Porter le Nom : étude de l’emploi du nom de « chrétien » dans l’Église primitive
– première partie sur quatre – Vue d’ensemble
1 Pierre 4:16 « Cependant, si vous souffrez comme chrétien, n’en ayez pas honte, mais louez Dieu de porter ce nom. »
Autrefois, Dieu répandit l’Évangile par le témoignage courageux des premiers disciples de Jésus. Malgré une opposition considérable et la tentation de se fondre dans la masse, l’Église primitive se leva et refusa tout compromis. Et de nos jours encore, Dieu parle au monde par notre foi, en particulier au milieu des épreuves. Nous pouvons nous réjouir de l’héritage que constitue la transformation du monde, mais nous devons nous souvenir avec respect des immenses difficultés et de l’opposition qu’endurèrent les croyants d’avant Nicée. Les disciples de Jésus ne furent pas mis à mort pour avoir simplement cru que Jésus était un homme de bien. Bien plutôt, tandis que leurs corps étaient frappés, meurtris, brisés et brûlés, leurs têtes ne s’inclinaient devant aucun autre dieu.
Pline le Jeune, gouverneur romain, fit mettre à mort les premiers croyants ; voici ce qu’il écrivit à leur sujet à l’empereur Trajan en 112 apr. J.-C. : « Ils [les chrétiens] avaient coutume de se réunir un jour déterminé, avant le lever du jour, pour chanter tour à tour un hymne au Christ comme à un dieu, et pour s’engager par un serment solennel à ne commettre aucun forfait… »
Ils furent tournés en dérision à cause de leur foi, notamment par Lucien, satiriste du IIe siècle : « Les chrétiens, vous le savez, adorent encore aujourd’hui un homme – ce personnage éminent qui introduisit leurs rites nouveaux et qui fut crucifié pour cette raison…Voyez-vous, ces créatures égarées… » (La Mort de Pérégrinus, 11)
Les membres de l’Église ne furent pas seulement mis à mort et tournés en dérision : ils furent également incités au compromis. Ne pouvait-on pas suivre le Christ tout en revenant à la Loi du judaïsme ? L’Épître aux Galates y répond par un « non » catégorique. Pouvions-nous continuer à nous dire disciples du Christ tout en tournant le dos à notre Créateur et en croyant aussi à d’autres dieux, comme l’enseignaient les gnostiques ? Les mensonges de Satan pouvaient séduire, non seulement du point de vue du confort personnel, mais aussi par l’attrait d’un auditoire bien plus nombreux, pour peu que l’on mêle le message à d’autres religions. Il semblerait que l’on puisse mieux porter ses fardeaux en consentant à être sous le même joug que les incroyants ; mais alors, de qui porterait-on le fardeau ?
Mais si grandes qu’aient été toutes ces épreuves, la foi de l’Église primitive fut plus grande encore. Ces croyants surent reconnaître ces dangers et leur tenir fermement tête. Ils savaient à qui ils appartenaient et pourquoi ils étaient là.
Notre identité en Christ
Nous devons donc prêter une attention accrue à ce que nous sommes, de peur de compromettre notre propre témoignage. Nous étions tous pécheurs, ni meilleurs ni pires que les autres, haïssant Dieu ou L’ignorant. Nous méritions tous la colère de Dieu. Mais Dieu, dans Sa miséricorde, envoya Jésus, Son Fils unique, mourir sur la croix pour nos péchés. Il n’a pas échappé à la croix en « se dérobant », comme l’affirment de nombreux musulmans ; au contraire, en raison de Son grand amour pour nous, Jésus a choisi de « prendre notre place » afin de charger sur Lui le poids de notre culpabilité, trop lourd pour que nous le portions. Nous sommes morts avec le Christ et nous sommes ressuscités avec le Christ. Notre identité à nos propres yeux est morte, et notre identité est désormais tout entière liée à Sa vie. Lorsque certains reçoivent le Christ, Dieu les fait entrer aussitôt au Ciel – comme martyrs. D’autres parmi nous demeurent ici-bas, parce que Dieu a une tâche à nous confier : non seulement rendre témoignage, mais être Son témoin.
Qui sommes-nous ? La Bible dit que nous sommes des ambassadeurs, que nous sommes frères, enfants, rois et prêtres. Or d’autres peuvent l’être également. Mais, de manière distinctive et unique, nous sommes appelés chrétiens.
Porter le Nom dans les Écritures
Actes 11:26b : « C’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens. » Très tôt, les disciples du Christ furent connus sous le nom de chrétiens.
Actes 26:27-29 : « Roi Agrippa, crois-tu aux prophètes ? Je sais que tu y crois. » Agrippa dit alors à Paul : « Penses-tu qu’en si peu de temps tu puisses me persuader de devenir chrétien ? » Paul répondit : « Que ce soit en peu ou en beaucoup de temps, je prie Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m’écoutent aujourd’hui, vous deveniez tels que je suis, à l’exception de ces chaînes. » Si vous prenez position pour le Christ, les incroyants verront que vous êtes chrétien.
1 Pierre 4:16-17 : « Cependant, si vous souffrez comme chrétien, n’en ayez pas honte, mais louez Dieu de porter ce nom. (17) Car voici le moment où le jugement commence par la maison de Dieu ; et s’il commence par nous, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu ? » Même si vous souffrez pour avoir porté ce nom, l’apôtre Pierre nous a ordonné de louer Dieu de porter le nom de chrétien. Certains peuvent élever des objections contre le fait d’être appelés chrétiens ; la deuxième partie les examine.
Malgré la persécution et malgré les contrefaçons, tournons-nous vers la Parole de Dieu et ayons le courage de porter le nom pour lequel il nous est commandé de louer Dieu : celui de chrétien.
Les premiers croyants et le fait de porter le Nom
Ne pourrions-nous pas être chrétiens en silence et dissimuler la vérité de ce que nous sommes ? Mais si nous devons être des témoins, de quoi serions-nous alors les témoins ? Voici ce qu’ont déclaré les premiers auteurs qui se réclamaient du Christ.
Ignace, disciple de l’apôtre Jean (100-116/7 apr. J.-C.), demanda aux croyants d’Éphèse de prier « afin que je sois trouvé au nombre des chrétiens d’Éphèse, qui ont toujours été en parfait accord avec les apôtres par la puissance de Jésus-Christ ». Lettre d’Ignace aux Éphésiens, chap. 11, p. 54.
Évarestus, Martyre de Polycarpe (vers 169 apr. J.-C.), chap. 10, p. 41 : « Et comme le proconsul le pressait de nouveau en disant : “Jure par la fortune de César”, il [l’évêque Polycarpe] répondit : “Puisque tu insistes vainement pour que je jure, comme tu le dis, par la fortune de César, et que tu feins d’ignorer qui je suis et ce que je suis, écoute-moi le déclarer avec assurance : je suis chrétien. Et si tu souhaites apprendre quelles sont les doctrines du christianisme, fixe-moi un jour et tu les entendras.” » Polycarpe fut lui aussi un disciple de l’apôtre Jean.
Tertullien (198-220 apr. J.-C.) : « Car celui qui confesse être ce qu’il est, c’est-à-dire chrétien, confesse du même coup Celui par qui il l’est, c’est-à-dire le Christ. C’est pourquoi celui qui a nié être chrétien a renié le Christ, en niant que le Christ soit en lui ; et, le Christ niant qu’il soit en Lui, il reniera le Christ également. » Scorpiace, chap. 9, p. 642
Les Constitutions apostoliques, ouvrage anonyme, sont plus catégoriques encore. Au livre 5, chap. 4, p. 438, on y lit : « Mais celui qui nie être chrétien afin de n’être pas haï des hommes, et qui aime ainsi sa propre vie plus que le Seigneur, dans la main duquel est son souffle, celui-là est misérable et malheureux, étant détestable et abominable ; il désire être l’ami des hommes, mais il est l’ennemi de Dieu, n’ayant plus sa part avec les saints, mais avec les maudits ; choisissant, au lieu du royaume des bienheureux, ce feu éternel qui est préparé pour le diable et ses anges : n’étant plus haï des hommes, mais rejeté de Dieu et chassé loin de Sa présence. »
Partagez-vous la même foi que les premiers chrétiens ? La troisième partie contient bien d’autres citations des 41 auteurs d’avant Nicée qui ont employé le mot « chrétien » pour se désigner eux-mêmes.
Il ne suffit pas de croire : nous devons tenir ferme et persévérer. À l’image des chrétiens auxquels s’adresse l’Épître aux Hébreux, nous ne devons pas nous décourager, mais demeurer fermes dans le nom du Christ.
Plus encore que d’être courageux, soyons obéissants et ne renions pas ce que nous sommes.
Toutes les citations bibliques sont traduites de la version NIV (New International Version).
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