l'Hadramaut
| |->Sabtah - ? Vivaient probablement au nord de Saba
| |->Raamah - Probablement les Rhammanites au sud-ouest
| | | (Strabon 16.4.24)
| | |->Saba – Saba, à l’extrémité sud-ouest de la
| | | péninsule arabique
| | |->Dédan - Au nord-ouest du golfe Persique.
| | Mentionné par les Chaldéens et les Assyriens
| |->Sabteca - ? Aucune autre information disponible
|->Mizraïm - Égypte
| |->Ludites - ? non répertoriés ailleurs
| |->Anamites - ? mentionnés uniquement dans 1 Chr 1, 11
| |->Les Lehabites - Les Rbw/Libu étaient une
| | à l'ouest de l'Égypte
| |->Naftuhites – ? non mentionnés ailleurs
| |->Pathrusites – Pathros correspondait au sud de l’Égypte
| |->Casluhites – Les Philistins provenaient de cette région
| |->Caphtorites – Crète / îles de la mer Égée
| | (Akkadien/Mari/Ougarit/Égypte)
|->Put – La Libye, selon les sources babyloniennes et perses.
|->Canaan – les Cananéens
| |->Sidon - Cité phénicienne
| |->Hittites – vivaient juste au nord de Jérusalem
| |->Jébusites – vivaient à Jérusalem
| |->Amorites – vivaient en Canaan. Amurru en
| | en akkadien signifie « occidental »
| |->Girgashites – vivaient à Canaan, probablement les
| | Qirkishites/Assyriens
| |->Hivites – vivaient près de Tyr, de Sidon et de Sichem. Salomon fit appel à eux pour la construction du temple
| |->Les Arkites – Port d’« Arqah » au nord de la Syrie
| |->Les Sinites – Port cananéen de Siannu, au nord
| |->Arvadites — Ville d’Arvad, au nord de la Phénicie
| |->Zémarites — Ville cananéenne de Simura, à 6
| | miles au sud d’Arvad
| |->Les Hamathites – L’une des plus anciennes villes syriennes
Sem - probablement Sumer
|->Élam – Élamites, dont la capitale était Suse
|->Assur – Première capitale assyrienne
|->Arphaxad – ? Ptolémée mentionne la région d’Arrapachitis, située entre les lacs de Van et d’Urmia
| |->Shelah - Aucune tribu connue, seulement des descendants
| | |->Éber – Aucune tribu connue, uniquement des descendants
| | |->Péleg - Aucune tribu connue, uniquement des descendants
| | |->Joktan - de nombreuses tribus arabes, ou bien les
| | | tribu sud-arabique des Qahtan (al-Tabari
| | | vol. 6, p. xxii ; vol. 20, p. xv)
| | | |->Almodad – peut-être ? une tribu arabe du sud
| | | |->Sheleph – une tribu yéménite d’Arabie du Sud
| | | |->Hazarmaveth – Hadramaut en Arabie
| | | |->Jerah – Vraisemblablement une tribu arabe ?
| | | |->Hadoram – ? Aucune autre information disponible
| | | |->Uzal – ? Aucune autre information disponible.
| | | | Cependant, Uzal/Auzal était une ancienne
| | | | nom de Sa’na, au Yémen.
| | | |->Diklah – signifie « palmeraie ». Ils
| | | | se seraient peut-être installés à Wadi Sirhan,
| | | | à environ 250 miles au sud-est de la mer Morte.
| | | |->Obal — inconnu en dehors de 1 Chr 1, 22
| | | |->Abimaël – ? inconnu par ailleurs
| | | |->Saba – les Sabéens du sud de l’Arabie
| | | |->Ophir – Peut-être en Somalie ou au sud-ouest
| | | | Arabie. Josèphe et Jérôme pensaient
| | | | qu'il s'agissait de l'Inde.
| | | |->Havila – Probablement le centre de l’Arabie
| | | |->Jobab - ? Aucune autre information disponible
|->Lud - Soit les Lydiens, soit le pays de
| Lubdi, entre le cours supérieur du Tigre et de l’Euphrate
|->Aram – Les Araméens de Syrie
|->Uz - La tribu des Ausitai ? qui vivait à l'ouest de l'Euphrate
|->Hul - ? non identifié
|->Gether - ? non identifié
|->Mash/Meshech - ? Soit le désert syro-arabe de Mash connu des Assyriens, soit le mont Masius au Liban, soit Meshech était un mélange de deux origines
Q : Dans Genèse 10, pourquoi les Indiens et les Chinois ne sont-ils pas mentionnés dans le tableau des nations ?
R : Commençons par ce qui n’est pas la réponse, puis passons à la réponse.
Ce qui n’est pas la réponse : bien que les Sinites soient mentionnés, il ne s’agit probablement pas de Chinois, mais d’habitants du port cananéen de Siannu, dans le nord de la Syrie. Josèphe et Jérôme pensaient qu’Ophir correspondait à l’Inde, mais il s’agit plus probablement de l’Afrique.
La réponse : Tous descendaient d’Adam, car tous étaient marqués par la nature d’Adam. La Genèse ne prétend pas répertorier tous les peuples, et parmi les centaines de peuples existants, elle ne mentionne que les nations que certains Israélites étaient susceptibles de reconnaître.
Q : Dans Genèse 10, les Sumériens de Mésopotamie sont-ils mentionnés ?
R : Oui, probablement, sous le nom de « Sem ». Le nom du pays de Sumer était souvent prononcé sans le « r », et « Sum » pouvait facilement devenir « Sem ». Pour un étayage scientifique de cette hypothèse, veuillez vous reporter à l’ouvrage *The Sumerians* de Samuel Noah Kramer, p. 297-298. Kramer cite également l’*American Journal of Semitic Languages*, vol. 58 [1941], p. 20-26.
Q : Dans Genèse 10:2, qui était le peuple de Gomer ?
R : Il s’agissait du peuple appelé « Gimirra » par les Assyriens et « Cimmériens » par les Grecs. Gomer vivait en Ukraine et dans le sud de la Russie.
Q : Dans Genèse 10,2, pourquoi les Mèdes (Madai) sont-ils mentionnés, alors que ce peuple n’apparaît nulle part ailleurs avant 836 av. J.-C. dans le texte de Salmanazar III ?
R : Le texte de Salmanasar III est postérieur à l’époque de Moïse, en 1407 av. J.-C., mais l’absence de mention dans les écrits anciens qui nous sont parvenus ne prouve pas leur inexistence. Les Assyriens ne faisaient mention des Mèdes que lorsqu’ils combattaient ou faisaient du commerce avec eux pour acquérir des chevaux. Selon l’ouvrage *Persia and the Bible*, p. 35 : « I.M. Diakonoff estime que l’arrivée des tribus indo-iraniennes sur le plateau iranien a eu lieu au cours de la première moitié du deuxième millénaire av. J.-C. [2000-1500 av. J.-C.]. Mais les premières traces archéologiques de ces nouveaux venus semblent remonter au début de la seconde moitié du deuxième millénaire avant J.-C. [1500-1300 avant J.-C.] ».
À l’inverse, le puissant peuple des Minni est mentionné dans Jérémie 51, 27. Or, les Minni ne remontent qu’à 1 200 av. J.-C., et ils ne sont pas mentionnés dans la Genèse, car celle-ci a été écrite antérieurement.
En résumé, l’archéologie confirme l’existence des Mèdes à l’époque de Moïse.
Q : Dans Genèse 10:2, qui était le peuple de Javan ?
R : Il s’agit des Grecs ioniens qui vivaient sur les îles et en Asie Mineure. En hébreu, ce nom s’écrivait « yawan », qui correspond au grec « iaones » ou « iawones » dans l’Iliade d’Homère (8.685), et à « yamanu » dans les inscriptions de Sargon II et de Darius Ier. Les Ioniens sont mentionnés en Égypte dès l’époque de Ramsès II (vers 1300 av. J.-C.). Ésaïe 66, 19 et Ézéchiel les mentionnent, et la traduction de la Septante rend ce terme par « Hellas ».
Q : Dans Genèse 10,2, qui était le peuple des Tubal ?
R : Ils étaient appelés les Tabal (ou Tabali) par les Assyriens et vivaient dans l’actuelle Turquie, dans la région de la Cappadoce. L’historien grec Hérodote les connaissait sous le nom de Tibarenoi. Ils sont mentionnés dans Ézéchiel 27, 13 ; 38, 2-3 ; 39, 1, et Ésaïe 66, 19.
Le roi assyrien Salmanazar III (859-824 av. J.-C.) recevait un tribut des vingt-quatre rois de Tubal. Les Assyriens détrônèrent le roi de Tubal en 732 av. J.-C. Sargon mentionne que des récipients en métaux précieux provenaient de Tubal. Sargon réprima également une révolte menée par Tubal, les Mushki (Méshech) et Ararat.
Q : Dans Genèse 10:2, qui était le peuple des Méshech ?
R : Les Assyriens les ont mentionnés pour la première fois sous le nom de « Mus-ka-a-ia », indiquant qu’ils disposaient d’une armée de 20 000 hommes à l’époque de Tiglath-Pileser Ier (vers 1100 av. J.-C.). Ils sont également mentionnés sous le règne de Salmanazar III (859-824 av. J.-C.). À l’origine, ils vivaient entre la Cilicie et la mer Caspienne, mais à l’époque de Sargon II (722-705 av. J.-C.), ils habitaient la région de la Phrygie, dans l’actuelle Turquie. Hérodote, dans son ouvrage 3, 94, les mentionne sous le nom de « Moschoi », qui constituaient l’une des 19 satrapies de Darius. Ils sont également assimilés aux Phrygiens.
Q : Dans Genèse 10,2, qui était le peuple des Tiras ?
R : Nous ne savons pas grand-chose des Tiras. Alors que Josèphe affirme que les Thraces descendaient d’eux, on pense aujourd’hui qu’il s’agissait des Tursenich/Tyrséniens, qui étaient des pirates. Les Égyptiens mentionnent un peuple appelé « Thrusa » (Tw-rw-s3) ayant envahi l’Égypte vers 1250 av. J.-C. Le Livre apocryphe des Jubilés indique que les Tiras vivaient sur quatre îles.
Q : Dans Genèse 10:3, où se trouvait Togarma ?
R : Togarma se trouvait à environ 70 miles (113 km) à l’ouest de la ville de Malatya, en Asie Mineure. Les Hittites l’appelaient Tegarama. Les Assyriens l’appelaient Tilgarimanu et s’en sont emparés en 695 av. J.-C. Les Grecs l’appelaient Gauraena. Les Arméniens affirment descendre de Haïk, un fils de Torgom ; ils pourraient donc être les descendants de Togarma.
Q : Dans Genèse 10:5, 20, 31, puisqu’il existait différentes langues, pourquoi toute la terre parlait-elle d’une seule langue dans Genèse 11:1 ?
R : La Genèse 10 est un aperçu général, tandis que la Genèse 11 évoque un événement particulier s’inscrivant dans le cadre de la Genèse 10. Genèse 10, 5 dit : « De ceux-là… », et 10, 18 : « Plus tard… ». Ces expressions laissent entendre que la Genèse 10 décrit la manière dont les descendants se sont dispersés par la suite. Genèse 11, 1 évoque l’événement de la tour de Babel, qui s’est produit avant la dispersion des peuples.
Un fragment intéressant de tablette d’argile trouvé à Babylone fait état d’un temple qui avait offensé les dieux. Ceux-ci l’ont détruit en une nuit et ont dispersé le peuple en lui donnant des langues étranges.
Q : Dans Genèse 10:6, 13 et 1 Chroniques 1:8, 11, pourquoi l’Égypte n’est-elle pas mentionnée parmi ces nations ? (Un chrétien perplexe à ce sujet)
R : Elle est mentionnée ; le mot hébreu pour « Égypte » est Mizraïm.
Q : Dans Genèse 10, 8-12, les exploits de Nimrod étaient-ils un amalgame des exploits de Lugal-Zaggasi, de Sargon d’Agade, d’Hammurabi et de Salmanazar Ier, comme l’affirme le Guide de la Bible d’Asimov (p. 52) ?
R : Non. Bien que nous ne sachions pas grand-chose de ces anciens rois sumériens, si ce n’est ce que nous apprennent les dizaines de milliers de tablettes sumériennes qui ont été conservées, les similitudes entre ces conquérants et Nimrod sont minimes. La Bible mentionne simplement que Nimrod était un puissant chasseur devant le Seigneur, que sa carrière a débuté dans quatre villes de Shinar (Sumer), puis qu’il s’est rendu en Assyrie où il a fondé quatre villes proches les unes des autres, qui sont par la suite devenues très influentes. La Bible ne dit rien d’autre au sujet de Nimrod ; il est donc difficile d’établir une comparaison. Nimrod n’a pas pu être Hammurabi, car Hammurabi (1803/1793-1760/1750 av. J.-C.) a vécu bien après Abraham. Nimrod pourrait en fait être une référence biblique à Sargon, mais nous en savons trop peu à la fois sur Sargon et sur Nimrod pour pouvoir l’affirmer.
Q : Dans Genèse 10:9, Nimrod était-il un bon chasseur « devant le Seigneur », ou un prédateur impie « au mépris du Seigneur » ?
R : La meilleure traduction du mot hébreu paniym utilisé ici est probablement « devant ». À l’instar du mot anglais « before », paniym est employé dans de nombreux contextes. Par exemple, un chef pouvait se tenir devant l’assemblée dans Josué 20, 6 et 9 ; Israël fut vaincu par les Philistins dans 1 Samuel 4, 2 ; et Israël s’enfuit devant les Philistins dans 1 Samuel 4, 17.
Dans ce cas précis, « paniym » désigne probablement une description impie, comme dans l’expression « combattre devant ». Le nom Nimrod est lié au mot hébreu « marad », qui signifie « se rebeller » ou « nous nous rebellerons ». Après la tour de Babel, Nimrod a construit la ville de Babylone en défiant le Seigneur.
Le fait que Nimrod soit un « grand chasseur devant le Seigneur » revêt une connotation négative et impie pour Nimrod.
Q : Dans Genèse 10:9, à quel groupe ethnique Nimrod/Nimrud appartenait-il exactement ?
R : Il existe trois possibilités.
L’Assyrie est appelée « le pays de Nimrud » dans Michée 5:6, la ville de Calah est également appelée Nimrud, et la ville babylonienne de Borsippa est aussi appelée Birs Nimrud.
Descendant des Kassites de Kish, qui vivaient en Mésopotamie et régnaient sur Babylone vers 3 200 av. J.-C., et Genèse 10, 8 indique que Cush était le père de Nimrod. Nin-Maradda est le nom non sémitique d’une ville située au sud-ouest de Kish, selon le Dictionnaire biblique d’Unger, p. 794. Ce point de vue est également compatible avec le premier.
Les Ubaïdiens étaient des habitants non sémites très anciens (vers 3800-3500 av. J.-C.) de la Sumérie et de la Mésopotamie, antérieurs aux Sumériens venus du sud. Genèse 10, 8-10 indique que Nimrod s’est d’abord établi en Babylonie, puis s’est dirigé vers le nord, en Assyrie. Nous savons très peu de choses sur les Ubaïdiens, mais compte tenu de leur lien avec Cham, ils pourraient avoir été apparentés au peuple d’Harappa, en Inde, qui avait la peau plus foncée. Voir le Dictionnaire biblique Wycliffe, p. 1207-1208, pour plus d’informations sur cette hypothèse.
Q : Dans Genèse 10, 14, d’où provient le terme « Palestine » ?
R : Nous ne le savons pas avec certitude, mais il semble probable qu’il provienne du pays de Philistie.
Hérodote, l’historien grec (vers 484 – vers 425 av. J.-C.) : « Les Phéniciens et les Syriens de Palestine eux-mêmes confessent avoir appris cette coutume des Égyptiens ; et les Syriens… affirment l’avoir récemment adoptée des Colchiens. Or, ce sont là les seules nations qui pratiquent la circoncision, et il est évident qu’elles imitent toutes les Égyptiens en la matière. » L’Histoire, livre 2 (Euterpe), chap. 104, p. 69
Aristote, philosophe grec (384-322 av. J.-C.) De même, si, comme le raconte la légende, il existe en Palestine un lac tel que, lorsqu’on y jette un homme ou un animal ligoté, celui-ci flotte sans couler, cela confirmerait ce que nous avons dit. On dit que ce lac est si amer et si salé qu’aucun poisson n’y vit et que, si l’on y trempe des vêtements puis qu’on les secoue, ils en ressortent propres. Météorologie II.3
Philon d’Alexandrie (20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C.) écrit : « De plus, la Palestine et la Syrie ne sont pas dépourvues de sagesse et de vertu exemplaires », *Tout homme de bien est libre*, chap. XII (75), p. 689
Le géographe romain Strabon (23 apr. J.-C.) évoque l’Exode des Juifs d’Égypte vers la Palestine, dont il a entendu parler par des Juifs d’Alexandrie.
Josèphe (vers 100 apr. J.-C.) : « Quant à ce qui est arrivé aux Juifs, tant en Égypte qu’en Syrie et en Palestine, et à ce que nous avons subi de la part des Assyriens et des Babyloniens… » *Antiquités judaïques*, livre 20, chap. 11, p. 426
De même, dix auteurs chrétiens antérieurs au concile de Nicée (tous postérieurs à 135 apr. J.-C.) font référence à la Palestine. Il s’agit de Justin le Martyr, Théophile de Césarée (dans le titre de la lettre), Clément d’Alexandrie, Tertullien, Hippolyte, Origène, Jules l’Africain, Denys d’Alexandrie, Grégoire le Thaumaturge et Pamphile.
Lorsque l’empereur romain Hadrien réprima la deuxième révolte de Bar-Kochba, de 132 à 135 apr. J.-C., il expulsa les Juifs du pays et rebaptisa le territoire « Syrie-Palestine » (Chris J. Seeman, « Judea », *Dictionary of NT Background* [Downers Grove, IL : InterVarsity Press, 2000], p. 624).
Q : Dans Genèse 10, 22 et Genèse 22, 21, Aram serait-il né deux fois, comme l’affirme le Guide sceptique de la Bible d’Asimov, p. 88 ?
R : Non, mais il existe deux réponses possibles :
Plusieurs personnes : il n’y avait pas seulement deux, mais trois personnes dans la Bible portant le nom d’Aram.
1. Genèse 10, 22 indique qu’Aram de Syrie était un descendant de Sem. (En hébreu, le mot utilisé pour « fils » est le même que celui utilisé pour « descendant », tout comme le mot utilisé pour « père » est le même que celui utilisé pour « ancêtre ».)
2. Genèse 22:21 mentionne Aram, qui descendait de Kemuel (neveu d’Abraham), lui-même issu de Nahor, lui-même issu de Térach, lui-même descendant de Sem.
3. Bien plus tard, dans 1 Chroniques 7:34, on trouve un certain Aram, fils de Shamer, de la tribu d’Aser.
Le « Wycliffe Bible Dictionary », p. 122, et le « New International Dictionary of the Bible », p. 74, mentionnent également trois personnes.
Un seul individu : notez que les deux Aram mentionnés en Genèse 10, 22 et 22, 21 sont tous deux des descendants de Sem. Il pourrait donc s’agir en réalité d’un seul et même individu, la Table des nations mentionnant Sem comme ancêtre d’Aram.
Q : Dans Genèse 11, les hommes avaient-ils une conception si « basse » du ciel qu’ils pouvaient tenter de construire la tour de Babel jusqu’à lui ?
R : Ce n’était pas le point de vue de Moïse, mais celui des personnes qui construisaient la tour. Genèse 11 rapporte, sans les approuver, certaines des idées insensées des hommes. Bien sûr, ce qui est une idée insensée pour les masses pouvait s’avérer astucieux pour les prêtres, afin de s’assurer que le peuple les vénérait.
La Bible d’étude NIV, p. 23, énumère d’autres pyramides/ziggourats que les archéologues ont découvertes et qui portent des noms tout aussi prétentieux.
Larsa : Maison du lien entre le ciel et la terre
Borsippa : Maison des sept guides du Ciel et de la Terre
Assur : Maison de la Montagne de l’Univers
Babylone : Maison de la Plateforme Fondatrice du Ciel et de la Terre
L’Enuma Elish babylonien, livre VI, lignes 55 à 64, indique que Babylone a été construite par les dieux dans les cieux en tant que cité céleste. Babili signifie « la porte de Dieu ».
Q : Dans Genèse 11, en quoi la construction de la tour de Babel constituait-elle un péché ?
R : Ce n’était pas la construction d’un édifice en soi, mais la motivation arrogante de penser (bêtement) qu’ils pouvaient monter au Ciel par leurs propres moyens. Au cœur d’une grande partie de l’idolâtrie se trouve la conviction que les gens devraient pratiquer leur religion comme bon leur semble, « à leur manière », au lieu de rechercher le seul vrai Dieu. La réaction de Dieu ne semble pas être une punition, mais plutôt une mesure visant à les empêcher de commettre davantage de mal. Des parents avisés ne veulent pas que leurs enfants ignorent totalement la loi et leurs propres commandements, et Dieu ne veut pas non plus que les hommes, qu’Il a créés, agissent ainsi.
Q : Dans Genèse 11, que sait-on de la langue sumérienne ?
R : Le sumérien s’écrivait en cunéiforme, et ce n’est pas une langue indo-européenne. Il présente certaines similitudes avec le turc, le hongrois et certaines langues des montagnes du Caucase. Les spécialistes peuvent aujourd’hui lire le sumérien et savent comment les mots étaient prononcés. Le sumérien ne comportait pas les sons f, i, j, th, ch doux, v, w, ni les trémas. Il existait un son « ng » (comme en cantonais et en vietnamien), et il n’y avait pas de flexions à la fin des mots comme dans la plupart des langues indo-européennes. Il existait également plusieurs dialectes sumériens. Tout comme il existait des versions anciennes de l’anglais et du chinois, on distingue quatre périodes du sumérien : archaïque, classique, nouveau et post-sumérien. Abraham a vécu à une époque où l’on parlait le « nouveau sumérien ».
L’hébreu comporte quelques emprunts sumériens qui sont passés par l’akkadien. À l’instar du sumérien, l’hébreu ne comportait pas de son « j ».
Q : Le chapitre 11 de la Genèse était-il hors séquence ?
R : Non, rien n’indique qu’il ne soit pas dans l’ordre chronologique. Réfléchissez-y. Si toute l’humanité avait été anéantie à l’exception de huit personnes liées par le sang ou par alliance, il est très probable qu’elles parlaient toutes la même langue. Cependant, à un moment donné, les gens auraient commencé à parler des langues différentes, et cela se serait produit à peu près au moment où ils se seraient retrouvés géographiquement isolés. À titre d’anecdote intéressante, les linguistes non religieux pensent pouvoir faire remonter toutes les langues indo-européennes (des langues celtiques à l’allemand, en passant par le grec et même le sanskrit) à une origine commune, qui, selon eux, était parlée en Ukraine vers 4 000 av. J.-C.
Q : Dans Genèse 11, 1-9, pourquoi n’y avait-il qu’une seule langue avant Babel, alors que Genèse 10, 5, 20 et 31 indiquent qu’il existait de nombreuses langues apparues après le déluge ?
R : Les deux affirmations sont vraies, car la Genèse 10 raconte comment les tribus se sont multipliées tant avant qu’après la tour de Babel. Trois points sont à prendre en compte dans cette réponse.
Genèse 10, 5 précise qu’il s’agit de la manière dont les peuples de la mer « se sont répartis dans leurs territoires ». Cette dispersion a eu lieu après la tour de Babel.
De même, Genèse 10, 20 précise qu’il s’agit des territoires des fils de Cham, et le déplacement des Chamites vers leurs territoires aurait eu lieu après la tour de Babel.
Genèse 10:31 est presque identique à Genèse 10:20, à ceci près qu’il fait référence aux fils de Sem.
Q : Dans Genèse 11:5 et Genèse 18:21, puisque Dieu est partout, comment « l’Éternel descendit-il pour voir la ville… » ?
R : Il s’agit d’une expression visant à indiquer que Dieu a porté une attention particulière à la ville.
Q : Dans Genèse 11:7, d’après ce que nous savons, les croyances anciennes étaient-elles toujours polythéistes, le monothéisme n’étant qu’un développement ultérieur, comme l’affirme le Guide sceptique de la Bible d’Asimov, p. 18 ?
R : Non. D’après ce que l’histoire nous apprend, la religion chinoise primitive était monothéiste, tout comme certaines autres cultures d’Asie du Sud-Est. Le nom chinois ancien donné à ce Dieu monothéiste était Shang-di, qui est aujourd’hui utilisé pour désigner Dieu dans les Bibles chinoises.
Q : Dans Genèse 11, 7-9, la confusion des langues à la tour de Babel a-t-elle été inspirée du récit grec des Aloadae ?
R : Origène (230-254 apr. J.-C.) a étudié cette question dans son ouvrage *Contre Celse*, livre 4, chapitre 21, p. 505, et a conclu que cela ne pouvait pas être le cas pour les raisons suivantes :
a) Il ne connaissait (et nous non plus) aucun Grec qui en eût entendu parler avant Homère.
b) Homère a vécu plusieurs siècles après Moïse.
Soit dit en passant, les dates concernant la vie d’Homère sont contradictoires. L’historien grec antique Aristarque la situe en 1044 av. J.-C., les sources de Philostrate en 1159 av. J.-C., et le pseudo-Hérodote, dans *La Vie d’Homère*, en 1102 av. J.-C. À l’inverse, l’historien Théopompe affirmait qu’Homère vécut aussi tard qu’en 685 av. J.-C. Hérodote précise quant à lui que ce ne fut pas avant environ 730 av. J.-C. L’Exode a eu lieu vers 1447 av. J.-C.
Théophile à Autolycos (168-181/188 apr. J.-C.), livre 3, chapitre 20, p. 117, souligne également qu’« il est prouvé que Moïse et ses disciples ont vécu 900, voire 1 000 ans avant la guerre de Troie ». Or, la guerre de Troie a en réalité eu lieu environ 250 ans plus tard, et non pas 900 à 1 000 ans plus tard.
Conclusion : soit les Grecs ont repris cette histoire des Hébreux antérieurs, soit ils l’ont reprise d’une autre source en dehors de la Grèce, soit les récits grecs et bibliques s’appuient sur le même événement.
Q : Dans Genèse 11:9, était-il erroné de faire dériver le nom « Babel » du mot hébreu balal signifiant « mélangé, confus ou désorienté », car en babylonien, Bab-ilu signifie « porte de Dieu », comme l’indique le Guide sceptique de la Bible d’Asimov, p. 55 ?
R : Non. Asimov part du principe que Babel se trouve sur le site de la ville de Babylone. La Bible ne dit pas que les Babyloniens ou les Sumériens l’appelaient ainsi parce que les langues y étaient mélangées, confuses ou désorientées. La Genèse indique plutôt que, quel que soit l’emplacement de Babel, les peuples qui vinrent après (y compris les Hébreux qui lisaient la Genèse) pouvaient l’appeler Babel parce que les langues y étaient confondues.
Q : Dans Genèse 11, 10, quel âge avait Sem lorsque le déluge survint ?
R : Voici ce que l’on peut observer dans les Écritures, puis la conclusion :
Genèse 11, 10 indique que Sem avait 100 ans deux ans après le déluge.
Genèse 5:32 indique que Cham, Sem et Japhet sont nés lorsque Noé avait 500 ans.
Genèse 7:6 indique que Noé avait 600 ans lorsque le déluge s'abattit sur la terre.
Rien dans les Écritures n’indique que Cham, Sem et Japhet étaient des triplés. Le verset Genèse 5:32 mentionne un chiffre arrondi ; les trois sont nés, probablement l’un après l’autre, alors que Noé avait environ 500 à 600 ans.
Q : Dans Genèse 11, 18-24, existe-t-il des sources extra-bibliques concernant Réu, Serug et Nahor ?
R : On ne peut s’attendre à disposer d’un témoignage indépendant pour chaque individu. Cependant, dans ce cas précis, il semble que nous en ayons effectivement un. Les chroniques assyriennes mentionnent des villages situés dans l’actuelle Syrie et portant les noms de Paligg, Reu, Sarugi et Nakhur. Les archives de Mari mentionnent également Nakhur.
Q : Dans Genèse 11, 27 et Genèse 17, 5, quelle est l’origine des noms « Abram » et « Abraham » ?
R : L’origine de ce nom est incertaine. Il s’agit d’un nom sémitique occidental qui signifie probablement « le père est exalté » ou « père exalté ». Sur des tablettes conservées provenant de la ville de Mari (2800-1760 av. J.-C.), on trouve les noms de Noé, Abram, Laban et Jacob. Le nom « Abraham » signifie « père des multitudes » ou « père d’une multitude ».
Q : Dans Genèse 11:27 et 17:5, comment les noms, les surnoms et les titres influencent-ils subtilement les personnes ?
R : Ils peuvent avoir au moins huit effets :
Ils renseignent et donnent à un inconnu une première impression du poste ou de l’importance d’une personne. Dans une entreprise où j’ai travaillé, la majorité des employés, et tous ceux qui avaient une certaine expérience, portaient le titre de « vice-président ».
Ils persuadent les gens que vous êtes capable d’assumer cette fonction. Pourquoi embaucheriez-vous quelqu’un titulaire d’un master pour occuper un poste, alors que vous pourriez avoir un doctorat ? Parmi tous les conquérants de l’histoire, il est intéressant de noter que « Guillaume le Conquérant » fut l’un des rares à se voir attribuer ce surnom. Bien qu’il ait conquis l’Angleterre, l’Écosse, puis l’Irlande, il y eut de nombreuses occasions où l’issue était incertaine : son armée allait-elle l’emporter ou être anéantie ?
Rappelons-nous et rappelons aux autres qui nous sommes exactement.
Préciser aux personnes qui nous connaissent déjà quelle est exactement notre identité première.
Cacher aux autres ce que nous faisons exactement. Pensez à un « conseiller » de Planned Parenthood, ou aux tribunaux de santé héréditaire et à la loi sur la santé conjugale des nazis.
Rabaisser les autres en prononçant mal leur nom ou en leur donnant un surnom désobligeant. Marie la Sanglante, ou Marie Ire (1516–1558), était la fille d’Henri VIII et reine catholique d’Angleterre. Après que certains protestants eurent tenté de l’assassiner, elle fit brûler 280 protestants sur le bûcher et tenta d’en tuer ou d’en exiler davantage. Après sa mort des suites d’une maladie, la plupart des catholiques d’Angleterre furent exilés ou tués.
Devenez un personnage de plaisanterie, à l’image de « Little John », l’ami de Robin des Bois, ou du joueur de football américain des Chicago Bears, « Refrigerator Perry » (le plaquer revenait à plaquer un réfrigérateur). Le chanteur de country Johnny Cash a interprété une ballade intéressante intitulée « A Boy Named Sue ».
Valorisez les autres à leurs propres yeux ou aux yeux des autres. Pensez à Alexandre le Grand, Alfred le Grand, Otton le Grand, Soliman le Magnifique ou Ivan le Grand (surnommé « Ivan le Terrible » par ses ennemis). D’un autre côté, on pourrait mettre en avant leur férocité. Les Roumains cherchaient à dissuader les musulmans de tenter d’envahir la Roumanie, car leur roi s’appelait Vlad l’Empaleur. Il y avait également le souverain turc Selim le Sombre, qui massacra de nombreux « alaouites ».
Il arrive parfois qu’une mère chinoise surnomme son dernier enfant « duo duo », ce qui signifie « plus ». Cela peut signifier une bénédiction supplémentaire, ou bien un fardeau supplémentaire involontaire et indésirable.
Q : Genèse 11:27 enseigne-t-il qu’Abram, Nahor et Haran sont nés dans un ordre précis ?
R : Bien que certaines personnes pensent à tort qu’une liste dans la Bible indique toujours l’ordre de naissance, ce n’est pas vrai. Par exemple, dans 1 Chroniques 3:15, Sédécias est mentionné comme le troisième fils de Josias, et Shallum/Joaaz comme le quatrième. Or, lorsque Joachaz devint roi en 609 av. J.-C., il avait 23 ans, tandis que Sédécias n’en avait que dix. Autre exemple : Cham est mentionné avant Japhet, alors que Genèse 9:24 montre que Cham était plus jeune. Ainsi, lorsque la Bible présente une liste sans préciser qu’elle est classée par ordre chronologique, il ne faut pas essayer d’y lire ce qui n’y figure pas.
Dans ce cas précis, puisque Abram avait 75 ans lorsqu’il quitta Haran après la mort de Térach (Genèse 12:4), et que Térach mourut à l’âge de 205 ans (Genèse 11:32), Abram n’était pas le fils né lorsque Térach avait 70 ans. Abram n’est né que lorsque Térach avait au moins 130 ans.
Q : Dans Genèse 11, 28, Abram était-il originaire de la ville d’Ur, ou bien de la ville de Haran, comme le mentionne Genèse 24, 4 ?
R : Abram était originaire d’Ur des Chaldéens, dans le sud de la Mésopotamie, mais avant de se rendre en Canaan, Abram et ses proches s’étaient d’abord installés dans la ville de Haran, située dans l’actuelle Syrie.
Q : Pourquoi Genèse 11, 28 mentionne-t-elle Ur des Chaldéens, alors qu’Ur était une ville sumérienne ?
R : Cela nous donne un indice sur la date à laquelle ce texte a été rédigé. Les Chaldéens et les Sumériens d’Irak s’étaient assimilés à l’époque de Moïse, et Moïse a mentionné le territoire de l’Irak actuel tel qu’il était connu à son époque. De plus, les documents d’Ebla mentionnent une ville appelée Uru qui se trouvait à Padan-Aram (la Syrie actuelle). Ainsi, pour s’assurer qu’il n’y ait aucune erreur, au lieu de dire simplement « Ur », on a précisé « Ur des Chaldéens ».
Q : Dans Genèse 11:28, Abraham aurait-il pu partir d’une autre ville nommée Ur ?
R : Non. Il existait une ville près de Haran appelée Ur/Urfa (l’actuelle Édesse), une ville hittite appelée Ura au nord-est de l’Anatolie / en Arménie, ainsi qu’un port hittite également appelé Ura près de Tarse. Cependant, ces villes ne sont mentionnées pour la première fois que 500 ans après Abraham.
Q : Dans Genèse 11,28, que savons-nous de la ville mésopotamienne d’Ur en dehors de la Bible ?
R : Nous en savons beaucoup sur Ur, grâce à des fouilles approfondies. La ville était probablement la plus grande du monde à cette époque, avec une population estimée à 180 000, 200 000 ou 300 000 habitants. Elle était de forme ovale, et son rempart mesurait 3 000 pieds de long sur 800 pieds de large. Elle possédait une ziggourat à trois niveaux, s’élevant à 70 pieds au-dessus de la plaine. Les remparts mesuraient trente pieds de haut. C’était une ville riche, dotée d’œuvres d’art spectaculaires. Les habitants d’Ur étaient relativement cultivés, comme en témoigne un texte mathématique traitant des racines cubiques.
Géographie : Ur était bordée d’un côté par l’Euphrate et, de l’autre, par des canaux. Le sol était quelque peu alcalin, mais idéal pour la culture du blé et de l’orge grâce à l’irrigation. On comptait environ 50 espèces de poissons dans le Tigre et l’Euphrate. Il n’y avait pas d’arbres aux alentours ; ils importaient donc du bois depuis une distance de 400 miles.
Civilisation : Environ 40 % de l’ensemble des céréales étaient utilisés pour fabriquer de la bière. Un jeu de société a été découvert. Les habitants vivaient dans des maisons en briques de boue à un ou deux étages, et les rues n’étaient pas pavées. Souvent, une tombe familiale se trouvait sous la maison.
Littérature : Les premiers écrits sumériens datent d’environ 3 200 av. J.-C., soit 1 200 ans avant Abraham. 100 000 tablettes ont été mises au jour à Ur, Umma, Lagash, Puzrish-Dagan et Nippur.
Sciences : Une tablette mathématique contenant des racines cubiques a été découverte. Ils ne disposaient pas d’un système décimal, mais utilisaient plutôt les nombres 1, 10, 60, 600, 3 600, 36 000, etc. Un vestige de cette tradition est le fait que nous divisons le cercle en 360 degrés. Leur calendrier comptait 360 jours, et ils pratiquaient l’astrologie. La ziggourat principale était très bien construite.
Temples : La ziggourat principale était dédiée au dieu de la Lune (et non à une déesse), appelé Nanna/Nannar en sumérien, et Sin en akkadien/sémitique. La ziggourat principale comportait trois niveaux. Le niveau inférieur, mesurant 210 pieds sur 140 pieds sur 20 pieds, fut construit par Ur-Nammu et Dungi. Ur-Nammu vécut à peu près à l’époque d’Abraham. Nabonidus (vers 560 av. J.-C.) fit construire le deuxième niveau, tandis qu’un petit édifice constituait le troisième niveau. On y trouvait des temples dédiés à E-num-mah, à Nirgal/Ningal (l’épouse de Nanna) et le sanctuaire de Nannar.
Histoire : La première dynastie d’Ur (2600-2500 av. J.-C.) comptait des rois nommés Mesanepada et Aanepada. Les Gutiens conquirent Ur et la gouvernèrent de 2150 à 2070 av. J.-C., jusqu’à ce qu’Ur-Nammu les chasse et fonde la troisième dynastie d’Ur. Les habitants d’Ur pillèrent Suse, la capitale élamite, environ 50 ans plus tard. Abraham quitta Ur avant 2000 av. J.-C., à une époque où Ur semblait sans doute être l’un des endroits les plus sûrs où vivre. En 2004 av. J.-C. (certains parlent de 1950 av. J.-C.), les Élamites pillèrent Ur, et la ville ne retrouva jamais son importance d’autrefois. Ainsi, si Abraham avait désobéi à Dieu et était resté à Ur, lui-même ou ses descendants auraient probablement été réduits en esclavage ou tués.
Q : Dans Genèse 11:31, Abram est-il parti pour Canaan depuis Ur, ou depuis Haran comme l’indique Genèse 12:5 ?
R : Le chapitre 12 de la Genèse ne précise pas qu’Abram se trouvait à Haran lorsque Dieu l’a appelé. Rien n’indique que le chapitre 11, verset 31, de la Genèse soit chronologiquement antérieur au chapitre 12. De nombreuses biographies modernes suivent un ordre strictement chronologique, mais cela n’est pas obligatoire ; d’ailleurs, l’Ancien Testament et les Évangiles ne respectaient souvent pas un ordre strictement chronologique. On ne peut être certain que l’ordre chronologique a été voulu que lorsque l’auteur affirme lui-même que c’est le cas. Genèse 24, 4 ne dit pas « le pays de ma naissance » en hébreu, mais plutôt « mon pays », c’est-à-dire l’endroit où Abram avait vécu quelque temps et où ses plus proches parents vivaient encore.
Q : Dans Genèse 12:1, 28:10-15 et 32:22-32, pourquoi Dieu a-t-il choisi les Juifs plutôt que les Chinois ou un autre peuple ?
R : Tout d’abord, Dieu a le droit de choisir qui Il veut. Ici, Dieu n’a pas choisi un peuple, mais un seul homme : Abraham. Par la suite, l’alliance et la descendance ont été attribuées à Isaac dans Genèse 17:21 et 21:12. Plus tard, Jacob a été choisi dans Genèse 28:10-15. Abraham était prêt à quitter sa culture et sa ville (Ur), qui était probablement la plus grande ville (de 100 000 à 180 000 habitants) et la plus civilisée de la terre à cette époque. Beaucoup de gens éprouvent un certain désir de faire ce qui est juste, mais rares sont les hommes fortunés qui seraient prêts à sacrifier leurs liens avec leur culture et leur religion pour suivre Dieu par-dessus tout, même vers un lieu qu’il ne connaissait pas (Hébreux 11, 8).
Aujourd’hui, Romains 10, 12 et Galates 3, 28 enseignent qu’il n’y a aucune différence aux yeux de Dieu entre les croyants juifs et non juifs.
Q : Dans Genèse 12:1, existe-t-il des preuves, en dehors de la Bible, que le vrai Dieu se soit révélé à quelqu’un d’autre à l’époque d’Abraham, ou avant ?
R : Oui. Voici d’abord deux éléments de contexte tirés de la Bible, puis la réponse.
B1. Dans Genèse 14:18-20, Melchisédech était roi de Salem et prêtre du Dieu Très-Haut, qu’il appelait El Elyon. Cependant, nous ne tiendrons pas compte de Melchisédech, car il n’est mentionné que dans la Bible, et Melchisédech aurait pu être une manifestation préincarnée du Christ.
B2. Dans Genèse 24, 50, les proches d’Abram en Syrie (parmi les Araméens) croyaient au Seigneur.
La réponse :
A1. Les textes ougaritiques (issus de la culture qui s’étendait sur les territoires actuels de la Syrie et du Liban) mentionnent également un Dieu personnel nommé « El » et utilisaient l’expression « El Elyon » pour désigner le Dieu Très-Haut, tout comme Melchisédek. Malheureusement, au sein de la culture ougaritique, le syncrétisme était à l’œuvre et, à terme, ils n’adorèrent « El » que comme un dieu parmi tant d’autres.
A2. En Chine, avant l’arrivée du bouddhisme juste après Jésus-Christ, et avant le confucianisme et le taoïsme, quelques centaines d’années avant Jésus-Christ, on vénérait un certain nombre d’idoles. Cependant, avant cela, on vénérait un Dieu suprême, que l’on appelait Shang-di. Les premières références écrites à Shang-di en Chine remontent à 2 600 av. J.-C., soit environ 400 à 500 ans avant Abraham ! Malheureusement, sous la dynastie des Zhou, vers 1 000 av. J.-C., il fut décidé que personne n’était assez digne pour vénérer Shang-di, à l’exception de l’empereur, et le culte de Shang-di parmi le peuple s’éteignit. Il y a quelques siècles, les chrétiens de Chine étaient profondément divisés sur la question de savoir si la Bible chinoise devait toujours utiliser le terme générique désignant la divinité, « Shen », ou également recourir à l’ancien mot « Shang-di ». Ce dernier parti l’a emporté, et les Bibles chinoises utilisent donc aussi bien « Shang-di » que « Shen ».
L’empereur chinois vénérait Shang-di en sacrifiant un taureau sur un autel de marbre blanc lors du « sacrifice frontalier », tel que le rapporte Confucius dans le Shu Jing (Livre de l’Histoire), où il précise que l’empereur Shun (2256-2205 av. J.-C.) pratiquait ce rituel. Cette pratique a pris fin en 1911 apr. J.-C. Voici un extrait de ce qui était prononcé lors du sacrifice :
« Au commencement, il y avait le grand chaos, informe et obscur. Les cinq éléments [planètes] n’avaient pas encore commencé à tourner, ni le soleil et la lune à briller. Toi, ô Souverain spirituel, tu as d’abord séparé les parties les plus grossières des plus pures. Tu as créé le ciel. Tu as créé la terre. Tu as créé l’homme. Toutes les choses dotées d’un pouvoir de reproduction ont ainsi vu le jour. » Pour plus d’informations sur Shang-di, consultez l’article d’Ethel Nelson dans Creation ex Nihilo, vol. 20, n° 3, juin-août 1998, p. 50-53.
Les Coréens possèdent une tradition ancienne similaire concernant un Shang-di, qu’ils appellent Hananim. Une ancienne tradition coréenne liée à Tan-gun raconte que Hananim avait un fils qui désirait vivre parmi les hommes. Vous pouvez en savoir plus sur Shang-di, Hananim et d’autres révélations anciennes qui concernaient apparemment le vrai Dieu dans le livre *Eternity in Their Hearts*.
Q : Dans Genèse 12, 1-3, 7, comment Dieu a-t-il tenu ses promesses envers Abraham ?
R : Dieu les a tenues sans condition, quelles que soient les actions d’Abraham.
Dieu a fait d’Abraham une grande nation. En réalité, Abraham était l’ancêtre à la fois des Israélites et d’une grande partie des Arabes. (Genèse 12, 2)
Dieu allait bénir Abraham. Abraham vécut et mourut en homme très riche, et eut de nombreux descendants. (Genèse 12, 2)
Dieu a rendu le nom d’Abraham illustre. Son nom est tenu en haute estime partout où l’on trouve des chrétiens, des juifs et des musulmans. (Genèse 12, 2)
Dieu bénira ceux qui béniront Abraham, et maudira ceux qui le maudiront. Les pays qui ont accueilli les Juifs ont connu une grande bénédiction, tandis que ceux qui les ont maudits, comme l’Allemagne nazie, ont beaucoup souffert. (Genèse 12:3)
Les descendants d’Abraham ont possédé la terre de Palestine. (Genèse 12:7)
Q : Dans Genèse 12, 1-5, Dieu s’adresse-t-il ici à Abram, ou s’agit-il d’une répétition de ce qu’Il a dit à Abram dans Genèse 12, 4b-9 ?
R : Il ne s’agit pas d’une répétition. Dans Genèse 12, 1-4a, Dieu a ordonné à Abram d’accomplir une action sans préciser si Abram l’avait faite ou non. Genèse 12, 4b-9 nous indique qu’Abram a fait ce que Dieu lui avait dit, à l’exception du fait qu’il a également emmené Lot avec lui.
Q : Dans Genèse 12, Abraham aurait-il pu rédiger ce que les mormons considèrent comme une Écriture, intitulée « Le Livre d’Abraham » ?
R : Non. Tout d’abord, quelques éléments de contexte sur le « Livre d’Abraham » mormon et sur l’importance de cette supercherie, puis la preuve qu’il s’agit bien d’une supercherie. Ces informations sont tirées d’un texte précédemment rédigé sur le mormonisme.
Contexte :
Le « Livre d’Abraham » mormon fait partie de l’Écriture mormone intitulée « La Perle de Grand Prix ». Il est à l’origine de la doctrine mormone anti-Noirs, qui a empêché les Noirs d’accéder un jour à la prêtrise mormone. Cette doctrine anti-Noirs a été modifiée (par le dieu mormon ?) en 1978.
Le « Livre d’Abraham » mormon a été rédigé à partir de rouleaux égyptiens anciens que Joseph Smith s’était procurés en juillet 1835 et dont il affirmait qu’ils contenaient les écrits d’Abraham et de Joseph. Il ne connaissait pas l’égyptien ancien, que peu de personnes savaient lire à cette époque. Il a proclamé que Dieu l’avait inspiré pour traduire certains de ces rouleaux en anglais, et c’est ainsi que le « Livre d’Abraham » mormon a vu le jour.
Ces rouleaux égyptiens, que l’on croyait perdus et détruits, ont été retrouvés au nombre de onze au Metropolitan Museum de New York et remis à l’Église mormone en 1967.
Importance de cette supercherie :
On affirmait que le Livre de Mormon avait été traduit à partir de la même langue que le Livre d’Abraham. Si Joseph Smith n’était pas capable de traduire l’un, alors il n’a pas traduit l’autre non plus, et aucune de ses Écritures ne peut être considérée comme fiable. De plus, si ce rouleau est un texte sacré païen dédié à un dieu idolâtre, Joseph Smith serait alors un prophète, un voyant et un révélateur de son guide, l’idole de ce rouleau.
Voici ce que Joseph Smith a déclaré au sujet de la traduction : « Une traduction de certains documents anciens, qui sont tombés entre nos mains depuis les catacombes d’Égypte. — Les écrits d’Abraham, rédigés de sa propre main sur du papyrus. » Perle de Grand Prix, p. 29.
Preuve de la supercherie :
Il existe trois raisons pour lesquelles nous savons qu’il s’agit là des rouleaux égyptiens que Joseph Smith a tenté de traduire.
1. Trois des quatre manuscrits originaux du Livre d’Abraham comportaient des hiéroglyphes égyptiens en marge. Sur les quelque quatre-vingts hiéroglyphes égyptiens figurant sur le rouleau, 20, 13 et 10 hiéroglyphes figuraient respectivement sur les manuscrits n° 1, n° 2 et n° 3. Lorsque le rouleau présentait des lacunes, 7, 6 et 6 hiéroglyphes reconstitués ont été ajoutés sur les trois manuscrits. Cela nous permet d’affirmer avec certitude que ce rouleau égyptien est bien celui qu’a utilisé Joseph.
2. Joseph a inventé une grammaire de la langue égyptienne. L’ouvrage relié de trente-quatre pages, intitulé *Alphabet et grammaire égyptiens*, est toujours en possession de l’Église. Ce manuel linguistique illustre bon nombre des hiéroglyphes égyptiens figurant sur le rouleau. Une « traduction » anglaise très similaire se trouve dans *Alphabet et grammaire égyptiens*, tout comme dans le Livre d’Abraham. Certains y voient l’un des faits les plus accablants à l’encontre de l’inspiration que Joseph prétendait avoir reçue.
3. Les illustrations figurant au début du rouleau égyptien et du Livre d’Abraham de Smith sont identiques. La seule différence réside dans un trait tracé au crayon sur l’illustration égyptienne, qui a été repassé à l’encre sur l’illustration mormone. Non seulement les illustrations ont été copiées à l’identique, mais les légendes des illustrations n° 2 et n° 3, faisant référence aux idoles égyptiennes, ont également été reprises dans les Écritures mormones.
La traduction réelle :
Smith pensait traduire ces hiéroglyphes. Lisez la traduction réelle du Dr Klaus Baer à la page suivante. (Dialogue : A Journal of Mormon Thought : automne 1968, p. 119-120.)
« Osiris sera transporté dans le Grand Bassin de Khons — et de même Osiris Hor, justifié, né de Tikhebyt, justifiée — après que ses bras auront été placés sur son cœur et que le Permis de respirer (qu’[Isis] a fabriqué et sur lequel figurent des inscriptions à l’intérieur et à l’extérieur) aura été enveloppé dans du lin royal et placé sous son bras gauche près de son cœur ; le reste de ses bandelettes de momie devra être enroulé par-dessus. L’homme pour qui ce livre a été copié respirera éternellement, comme le font les bas des dieux. » (Les bas sont des âmes.) À la page 111, le Dr Baer a déclaré : « Joseph Smith pensait que son papyrus contenait le Livre d’Abraham. »
Smith a traduit des milliers de mots anglais à partir de ces hiéroglyphes. Joseph affirmait qu’il s’agissait des écrits d’Abraham et de la parole de son dieu. En réalité, il s’agissait d’une variante du Livre des Morts, un ouvrage magique égyptien païen regorgeant de dieux et de déesses païens, souvent enterré avec les momies.
Le Dr Richard Parker, de l’université Brown, dans une lettre personnelle adressée à Marvin Cowen et datée du 9 janvier 1968, a déclaré : « 5. J’ai vu l’Alphabet et la Grammaire égyptiens de Joseph Smith. L’interprétation des signes présentés comme égyptiens n’a aucun rapport avec la signification qui leur est attribuée par les égyptologues. »
Il y a cinquante ans, le Dr A.B. Mercer déclarait : « Aucun de mes élèves qui ferait preuve d’une ignorance aussi totale de l’égyptien que celle dont fait preuve Smith ne pourrait espérer obtenir plus de zéro à un examen d’égyptologie. » (Improvement Era, vol. 16, p. 615.) Cela reste vrai aujourd’hui.
Le Dr John A. Wilson a déclaré : « … en ce qui me concerne, je vois des fragments de deux, voire trois papyrus différents, et chacun d’entre eux ressemble à un Livre des Morts traditionnel. » (lettre du 5 janvier 1968.)
Détails des illustrations
Examinons maintenant les trois illustrations du Livre d’Abraham ainsi que les légendes qui les accompagnent, tirées de l’un des rouleaux et du volume 3 de Times and Seasons.
Les inscriptions et les illustrations représentent des scènes funéraires égyptiennes typiques mettant en scène des idoles égyptiennes. Joseph a enseigné que ces images représentaient Abraham et le vrai Dieu.
Fac-similé n° 1 :
Hor, le fils justifié de celui qui porte les mêmes titres.
Fac-similé n° 2
Accordez que l’âme d’Osiris Sheshonk puisse vivre
Moi (Min), je suis un taureau en pleine copulation, sans égal.
Puisse cette tombe ne jamais être profanée.
Fac-similé n° 3
Ô dieux de . . ., dieux des Caverne, dieux du sud, du nord, de l’ouest et de l’est, accordez le bien-être à Osiris Hor, le juste
Conclusion :
Le dieu de Smith l’a trompé. La traduction de Joseph Smith est sans valeur. Si vous cherchez le Seigneur, cher mormon, je vous prie de quitter l’Église mormone, de rejeter la supercherie de Joseph et de consacrer votre vie au Dieu Très-Haut par Jésus-Christ, son Fils.
Q : Dans Genèse 12:4, comment Abram pouvait-il avoir 75 ans lorsqu’il quitta la ville de Haran après la mort de Térach ? Dans Genèse 11:26, puisque Térach avait 70 ans lorsqu’il eut ses trois fils, que les Actes 7:4 indiquent qu’Abram quitta Haran après la mort de Térach, et que Térach mourut à l’âge de 205 ans (Genèse 11:32), ses trois fils auraient alors 135 ans.
R : À moins qu’Abram, Nahor et Haran n’aient été des triplés (ce qui est peu probable), Genèse 11, 26 indique que Térach avait 70 ans lorsqu’il a commencé à avoir des enfants. Abram n’est né que lorsque Térach avait au moins 130 ans.
Q : Dans Genèse 12:8, les archéologues ont-ils mis au jour la ville d’Aï ?
R : Non. Ils n’ont pas trouvé les vestiges d’une petite ville qui aurait été totalement détruite.
Q : Dans Genèse 12, 10-19, existe-t-il des preuves extra-bibliques indiquant que des peuples de Canaan ou d’autres régions du Moyen-Orient se sont rendus en Égypte ?
R : Oui, il y en a. Une peinture funéraire à Beni-Hasan, en Égypte, représente des « Asiatiques ». La tombe n° 3, celle de Khnumhotep, montre 37 Sémites venant en Égypte pour faire du commerce. Ils avaient les cheveux noirs, des barbes pointues, de longues capes, des arcs et des lances. Le Dictionnaire Wycliffe d’archéologie biblique, p. 139, indique que cette représentation est datée de 1892 av. J.-C.
On sait que l’alphabet a été utilisé pour la première fois par des Sémites en Égypte vers 1800 av. J.-C., voire plus tôt, au nord de Louxor. (Voir BAR, janvier/février 2000, p. 12)
Les chameaux représentés sur les peintures murales du temple d’Hatchepsout, près de Thèbes, remontent également à l’époque d’Abraham.
Q : Dans Genèse 12, 10-19, est-ce Abraham qui a déclaré que sa femme était sa sœur en Égypte, ou est-ce Isaac qui l’a fait à Guérar dans Genèse 26, 2-11 ? (Un chrétien libéral a soulevé ce point en le présentant comme un doublet, démontrant ainsi que plusieurs auteurs ont rédigé la Genèse.)
R : Il ne s’agit pas d’une répétition ; ce sont deux événements distincts. Isaac a probablement tiré cette mauvaise idée de l’exemple de son père.
Q : Dans Genèse 12, 10-20 et Genèse 20, 1-18, Dieu a-t-il toléré le mensonge d’Abram ?
R : Non. La Bible rapporte ces faits en toute honnêteté, mais n’a jamais approuvé les mensonges d’Abram, qui traduisaient son manque de foi en la protection de Dieu. Même les grands hommes de Dieu pèchent, et nous ne devons donc pas nous décourager lorsque nous péchons.
Dieu a béni Abraham en raison de sa foi, non pas parce qu’il était sans péché, mais malgré son péché.
Seul Dieu est parfait. Notre objectif est de tendre vers la perfection, que nous n’atteindrons qu’au Ciel. Voir la discussion sur Genèse 19, 30-36.
Q : Dans Genèse 12:16, de quelles autres preuves disposons-nous concernant la présence de chameaux au Moyen-Orient, en dehors de l’Égypte, à cette époque ?
R : Nous disposons d’au moins quatre éléments de preuve :
1. Un texte sumérien dit : « Ô Dummuzi, donnez-moi du lait de chameau – le lait du chameau est doux, la crème du chameau est douce » (Oppenheim, A. (1960) Dictionnaire assyrien de Chicago, vol. 7)
2. Une plaque découverte à Tell Asmar, en Irak, datant de 2500 à 2000 av. J.-C., représente un cavalier sur un dromadaire (Dostal, W. (1959) « The Development of Bedouin Life in Arabia Seen from Archaeological Material ». Dans A. Abdalla et al., Studies in the History of Arabia, vol. 1, p. 16, 13)
3. Un sceau syrien datant du XVIIIe siècle av. J.-C. représente deux personnes chevauchant un chameau de Bactriane (Porada, E. (1977) « A cylinder Seal with a Camel in the Walters Art Gallery ». Journal of the Walters Art Gallery 36).
4. Une liste syrienne datant du XVIIIe siècle av. J.-C. mentionne « une [mesure] comme fourrage pour le chameau » (Wiseman, D. (1950) « Ration Lists from Alalakh VII ». Journal of Cuneiform Studies 13).
Voir Stephen Caesar, « Science, Scholarship and Scripture - Domesticated Camels in Genesis », dans Christian News, 6 août 2001, p. 17.
Q : Dans Genèse 13, 1-18, est-ce Lot qui a choisi où Abraham allait vivre, ou est-ce Dieu qui a donné à Abraham la Terre promise pour qu’il y vive ?
R : Les deux. La « concomitance » est la doctrine selon laquelle Dieu utilise les événements et les personnes, même celles qui sont égarées ou malveillantes, pour accomplir sa volonté et tenir ses promesses. Abram (Abraham) a laissé Lot choisir entre la rive est et la rive ouest du Jourdain, et Lot a choisi la rive est. Si Dieu a fait en sorte qu’Abram s’installe dans cette région, il avait également prévu spécifiquement qu’Abram disposerait de la rive ouest du Jourdain. Dieu s’est servi du choix de Lot pour accomplir sa volonté.
Q : Dans Genèse 13, 1-18, que faites-vous lorsqu’il y a un désaccord entre deux personnes ou deux parties, et que vous ne voyez aucun espoir de résoudre ce désaccord ?
R : Il est bon de commencer par travailler ensemble pour tenter de résoudre ce désaccord. Une chose qui aide est d’essayer de considérer la situation du point de vue de l’autre personne. Ensuite, essayez de l’aider à la considérer de votre point de vue. Montrez-lui quelle est votre meilleure alternative si vous ne parvenez pas à un accord. Demandez-lui ce qu’elle ferait si elle était à votre place. Parfois, un peu comme « enfiler une aiguille », il existe un moyen de trouver un juste milieu et de donner à chaque partie l’essentiel de ce qu’elle souhaite.
Parfois, aucun compromis ni aucune solution n’est possible. Parfois, la séparation est la meilleure option, et il suffit alors de se séparer en restant amis. Lorsque vous vous séparez, faites-le dans les meilleures conditions possibles, en pardonnant si nécessaire. Bien qu’Abraham et Lot n’aient eu aucun désaccord entre eux, il n’y avait pas assez d’herbe dans une même région pour nourrir leurs deux troupeaux réunis. Ils ont donc dû se séparer ; il n’y avait pas d’autre solution.
Bien sûr, la réconciliation vaut mieux que la séparation. Mais pour que la réconciliation fonctionne, les deux parties, et non pas une seule, doivent être disposées à se réconcilier.
Q : Dans Genèse 13:8 et 29:15, en quoi ces hommes étaient-ils frères ?
R : Dans Genèse 13, 8, Abram appelle Lot son frère, tandis que dans Genèse 29, 15, Laban appelle Jacob son frère. La Bible rapporte qu’Abram et Laban exprimaient à la fois leurs sentiments d’affection et leur lien de parenté, mais ils n’étaient pas réellement frères.
L’ouvrage sceptique *Asimov’s Guide to the Bible*, p. 819-820, ne voit aucun problème à cela, mais ajoute que, dans ces cas-là, on dispose généralement de suffisamment d’informations généalogiques pour connaître la relation exacte. Ce n’est pas le cas pour les frères de Jésus ; il s’agissait donc probablement de demi-frères biologiques.
Q : Dans Genèse 13, 12, Lot a-t-il planté sa tente près de Sodome, ou vivait-il à Sodome dans Genèse 14, 12 ?
R : Les deux affirmations sont très probablement vraies, à des moments différents. Le mode de vie nomade permettait de se déplacer facilement. Lot avait certainement installé sa tente loin de Sodome avant de se séparer du groupe d’Abram. Puis il l’a certainement installée près de Sodome, et plus tard dans la région environnante contrôlée par Sodome (le grand Sodome). Ensuite, il a vécu à Sodome (soit dans une tente, soit dans une maison). Plus tard, dans Genèse 19:3, Lot possédait une maison à Sodome.
Q : Dans Genèse 14, 1-2, qui sont ces rois ?
R : Ces événements se sont déroulés vers 2000 av. J.-C. ; il n’est donc pas surprenant que nous ne puissions pas identifier certains de ces souverains. Cependant, Élam était une grande puissance, ayant conquis Ur, la ville d’Abram, vers 2004 av. J.-C. « Shinar » est le terme utilisé à la fois par l’Ancien Testament et par les Égyptiens pour désigner la Babylonie. Chederlaomer ressemble à « kudur » (qui signifie « serviteur » en élamite) et à « Lagamar » (une déesse élamite). Cheder (= Kudur) constituait la première partie du nom de nombreux rois élamites. Tidal semble lié au nom hittite Tudhaliya, et il y eut au moins cinq rois hittites ultérieurs portant ce nom. Les villes de Si-da-mu (Sodome) et d’I-ma-ar (Gomorrhe) sont mentionnées dans les tablettes d’Ebla, datant de 2400 à 2250 av. J.-C. Nous ne disposons d’aucune trace d’Arioch d’Ellasar, mais il existe des preuves historiques indépendantes de l’existence d’un roi Ariochu de Larsa, une grande ville sumérienne. Par ailleurs, l’ouvrage *History of Israel*, p. 61, indique qu’Arriyuk(ki) ou Arriwuk(ki) est connu à la fois à Mari et à Nuzi comme un nom hourrite.
Selon John Warwick Montgomery, dans *Evidence for Faith*, p. 157, on identifiait autrefois Amraphel à Hammurabi, mais cela est erroné. Il précise également qu’il est préférable d’utiliser « Arioch » plutôt qu’« Ariochu », car « Arioch » était un nom courant à cette époque. Il s’agissait d’un nom hourrite, qui était également celui d’un roi de Mari (vers 1750 av. J.-C.) et qui figure sur les tablettes de la ville de Nuzi (1500 av. J.-C.). Comme il s’agissait d’un nom courant, un nombre indéfini de rois issus d’un nombre indéfini de provinces mineures inconnues du monde moderne auraient pu le porter.
En résumé, ces noms étranges n’ont été utilisés que pendant cette période très limitée. Il est hautement improbable que quiconque ait pu écrire ces noms, à moins de disposer de connaissances historiques précises sur cette époque.
Q : Dans Genèse 14, 1-2, comment des « confédérations » de rois auraient-elles pu s’affronter ?
R : Il y aurait eu très peu de confédérations de rois avant la chute de la puissante cité-État d’Ur en 2004 av. J.-C. Il y en aurait eu très peu après l’avènement d’Hammurabi dans l’ancienne Babylone, vers 1700 av. J.-C. Cependant, entre le moment où les Élamites ont détruit Ur en 2004 av. J.-C. et celui où ils ont pillé Babylone en 1725 av. J.-C., Montgomery note que les confédérations étaient courantes.
À l’époque de Moïse, personne n’aurait tenté d’inventer une histoire crédible de confédérations de rois, car les empires monolithiques prédominaient. Le fait que quelqu’un mentionne des confédérations de cette manière montre qu’il avait une connaissance précise de cette période. Selon Evidence for Faith, p. 157-164, une lettre découverte à Mari fait état de coalitions de dix, quinze et vingt rois. De plus, on connaît au moins cinq autres confédérations.
Q : Dans Genèse 14, 1-17, existe-t-il des preuves extra-bibliques de l’existence de Sodome, de Gomorrhe et des autres villes ?
R : Oui. Il n’y en avait aucune jusqu’à ce que les archéologues découvrent les tablettes d’Ebla. Celles-ci mentionnent si-dam-mu (Sodome) et sa-ba-i-im (Zeboiim). (Julius Africanus [200-245 apr. J.-C.] appelle cette ville Seboim.) I-ma-er correspond probablement à Gomorrhe.
Q : Dans Genèse 14, 5, que signifie « Ashteroth-Karnaïm » ?
R : Il y a deux possibilités.
1. Cela pourrait signifier « Astarté aux deux cornes », car cette déesse était représentée avec deux cornes à Guézer et à Beth-Shân.
2. Cela désigne plus probablement la ville d’Ashteroth située près de Karnaïm, afin de la distinguer d’autres villes portant le nom de la déesse.
Q : Dans Genèse 14, 5-6 ; 36, 20 et Deutéronome 2, 12, 22, qui sont les Horiques ?
R : Les Horiques venaient de l’Arménie actuelle. Ils sont mentionnés pour la première fois à l’époque de Sargon d’Akkad, au XXIVe siècle av. J.-C.
Q : Dans Genèse 14, 14, comment Abram et ses alliés, qui ne comptaient que 318 hommes, ont-ils pu vaincre une armée envahissante composée d’une alliance de quatre grands rois ?
R : Genèse 14, 15 suggère qu’il ne s’agissait pas d’une bataille rangée. Il s’agissait probablement d’un raid nocturne surprise mené par des troupes à cheval contre une armée prise au dépourvu. Il y avait peu de chevaux dans le désert, et peu de gens à l’est de l’Égypte possédaient des chameaux, à l’exception d’Abraham. Ainsi, une attaque éclair menée par des troupes à cheval aurait été tout à fait inattendue venant du désert. Deuxièmement, Abraham était allié à trois autres chefs, et leur participation au partage du butin montre qu’ils ont eux aussi pris part au raid. Bien sûr, Dieu a peut-être également apporté son aide.
Q : Dans Genèse 14:14, en quoi le raid d’Abram se distingue-t-il des autres attaques surprises de l’histoire ?
R : L’armée s’est apparemment retirée de Dan vers Damas, à environ 40 miles (64 km) de là ; l’armée d’Abram a donc remporté « la victoire sur le champ de bataille ». Examinons les attaques surprises, les attaques contre des armées plus importantes, puis abordons enfin la question du point de vue des ennemis. Certains de ces chiffres sont tirés de l’Encyclopédie Britannica.
Nous allons d’abord nous intéresser aux attaques surprises.
Lors de la bataille de San Jacinto en 1836, Sam Houston et 743 soldats inexpérimentés ont mené un raid de jour contre 1 800 soldats mexicains et ont remporté la victoire.
Lors de la bataille de Trenton, Washington traversa le Delaware de nuit, prenant par surprise les mercenaires hessois et en capturant 1 000.
Dans la forêt de Teutoburg, Arminius, le Germain, a tué 14 000 soldats romains aguerris lors d'une bataille menée par surprise.
Examinons à présent des victoires remportées contre toute attente.
Lors de la bataille de Marathon en 490 av. J.-C., 10 000 Grecs ont vaincu 20 000 Perses.
À Cannes, en 216 av. J.-C., 56 000 Carthaginois (grâce à une cavalerie utilisée à bon escient) ont vaincu 86 000 Romains.
À al-Qadissiyat, en 636/637 apr. J.-C., 30 000 musulmans ont vaincu 120 000 Perses.
À Pharsale, en 48 av. J.-C., Jules César et ses 20 000 hommes ont vaincu Pompée et ses 45 000 hommes.
À Dorylaeum, en 1097, 70 000 croisés ont vaincu 250 000 musulmans, en tuant environ 30 000. (Les croisés portaient des armures, mais il se pourrait bien que les soldats d’Abram en aient porté également, tandis que l’armée envahissante avait retiré les siennes.)
Alexandre le Grand contre les Perses, Jules César contre les Gaulois et les Helvètes, Bélisaire, Napoléon et d’autres ont également vaincu des forces largement supérieures, bien qu’à une plus grande échelle. Nous ne disposons pas des chiffres concernant ces armées, si ce n’est que Jules César ne comptait que 10 000 hommes lorsqu’il envahit la Grande-Bretagne.
Le point de vue des ennemis : imaginez que vous soyez un soldat élamite, sélectionné pour faire partie d’un groupe d’élite chargé d’une mission lointaine visant à punir Sodome. Vous savez qu’un grand nombre d’ennemis se trouvent juste à l’extérieur de votre tente, mais ce sont des captifs ; désarmés et bien gardés. Au milieu de la nuit, vous êtes réveillé par des troupes à cheval d’un nouvel ennemi inconnu qui fondent sur vous et tuent vos camarades. Non seulement ils font cela, mais s’ils s’emparent de vos animaux, ou s’ils libèrent et arment les captifs, alors vous êtes condamnés. Vous agissez de manière sensée et fuyez dans la direction opposée à celle de l’attaque, pour vous regrouper plus tard avec vos camarades.
Bien sûr, outre tous ces facteurs, Dieu a probablement aidé les troupes d’Abram à semer la panique et à mettre l’ennemi en déroute. Pour un exemple encore plus frappant de l’aide divine apportée à une attaque surprise couronnée de succès, voir la bataille de Gédéon contre les Madianites dans Juges 7, 6-25.
Q : Dans Genèse 14, 17-20, qu’y a-t-il d’intéressant dans cette structure ?
R : Genèse 14, 17-20 évoque la tentation de la victoire et une rencontre avec deux rois. Ce passage est présenté sous la forme d’un chiasme, un procédé poétique courant en hébreu.
Le roi de Sodome 14, 17
- Le roi de Salem a rencontré Abraham 14, 18
- - Le roi de Salem bénit Abraham 14, 19-20
Le roi de Sodome a offert le butin à Abraham 14, 21
Il aurait peut-être été plus facile pour Abraham de refuser l’offre du roi de Sodome après la bénédiction de Melchisédech.
Q : Dans Genèse 14:18-19, comment Melchisédech, vraisemblablement un Cananéen maudit, a-t-il pu être en mesure de bénir Abraham ?
R : Melchisédech est un personnage mystérieux de la Bible. Certains ont pensé que Melchisédech était une manifestation préincarnée du Christ. D’autres affirment que Melchisédech était un homme pieux (peut-être cananéen, peut-être pas) qui n’était qu’un type du Christ. Même si Melchisédech était un Cananéen, rien n’empêche Dieu d’enseigner et de sanctifier des personnes de n’importe quelle nationalité.
À titre d’aparté, la secte juive de Qumrân accordait une grande importance à Melchisédech en tant que libérateur céleste, qui proclamerait le salut de Dieu.
Q : Dans Genèse 14:18, quel âge a la ville de Jérusalem ?
R : Nous pensons qu’elle a été fondée vers 3 000 av. J.-C. Les premières chroniques égyptiennes appellent la ville « Urusalim », ce qui implique que la partie « salem » de Jérusalem remonte au moins aussi loin que la partie « Jebus ».
Q : Genèse 14, 18 enseigne-t-il l’existence d’un « sacerdoce de Melchisédech » composé de personnes, comme l’enseignent les mormons ?
R : Non. Genèse 14 ne mentionne qu’un seul individu nommé Melchisédech. Hébreux 7, 23-24 indique que ce Melchisédech était un type de Jésus. Rien dans la Bible ne suggère que nous ayons besoin d’autres prêtres aujourd’hui en dehors de Jésus.
Q : Dans Genèse 15, qu’est-ce qu’une alliance exactement, et en quoi l’alliance entre Dieu et Abraham était-elle inhabituelle ?
R : Une alliance est un accord mutuel entre des parties ; celles-ci peuvent être égales, comme dans un accord commercial, ou il peut s’agir d’un rapport entre un grand roi et un vassal de rang inférieur. Outre le fait qu’il s’agissait d’une alliance entre l’homme et Dieu, cette alliance était inhabituelle car elle constituait une promesse unilatérale de la part de Dieu ; Abraham n’avait rien à faire.
Q : Dans Genèse 15, Dieu a-t-il conclu une alliance avec Abram à ce moment-là, ou bien dans Genèse 17, après la naissance d’Ismaël ? (Un chrétien libéral a soulevé ce point pour prouver que la Genèse avait été écrite par plusieurs auteurs.)
R : Tant l’alliance initiale de Genèse 15 que sa confirmation ultérieure dans Genèse 17 sont authentiques. Peut-être que, plusieurs décennies plus tard, dans Genèse 15, Dieu a conclu une alliance formelle avec Abram, accompagnée d’un sacrifice, et lui a promis un enfant. Dans Genèse 17, verset 2, après la naissance d’Ismaël, Dieu a confirmé Son alliance avec Abram, et le rite de la circoncision en était le signe. La confirmation de l’alliance était ici essentielle, car Dieu devait corriger la façon de penser d’Abram. Abram pensait à tort que les promesses de l’alliance se réaliseraient par l’intermédiaire d’Ismaël.
Pour citer un deuxième exemple de confirmation d’une alliance, après que Dieu eut permis que les Israélites soient vaincus à Aï, ceux-ci confirmèrent l’alliance qu’ils avaient conclue au mont Ébal, dans Josué 8, 30-35.
Parfois, un chrétien, qui a déjà conclu une alliance avec Dieu, devrait lui aussi prendre le temps de confirmer son alliance.
Il est intéressant de noter que Dieu a conclu une alliance avec Abraham et l’a confirmée juste avant la naissance d’Isaac. Plus tard, Dieu a fait la promesse d’envoyer le Messie et l’a confirmée auprès de Jean-Baptiste juste avant le début du ministère public de Jésus.
Q : Dans Genèse 15, 2, qu’y a-t-il d’inhabituel dans le nom d’Éliézer ?
R : Peut-être rien, mais The Expositor’s Bible Commentary, volume 2, p. 131-132, indique qu’il « ne saurait s’agir d’une coïncidence » que la valeur des lettres du nom d’Éliézer en hébreu soit de 318, soit le même nombre de guerriers qu’Abraham comptait dans Genèse 14:14.
Q : Dans Genèse 15,2, était-il courant de désigner un héritier qui n’appartenait pas à sa lignée ?
R : Nous ne savons pas dans quelle mesure cette pratique était courante, mais les tablettes de Nuzi indiquent qu’à Ur, un couple pouvait adopter un fils qui les aiderait dans leur vieillesse, et qu’en échange, ce fils deviendrait leur héritier.
Q : Dans Genèse 15:10, Abraham a-t-il eu tort de ne pas couper les oiseaux en deux, comme l’enseigne le faux maître chrétien, le révérend Moon, dans *Le Principe divin*, 5e éd., 1977, p. 269, 507 ?
R : Non. Les prêtres ne devaient jamais couper les oiseaux en deux, comme le précisent Lévitique 1, 17 et 5, 9.
Q : Dans Genèse 15:13, les Israélites sont-ils restés en Égypte pendant 430 ans, ou ont-ils été opprimés pendant 400 ans ?
R : Les deux affirmations sont vraies. Reportez-vous à l’analyse d’Actes 7:6 pour comprendre comment les Israélites ont vécu en Égypte pendant 30 ans avant d’être réduits en esclavage pendant 400 ans.
Q : Dans Genèse 15:16, comment les Israélites ont-ils pu être réduits en esclavage pendant seulement quatre générations, alors qu’ils l’ont été pendant 400 ans selon Genèse 15:13 ?
R : Dans Genèse 15, 13 et 16, il est dit à Abraham — qui considérait probablement qu’une génération durait 100 ans — : « 400 ans, 4 générations ». Moïse, par exemple, vécut jusqu’à l’âge de 120 ans.
Q : Dans Genèse 15,16, l’Exode a-t-il eu lieu à la quatrième génération, ou à la sixième, comme le laissent entendre 1 Chroniques 2,1-9 et Matthieu 1,3-4 ?
R : Deux points sont à prendre en compte dans la réponse.
1. Tout dépend de la durée que l’on attribue à une génération. Abraham et Sarah ont eu Isaac alors qu’ils avaient respectivement 100 et 90 ans. C’est à Abraham que Dieu s’adressait ici.
2. Hypothétiquement, il n’y aurait aucune erreur même si la Bible avait mentionné n’importe quel nombre, à condition que ce même passage ait défini correctement ce qu’est une génération. En réalité, les « quatre générations » de Genèse 15, 16 sont définies comme correspondant exactement à « 400 ans » d’esclavage dans Genèse 15, 13.
Q : Dans Genèse 15:17 et Genèse 19:23, pourquoi la Bible affirme-t-elle que le soleil « se couche » et « se lève » ?
R : Je vous le dirai après le coucher du soleil. Plus sérieusement, tout comme nous utilisons des expressions idiomatiques courantes et de l’argot pour nous exprimer, la Bible utilise elle aussi des expressions idiomatiques hébraïques et grecques.
Q : Dans Genèse 15:18, qu'est-ce que le « fleuve d'Égypte » ?
R : Il ne s’agit probablement pas du Nil, mais d’un petit cours d’eau appelé le Wadi el-Arish, situé dans la partie orientale de la péninsule du Sinaï. Il pourrait s’agir soit du Wadi el-Arish, soit du bras oriental du Nil.
Q : Dans Genèse 15:18, puisque Dieu a donné aux descendants d’Abram tout le territoire jusqu’à l’Euphrate, pourquoi n’ont-ils pas reçu ce territoire ?
R : Les royaumes de David et de Salomon s’étendaient bel et bien jusqu’à l’Euphrate. De plus, ils pourraient bien en prendre possession au cours du futur Millénium.
Q : Dans Genèse 16:1, puisque Abraham et Saraï n’avaient pas d’enfants, comment Abraham a-t-il pu avoir d’autres enfants après Isaac ? (Cette question a été posée par un musulman.)
R : Genèse 16:1 montre que c’était Saraï, et non Abraham, qui était stérile. Abraham a eu d’autres enfants (avec son épouse Ketura), mais pas Saraï.
Q : Dans Genèse 16, 1-4, Abraham a-t-il commis l’adultère avec Agar ? (Cette question a été soulevée par un musulman.)
R : Non, Ismaël n’était pas le fruit d’un adultère ; il n’était pas illégitime. Quatre points sont à prendre en compte dans cette réponse.
Les concubines étaient légales : la polygamie était autorisée dans l’Ancien Testament, et Sara a donné Agar à Abraham en tant que concubine. Ainsi, ce qu’Abraham a fait était « légal » tant selon ce que Dieu lui avait révélé et la loi mosaïque ultérieure, que selon le droit mésopotamien de l’époque.
Exemples similaires : De plus, cela n’est pas aussi inhabituel que cela pourrait paraître à certains lecteurs modernes. On trouve des exemples similaires d’une servante remplaçant une épouse stérile dans les lois du Code d’Hammurabi, les tablettes de Nuzi, les tablettes d’Alalakh et les tablettes de Mari. Cependant, si une pratique est à la fois courante et « légale », cela ne signifie pas nécessairement qu’elle plaît à Dieu. Genèse 16, 4-5 montre que Sara regretta rapidement son geste.
Agar était fière de son statut : Agar n’avait aucune objection à devenir l’épouse d’Abram. En effet, Agar se moqua par la suite de Saraï (Genèse 16, 4-5). Dans l’Ancien Testament, s’il était acceptable d’épouser une captive, les relations sexuelles hors mariage n’étaient nulle part justifiées autrement que comme une immoralité perverse.
En revanche, il est permis aux musulmans de contraindre leurs captives à avoir des relations sexuelles avec eux, même s’ils ne sont pas mariés avec elles. Voir Boukhari, vol. 3, livre 46, chap. 13, n° 717, 718, p. 431-432, p. 432 ; vol. 9, livre 93, chap. 18, n° 506, p. 372 ; Sahih Muslim 2 : 3371-3374 ; Abou Daoud, vol. 2, n° 2150, 2167 pour plus d’informations.
En conclusion, Dieu est saint, Abraham n’était pas un adultère, et les chrétiens ont une norme de sainteté plus élevée que celle que Mahomet exigeait de ses compagnons dans les hadiths.
Q : Dans Genèse 16, 1-4, pouvez-vous citer des exemples, que vous connaissez personnellement ou tirés de l’histoire, où des croyants ont fait des compromis ?
R : Lorsque Constantin est devenu empereur, cela a semblé marquer le début de l’âge d’or du christianisme sur terre.
Abraham a appelé Sara sa sœur à deux reprises (Genèse 12, 11-20 ; 20, 1-2)
La magnifique robe babylonienne d’Acan, les 200 sicles d’argent et le lingot d’or (Josué 7, 20-23)
Le Christ à Pierre : « Arrière, Satan ! » (Matthieu 16, 23)
Judas pour trente pièces d’argent. Peut-être pour forcer Jésus à agir lui aussi. (Matthieu 26, 14-16)
Ananias et Saphira, qui ont vendu leur champ et prétendu en donner la totalité de l’argent. (Actes 5, 1-11)
Démas, parce qu’il aimait ce monde (2 Timothée 4, 10)
Martin Luther et les Juifs
La « normalité » de l’esclavage en Amérique. Un tiers des habitants du Sud étaient des esclaves. La Proclamation d’émancipation a libéré environ 3 millions d’esclaves.
Une partie de l’Église en Allemagne et en Chine continentale a fait des compromis par peur
Les missionnaires de C5 : la Trinité
Dans Genèse 25:1, Abraham épousa Ketura. Ses enfants, les Madianites, devinrent plus tard une épine dans le pied des Israélites. À la mort d’Abraham, Isaac et Ismaël l’enterrèrent, mais les autres fils ne se présentèrent même pas.
Au niveau national
En général, les gens semblent plus aptes à obéir aux ordres qu’à se demander s’il convient de les suivre.
Amérindiens : rupture des traités avec les Sioux lors de la découverte d’or dans les Black Hills en 1874, avec les Nez-Percés et d’autres.
Les Nez-Percés ont été victimes d’une violation du traité de Walla Walla de 1855, qui accordait à la tribu 7,5 millions d’acres sur leurs terres ancestrales ainsi que le droit de chasser et de pêcher sur les terres cédées au gouvernement. Cependant, de l’or fut découvert par la suite, et des colons blancs fondèrent illégalement la ville de Lewiston sur les terres des Nez-Percés. Guerre des Nez-Percés, juin-octobre 1877
Ne rien faire face au génocide arménien qui a fait 1,5 million de morts à partir du 5 juin 1915. En 1939, Hitler s’est servi de ce prétexte pour commencer à exterminer les Juifs.
Avortement : combien d’avortements ont été pratiqués depuis 1970 aux États-Unis ? La réponse exacte est que nous ne le savons pas, car certains États n’ont pas communiqué leurs chiffres. Mais de 1970 à 2012, on en compte plus de 44 millions. Cela représente environ 1/5 à ¼ de l’ensemble des grossesses. Au Canada, de 2007 à 2014, ce chiffre s’élève à 720 000. En Europe, cela représente environ 1/3 des grossesses. En Asie, ce chiffre est également élevé.
Q : Dans Genèse 16, 1-4, quelles leçons pouvons-nous tirer des raisons pour lesquelles d’autres chrétiens ont fait des compromis ?
R : Le compromis est souvent motivé par un facteur particulier. Il peut s’agir d’un souci de sécurité, de cupidité financière ou d’autres mauvaises motivations. Nous pouvons également faire des compromis et déplaire à Dieu à partir de bonnes motivations, telles que le désir de gagner davantage de personnes à notre cause.
Q : Dans Genèse 16, 1-4, à quoi ressemble un compromis pécheresse dans la vie d’un chrétien ?
R : Les compromis peuvent être à la fois mortels et subtils. Alors qu’une grenouille plongée dans une casserole d’eau bouillante a suffisamment de bon sens pour en sortir immédiatement, une grenouille plongée dans de l’eau tiède, que l’on porte progressivement à ébullition, y restera jusqu’à ce qu’elle cuise à mort.
Les tentations de compromis sont comme de la saleté ou du sable qui s’introduisent dans votre vie, et elles sont inévitables. Mais que faites-vous de ce sable ? Le laissez-vous vous corrompre ou le laissez-vous se transformer en perle et faire partie d’un trésor éternel ? Lorsque vous êtes tenté de faire un compromis, réjouissez-vous ! Votre victoire sur cette tentation est une occasion de plaire au Seigneur et d’obtenir des récompenses dans les cieux.
Q : Dans Genèse 16:1-4, le mot « compromis » n’est pas en soi un mauvais terme ; parfois, un compromis est acceptable. Quelle est la différence entre un bon compromis et un mauvais compromis ?
R : Toutes les voies plus faciles ne sont pas mauvaises. Un compromis consiste souvent à accepter certaines choses, ou à agir d’une manière que vous n’auriez pas choisie en temps normal, afin d’obtenir la coopération d’autrui. Sur des questions non morales, dans les relations interpersonnelles et bien souvent au travail, le compromis est une chose positive et nécessaire. À l’église, le compromis peut être bénéfique sur des sujets qui ne sont ni bibliques ni anti-bibliques, comme le choix du style de musique. Cependant, lorsque le compromis implique explicitement d’accomplir des actes qui déplaisent à Dieu ou de renier notre foi, il vaut mieux perdre la négociation, la vente, la relation ou l’emploi plutôt que de faire des concessions. Mais le compromis peut également impliquer, de manière implicite, d’accomplir des actes qui déplaisent à Dieu. Qu’en est-il du fait de donner de votre temps, de votre argent ou de vos compétences pour aider une organisation caritative qui finance Planned Parenthood ? Planned Parenthood est un important prestataire de services d’avortement.
Q : Dans Genèse 16, 1-4, quelles sont les forces présentes dans nos vies aujourd’hui qui nous poussent à faire des compromis néfastes ?
R : Il existe de nombreuses influences.
Les médias : Internet, la télévision, le cinéma, les journaux, etc. Combien d’entre vous savaient que Facebook a procédé à une certaine censure des informations conservatrices ? Si vous utilisez AOL, combien d’entre vous savent qu’AOL tente de mettre en avant tout ce qui est négatif concernant le christianisme ou les pasteurs chrétiens ?
Les lois : « Le Congrès ne fera aucune loi concernant l’établissement d’une religion. »
Tribunaux : Une brasserie devrait-elle être autorisée à licencier un chauffeur si les convictions religieuses de ce dernier, de confession musulmane, l’empêchent de distribuer de l’alcool ? Un tribunal devrait-il, en 2015, se prononcer contre un couple chrétien propriétaire d’une boulangerie dans l’Oregon et les contraindre à payer plus de 136 000 dollars parce qu’ils ont refusé de confectionner un gâteau pour un mariage homosexuel ?
Travail : Dans certains métiers, on subit des pressions pour mentir et manquer d’honnêteté. Un cadre chrétien que je connais a été emmené dans un club de strip-tease par son patron. Il arrive parfois qu’il y ait des fêtes quasi obligatoires où l’alcool coule à flots, et où l’on peut se sentir contraint de boire ou de descendre un shot.
Parfois, les amis : j’ai rencontré à Dublin, en Irlande, un chrétien qui avait été alcoolique pendant la majeure partie de sa vie. Une fois devenu chrétien, il savait qu’il ne devait pas se saouler, mais il lui était difficile de renoncer à ses anciennes habitudes, car ses amis lui demandaient sans cesse de les accompagner au pub. Il a finalement résolu le problème en ne prenant pas d’argent sur lui. Lorsque ses amis lui proposaient de les accompagner, il répondait qu’il pouvait y aller, mais qu’ils devraient payer car il n’avait pas d’argent sur lui. Au bout d’une ou deux fois, ils ont cessé de lui proposer.
Parfois, la famille : en Afrique du Nord, un adolescent musulman s’est converti au christianisme, si bien que sa mère a mis de la mort-aux-rats dans sa nourriture. Il arrive parfois qu’un conjoint demande le divorce parce que l’autre s’est converti au christianisme ou a cessé de fréquenter son groupe religieux. Dans l’Utah, Sandra Tanner a raconté avoir discuté avec des hommes mormons qui lui ont confié savoir que le mormonisme n’était pas la vérité, mais qu’ils ne pouvaient pas quitter publiquement cette religion, car leur femme demanderait le divorce et emmènerait les enfants avec elle. Je connais personnellement un couple non croyant qui s’est marié il y a de nombreuses années ; lorsque le mari est devenu chrétien, la femme a refusé d’avoir des relations intimes avec lui pendant une année entière, à moins qu’il ne renonce à sa foi chrétienne. La situation s’est finalement résolue lorsqu’elle est devenue chrétienne. Parfois, cela se manifeste de manière plus subtile, par exemple en prévoyant systématiquement d’aller au lac ou de pratiquer d’autres activités le dimanche matin.
Q : Dans Genèse 16:1-8, étant donné qu’Agar était une esclave, l’union sexuelle d’Abraham avec elle constituait-elle un viol forcé, comme certains musulmans sont autorisés à le faire par leur religion ? (Voir les hadiths de Boukhari, vol. 3, livre 46, chap. 13, n° 717, 718, p. 431-432)
R : Genèse 16, 3 indique qu’Agar est devenue l’épouse d’Abram, et elle ne s’y est apparemment pas opposée. En fait, Agar était fière de sa grossesse et se moquait de Saraï (Genèse 16, 4-5). Dans l’Ancien Testament, s’il était acceptable d’épouser une captive, les relations sexuelles en dehors du mariage n’étaient nulle part justifiées autrement que comme une immoralité perverse.
Q : Dans Genèse 16:3 ; 17:20 ; 21:13, le fait qu’Agar soit la mère d’Ismaël fait-il référence à Mahomet ?
R : Agar, la concubine d’Abraham, et son fils Ismaël sont mentionnés dans la Bible. Il existe toutefois une certaine incertitude quant à la descendance d’Adnan (ancêtre de Mahomet) issue d’Ismaël. Le célèbre historien musulman al-Tabari, dans son ouvrage, vol. 6, p. 37, écrit : « Les généalogistes ne divergent pas quant à la descendance de notre prophète Mohammed jusqu’à Ma’add b. ‘Adnan, […] mais ils divergent sur ce qui vient après. » Toutefois, il s’agit en fin de compte d’une fausse piste, car la présence d’Ismaël dans la Bible ne prouve pas que Mahomet vienne de Dieu.
Q : Dans Genèse 17:1 ; 28:3 ; 35:11 ; 43:14 ; 48:3 ; Exode 6:3, que signifie exactement le nom de Dieu « El Shaddai » ?
R : El-Shaddai est un nom de Dieu qui signifie littéralement « El » (« Dieu ») « Shaddai » (« Tout-Puissant »), selon le Dictionnaire biblique d’Unger (p. 1000-1001), le Nouveau Dictionnaire biblique NIV (p. 309-310) et le Dictionnaire biblique Wycliffe (p. 695). Ce nom était l’un des principaux noms de Dieu connus d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Même s’ils avaient appris le nom « personnel » de Dieu, Yahweh, Dieu lui-même ne s’est pas révélé à eux sous ce nom, comme il l’a fait à Moïse, selon Exode 6, 2-3.
Les noms de Dieu s’appliquent à Jésus en tant que membre de la Sainte Trinité, mais rien n’indique qu’El Shaddai s’applique davantage à Jésus qu’au Père ou au Saint-Esprit.
Le mot hébreu « el » était utilisé de manière très similaire à la façon dont nous utilisons aujourd’hui le mot français « Dieu/dieu ». Nous désignons le seul et unique Créateur Tout-Puissant par le nom de Dieu, nous désignons une idole par le terme de « dieu », etc. Le mot « Shaddai » (Tout-Puissant) sans « el » est utilisé dans Genèse 49, 25 ; Nombres 24, 4 et 16 ; Ruth 1, 20 et 21 ; 31 fois dans Job 5, 17 à 40, 2 ; ainsi que dans les Psaumes 68, 14 et 91, 1.
Certains critiques libéraux affirment qu’« El-Shaddai » proviendrait d’un terme païen signifiant « dieu de la montagne », mais rien ne prouve que la Bible fasse référence à cela.
El Shaddai est utilisé dans la Genèse à l’égard d’Abraham en 17:1 ; de Jacob en 28:3 ; 35:11 ; 43:14 ; 48:3 ; et de Moïse dans l’Exode 6:3.
Parmi les noms similaires désignant Dieu, on trouve El Elyon, « le Dieu Très-Haut », utilisé par Melchisédech (Genèse 14, 18 ; Nombres 24, 16 ; Deutéronome 32, 8 ; 2 Samuel 22, 14 ; Psaume 9, 2 ; Ésaïe 14, 14 ; Lamentations 3, 35, 38), El Hai (« Dieu vivant ») dans Josué 3, 10, ou simplement El (« Dieu ») à de nombreux endroits.
Q : Dans Genèse 17:3, que signifie le fait que Dieu soit Tout-Puissant ? Dieu peut choisir de ne pas faire certaines choses, mais quelles sont les quatre choses que Dieu ne peut pas faire ?
R : Dieu aurait pu faire de nous tous de simples robots s’Il l’avait voulu. Cependant, Dieu a voulu créer des êtres dotés du libre arbitre pour choisir de L’aimer ou non. Cela signifie que des personnes telles que Josué pouvaient choisir de « servir l’Éternel » (Josué 24:15). Des personnes telles que les pharisiens pouvaient rejeter le dessein de Dieu à leur égard, puisqu’elles « ont rejeté le dessein de Dieu à leur égard » (Luc 7, 30). Certains pouvaient « s’attacher à des idoles sans valeur » et « abandonner son amour » (Jonas 2, 8).
Voici quatre choses que Dieu Tout-Puissant ne peut pas faire.
Mentir (Hébreux 6:18)
Se laisser tenter par le mal (Jacques 1, 13)
Se renier (2 Timothée 2:13)
Jurer par quelqu’un de plus grand que Lui-même (Hébreux 6, 13)
Q : Dans Genèse 17:5, quelle est la signification du changement de nom d’Abram en Abraham ?
R : L’origine du nom Abram est incertaine. Il s’agit d’un nom sémitique occidental qui signifie probablement « le père est exalté » ou « père exalté ». Le nom « Abraham » signifie « père d’une multitude » ou « père des multitudes ».
On pourrait y voir « une plaisanterie devenue réalité ». Alors qu’Abram signifie « père », un nom ironique pour un homme sans enfant, le nom Abraham remporte la palme, puisqu’il signifie « père d’une multitude ». Comme l’indique l’ouvrage *735 Baffling Bible Questions Answered* (p. 39) : « On peut presque entendre les ricanements lorsqu’Abram, qui n’avait pas d’enfants, a annoncé à ses nombreux bergers et à leurs familles qu’à partir de ce moment-là, il s’appellerait Abraham. » Avoir des enfants revêtait une importance particulière dans la société antique ; pourtant, on comprend aisément à quel point la foi en Dieu d’Abraham, qui n’avait pas d’enfants, pouvait le rendre si facile à railler. Mais Dieu a tenu Sa promesse, et Abraham, au ciel, a pu sourire de cette plaisanterie que Dieu a orchestrée pour exaucer le vœu le plus cher d’Abraham.
Q : Dans Genèse 17:5, à quel point pensez-vous que Dieu prend au sérieux la manière dont nous sommes appelés, et la manière dont nous appelons les autres ?
R : J’oserais dire que Dieu prend les noms que nous nous donnons à nous-mêmes, ou que nous donnons aux autres, plus au sérieux que la plupart des gens.
Genèse 35, 10 – Jacob reçut un nouveau nom : Israël.
Dans Ésaïe 62, 2, Dieu promet un nouveau nom à son peuple.
Luc 1, 13, 60-63. Dieu tenait vraiment à ce que Jean-Baptiste s’appelle Jean.
Luc 1:31 – L’ange a dit à Marie de donner à son enfant le nom de Jésus. Le nom de Jésus/Josué était déjà évoqué dans Zacharie 3:8-9.
Matthieu 5:22 : traiter les gens d’imbéciles, d’esprits faibles ou de têtes vides
Matthieu 12, 35-37 : vous serez jugés pour chaque parole vaine que vous prononcerez
Apocalypse 3:12 : ceux de l’Église de Philadelphie recevront un nouveau nom.
Q : Dans Genèse 17:5, il existe un cantique chrétien dont les paroles disent : « Dites-moi, encore une fois, qui je suis en Vous ». Pourquoi avons-nous besoin qu’on nous rappelle qui nous sommes ?
R : Ce n’est pas parce que nous perdons toute idée de qui nous sommes. C’est plutôt que notre identité première, celle d’enfant de Dieu, peut être éclipsée par toutes les identités secondaires que nous portons. Nous pouvons être un conjoint, un parent, un enfant, un ami, un collègue, un consommateur, un fan et mille autres choses encore. Ce n’est pas nécessairement mauvais. Mais en tant que croyants, nous sommes avant tout un enfant de Dieu. Il est important de ne pas l’oublier, d’identifier ce qui tend à nous le faire oublier et d’en atténuer les effets.
Q : Dans Genèse 17:12, pourquoi Dieu a-t-il ordonné la circoncision précisément le huitième jour ?
R : Les Écritures ne le précisent pas. Cependant, le sang des nouveau-nés ne coagule pas aussi bien que celui des adultes. Après avoir mangé et absorbé de la vitamine K, leur sang contient davantage de prothrombine, qui intervient dans la coagulation. Chez les bébés qui ne reçoivent pas d’injection de vitamine K, les taux de prothrombine atteignent leur pic le huitième jour. C’était donc le jour idéal pour pratiquer la circoncision.
À titre d’information complémentaire, le Wycliffe Bible Dictionary, p. 354, indique que les Égyptiens pratiquaient la circoncision masculine ; une illustration montre cette pratique sur un garçon de 13 ans. Il précise que la plupart des peuples sémitiques pratiquaient apparemment la circoncision. Plus tard, les Éthiopiens ont également pratiqué la circoncision. Les Arabes, qui se réclament d’Ismaël, pratiquaient également la circoncision avant l’islam. La circoncision n’était pas pratiquée par les Philistins, les Babyloniens, les Assyriens et, plus tard, les Édomites.
Q : Dans Genèse 17:12, quels autres peuples pratiquaient la circoncision ?
R : L’historien grec Hérodote, dans son ouvrage *Histoire*, livre 2, chapitre 104, p. 69, indique que seuls les Égyptiens, les Éthiopiens et les Colchiens pratiquaient la circoncision. Il avance que les Colchiens avaient émigré d’Égypte. Il mentionne également que certains Phéniciens et Syriens pratiquaient cette coutume, affirmant qu’ils l’avaient apprise des Égyptiens.
L’écrivain antique Bardesan/Bardesanes (154-224-232 apr. J.-C.) indique que les habitants de la province romaine d’Arabie pratiquaient la circoncision, mais que les Romains les ont contraints à y renoncer lorsqu’ils ont conquis cette province. Cette information figure dans *Le Livre des lois des divers pays*, p. 730. Après la chute de Jérusalem en 70 apr. J.-C., un temple dédié à Jupiter fut construit sur ce site en 130 apr. J.-C. par l’empereur romain Hadrien, qui interdit également aux Juifs de pratiquer la circoncision.
Q : Dans Genèse 17:17 et Genèse 18:12, Abraham et Sarah ont-ils ri d’incrédulité, ou bien Sarah a-t-elle ri de joie dans Genèse 21:6 ?
R : Ces deux versets se complètent. Abraham et Sarah ont ri d’incrédulité avant la conception d’Isaac. Parfois, lorsqu’une personne désire ardemment quelque chose et que quelqu’un lui propose de le lui donner, la nature humaine peut être telle qu’elle en vient à douter et à en rire pour se protéger de la déception.
Cependant, Sarah a de nouveau ri de joie à la naissance d’Isaac.
Q : Dans Genèse 17:17 et Genèse 18:12-15, pourquoi Dieu a-t-il réprimandé Sara pour avoir ri, et non Abraham ?
R : Rire de surprise la première fois que l’on apprend quelque chose est différent de rire avec scepticisme par la suite, après qu’on vous l’a déjà annoncé. Le mot hébreu pour « rire », sahaq, recouvre ces deux sens.
Q : Dans Genèse 17:19, l’enfant de la promesse d’Abram a-t-il été nommé Isaac à cet endroit, ou bien dans Genèse 21:3 ?
R : Avant la naissance d’Isaac, Dieu a déclaré dans Genèse 17, 19 qu’il devait s’appeler Isaac. Ce verset ne précise pas s’ils lui ont donné ce nom ou non. Après la naissance d’Isaac, Genèse 21, 3 nous indique qu’ils l’ont bien appelé Isaac. C’est un peu comme lorsque l’ange Gabriel a dit à Marie de nommer son fils Jésus, et qu’après sa naissance, ils ont obéi à ce que l’ange avait dit.
Q : Dans Genèse 17:27, pourquoi Abraham a-t-il circoncis tous les hommes nés dans sa maison, qu’ils soient esclaves ou libres ?
R : Abraham ne souhaitait pas seulement que sa propre descendance fasse partie de la famille de l’alliance de Dieu sur terre, mais aussi tous les membres de sa maisonnée. Cela signifiait que leurs descendants feraient également partie du peuple de l’alliance de Dieu.
Philon le Juif (15/20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C.) a donné essentiellement la même réponse dans *Questions et réponses sur la Genèse*, III (62), p. 863.
Q : Dans Genèse 18, 1-10, pensez-vous qu’Abraham se soit montré hospitalier parce qu’il avait reconnu que Dieu lui rendait visite, ou parce qu’il était généralement hospitalier ?
R : Nous ne voyons pas exactement à quel moment Abraham s’est rendu compte qu’il ne s’agissait pas de visiteurs ordinaires, si ce n’est que cela s’est produit avant les versets 13 et 14. Hébreux 13, 2 pourrait indiquer qu’au départ, Abraham ne s’en était pas rendu compte. D’une manière générale, nous devons faire preuve d’hospitalité, comme le dit 1 Pierre 4, 9.
Q : Dans Genèse 18, 1-10, quels risques Abraham aurait-il courus en se montrant hospitalier ?
R : Abraham était extrêmement riche ; il aurait donc peut-être été plus prudent de ne pas laisser des étrangers venir éventuellement espionner son campement, notamment le nombre de gardes et l’emplacement de ses objets de valeur. Il aurait peut-être été plus prudent, dans un premier temps, de demander à l’un de ses serviteurs de s’entretenir avec eux, plutôt que de risquer une embuscade. Enfin, il aurait peut-être été plus prudent de se rendre chez eux plutôt que de les laisser venir chez lui. Cependant, Abraham n’a apparemment pensé à rien de tout cela. Abraham était un homme hospitalier.
Or, Romains 12, 13 ; Hébreux 13, 2 ; 1 Pierre 4, 9 ; et 1 Timothée 5, 10 nous enjoignent d’être hospitaliers envers les étrangers. La solution la plus sûre serait peut-être de ne jamais faire preuve d’hospitalité, mais dans ce cas, nous devons choisir entre ce qui semble être la solution la plus sûre et l’obéissance aux commandements de Dieu.
Q : Dans Genèse 18, qu’étaient les christophanies et les théophanies de l’Ancien Testament ?
R : Le terme « christophanie » désigne une apparition du Christ sur terre, avant sa naissance de Marie. Une théophanie est une apparition de Dieu, qu’il s’agisse du Père, du Fils, de l’Esprit Saint ou de la Trinité. Étant donné que certains ne font pas la distinction entre une christophanie et une théophanie, et qu’il est parfois difficile de déterminer si un ange est une apparition du Christ ou simplement un ange, voici une liste des théophanies possibles de l’Ancien Testament.
Dans le jardin d’Éden, avant la Chute. (Genèse 1, 29 – 3, 24)
Peut-être Melchisédech (Genèse 14, 18-20)
Conversation avec Agar, qui a vu l’ange (Genèse 16, 8-14)
Les trois visiteurs d’Abraham (Genèse 18, 1-33)
Dieu apparaissant à Abram (Genèse 17, 1-2)
Probablement pas l’échelle de Jacob, car il ne s’agissait que d’un rêve (Genèse 28, 12-15)
Probablement pas la lutte de Jacob avec l’ange (Genèse 32, 30)
L’apparition de Dieu à Jacob à Béthel (Genèse 35, 9-15)
Moïse et le buisson ardent (Exode 3, 2-22)
La nuée épaisse (Exode 19, 9)
Au mont Sinaï (Exode 19, 11-12 ; 24, 9-10)
Moïse voyant le dos de Dieu (Exode 33, 19-20)
Josué et le chef de l’armée du Seigneur (Josué 5, 13-15)
Gédéon voyant un ange (Juges 6, 11-24)
L’ange apparaissant à la mère de Samson (Juges 13, 3-5)
La nuée au-dessus de l’Arche de l’Alliance (1 Rois 8, 11-13)
Élie dans la fente du rocher (1 Rois 19, 9-18)
Le départ du Temple (Ézéchiel 10, 3-18) et Ésaïe 6 ne comptent probablement pas, puisqu’il s’agissait de visions.
Un point essentiel est que, pour certaines de ces apparitions, comme celles de Josué et du chef d’armée, l’homme n’a pas réalisé au premier abord qu’il s’agissait de Dieu.
Q : Les chapitres 18 et 19 de la Genèse comportent deux parties distinctes : 18, 1-19 et 18, 20-19, 33. Quels sont les deux éléments qui à la fois relient et opposent ces deux parties ?
R : Il s’agit de deux visites ; dans la première, un couple pieux souhaitait avoir un enfant mais n’y parvenait pas. Dans la seconde, des personnes voulaient commettre un viol homosexuel. Dans la première, Abraham a fait preuve d’une grande hospitalité ; dans la seconde, les habitants de la ville se sont montrés d’une inhospitalité meurtrière, tandis que Lot a fait preuve d’hospitalité d’une manière étrange et désespérée.
Q : Dans Genèse 18, 2, le fait qu’Abraham se soit incliné devant des rois vient-il étayer la pratique catholique et orthodoxe consistant à s’incliner devant des images ?
R : Non, la vénération des images n’est pas conforme à la Bible, car le deuxième commandement nous interdit d’avoir des images taillées pour les adorer. Cependant, quelle que soit la conviction de chacun concernant la vénération des images, ce verset ne peut être utilisé pour justifier le fait de s’incliner devant des images. Contrairement aux images,
1. Abraham s’est incliné pour témoigner son respect à une personne réelle.
2. Abraham manifestait son respect à un roi païen ; il n’y avait là ni vénération ni aucun honneur religieux.
3. Abraham n’a pas prié ces rois. Il n’a pas non plus prié Dieu par l’intermédiaire de ces rois, comme les orthodoxes prétendent le faire en priant Dieu par l’intermédiaire des images.
Un lecteur a affirmé que, dans le christianisme orthodoxe, la vénération n’est pas différente du respect. Or, cela est faux, car les orthodoxes orientaux prient Dieu et divers saints en s’adressant aux images (ou, plus précisément, par leur intermédiaire). Pourtant, ils ne prendraient pas leur épouse, leur enfant, leurs parents ou toute autre personne qu’ils respectent, ne les placeraient pas devant eux et ne leur adresseraient pas de prières.
Q : Dans Genèse 18, 2, quand faut-il s’incliner et quand faut-il refuser de s’incliner ?
R : Nous ne devons nous incliner devant aucune image religieuse ; cela inclut les images, statues ou décorations de table hindoues lors de la fête de Diwali. S’incliner pour témoigner son respect à quelqu’un, comme le font souvent les Japonais, est tout à fait acceptable.
Q : Dans Genèse 18:6, Dieu possède le bétail sur mille collines, et si Dieu avait faim d’une manière ou d’une autre, Il n’aurait pas besoin de le dire à qui que ce soit (Psaume 50:10-12). Si Dieu avait voulu manger quelque chose, Il n’aurait certainement pas eu besoin que Sarah et Abraham mettent à l’épreuve leurs talents de cuisiniers et de serveurs. Pourquoi pensez-vous que Dieu se soit « abaissé » à leur demander de Le servir ?
R : Dieu souhaitait interagir avec eux. C’est un peu comme un père et son fils de huit ans qui construisent une clôture ensemble. Le père a-t-il besoin du garçon ? Ne pourrait-il pas le faire plus rapidement sans que le garçon ne soit même là ? La clôture ne serait-elle pas plus belle sans la « contribution » du petit garçon ? Ces questions passent à côté de l’essentiel ; l’essentiel est que le père et le fils construisent quelque chose ensemble, en équipe. Le père le comprend. Parfois, l’enfant s’en rend compte, parfois non.
Bien sûr, en tant qu’êtres humains, les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Un jour, alors que l’une de mes filles était en CM1, elle m’a dit qu’elle voulait réaliser un projet artistique avec moi. J’ai trouvé que c’était une excellente idée, alors nous avons fabriqué ensemble un « hibou » en sac en papier, comme elle le souhaitait. Je trouvais que le résultat final était correct, mais une fois l’œuvre terminée, elle s’est mise à pleurer et m’a demandé pourquoi elle n’était pas née chez la dame d’en face, qui était professeure d’arts plastiques. Il nous arrive parfois de gâcher ce moment avec Dieu aussi, en pleurant parce que quelque chose n’a pas été à la hauteur de nos attentes, ou n’était pas aussi impressionnant que nous l’aurions souhaité.
Q : Dans Genèse 18, 16-33, qu’est-ce qui a rendu Sodome et Gomorrhe non seulement mauvaises, mais à tel point que Dieu allait les détruire ?
R : Commençons par ce qui n’est pas la réponse, puis examinons trois réponses, qui pourraient toutes être pertinentes.
S’il n’y avait pas de témoignage significatif de Dieu dans ces villes, il n’y en avait pas non plus dans de nombreuses autres villes ; cela ne constituait donc pas à lui seul la raison.
a) Les Cananéens pratiquaient généralement le sacrifice d’enfants et la prostitution sacrée. Genèse 18, 32 indique qu’il n’y avait même pas dix justes dans la ville.
b) Mais les habitants de Sodome et de Gomorrhe se livraient également à des pratiques homosexuelles, et leur homosexualité effrénée était odieuse aux yeux de Dieu.
c) Ils voulaient violer de manière homosexuelle les anges qui étaient apparus sous l’apparence d’hommes. Cependant, Dieu avait déjà décidé de détruire la ville avant l’arrivée des anges. Toutefois, leur attitude générale d’inhospitalité envers les visiteurs leur donnait l’audace de vouloir tenter de les violer.
Q : Dans Genèse 18, 16-33, comment a-t-on pu dissuader Dieu de détruire Sodome et Gomorrhe ? (Le critique biblique Bart Ehrman indique que Marcion a soulevé cette question dans *Lost Christianities*, p. 196)
R : Trois points sont à prendre en compte dans la réponse.
1. Dieu n’a pas été dissuadé de détruire Sodome et Gomorrhe ; Il les a bel et bien détruites.
2. Dieu n’avait pas besoin qu’Abraham intercède en sa faveur, pas plus qu’Il ne tire de connaissances de nos prières.
3. Dieu interagit plutôt avec nous d’une manière qui nous est compréhensible. Bien que la volonté révélée de Dieu change parfois lorsque nous changeons, même dans ce cas précis, Genèse 18, 16-33 ne donne aucune indication que Dieu ait modifié ce qu’Il avait l’intention de faire à la suite de Sa conversation avec Abraham. Il arrive parfois que Dieu daigne nous faire savoir ce qu’Il pensait et pourquoi.
Q : Les passages de Genèse 18, 10 et 14, ainsi que Genèse 21, 1 et 2, enseignent-ils que Dieu a fécondé Sarah, comme l’affirme Born Again Skeptic à la page 217 ?
R : Non. L’athée est passé à côté du fait que Dieu n’est pas revenu pour féconder Sarah, mais qu’Il est revenu après la naissance du fils. Dieu n’a dit que trois choses au sujet du fils de Sarah.
1. Dieu leur rendrait à nouveau visite l’année suivante, comme le dit Genèse 18, 10 et 14.
2. Dieu tiendrait Sa promesse selon laquelle Sara aurait un fils, comme le dit Genèse 21:1.
3. Et surtout, ce fils serait issu d’Abraham (Genèse 17:15, 17). Pour être précis, ce fils était issu du corps même d’Abraham, comme le dit Genèse 15:4.
Q : Dans Genèse 18, 27, pourquoi Abraham insiste-t-il particulièrement sur le fait qu’il n’est que poussière et cendres ?
R : Abraham, négociateur et diplomate chevronné, se rend compte qu’il adresse à Dieu une requête très audacieuse. Abraham tient tout d’abord à reconnaître qu’il n’est rien devant Dieu et qu’il n’a aucun droit d’obliger Dieu à faire quoi que ce soit, avant de Lui demander de modifier ce qu’Il a révélé.
Q : Dans Genèse 19, le péché de Sodome et Gomorrhe était-il vraiment un manque d’hospitalité, comme le dit Ézéchiel 16, 49 ?
R : Ce n’est qu’une partie de l’histoire. Certains homosexuels citent Ézéchiel 16, 49 mais ignorent Ézéchiel 16, 50, qui précise qu’ils « ont commis des abominations ». Genèse 19, 5-7 met l’accent sur l’homosexualité. Jude 7 parle également de ceux qui « se sont livrés à l’immoralité sexuelle et ont recherché une chair étrangère ». Genèse 13, 13 montre que la méchanceté de Sodome était antérieure à l’arrivée de Lot.
Q : Dans Genèse 19, pourquoi quelqu’un comme Lot vivait-il dans cet endroit de toute façon ?
R : À quoi pensait Lot ? Peut-être y avait-il des avantages économiques à rester dans cette ville. Peut-être Lot était-il honoré en tant que l’un des citoyens les plus en vue de la ville. Peut-être avait-il perdu toute sa fortune après que les rois eurent capturé les habitants de Sodome.
À quoi Lot ne pensait-il pas ? Rien n’indique que Lot se soit jamais posé la question : « Cet environnement est-il bon pour moi sur le plan spirituel ? » Il ne s’est apparemment jamais demandé non plus : « Cet environnement est-il bon pour mes enfants ? »
Q : Dans Genèse 19, 1-3, comment les « trois hommes » de Genèse 18, 2 sont-ils devenus deux anges/hommes dans Genèse 19, 1, et pourquoi semblaient-ils avoir besoin d’un abri ?
R : Il s’agissait de théophanies, c’est-à-dire d’apparitions de Dieu. Dieu pouvait facilement modifier le nombre de personnes visibles. Deux étrangers pouvaient donner l’impression d’avoir besoin d’un abri. Alors qu’Abraham, qui avait déjà reçu la visite de Dieu, aurait pu rapidement comprendre que ces trois hommes n’étaient pas des hommes ordinaires, Lot n’était peut-être pas en mesure de voir qu’ils n’étaient pas des hommes ordinaires. Nous ne le savons pas. Mais ils auraient pu apparaître comme de simples hommes ordinaires. Lot aurait pu simplement les ignorer, sachant que la place publique de cette ville était assez dangereuse. Une fois qu’ils lui eurent dit qu’ils n’avaient pas besoin de son aide, Lot aurait pu se dire : « Bon, j’ai essayé de les aider, mais s’ils veulent courir un danger, cela m’est égal. » Mais Lot n’a pas agi ainsi ; il a insisté pour leur offrir sa protection face à cette situation dangereuse.
Qui a protégé qui ? Ironiquement, il semblait au premier abord qu’ils ne soient venus chez Lot que parce que celui-ci avait insisté pour les protéger. Cela a peut-être paraître amusant aux anges du ciel de voir cet homme mortel décider de protéger ces anges. Mais il s’est avéré que ce sont les anges qui ont protégé Lot et sa famille cette nuit-là, et qui ont finalement sauvé toute la famille de Lot, à l’exception de sa femme, de la mort par la suite.
Q : Dans Genèse 19:8, pourquoi Lot a-t-il proposé ses filles vierges à la foule ?
R : Les Écritures ne nous révèlent pas les motivations de Lot pour cet acte malfaisant, mais nous pouvons en déduire trois choses.
1. Lot se trouvait dans une situation désespérée ; il a peut-être cédé à la panique et pris les choses en main.
2. Il savait que les hommes de Sodome n’avaient aucun intérêt pour ses filles.
3. Lot vivait à Sodome depuis longtemps, et il savait probablement que ces hommes ne s’intéressaient pas à ses filles. Lot essayait sans doute de gagner du temps.
Une combinaison de tous les éléments ci-dessus. Les filles étaient déjà promises en mariage, et si les hommes avaient abusé de ses filles, tant celles-ci que Lot savaient que les clans auxquels appartenaient les futurs époux se vengeraient sur ces hommes. Si un clan n’obtenait pas justice ou ne menait pas de représailles pour un tort manifeste qui lui avait été causé, il risquait de paraître faible et les autres clans ne le respecteraient pas. Ainsi, à une époque ultérieure, un meurtre ou un viol pouvait déclencher une guerre entre clans, à moins que les auteurs ne soient livrés pour être punis ou qu’un prix du sang ne soit convenu par le clan victime et versé par le clan coupable.
La Bible ne cautionne pas ici l’acte de Lot ; elle se contente de le rapporter. Si la Bible n’était que de la « propagande », on s’attendrait à ce qu’elle ne relate que les aspects positifs et ne mentionne jamais rien de négatif. Or, la Bible n’est pas de la propagande, mais la véritable parole de Dieu, et elle parle en toute honnêteté de la vie des gens, avec leurs défauts et leurs qualités.
Q : Dans Genèse 19, 23-26, les anges ont protégé non seulement Lot, mais toute sa famille. Ainsi, si la femme de Lot était bel et bien protégée, pourquoi est-elle morte et s’est-elle transformée en statue de sel ?
R : Les anges les ont bel et bien tous protégés, y compris la femme de Lot. Mais celle-ci s’est soustraite à leur protection. Ou, pour être plus précis, elle est restée sur place alors qu’elle aurait dû partir. Parfois, lorsque Dieu nous ordonne d’aller quelque part pour accomplir une tâche, il peut nous sembler bien plus sûr de simplement rester où nous sommes. Mais Dieu sait mieux que quiconque. Un deuxième exemple où le fait de rester sur place s’est avéré dangereux concerne Abraham lui-même. Abraham quitta Ur, probablement l’une des plus grandes villes de tout le Moyen-Orient, voire du monde, vers 2 000 av. J.-C. En 1 950 av. J.-C., les Élamites détruisirent la ville tout entière, en représailles à la destruction par Ur de Suse, la capitale élamite, qui avait eu lieu auparavant. Désobéir à Dieu et rester à Ur aurait entraîné la mort ou l’esclavage d’Abraham. Bien sûr, Abraham ne pouvait pas le savoir à l’époque.
Q : Dans Genèse 19:24-26, comment exactement Sodome et Gomorrhe ont-elles été détruites ?
R : La Bible dit simplement que l’Éternel fit pleuvoir du soufre et du feu, et que la femme de Lot, qui s’était retournée, fut transformée en statue de sel. Bien que nous ne disposions pas de plus de détails, nous savons que la région est riche en poix (pétrole) et en asphalte en surface. Imaginez une tempête, du vent et des éclairs qui enflammeraient la poix. L’incendie qui en résulterait provoquerait son propre vent, et toute la région ne serait pas un endroit où l’on aurait envie de se trouver. D’un autre côté, il aurait pu s’agir principalement d’une éruption volcanique, un peu comme un mini mont Saint-Hélens dans l’État de Washington en 1980.
Q : Dans Genèse 19:26, connaît-on d’autres cas depuis lors, outre celui de la femme de Lot, où des personnes se sont transformées en « statue de sel » ?
R : Physiquement, des personnes et des chiens ont été tués sur le coup et leurs corps ont été préservés en étant recouverts de cendres à Pompéi lors de l’éruption du Vésuve. Cela s’est sans aucun doute produit également lors d’autres éruptions majeures.
Au sens figuré, la femme de Lot a été endurcie jusqu’à l’insensibilité par son amour pour la vie qu’elle avait laissée derrière elle. Depuis lors, beaucoup ont également été endurcis par leur amour pour le monde. Pour ne citer que des exemples évidents, le toxicomane, lorsqu’il cherche sa dose, ou l’alcoolique, lorsqu’il cherche à boire, ne sont pas vraiment conscients des joies simples de la vie qui les entourent. Le péché en général, ou le fait de désirer quoi que ce soit plus que Dieu, peut vous rendre moins attentif aux bonnes choses que Dieu nous a données. Clément d’Alexandrie (qui a écrit entre 193 et 217/220 apr. J.-C.) a été l’un des premiers à voir cette application dans son ouvrage *Exhortation aux païens*, chapitre 10, p. 201.
Q : Dans Genèse 19, 30-36, pourquoi la Bible enseigne-t-elle que Lot a eu des relations sexuelles avec ses filles ? Je ne peux tout simplement pas croire que cela ait été juste.
R : C’est bien, la Bible ne dit pas que c’était juste. L’inceste et la fornication sont des maux, et la Bible rapportait honnêtement ce que Lot a fait.
Pour la défense de Lot, Irénée, dans *Contre les hérésies*, chapitre 31 (182-188 apr. J.-C.), souligne que la Bible montre que Lot n’a pas agi par convoitise, mais que ses défenses étaient affaiblies après avoir trop bu.
Origène (225-254 apr. J.-C.) a déclaré que des récits tels que celui de Lot et de ses filles figurent dans les Écritures sacrées pour montrer le désir de vérité des auteurs de la Bible, qui ne dissimulaient pas même ce qui pouvait leur porter préjudice. Origène, dans *Contre Celse*, livre 4, chapitre 45, p. 518
Q : Dans Genèse 20 et Exode 23,31, comment les Philistins ont-ils pu se trouver en Israël à l’époque d’Abraham, vers 2000 av. J.-C. ?
R : Bien qu’il y ait eu une migration massive vers 1 200 av. J.-C., les premières couches archéologiques d’Ashdod étaient déjà occupées dès le XVIIe siècle av. J.-C. (H.F. Vos, *Archaeology in Bible Lands*). Quelqu’un vivait déjà sur ces terres fertiles à cette époque, et aucun élément historique ne permet d’affirmer qu’il ne s’agissait pas des Philistins. Après la défaite des Philistins face aux Égyptiens en 1190 av. J.-C., ces derniers sont arrivés en force en Palestine, et il est logique qu’ils se soient repliés vers les lieux où ils disposaient déjà de cités.
Q : Dans Genèse 20, 3 et 6, pourquoi Dieu a-t-il dit qu’Abimélec était un homme mort, alors qu’Abimélec a survécu ?
R : Dieu ne change pas (Malachie 3:6 ; Jacques 1:17 ; Hébreux 13:8). Cependant, Ézéchiel 33:12-20 montre que la volonté révélée de Dieu envers les hommes peut changer lorsque ceux-ci changent.
Reportez-vous à l’analyse d’Exode 33,5-6 ; Deutéronome 20,17 ; Jérémie 15,6 ; Jonas 3-4 ; Jonas 3,10 ; et Jonas 4,1-2 pour plus d’informations.
Q : Dans Genèse 20:3, 8-10, Genèse 26:1, Juges 8:31 et Juges 9:1, que signifie « Abimélec » ?
R : « Ab » signifie « père » et « melech » signifie « roi » ou « souverain ». Cela signifie soit « père du roi », soit « le père est roi ». Outre le fait qu’il s’agisse du nom de deux rois de Guérar et du fils de Gédéon, Cyril Aldred, dans son ouvrage *Akhenaton, roi d’Égypte* (p. 186), indique qu’Abimilki était un souverain de Tyr mentionné dans les lettres d’Amarna (1400-1370 av. J.-C.).
Q : Dans Genèse 20, 12, pourquoi Abram a-t-il épousé sa demi-sœur Saraï ?
R : L’inceste n’était pas expressément interdit à l’époque. De plus, Abram n’était pas nécessairement croyant au moment de son mariage.
Q : Dans Genèse 21, 8-14, Abraham a-t-il eu raison de renvoyer Agar ?
R : Normalement, Abraham aurait eu tort de renvoyer Agar, la mère de son enfant, et son fils adolescent, seuls, sans protection et avec très peu d’eau, même si Agar s’était moquée de Sara dans Genèse 21, 9. C’est pourquoi la demande de Sara a profondément bouleversé Abraham dans Genèse 21, 11. Cependant, dans ce cas particulier, Dieu a dit à Abraham d’y aller, et que tout irait bien. Dieu lui-même a donné de l’eau à Agar et à Ismaël (Genèse 21, 17-19), et Dieu était avec Ismaël tout au long de sa vie (Genèse 21, 20).
À titre d’information, Agar était en réalité un prénom sémitique. De nombreux Sémites vivaient dans le nord de l’Égypte.
Q : Dans Genèse 21:14, si vous lisez l’Ancien Testament, il apparaît clairement que, dans la Genèse, le fils aîné (c’est-à-dire l’élu de Dieu, l’héritier de son père) est ISMAËL, et les mensonges introduits par les Juifs dans l’Ancien Testament pour le déshériter (pourquoi ? Parce qu’ils ne pouvaient accepter quelqu’un venant de l’extérieur de leur tribu) apparaissent clairement lorsqu’ils ont écrit qu’ISHMAËL et sa mère HAGAR avaient été bannis à jamais de la tribu d’ABRAHAM ? Or, en poursuivant la lecture de la Genèse, on constate que la véritable histoire est la suivante : « ISHMAËL mourut en présence de tous ses frères » (sa famille) et, plus loin, « ISAAC mourut en présence de tous ses frères ». Ces affirmations tirées de la Bible révèlent clairement une nouvelle interpolation juive : ils ont dû inventer l’épisode de l’exil définitif d’Hagar et d’Ismaël afin de pouvoir remplacer Ismaël, qui était à l’origine le « fils unique d’Abraham » à l’époque où ABRAHAM était prêt à tout sacrifier par amour et par obéissance à la volonté de Dieu ; cela montre également que la promesse du sauveur de l’humanité a été faite par l’intermédiaire d’ISHMAEL (le fils aîné) et non d’ISAAC (le deuxième fils). (C’est un musulman qui a dit cela)
R : Tout d’abord, certains musulmans ignorent peut-être que le Coran ne précise pas si le fils qui a été offert en sacrifice était Ismaël ou Isaac.
Votre affirmation selon laquelle Ismaël est mort en présence « de sa famille » ne prouve pas qu’il n’ait pas été banni. La seule mention que fait la Bible à ce sujet se trouve dans Genèse 25:17b, où il est dit : « Puis il rendit l’esprit et mourut, et il fut réuni à son peuple. » Il s’agissait là d’un euphémisme courant pour dire qu’il était mort. Bien sûr, ses enfants et ses beaux-parents auraient pu se trouver près de lui. Cela ne prouve pas pour autant qu’il ait été enterré auprès de ses ancêtres, car Abraham lui-même a été « réuni à son peuple » dans Genèse 25:8, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il ait été enterré à Ur des Chaldéens.
Contrairement à ce que vous laissez entendre, il n’est jamais dit qu’Abraham devait sacrifier son fils aîné. Abraham devait plutôt sacrifier son fils unique, car Ismaël avait déjà été renvoyé et Isaac était le seul enfant de la promesse.
J’ai toutefois une question à vous poser : le Coran pourrait-il se tromper ?
1. Sourate 32, verset 23 : « Nous avons certes donné auparavant le Livre à Moïse. Ne doutez donc pas de sa véracité : et Nous en avons fait un guide pour les enfants d’Israël. » Reconnaissez-vous donc que la Torah, telle qu’elle a été donnée à l’origine, était exacte et provenait du vrai Dieu ?
2. Sourate 5:46 : « Et sur leurs traces [celles des prophètes], Nous avons envoyé Jésus, fils de Marie, confirmant la Torah qui l’avait précédé ; Nous lui avons donné l’Évangile, dans lequel se trouvaient une guidance et une lumière, ainsi qu’une confirmation de la Torah qui l’avait précédé : une guidance et un avertissement pour ceux qui craignent Allah. » Êtes-vous donc d’accord pour dire que la Torah à l’époque de Jésus, telle qu’il l’a confirmée, était la véritable parole d’Allah ?
3. Les manuscrits de la mer Morte contiennent de nombreuses copies de textes de l’Ancien Testament datant de l’époque du Christ et d’avant. Voici les trois points sur lesquels vous estimez que la Bible comporte des erreurs :
3.1. Isaac était l’enfant de la promesse, de l’alliance. Genèse 17:19, 21
3.2. Ismaël et Agar ont été chassés. Genèse 21, 8-19
3.3. Abraham sacrifiant Isaac plutôt qu’Ismaël. Genèse 22, 1-18
Les manuscrits de la mer Morte mentionnent qu’Isaac est l’enfant de la promesse. Philon était un érudit juif qui vécut à Alexandrie, en Égypte, et mourut en l’an 50 après J.-C. Il rédigea un commentaire sur la Genèse, et ce commentaire montre que la Genèse de son époque était identique à celle dont nous disposons aujourd’hui.
Clément de Rome était un évêque des débuts du christianisme, probablement le Clément mentionné par Paul, qui a écrit une lettre aux Corinthiens entre 96 et 98 après J.-C. Il mentionne que le fils qu’Abraham s’apprêtait à sacrifier était le fils de sa vieillesse. [Il ne dit toutefois pas explicitement qu’il s’agissait d’Isaac].
4. Vous ne pouvez pas reprocher aux chrétiens de juger vos accusations portées contre l’Évangile, tant celui de l’époque de Jésus que celui de l’époque de Mahomet, en raison de la sourate 5:47. Celle-ci dit : « Que les gens de l’Évangile jugent selon ce qu’Allah y a révélé… ». Reconnaissez-vous donc que les chrétiens devraient juger selon l’Évangile, dont nous possédons des exemplaires datant de bien avant l’époque de Mahomet ? Si ce n’est pas le cas, le Coran est-il alors erroné ?
La sourate 5:48 dit : « C’est à vous (gens du Livre) que Nous avons fait descendre le Livre en toute vérité, confirmant le Livre qui l’a précédé et le préservant. Jugez donc entre eux selon ce qu’Allah a révélé, et ne suivez pas leurs vains désirs, qui vous détournent de la vérité qui vous est parvenue… ». Si vous êtes un musulman en désaccord avec ces paroles, comment Allah fait-Il alors la distinction entre Ses paroles, qu’Il ne permet aux fidèles de connaître que sous une forme altérée, et Ses paroles qui restent inaltérées ?
La plupart des musulmans considèrent les hadiths, qui constituent les recueils faisant autorité des paroles et des actes de Mahomet, comme les sources les plus élevées après le Coran. Parmi les six grands recueils de hadiths reconnus, celui de Boukhari est le plus éminent. J’ai pensé que vous aimeriez lire ce qu’il dit à propos d’Hagar et d’Ismaël.
Boukhari, vol. 4, livre 55, chapitre 9, n° 583, p. 373 : « Abraham l’amena [Hagar] avec son fils Ismaël, alors qu’elle l’allaitait, à un endroit près de la Kaaba, sous un arbre situé à l’emplacement de Zam-zam, au point le plus élevé de la mosquée. À cette époque, il n’y avait personne à La Mecque, ni aucune source d’eau. Il les fit donc s’asseoir là et plaça près d’eux une sacoche en cuir contenant quelques dattes, ainsi qu’une petite outre renfermant un peu d’eau, puis il reprit le chemin du retour. La mère d’Ismaël le suivit en disant : « Ô Abraham ! Où allez-vous, en nous laissant dans cette vallée où il n’y a personne dont nous puissions apprécier la compagnie, ni rien d’autre (dont nous puissions profiter) ? » Elle lui répéta cela à plusieurs reprises, mais il ne se retourna pas vers elle. Elle lui demanda alors : « Est-ce Allah qui t’a ordonné d’agir ainsi ? » Il répondit : « Oui ». … (p. 374, même hadith) « Le Prophète dit : « C’est là l’origine de la tradition consistant à faire l’allée et retour entre ces deux lieux (c’est-à-dire Safa et Marwa). Lorsqu’elle parvint à Marwa (pour la dernière fois), elle entendit une voix ; elle se dit de rester silencieuse et écouta attentivement. … Elle vit un ange à l’endroit de Zam-zam en train de creuser la terre avec son talon (ou son aile), jusqu’à ce que de l’eau jaillisse de cet endroit. » Votre point de vue n’est donc cohérent ni avec celui de Boukhari ni avec celui de la Bible.
Le célèbre historien musulman al-Tabari (839-923 apr. J.-C.) a cherché à déterminer si c’était Ismaël ou Isaac qui avait failli être sacrifié, et il a affirmé qu’il s’agissait d’Isaac, et non d’Ismaël (al-Tabari, vol. 2, p. 68). Il a consacré dix pages à une analyse des autorités musulmanes qui affirmaient qu’il s’agissait d’Isaac et de celles qui affirmaient qu’il s’agissait d’Ismaël (al-Tabari, vol. 2, p. 82-92), tout en concluant qu’il s’agissait d’Isaac.
Cependant, je pense que cette question, à savoir lequel des fils d’Abraham était lequel, est d’une importance mineure comparée à la capacité de répondre à la question posée dans Proverbes 30, 4 et suivants : « Qui a fait surgir toutes les extrémités de la terre ? Quel est son nom, et quel est le nom de son Fils ? Vous le savez certainement. » (Traduction littérale de Green)
Q : Dans Genèse 22, pourquoi Dieu a-t-il encouragé le sacrifice humain avec Abraham et Isaac ?
R : Quatre points sont à prendre en compte dans la réponse.
1. Abraham avait déjà montré qu’il aimait Dieu plus que son peuple et sa culture, mais Dieu a mis Abraham à l’épreuve pour voir s’il aimait Dieu plus que son propre fils bien-aimé.
2. Les Dix Commandements (tu ne tueras point, etc.) n’ont été donnés qu’à Moïse sur le mont Sinaï.
3. Même dans ce cas unique où Dieu a initialement ordonné le sacrifice, Il en a empêché l’exécution. Personne n’est mort.
4. Dieu le Père n’a rien demandé à Abraham qu’Il n’ait Lui-même accompli, en sacrifiant Jésus pour nous.
Comme l’a écrit Chip Ingram (le 20 mai 2007) : « À un moment donné, Dieu vous demandera votre Isaac. C’est en vous abandonnant à Lui que vous découvrirez la plus grande puissance de Dieu. […] L’abandon à Dieu est ce qui manque à l’Église aujourd’hui. »
Q : Dans Genèse 22, 1-18, le garçon qu’Abraham a failli sacrifier pourrait-il être Ismaël, et non Isaac, comme l’affirment les musulmans ? Sinon, comment Isaac pourrait-il être le « fils unique » d’Abram ?
R : C’est Isaac qui a failli être sacrifié, et non Ismaël, pour au moins cinq raisons :
Même le Coran ne dit pas qu’il s’agissait d’Ismaël : Genèse 22, 2 précise qu’il s’agissait d’Isaac. Pour les musulmans, bien que le Coran aborde ce sujet dans la sourate 37, versets 99 à 111, nulle part dans l’ensemble du Coran il n’est précisé s’il s’agissait d’Ismaël ou d’Isaac.
Le seul garçon qu’Abram avait à l’époque : Ismaël avait 14 ans à la naissance d’Isaac, d’après Genèse 17:25 et Genèse 18:10. Agar et Ismaël ont été renvoyés dans un autre lieu le jour où Isaac a été sevré, comme le rapporte Genèse 21:8-10. Abraham fut mis à l’épreuve « bien longtemps » après cela, selon Genèse 21, 34, et un « garçon » se trouvait sur l’autel, selon Genèse 22, 12.
Fils unique aux yeux de Dieu : Dieu a déclaré que c’était par Isaac, et non par Ismaël, que la descendance d’Abraham serait comptée, comme l’indique Genèse 21, 12. Abraham n’avait pas Ismaël auprès de lui, car Ismaël et sa mère avaient été « chassés » en étant renvoyés, selon Genèse 21, 10-12.
Seul héritier dans ce monde : Isaac était le seul héritier, et « fils unique » signifie également « fils bien-aimé ». Bien que la culture de l’époque acceptât de prendre des concubines pour la procréation, l’héritage et le droit d’aînesse revenaient aux fils des épouses légitimes, et non aux fils des concubines.
Seul fils de la promesse : Genèse 21, 12 dit : « C’est par Isaac que ta descendance sera comptée ». Abraham avait également d’autres fils, mais ceux-ci sont nés après lui.
Q : Dans Genèse 22:2, en quoi Isaac était-il le « fils unique » d’Abram ?
R : Bien qu’Ismaël fût né le premier, il avait déjà été renvoyé à cette époque, et Isaac était le seul fils qu’Abram avait encore auprès de lui. Isaac était l’unique héritier, et « fils unique » peut également signifier « fils bien-aimé ». Genèse 21:12 dit : « C’est par Isaac que ta descendance sera comptée ». Abraham avait également d’autres fils, mais ceux-ci étaient nés après celui-ci. Bien que la culture de l’époque acceptât de prendre des concubines à des fins de procréation, l’héritage et le droit d’aînesse revenaient aux fils des épouses légitimes, et non aux fils des concubines.
Q : Dans Genèse 22:2, le Saint-Esprit conduit-il jamais les gens à désobéir à ce qui a été révélé dans la Bible ?
R : Non. Trois points sont à prendre en compte dans cette réponse.
1. Bien entendu, Dieu n’a pas conduit Abraham à faire quoi que ce soit qui aille à l’encontre des Écritures révélées, puisque celles-ci n’étaient pas encore consignées par écrit à l’époque d’Abraham.
2. Depuis que les Écritures ont été révélées, Dieu ne demande à personne d’agir contrairement à ses commandements révélés. Même lorsque le Saint-Esprit a conduit Jésus dans le désert, où il a été tenté par Satan, le Saint-Esprit n’a pas tenté Jésus ni ne lui a demandé de commettre une faute.
3. Dieu ne souhaite pas que quiconque accomplisse des actes contraires à Sa volonté. Même lorsque Dieu a ordonné à Abraham d’offrir Isaac en sacrifice, Il n’a pas permis à Abraham d’aller jusqu’au bout et de tuer Isaac.
Ainsi, Dieu a pu dire cela à Abraham à l’époque, car la Loi mosaïque n’avait pas encore été écrite. Mais à l’époque comme aujourd’hui, Dieu ne veut jamais que quiconque aille jusqu’à sacrifier une personne.
Q : Dans Genèse 22:12, puisque Dieu a dit « Maintenant, je sais que tu crains Dieu », Dieu ne savait-Il pas ce qu’Abram allait faire ?
R : Bien sûr, Dieu le savait, mais cette expression signifie que c’est à ce moment précis qu’Abraham a prouvé ce qu’il ferait.
Isaac était ce qu’Abraham avait de plus précieux dans la vie. Mais Isaac était-il plus important que Dieu ? Abraham a montré que Dieu passait avant tout dans sa vie. Jacques 1 dit que l’épreuve de notre foi produit la persévérance. Mais même si nous pourrions souhaiter une foi qui ne prenne jamais de risques, ce n’est pas la foi que Dieu a fait grandir chez Abraham ou chez d’autres. Abraham n’avait pas le choix quant à la nature, aux circonstances ou au moment de l’épreuve de sa foi, et nous n’en avons généralement pas non plus.
Q : Dans Genèse 23 et Exode 3:8, comment les Hittites pouvaient-ils se trouver en Palestine ?
R : Les Hittites étaient un peuple très répandu, et une colonie s’était installée dans les montagnes de Palestine. Les Hittites, de langue indo-européenne, ont saccagé Babylone en 1590 av. J.-C. D’autres pensent que ce passage fait référence aux Hatti, un peuple non indo-européen qui a été conquis avant 2000 av. J.-C. Les termes « Hatti » et « Hitti » s’écrivent de la même manière en hébreu.
Q : Dans Genèse 23:2, pourquoi est-il précisé que Kiriath-Arba est également appelée Hébron ?
R : Il existe deux raisons possibles et complémentaires pour lesquelles Hébron est mentionnée ici.
Rappelons-nous que si Abraham a vécu vers 2000 av. J.-C., le Livre de la Genèse a été rédigé à l’époque de Moïse, entre 1447 et 1407 av. J.-C. ; il est donc possible que cette ville ait été appelée Hébron par les Israélites et/ou les Cananéens à l’époque de Moïse. Les espions israélites connaissaient la géographie de Canaan et ont peut-être utilisé ce nom pour désigner la ville à l’époque de Moïse.
Quoi qu’il en soit, peu après la conquête menée par Josué, les Israélites n’appelaient cette ville que Hébron, et non Kiriath-Arba. Cette simple note explicative indiquant que Kiriath-Arba est désormais Hébron a peut-être été ajoutée peu après.
Q : Dans Genèse 23:2, une négociation consiste généralement en un échange de concessions. Par exemple, un vendeur propose 300 $. L’acheteur propose 100 $. Le vendeur propose 250 $ ; l’acheteur propose 150 $. Peut-être s’accordent-ils sur 200 $. En quoi cela est-il le contraire d’une négociation classique ?
Pourquoi Abraham a-t-il dit : « Je suis un étranger et un venant de l’extérieur parmi vous » ?
Genèse 23, 5-6 : Les Hittites : « Vous êtes un prince parmi nous. Enterrez votre défunt dans l’un de nos tombeaux, gratuitement. »
Genèse 23, 7-9 Abraham s’incline : « Je vous prie d’intercéder auprès d’Éphron pour qu’il me laisse acheter la grotte située sur sa propriété. »
Genèse 23, 10-11 Éphron : Vous pouvez avoir la grotte gratuitement.
Genèse 23, 12-13 Abraham s’incline : « Je souhaite payer la grotte. Quelle est la valeur marchande de cette propriété ? »
Genèse 23:14-15 Éphron : Elle vaut 400 sicles.
Genèse 23:16 Abraham ne discuta pas et ne négocia pas, mais accepta simplement de payer 400 sicles.
À cette époque, le sicle était une unité de poids ; ce n’est que plus tard qu’il est devenu une unité monétaire.
Dans Josué 7:21, Acan a volé 200 sicles d’argent. À l’époque d’Abraham, un esclave de sexe masculin valait environ 20 sicles. Quelques siècles plus tôt, un esclave valait entre 10 et 15 sicles. À l’époque de Moïse, environ 500 ans plus tard, un esclave valait 30 sicles. Ainsi, le prix du champ correspondait à environ dix esclaves.
La réponse est que, aussi riche qu’Abraham fût, il ne se souciait pas de cette modeste somme d’argent. Il tenait davantage à ce qu’ils voient qu’il payait le prix du marché pour ce champ, afin qu’ils soient plus enclins à laisser le tombeau intact. Il est parfois plus avantageux de ne pas exploiter votre avantage au maximum, mais d’en céder une partie à l’autre partie pour créer un climat de bonne volonté, surtout lorsque vous ne pouvez pas être présent pour vous assurer qu’elle respectera sa part du marché.
Q : Dans Genèse 23, 2-3, bien qu’Abraham ait pleuré sur Sarah, en quoi s’est-il montré courtois envers les Hittites ?
R : Abraham leur a rendu hommage dans son discours. Sur le plan financier, non seulement il n’a pas cherché à obtenir le prix le plus bas, mais il leur a laissé l’initiative et les a laissés fixer le prix. Parfois, même avec nos jeunes enfants, il est bon de leur laisser l’initiative.
Dans Luc 14, 9-11, Jésus a dit : « Lors d’un banquet, prenez la place la plus humble. » Lorsque vous organisez un banquet, invitez les pauvres, les infirmes et tous ceux qui ne peuvent pas vous rendre la pareille.
Q : Dans Genèse 23, 3-20, Abraham a connu un grand succès en affaires. Mais ici, s’il souhaitait obtenir le terrain gratuitement, ou à un prix très bas, il ne semblait pas être un bon négociateur. – Ou l’était-il ?
R : Il y a un adage à retenir : « Gardez les yeux rivés sur l’objectif ». Parfois, un bon homme d’affaires sait que le prix le plus bas n’est pas le seul objectif. Qui serait présent près du terrain et de la tombe lorsque Abraham et sa famille seraient absents ? Il valait mieux ne pas mener des négociations trop dures qui laissaient des rancœurs, mais plutôt laisser une bonne impression. Il a toujours voulu que les Hittites gardent un bon souvenir de lui, afin qu’ils ne profanent pas ou ne réutilisent pas le lieu de sépulture après son départ. Dans Genèse 25, 9-10, Abraham a été enterré dans la même grotte, aux côtés de Sarah, tout comme Jacob dans Genèse 50, 12-13. Dans Genèse 50, 25, Joseph ne voulait pas être enterré en Égypte.
Q : Dans Genèse 23, 5, pourquoi les Hittites considéraient-ils Abraham comme un prince puissant parmi eux ?
R : Abraham était très riche. Il avait apparemment également noué des relations étroites avec eux, et ceux-ci le considéraient non seulement comme un ami, mais aussi comme l’un des leurs.
Q : Dans Genèse 23, 7, les Hittites ont-ils réellement existé ?
R : Les archéologues modernes ont découvert l’existence des Hittites dès 1892. Cependant, certains chercheurs doutaient encore de leur existence dix ans plus tard (1902, E.A.W. Budge). Aujourd’hui, des ouvrages entiers ont été consacrés aux Hittites.
Q : Dans Genèse 23, 15-16, pourquoi Abraham a-t-il dû peser l’argent ?
R : Le sicle était une unité de poids, qui ne devint qu’ensuite une unité monétaire. Abraham a dû « peser » l’argent car les pièces de monnaie n’ont été utilisées qu’à partir de 800 av. J.-C. environ, selon l’ouvrage *Can Archaeology Prove the Old Testament ?*, p. 27. De même, Acan a volé de l’or et de l’argent « pesant » respectivement 50 et 200 sicles. Les premières pièces de monnaie connues provenaient de Lydie, vers 700 av. J.-C. L’ouvrage précise également que le mot latin pecunia (d’où l’anglais tire le mot pecuniary, signifiant « monétaire ») vient du mot latin pecus, qui désigne le bétail.
Q : Dans Genèse 23, 15-16, comment éviter d’être « avare sur un sou et dépensier sur une livre » lors de nos négociations ?
R : Dans le système monétaire anglais, un « pence » ou « penny » correspond à peu près à un « penny » américain. Une « livre » vaut un peu plus qu’un dollar américain, même si, jusqu’à récemment, elle valait près de 2 dollars.
Une entreprise pour laquelle j’ai travaillé il y a plusieurs années n’a pas agi ainsi. Elle a décidé de mettre en place des « avantages sociaux défensifs ». Ce terme signifiait que si vous étiez marié et que l’anniversaire de votre conjoint tombait avant le vôtre (en termes de mois et de jour), l’entreprise ne verserait plus d’avantages sociaux à votre conjoint ni à vos enfants, mais uniquement à vous. Lors d’une réunion du personnel, au cours de laquelle la responsable des ressources humaines expliquait cette mesure sans grand enthousiasme, j’ai posé une question. À combien s’élevaient, selon eux, les économies que cela permettrait de réaliser pour l’entreprise ? Elle a répondu que cela représenterait une économie considérable, de l’ordre de 50 000 dollars par an. Je suppose que personne n’a pris en compte le fait que si, ne serait-ce que trois ou quatre personnes par an quittaient l’entreprise à cause de cette mesure, et qu’il fallait faire appel à des recruteurs pour les remplacer, cela représenterait à lui seul plus de 50 000 dollars.
Q : Dans Genèse 23, 15-16, comment faire preuve de grâce dans nos relations ?
R : Nous pouvons pardonner rapidement, sans pour autant nous laisser marcher sur les pieds. Aimez-les, non pas seulement par sentimentalisme, mais en le montrant par votre attention et vos actes.
Q : Dans Genèse 24, 1 ; 25, 8, pourquoi Dieu permet-Il à certains de Ses enfants de souffrir de la vieillesse ?
R : Nous ne souffrons pas de la vieillesse au Ciel, et l’éternité de félicité qui nous attend au Ciel fera paraître insignifiantes nos brèves épreuves sur terre. Reportez-vous à la discussion sur Josué 13:1 pour la réponse.
Q : Dans Genèse 24:4, pourquoi Abraham tenait-il tant à ce que son épouse soit issue de son propre peuple ?
R : Les Cananéens considéraient comme convenable et religieux de sacrifier leurs enfants en bas âge dans le feu et de pratiquer la prostitution sacrée. Les Hittites étaient différents. Ils étaient indo-européens, une colonie de l’Empire hittite en Anatolie (l’actuelle Turquie). La raison pour laquelle Abraham ne voulait pas d’une belle-fille issue des Hittites n’est pas aussi évidente, si ce n’est qu’eux non plus ne croyaient pas au seul vrai Dieu.
Q : Dans Genèse 24, 5-8, qu’y avait-il de si répréhensible à ce qu’Isaac retourne vivre en Aram [Syrie] ?
R : Dans ce cas, toute la promesse que Dieu avait faite à Abraham — de quitter son peuple pour se rendre dans la terre promise — aurait été vaine, car les descendants d’Abraham auraient renoncé à cette promesse.
Q : Dans Genèse 24, 5-8, qu’y aurait-il eu de mal à ce qu’Isaac retourne en Aram simplement pour rendre visite à sa famille et choisir une épouse pour lui-même ?
R : Compte tenu de ses liens de parenté et de sa richesse, ses proches auraient probablement souhaité qu’Isaac reste, tout comme Laban avait retenu Jacob pendant quatorze ans. Abraham n’aurait sans doute pas voulu courir le risque qu’Isaac soit incité à retourner vivre définitivement là où se trouverait son épouse.
Q : Dans Genèse 24, 15, quelle était la relation entre Isaac et Rébecca ?
R : Rébecca était la fille du neveu d’Abraham, ce qui faisait d’elle la fille du cousin d’Isaac.
Isaac et Rébecca n’auraient pas pu enfreindre Lévitique 18, car ce livre n’avait pas encore été écrit. Cependant, il s’avère que leur mariage respectait déjà les principes des futures règles énoncées dans le Lévitique.
Q : Dans Genèse 25, 1, Ketura était-elle une épouse ou une concubine ?
R : Une concubine est considérée comme une forme d’épouse. Genèse 25, 1 peut désigner aussi bien une épouse qu’une concubine.
Q : Dans Genèse 25:2, qu’est-il advenu des fils que Ketura a eus avec Abraham ?
R : Abraham et Ketura ont eu six fils connus.
Zimran est peut-être l’ancêtre d’une tribu arabe, les Zimri, mentionnée dans Jérémie 25:25. Il existe aujourd’hui une ville appelée Zambran au bord de la mer Rouge, à l’ouest de La Mecque.
On n’entend plus jamais parler de Jokshan, si ce n’est qu’il était l’ancêtre de Saba et de Dedan. Saba était une nation située à l’extrémité sud-ouest de la péninsule arabique. Les Dédanites mentionnés dans Ésaïe 21:13 étaient des Arabes qui descendaient probablement à la fois de Jokshan et de Cham, par l’intermédiaire de Cush (Genèse 10:7 ; 1 Chroniques 1:9). La ville de Dedan se trouvait à 100 miles (160 km) au sud-ouest de Téma, dans l’oasis d’el-’Ula, à 175 miles (280 km) au nord de Médine. Dedan est également mentionnée dans des inscriptions proto-arabes sabéennes et minéennes.
Médan est peut-être mentionné en dehors de la Bible. Le Wycliffe Bible Dictionary, p. 1093, indique que les consonnes « m » et « b » sont souvent interchangeables en arabe ; il pourrait donc s’agir de la tribu des Bedana, que l’Assyrien Tiglath-Pileser III a conquise.
Madian était une tribu bien connue qui opprimait les Israélites, comme le rapporte le livre des Juges, chapitre 8.
Ishbak fonda une tribu qui s’installa dans le nord de la Syrie et fut mentionnée dans les Annales assyriennes de Salmanazar III (858-824 av. J.-C.).
Shuah était apparemment la tribu dont était issu Bildad le Shuhite, mentionné dans Job 2:11.
Q : Dans Genèse 25:2, si Abraham et Sarah étaient tous deux stériles, comment Abraham a-t-il pu avoir des enfants après Isaac ?
R : Commençons par ce qui n’est pas la réponse, puis passons à la réponse.
Ce qui n’est pas la réponse : c’était Sara qui était stérile, pas Abraham. Après tout, Abraham a eu un enfant, Ismaël, avec Agar. Telle est la réponse donnée par Augustin d’Hippone dans son ouvrage *La Cité de Dieu*, livre 16, chapitre 28, p. 327.
La réponse : Sarah a toujours été stérile, mais lorsque Abraham a atteint l’âge de 100 ans, tous deux étaient incapables d’avoir des enfants par voie naturelle, selon Romains 4, 19 et Hébreux 11, 12. Ainsi, après avoir accordé à Abraham le don de la fécondité, Dieu ne le lui a pas retiré.
Q : Dans Genèse 25, 6, combien d’épouses et de concubines Abraham avait-il ?
R : Bien que cela n’ait pas vraiment d’importance, nous ne connaissons pas le nombre exact. Après la mort de Sarah, Abraham prit Ketura pour épouse, comme le mentionne Genèse 25, 1. Agar était l’une de ses concubines, mais Genèse 25, 6 indique qu’Abraham avait plus d’une concubine.
Q : Dans Genèse 25,8 et 17, ainsi que dans Genèse 49,33, comment les patriarches ont-ils « rendu l’âme » ?
R : Il s’agit d’une traduction approximative du mot hébreu gâva’, qui signifie littéralement « expirer » ou « rendre son dernier souffle ». Une traduction plus précise serait « a rendu son dernier souffle ».
Q : Dans Genèse 25,8 et 17, ainsi que dans Genèse 49,33, Abraham et Jacob ont été « réunis à leur peuple » ; comment pourrait-il donc y avoir une vie après la mort ?
R : Il s’agit d’une expression signifiant que la personne est morte, et elle sonne bien mieux que « passer l’arme à gauche ».
Q : Dans Genèse 25,13, les références à Kédar ont-elles un rapport avec Mahomet ?
R : Genèse 25, 13 mentionne Kédar, le fils d’Ismaël, mais il existe un doute quant à la filiation de Mahomet avec Ismaël et Kédar. Quoi qu’il en soit, le fait que Genèse 25, 13 mentionne les douze fils d’Ismaël, dont Kédar, ne dit rien de positif ni de négatif à leur sujet. Al-Tabari, vol. 6, p. 6, rapporte trois éléments :
1) Il existe des divergences entre les généalogistes quant à la descendance de Mahomet après ‘Adnan (p. 37)
2) De nombreuses généalogies, mais pas toutes, incluent Mohammed… ‘Adnan… Nabt, fils de Qaydhar [Kédar ?], fils d’Isma’il [Ismaël]
3) « Ces divergences s’expliquent par le fait qu’il s’agit d’une science ancienne, issue du peuple du premier Livre (l’Ancien Testament). »
Ainsi, si l’historien musulman al-Tabari reconnaît que les généalogies ont été empruntées aux Juifs et à l’Ancien Testament, il ne s’agit pas d’un témoignage totalement indépendant.
Q : Dans Genèse 25, 22-23, la question de Rébecca concernait le présent et l’avenir proche, alors que la réponse de Dieu évoquait un avenir lointain. Pourquoi Dieu agit-Il ainsi ?
R : Cinq points sont à prendre en compte dans la réponse.
1. Dieu souhaitait apparemment révéler cette vérité prophétique concernant Jacob et Ésaü.
2. À l’instar des bons enseignants, Dieu sait qu’un point sera mieux retenu s’il s’agit d’une réponse à la question d’un élève.
3. Que Dieu ait ou non provoqué ces mouvements des bébés dans le seul but d’inciter Rébecca à poser la question, ces mouvements l’ont bel et bien incitée à la poser.
4. Peut-être Rébecca ne pensait-elle pas à long terme à ce moment-là, mais sa question était suffisamment ouverte pour que la révélation de Dieu y réponde tout de même.
5. Lorsque nous demandons quelque chose à Dieu, nous devrions le faire de manière « ouverte » et non pas uniquement selon nos propres conditions. Nous devrions être prêts à ce que Dieu nous révèle des vérités auxquelles nous ne nous attendions pas et que nous n’avons pas directement demandées.
Q : Dans Genèse 25, 31-33, Jacob a-t-il obtenu son droit d’aînesse en l’achetant ou en mentant ?
R : Les deux.
1. Jacob l’a « acheté » à Ésaü en échange d’un plat de lentilles (Genèse 25, 29-34).
2. Plus tard, Jacob a trompé Isaac pour qu’il lui accorde la bénédiction du droit d’aînesse dont Ésaü avait déjà choisi de se défaire. (Genèse 27, 19)
Notez que Jacob n’a acheté que le droit d’aînesse, mais qu’il a menti pour obtenir la bénédiction.
Indépendamment de cet achat et de cette tromperie, Dieu a choisi que son peuple, les Juifs, descende de Jacob (Genèse 25, 23-34).
Q : Dans Genèse 26:2, les Israélites étaient-ils censés descendre en Égypte, ou non ?
R : Il a été dit à Isaac de ne pas descendre en Égypte dans Genèse 26, 2. C’est à Jacob, et non à Isaac, qu’il a été demandé de s’y rendre dans Genèse 46, 3. De la même manière, dans 2 Samuel 7, 5, 12-13, il a été dit à David que ce n’était pas lui, mais son fils, qui devait bâtir le Temple à Jérusalem. La leçon à en tirer n’est pas que se rendre en Égypte soit une bonne ou une mauvaise chose, mais que nous devons aller là où Dieu veut que nous allions, quand Dieu veut que nous y allions.
Q : Dans Genèse 26, 3-5 ; Genèse 12, 1 ; Genèse 17, 1, 9-14 ; et Genèse 22, 16, Dieu a-t-il béni Abraham en raison des œuvres d’Abraham ?
R : Non. Que ce soit pour Abraham ou pour les hommes en général, il y a ici deux questions distinctes : le salut et les bénédictions.
Le salut : les œuvres d’Abraham n’étaient pas importantes, dans le sens où elles ne lui ont pas permis d’accéder au Ciel. Les œuvres d’Abraham étaient très importantes en ce qu’elles constituaient l’expression visible de sa foi en Dieu, et elles étaient indissociables de cette foi.
Les bénédictions : grâce à nos œuvres, tant Abraham que nous-mêmes recevons souvent des bénédictions dans cette vie et des récompenses dans l’au-delà.
Jacques cite Abraham comme exemple d’une personne justifiée par ses œuvres. Abraham « a cru en Dieu, et cela lui a été compté comme justice » une dizaine ou une vingtaine d’années avant qu’il ne soit sur le point de sacrifier Isaac.
L’alliance de Dieu comportait à la fois un élément immuable et un élément conditionnel. Lévitique 26, 44-45 montre que même si le peuple de Dieu manque à l’élément conditionnel, l’élément immuable reste valable.
Q : Dans Genèse 26, 6-7, pourquoi Isaac est-il un modèle pour nous, alors qu’il a menti à cet endroit ?
R : Non. Voir la réponse à Genèse 12, 10-20.
Q : Dans Genèse 26, 8-9, s’agit-il du même Abimélec de Guérar que dans Genèse 20, 2-3 ?
R : D’après le nom, probablement pas. Abimélec signifie « le père est roi ». D’une part, il existe de nombreux cas où un père et son fils ou un descendant portent le même nom. D’autre part, il s’agit ici probablement d’un titre et non d’un nom propre, comme l’indique l’ouvrage *735 Baffling Bible Questions Answered*, p. 42.
Parmi les autres souverains portant le même nom, on peut citer Tobie Ier, II, III, IV et V (de 590 à 200 av. J.-C.), Sanballat Ier, II et III (de 445 à 330 av. J.-C.), Salmanazar Ier, II et III, Antiochus Ier, II, III et IV, ainsi que Tiglath-Pileser Ier, II et III.
Q : Dans Genèse 26:33, est-ce Abraham qui a donné son nom à la ville de Beersheba, ou bien Isaac ?
R : Dans Genèse 21, 31, elle s’appelait déjà Beersheba à l’époque d’Abraham en raison du serment conclu entre Abraham et Abimélec. Isaac le savait certainement, puisqu’il vivait à Beersheba avec son père, comme le mentionne Genèse 22, 19. Afin de rappeler à Abimélec (qui était probablement le fils de l’Abimélec de l’époque d’Abraham) l’alliance antérieure, il donna à un nouveau puits un nom similaire, « Shibah ».
Q : Dans Genèse 26:34 et Genèse 36:2-3, qui étaient les quatre épouses d’Ésaü ?
R : Épouses 1 et 2 : À l’âge de 40 ans, Ésaü épousa deux Hittites, Judith et Basmath, fille d’Élon (Genèse 26, 34-35).
Adah, fille d’Élon le Hittite (Genèse 36, 2), est probablement un autre nom de Basemath.
Épouse n° 3 : Après le départ de Jacob, Ésaü épousa Mahalath, l’Ismaélite, sœur de Nabaioth (Genèse 28, 8-9).
Basmath, fille d’Ismaël et sœur de Nabaioth (Genèse 36, 3), est probablement un autre nom de Mahalath.
Épouse n° 4 : Ésaü épousa Oholibama, fille d’Ana (Genèse 36, 3).
Judith n’a probablement pas été mentionnée dans les généalogies de Genèse 36, car elle n’a pas eu d’enfants.
Q : Dans Genèse 27, pourquoi Dieu aurait-il approuvé que Jacob trompe Isaac, et qu’il dupe Laban dans Genèse 31, 20 ?
R : Dieu n’a pas approuvé les mensonges de Jacob. Premièrement, la Bible rapporte avec précision et honnêteté aussi bien les mauvaises actions que les bonnes actions commises par les hommes. Deuxièmement, même le peuple de Dieu dans la Bible a commis des fautes. Comme l’indique l’ouvrage *735 Baffling Bible Questions Answered* (p. 43) : « Dieu n’a pas béni Jacob parce qu’il a menti et recouru à la ruse, mais malgré cela. »
Q : Dans Genèse 27, pourquoi la bénédiction était-elle importante ?
R : En règle générale, c’est le premier-né qui recevait la bénédiction, ce qui lui conférait une double part d’héritage, ainsi que la fonction de chef de famille. Une tablette de Nuzi datant du XVe siècle avant J.-C. relate un litige entre trois frères concernant l’épousaille d’une femme nommée Zululishtar. L’un des frères l’emporta car il put prouver que son père avait autorisé le mariage sur son lit de mort.
Q : Dans Genèse 27:29, que signifie littéralement le mot hébreu traduit par « maître » ?
R : Le mot hébreu utilisé ici, gebiyr (prononcé gheb-EER), peut être traduit de deux façons : « maître » ou « héros ». Dans le cas d’Ésaü et de ses descendants, il s’agissait d’un maître [indésirable]. Dans votre vie, si Dieu a placé au-dessus de vous une personne que vous n’appréciez pas, vous pouvez choisir de la traiter comme un maître indésirable ou comme un héros.
Q : Dans Genèse 27, 39-40, pourquoi Isaac n’a-t-il pas pu bénir Ésaü comme il a béni Jacob ?
R : La Bible n’explique pas pourquoi Isaac était convaincu (à tort ou à raison) qu’il ne pouvait pas les bénir tous les deux. Cependant, d’après les tablettes de l’époque découvertes dans la ville de Nuzi, les testaments rédigés sur le lit de mort étaient considérés comme valides et irrévocables. Voir également la réponse à la question suivante.
Q : Dans Genèse 27, 39-40, pourquoi Dieu n’a-t-il pas béni Ésaü comme il a béni Jacob ?
R : Il y a trois raisons complémentaires.
1. Romains 9, 10-15 montre que Dieu peut agir comme Il l’entend sans nous en révéler les raisons.
2. Ésaü était païen (impie) (Hébreux 12, 16), et Jacob était un trompeur ; Dieu aurait été juste de maudire les deux. Au lieu de cela, tous deux ont reçu la bénédiction (Hébreux 11, 20).
3. Dieu a le droit de choisir d’accorder sa miséricorde et son amour particuliers à certains seulement, comme Il le juge bon — il suffit de demander à Paul.
Q : Dans Genèse 27, 42-44, Jacob s’est-il rendu dans la ville de Haran pour fuir Ésaü, ou pour trouver une épouse ?
R : Les deux. Il arrive parfois qu’une même action soit motivée par plusieurs raisons. Rébecca a dit à Jacob de partir pour fuir Ésaü dans Genèse 27, 42-46, mais elle a expliqué à Isaac que la raison était de trouver une épouse dans Genèse 27, 46. La raison pour laquelle Isaac a envoyé Jacob était de lui trouver une épouse, comme le montre Genèse 28, 1-6.
Q : Dans Genèse 27,45, le mot « tous les deux » fait-il référence à Jacob et Isaac ou à Jacob et Ésaü ?
R : D’un point de vue linguistique, les deux interprétations sont possibles. Cependant, il s’agissait d’Isaac et non d’Ésaü, car Isaac était à l’article de la mort, Ésaü allait tuer Jacob juste après, et il n’y avait aucune menace pour Ésaü. Malheureusement, Rébecca pensait peut-être à « tous les deux » qu’elle aimait, et non à « deux sur trois ».
Q : Dans Genèse 27:46, les épouses d’Ésaü étaient-elles hittites ou cananéennes ?
R : Peut-on être à la fois Texan et Américain ? Les Hittites de Canaan faisaient partie des peuples de Canaan.
Q : Dans Genèse 28, Rebecca et Jacob ont-ils réussi à obtenir ce qu’ils voulaient ?
R : À première vue, oui, mais en réalité, non. Elles voulaient que Jacob obtienne le droit d’aînesse, et par des moyens détournés, le mensonge et la tromperie, elles y sont parvenues ; elles ont donc réussi.
Cependant, le fils détenant le droit d’aînesse occupait généralement par la suite une place d’honneur au sein de la famille ; or, Jacob a dû fuir pour sauver sa vie. Rébecca a réussi à aider son fils préféré ; pourtant, elle ne reverrait plus jamais Jacob sur cette terre. Comme le souligne le site « Women in the Bible », Rébecca allait devoir vivre avec le fils qu’elle avait lésé pour le reste de sa vie.
Q : Dans Genèse 28, 12, l’expression « sur elle/lui » est-elle ambiguë ?
R : Pas vraiment. L’expression « sur elle » a été interprétée par certains rabbins comme « sur lui ». En d’autres termes, soit les anges du ciel montaient et descendaient sur l’échelle, soit ils montaient et descendaient sur Jacob lui-même. Cette question est soulevée car Jésus a dit dans Jean 1, 51 que Nathanaël verrait les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’Homme [Jésus].
En faveur de « sur elle » : l’analogie est logique, l’échelle (ou l’escalier) étant présente et Jacob voyant, dans son rêve, de nombreux anges vaquant à leurs occupations. Métaphoriquement, Jésus est l’échelle par laquelle les bénédictions de Dieu descendent sur terre, et l’échelle par laquelle nous sommes emmenés au ciel.
Contre « sur lui » : les anges piétinent-ils Jacob pour atteindre l’échelle ? Les anges grimpent-ils sur Jacob pour se rendre au ciel ? Alors, à quoi sert l’échelle ou l’escalier ? Jésus descendait de Jacob, mais Jésus ressemble davantage à une échelle qu’à Jacob, qui trompait souvent les gens.
Q : Dans Genèse 29, 15-25, pourquoi devrions-nous admirer Laban dans la Bible, puisqu’il a trompé et menti à Jacob ?
R : Qui a dit que nous devrions admirer Laban ? Nous ne devrions pas. Cette question présuppose que la Bible ne peut parler du peuple de Dieu que dans le vide, et qu’elle ne peut pas mentionner les autres personnes avec lesquelles il a dû composer. Bien sûr, la Bible parle aussi bien des méchants que des gens bien. De plus, la Bible nous montre que même les gens bien n’étaient pas toujours bons non plus.
Une analogie pourrait être utile ici. Quelqu’un pourrait dire : « On ne peut pas admirer les héros américains. Prenez par exemple John Wilkes Booth, qui a abattu Abraham Lincoln. » Eh bien, on peut lire que John Wilkes Booth a joué un rôle important dans l’histoire américaine, mais il n’était pas un héros américain.
Laban a joué un rôle dans l’histoire d’Israël, mais il n’était pas non plus un héros. L’analogie avec Booth peut sembler un peu ridicule, puisque personne ne considère Booth comme un héros, mais évoquer Laban pour critiquer des personnages de la Bible que nous devrions admirer (comme l’a fait un athée), semble tout aussi déplacé.
Q : Dans Genèse 29, 21-30, quand Rachel a-t-elle été donnée à Jacob ?
R : Jacob a travaillé pendant sept ans, on lui a donné Léa, il a attendu une semaine, puis on lui a donné Rachel à ce moment-là en échange de la promesse de sept autres années.
Q : Dans Genèse 29, 28, pourquoi Jacob a-t-il épousé deux sœurs, alors que Lévitique 18, 18 interdit d’épouser deux sœurs tant qu’elles sont toutes deux en vie ?
R : Lévitique 18, 18 faisait partie de la Loi mosaïque, qui fut donnée plus de 400 ans après que Jacob eut épousé ses femmes. On ne pouvait certainement pas exiger de Jacob qu’il obéisse à une loi dont il n’avait pas entendu parler et que Dieu n’avait pas encore prescrite.
Q : Dans Genèse 29:31, pourquoi Dieu n’a-t-il pas simplement dit à Jacob d’aimer Léa aussi, au lieu de se contenter de rendre Rachel stérile ?
R : Parfois, les gens ne peuvent tirer des leçons qu’à leurs dépens. Sommes-nous différents ?
Q : Dans Genèse 30, 14-15, l’utilisation de mandragores ne ressemble-t-elle pas à une superstition ?
R : La plupart des remèdes traditionnels ne fonctionnent pas. Le fait que Rachel soit restée sans enfant pendant longtemps par la suite montre clairement que les mandragores n’ont rien à voir avec le fait que Dieu ait ouvert le ventre de Rachel. Ce passage montre que même les croyants peuvent se tromper et placer leur espoir dans des remèdes absurdes.
Q : Dans Genèse 30:27, comment Laban a-t-il pu recourir à la divination pour obtenir des informations sur Jacob ?
R : En supposant que Laban ait dit la vérité ici, il arrive parfois que l’on obtienne des réponses correctes par la divination. Cependant, même si la divination révélait toute la vérité au lieu d’un mélange de vérité et d’erreur, les croyants ne devraient pas suivre l’exemple de Laban, car Dieu a interdit la pratique de la divination dans Deutéronome 18:10, 14. Soit dit en passant, la divination de Laban ne lui a pas donné le résultat qu’il souhaitait dans Genèse 31:1-2, 9.
Q : Dans Genèse 30, 37-43, le fait que Jacob « fasse » apparaître des taches sur les brebis et les chèvres ne ressemble-t-il pas à de la superstition ?
R : Il n’y a aucune trace de superstition, seulement des idées erronées sur la génétique animale. Dieu a béni Jacob sans tenir compte de cela, comme Jacob lui-même le savait (Genèse 31, 7-13).
Q : Dans Genèse 31, 23 et Genèse 37, 25, le nom de Galaad est-il un anachronisme, puisque Nombres 26, 29 indique que Manassé était le grand-père de Galaad ?
R : Pas du tout. Je vais d’abord aborder un point qui n’est pas pertinent pour la réponse, puis je vous donnerai la réponse.
Ce qui ne fait pas partie de la réponse : Gilead était un nom assez courant. Gilead n’était pas seulement un descendant de Manassé (Nombres 26, 29-30 et Josué 17, 1), mais un autre Gilead était le père de Jephté (Juges 11, 1), et un troisième Gilead était issu de la tribu de Gad (1 Chroniques 5, 14).
La réponse est que le mot « Gilead » indique l’époque de la rédaction. Jacob et Joseph n’auraient pas appelé cette région « Gilead », mais personne ne prétend que le Livre de la Genèse ait été écrit à l’époque de Jacob et de Joseph. La Genèse a en réalité été écrite à l’époque de Moïse. Les deux tribus et demie de Transjordanie allaient déjà recevoir leur territoire avant la mort de Moïse.
On parle d’anachronisme lorsqu’un document qui prétend avoir été rédigé à une certaine époque utilise des mots ou des termes qui n’auraient été employés qu’à une époque ultérieure. Ce n’est pas un anachronisme d’utiliser des mots de l’époque de la rédaction pour décrire une époque antérieure. Par exemple, ce n’est pas un anachronisme lorsqu’une personne du XXe siècle affirme que la région de Galaad se trouvait dans le pays de Jordanie. Jacob, Joseph et Moïse ne connaissaient pas le pays moderne de Jordanie, mais personne ne prétend d’ailleurs qu’ils le connaissaient.
Q : Dans Genèse 31, 32 et 34, comment la Bible pourrait-elle [prétendument] approuver le vol des idoles par Rachel à son père ?
R : Elle n’approuve pas le vol commis par Rachel. Les dieux domestiques avaient non seulement une connotation religieuse, mais leur possession conférait également un droit d’héritage, selon des tablettes datant de l’époque de Moïse, découvertes dans la ville de Nuzi.
L’ouvrage *Hard Sayings of the Bible*, p. 130-131, reproduit le texte de la tablette de Nuzi, mais il suggère également que l’attachement religieux de Rachel à ces idoles a pu jouer un rôle.
Si certains pourraient compatir à l’attitude rancunière de Rachel, la Bible ne l’excuse pas ; elle se contente d’en rendre compte. Rachel est morte en couches quelques années seulement après avoir emporté ces idoles, comme le rapporte Genèse 35, 17-19 ; ces idoles domestiques ne lui ont donc certainement pas été bénéfiques. La Bible n’est pas un livre sur des super-héros parfaits, mais sur des personnes bien réelles qui avaient de nombreux défauts — tout comme nous.
Q : Dans Genèse 31,47, étant donné que la Genèse a été écrite très tôt, pourquoi ce verset contient-il deux mots araméens ?
R : Cela indique que l’araméen coexistait avec l’hébreu dès les premiers temps. Rappelez-vous que les Araméens vivaient en Syrie, où résidait Laban. Les épouses de Jacob étaient originaires de cette région. Il se peut également que ces mots aient été courants dans l’hébreu ancien.
Q : Dans Genèse 32, 1-2 ; 33, comment Dieu nous prépare-t-il au conflit ?
R : Il ne s’agit pas seulement de la force nécessaire pour affronter le conflit, mais aussi de l’endurance. Nous pouvons être fortifiés d’au moins trois manières.
1) Nous avons besoin qu’on nous rappelle sur quoi fixer notre regard, le but qui nous attend, et l’amour qui nous fortifie pour persévérer.
2) Dieu peut vous fortifier en vous accordant de nouveaux dons spirituels et en approfondissant ceux dont vous disposez déjà. Vous devrez peut-être acquérir de nouvelles compétences et mettre en pratique des aptitudes récemment découvertes.
3) Mais paradoxalement, dans Genèse 32, Dieu a affaibli Jacob. En lui déboîtant la hanche, Jacob serait d’autant moins en mesure de résister physiquement à Ésaü. Dieu doit nous aider à nous débarrasser du fardeau superflu dont nous n’avons pas besoin et qui nous alourdit dans notre service à son égard. Parfois, une chose n’est pas mauvaise en soi, mais si nous y accordons trop de confiance au lieu de nous en remettre à Dieu, il se peut que Dieu souhaite que nous le servions sans elle.
Q : Dans Genèse 32, 1-6, quels étaient, selon vous, les deux objectifs de Jacob en envoyant des messagers à Ésaü ?
R : Comme Dieu lui avait envoyé des messagers angéliques, c’est peut-être ainsi que Jacob a eu l’idée d’envoyer des messagers à Ésaü. Cela faisait vingt ans que Jacob et Ésaü ne s’étaient pas vus. Quel accueil Jacob allait-il recevoir ? D’un côté, Jacob avait peur de le découvrir, mais de l’autre, il savait qu’il ne voulait pas fuir cette situation et rester pour toujours chez Laban. Notez que Jacob ne s’adresse pas à Ésaü en l’appelant « votre frère », mais plutôt « votre serviteur ».
Q : Dans Genèse 32, 6-7, quelles sont, selon vous, les deux raisons pour lesquelles Ésaü a décidé d’aller à la rencontre de Jacob avec 400 hommes ?
R : Tout d’abord, pourquoi Ésaü disposait-il de 400 hommes ? Ésaü était probablement assez riche, et il avait peut-être besoin de cette armée pour combattre les Horiques qui vivaient dans le pays.
À ce moment-là, Ésaü venait peut-être pour accomplir ce qu’il s’était engagé à faire auparavant : tuer Jacob. Ou peut-être Ésaü était-il indécis quant à ce qu’il allait faire, mais il voulait disposer d’un nombre suffisant de guerriers pour garder toutes ses options ouvertes. Quoi qu’il en soit, Ésaü tenait à montrer clairement qu’il avait le contrôle de la situation. S’il avait eu l’intention d’effrayer Jacob, il y est parvenu ; Jacob était pétrifié de peur.
Q : Dans Genèse 32, 6-7, quelle a été, selon vous, la première impression des épouses de Jacob sur Canaan et sur Jacob lui-même ?
R : Rappelez-vous que Jacob a échappé de justesse aux problèmes avec Laban. On peut se demander à quel point la relation entre Rachel et Laban était étroite et basée sur la confiance, étant donné qu’il avait d’abord donné Léa à Jacob. Elle était donc peut-être soulagée de mettre une certaine distance entre elle et Laban. Le pays semblait similaire, à l’exception des nombreuses villes fortifiées des Cananéens avec lesquelles Jacob devait s’entendre.
Q : Dans Genèse 32, 7-23, quelles sont les trois stratégies que Jacob a mises en œuvre simultanément ?
R : Tout d’abord, Jacob a tenté d’aplanir le terrain en offrant de généreux cadeaux à Ésaü. Ensuite, il a divisé sa famille en plusieurs groupes ; ainsi, si un groupe était attaqué et massacré, les autres pourraient peut-être se disperser et s’échapper. Enfin, Jacob décida de partir en dernier. Il se sentait alors vraiment désespéré et avait le sentiment d’être livré à lui-même. Mais comme l’indique le Believer’s Bible Commentary, p. 68 : « Par nos systèmes de sécurité humains, nous nous privons souvent d’une vie de prière dynamique. Pourquoi nous infligeons-nous ce tort ? »
Q : Dans Genèse 32, 22-32, Jacob a-t-il été rebaptisé « Israël » à ce moment-là, ou bien a-t-il été rebaptisé « Israël » dans Genèse 35, 9-10 ? (Un chrétien libéral a mentionné cela comme preuve que la Genèse a été écrite par plusieurs auteurs.)
R : Genèse 32, 22-32 est très détaillé et raconte comment Jacob lutte avec Dieu, et comment Dieu le rebaptise Israël. Genèse 35 présente un résumé de la vie de Jacob, et deux versets, 35, 9-10, mentionnent le changement de nom de Jacob afin que l’on puisse situer le moment où s’est déroulé le récit de Genèse 32. Oui, ces deux versets constituent une répétition, mais celle-ci sert le récit ; il ne s’agit pas d’une inclusion involontaire d’un élément en double. De nos jours, lorsque l’on rédige un texte, on répète souvent dans la conclusion ce qui a été dit dans le corps du texte, mais cela ne signifie pas pour autant que les différentes parties de ce texte aient été rédigées par plusieurs auteurs.
Q : Dans Genèse 32, 27-28, pourquoi Jacob a-t-il été rebaptisé Israël ?
R : Bien que la Bible ne le précise pas, il existe deux possibilités, et les deux peuvent être vraies.
Le fait de le renommer montrait que Dieu contrôle toute sa vie, y compris son nom, et qu’il était devenu une personne différente, avec une destinée différente, grâce à Dieu. Je suppose que lorsque nous serons au ciel, nous pourrons simplement poser la question à Abram, Simon et Saul de Tarse, ou devrais-je plutôt dire Abraham, Pierre et Paul.
Les noms revêtaient une grande importance à cette époque, et « Israël » signifie apparemment « Dieu persévère » ou bien « Il persévère avec Dieu », et est lié à l’expression « vous avez lutté avec Dieu ».
Q : Dans Genèse 32, 24 et 27, puisque Jacob a lutté contre un homme, qui s’est avéré être un ange ou Dieu, Dieu est-il un ange ou un homme ?
R : Dieu peut même apparaître sous la forme d’un buisson ardent, mais cela ne fait pas de Lui une plante. Tout en étant partout, Dieu peut également avoir une présence localisée sous la forme de tout ce qu’Il désire.
Voici ce qu’en pensait Clément d’Alexandrie (193-217/220 apr. J.-C.) : « De même, lorsqu’Il [Jésus] parle en sa propre personne, Il se présente comme le Maître : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte. »… Et Il apparaît très manifestement comme l’Instructeur de Jacob. Il lui dit en conséquence : « Voici, je suis avec toi, pour te garder tout au long du chemin que tu emprunteras ; et je te ramènerai dans ce pays ; car je ne te quitterai pas avant d’avoir accompli ce que je t’ai dit. » On dit également qu’il a lutté avec lui. « Et Jacob resta seul, et un homme (l’Instructeur) lutta avec lui jusqu’au matin. » C’était l’homme qui guida, conduisit, lutta contre et oignit l’athlète Jacob contre le mal. » L’Instructeur, livre 1, chap. 7, p. 223
Q : Dans Genèse 32, 24-32, Jacob luttait-il contre un ange au sens propre, ou luttait-il simplement contre un problème ?
R : Rien n’indique que l’on puisse ajouter aux Écritures que ce n’était pas un véritable ange.
1. Prendre la Bible au pied de la lettre est la seule manière honnête de l’interpréter
2. Prendre la Bible au pied de la lettre ne signifie pas lui imposer un littéralisme rigide et concret
3. Prendre la Bible au pied de la lettre signifie interpréter le texte tel qu’il a été écrit.
Si les Juifs Josèphe et Philon ont interprété la lutte de Jacob comme un rêve, les rêves ne déboîtent pas définitivement les hanches.
Q : Dans Genèse 32, 24-30, l’Allah [Dieu] du christianisme est-il si faible qu’il passe toute la nuit à lutter contre Jacob, comme l’a mentionné un musulman ?
R : Tout d’abord, c’est l’ange de Dieu (que Jacob a appelé « un homme »), et non Dieu Lui-même, qui a lutté. Jacob a dit qu’il avait vu Dieu face à face, mais il n’a rencontré Dieu qu’à travers l’ange. Quoi qu’il en soit, Dieu a envoyé cet ange, qui avait le pouvoir d’écraser Jacob.
Si un père lutte contre son enfant de deux ans au caractère bien trempé, et qu’il le laisse même gagner de temps à autre, cela ne fait pas de lui un père faible. De la même manière, l’intention de Dieu était de s’opposer à l’entêtement de Jacob, et non de détruire Jacob et sa ténacité. Dieu voulait amener Jacob à comprendre qui il était, et non le tuer.
Imaginez à quel point ce serait formidable si votre corps était identique, à ceci près qu’il serait 1 000 fois plus fort. Vous pourriez exceller dans les sports, enfoncer des murs et courir extrêmement vite. Cependant, chaque fois que vous essayeriez de cueillir une fleur, vous l’écraseriez ; chaque fois que vous tiendriez la main d’un petit enfant, vous la briseriez ; et chaque fois que vous prendriez votre épouse dans vos bras, elle finirait à l’hôpital. Peut-être qu’avoir simplement des muscles 1 000 fois plus puissants n’est pas si avantageux après tout.
Dieu est tout-puissant, mais Il fait également preuve de douceur et de délicatesse. Dieu est infiniment plus puissant que nous, mais il maîtrise mieux sa propre force que nous ne maîtrisons la nôtre. Sophonie 3:17 donne un exemple de la douceur du Tout-Puissant : « L’Éternel, votre Dieu, est au milieu de vous ; c’est un sauveur puissant. Il se réjouira de vous avec joie ; il vous apaisera par son amour ; il se réjouira de vous en chantant. »
Dans 1 Rois 19, 11-13, Dieu dit à Élie qu’il fera l’expérience de la présence du Seigneur. Ce n’était pas dans le vent violent qui a suivi, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais dans une voix douce et calme.
En résumé, les chrétiens adorent un Dieu qui est doux sans pour autant être moins Tout-Puissant.
Q : Dans Genèse 32, 30, quelqu’un peut-il voir le visage de Dieu, puisque Exode 33, 20 dit que personne ne peut le voir et rester en vie ?
R : Jacob a vu l’apparence d’un ange ; il a d’abord cru qu’il s’agissait d’un homme, et il n’a certainement pas vu Dieu dans sa gloire, face à face.
Q : Dans Genèse 32:26, pourquoi pensez-vous que Jacob tenait tant à être béni par Dieu ?
R : Jacob aurait pu demander davantage de richesses, la sécurité, ou qu’Ésaü lui soit bien disposé, mais il n’a demandé aucune de ces choses directement. Il a seulement demandé que Dieu le bénisse. Jacob ne s’attendait pas à ce que Dieu lui permette d’éviter Ésaü, mais il voulait que Dieu le bénisse afin qu’il puisse survivre à sa rencontre avec Ésaü.
Q : Dans Genèse 33 et Genèse 36, verset 7, Ésaü et Jacob se sont-ils séparés parce que leurs biens étaient trop nombreux, ou à cause de la crainte qu’éprouvait Jacob envers Ésaü ?
R : Les deux.
Q : Dans Genèse 33, 18-19 et Josué 24, 32, est-ce Jacob qui a acheté le terrain à Sichem, ou est-ce Abraham qui l’a acheté, comme l’indiquent Actes 7, 15-16 et Genèse 23, 16-20 ?
R : Abraham a acheté un terrain à Mamré, près d’Hébron, pour Sara, comme le mentionne Genèse 23, 16-20, mais ce n’est pas au même endroit. Quant au terrain acheté à Sichem, trois réponses sont possibles.
Jacob et Abraham l’ont achetée : tant Josué 24, 32 que Genèse 33, 18-19 indiquent que c’est Jacob, le petit-fils d’Abraham, qui a acheté le terrain près de Sichem. Que Abraham soit venu ou non assister à l’achat de ce terrain avec l’argent qu’il avait légué à Isaac, on pourrait dire que c’est le clan d’Abraham qui a acheté ce terrain. Même aujourd’hui, un adolescent, avec le consentement de son père, peut acheter une voiture au nom de ce dernier.
Étienne pourrait se tromper : puisque Jacob a acheté le terrain sur lequel ses fils ont été enterrés, alors que Jacob lui-même a été enterré à Mamré avec Abraham, Étienne a peut-être accidentellement confondu ces deux événements distincts. Même si Étienne se trompait, la Bible resterait infaillible. La Bible a simplement rapporté, sans erreur, ce qu’Étienne a dit, erreur comprise.
Réinhumation : Une fois qu’ils se furent installés définitivement dans le pays, ils décidèrent de réinhumer Abraham, Sarah, Isaac et Rébecca afin qu’ils soient tous ensemble.
Q : Dans Genèse 33, 18-19, que savons-nous d’autre sur la ville de Sichem ?
R : Bien que la ville fût en ruines à l’époque d’Abraham, son emplacement était connu. Abraham n’a pas acheté la ville, mais plutôt des terres situées près de Sichem.
Elle était sans cesse reconstruite car elle se trouvait sur une colline pouvant être fortifiée et disposait d’une excellente source. Sichem fut reconstruite vers 1900 av. J.-C., mais le pharaon Senusert III (vers 1880-1840 av. J.-C.) s’en empara. Sichem fut à nouveau détruite vers 1750 av. J.-C. Elle fut reconstruite, mais détruite une nouvelle fois par les Égyptiens vers 1550 av. J.-C. Elle fut reconstruite à l’époque des lettres d’Amarna (1400-1370 av. J.-C.), qui la mentionnent comme le centre du roi Lab’ayu, allié aux envahisseurs « Habiru ». Elle fut reconstruite, puis détruite par les Araméens, le roi Menahem d’Israël et les Assyriens en 723 av. J.-C.
Q : Dans Genèse 34, 13-17, comment Dieu aurait-il pu [prétendument] tolérer que les fils de Jacob répondent de manière mensongère au sujet de Dina ?
R : Dieu ne l’a pas toléré, et les deux fils de Jacob qui ont tué les habitants de Sichem ont été maudits pour cela.
Q : Dans Genèse 34, 25-30, comment Siméon et Lévi ont-ils pu, à eux seuls, détruire une ville entière ?
R : Ils ont mené le raid, mais ils avaient sous leurs ordres d’autres serviteurs, des soldats engagés et/ou des proches.
Q : Dans Genèse 35, 1-5, quelle est la chronologie des événements ?
R : Voici l’ordre des événements.
1. Jacob s’est apparemment montré laxiste en autorisant la présence d’idoles étrangères au sein de son groupe nomade.
2. Dieu a dit à Jacob qu’Il souhaitait qu’il s’installe à Béthel et qu’il Lui construise un autel.
3. Jacob a compris à juste titre que s’ils devaient construire un autel à Dieu, il ne fallait pas qu’il y ait d’idoles parmi eux.
4. Une fois qu’ils se furent entièrement consacrés au Seigneur, ils n’avaient plus rien à craindre des peuples environnants.
Q : Dans Genèse 35, 21, tous les fils de Jacob sont-ils nés à Migdal-Éber, ou sont-ils nés plus tôt, comme l’indiquent d’autres passages de la Genèse ? (Un chrétien libéral a soulevé ce point en le présentant comme une contradiction.)
R : Genèse 35, 21-26 ne dit pas que tous les fils de Jacob sont nés à Migdal-Éber, d’autant plus que, selon Genèse 35, 19-20, Rachel, mère de deux fils, venait de mourir avant leur installation à cet endroit. Genèse 35, 21-26 se contente d’énumérer les fils, à la suite du récit où Israël (= Jacob) dressa sa tente au-delà de Migdal-Éber.
Q : Dans Genèse 36, pourquoi les descendants d’Ésaü sont-ils énumérés de manière aussi détaillée ?
R : Il faut reconnaître que ce n’est pas le chapitre le plus important de la Bible. Bien que les noms individuels n’aient pas d’importance, nous en tirons six enseignements.
1. Cela illustre la prétention de la Bible à l’exactitude historique et à l’attention portée aux détails historiques.
2. Les descendants d’Ésaü (les Édomites) et les Israélites se connaissaient bien. Dans le livre de Job, Éliphaz était un Téménite, descendant de Témân (Genèse 36, 11, 15, 42 et 1 Chroniques 1, 45). Plus tard, Jérémie 49, 7, 20 utilise poétiquement le nom de Témân comme synonyme d’Édom.
3. Ces deux peuples apparentés, bien que distincts, entretenaient des relations très amicales, du moins à cette époque. Plus tard, Amos 1, 9-11 évoque l’« alliance de fraternité » que les Édomites ont rompue. Il ne s’agissait pas d’une alliance formelle, mais d’une relation informelle remontant à l’époque de Genèse 33, 4-16.
4. Les Édomites se sont essentiellement unis aux Horites qui habitaient déjà le pays, comme le mentionne Genèse 36, 20-29. Cette union est probablement similaire à celle que les habitants de Sichem avaient proposée aux Israélites. Des siècles plus tard, il existait effectivement une puissante nation du Moyen-Orient, appelée les Mitanni, ou encore les Hourrites, qui était issue de l’union de deux peuples. Le groupe dominant au sein de cette alliance était celui des Hourrites, qui semblaient être originaires d’Inde.
5. Lorsque Canaan fut donné aux Israélites, les Édomites possédaient Édom et le mont Séir. Dieu déclara avoir donné le mont Séir aux enfants d’Ésaü dans Deutéronome 2, 5.
6. Le nombre des descendants d’Ésaü, ajouté à leur assimilation aux Horites et à leurs débuts précoces dans la gouvernance, montrait que la nation édomite progressait rapidement et qu’elle pourrait devenir plus tard une puissante rivale.
Voici les batailles entre Édom et Israël.
1 Samuel 14:47 Ils se sont battus à l’époque de Saül
1 Rois 11:14-22 Les Édomites, sous le commandement d’Hadad, combattirent à l’époque de Salomon
2 Chroniques 20:1-23 : les Édomites conclurent une alliance et combattirent à l’époque de Josaphat
2 Rois 8:21 Les Édomites ont combattu à l’époque de Joram
2 Chroniques 28:17 Les Édomites se sont battus à l’époque d’Achaz
Psaume 137:7 ; Lamentations 4:21-22 ; Abdias 10-14 : Les Édomites aidèrent les Babyloniens contre Juda.
Malachie 1:2-5 : vers 433 av. J.-C., après le retour de l’exil, les Édomites étaient toujours des ennemis.
Dans Ézéchiel 25:12-17, après la chute de Jérusalem, les Édomites attendaient aux carrefours pour tuer et dépouiller les Juifs en fuite.
Q : Dans Genèse 36, 2, Zibeon était-elle une ville hivite ou une ville horite, comme l’indique Genèse 36, 20 ?
R : Il existe deux possibilités :
Une erreur orthographique : de nombreux spécialistes supposent qu’il s’agit d’une erreur orthographique dans le texte massorétique, car en hébreu, « Hivite » s’écrit h[i]wwt et « Horite » h[o]rrt. La Septante mentionne les Horites dans Genèse 34:2 et Josué 9:7.
Deux noms pour un même groupe ou deux groupes fusionnés : les Horites (Hourrites) se sont également installés en Palestine, dans les régions où vivaient les Hivites, comme en témoignent les noms propres hourrites. Même le prince de Jérusalem au XIVe siècle av. J.-C. portait le nom hourrite d’Abdi-Hepa.
Q : Dans Genèse 36, 31, l’expression « avant qu’aucun roi ne règne sur les Israélites » indique-t-elle que le texte a été rédigé à l’époque de Saül ou plus tard ?
R : Non. Non seulement Moïse pouvait savoir qu’il y aurait un roi sur Israël (Deutéronome 17, 14-15), mais tous les Israélites, depuis l’époque de Jacob, savaient qu’Israël aurait un roi issu de Juda, en raison de la prophétie de Jacob dans Genèse 49, 10.
Q : Dans Genèse 37, 1-11, qu’est-ce qui a conduit Joseph à avoir de mauvaises relations avec sa famille ? Pensez-vous que Joseph en était conscient ?
R : Il y avait cinq raisons.
1. Le fait d’avoir dénoncé ses frères dans Genèse 37, 2
2. Le fait que Jacob aimait Joseph plus que les autres, dans Genèse 37:3.
3. Le fait que Jacob ait offert à Joseph, mais pas aux autres frères, une tunique ornée, en Genèse 37, 3-4.
4. Ce n’est pas le fait que Joseph ait fait ce rêve, mais le fait qu’il ait raconté à ses frères son rêve des gerbes de blé, dans Genèse 37, 5-8.
5. Le fait que Joseph ait raconté à ses frères et à son père un autre rêve, celui du soleil, de la lune et des onze étoiles qui s’inclinaient devant lui, dans Genèse 37:9-11.
Joseph, un garçon de dix-sept ans, semblait totalement inconscient de la façon dont les autres pourraient interpréter ses paroles. Jacob, qui était bien plus âgé, ne semblait pas non plus s’être jamais demandé s’il risquait d’attiser la jalousie entre ses fils. On pourrait penser que Jacob s’y connaissait pourtant en la matière. Apparemment, Jacob avait tiré la « mauvaise leçon » consistant à faire du favoritisme, mais pas la « bonne leçon » selon laquelle le favoritisme entraîne de mauvaises conséquences.
Q : Dans Genèse 37, 1-11, pourquoi exactement les frères de Joseph le haïssaient-ils ?
R : Les frères de Joseph pensaient probablement que ses rêves provenaient de lui-même. Il était facile de considérer Joseph comme orgueilleux et égocentrique, car son père l’aimait davantage (ainsi que sa mère Rachel).
Q : Dans Genèse 37, 1-11, quels types de comportements observés aujourd’hui sont à l’origine de mauvaises relations avec les autres ?
R : Par orgueil, envie ou malveillance, elles peuvent se montrer dominatrices, vantardes, calomnieuses ou médisantes. Par manque d’empathie, elles peuvent se montrer insensibles. Par manque d’assurance, elles peuvent se montrer déloyales. Parfois, elles agissent ainsi délibérément ; d’autres fois, elles n’ont pas conscience de leur comportement. Nous avons naturellement un cœur égocentrique.
Nous avons besoin de Jésus pour aimer notre prochain comme nous-mêmes, et pour continuer à l’aimer ainsi.
Q : Dans Genèse 37, 3, 23 et 32, existe-t-il des preuves extra-bibliques de l’existence d’un manteau aux multiples couleurs ?
R : Oui, bien qu’il ne s’agisse pas de la tunique de Joseph elle-même. Des archéologues ont découvert que des « Asiatiques », vêtus de tuniques aux multiples couleurs, étaient représentés sur les murs de la tombe d’un noble égyptien nommé Khnumhotep. Voir *Pharaons et rois : une quête biblique*, p. 332, 360, pour des illustrations et plus d’informations.
Q : Dans Genèse 37:17, existe-t-il des preuves extra-bibliques indiquant que l’on faisait « disparaître » des personnes en les jetant dans des puits ?
R : Oui. L’ouvrage *Can Archaeology Prove the Old Testament ?*, p. 29, indique qu’une citerne a été découverte à Dothan (à 13 miles au nord de Sichem) contenant plusieurs squelettes. Soit dit en passant, les frères de Joseph se trouvaient près de Dothan.
Q : Dans Genèse 37:17, si vous demandiez aux frères de Joseph pourquoi ils avaient l’intention de le tuer, que répondraient-ils ?
R : Joseph leur cause des ennuis (Jacob avait envoyé Joseph pour les dénoncer). Joseph avait fait un mauvais (ra’ah) rapport à Jacob à leur sujet, et eux-mêmes allaient rapporter à Jacob qu’un mauvais (ra’ah) animal avait dévoré Joseph.
Ils traitaient Joseph de rêveur.
L’intérêt personnel, la jalousie parce que leur père aimait davantage Joseph. Si les rêves venaient de Dieu (comme cela s’est avéré par la suite), même Dieu favorisait davantage Joseph.
Sichem se trouvait à environ 50 miles au nord d’Hébron, où se trouvait Jacob. Dothan était à environ 13 miles au nord de là. Ils étaient donc probablement trop loin de Jacob pour que quiconque puisse lui raconter ce qui s’était passé.
Il est ironique que, très tôt dans sa vie, Jacob ait utilisé des vêtements pour tromper son propre père, Isaac, en se faisant passer pour Ésaü. Or, ce sont désormais ses propres fils qui allaient utiliser des vêtements pour le tromper.
Q : Dans Genèse 37:17, les frères de Joseph avaient-ils l’intention de le tuer, ou avaient-ils décidé de le vendre à des marchands madianites, comme le mentionne Genèse 37:28-29 ?
R : Les deux affirmations sont vraies, car les gens peuvent changer d’avis. À l’origine, ils avaient prévu de tuer Joseph, sauf que Ruben comptait le sauver. Cependant, lorsqu’ils ont aperçu les marchands madianites, ils se sont dit qu’ils pourraient gagner un peu d’argent grâce à Joseph et ont changé d’avis. D’un point de vue humain, on pourrait penser que Joseph aurait eu le « droit » d’en garder de l’amertume. Or, Joseph a suivi Dieu, et les épreuves ne l’ont pas rendu amer, mais l’ont rendu meilleur.
Q : Dans Genèse 37:25, les marchands étaient-ils des Ismaélites ou des Madianites, comme le dit Genèse 37:28 ?
R : De loin, les frères ne pouvaient pas distinguer de quel peuple provenaient ces gens, ni s’il y avait des uns et des autres. Cela n’avait toutefois aucune importance pour les frères ; ils ne voulaient que l’argent. Le mot « Ismaélites » ou le mot « Madianites » pourrait être une erreur de copiste. Il se peut aussi que les frères aient cru qu’il s’agissait d’Ismaélites, alors qu’il s’agissait en réalité de Madianites.
Q : Dans Genèse 37, 28, 20 sicles d’argent correspondaient-ils à peu près au prix d’un esclave comme Joseph ?
R : Oui. Selon K.A. Kitchen, dans *Ancient Orient and Old Testament Introduction*, p. 52-53, il s’agit du prix correct vers 1800 av. J.-C. Des siècles plus tôt, le prix était de 10 à 15 sicles d’argent ; il était de 30 sicles d’argent à l’époque de Moïse, puis il a augmenté par la suite. Dans Osée 3:2, un esclave valait environ 30 sicles. Voir le *Biblical Archaeology Review*, volume 21, n° 2, p. 53, pour un graphique illustrant l’évolution du prix d’un esclave au fil du temps.
Q : Dans Genèse 37:28, pourquoi Dieu n’a-t-il pas facilité les choses pour Joseph ?
R : Dieu aurait pu grandement faciliter la situation de Joseph. Il aurait pu ne pas lui donner ces rêves ; il aurait pu faire en sorte que Joseph sauve ses frères afin qu’ils lui en soient reconnaissants. Dieu s’est servi de Joseph pour sauver sa famille lors d’une grande famine, mais il aurait pu agir autrement pour les sauver de la famine également.
Nous ne savons pas pourquoi Dieu a choisi ces moyens-là pour accomplir Sa volonté. Cependant, nous pouvons constater que le réconfort de Joseph n’était pas l’objectif premier de Dieu ; Dieu s’est servi du temps que Joseph a passé sur terre pour accomplir certaines choses dans la vie de Joseph et de ses frères.
Q : Dans Genèse 38, 1-21, pourquoi ce récit concernant Juda et Tamar figure-t-il dans la Bible ?
R : Sur une échelle allant de 1 (le moins grave) à 10 (le pire), l’immoralité sexuelle étant notée 10, comment qualifieriez-vous le fait de ne jamais avoir eu l’intention de tenir une promesse sur laquelle quelqu’un comptait pour le reste de sa vie ? — C’est certainement bien plus qu’un 1. Il y a au moins trois leçons que nous pouvons en tirer.
1. De peur que nous ne pensions que Juda et les autres patriarches étaient plus justes que tout le monde, ce récit et d’autres nous ramènent à la réalité : ils n’étaient pas particulièrement justes.
2. La Bible nous donne un récit franc et précis de la façon dont les gens vivaient à l’époque. Elle n’édulcore en rien leur histoire. Nous pouvons tirer des leçons tant de leurs erreurs que de leurs bonnes actions.
3. Cela met en évidence un type de péché qui existe encore aujourd’hui mais dont on parle rarement : le fait de se soustraire à ses responsabilités. Ce péché est considéré comme très grave aux yeux de Dieu, puisque Onan a été mis à mort à cause de cela. Juda, lui aussi, n’a pas agi de manière responsable envers sa belle-fille et a manqué à sa parole. Juda n’a pas donné son fils en mariage à Tamar, car il craignait pour la vie de son fils et se méfiait de la bonté de Dieu. De toute évidence, Juda ne pensait pas qu’Onan méritait la mort pour avoir refusé d’assumer sa responsabilité.
Q : Dans Genèse 38, 29-30, que signifient Zérach/Zarah et Pérets/Pharez ?
R : Tout d’abord, leur signification, puis deux applications. Le dictionnaire Strong, les dictionnaires bibliques et les commentaires s’accordent tous à dire que Pérets/Pharez signifie « percée » ou « brèche ». Il a ouvert le ventre. Il existe toutefois une légère divergence d’opinion concernant Zérah/Zarah.
Écarlate : en raison du fil écarlate noué à sa main, Zerah pourrait donc signifier « écarlate ». Selon certains érudits, ce nom pourrait également signifier « éclat » ou « rougeur ».
Levée : Zerah vient du mot hébreu Zerah, qui signifie « levée » selon d’autres spécialistes.
Une explication de cette divergence d’opinion se trouve dans la Concordance exhaustive de Strong (mot n° 2226). Elle indique qu’il s’agit du même mot que le n° 2225 « zerach, zeh’-rakh », dérivé du n° 2224 ; un lever de lumière : – lever. » Le n° 2224 précise : « zarach, zaw-rakh » ; un prim. ; proprement : irradier (ou projeter des rayons), c’est-à-dire se lever (comme le soleil) ; en particulier : apparaître (comme un symptôme de la lèpre) : – surgir, se lever (en haut), dès qu’il est levé. » Ainsi, le mot Zerah provient du lever du soleil, et il pourrait faire référence au lever proprement dit, ou bien à la couleur rouge écarlate de l’aube.
La généalogie messianique de Matthieu 1:3 mentionne brièvement les naissances de Pérets et de Zérach. Lors de sa première venue, Jésus a déclaré qu’il apporterait la division (Luc 12:51). Paul évoque l’éclat de la seconde venue du Christ dans 2 Thessaloniciens 2:8. Les jumeaux s’inscrivent donc dans l’ordre des deux venues du Christ. Cependant, d’un autre côté, Jean 1:5,9 mentionne que Jésus était la vraie lumière qui éclaire tout homme, et qu’il est venu dans le monde.
Acan, qui fut exécuté dans Josué 7, était un descendant de Zérach. Ainsi, le fait d’avoir une ascendance particulière ou pieuse ne garantit pas nécessairement qu’une personne soit juste ou qu’elle puisse échapper au jugement. On dit souvent que « Dieu n’a pas de petits-enfants ». En d’autres termes, soit vous êtes un enfant de Dieu, soit vous ne l’êtes pas. Mais vous ne pouvez pas revendiquer une relation avec Dieu uniquement en raison de la foi de vos parents et non de la vôtre.
Q : Dans Genèse 39, 7-10, puisque les Dix Commandements n’avaient pas encore été écrits, en quoi le fait que Joseph couche avec la femme de son maître aurait-il été répréhensible ?
R : Joseph n’avait pas besoin des Dix Commandements pour savoir qu’agir ainsi trahirait totalement la confiance que son maître lui accordait. Joseph a également déclaré que ce serait un péché contre Dieu.
Certaines personnes n’agissent qu’en se conformant à la lettre de la loi. Cependant, ce n’est pas ainsi que Joseph a agi, et ce n’est pas ainsi que les chrétiens sont censés agir. Au lieu de se contenter de se demander « puis-je m’en tirer à bon compte ? » ou « existe-t-il une interdiction absolue, en noir et blanc, à ce sujet ? », nous devrions plutôt nous demander « qu’est-ce qui plairait à Dieu ? ».
Joseph a déjà perdu son manteau à deux reprises ! Mais comme quelqu’un l’a dit un jour, il vaut mieux perdre son manteau et conserver son intégrité que de perdre son intégrité et conserver son manteau.
Il existe un conte arabe intéressant qui illustre cette mentalité consistant à n’obéir qu’à la lettre de la loi. Un jour, un homme conclut un pacte avec un génie maléfique. Ils signèrent tous deux un contrat, selon lequel le génie s’engageait à lui offrir la plus belle femme qu’il puisse imaginer comme épouse et à ne lui faire aucun mal. Le génie disparut, puis une belle femme vint se présenter et souhaita devenir son épouse. À l’insu de l’homme, cette femme n’était autre que le génie déguisé. Une nuit, la « femme » demanda à l’homme de lui montrer le contrat. Lorsque l’homme prit le contrat, le génie fit couler un peu de cire de la bougie pour recouvrir le mot « ne » dans l’expression « ne pas faire de mal à l’homme », puis il tua l’homme.
Il est intéressant de noter que, pour certains, un peu de cire de bougie a suffi à justifier l’annulation de la promesse qu’ils s’étaient faite l’un à l’autre. Aujourd’hui, certaines personnes pensent qu’il est tout à fait acceptable de revenir sur un accord pour des raisons à peine plus fondées. Pour les véritables croyants en Dieu, non seulement nous tenons notre parole à la lettre, mais nous en respectons également l’esprit, et nous ne laissons pas des raisons futiles servir d’excuses à la malhonnêteté.
Q : Dans Genèse 39, 7-20, y a-t-il d’autres récits de ce genre ?
R : Il n’y a rien de tout à fait similaire, mais il existe un récit fictif présentant une légère similitude. L’idée d’une épouse infidèle en l’absence de son mari n’est pas propre à l’histoire de Joseph. Environ 600 ans plus tard, au XIIIe siècle avant J.-C., un récit égyptien intitulé « L’histoire de deux frères » présentait quelques similitudes. En l’absence de son mari, l’épouse tenta de séduire le frère de celui-ci, qui repoussa ses avances. Lorsque le mari revint, l’épouse porta de fausses accusations contre son frère. La vérité finit par éclater et, au final, l’épouse fut exécutée.
Q : Dans Genèse 40, 15, comment Joseph fut-il emmené hors du pays des Hébreux ?
R : D’une part, Joseph venait du pays qui était la possession promise et future des Hébreux israélites. D’autre part, nous considérons aujourd’hui le terme « Hébreu » comme synonyme d’« Israélite », mais ce n’était pas le cas à l’époque. Un Hébreu, ou « Apiru », désignait également un nomade, et Abram était appelé « Hébreu ». Ainsi, le terme « Joseph » pouvait soit désigner sa descendance d’Abraham et le fait qu’il vivait dans la nouvelle terre d’Abraham, soit indiquer qu’il venait d’un pays de nomades, soit les deux.
Q : Dans Genèse 40:20-22, Matthieu 14:6 et Marc 6:21, est-il mal de fêter les anniversaires, puisque les seuls anniversaires [prétendument] mentionnés dans la Bible sont ceux où Pharaon a fait exécuter le boulanger et où Hérode a fait exécuter Jean-Baptiste ?
R : Non. Les Témoins de Jéhovah tentent d’utiliser un argument fondé sur le silence pour interdire les célébrations d’anniversaire. Le pharaon et Hérode étaient tous deux des souverains cruels et arbitraires qui tuaient également des gens en dehors des anniversaires, mais il existe deux raisons plus solides pour lesquelles il est acceptable de célébrer un jour spécial marquant la naissance d’une personne.
Job était un homme pieux, et ses fils « organisaient à tour de rôle des festins dans leurs maisons » (Job 1:4). Le texte hébreu indique littéralement que chacun le faisait « le jour qui lui était destiné », et cette expression désigne le jour de sa naissance, comme le montre le fait que Job maudisse « son jour » (en hébreu), que la BSB traduit par « le jour de sa naissance » dans Job 3:1-3.
De plus, l’ange Gabriel a annoncé que beaucoup se réjouiraient de la naissance de Jean-Baptiste (Luc 1, 14) et si les anges ont pu célébrer la naissance de Jésus dans Luc 2, 13-14, il est tout à fait acceptable que nous célébrions nous aussi Sa naissance.
Q : Dans Genèse 40, 23, comment l’échanson a-t-il pu oublier si facilement Joseph ?
R : À l’époque, l’échanson s’inquiétait de la signification de ce rêve. Mais une fois rétabli dans ses fonctions, il s’est dit que ce n’était pas Joseph qui l’avait sauvé et que Joseph ne lui apportait plus aucun avantage à présent ; il s’est donc concentré sur ce qui pouvait lui être profitable et sur ceux qui pouvaient l’aider. Il a ainsi oublié à la fois sa gratitude envers Joseph et la promesse qu’il lui avait faite de se souvenir de lui et de le recommander au pharaon. Par ses frères, la femme de Potiphar et l’officier chargé du vin, Joseph fut maltraité, calomnié et oublié. Mais Dieu pouvait encore agir malgré l’oubli de l’officier chargé du vin ; c’est simplement que cela allait prendre deux années entières. Il est intéressant de noter que le premier-né de Joseph s’appelait Manassé, ce qui signifie « oublier » selon le Commentaire évangélique de la Bible, p. 33. La jalousie des frères de Joseph, la diffamation de la femme de Potiphar et l’oubli de l’échanson étaient insignifiants comparés au verset déterminant de ce chapitre : Genèse 41, 32, qui dit que cette affaire « a été décrétée par Dieu ».
Q : Dans Genèse 41:18, pourquoi y a-t-il des vaches dans le fleuve ?
R : Dans la plupart des endroits, les vaches ne resteraient pas dans le fleuve. Mais en Égypte, elles s’y trouvent souvent pour se rafraîchir et se protéger quelque peu contre les mouches. Or, un auteur aurait dû vivre en Égypte pour le savoir.
Q : Dans Genèse 41:32, pourquoi le pharaon nommerait-il un non-Égyptien comme second ?
R : Bien que les rois puissent parfois agir de manière étrange, dans ce cas précis, cela relevait d’un choix tout à fait judicieux. Si Joseph avait tenté de se rebeller, les Égyptiens ne l’auraient pas suivi. Il est rapporté que des Cananéens, tels que Meri-Ra, Ben-Mat-Ana, ainsi qu’un Sémite, Yanhamu, adjoint d’Amenhotep III, occupaient des postes élevés à la cour égyptienne. (Amenhotep III devint pharaon après le départ des Israélites d’Égypte.) Bien plus tard, les Ottomans turcs confiaient souvent des postes élevés à la cour à des Arméniens, sachant que le peuple ne soutiendrait jamais un non-musulman qui tenterait de s’emparer du pouvoir.
Q : Dans Genèse 41:45, le nom égyptien de Joseph, Zaphenath-Paneah, était-il un titre ou un nom égyptien ?
R : Il signifiait probablement « celui qu’on appelle la vie » ou quelque chose de similaire. Il n’existe aucune preuve qu’un Égyptien ait jamais porté un titre de ce genre ; il s’agissait donc probablement d’un nom. Le pharaon souhaitait sans doute que Joseph puisse paraître plus égyptien aux yeux de bon nombre de ses fonctionnaires. Cela ne signifie toutefois pas que Joseph ait abandonné son nom d’origine. C’est un peu comme lorsque des personnes venues de Chine s’installent en Occident : bien souvent, elles adoptent un nom occidental ; et lorsque des personnes partent de l’Occident pour la Chine, elles adoptent souvent un nom chinois.
Q : Dans Genèse 41:45, existe-t-il des preuves extra-bibliques concernant le nom égyptien de Joseph, Zaphenath-Paneah ?
R : Oui. Bien que les spécialistes ne connaissent aucun des noms des vizirs d’Égypte au cours des siècles proches de l’époque de Joseph, les archéologues ont mis en évidence un lien.
Zaphenath : le nom égyptien de Joseph mentionné en Genèse 41:45 nous a probablement été transmis avec les lettres « t » et « p » inversées. Zat-en-aph signifie « celui qui est appelé », ce qui était une expression courante. Le papyrus Brooklyn 35.1446 présente de nombreux exemples d’Asiatiques ayant reçu des noms égyptiens. Bon nombre de ces noms comportent « celui/celle qui est appelé(e) » comme première partie.
Paneah : « Pa » ou « Pe » représenterait l’Ipi ou l’Ipu égyptien. « anea » est similaire à l’ankh égyptien, qui signifie « vie », ou à l’ankhu, qui signifie « est vivant ». L’ouvrage *Pharaons et rois : une quête biblique*, p. 350, conclut en indiquant que le nom Ipiankhu et ses variantes étaient courants à l’époque de Joseph, mais peu fréquents avant ou après.
Q : Dans Genèse 41:45, si l’on se souvient de la manière dont Isaac a trouvé son épouse, et dont Jacob a trouvé la sienne, en quoi la manière dont Joseph a trouvé la sienne est-elle différente ? Comment Joseph a-t-il géré cette situation ?
R : Le pharaon n’était pas croyant, et l’épouse de Joseph ne l’était probablement pas non plus, du moins au départ. Nous ne voyons aucun souci de la part de croyants dans le choix d’une épouse pour Joseph ; mais Joseph s’en est tout de même sorti. Tout comme Dieu a confié à Adam la gouvernance du pays et une épouse, le pharaon a confié à Joseph la gouvernance du pays et une épouse.
Soit dit en passant, Potiphar et Potiphera ne sont probablement pas la même personne. Il existe en Égypte un monument appelé la stèle de Potiphar, sur laquelle on peut lire : « Putiphar, fils d’Ank h-Hor ». Il ne s’agit probablement d’aucun de ces deux hommes ; Potiphar était plutôt un nom courant.
Q : Dans Genèse 41, 53-57, en quoi Joseph était-il un type du Christ ?
R : Joseph a lui-même souffert afin de pouvoir subvenir aux besoins de tout le peuple de Dieu. Entre le moment où Joseph a été vendu comme esclave et celui où il est devenu le second au pouvoir, il s’est écoulé environ treize ans. Pendant cette période, Joseph a dû faire preuve de patience, même s’il n’avait aucun signe extérieur indiquant que sa situation s’améliorerait un jour. Pensez à la patience dont Dieu fait preuve à notre égard !
Q : Dans Genèse 41, 57, ce qui est arrivé à Joseph lui a-t-il finalement été profitable ?
R : Dans ce cas précis, cela lui a profité de manière secondaire, dans la mesure où il ne se trouvait pas en Canaan lorsque la famine a éclaté. Mais avant tout, ce n’était pas pour le bénéfice de Joseph ; après tout, Joseph aurait très bien pu se réfugier en Syrie et y vivre seul, comme l’avait fait Jacob. Non, le bénéfice principal a été pour les 70 membres de son clan. Dieu n’a pas fait subir cette épreuve à Joseph principalement pour son propre bien, mais pour celui de sa famille.
D’un autre côté, Joseph en a grandement bénéficié d’une autre manière. Imaginez que Joseph soit resté en Canaan ou en Syrie, et qu’il n’ait rien fait de toute sa vie. Il aurait peut-être conservé un caractère intègre, mais il n’aurait pas été considéré comme un grand héros de la foi dans la Bible sans ces expériences qui l’ont façonné, même si ce processus a parfois été douloureux.
Q : Dans Genèse 41:57, puisque la famine était sévère dans le monde entier, pourquoi tous les endroits du monde n’ont-ils pas connu la famine ?
R : Cette expression indique que la famine était sévère au-delà de l’Égypte également.
Q : Dans Genèse 42, versets 3-4, qu’a appris la famille au sujet du favoritisme ?
R : Dans le cas de Jacob, apparemment rien. Il n’a pas envoyé Benjamin avec les autres dans cette aventure, car il semblait aimer Benjamin plus qu’eux. Dans l’esprit de Jacob, sa femme défunte Rachel, son fils Joseph (qu’il croyait mort) et Benjamin étaient liés les uns aux autres, et il ne voulait pas perdre le dernier d’entre eux. Apparemment, les autres frères étaient considérés comme plus remplaçables. C’était une façon épouvantable d’être parent.
Cependant, les frères s’étaient sentis coupables après avoir envoyé Joseph loin d’eux et avoir caché cela à leur père pendant toutes ces années. Mais depuis lors, étant donné que Jacob était injuste à leur égard et que cela n’allait pas changer, ils avaient appris à vivre avec cette situation.
Q : Dans Genèse 42:7, pourquoi les fonctionnaires égyptiens vendaient-ils du blé ?
R : Sous la direction de Joseph, l’Égypte avait constitué des réserves de nourriture en prévision d’une grave famine. Soit le gouvernement égyptien avait prélevé aux agriculteurs plus que ce dont il avait besoin, soit certains Égyptiens disposaient de moins que nécessaire parce qu’ils vendaient le blé du peuple pour en tirer profit. Des millénaires plus tard, il était bien trop courant que des denrées alimentaires soient exportées pour générer des profits considérables tandis que les agriculteurs qui les produisaient mouraient de faim.
Q : Dans Genèse 42:8, pourquoi les frères de Joseph ne l’ont-ils pas reconnu ?
R : Rien n’indique qu’il s’agisse d’un événement miraculeux ou surnaturel. La dernière fois qu’ils l’avaient vu, c’était un adolescent de dix-sept ans, impuissant et effrayé, portant la barbe ; or, ils se retrouvaient face à un homme riche et puissant de trente ans qui, s’il respectait les coutumes égyptiennes, n’aurait pas dû porter de barbe. Même lorsque les gens remarquent une ressemblance, ils en concluent souvent hâtivement qu’il ne peut s’agir de la même personne, si les circonstances semblent rendre cela impossible.
Q : Dans Genèse 42, 6-20, pourquoi Joseph a-t-il traité ses frères, dont il s’était éloigné, de cette manière ?
R : Bien que la Bible n’approuve ni ne critique cette stratégie, celle-ci s’est avérée astucieuse de la part de Joseph. Joseph voulait connaître leur attitude envers l’autre fils de sa mère, et savoir ce qu’ils avaient appris au fil des années. Il voulait voir ce qu’il y avait dans leur cœur avant de leur ouvrir le sien.
Même si personne aujourd’hui ne se trouvera probablement dans la même situation, le principe général reste valable : il faut essayer de connaître un peu ce qu’il y a dans le cœur d’une personne avant de lui accorder votre confiance. Dans un contexte différent, Jésus a dit de ne pas jeter vos perles aux cochons dans Matthieu 7, 6.
Q : Dans Genèse 42, 21-23, pourquoi se sentaient-ils si rongés par la culpabilité à ce moment-là ?
R : Il s’agissait d’un grand secret que seuls les frères connaissaient. (Ils ignoraient que Joseph se trouvait devant eux et qu’il comprenait l’hébreu.) Imaginez avoir un secret qui vous ronge depuis longtemps, concernant ce que vous avez fait à un proche et que vous ne pouvez pas lui avouer. Pensez à la difficulté que les frères ont endurée toutes ces années à cause de leur péché.
Ruben avait eu l’idée de sauver Joseph dès Genèse 37, 21-22. Ruben n’était pas d’accord pour vendre Joseph dans Genèse 37, 29, mais il avait consenti à prendre la tunique de Joseph et à la tremper dans le sang. Ici, Ruben était toujours rongé par la culpabilité comme les autres, mais il avait également une attitude du genre « je vous l’avais bien dit », leur en faisant porter la responsabilité.
Q : Dans Genèse 42, 25-28, après le choc d’avoir dû laisser Siméon en prison, que pensez-vous qu’ils aient ressenti en voyant l’argent en argent de retour dans le sac ?
R : Genèse 42, 28b a probablement minimisé la situation en disant : « leur cœur se serra ». Ils étaient désolés pour Siméon, ils étaient désolés pour leur père, et ils redoutaient de l’annoncer à leur père âgé. Jacob a dit plus tard que si Benjamin venait à disparaître lui aussi, « vous ferez descendre mes cheveux blancs au Shéol dans la douleur » (Genèse 42, 38b).
Le projet de Ruben était de retourner en Égypte seul, accompagné uniquement de Benjamin et de l’argent, afin d’essayer de récupérer Siméon. Mais Jacob aimait Benjamin plus que le fait de récupérer Siméon.
Q : Dans Genèse 42:37, pourquoi Ruben aurait-il dit : « Vous pourrez tuer mes deux fils si je ne vous le ramène pas » ?
R : Jacob n’avait aucune envie de faire mourir l’un de ses petits-enfants. Ruben a tenu ces propos pour faire forte impression et tenter de persuader Jacob. Mais il s’agit là d’une relation quelque peu étrange, dans laquelle Ruben propose un tel marché à Jacob. Il semble que, même si Jacob ignorait la vérité au sujet de Joseph, la confiance entre Jacob et ses fils fût bien faible. Malheureusement, cela peut également être le cas dans certaines familles aujourd’hui.
Q : Dans Genèse 43-44, les frères ont été mis à l’épreuve. Pourquoi ont-ils été mis à l’épreuve ?
R : Examinons cette situation du point de vue de Joseph. Un jour, après tant d’années, les frères de Joseph se présentent à sa cour pour lui demander de l’aide. À ce moment-là, que savait Joseph d’eux et de leur caractère ? La seule chose que Joseph savait à ce stade, c’est qu’il s’agissait des mêmes frères, censés être aimants, qui avaient comploté pour le tuer puis l’avaient vendu comme esclave. Ah, et ils savaient très bien comment ligoter quelqu’un. Nous ne savons pas si l’idée de vengeance a traversé l’esprit de Joseph ou non, mais pour d’autres personnes, cela aurait pu être tout à fait naturel. Que devait faire Joseph ?
Joseph ne tirait aucun plaisir à tromper ses frères. Mais il avait une décision grave à prendre : si ses frères n’avaient pas changé depuis le moment où ils l’avaient vendu comme esclave, il ne voyait alors aucune raison de leur venir en aide.
Le « Bible Knowledge Commentary : Ancien Testament », p. 93-94, indique : « Joseph, qui avait déjà brillamment réussi à créer des tensions lors de leurs deux visites, joua alors son coup de maître. Il mit à l’épreuve leur sollicitude envers Benjamin afin de les amener à reconnaître leur méchanceté. S’ils échouaient à cette épreuve, s’ils n’avaient aucune compassion pour ce deuxième fils de Rachel, alors ils n’auraient aucune part à l’accomplissement des promesses. Dieu pourrait tout recommencer et faire de Joseph une grande nation si les autres se révélaient indignes (cf. Ex 32, 10). »
Q : Dans Genèse 44, quand faut-il mettre les autres à l’épreuve ? Comment faut-il généralement procéder pour les mettre à l’épreuve ?
R : Mettez-vous habituellement vos frères et sœurs à l’épreuve de cette manière ? – J’espère que non. Bien que l’on ne voie pas de personnes pieuses mettre les autres à l’épreuve aussi sévèrement que Joseph l’a fait, il est nécessaire de poser des questions aux gens et de les mettre à l’épreuve pour évaluer leur aptitude au leadership. Les gens peuvent apprendre lorsqu’ils sont mis à l’épreuve, mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel est de voir si l’on peut faire confiance à cette personne pour accomplir une tâche, ou si l’on peut lui faire confiance pour enseigner une doctrine saine.
1 Timothée 3:10 dit : « De plus, ils doivent d’abord être mis à l’épreuve. Ensuite, s’ils sont irréprochables, qu’ils exercent la fonction de diacres. » Apocalypse 2:2 parle en termes élogieux de l’Église d’Éphèse, en disant : « Vous avez mis à l’épreuve et démasqué comme menteurs ceux qui se prétendent faussement apôtres. » Dans Romains 16, 10, Apelles a été mis à l’épreuve et approuvé ; cependant, c’est probablement Dieu qui a procédé à cette épreuve.
En revanche, si une personne a réussi l’épreuve, il est répréhensible d’essayer de la piéger sous prétexte d’une nouvelle épreuve. Les pharisiens ont eu tort de venir mettre Jésus à l’épreuve en lui demandant un signe dans Marc 8, 11 et Luc 11, 16.
Ils ont mis Jésus à l’épreuve par des questions dans Matthieu 16:1 et 22:35.
Naomi a mis à l’épreuve Ruth et Orpa dans Ruth 1, 11-15. Il était inutile qu’elles se rendent en Israël, une terre qu’elles n’avaient jamais vue, simplement parce qu’elles aimaient Naomi. Si elles ne suivaient pas le même Dieu, elles devaient simplement rester là où elles étaient.
Le roi Saül a été mis à l’épreuve dans 1 Samuel 13, 7b-14, mais on ne sait pas clairement si Samuel avait accidentellement quelques heures de retard, ou s’il avait délibérément prévu d’arriver avec quelques heures de retard.
J’ai lu un jour qu’à l’époque de l’Union soviétique, des soldats non en uniforme et armés avaient fait irruption dans un culte organisé clandestinement alors qu’il était sur le point de commencer. Ils ont demandé qui étaient les chrétiens et ont déclaré que tous les non-chrétiens pouvaient partir. Puis ils ont posé leurs armes et se sont joints au culte ; ils voulaient ainsi chasser tous les espions de l’assemblée.
Q : Dans Genèse 44, 2-13, en quoi la coupe d’argent trouvée dans le sac de Benjamin ressemble-t-elle au vol des idoles de son père par Rachel ?
R : Les frères connaissaient peut-être l’histoire de Rachel volant les idoles de son père Laban. Laban et Jacob avaient convenu que quiconque serait trouvé en possession de ces idoles serait mis à mort. À l’époque, ils ignoraient que c’était Rachel qui les avait volées. Si Laban et Jacob s’étaient mis d’accord sur cette peine, quel genre de châtiment le haut fonctionnaire égyptien aurait-il infligé pour le vol d’un objet qui lui était (apparemment) cher et qui avait une grande valeur monétaire ?
Q : Dans Genèse 44:5, comment Joseph, un homme pieux, a-t-il pu prétendre pratiquer la divination ?
R : Il n’est pas dit que Joseph ait jamais utilisé cette coupe, mais seulement qu’il a déclaré à ses frères qu’il s’en servait pour la divination. D’après Genèse 44, 15, Joseph ne semblait apparemment pas très préoccupé par cette coupe. Nous ne devons pas recourir à la divination (Deutéronome 18, 10), et nous devons éviter même l’apparence du mal (2 Corinthiens 8, 21 ; 1 Thessaloniciens 5, 22) ; or, même Joseph n’était pas un homme parfait.
Le Commentaire évangélique de la Bible, p. 34, indique que la divination par l’eau était courante en Égypte. On observait les gouttes d’eau pour faire des prédictions.
Q : Dans Genèse 45:3, quelles sont les quatre raisons pour lesquelles les frères de Joseph auraient pu rester sans voix ?
R : Les frères étaient à la fois 1) sans voix parce qu’ils étaient sous le choc, non seulement d’avoir revu Joseph, mais aussi face à la position qu’occupait Joseph ; 2) sans voix parce qu’ils avaient été démasqués ; 3) sans voix en se demandant ce qui allait leur arriver désormais ; 4) ils avaient dit : « As-tu l’intention de régner sur nous ? » (Genèse 37:8). Or, Joseph régnait désormais sur toute l’Égypte (Genèse 45:8).
Q : Dans Genèse 45, 5 et 8 ; 50, 19-20, qui, selon Joseph, l’avait envoyé en Égypte ? Pourquoi ?
R : Combien de fois avez-vous entendu dire que, lorsqu’une personne avait prévu de commettre un meurtre, cela s’était finalement bien terminé pour elle ? Cela s’est bien terminé pour les frères.
Joseph a expressément précisé que ce n’étaient pas ses frères, mais Dieu. Joseph considérait que ses difficultés et ses épreuves venaient de Dieu, et il louait Dieu pour cela, car c’est maintenant, et seulement maintenant, qu’il en voyait le résultat.
Q : Dans Genèse 45,6 et Genèse 47,28, les Israélites sont-ils devenus esclaves alors que Joseph était encore en vie ?
R : Oui. Si l’on se réfère à Genèse 37:2 ; 41:1 ; 41:29-39 ; 45:6 ; 47:28, les Israélites ont séjourné en Égypte pendant 71 ans sur les 110 que comptait la vie de Joseph. Les Hébreux sont donc devenus esclaves alors que Joseph était encore en vie, puisqu’ils ont été esclaves en Égypte pendant 400 ans et qu’ils y ont séjourné au total pendant 430 ans.
Q : Dans Genèse 45:8 et 50:19, Dieu réduit-il en esclavage des personnes pieuses ? Dieu a-t-il réduit en esclavage Joseph, ou les frères de Joseph ?
R : Il s’agit là d’un exemple du concept théologique appelé « concurrence ». Non seulement Dieu savait le mal qu’ils décideraient librement et volontairement de commettre s’ils se trouvaient dans cette situation, mais Il leur a également permis de se retrouver dans cette situation et de mettre à exécution ce que leur cœur avait décidé. De plus, Dieu a prévu et utilisé leur mal pour en tirer le bien. Comme le dit Romains 8:28 : « … Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment… » Toutes choses incluent même les choses mauvaises.
Q : Dans Genèse 45, 25-28, quelles sont les deux raisons pour lesquelles Jacob est stupéfait d’apprendre que Joseph est vivant ?
R : Premièrement, il pensait savoir avec certitude que Joseph était mort ; après tout, il avait vu le manteau multicolore taché de sang. Deuxièmement, il allait être stupéfait, soit à ce moment-là, soit plus tard, lorsqu’il découvrirait que ses dix fils avaient tous comploté pour le tromper pendant plus de vingt ans.
Q : Dans Genèse 46, 3-4, Dieu s’adresse-t-il à Jacob en tant qu’individu, ou à ses descendants ?
R : Les deux. Dieu confond les deux lorsqu’Il dit à Jacob que « vous » deviendrez une grande nation. Bien que Jacob soit mort en Égypte, son corps fut ramené en Palestine pour y être enterré. C’était un signe indiquant que « vous », au pluriel, sortiriez d’Égypte 430 ans plus tard.
Q : Dans Genèse 46, 1-6, quelles ont été les réactions de Jacob face à cette nouvelle bouleversante ?
R : Il a d’abord accepté de descendre en Égypte, comme le lui avaient demandé ses fils. Peut-être ne voyait-il pas d’autre choix, compte tenu de la famine qui sévissait en Canaan. Mais avant de partir, Jacob s’est rendu à Beersheba, où ils avaient construit un autel et offert des sacrifices à Dieu (Genèse 46, 1). Beersheba se trouvait plus ou moins dans la même direction que l’Égypte ; il n’a donc sans doute pris qu’un peu de temps pour se rendre à l’autel. Puis, cette nuit-là, Dieu donna à Jacob une vision lui disant de ne pas avoir peur de se rendre en Égypte (Genèse 46:3). Cela contraste avec Genèse 26:2, où Dieu avait dit à Isaac de ne pas se rendre en Égypte. Jacob et sa famille se hâtèrent alors de se rendre en Égypte. Plus tard, Jacob se présenta devant Pharaon et le bénit (Genèse 47:7, 10).
Curieusement, il est dit que Jacob serait ramené en Genèse 46:4. Bien sûr, tant ses descendants que son corps furent ramenés d’Égypte, bien que Jacob y fût mort. Mais Dieu avait mentionné que Jacob mourrait, car Il avait dit que Joseph poserait sa main sur les yeux de Jacob pour les fermer une dernière fois, en Genèse 46:4.
Q : Dans Genèse 46, 4, pourquoi Jacob est-il mort en Égypte, alors que Dieu avait promis de le faire sortir de là ?
R : Les gens pensaient à la fois à leurs descendants et à eux-mêmes. Les descendants de Jacob ont été sortis d’Égypte. De plus, le corps de Jacob a été sorti d’Égypte, comme le mentionne Genèse 50, 13-14.
Q : Dans Genèse 46, 8-27, y a-t-il 12, 13 ou 14 tribus ?
R : Il y avait 12 fils d’Israël (10 + Lévi + Joseph)
Il y avait 12 divisions de combat et tribus disposant de terres (10 + les deux fils de Joseph, Manassé et Éphraïm, mais pas Lévi).
Q : Dans Genèse 46, 8-27, j’aimerais connaître les 11 fils que Jacob a eus au pays d’Israël, et qui étaient leurs épouses ? Dans l’Exode de la Bible, il est confirmé que 70 personnes se sont rendues en Égypte, y compris Jacob. Pouvez-vous m’en dresser la liste ?
R : En réalité, l’« Exode » désigne un événement différent : leur sortie d’Égypte. Mais pour répondre à votre question, les onze fils de Jacob sont :
Rubén, Siméon, Lévi, Juda, Issachar, Zabulon, Gad, Aser, Benjamin, Dan et Nephtali. Bien sûr, Joseph était le fils de Jacob, mais il vivait en Égypte, et non en terre d’Israël.
Les descendants de Jacob qui se sont rendus en Égypte sont énumérés dans Genèse 46, 8-27 ; toutefois, cette liste ne mentionne pas ceux qui n’avaient pas de lien de parenté biologique avec Jacob. Les fils et les descendants masculins de Jacob qui se sont rendus en Égypte à cette époque étaient au nombre de 64 hommes. Dina, la fille de Jacob, et Séra, la fille d’Aser, les ont également accompagnés. Si l’on ajoute quatre personnes supplémentaires, à savoir Joseph, ses deux fils Éphraïm et Manassé, ainsi que Jacob, on arrive à un total de 70 personnes répertoriées. Bien sûr, des épouses et d’autres personnes auraient également fait le voyage, et la Bible ne précise pas que pas plus de 70 personnes se sont rendues en Égypte, mais seulement que 70 descendants de Jacob, y compris Jacob lui-même, s’y sont rendus.
Q : Dans Genèse 46:33, existe-t-il des preuves extra-bibliques indiquant que les bergers étaient détestés par les Égyptiens ?
R : Nous ne disposons d’aucune preuve directe, mais nous avons quelques éléments d’information.
1. Lorsque les Hyksos, un peuple étranger, régnaient sur l’Égypte, les Égyptiens ultérieurs appelaient ces souverains étrangers méprisés « les rois bergers ».
2. À l’époque de Joseph, les archéologues affirment qu’un important groupe d’Asiatiques vivait dans le delta du Nil. L’analyse des restes osseux de moutons a montré que c’est à peu près à cette époque que les colons asiatiques ont introduit pour la première fois des moutons à poils longs dans la région du delta du Nil, en Égypte.
Q : Dans Genèse 47:11, comment la famille de Jacob a-t-elle pu vivre dans la région de Ramsès, alors que la ville de Ramsès n’avait pas encore été construite ?
R : Ils se sont installés dans la région du delta du Nil où les esclaves hébreux allaient plus tard construire la ville de Ramsès. Bien qu’elle ne fût pas encore connue sous ce nom lorsque Jacob s’y est établi, la ville de Ramsès avait été construite à l’époque où Moïse a rédigé la Genèse.
Q : Dans Genèse 47, 20-21, comment Dieu a-t-il pu approuver que Joseph réduise le peuple d’Égypte en esclavage au profit du pharaon ?
R : Dieu ne s’est pas prononcé à ce sujet, mais a autorisé cet impôt sur le revenu de 20 % dans Genèse 47, 23-26.
Q : Dans Genèse 47, 31, Jacob adorait-il à la tête de son lit, ou appuyé sur son bâton comme le dit Hébreux 11, 21 ?
R : Bien qu’il soit possible d’être allongé dans un lit tout en s’appuyant sur un bâton pour se redresser et parler, il existe une explication plus simple. Les consonnes des mots « lit » et « bâton » sont identiques en hébreu, et l’Ancien Testament était à l’origine rédigé uniquement en consonnes. Le texte massorétique a ajouté les voyelles pour former le mot « lit », tandis que la Septante a traduit ce terme par « bâton ». Hébreux 11, 21 en grec mentionne un « bâton ».
Q : Dans Genèse 48:5, quelle était la signification des paroles de Jacob selon lesquelles Manassé et Éphraïm lui appartenaient ?
R : Apparemment, lors du futur partage du pays, Manassé et Éphraïm étaient considérés comme appartenant à la même catégorie que les fils directs de Jacob. Ainsi, les descendants de Joseph reçurent deux parts de terre, et non une seule. Souvent, le premier-né recevait une double part. Bien que Joseph ne fût pas le premier-né d’un point de vue chronologique, on lui avait accordé le droit d’aînesse.
Q : Dans Genèse 49 et Deutéronome 33, comment ces prophéties se sont-elles accomplies ?
R : Pour chaque fils, un résumé des prophéties est donné, suivi de leur accomplissement. En général, Genèse 49 contient de nombreuses prophéties, tandis que le Deutéronome ne donne que quelques allusions à l’avenir dans les prières de Moïse.
Ruben, bien que biologiquement l’aîné, ne se distinguerait plus. Ruben s’installa sur la rive orientale du Jourdain et ne fut jamais une grande tribu. Selon l’Encyclopédie des difficultés bibliques, p. 103, Moab a soumis Ruben au IXe siècle (900-800 av. J.-C.), d’après une inscription figurant sur la pierre de Moab (850 av. J.-C.). Cela s’est produit après l’époque de Salomon, entre les règnes d’Asa et de Joas en Juda.
La tribu de Siméon serait dispersée en Israël. Siméon s’installa au centre de Juda (Juges 1:3) et perdit une grande partie de son identité tribale à mesure qu’elle se dispersait au sein de Juda.
La tribu de Lévi serait également dispersée en Israël. Les Lévites ne reçurent pas de terres, mais seulement des villes où s’établir à travers tout Israël. Ils devaient être les enseignants d’Israël. À l’époque du royaume divisé, nombre d’entre eux se déplacèrent vers le sud, en Juda.
Juda sera loué par ses frères, sa main sera sur la nuque de ses ennemis, et les autres fils se prosterneront devant lui. Juda sera comme un lion. Le sceptre ne s’éloignera pas jusqu’à ce que vienne Shiloh. David et les souverains qui lui succédèrent dans le royaume du sud étaient tous issus de la tribu de Juda. Jésus était issu de la descendance de David, tant biologiquement par Marie que « légalement » par son père adoptif, Joseph. Les versets de Genèse 49:10-12 sont messianiques selon le Targum Jonathan, le pseudo-Targum Jonathan, le Targum Onkelos et le Talmud de Babylone.
Zabulon vivra au bord de la mer et ses frontières s’étendront jusqu’à Sidon, en Phénicie. Cette prophétie concernant leur emplacement s’est accomplie.
Issachar se trouverait dans un lieu de repos agréable et confortable, et serait soumis à des travaux forcés. Issachar fut assujetti aux étrangers, tout comme les autres tribus du nord, sous la domination des Assyriens en 732 av. J.-C.
Dan rendra la justice, tel un serpent féroce. Tel un lionceau, il bondira de Bashân. Dan hérita d’un territoire situé dans la partie centrale (loin de Bashân), mais lorsqu’ils attaquèrent violemment Laïsh dans le livre des Juges 18, ils se déplacèrent vers le nord, près de Bashân.
Gad sera attaqué, mais ripostera à son tour. Heureux ceux qui étendent le territoire de Gad. Cela pourrait faire référence, de manière prophétique, à Jephté le Gadite, qui vainquit les Ammonites.
Asher jouirait d’une nourriture riche et raffinée. Asher serait fort tout au long de ses jours. Asher connut peu de difficultés à la guerre, bien qu’il se soit en partie assimilé à la culture phénicienne.
Nephthali sera comme une biche qui met au monde de beaux faons. Nephthali héritera des terres s’étendant vers le sud jusqu’au lac. Nephthali n’a pas joué un rôle majeur dans de nombreuses guerres, et ses membres se sont installés au bord de la mer de Galilée.
Joseph sera une vigne féconde, dont les sarments grimpent par-dessus un mur. Des archers tireront sur lui, mais son arc restera ferme. Tel un prince parmi ses frères, Joseph connaîtra l’abondance. Les deux demi-tribus de Joseph, Éphraïm et Manassé, étaient les plus peuplées après Juda. En effet, Éphraïm devint plus tard synonyme du royaume du Nord, tout comme Juda devint synonyme du royaume du Sud.
Benjamin serait un loup vorace. Ehud, le Benjamite, était un juge qui tua Églon de Moab. Benjamin, bien que petite tribu, combattit farouchement les autres tribus dans le livre des Juges, chapitre 20.
Q : Dans Genèse 49:3 et Deutéronome 21:17, que signifie « le commencement de la force d’un homme » ? Certaines traductions suggèrent qu’il s’agit du début de la capacité procréative d’un homme ou de sa virilité. Le Psaume 127 pourrait suggérer autre chose en référence à ce terme lorsqu’il dit que les enfants de la jeunesse d’un homme sont comme des flèches dans le carquois d’un guerrier puissant.
R : Un homme peut être fertile sans jamais avoir d’enfants, bien que l’absence d’enfants ne prouve pas qu’il soit fertile. Mais pour entrer dans les détails, il existe quatre possibilités quant à sa signification précise.
a) un bébé, ce qui montre également qu’un homme peut avoir d’autres enfants par la suite.
b) un fils de sexe masculin, capable de subvenir aux besoins de la famille lorsque l’homme sera âgé et de se battre pour la patrie.
c) Il s’agit d’une expression faisant référence au droit de l’aîné.
d) Un descendant, ce qui signifie que l’homme peut perpétuer sa lignée.
Je pense que l’option d) est probablement visée ici, car avoir une descendance pour perpétuer la lignée était très important dans cette culture. En effet, lorsqu’un homme marié mourait sans descendance, son frère devait épouser sa femme et le premier fils portait le nom du frère décédé.
L’option c) est sans aucun doute également visée dans Deutéronome 21, 16-17.
Mais je pense également que l’option b) est visée ici, comme le dit le Psaume 127, 4-5.
Cependant, « le commencement… » n’est pas quelque chose que possèdent plusieurs enfants, ni le fait qu’ils aient constitué ensemble « le commencement ». Cela implique que l’enfant était le commencement de la force de l’homme au moment de sa naissance, ce qui indiquerait que l’option a) est visée. Ruben a perdu le droit d’aînesse, mais dans Genèse 49, 3, il restait biologiquement l’aîné, « le commencement de ma force ».
Mon point de vue englobe donc tout ce qui précède.
Q : Dans Genèse 49, 3-4, pourquoi était-il juste que Ruben, qui excellait en honneur et en puissance, ne soit plus le premier ? Cela s’est-il produit dans d’autres parties de l’Église ?
R : Il s’agit en réalité d’un jeu de mots sur le terme « exceller ». Cela tient à ce qu’a fait Ruben dans Genèse 35, 22 et 1 Chroniques 5, 1-2.
Q : Dans Genèse 49, 5-7, comment Jacob a-t-il pu maudire Lévi, alors que Moïse a par la suite béni Lévi dans Deutéronome 33, 8-11 ?
R : Les descendants de Lévi ont été dispersés à travers tout Israël à cause de cet acte cruel. Ils ont toutefois été bénis en se voyant accorder le privilège d’enseigner à Israël. Il y a là une leçon à retenir : une malédiction, lorsque nous la supportons avec courage et que nous suivons Dieu, peut se transformer en bénédiction.
Q : Dans Genèse 49, 7, quand un peuple ou une nation devrait-il manifester de la fureur et une colère cruelle ?
R : En Genèse 49, 6, ils sont même allés jusqu’à estropier les bœufs sous l’effet de leur fureur : ils n’étaient pas des agents de la justice, mais des agents d’une fureur incontrôlée.
La réponse à cette question est : jamais. Nous devons faire preuve d’amour. Nourrir de la haine est un signe que l’on n’est pas sauvé, selon 1 Jean 4:8, 20. « Car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice que Dieu désire », selon Jacques 1:20.
Siméon et Lévi étaient les fils les plus âgés après Ruben. Ils ont été écartés uniquement à cause de leur colère féroce. De même aujourd’hui, il arrive parfois que des personnes compétentes, expérimentées et intelligentes ne soient pas prises en considération pour un poste, ou soient licenciées, à cause de leur tempérament. La colère peut nous faire passer à côté de nombreuses bonnes choses et de bonnes relations.
Q : Dans Genèse 49, 9, pourquoi Juda n’a-t-il pas été écarté à cause de Tamar, comme dans Genèse 38 ?
R : Juda est le deuxième fils aîné, après Ruben, Siméon et Lévi. Tous les quatre étaient les enfants de Léa. Juda a tenté de faire tuer Tamar, mais après que son propre péché eut été découvert, il a réparé ses torts, ou du moins autant qu’il le pouvait, en fin de compte.
Q : Dans Genèse 49, 9-11, que prophétise exactement ce passage ?
R : Shiloh signifie simplement « celui à qui cela appartient ». Les Juifs eux-mêmes interprétaient Genèse 49, 10 comme une prophétie messianique. Dans le Talmud de Babylone, Traité du Sanhédrin, chapitre 4, après le verset 37, recto, le rabbin Rachman déclara : « Lorsque les membres du Sanhédrin se sont retrouvés privés de leur pouvoir sur la vie et la mort, une consternation générale s’est emparée d’eux ; ils se sont couvert la tête de cendres et le corps de sac, s’écriant : “Malheur à nous, car le sceptre s’est éloigné de Juda, et le Messie n’est pas venu !” »
Dans un commentaire des Manuscrits de la mer Morte sur la Genèse (4Q252 [=4QpGena]), le fragment 2, en commentant Genèse 49,10, dit : « Tant qu’Israël régnera, il y aura [toujours] un descendant de David sur le trône. Car le bâton du souverain est l’Alliance royale, [et les clans] d’Israël en sont les divisions, jusqu’à ce que vienne le Messie de la Justice, le Rejeton de David. » Voir *The Dead Sea Scrolls in English*, 4e éd., p. 300-302, qui souligne également que ce commentaire considère les rois hasmonéens juifs comme des souverains illégitimes, puisqu’ils n’étaient pas issus de Juda.
Talmud de Babylone, Sanhédrin 98b : le rabbin Johanan écrivit : « Le monde a été créé pour le Messie ; quel est le nom de ce Messie ? L’école du rabbin Shila disait : “Son nom est Shiloh, car il est écrit : jusqu’à ce que Shiloh vienne.” »
Talmud de Jérusalem, Sanhédrin, folio 24 : « Un peu plus de quarante ans avant la destruction du Temple, le pouvoir de prononcer des condamnations à mort fut retiré aux Juifs. »
Le Targum Onkelos dit : « La transmission de la souveraineté ne cessera pas de la maison de Juda, ni celle du scribe parmi les enfants de ses enfants, pour toujours, jusqu’à ce que le Messie vienne. »
Le Targum pseudo-Jonathan sur Genèse 49:11a : « Les rois et les souverains ne cesseront pas de sortir de la maison de Juda… jusqu’à ce que vienne le roi Messie. »
Une autre source juive indiquant que les Juifs comprenaient qu’il s’agissait d’une prophétie messianique est le Targum Jonathan sur Genèse 49, 10-11a.
Parmi les premiers chrétiens qui ont fait référence à cette prophétie messianique, on peut citer Irénée de Lyon (vers 160-202 apr. J.-C.), Hippolyte de Portus (222-235/236 apr. J.-C.) et Origène (225-253/254 apr. J.-C.). Parmi les hérétiques, les Homélies clémentines des Ébionites (avant 188 apr. J.-C. – date incertaine) en font mention.
Q : Puisque Genèse 49, 10 dit que le sceptre ne s’éloignera pas tant que « Shiloh » ne viendra pas, comment cela pourrait-il désigner le Messie ?
R : Les traductions grecque et latine indiquent « celui à qui il appartient ». Les exégètes juifs de l’époque ont interprété cette expression comme messianique, puisque le targum araméen la traduit par « Messie ». Cette interprétation est également messianique selon le Targum Jonathan et le Targum pseudo-Jonathan (= Targum Yerushalmi I, = Targum Ezez). Les Juifs ont perdu le droit d’appliquer la peine capitale vers l’an 6 après J.-C. Le Talmud de Babylone le mentionne dans le chapitre 4 du Traité du Sanhédrin, après la page 51b ; chapitre 4, après la page 37 ; recto. Ézéchiel 21:27 présente une construction parallèle à Genèse 49:10.
D’autres y verraient le souverain officiel de la Palestine. Sous les Romains, le roi juif Archélaüs fut détrôné et le procurateur romain Coponius le remplaça.
À titre d’aparté, *The Expositor’s Bible Commentary*, vol. 1, p. 224, indique que le Talmud babylonien précise que le Targum Jonathan a été rédigé par Jonathan ben Uzziel, qui vécut au Ier siècle avant J.-C. et fut le disciple le plus éminent de Hillel.
Dans un commentaire des Manuscrits de la Mer Morte sur la Genèse (4Q252 [=4QpGen(a)]), le fragment 2, en traitant de Genèse 49:10, dit : « Chaque fois qu’Israël régnera, il y aura [toujours] un descendant de David sur le trône. Car le sceptre du souverain est l’Alliance royale, [et les clans] d’Israël en constituent les divisions, jusqu’à ce que vienne le Messie de la Justice, le Renouveau de David. » L’ouvrage *Les Manuscrits de la mer Morte en anglais*, 4e éd., p. 300-302, souligne également que ce commentaire considère les rois hasmonéens juifs comme des souverains illégitimes, puisqu’ils n’étaient pas originaires de Juda.
Josèphe, dans son ouvrage *La Guerre des Juifs* (93-94 apr. J.-C.), livre II, chapitre 8, écrit : « Or, la partie de la Judée qui appartenait à Archélaüs fut réduite au rang de province, et Coponius, membre de l’ordre équestre romain, fut envoyé en tant que procurateur, César lui ayant confié le pouvoir de vie et de mort. » Flavius Josèphe mentionne également que le Sanhédrin perdit son pouvoir sur les affaires passibles de la peine capitale dans *Antiquités judaïques*, 20.9 (écrit vers 93-94 apr. J.-C.).
Les Juifs eux-mêmes interprétaient cela comme une prophétie messianique. Dans le Talmud de Babylone, Traité du Sanhédrin, chapitre 4 suivant le 37, recto, le rabbin Rachman déclara : « Lorsque les membres du Sanhédrin se virent privés de leur pouvoir de vie et de mort, une consternation générale s’empara d’eux ; ils se couvrirent la tête de cendres et le corps de sacs, s’écriant : “Malheur à nous, car le sceptre s’est éloigné de Juda, et le Messie n’est pas venu !” » Cet événement s’est produit vers l’an 6 après J.-C. (Extrait de l’ouvrage de Josh McDowell, *Evidence That Demands a Verdict*, vol. 1, p. 169, et de *Jesus Before the Sanhedrin* d’Augustin Lemann, 1886, traduit par Julius Magath, n° NL 0239683, n° de la Bibliothèque du Congrès 15-24973.) Voir également *Pugio Fidei*, de Raymundus Martini, publié par De Vosin en 1651, p. 148.
Talmud de Babylone, Sanhédrin 98b : le rabbin Johanan écrivit : « Le monde a été créé pour le Messie ; quel est le nom de ce Messie ? L’école du rabbin Shila disait : “Son nom est Shiloh, car il est écrit : jusqu’à ce que Shiloh vienne.” » p. 147
Talmud : « [30 apr. J.-C.] Un peu plus de quarante ans avant la destruction du Temple, le pouvoir de prononcer des condamnations à mort fut retiré aux Juifs. » Talmud de Jérusalem, Sanhédrin, folio 24, p. 147
Le Targum d’Onkelos dit : « La transmission de la souveraineté ne cessera pas de la maison de Juda, ni celle du scribe parmi les enfants de ses enfants, pour toujours, jusqu’à ce que le Messie vienne. » (The Messiah: An Aramaic Interpretation ; The Messianic Exegesis of the Targum, Samson H. Levy (Cincinnati : Hebrew Union College Jewish Institute of Religion, 1974), p. 2) p. 146
Le Targum pseudo-Jonathan sur Genèse 49, 11a : « Il ne cessera de sortir de la maison de Juda des rois et des souverains… jusqu’à ce que vienne le roi Messie », ibid., p. 7
Une autre source juive indiquant que les Juifs considéraient ce passage comme une prophétie messianique est le Targum Jonathan sur Genèse 49, 10-11a. Justin le Martyr (qui écrivit vers 138-165 apr. J.-C.) mentionne dans sa Première Apologie, chapitre 32, que ce passage fait référence au Christ.
Q : Dans Genèse 49,10, que signifie exactement le mot hébreu « Shiloh » à cet endroit ?
R : Le texte hébreu original ne comportait pas de voyelles, ce qui explique une certaine incertitude.
a) Il pourrait s’agir d’un nom désignant une personne : Shiloh
b) Il pourrait signifier « à qui cela appartient » ou « lui appartenant » : siloh / selloh. Cette interprétation est en partie étayée par la Septante et la Peshitta syriaque. Ézéchiel 21, 26-27 fait référence à cela.
c) Cela pourrait signifier « tribut qui lui est dû » (say loh). Ce serait alors un parallèle avec le verset suivant.
d) Il pourrait s’agir du lieu appelé Shiloh.
e) Enfin, la Bible regorge de jeux de mots ; il pourrait donc s’agir de plusieurs de ces interprétations à la fois.
Q : Genèse 49:10 dit à propos du sceptre royal : « jusqu’à ce que vienne Shiloh ». Comment cette prophétie guerrière pourrait-elle faire référence à Jésus ?
R : Jésus a fait preuve d’un esprit guerrier en vainquant Satan lors de sa première venue. De plus, Jésus fera preuve d’un esprit guerrier et tuera de nombreuses personnes lors de sa seconde venue, comme le décrit Apocalypse 19:11-16.
Q : Dans Genèse 49:10, puisque le sceptre ne devait pas s’éloigner de Juda avant la venue du Messie, pourquoi n’y eut-il pas de rois issus de Juda après l’exil, à l’exception des Maccabées ?
R : Genèse 49, 10 ne garantissait pas qu’il y aurait des rois indépendants. Il dit seulement qu’il y aurait un dirigeant, et Guedalia ainsi que de nombreux autres ont exercé cette fonction en tant que gouverneurs sous la domination de Babylone, de la Perse et d’autres gouvernements. Voir « 1001 questions bibliques répondues », p. 28, pour une réponse différente mais complémentaire.
Q : Dans Genèse 49:10, puisque Juda devait régner jusqu’à l’avènement du Messie, pourquoi Saül était-il issu de la tribu de Benjamin ?
R : Il n’y avait pas de roi lorsque cette prophétie a été prononcée. Saül a été rejeté en tant que roi, mais une fois que David (issu de Juda) est devenu roi, il a été reconnu que Juda constituait la lignée royale jusqu’à la venue du Messie. Jésus était issu de Juda « légalement », puisque Joseph était son père légal, et biologiquement, puisque Marie était elle aussi issue de Juda.
Q : Dans Genèse 49, 14-15, pourquoi Jacob a-t-il prophétisé l’esclavage pour Issachar, alors que Deutéronome 33, 18-19 prophétise une bénédiction ?
R : Ces deux prophéties se sont accomplies. Issachar a bénéficié d’une grande bénédiction grâce à ses terres fertiles. Cependant, à l’époque des Assyriens, ses membres sont devenus esclaves et leur tribu est restée dans cet état. Lorsque nous tenons les bénédictions de Dieu pour acquises, celles-ci peuvent nous rendre paresseux et enclins à céder au péché. Voir Juges 8, 27 et 33 pour un autre exemple triste concernant Gédéon.
Q : Dans Genèse 49, 16-17, à quoi cela pourrait-il faire référence ?
R : Samson était originaire de Dan. Dan est la tribu la plus septentrionale depuis l’époque des Juges 18. Dan était censée faire régner la justice, mais elle s’est au contraire livrée à l’idolâtrie, comme le rapporte Juges 18:30. Jérémie 4:15-16 et 8:16 indiquent qu’un désastre viendra de Dan.
Galaad, Dan et Aser n’ont pas soutenu Débora et Barak (Juges 5, 17).
Dans Apocalypse 7, 5-8, aucun des 144 000 n’est issu de la tribu de Dan. Certains pensent que l’Antéchrist pourrait être un Juif issu de la tribu de Dan.
Q : Dans Genèse 50:3, pourquoi a-t-il fallu 40 jours pour embaumer le corps de Jacob, et non pas plus ou moins ?
R : Il n’est pas nécessaire d’y voir une signification allégorique, puisque la Bible en donne la raison. Genèse 50, 3 indique que quarante jours étaient le temps nécessaire à l’embaumement. Le magazine KMT : A Modern Journal of Ancient Egypt, vol. 3, n° 3, automne 1993, p. 7, précise que des expériences de momification sur des rats montrent que quarante jours correspondent au temps nécessaire pour achever le séchage du corps à l’aide de sels de natron. Il mentionne également que quarante jours constituent toujours la période de deuil dans l’Égypte moderne.
Q : Dans Genèse 50:13, Jacob a-t-il été enterré dans la grotte qu’Abraham avait achetée près de Mamré, ou certains des patriarches ont-ils été enterrés près de Sichem, comme le suggèrent Actes 7:15-16 ?
R : Tout d’abord, trois points liés à la réponse, puis deux réponses possibles.
Premièrement, il s’agissait de deux lieux distincts, la distance entre Mamré et Sichem étant d’environ 45 miles (72 kilomètres).
Avant l’Exode, Genèse 50, 13 indique que Jacob fut enterré près de Mamré. Genèse 50, 24-26 précise que le corps de Joseph fut embaumé et conservé dans un cercueil en Égypte, dans l’attente d’être enterré plus tard dans la Terre Promise.
Après l’Exode, plus de 477 ans plus tard, les fils de Jacob furent enterrés près de Sichem, comme le mentionne Actes 7, 15-16. Josué 24, 32 ajoute également que les ossements de Joseph furent enterrés dans la région située près de Sichem.
Voici deux réponses distinctes.
« Ils » : Actes 7, 15 dit : « Et Jacob descendit en Égypte et rendit l’esprit [c’est-à-dire mourut], lui et nos pères. » (Traduction littérale de Green) Le pronom « ils » dans Actes 7, 16 fait référence aux douze fils de Jacob (nos pères) qui furent enterrés après l’Exode, et non à Jacob, qui avait été enterré plus de 477 ans auparavant.
L’erreur d’Étienne : si Étienne avait à tort « confondu » ces deux événements en un seul lorsqu’il s’est exprimé, alors Actes 7, 15-16 reste infaillible. Actes 7, 15-16 rapporte de manière infaillible une erreur insignifiante commise par Étienne. Rien n’indique qu’Étienne devait être infaillible dans tout ce qu’il disait. Cependant, compte tenu des antécédents d’Étienne sur d’autres points dans Actes 7, on pourrait privilégier la première réponse.
Cependant, même si la deuxième réponse est la bonne, il y a là une leçon à tirer pour nous. Lorsque les croyants d’aujourd’hui sont au cœur de la volonté de Dieu et s’adressent aux autres comme Dieu le souhaite, Dieu n’a pas non plus promis que toutes nos paroles et nos doctrines soient infaillibles. Mais ce n’est pas grave. Dieu œuvre en nous malgré nos erreurs, et même à travers nos erreurs, pour faire ressortir Sa vérité.
Que Étienne n’ait pas fait preuve d’une précision moderne dans l’emploi de ses pronoms ou qu’il se soit trompé sur un détail historique, le message de Dieu ne porte pas sur la question de savoir si Jacob faisait partie ou non de ces « ils » enterrés à Sichem. Le message de Dieu est qu’Il a guidé les Israélites dans une relation d’alliance avec Lui, et qu’Il s’est servi d’eux pendant des milliers d’années pour préparer le terrain au plus grand événement de tous les temps : la venue de Son propre Fils, Jésus-Christ.
Q : Dans Genèse 50, 16, les frères de Joseph ont-ils menti lorsqu’ils ont dit que Jacob avait ordonné à Joseph de ne pas leur faire de mal ?
R : La Bible ne précise pas si Jacob a jamais donné cet ordre de manière explicite ; il est donc possible que les frères aient menti. D’un autre côté, il est certain que Jacob souhaitait implicitement que Joseph ne se venge pas de ses frères. Aujourd’hui, nous entendons beaucoup de choses de la part des gens sans savoir avec certitude si la personne dit entièrement la vérité ou non. Nous devons néanmoins réagir avec sagesse, et de la manière dont Dieu voudrait que nous réagissions, même lorsque nous ne pouvons ni prouver ni réfuter la véracité de ce qui est dit.
Q : Dans Genèse 50, 19-20, comment pouvons-nous faire nos propres choix, puisque Dieu « veut » que nous fassions les choix que nous faisons ?
R : Trois points simples permettent d’expliquer cette coïncidence.
Dieu ne contraint jamais les gens à pécher ni ne les pousse à choisir le mal. Dieu ne tente personne, selon Jacques 1, 13.
Dieu connaissait d’avance leurs choix et leur a permis de les faire. Charles Hodge qualifie ce concept de « décrets permissifs ».
Dieu a utilisé leurs mauvais choix dans le cadre de son plan. En effet, tout est inclus dans le plan de Dieu, selon Éphésiens 1:11 et Proverbes 16:4. Louis Berkhof a inventé le terme « concours » pour désigner ce concept.
Q : Dans la Genèse, pourquoi le mot « Élohim » est-il mentionné 33 fois dans les 34 premiers versets, suivi de « Yahweh-Élohim » 20 fois dans 45 versets, puis de « Yahweh » 10 fois dans 25 versets (Evidence That Demands a Verdict, tome 2, p. 121) ? Cela indique-t-il qu’il y a eu plusieurs auteurs ?
R : Il ne s’agissait pas d’une coïncidence, mais d’une volonté délibérée d’exprimer d’abord la nature universelle et transcendante de Dieu, puis Ses aspects plus personnels. On observe une situation très similaire dans le Coran. Le mot « Allah » prédomine dans les sourates tardives, celles de Médine, tandis que le terme « Seigneur », et non « Allah », est principalement utilisé dans les sourates antérieures, celles de La Mecque. Voici mon décompte dans les sourates médinoises : 4 (~211 fois), 9 (~152 fois), 24 (75 fois), 33, 48, 49, 57 (33 fois), 58 (37 fois), 59 (29 fois), 60 à 66. Voici mon décompte du mot « Seigneur » dans les sourates mecquines, suivi du nombre approximatif d’occurrences du mot « Allah ». 15 (3 fois), 32 (1 fois), 50 à 53, 54 à 55 (0 fois), 56 (2 fois), 67 (4 fois), 68 (0 fois), 75 (0 fois), 78 (0 fois), 85 à 96 (9 fois), 100 à 109 (1 fois), 110 à 112 (6 fois), 113 à 114 (0 fois).
De même, dans l’Épître aux Hébreux du Nouveau Testament, le chapitre 1 n’utilise jamais les mots « Christ » ou « Jésus », mais se réfère à Lui uniquement en tant que « Fils ». En revanche, « Jésus » et « Christ » sont fréquemment utilisés dans le reste de l’Épître aux Hébreux.
Cela ne prouve pas que le Coran ait eu plusieurs auteurs, ni que l’Épître aux Hébreux en ait eu plusieurs, pas plus que les preuves ne démontrent que la Genèse ait eu plusieurs auteurs. Cela montre plutôt qu’une utilisation asymétrique des noms n’était pas inhabituelle dans la littérature du Moyen-Orient.
Q : Dans la Genèse, quand ce livre a-t-il été écrit ?
R : Les premiers écrits juifs et chrétiens s’accordent à dire que Moïse l’a rédigé. Que Moïse ait lui-même tenu la plume ou qu’un scribe l’ait fait sous sa direction, cela s’est tout de même passé à l’époque de Moïse.
En 1885, le libéral Julius Wellhausen a affirmé qu’ils avaient été rédigés pendant ou après l’exil babylonien (598-539 av. J.-C.). Personne, pas même les libéraux, ne croit cela aujourd’hui.
Les libéraux d’aujourd’hui pensent qu’il a été rédigé plusieurs siècles après l’époque de Moïse.
Q : Dans la Genèse, comment savons-nous que ce dont nous disposons correspond à ce qui a été écrit à l’origine ?
R : En tant que chrétiens, nous avons confiance dans le fait que l’Ancien Testament que le Christ a validé est bien celui dont nous disposons. D’ailleurs, pour les musulmans, leur Coran indique, dans la sourate 5, verset 46, que Jésus s’est vu remettre la Torah. Nous disposons de manuscrits anciens datant de l’époque du Christ, ce dont traite la question suivante. Il existe toutefois un autre élément de preuve. Philon d’Alexandrie était un érudit juif qui vécut de 15/20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C. Il rédigea un commentaire sur la Genèse et répondit à des questions concernant l’Ancien Testament. Il écrivait en grec, mais il est curieux de constater que ses citations grecques de l’Ancien Testament concordent davantage avec le texte massorétique hébreu qu’avec la Septante grecque. Il a analysé en détail la signification des différents versets. Sur les 1 533 versets que compte la Genèse, Philon en a mentionné 410, en totalité ou en partie. Voici les versets de la Genèse auxquels il a fait référence :
1, 1-2, 4, 26, 27, 31 ; 2, 1-10, 13-25 ; 3, 1-24 ; 4, 1-12, 14, 25-26 ; 5:1, 3, 23-24, 29, 32 ; 6:1-12, 14-17 ; 7:1-2, 4-5, 10-11, 16-17, 19, 21-24 ; 8:1-18, 20-22 ; 9 : 1, 3-8, 10-11, 13, 18, 20-28 ; 10 : 1, 6, 8 ; 11 : 1-2, 4, 6-8, 10, 29 ; 12 : 1-4, 6-7 ; 13 : 1, 9 ; 14 : 1, 3, 7, 17, 18, 20-24 ; 15:1-3, 5, 20 ; 16:1-9, 11-16 ; 17:1, 6, 8, 10-22, 24, 26, 27, 32 ; 18:1, 3, 6, 7, 9-11, 15-17, 22, 23, 27, 32, 33 ; 19:4, 11, 20, 20, 32, 33, 35 ; 20:7, 12 ; 21:1-2, 5-7, 11-12, 14, 19-20, 33 ; 22:1-2, 4, 6, 7, 9, 16, 22, 62-63, 67 ; 25:5, 8, 11, 17, 21, 23-25, 27, 29, 33 ; 26:2, 3, 5, 9, 12, 32-33 ; 27:1, 20, 28, 30, 33, 36, 40-43, 45 ; 28 : 1-2, 7, 11-17, 21-22 ; 29 : 4, 13, 26, 31, 35 ; 30 : 1, 2, 13, 16, 18, 24, 30, 36, 37, 42 ;
31:3-5, 10-14, 20, 27-28, 33, 35, 43 ; 32:10, 25, 28-29, 31 ; 33:5, 11 ; 34:1, 3 ; 35:2, 4, 16, 18, 25 ; 36:12 ; 37:2-3, 7-9, 12-13, 15, 33, 36 ; 38:7, 9, 11, 20, 25 ; 39 : 1, 3, 7, 21 ; 40 : 8-10, 15-17, 20 ; 41 : 17, 28, 45, 49 ; 42 : 1, 11, 16, 18, 36 ; 43 : 9 ; 45 : 5, 11, 16, 18, 22, 26, 28 ; 46:1, 4, 27, 33-34 ; 47:3, 9, 24 ; 48:1, 5, 13, 15-16, 22 ; 49:2, 15-18, 22, 33 ; 50:7-8, 19, 24
Cependant, on constate quatre différences dans ses références de versets, toutes dans la Genèse.
Verset | Hébreu massorétique | Grec de Philon |
Genèse 4:13 | Mon crime est trop grand pour que je puisse le supporter. | Mon crime est trop grave pour être pardonné. (3 fois) |
Genèse 5:22 | Hénoch vécut 65 ans avant Mathusalem, puis marcha avec Dieu pendant 300 ans | Hénoch vécut 165 ans avant de se repentir, puis 200 ans après cela. |
Genèse 6:6 | Dieu se repentit d’avoir créé l’homme sur la terre | Dieu s’inquiéta, parce qu’il avait créé l’homme sur la terre ; et il en décida ainsi. |
Genèse 10:9 | Il était un puissant chasseur devant le Seigneur | et devint un géant sur la terre |
Comme vous pouvez le constater d’après la liste précédente, il a longuement commenté les premiers chapitres de la Genèse et s’est montré plus succinct sur les chapitres suivants. À l’intention des musulmans qui lisent ces lignes, dans Genèse 22, Philon affirme que c’est Isaac, et non Ismaël, qui a été sacrifié, tout comme le mentionnent les copies de la Genèse que l’on trouve aujourd’hui dans l’Ancien Testament.
Q : Dans la Genèse, quels sont certains des manuscrits les plus anciens qui existent encore aujourd’hui ?
R : Les manuscrits de la mer Morte : (avant Jésus-Christ) 20 exemplaires ou fragments, estimés à 15 ou 18 exemplaires distincts. Ces manuscrits sont appelés :
1Q1 – fragments de la Genèse
2Q1 : la Genèse
4Q1 : Genèse + Exode
4Q2 : la Genèse, identique au texte massorétique
4Q3 : Genèse 40-41
4Q4 Genèse 1
4Q5 Genèse, similaire aux textes massorétique et samaritain
4Q6 – Une partie de la Genèse 48
4Q7 : fragments de la Genèse 1 et 2
4Q8a Genèse 2, 17-18
4Q8b Paraphrase de Genèse 12, 4-5
4Q8c : titre d’un manuscrit de la Genèse
(Les fragments 4Q8a, b et c proviennent de trois manuscrits différents)
4Q9 Genèse, similaire au texte samaritain
4Q10 Genèse 1-3
4Q11 De Genèse 50, 26 à Exode 36
4Q12 Genèse 26 en caractères paléo-hébreux
6Q1 : un fragment de la Genèse 5
8Q1 : deux fragments de la Genèse 17, 12-19 et 18, 20-25.
Au total, les Manuscrits de la mer Morte ont permis de préserver 265 des 1 533 versets de la Genèse (soit 17,3 %).
Gn 1, 1-28 ; 2, 1-3, 6-7, 14-19 ; 3, 1-2, 11-14 ; 4, 2-11 ; 5, 13-14 ; 6, 13-21 ; 8, 21 ; 10, 6 ; 12, 4-5 ; 17, 12-19 ; 18, 20-25 ; 19, 27-28 ; 22, 13-15 ; 23, 17-19 ; 24, 22-24 ; 26, 21-28 ; 27, 38-39, 42-43 ; 32, 4-5, 30, 33 ; 33:1, 18-20 ; 34:1-3, 5-10, 17-21, 30-31 ; 35:1, 4-10, 25-29 ; 36:1-17, 19-27, 35-37, 43 ; 37:1-2, 5-6, 22-30 ; 39:11-23 ; 40:1, 12-13, 18-23 ; 41:1-11, 15-18, 23-27, 29-44 ; 42, 15-22, 38 ; 43, 1-2, 5-14 ; 45, 14-22, 26-28 ; 46, 7-11 ? ; 47, 13-14 ; 48, 1-11, 15-17, 18-22 ; 49, 1-8 ; 50, 3, 26 ?
Commentaire des manuscrits de la mer Morte sur la Genèse, trouvé dans la grotte 4
La Septante est une traduction grecque de l’Ancien Testament et des livres apocryphes. Le fragment Rahlfs 814, Genèse 14, 12-15, date approximativement de la seconde moitié du IIe siècle après J.-C. (150-200 après J.-C.)
Une copie grecque de la Genèse, référencée sous le numéro d’inventaire 319, est antérieure à l’an 100 apr. J.-C.
À la page 7.2, il est mentionné que Genèse 1, 1-5 dans la Septante a été écrit à la page 12 (Papyrus Amherst 3b). Ce document est daté de 264 à 282 apr. J.-C.
Le manuscrit de Vienne a été rédigé au Ve ou au VIe siècle après J.-C. et 24 pages de la Genèse sont conservées.
Parmi les autres manuscrits grecs, on peut citer
Le papyrus d’Oxyrhynque 656 est un manuscrit du IIe siècle après J.-C. qui contient la Genèse en grec.
Le papyrus d’Oxyrhynque 1007 est un fragment datant du IIIe siècle après J.-C. Le scribe a procédé à une duplication inhabituelle de la lettre « yod » initiale dans le Tétragramme.
Le papyrus Chester Beatty 5 contient Genèse 42, 7-19. Il est daté de 350 à 400 après J.-C.
Le Vaticanus (325-350 apr. J.-C.) contient Genèse 46, 29-50, 26. Le Vaticanus contient tout le reste de l’Ancien Testament.
L’Alexandrinus (vers 450 apr. J.-C.) pour l’ensemble de la Genèse, à l’exception des passages de Genèse 14, 14-17 ; 15, 1-5, 16-19 ; 16, 6-9, qui sont mutilés.
Le Sinaïticus (340-350 apr. J.-C.) contient Genèse 21, 26-22, 17 ; 22, 21-23, 16 ; 23, 19-24, 20 ; 24, 23-24, 46 ;
Les Samaritains ont réalisé leur propre copie de la Torah au IIe siècle av. J.-C., bien que les plus anciennes copies samaritaines qui nous soient parvenues datent du Moyen Âge.
Manuscrits chrétiens anciens : les papyrus de Chester Beatty (IIe-IVe siècle apr. J.-C.) contiennent la Genèse.
La traduction syriaque de la Genèse, la Peshitta, date du Ve siècle après J.-C.
Une traduction syriaque de la Septante a été réalisée par l’évêque Paul de Tella (616-617 apr. J.-C.), dont nous disposons encore aujourd’hui.
Q : Quels auteurs anciens ont fait référence à la Genèse ?
R : Philon le Juif (15/20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C.) fait référence à l’intégralité ou à des parties de 410 versets de la Genèse. L’un de ses ouvrages qui cite abondamment la Genèse est *Interprétation allégorique*, I.
Vingt-neuf auteurs ecclésiastiques antérieurs au concile de Nicée ont fait référence à la Genèse.
La « 1re Épître de Clément » (96-98 apr. J.-C.) cite ou fait référence au contenu de 25 versets de la Genèse : Gn 1, 26-28 ; 2, 23 ; 4, 3-8 (Septante) ; 5, 24 ; 9, 6 ; 12, 1-3 ; 13, 14-16 ; 15, 5, 6 ; 18, 27 ; 19, 24 ; 21, 22 ; 22, 17 ; 27, 41 ; 37, 6.
Justin le Martyr (qui a écrit vers 138-165 apr. J.-C.) cite ou fait référence à Genèse 1, 26, 28 ; 2, 3 ; 3, 15, 22 ; 6, 16 ; 8, 10, 12 ; 9, 24-27 ; 11, 5, 6 ; 15, 6 ; 18, 1, 2, 10, 13, 14, 16, 17, 20-23, 33 ; 19, 1, 10, 16-25, 27, 28 ; 21, 9-12 ; 26, 4 ; 28, 10-19 ; 31, 10-13 ; 32, 22-30 ; 35, 6-10 ; 49, 5, 8-12, 18.
Mélétos/Méliton de Sardes (170-177/180 apr. J.-C.) a classé la Genèse parmi les livres de l’Ancien Testament dans sa lettre à Onésime, dans *On Pascha*, p. 72. Ce fait est rapporté dans l’*Histoire ecclésiastique* d’Eusèbe, livre 4, chapitre 26.
Théophile d’Antioche (168-182/8 apr. J.-C.) cite mot pour mot Genèse 2, 8-3, 19, en un bloc de 37 versets, dans *Théophile à Autolycos*, livre 2, chapitre 21, p. 102-103. Il cite également Genèse 2, 4-5, 7 dans *À Autolycos*, chapitre 19, p. 102.
Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) écrit : « De plus, nous l’apprenons de l’Écriture elle-même », puis cite peu après Genèse 17, 9-11. Irénée, *Contre les hérésies*, livre 4, chapitre 26.1, p. 480. Il cite de très nombreux passages de la Genèse.
Théodote, probablement montaniste (vers 240 apr. J.-C.), cite Genèse 1, 1 en se référant à la « Genèse » dans *Extraits de Théodote*, chap. 1, p. 43. Il cite également Genèse 1, 2 au chapitre 7, p. 44, Genèse 1, 3 au chapitre 38, p. 48, et une partie de Genèse 1, 18 au chapitre 56, p. 50.
Cypien de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.). Il cite le Livre de la Genèse, en le mentionnant comme provenant de la Genèse, notamment dans le Traité 12, troisième livre, 20,32, entre autres passages.
Parmi les autres auteurs ecclésiastiques pré-nicéens ayant cité la Genèse, on peut citer l’Épître de Barnabé, Mélito de Sardes, Athénagoras, Clément d’Alexandrie, Tertullien, Hippolyte, Origène, Novatien, Archélaüs, Alexandre d’Alexandrie et Méthode.
Après Nicée
Jérôme (373-420 apr. J.-C.) traite des livres de l’Ancien Testament. Il aborde plus particulièrement la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome, la Torah, Job, Jésus fils de Nave [Josué], les Juges, Ruth, Samuel et les Rois (2 livres), les douze prophètes, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Esther, Esdras, Néhémie, Lettre 53, chapitres 7-8, pages 99-101.
Q : Dans la Genèse, dans quelle mesure les citations de Philon étaient-elles précises ?
R : Voici les citations que Philon utilise dans l’ordre dans *Sur la Création* :
« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » … « les ténèbres couvraient la surface de l’abîme » … « qu’il appela “jour” ». … « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » … « Ils furent créés homme et femme » … « Voici le livre de la création du ciel et de la terre, telle qu’elle eut lieu, le jour où Dieu fit le ciel et la terre, ainsi que toute herbe verte avant qu’elle n’apparaisse sur la terre, et toute l’herbe des champs avant qu’elle ne pousse. » … « Et une source jaillit de la terre et arrosait toute la surface de la terre. » … « Dieu forma l’homme en prenant de la terre, et il insuffla dans ses narines le souffle de vie. » … « Dieu fit venir tous les animaux vers l’homme, désireux de voir quels noms il donnerait à chacun. » …
Voici des citations qu’il utilise de manière non séquentielle dans *Interprétation allégorique*, tome I et une petite partie du tome II.
« Et le ciel, la terre et tout leur univers furent achevés. » … « Et le sixième jour, Dieu acheva l’œuvre qu’il avait faite. » … « Dieu acheva ses œuvres le sixième jour. » … « Il fit reposer les choses qu’il avait commencées. » … « Ainsi, le septième jour, Dieu se reposa de toutes ses œuvres qu’il avait faites. » … « Et Dieu bénit le septième jour, et le sanctifia. » … « Voici le livre de la genèse des cieux et de la terre, lorsqu’ils furent créés. » … « Ce jour-là, Dieu créa les cieux et la terre, ainsi que toute herbe verte des champs, avant qu’elle n’apparaisse sur la terre, et toute l’herbe des champs avant qu’elle ne pousse. Car Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre, et l’homme n’existait pas encore pour cultiver la terre. » … « Mais une source jaillit de la terre et arrosait toute la surface de la terre. » … « Et Dieu créa l’homme en prenant une poignée d’argile de la terre, et il insuffla dans ses narines le souffle de vie : et l’homme devint une âme vivante. » … « Et Dieu planta un paradis en Éden, à l’est ; et c’est là qu’il plaça l’homme qu’il avait formé. » … « Et l’homme qu’il avait formé », … « que Dieu avait placé dans le Paradis. » … « Et Dieu fit sortir de la terre tous les arbres agréables à la vue et bons à manger ; il fit pousser au milieu du Paradis l’arbre de vie, ainsi que l’arbre de la connaissance du bien et du mal. » … « Et un fleuve sort d’Éden pour arroser le Paradis. De là, il se divise en quatre bras : le nom du premier est Pheison. C’est celui qui entoure tout le pays d’Evilat. C’est là que se trouve le pays où il y a de l’or, et l’or de ce pays est de bonne qualité. On y trouve également le carbuncle et le saphir. Et le nom du deuxième fleuve est Gihon ; c’est celui qui entoure tout le pays d’Éthiopie. Et le troisième fleuve est le Tigre. C’est le fleuve qui coule devant les Assyriens. Et le quatrième fleuve est l’Euphrate. » … « Et le Seigneur Dieu prit l’homme qu’il avait formé et le plaça dans le Paradis, pour le cultiver et le garder. » … « Et le Seigneur Dieu donna cet ordre à Adam : « Tu peux manger librement de tous les arbres qui se trouvent dans le Paradis ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ; car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (II) « Et le Seigneur Dieu dit : “Il n’est pas bon que l’homme soit seul : faisons-lui une aide qui lui soit assortie.” … « Et Dieu dit : Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce : des animaux à quatre pattes, des reptiles et des bêtes sauvages. » (Il poursuit, en passant par Abraham).
La comparaison de ces deux passages montre que Philon n’a pas nécessairement utilisé les mêmes mots pour citer le même passage.
Q : Dans la Genèse, quelles sont certaines des différences de traduction entre l’hébreu et la Septante grecque ?
R : En nous concentrant principalement sur le chapitre 1, voici quelques-unes des différences de traduction parmi les 1 533 versets de la Genèse. Selon l’Anchor Bible Dictionary, vol. 5, p. 934, le Pentateuque samaritain concorde avec la Septante contre le texte massorétique dans 1 900 lectures. Sauf indication contraire, la première phrase est tirée du texte massorétique (MT) et la seconde de la Septante (LXX).
Gn 1, 1 « cieux » (MT) contre « ciel » (Septante)
Genèse 1:2 « sans forme et vide » vs « disgracieux et dépourvu de tout aménagement » (Septante) vs « vide et néant » (Aquila) vs « en friche et indistinct » (Symmachus) vs « désolé, dépourvu d’êtres humains et d’animaux, et dépourvu de toute culture de plantes et d’arbres » (Targum de Néophyte Ier [paraphrase]) vs. « vide et dépourvu » (Vulgate)
Genèse 1, 2 : « la surface de l’abîme » vs « l’abîme »
Gn 1, 2 : « la surface des eaux » vs « l’eau »
Genèse 1, 5 : « jour » (MT, Septante) contre « temps du jour » (Manuscrit de la mer Morte 4QGen(g))
Genèse 1:6 « les eaux » vs « l’eau » (3 fois)
Genèse 1:7 « Et il en fut ainsi » vs. (absent) (2 mots hébreux, 3 mots grecs)
Genèse 1:8 « cieux » contre « ciel »
Genèse 1:9 « Il en fut ainsi. » vs « Il en fut ainsi. Et les eaux qui étaient sous le ciel se rassemblèrent en leurs lieux, et la terre ferme apparut. » (17 mots grecs)
Genèse 1:11-12 « jeunes pousses » contre « herbes » (deux fois)
Genèse 1:14 « cieux, pour séparer » contre « cieux, pour éclairer la terre, pour séparer »
Genèse 1:16 « régner » vs « réguler » (deux fois)
Genèse 1:16 « et des étoiles pour régner sur la nuit » vs « régissant la nuit, ainsi que les étoiles ».
Genèse 1:20 « créatures rampantes » vs « reptiles » (reptilia en grec)
(Notez qu’en Genèse 1:20, 21, la traduction littérale de Green mentionne à tort les oiseaux, alors qu’il devrait s’agir de créatures volantes, puisque le même mot hébreu désigne les chauves-souris et les insectes ailés dans Lévitique 11:19-22 et Deutéronome 14:18-20.)
Genèse 1:21 « et tout ce qui rampe » vs « et tout reptile vivant »
Genèse 1:21-25 « cela » contre « eux » (à plusieurs reprises) (il s’agit là d’une question grammaticale pointilleuse)
Genèse 1:22 « se multiplient » vs « soient multipliés »
Genèse 1:24 « le bétail et les bestioles rampantes » contre « les quadrupèdes et les reptiles »
Genèse 1:26 « à notre image, selon notre ressemblance » vs « selon notre image et notre ressemblance »
Genèse 1:26 « les animaux sauvages et sur toute la terre » (MT, Septante) vs « les animaux sauvages de la terre » (syriaque)
Genèse 1:26 « les reptiles rampant » vs « les reptiles rampant »
Genèse 1:27 « à son image ; à l’image de Dieu » contre « selon l’image de Dieu »
Genèse 1:28 « Et Dieu les bénit, et Dieu leur dit » vs « Et Dieu les bénit en disant »
Genèse 1:30 « tout être vivant » contre « toutes les bêtes sauvages »
Genèse 2:1 « toute leur armée » contre « l’ensemble de leur monde »
Genèse 4:8 « Abel » contre « Abel, allons dans les champs » (Pentateuque samaritain, Septante, Targum de Néophyte I, syriaque ; comparez avec la Vulgate)
Genèse 4:15 « C’est pourquoi » (MT, targums) vs « Non. C’est pourquoi » (Septante, syriaque, Vulgate) (pas de changement de sens)
Les tables généalogiques de Genèse 5 et 11, 10-26 présentent de légères différences dans le Pentateuque samaritain (The Anchor Bible Dictionary, vol. 5)
Genèse 5, 24 : « marchait avec Dieu » (MT) contre « plaisait à Dieu » (LXX, Hébreux 11, 5b)
Genèse 6:4 « fils de Dieu » (MT, certaines versions de la Septante) vs. « anges de Dieu » (certaines versions de la Septante) vs. « fils des dieux » (traduction d’Aquila le Juif). Voir La Cité de Dieu d’Augustin d’Hippone (413-426 apr. J.-C.), livre 15, chapitre 23, p. 304
Genèse 6:5 « l’Éternel » (MT, Targums) vs. « l’Éternel Dieu » (Septante) vs. « Dieu » (Vulgate)
Genèse 7:22 « souffle de l’esprit de vie » contre « souffle de vie » (Septante, Vulgate)
Genèse 9:25 Certains manuscrits de la Septante et de l’Ancien Testament arabe indiquent que la malédiction ne s’appliquait pas à « Canaan », mais à « Cham, père de Canaan ».
Genèse 10:4 « Dodanim » (la plupart des manuscrits massorétiques) contre « Rodanim » (certains manuscrits massorétiques, le Pentateuque samaritain, la Septante)
Genèse 10:23 « Mash » (TM) contre « Meshech » (Septante et 1 Chroniques 1:17, texte massorétique)
Genèse 11:12 comporte l’insertion de « Cainan » entre Arphaxad et Shelah dans la Septante ainsi que dans Luc 3:36.
Genèse 11:32 : Térach mourut à « 205 ans » (TM) contre « 145 ans » (Septante, Pentateuque samaritain)
Genèse 14:1, 9 : « Arioch d’Ellasar » (manuscrits hébreux) contre la paraphrase « le roi Arioch, le roi Ellasar » dans Théophile à Autolycos, livre 2, chapitre 31, p. 107. L’archéologie sumérienne a mis au jour un « roi Ariochu de Larsa ».
Genèse 14:23 « lanière/sandale » (TM) contre un mot inconnu dans le Pentateuque samaritain (différence d’une lettre, très probablement une altération)
Genèse 18:22 « les hommes restèrent debout devant le Seigneur » contre « le Seigneur resta debout devant Abraham » (ancienne tradition des scribes hébreux)
Genèse 19, 17 : « il dit » contre « ils dirent » (Septante, syriaque, Vulgate)
Genèse 20, 13 ; 31, 53 ; 35, 7 : « Elohim » contre « El » (Pentateuque samaritain). Également dans Exode 22, 8.
Genèse 21, 9 : « avec Isaac » contre « avec son fils Isaac » (Septante, Vulgate)
Genèse 22:2 « votre fils, Isaac, votre unique, celui que vous aimez » contre « Prenez votre fils, celui que vous aimez, Isaac »
Genèse 22:13 « un bélier derrière [lui] » (la plupart des textes massorétiques) contre « un bélier » (certains textes massorétiques, le Pentateuque samaritain, la Septante, le syriaque)
Genèse 23:1 « les années, les années de la vie de Sara » vs « les années » (Septante, Vulgate)
Genèse 24:62 « depuis son arrivée jusqu’à » contre « depuis » (Targums syriaques)
Genèse 30:36 « absent » contre « qu’un ange apparut à Jacob en songe pour lui révéler la part qui lui revenait dans les troupeaux de Laban » (Pentateuque samaritain)
Genèse 30:11 « avec/dans la fortune » (TM, Kethib, Septante, Vulgate) contre « une troupe » (Qere, syriaque, targums) (Le Qere désigne certains mots araméens prononcés à haute voix, qui diffèrent des mots écrits dans le texte massorétique. Le Kethib (écrit en araméen) correspond aux mots écrits de l’Ancien Testament hébreu)
Genèse 31:40 « chaleur torride » (TM, Septante) contre « temps des moissons » (Pentateuque samaritain, manifestement une altération)
Genèse 31:49 « Mizpa » contre « les stèles témoins » (Septante) contre « la stèle de Mizpa » (Pentateuque samaritain)
Genèse 33:4 « et [il] l’embrassa » (présent mais marqué de points dans le texte massorétique) contre absent (Septante)
Genèse 36:2, 14 « fille de » contre « fils de » [Zibeon/Sebegon] (Pentateuque, syriaque)
Genèse 36:3 « Basemath » (TM, Septante) contre « Mahalath » (Pentateuque samaritain)
Genèse 36, 16 : « Korah/Core » (TM et Septante) contre (absent) (Pentateuque samaritain, 1 Chroniques 1, 36)
Genèse 36:24 « eau » (TM, Vulgate) contre « sources chaudes » (Septante)
Genèse 36:39 « Hadar » (la plupart des textes massorétiques) contre « Barad » (Septante) contre « Hadad » (certains textes massorétiques, Pentateuque samaritain, syriaque)
Genèse 37:36 « les Médanites » contre « les Madianites » (Septante, Pentateuque samaritain, Vulgate, syriaque)
Genèse 41:22 « et j’ai vu » contre « je me suis endormi une seconde fois et j’ai vu » (Septante, syriaque, Vulgate)
Genèse 41:48 « la nourriture des sept années qui furent dans le pays » contre « la nourriture des sept années, durant lesquelles il y eut de l’abondance dans le pays » (Septante, Pentateuque samaritain)
Genèse 41:56 « ouvrirent tout ce qui se trouvait en leur sein » vs « tous les entrepôts » (Septante, Vulgate, syriaque)
Genèse 44:4 « Est-ce bien ? » vs « Est-ce bien ? Pourquoi avez-vous volé ma coupe d’argent ? » (Septante, Vulgate)
Genèse 46:13 « Puah » contre « Phua » (Septante) contre « Puvah » (Pentateuque samaritain, syriaque, 1 Chroniques 7:1)
Genèse 46:13 « Iob » contre « Jashub » (certaines versions de la Septante, Pentateuque samaritain)
Genèse 46:16 « Ziphion » contre « Zephon » (Septante, Pentateuque samaritain, Nombres 26:15)
Genèse 46:20 « lui » contre « lui, [à savoir] Manassé et Éphraïm. Et des fils naquirent à Manassé, que la concubine syrienne lui avait enfantés, [à savoir] Machir. Et Machir engendra Galaad. Et les fils d’Éphraïm, frère de Manassé : Sutalaam et Taam. Et les fils de Sutalaam : Édom. » (Septante, comparez avec le Rouleau de la Mer Morte 4QExod(a))
Genèse 46:23 « Hushim » contre « Hashum »
Genèse 46:27 « en Égypte, deux âmes. Toutes les âmes de la maison de Jacob qui entrèrent en Égypte étaient au nombre de soixante-dix. » (TM) vs. « dans le pays d’Égypte, il y avait neuf âmes ; toutes les âmes de la maison de Jacob qui vinrent avec Joseph en Égypte étaient au nombre de soixante-quinze. » (Septante)
Genèse 47:21 « il les fit déménager dans les villes » vs « il en fit des esclaves » (Septante, Pentateuque samaritain)
Genèse 49:4 « l’a souillée – lui » contre « l’avez souillée – vous » (Septante, syriaque, targums)
Genèse 49:5 « Joseph » vs « eux »
Genèse 49:7 « leur colère est maudite » contre « leur colère est belle » (Pentateuque samaritain)
Genèse 49:20 « d’Asher » vs « Asher » (Septante, Vulgate, syriaque)
Genèse 50:16 « ils ordonnèrent à Joseph » contre « ils s’approchèrent de Joseph » (Septante, syriaque)
Genèse 50:23 « sur les genoux de Joseph » contre « au temps de Joseph » (Pentateuque samaritain)
L’emploi des termes « Élohim » et « Jéhovah » présente des différences de répartition entre la Septante et le texte massorétique. Julius Wellhausen considérait ces divergences comme le point le plus faible de sa théorie de l’hypothèse documentaire.
Bibliographie relative à cette question : la traduction hébraïque est tirée de *Literal Translation* de Jay P. Green et la version de la Septante provient de la traduction de Sir Lancelot C.L. Brenton intitulée *The Septuagint : Greek and English*. L’*Expositor’s Bible Commentary*, le *Anchor Bible Dictionary* (vol. 5) ainsi que les notes de bas de page des Bibles NASB, NIV, NKJV et NRSV ont également été consultés.
par Steven M. Morrison, PhD.