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Bible Query sur Ésaïe

 

Q: En És 1-66, quels sont quelques termes marquants ?

R: En voici un bon nombre.

Termes clés

Ésaïe 1-39

Ésaïe 40-66

Reste de l’A.T.

Saint d’Israël

12

13

6

Prééminence du futur temple du Seigneur

6

5

7+

vision 35

 

 

68

vit 48

 

 

 

Maison de Jacob

5

2

9

Sainteté de Dieu 6

 

 

 

L’ÉTERNEL du sabbat 62

 

 

 

Malheur (‘oy / hoy) 22

 

 

 

Paix

11

15

305

Joie

13

19

148

Pierre

 

 

 

Lumière

 

 

 

Buisson d’épines

1

1

0

enfant/enfants

 

 

 

Salut

8

18

89

Chants du Serviteur

0

4

0

le thème du rejeton 4

 

 

 

thème de la consolation

1

13

beaucoup

 

Q: En És, quels versets se rapportent à Jésus ?

R: Le Nouveau Testament cite Ésaïe plus que tous les autres livres de l’Ancien Testament réunis. Si vous croyez que le Nouveau Testament est la parole inerrante de Dieu, alors tous ces passages sont d’Ésaïe. Les versets suivants d’Ésaïe sont cités ou évoqués dans le Nouveau Testament en rapport avec Jésus.

Versets d’Ésaïe

Versets du Nouveau Testament citant « Ésaïe »

Ésaïe 1:9

Romains 9:29 « comme Ésaïe l’avait dit auparavant »

Ésaïe 6:9

Luc 8:10s (anonyme)

Ésaïe 6:9-10

Matthieu 13:14-15 « pour eux s’accomplit cette prophétie d’Ésaïe »

Ésaïe 6:9-10

Marc 4:12 (anonyme)

Ésaïe 6:9-10

Luc 8:10 (anonyme)

Ésaïe 6:9-10

Actes 28:25-27 « C’est avec raison que le Saint-Esprit, parlant à vos pères par le prophète Ésaïe, a dit »

Ésaïe 6:10

Jean 12:39-40 « parce qu’Ésaïe a dit encore »

Ésaïe 8:14

Romains 9:33 « selon qu’il est écrit »

Ésaïe 8:14

1 Pierre 2:6, 8 « Car il est dit dans l’Écriture » … « ils s’y heurtent »

Ésaïe 8:17,18

Hébreux 2:13 [Jésus] « Et encore »

Ésaïe 8:23-9:1

Matthieu 4:14-16 « ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète »

Ésaïe 10:22-23

Romains 9:27-28 « Ésaïe, de son côté, s’écrie au sujet d’Israël »

Ésaïe 11:10

Romains 15:12 « Ésaïe dit aussi »

Ésaïe 13:10 ; Joël 2:31

Matthieu 24:29 (allusion anonyme)

Ésaïe 13:10 ; Joël 2:31

Marc 13:24 (allusion anonyme)

Ésaïe 22:13

1 Corinthiens 15:32 (anonyme)

Ésaïe 22:22

Apocalypse 3:7 (allusion anonyme)

Ésaïe 25:8

1 Corinthiens 15:54 « la parole qui est écrite »

Ésaïe 28:16

Romains 10:10-11 « selon ce que dit l’Écriture »

Ésaïe 28:16

Romains 9:33 « selon qu’il est écrit »

Ésaïe 28:16

1 Pierre 2:6-7 « Car il est dit dans l’Écriture »

Ésaïe 29:10

Romains 11:8 « selon qu’il est écrit »

Ésaïe 29:13

Matthieu 15:7-9 « Ésaïe a bien prophétisé sur vous »

Ésaïe 29:13

Marc 7:6-7 « Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous »

Ésaïe 29:14

1 Corinthiens 1:19 « Aussi est-il écrit »

Ésaïe 40:3

Matthieu 3:3 « celui qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète »

Ésaïe 40:3

Marc 1:2-3 « ce qui est écrit dans Ésaïe, le prophète »

Ésaïe 40:3

Jean 1:23 « comme a dit Ésaïe, le prophète »

Ésaïe 40:3-5

Luc 3:4-6 « ce qui est écrit dans le livre des paroles d’Ésaïe, le prophète »

Ésaïe 40:6-8

1 Pierre 1:24-25 « Car »

Ésaïe 40:13

Romains 11:34 (anonyme)

Ésaïe 40:13

1 Corinthiens 2:16 (anonyme)

Ésaïe 42:1-4

Matthieu 12:17-21 « afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète »

Ésaïe 42:7

Luc 4:18-19 « le livre du prophète Ésaïe… »

Ésaïe 49:6

Actes 13:47 « ainsi nous l’a ordonné le Seigneur »

Ésaïe 49:8

2 Corinthiens 6:2 « Car il dit » [Dieu]

Ésaïe 49:8-9

Luc 4:17-21 « on lui remit le livre du prophète Ésaïe »

Ésaïe 52:5

Romains 2:24 « comme cela est écrit »

Ésaïe 52:15

Romains 15:20-21 « selon qu’il est écrit »

Ésaïe 52:11

2 Corinthiens 6:17 (implicite) « dit le Seigneur »

Ésaïe 53:1

Jean 12:38 « la parole qu’Ésaïe, le prophète, a prononcée »

Ésaïe 53:1

Romains 10:16 « Aussi Ésaïe dit-il »

Ésaïe 53:4

Matthieu 8:17 « ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète »

Ésaïe 53:7-8

Actes 8:30-33 « qui lisait le prophète Ésaïe… Le passage de l’Écriture qu’il lisait »

Ésaïe 53:9

1 Pierre 2:22 (anonyme)

Ésaïe 53:12

Marc 15:28 « Ainsi fut accompli ce que dit l’Écriture »

Ésaïe 53:12

Luc 22:37 « il faut que cette parole qui est écrite s’accomplisse en moi »

Ésaïe 54:1

Galates 4:27 « car il est écrit »

Ésaïe 54:13

Jean 6:45 « Il est écrit dans les prophètes »

Ésaïe 55:3

Actes 13:34 « c’est ce qu’il a déclaré » [Dieu]

Ésaïe 56:7

Matthieu 21:13 (anonyme)

Ésaïe 56:7

Marc 11:17 « N’est-il pas écrit »

Ésaïe 56:7

Luc 19:46 « Il est écrit »

Ésaïe 59:7

Romains 3:17 (anonyme)

Ésaïe 59:20-21

Romains 11:26-27 « selon qu’il est écrit »

Ésaïe 61:1-2

Luc 4:17-19 « on lui remit le livre du prophète Ésaïe… »

Ésaïe 64:3

1 Corinthiens 2:9 « comme il est écrit »

Ésaïe 65:1

Romains 10:20 « Ésaïe pousse la hardiesse jusqu’à dire »

Ésaïe 65:2

Romains 10:21 « Mais au sujet d’Israël, il dit » [Ésaïe]

Ésaïe 66:1

Matthieu 5:34 (allusion anonyme)

Ésaïe 66:1

Actes 7:48-50 « comme dit le prophète »

Ésaïe 66:24

Marc 9:44, 46, 48 (anonyme)

Il existe bien sûr d’autres passages messianiques qui ne sont pas mentionnés dans le Nouveau Testament.

   Parmi les manuscrits de la mer Morte, le Grand Rouleau d’Ésaïe est très intéressant, car il comporte onze endroits où figure ce qui semble être une lettre grecque Tau (ou Chi) couchée, en regard de passages messianiques. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le Chi était la première lettre du mot grec désignant le Christ. Toutefois, cela ne prouve pas une influence chrétienne, car avant l’époque de Jésus, les Juifs reconnaissaient déjà « Christ » comme la traduction grecque de Messie, c’est-à-dire l’oint. Ces onze passages sont Ésaïe 32:1ss ; 42:1ss ; 42:5ss ; 42:19ss ; 44:28 ; 49:5-7 ; 55:3-4 ; 56:1-2 ; 56:3ss ; 58:13ss ; 66:5ss.

 

Q: En És, les visions et les oracles d’Ésaïe sont-ils classés par ordre chronologique ?

R: Bien que cela soit possible, rien n’oblige à le penser. Ésaïe, vers la fin de sa vie, ou quelqu’un d’autre, les a probablement classés par thèmes. Voir aussi la question suivante.

 

Q: En És, quel est le plan de ce livre ?

R: Voici un plan simple et général de l’organisation d’Ésaïe.

És 1-12 Les décrets du Roi en trois parties

. És 1-5 Le tribunal se réunit : les griefs de Dieu contre Juda et Ses desseins pour Juda

. . És 1 Le procès et trois calamités : nationale, religieuse et sociale

. . És 2-4 Votre choix : marcher dans la lumière de la bénédiction, ou se cacher dans la poussière ou la malédiction

. . . És 2:1-4 Poème de Sion

. . . . És 2:5-9 Appel à la miséricorde du Seigneur

. . . . . És 2:10-22 Sinon, se cacher dans les rochers loin de Sa colère

. . . . És 3:1-9 Voici combien la colère sera grave

. . . És 3:10-26 Voici comment Dieu jugera

. . És 4:2-6 Poème de Sion

. . És 5 Le Cantique de mon Bien-Aimé et la destruction de la vigne inutile

. És 6 La vocation d’Ésaïe

. És 7-12 Emmanuel - Dieu avec nous

És 13-27 Le jugement du Seigneur sur tous

. És 13-23 Le jugement de Dieu sur les nations

. És 24-27 Dieu juge le monde (Petite Apocalypse)

És 28-39 L’espérance issue du jugement

. És 28-33 Malheur au peuple désobéissant de Dieu

. És 34-35 Les desseins futurs de Dieu pour le monde

. És 36-39 Interlude historique : le Livre d’Ézéchias

És 40-66 Consolation et restauration

. És 40-44 La consolation et le caractère de Dieu

. És 45-48 Cyrus et Babylone, et la sortie de Babylone

. És 49-55 Le Libérateur de Dieu et la délivrance d’Israël

. És 56-59 La responsabilité et l’échec de l’homme

. És 60-66 Les promesses futures et certaines de Dieu

   Par ailleurs, le Keil-Delitzsch Commentary on the Old Testament vol.7 partie 2 p.128 indique qu’il y a dix parties et neuf discours dans chaque partie. Les parties sont 1-6, 7-12, 13-23, 24-27, 28-33, 34-35, 36-39, 40-48, 49-57, 58-66.

   Bien qu’il soit possible que les visions et les oracles soient classés par ordre chronologique, rien ne le prouve. Ésaïe 1-6 appartenait toutefois probablement à la toute première partie du ministère d’Ésaïe. Ésaïe 6 pourrait être postérieur à la proclamation d’Ésaïe 1-5, ou, plus probablement, lui être antérieur et constituer un retour en arrière. Ésaïe 1-5 sert à montrer pourquoi Dieu avait besoin d’un prophète comme Ésaïe, puis Ésaïe 6 relate la vocation. Ésaïe, vers la fin de sa vie, ou quelqu’un d’autre, a pu organiser les chapitres d’Ésaïe par thèmes.

 

Q: En És 1-12, en résumé, de quoi s’agit-il ?

R: L’un pourrait y voir principalement l’avertissement de Dieu à Israël ; un autre, la colère ardente de Dieu ; un autre, la consolation de Dieu ; un autre, notre joie dans le Seigneur ; un autre encore, notre espérance en Dieu. Mais chacune de ces perspectives, prise isolément, passe à côté de l’essentiel de la première section d’Ésaïe : 1-12. Nous pouvons plutôt y voir la progression des sentiments de Dieu : de l’avertissement à la colère, puis au pardon, à la consolation et à la joie. Nous discernons les raisons d’une partie de cette progression, mais pour d’autres, les seules raisons que nous voyions sont ce que Dieu est et Son amour profond et immérité pour nous.

   Enfin, les chapitres 1-11 portent sur la façon dont Dieu agit envers Juda et sa capitale, Jérusalem (Sion). Les chapitres 13-23 portent sur la façon dont Dieu agit envers le monde. Le chapitre 12 sert de transition, en résumant l’action de Dieu envers Israël et la louange qui en découle sur toute la terre.

 

Q: En És 1:1, quand Ésaïe a-t-il vécu ?

R: Le chapitre 6 d’Ésaïe, au début de son ministère, se situe « L’année de la mort du roi Ozias », soit en 740/739 av. J.-C. Ozias eut pour successeurs Jotham, Achaz et Ézéchias, suivis de Manassé en 687 av. J.-C. Comme Ésaïe mentionne la mort de Sanchérib, il était probablement encore en vie lors de cet événement, qui eut lieu en 681 av. J.-C.

   Le livre pseudépigraphe juif Ascension of Isaiah (Ascension d’Isaïe) affirme qu’Ésaïe fut mis à mort, scié en deux, sous le règne de Manassé. Asimov’s Guide to the Bible p.547 l’appelle « Le Martyre d’Ésaïe » et indique qu’il fut écrit vers 100 apr. J.-C. Hébreux 11:37 dit que certains croyants de l’Ancien Testament furent sciés, et Asimov dit que cela pourrait être une allusion à Ésaïe.

 

Q: En És 1:1, qui était Amots, le père d’Ésaïe ?

R: Nous ne savons rien de lui. Asimov’s Guide to the Bible p.527 mentionne une tradition rabbinique selon laquelle Amots était le frère du roi Amatsia, de sorte qu’Ésaïe aurait été de sang royal. Cependant, The Expositor’s Bible Commentary volume 6 p.4 indique que cette tradition juive selon laquelle Amots était de sang royal ne peut être établie.

 

Q: En És 1:1, quelle part de l’Ancien Testament avait été écrite à l’époque d’Ésaïe ?

R: Probablement de la Genèse à 2 Samuel, très probablement Job, ainsi que les Psaumes.

 

Q: En És 1:1, quelle est la signification de la mention des rois ?

R: Cela nous montre qu’Ésaïe vécut à des époques très douloureuses pour les gens pieux. La plupart des rois de Juda furent mauvais. L’un des rares bons rois mentionnés, Ozias, eut l’orgueil de brûler lui-même de l’encens dans le temple, alors que seuls les sacrificateurs devaient le faire. En conséquence, Dieu le frappa de la lèpre jusqu’à sa mort. Quelles que fussent les circonstances, Ésaïe put néanmoins servir Dieu fidèlement, et nous le devons aussi.

 

Q: En És 1:1, Ésaïe a-t-il eu une seule vision de Dieu, ou plusieurs ?

R: Ésaïe eut plusieurs visions. Voici les débuts de quelques-unes des visions et des oracles (uniquement verbaux) : chapitres 1, 2, 6, 7, 13, 15, 19, 21, 22, 23, 37:21, 38:4, 39:5. Mais malgré les avertissements sévères de certaines de ces visions, nous devons nous rappeler que le livre porte le même message que le nom d’Ésaïe, Yeshaiah en hébreu, qui signifie « Yahvé est salut ».

 

Q: En quoi És 1:1-31 se lit-il comme un procès ?

R: Juda et Jérusalem sont d’abord comparés, de manière peu flatteuse, à des animaux, puis viennent les chefs d’accusation. Le passage présente des ressemblances avec Deutéronome 32:1-43 quant aux accusations portées. Il est cependant un peu inhabituel que Dieu soit à la fois le plaignant et le juge. Enfin, Ésaïe 1:24-31 est comme une sentence, mais une grande surprise s’y trouve. La sentence ne porte pas sur la manière dont Dieu va les punir, mais sur la manière dont Il va les purifier et les restaurer, et punir les malfaiteurs. Toutefois, cette section ne dit pas par quoi Dieu les fera passer pour les purifier. Ésaïe 1:24-31 est en quelque sorte une « mise en bouche » qui sera pleinement développée dans Ésaïe 40-66.

 

Q: En És 1:2, puisque les enfants de Dieu se sont révoltés et que Dieu est un bon père, les chrétiens peuvent-ils être de bons parents si leurs enfants s’égarent ?

R: Oui. Les parents ont une grande responsabilité et une grande influence sur leurs enfants. Cependant, c’est en définitive l’enfant, et non le parent, qui choisit de suivre Dieu ou non.

 

Q: En És 1:3, pourquoi Israël ne connaissait-il pas Dieu, puisque rien n’arrive sans que Dieu le permette ?

R: Dieu nous accorde une certaine liberté, et Dieu permet des choses qui L’attristent.

 

Q: En És 1:5-7, comment cette destruction s’est-elle accomplie ?

R: Il y a deux situations, et toutes deux conviennent.

La première, et la moindre, est l’abattage des arbres et la désolation autour de Jérusalem, après que les Syriens (Araméens) et le royaume du Nord se furent unis pour combattre le royaume du Sud. La seconde (et la réponse la plus probable) se situe en 701 av. J.-C., lorsque Sanchérib avait conquis le royaume du Nord et semblait sur le point de conquérir aussi le royaume du Sud.

 

Q: En És 1:5, dans quelles circonstances la discipline ne fonctionne-t-elle pas ?

R: La réponse comporte deux volets.

1. Mal appliquée : La discipline ne fonctionne pas si :

1a. Elle est trop légère pour être dissuasive

1b. Celui qui est discipliné ne comprend absolument pas pourquoi il l’est.

1c. Une discipline incohérente, ou dont la sévérité dépend de l’humeur du parent, peut être perçue comme capricieuse et incompréhensible quant au degré de la punition.

1d. Enfin, une discipline trop dure par rapport à ce qui a été fait peut encore fonctionner, mais elle peut avoir d’autres effets indésirables.

2. Bien appliquée : Même une discipline parfaitement appliquée, de manière parfaitement cohérente, ne garantit pas l’effet souhaité. Il appartient à la personne disciplinée de se soumettre et de ne pas endurcir son cœur. La discipline est une action extérieure. Elle ne peut changer le cœur ; elle ne peut que fournir à la personne une incitation à changer.

La discipline ne fonctionne pas toujours ; cela dépend de la personne disciplinée. En Ésaïe 1:5, Ésaïe demande : « Quels châtiments nouveaux vous infliger, Quand vous multipliez vos révoltes ? »

 

Q: En És 1:8, que signifie que la fille de Sion soit restée « Comme une hutte dans un champ de concombres » ?

R: Cette habitation humble et solitaire contraste vivement avec Ésaïe 5:8, où l’on joint maison à maison, comme dans un immense manoir. Les riches propriétaires de Juda seraient réduits à l’état de pauvres paysans vivant de leur récolte une fois que l’Assyrie et la Babylonie en auraient fini avec eux.

   Soit dit en passant, le concombre est une sorte de melon, et il subsiste une certaine incertitude quant aux légumes que désignait ce mot hébreu.

 

Q: Quel rapport y a-t-il entre És 1:9 et Ro 9:29 ?

R: Romains 9:29 cite Ésaïe 1:9 pour montrer que, tant au sens spirituel qu’au sens physique, les personnes d’ascendance juive qui croient en Dieu forment un reste qui représente un très faible pourcentage des Israélites d’avant l’exil. Soit dit en passant, dans la plupart des manuscrits, un espace sépare Ésaïe 1:9 de 1:10. C’était une manière ancienne d’indiquer le début d’une nouvelle section.

 

Q: En És 1:11-17 et Jé 6:20, pourquoi Dieu critique-t-Il les sacrifices, les assemblées et même la prière, alors qu’Il les a ordonnés dans la Torah ?

R: Ce n’est pas là une religion qui touche le cœur de Dieu. En fait, ce passage parle d’une notion dont beaucoup refusent d’admettre l’existence : la « religion inutile ». La Segond rend Ésaïe 1:13 par « Je ne puis voir le crime s’associer aux solennités », mais aucune traduction ne rend tout à fait la force de l’hébreu ; on pourrait le paraphraser par « je ne peux plus le supporter ». Quoi qu’il en soit, en Ésaïe 1:14, Dieu dit : « Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes ». À la fin du verset 12, Dieu dit que cette religion hypocrite n’est que « du bruit sur le pavé ».

   Ésaïe 1:14 ne dit pas qu’elles aient toujours été un fardeau pour Dieu, mais : « Elles me sont à charge ». Les sacrifices hypocrites lassent Dieu. Ésaïe n’est donc pas totalement opposé aux sacrifices offerts à Dieu ; cependant, la vigueur de son langage montre ici que Dieu est opposé aux sacrifices hypocrites de ceux qui ne veulent pas vraiment Le servir. En outre, les méchants peuvent se servir de la religion et des sacrifices uniquement pour couvrir leur méchanceté.

 

Q: En És 1:15, le Dieu qui sait tout et entend tout n’entend-Il pas les prières de chacun ?

R: Non. Ésaïe 1:15 dit que, lorsque des gens qui ne se sont pas repentis de leur méchanceté prient Dieu avec hypocrisie, Dieu choisit de ne pas entendre leurs prières et de ne pas y répondre. Ésaïe 1:15 dit de façon figurée que, lorsqu’ils lèvent les mains vers Dieu, leurs mains sont pleines de sang, non pas du sang des sacrifices d’animaux, mais du sang du meurtre. L’hébreu a différents mots pour le sang, et celui-ci se traduit plus précisément par « sang versé », et non par le sang qui circule naturellement dans le corps.

   Divers péchés personnels, comme l’idolâtrie, la fornication, etc., sont mentionnés tout au long d’Ésaïe, mais Ésaïe 1:17 mentionne des « péchés sociaux » : ne pas rechercher la justice, ne pas réprimer l’oppresseur, ne pas défendre l’orphelin et la veuve.

 

Q: En És 1:18, comment devrions-nous prendre le temps de plaider avec Dieu ?

R: Nous n’avons rien à apprendre ni à enseigner à Dieu, mais raisonner avec Dieu est utile pour que Dieu nous enseigne. Nous ne devrions pas fuir les grandes notions ni les questions difficiles, mais les porter patiemment devant le Seigneur. L’un des bienfaits est que Dieu vous guidera vers les réponses ; un second est l’entraînement de votre esprit à réfléchir aux choses de Dieu. Mais le « bienfait » le plus important est peut-être simplement le privilège de passer ce temps avec Dieu.

 

Q: En És 1:18, cela suggère-t-il un pardon des péchés en dehors de Christ ?

R: Non. Ce passage ne précise pas la manière exacte dont Dieu pardonnera leur péché, mais seulement que Dieu le fera. Voir aussi la question suivante.

 

Q: En És 1:18, comment Dieu pouvait-Il pardonner le péché, puisque Christ n’était pas encore venu ?

R: Dieu enseigne que le péché n’est pardonné que par Christ, selon le Nouveau Testament, mais un Dieu qui est hors du temps peut pardonner le péché par Christ quand Il le veut. Dieu n’est pas limité. Pour les gens qui ont vécu avant Christ, Hébreux 9 et 10:1-4 montrent que leurs péchés étaient « couverts » jusqu’à la mort de Christ, et qu’ils sont pardonnés en Christ. Ésaïe 6:7 et d’autres passages disent simplement « expié » et « pardonné », au lieu de « couvert pour l’instant et pardonné plus tard », pour deux raisons que nous pouvons discerner.

1. Dans l’Ancien Testament, Dieu ne donne que des indices, en Ésaïe 53 et ailleurs, et non un enseignement clair, sur la manière dont Il accomplirait ce pardon. Que leurs péchés fussent pardonnés était tout ce dont ils avaient à se soucier.

2. Dieu perçoit le temps autrement que nous. Nous considérons souvent les choses qui ne sont pas encore arrivées comme des possibilités futures. Dieu peut les considérer comme des certitudes « déjà arrivées », simplement à un moment ultérieur de l’immense enregistrement vidéo en trois dimensions que nous appelons « la vie sur terre ».

 

Q: En És 1:21-23, qu’y a-t-il d’intéressant dans le style littéraire d’Ésaïe ici ?

R: Ésaïe maîtrisait de nombreux genres de la poésie hébraïque. En Ésaïe 1:19b-20a, il fit un jeu de mots : obéir et manger les meilleures productions du pays, ou désobéir et être dévoré par le glaive. Mais ici, en Ésaïe 1:21-23, il passe au style de l’élégie, comme on en prononcerait lors de funérailles. Ce qui est intéressant, c’est que cette « oraison funèbre » n’est pas pour un défunt, mais pour une ville et son peuple qui se sont détournés de Dieu. Ils n’ont pas encore été tués, mais il est intéressant de prononcer une oraison funèbre alors que ceux que l’on pleure sont encore vivants dans l’assistance.

 

Q: En És 1:21, pourquoi certains lieux comptent-ils tant d’injustes et de meurtriers ?

R: Bien que nous ne sachions pas tout de chaque habitant de Jérusalem, nous pouvons, de façon générale, discerner au moins six raisons pour lesquelles une ville peut compter beaucoup de méchants.

1. Pas de justice, ou une justice incohérente dans le châtiment des malfaiteurs.

2. Il n’y a pas d’enseignement pieux.

3. Il n’y a pas de dirigeants politiques et religieux pieux que le peuple puisse respecter et qui puissent donner l’exemple.

4. Les croyants ne prient pas pour leur peuple (1 Samuel 12:23).

5. Les gens pieux eux-mêmes ne se détournent pas de leurs mauvaises voies (2 Chroniques 7:14).

6. L’éclatement des familles. Un jour, une personne engagée dans l’aumônerie des prisons eut l’idée d’acheter des cartes pour la fête des Mères afin que les détenus puissent écrire à leur mère. On demanda aussi à Hallmark si l’entreprise accepterait d’en offrir. Hallmark offrit une grande quantité de cartes, on les distribua, et le programme fut un grand succès. Puis, environ un mois plus tard, on fit de même pour la fête des Pères. Ce fut un échec complet ; la plupart des détenus ne s’y intéressèrent pas. Apparemment, la plupart d’entre eux n’avaient pas eu de figure paternelle dans leur vie.

 

Q: Pourquoi És 2:1-4 ressemble-t-il beaucoup à Mi 4:1-3 ?

R: Michée prophétisa sous le règne d’Ézéchias, selon Jérémie 26:18. Michée et Ésaïe étaient donc contemporains, et l’un des prophètes a pu entendre l’autre le dire, ou bien tous deux l’ont entendu d’un prophète dont le nom n’est pas cité, peut-être Joël. Le passage a pu venir d’abord de Michée ou d’un prophète non nommé, peut-être Joël, puisque Joël 3:10 présente aussi des parallèles. L’une des raisons est que le passage mentionne « la suite des temps » (les derniers jours), et bien qu’Ésaïe n’emploie cette expression nulle part ailleurs, elle est fréquente dans les prophéties de Michée.

 

Q: En És 2:2, quand Ésaïe a-t-il dit que viendraient les Derniers Jours ?

R: Ésaïe n’a pas dit quand ils viendraient, ni donné beaucoup de détails. Peut-être Dieu ne l’avait-Il pas révélé à Ésaïe. Il y a plus d’un Jour du Seigneur. Un jour de jugement viendrait bientôt, lorsque Dieu se servirait des Assyriens pour détruire Israël et punir Juda. Mais en définitive, d’après la description et les connaissances révélées ensuite à l’humanité dans le Nouveau Testament, il s’agit du Millénium. Ézéchiel 40-43 donne davantage de détails sur la ville et le temple à cette époque.

 

Q: En És 2:2,4 ; 11:9 ; 25:6-7 ; 27:13 ; 30:29 ; 56:7 ; 57:13 ; 65:11,25 ; 66:20 ; Éz 40-43, pourquoi pensez-vous qu’Ésaïe insiste sur la prééminence du Temple du Seigneur pendant le Millénium ?

R: Ésaïe et Ézéchiel ont beaucoup prophétisé au sujet du Millénium.

 

Q: En És 2:4, dans les derniers jours, pourquoi Dieu aura-t-Il besoin de régler les différends entre les peuples ?

R: Il ne les réglera pas à ce moment-là, car Il les aura déjà réglés. Une fois que le Messie aura commencé Son règne sur la terre, Il n’aura plus à régler de différends, de désaccords ni de guerres. La seule exception se situe à la fin du Millénium, lorsque Satan séduira les nations, en Apocalypse 20:7-10.

 

Q: En És 2:4, quels types de charrues avaient-ils à cette époque ?

R: Ils n’avaient pas de socs comme les agriculteurs des époques ultérieures. Comme le fer était moins abondant, ils utilisaient plutôt une pointe de fer fixée sur une poutre de bois.

 

Q: En És 2:4 et Mi 4:3, les hommes forgeront-ils de leurs glaives des hoyaux, etc., ou forgeront-ils de leurs hoyaux des épées, comme en Joël 3 ?

R: La transformation d’instruments pacifiques en instruments de guerre, en Joël 3, a lieu pendant la Tribulation, avant que Jésus ne revienne en gloire. La transformation d’instruments de guerre en instruments pacifiques, en Ésaïe 2:4 et Michée 4:3, a lieu pendant le Millénium, lorsque Jésus viendra régner.

 

Q: En És 2:6, pourquoi est-il question d’enfants ?

R: Il ne s’agit pas de petits enfants ; il s’agit plus probablement des fils et des filles d’étrangers. Autrement dit, ils font cause commune avec les païens à des fins religieuses.

 

Q: En És 2:6-9 et Mi 5:10-14, pourquoi Dieu a-t-Il délaissé la maison de Jacob ?

R: L’expression « maison de Jacob » peut désigner à la fois Israël et Juda. Une dizaine de raisons sont données. (Les Philistins se trouvaient en réalité à l’ouest d’Israël ; les coutumes de l’Orient du verset 6 constituent donc une raison distincte.) Ils avaient abandonné Dieu et, pourtant, comme nous le dit plus tard Jérémie 7, le peuple s’attendait encore à ce que Dieu le protège.

   Aux États-Unis, on chante souvent un chant intitulé « God Bless America » (Que Dieu bénisse l’Amérique). Mais un panneau d’affichage posait une question importante : « L’Amérique bénit-elle Dieu ? » Si un pays, quel qu’il soit, se détourne de Dieu, peut-il s’attendre à ce que Dieu le protège ?

 

Q: En És 2:6, pourquoi est-il insensé qu’ils consultent des devins ?

R: La divination, ou bonne aventure, est une pratique occulte interdite qui cherche à prédire l’avenir. Ils n’ont pas besoin de payer des diseurs de bonne aventure pour leur prédire faussement l’avenir, puisqu’Ésaïe leur dit véridiquement ce qui va arriver, et cela gratuitement. En allant consulter des devins, ils se rendent coupables et auront un avenir funeste, fait de conquête et de captivité.

 

Q: En És 2:9s, pourquoi Ésaïe demande-t-il à Dieu de ne pas leur pardonner ?

R: On peut lire « ne leur pardonne pas ! » ou bien, comme la Segond : « Tu ne leur pardonneras point ». Quoi qu’il en soit, chez la plupart des gens, il n’y avait aucune repentance, ni même la moindre lueur d’espoir qu’il y en ait jamais. Ésaïe faisait écho au cœur de Dieu : Il ne pardonnerait pas à ceux qui ne se repentaient pas. Cependant, Dieu pardonne à ceux qui se repentent et se tournent vers Lui pour être sauvés.

 

Q: En És 2:20, qu’y a-t-il d’étrange concernant l’or et l’argent ici ?

R: Ces métaux précieux, transformés en idoles sans valeur, deviendront la « propriété » de créatures sans valeur : « Aux rats et aux chauves-souris ». Un idolâtre n’est pas plus fort que son idole sans vie, et il est tout aussi impuissant.

 

Q: En És 3:4, pourquoi des enfants et des jeunes gens seront-ils leurs chefs ?

R: Il y a deux réponses : la prédiction et l’accomplissement immédiat.

La prédiction : Ésaïe 3:1-3 dit que les réserves de nourriture, l’eau et les dirigeants sages seront ôtés. Cela désigne un mauvais gouvernement, où les dirigeants privilégient leur propre enrichissement au bien du pays. Il peut s’agir d’un jugement non seulement contre Israël et Juda, mais contre toute nation qui s’est détournée de Dieu. De plus, lorsqu’Achaz devint roi, il n’avait que vingt ans, ou vingt-cinq selon la Septante.

L’accomplissement immédiat : En période de paix et d’indépendance, un roi régnait jusqu’à un âge avancé. Par conséquent, son fils ne devenait roi qu’à un âge plus mûr. Par contraste, 2 Chroniques 36:1-11 dit que

Joachaz avait 23 ans et ne régna que 3 mois

Jojakim avait 25 ans et régna 11 ans

Jojakin avait 8 ans (erreur de copiste, en réalité 18) et régna 3 mois et dix jours

Sédécias avait 21 ans et régna 11 ans

Ils étaient tous jeunes parce que leur prédécesseur avait été démis du pouvoir très tôt.

Ésaïe dit que, puisqu’ils se complaisaient dans l’influence des enfants des étrangers (Ésaïe 2:6), ils auraient des enfants pour les gouverner, en Ésaïe 3:4.

 

Q: En És 3:4, pourquoi le peuple supporterait-il des dirigeants immatures ?

R: Peut-être que, tant qu’ils voient que le dirigeant agit dans leur intérêt, peu leur importe ce qu’il advient du pays ou l’exemple que donnera le dirigeant.

 

Q: En És 3:7, pourquoi quelqu’un refuserait-il d’être leur chef ?

R: C’est une prophétie étrange, car d’ordinaire les gens désirent tant être roi qu’ils livrent des batailles et assassinent pour y parvenir. L’Écriture ne dit pas pourquoi il en va si différemment ici, mais nous pouvons discerner trois raisons.

Aucun avantage : Peu de gens voudraient la responsabilité de gouverner lorsqu’il n’y a absolument aucun avantage à le faire.

Culpabilité : Lorsqu’une nation s’égare, les dirigeants qui y consentent sont peut-être plus coupables que s’ils n’étaient pas dirigeants.

Conséquences fâcheuses : L’armée d’invasion suivante, qu’elle soit assyrienne, égyptienne ou babylonienne, pourrait décider de tuer les anciens dirigeants et leurs familles. C’est peut-être la raison principale.

 

Q: En És 3:12, était-ce un reproche que « des femmes dominent sur lui » (littéralement « des filles ») ?

R: C’était une bonne chose d’avoir une femme pour chef si cette femme était la juge Débora. Mais il y avait beaucoup de mal si cette femme était Jézabel ou Athalie. Une femme païenne pouvait être considérée comme une « fille d’un dieu étranger », tout comme un homme païen pouvait être considéré comme un « fils d’un dieu étranger ». Lorsque les dynasties sont stables, et en temps de paix, les rois vivent jusqu’à un âge avancé, et le roi suivant est généralement assez mûr. Lorsque les rois sont souvent capturés ou tués, l’un des symptômes de cette instabilité est que des femmes et des jeunes gens gouvernent souvent. Achaz devint roi alors qu’il n’avait que vingt ans, ou vingt-cinq selon la Septante. D’autres l’aideraient donc à gouverner.

   Ésaïe 3:13-15 vise les princes et les chefs masculins de Jérusalem. Ésaïe 3:16-17 vise les filles orgueilleuses de Sion.

 

Q: En És 3:14 ; 5:1,7 ; Ps 80:9-19 ; Jé 2:21 ; 12:10 ; Éz 15:6-8 ; Os 10:1, que signifie l’image des dirigeants qui détruisent la vigne de Dieu ?

R: Concrètement, n’importe qui pouvait voir où les riches et les dirigeants avaient dépossédé les pauvres de leurs terres pour agrandir leurs propres domaines. Souvenez-vous que Jézabel fit tuer Naboth à cause de sa vigne. Mais spirituellement, la vigne désigne ici le peuple de Dieu et l’œuvre de Dieu. Ils détruisaient l’œuvre de Dieu et de Ses serviteurs à leurs propres fins et pour leur propre profit.

   Aujourd’hui, il m’est difficile de comprendre pourquoi certaines personnes sont de si ardents défenseurs des opérations de changement de sexe chez les enfants, qui ne comprennent peut-être pas toutes les conséquences. C’est comme s’ils étaient pressés de prouver que le sexe n’est rien de plus que ce qu’un médecin peut en faire.

 

Q: En És 3:14, comment un dirigeant chrétien peut-il être un bon gardien de la vigne de Dieu, ou un mauvais ?

R: Il y a au moins cinq points à examiner.

La première étape consiste à voir s’ils prennent soin de la vigne de Dieu par leur sollicitude pastorale, leur bon enseignement et leur amour pour les gens, ou bien s’ils la détruisent ou la négligent.

Deuxièmement, se comportent-ils parfois comme des loups cruels (Actes 20:28-31), que ce soit par un enseignement pernicieux, des abus de pouvoir, des prédations sexuelles ou l’appât du gain ?

Troisièmement, se rendent-ils compte à qui appartient la vigne ? Elle n’est pas à eux, mais à Dieu. Sont-ils là pour s’édifier eux-mêmes, ou pour édifier le troupeau ?

Quatrièmement, mesurent-ils l’importance de la tâche à laquelle ils sont appelés, comme le dit Hébreux 13:17 ?

Cinquièmement, sont-ils des serviteurs qui ne dominent pas sur le troupeau, tout en exerçant une direction claire (et parfois désagréable), comme le dit 1 Pierre 5:2-4 ?

 

Q: En És 3:14-16, quelle responsabilité avons-nous d’empêcher les riches de s’enrichir aux dépens des pauvres ?

R: Il n’y a rien de mal à gagner de l’argent, ni à être riche par des moyens honorables, comme Abraham et Job. Mais que ce soit par des lois injustes, des tribunaux injustes ou le vol pur et simple, il est mal de s’enrichir aux dépens des pauvres.

 

Q: En És 3:15, qu’y a-t-il d’un peu effrayant à appeler Dieu « le Seigneur, l’Éternel des armées » ?

R: Le mot « armées » désigne ici de véritables armées, et une traduction tout aussi juste serait « le Seigneur Dieu des armées de guerre ». Dieu peut diriger les armées des Assyriens, des Babyloniens et d’autres peuples comme il Lui plaît. Et Dieu les menace de jugement en dirigeant ces armées contre eux.

 

Q: En És 3:16, que signifie qu’« elles vont à petits pas » ?

R: Cela signifie qu’elles avaient une démarche affectée, à pas courts et sautillants, ou d’une préciosité étudiée. Elles le faisaient par orgueil.

 

Q: En És 3:16,18, comment les femmes « font résonner les boucles de leurs pieds » ?

R: La réponse se trouve en Ésaïe 3:18 : « les boucles qui servent d’ornement à leurs pieds ». Les femmes portaient des chaînettes aux chevilles, garnies d’ornements.

 

Q: En És 3:18-23 et 1 Pi 3:3-5, à partir de quel moment le fait d’être élégamment vêtu franchit-il la ligne du péché ?

R: Être raisonnablement propre et s’habiller avec modestie est très bien, mais lorsque vous ne donnez pas aux pauvres parce que vous n’en avez pas les moyens tout en maintenant votre train de vie, alors vous avez un problème. Lorsque ce que vous portez, et ce que portent les autres, compte davantage pour vous que les choses de Dieu, la mode peut devenir une idole. D’un autre côté, les vêtements de cramoisi étaient alors un luxe, et une épouse et mère vertueuse qui donne aux pauvres, et qui habille aussi sa famille de cramoisi, était également digne d’éloges, comme l’enseigne Proverbes 31:20-21.

 

Q: En És 3:18, pourquoi « les croissants » sont-ils mentionnés ?

R: Il s’agissait d’ornements ou de colliers en forme de croissant de lune, populaires avant l’islam, appelés saharonim en arabe. Ils portaient souvent le nom du dieu lune, Sin.

 

Q: En És 4:1, quand sept femmes demanderont-elles à un seul homme de les épouser ?

R: Cela pourrait sembler une bonne nouvelle pour les hommes, mais ce n’en est pas une. Après les combats et les ravages de la guerre, peu d’hommes restaient en vie. À une époque plus récente, il y eut la guerre de la Triple-Alliance (1864-1870), un conflit sanglant au cours duquel environ 1,2 million de personnes moururent, à cause des combats et du choléra. Le Paraguay perdit de 60 à 90 % de ses hommes. Les alliés tentèrent de tuer tous les garçons et hommes de plus de dix ans, et il ne resta qu’environ 20 000 hommes. Le Paraguay autorisa donc temporairement la polygamie. À peu près à la même époque, la guerre de Sécession américaine, de 1861 à 1865, fit environ 1 million de morts. Il y aura aussi, semble-t-il, une pénurie d’hommes vivants à la fin des temps, juste avant le retour du Messie en Ésaïe 4:2-6. Matthieu 24:4-30 le montre.

   Ésaïe 4:1 ne dit pas en réalité que la polygamie sera répandue. Il dit seulement que beaucoup de femmes se disputeront un homme.

 

Q: En És 4:1, pourquoi une femme de cette époque considérerait-elle comme un opprobre de ne pas être mariée ?

R: L’Écriture ne le dit pas, mais elle ne pouvait pas fonder une famille honorablement sans être mariée. L’Écriture affirme que le célibat est une bonne chose et ne dit jamais qu’il soit honteux de ne pas être marié (Ésaïe 54:1-5 ; Matthieu 19:11-12 ; 1 Corinthiens 7:25-38). Cependant, certaines femmes, à cette époque future particulière, pour des raisons non précisées, verraient dans le mariage un moyen d’ôter leur opprobre. Leur opprobre n’était peut-être pas le célibat, mais les activités auxquelles on supposait qu’elles se livraient tant qu’elles n’étaient pas mariées.

 

Q: En És 4:2 ; 11:1-4, le Germe est-il Jésus ?

R: Oui. Le Germe participera à la sanctification du peuple, lorsque Dieu le lavera de ses souillures. De plus, le mot désignant le Rejeton (nasr) ressemble beaucoup au mot « Nazaréen », et Jésus a grandi à Nazareth.

 

Q: En És 4:3, quand tous ceux de Jérusalem « Seront appelés saints » ?

R: Ce sera dans l’avenir, pendant le Millénium.

 

Q: En És 5:1-7, quel est le sens de la parabole du propriétaire et de la vigne ?

R: Le cantique d’Ésaïe est une allégorie de Dieu en tant que propriétaire d’une vigne qui a préparé une excellente vigne : la maison d’Israël et de Juda. Pourtant, la vigne ne donna aucun fruit à son propriétaire. Dieu prophétisait que, de même qu’on n’entretient plus une vigne inutile mais qu’on la détruit, Israël et Juda seraient détruits.

  Ésaïe maîtrise de nombreux styles, et The Expositor’s Bible Commentary vol.6 p.47 dit qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre littéraire en hébreu qui, malheureusement, perd beaucoup de sa beauté en traduction. Ésaïe 5:1-7 n’est pas seulement un chant triste, mais il est d’autant plus triste qu’il commence comme un chant joyeux sur ce que Dieu fait dans Sa vigne. On célébrait généralement la fin des vendanges. Les grands buveurs apprécieraient le sujet. Mais ensuite, le contraste entre ce que Dieu a fait pour le peuple et la réponse décevante de celui-ci est déchirant. Le chant est tout à fait inhabituel, en ce que l’essentiel tient à deux requêtes et deux questions aux versets 3-4. La réponse à ce qu’il faut faire semble à la fois évidente et sévère. Il vient un moment où il vaut mieux détruire la vigne autrefois agréable et en planter une nouvelle.

 

Q: En És 5:1-7, Dieu se réjouit quand les gens font demi-tour et se repentent, mais jusqu’où un peuple doit-il aller avant que Dieu ne dise : « C’est bien dommage ; je vais faire détruire cette nation » ?

R: Cela ne dépend peut-être pas seulement de la gravité du péché, mais aussi des autres facteurs suivants.

1) La gravité du péché. Sodome et Gomorrhe furent détruites, et non les peuples voisins, à cause de la gravité de leur méchanceté. Certaines personnes peuvent commettre des actes très graves. David commit l’adultère et le meurtre ; mais, après avoir été discipliné, il se repentit. La femme d’Osée le quitta et retourna à la prostitution. Mais, à travers Osée, Dieu manifesta Sa tendre miséricorde et Son pardon. Saul de Tarse était très méchant et faisait mettre à mort des chrétiens, mais au lieu de le détruire, Christ lui apparut, et Saul, bientôt appelé Paul, se repentit.

2) La disposition du peuple à se repentir. Y a-t-il un espoir que le peuple se repente ? Les Ninivites étaient extrêmement violents, et aux yeux des hommes il semblait n’y avoir aucun espoir. Mais Dieu voyait les choses autrement, et les Ninivites se repentirent, au moins pour un temps, à la prédication de Jonas. Dans le cas de Ninive, il y eut toutefois une épidémie en 765 av. J.-C., une éclipse solaire le 15 juin 763 av. J.-C., une autre épidémie en 759 av. J.-C., puis Jonas vint en 758/757 av. J.-C.

3) Les prières des croyants. Samuel dit : « Loin de moi aussi de pécher contre l’Éternel, de cesser de prier pour vous ! Je vous enseignerai le bon et le droit chemin. » 1 Samuel 12:23. 2 Chroniques 7:14 dit : « si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays. »

4) Pas de prière inefficace. Nos prières peuvent être inefficaces si nous restons sourds au cri du pauvre, selon Proverbes 21:13. Le juste vient en aide au pauvre, selon le Psaume 41:2 et Proverbes 29:7. D’autres choses encore peuvent faire obstacle à nos prières.

5) Les croyants de ce lieu ne se sont pas endormis. En tant qu’enfants de la lumière et du jour, les chrétiens doivent se réveiller du sommeil, comme le dit Éphésiens 5:13-14. Nous devons rester vigilants afin de demeurer concentrés sur notre mission et attentifs à ce qui se passe autour de nous, plutôt que d’être endormis, ce contre quoi met en garde 1 Thessaloniciens 5:6-7. Alors que le navire était sur le point de sombrer, Jonas dormait dans la cale, en Jonas 1:5. En Juges 16:19, Samson dormait sur les genoux de Delila juste avant que les Philistins ne le capturent. Laodicée n’était ni froide ni bouillante, en Apocalypse 3:14-16.

   Cyprien de Carthage (v.246-258 apr. J.-C.) écrivit : « Prions avec insistance et gémissons par des supplications continuelles. Car sachez, frères bien-aimés, que naguère il m’a aussi été reproché dans une vision que nous étions somnolents dans nos prières,… » Epistles of Cyprian Lettre 7 ch.5 p.286

6) Les croyants prêchent encore la repentance. Nous devons aller prêcher la parole, comme Paul y exhorte Timothée en 2 Timothée 4:2. Il est excellent de prêcher l’amour de Dieu, mais dans la Bible, de Jonas et des autres prophètes jusqu’à Jésus-Christ et à l’Apocalypse, il est davantage prêché sur la nécessité de la repentance que sur l’amour de Dieu. Jésus a dit : « Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous » (Luc 6:26). Pour chaque fois que vous avez parlé à quelqu’un de l’amour de Dieu, combien de fois avez-vous dit à quelqu’un de se repentir ?

7) Le moment choisi pour les desseins de Dieu : Dieu a suscité Pharaon pour qu’il occupe une position de pouvoir. Dieu détruisit l’armée de Pharaon en Exode 14:23-28, mais seulement au moment parfait fixé par Dieu.

8) Probablement d’autres facteurs que nous ignorons.

   Ainsi, nous ne connaissons pas le conseil de Dieu, mais, concrètement, nous devons aujourd’hui nous demander jusqu’où un pays doit aller avant que Dieu ne dise : « Oubliez la repentance et la recherche de la protection de Dieu ; il n’y aura plus que la destruction. »

(les citations sont tirées de la Bible Louis Segond 1910)

 

Q: En És 5:2, pourquoi bêcherait-on une vigne pour en ôter les pierres avec une houe plutôt qu’avec une charrue ?

R: L’hébreu désigne ici une houe, ce qui suppose une manière plus lente et plus minutieuse de prendre soin d’un terrain avec amour. Il fallait employer une houe plutôt qu’une charrue si le terrain était trop accidenté.

 

Q: En És 5:4, en quoi certaines choses sont-elles comme des « fruits puants » ?

R: Il ne s’agit pas seulement de raisins sauvages ou « de mauvais » raisins ; l’hébreu littéral est « fruits puants ». L’idée de mauvais raisins se trouve aussi en Jérémie 2:21 (vigne sauvage), 24:2 (mauvaises figues) et 29:17 (de nouveau de mauvaises figues). Non seulement ils sont sans valeur, mais ils dégagent une mauvaise odeur et, si on les mange, laissent un goût de pourri dans la bouche.

   Le fruit puant spirituel est quelque chose qui devrait être bon, utile et agréable, mais qui, de façon surprenante, s’est révélé mauvais, sans valeur et malodorant. Un dirigeant chrétien qui a mal tourné, ou une organisation chrétienne qui a mal tourné, peut sentir plus mauvais, spirituellement parlant, que l’absence de toute chose.

   À titre d’exemple, après la Seconde Guerre mondiale, des missionnaires chrétiens presbytériens et d’autres Églises travaillaient au Japon. Ils invitèrent le théologien presbytérien libéral Paul Tillich à prendre la parole. Il le fit, débitant ses vues critiques sur de prétendues erreurs de la Bible, et le réveil naissant au Japon fut stoppé net.

 

Q: En És 5:7, quels sont les jeux de mots ici ?

R: Les mots « droiture » et « sang versé » se disent mishpat et mispah en hébreu. Justice et détresse se disent sedaqah et se’aqah en hébreu. The Expositor’s Bible Commentary volume 6 p.48 indique que certains ont tenté de traduire à la fois le sens et le jeu de mots. G.H. Box, dans The Book of Isaiah, l’a traduit en anglais par « For measures He looked - but lo massacres ! For right - and lo riot ! » (quelque chose comme : « Il attendait la droiture, et voici la tuerie ; la justice, et voici la détresse ! »)

 

Q: En És 5:8-23, quels sont les six malheurs et comment sont-ils liés ?

R: Voici les six malheurs, bien que le dernier comporte deux parties.

Ésaïe 5:8-10 : Malheur aux riches propriétaires qui cherchent à accaparer toutes les terres. Leur vie se consume à amasser des richesses et à maximiser leurs profits, sans se soucier de ceux qu’ils pourraient léser.

Ésaïe 5:11-17 : Malheur aux grands buveurs qui boivent du matin au soir. La boisson est ce qui les fait se lever le matin. En fait, toute leur raison de vivre est le plaisir et la jouissance. Il faut bien qu’ils dépensent leur argent quelque part.

Ésaïe 5:18-19 : Malheur à ceux qui disent que Dieu ne fera rien. Ils espèrent peut-être que Dieu ne fera rien, ou qu’Il ne prêtera pas attention à leurs mauvaises actions. Ils ne ressentent aucune culpabilité pour le malheur précédent.

Ésaïe 5:20 : Malheur à ceux qui nient la différence entre le bien et le mal. Il y a beaucoup de gens comme cela aujourd’hui. Ce n’est pas seulement que Dieu ne fera rien, mais que Dieu ne veut même pas que quelque chose soit fait.

Ésaïe 5:21 : Malheur à ceux qui sont sages à leurs propres yeux et qui, de ce fait, n’apprennent rien des autres. Ils vivent pour rechercher la connaissance, et peut-être pour l’étaler devant les autres.

Ésaïe 5:22-23 : Malheur à ceux qui sont fiers de leur manière de boire, et aux juges qui acquittent le méchant pour un pot-de-vin. Tant sur le plan personnel que sur le plan social, ils ont volontairement abandonné tout bon jugement et toute sagesse. En apparence, cela semble l’opposé du malheur précédent, mais en réalité les deux peuvent aller de pair.

   Il en résulte, en Ésaïe 5:26, que Dieu sifflera les Babyloniens pour qu’ils viennent, un peu comme on appelle un chien, et qu’ils seront les instruments du jugement de Dieu.

 

Q: En És 5:8, qu’y avait-il de mal à joindre maison à maison, un peu comme des appartements ou un grand manoir ?

R: L’Écriture ne le dit pas, mais il pourrait y avoir deux raisons.

1. Les riches propriétaires, qui avaient le monopole des emplois, pouvaient opprimer les ouvriers, comme le montre Jacques 5:1-6.

2. Même sans cela, Dieu n’est pas satisfait de voir Son peuple prospérer sans aucune reconnaissance envers Lui.

 

Q: En És 5:10, à combien cela correspond-il ?

R: En termes modernes, le texte dit que « dix arpents de vigne ne produiront qu’un bath », c’est-à-dire qu’une vigne d’environ quatre hectares ne produira qu’environ 22 litres de vin. Naturellement, ce n’est pas difficile à imaginer si les insectes et les maladies cryptogamiques s’en mêlent, sans parler des destructions causées par d’autres hommes.

 

Q: En És 5:12, cette mention négative des instruments lors des festins de beuverie est-elle une critique de tout usage d’instruments de musique ?

R: Non. Tous les chrétiens peuvent s’accorder sur deux points.

1. Un certain usage de la musique, dans d’autres religions, ainsi que dans le rock et le rap profanes aux paroles vulgaires, violentes ou suggestives, est impie. Les chrétiens devraient tout particulièrement éviter d’écouter de la musique impie.

2. Personne, pas même les membres de l’Église du Christ, n’est opposé à un certain usage des instruments de musique en dehors de l’Église.

   Espérons qu’aucun parent égaré de l’Église du Christ ne dise jamais : « Tu peux écouter toute la musique profane que tu veux, même aux paroles douteuses, mais gare à toi si je te surprends à écouter une musique qui glorifie Dieu ! » Si les responsables de l’Église du Christ n’autorisent pas les instruments à l’église, mais peuvent utiliser des instruments pour louer Dieu en dehors de l’église, pourquoi ne pas cesser d’aller à l’église ? Réunissez-vous plutôt simplement et louez Dieu librement, et si l’heure de votre réunion se trouve être le dimanche matin, c’est très bien.

   La seconde moitié d’Ésaïe 5:12 montre que ce n’étaient pas tant les instruments, mais le fait qu’« ils ne prennent point garde à l’œuvre de l’Éternel ». David et d’autres adorèrent Dieu avec des instruments de musique en de nombreux endroits du livre des Psaumes. Même les saints jouent de la harpe au ciel.

 

Q: En És 5:13, pourquoi le peuple irait-il en exil par manque de connaissance ?

R: La mémoire humaine est une chose merveilleuse et pourtant étrange. Nous pouvons facilement nous souvenir de choses pendant plus de 70 ans si la répétition vient rafraîchir notre mémoire. Pourtant, je trouve ma mémoire très utile, car lorsque ma femme me demande d’aller au magasin acheter cinq choses, je parviens généralement à me souvenir d’au moins trois ou quatre. Ceux qui grandissent à l’église et vont à l’école du dimanche peuvent apprendre beaucoup sur la Bible ; mais s’ils quittent l’église, ils peuvent oublier en une dizaine d’années ce qu’ils savaient autrefois. On se souvient de ce qui est précieux et cher à nos yeux.

 

Q: En És 5:14, comment « le séjour des morts ouvre sa bouche » ?

R: Le séjour des morts (le Shéol) désigne le tombeau, ou le lieu où vont tous les morts. Cette expression poétique signifie que sa population va augmenter. Quel que soit l’appétit et la convoitise qu’ils aient eus sur la terre, ils rencontreront un appétit plus grand que le leur : la mort. Et c’est d’eux que la mort a faim.

 

Q: En És 5:15, pourquoi parle-t-il des humbles (« Les petits seront abattus » ; en anglais, dans la King James, a « mean man ») ?

R: Il ne s’agit pas de méchanceté : le peuple sera conquis et tous occuperont une position humble. Imaginez ce que ce serait si personne dans notre pays n’était orgueilleux, mais que tous étaient humbles parce qu’ils étaient réduits en esclavage. Est-ce difficile à imaginer pour nous ? Ce l’était aussi pour eux, au début du ministère d’Ésaïe.

 

Q: En És 5:16, quel est le rapport entre la sainteté et la justice ?

R: La réponse comporte deux facettes.

Dieu est saint, en ce qu’Il est mis à part ; Il détruit le péché en Sa présence. Il est juste, en ce qu’Il punit et récompense avec justice. Pourtant, un troisième aspect, outre la sainteté et la justice, est Son amour miséricordieux, qui a payé pour notre péché par le sacrifice de Jésus-Christ sur la croix.

Nous sommes le peuple saint de Dieu, et bien que nous ne soyons pas sans péché, nous devons nous efforcer de l’être. Nous devons lutter pour être saints, puisque Dieu est saint. Nous devons agir avec justice, et nous n’avons pas à craindre le juste châtiment des méchants par Dieu, car « l’amour parfait bannit la crainte », selon 1 Jean 4:18.

 

Q: En És 5:16, envoyer des gens en enfer exalte-t-il Dieu ?

R: En fait, oui. Certes, cela ne montre pas le côté aimant et bienveillant de Dieu, mais cela montre à la fois Son côté juste en tant que juge et Sa colère. Comme l’a dit un jour Norman Geisler : « L’enfer est la plus glorieuse de toutes les doctrines chrétiennes, car il prouve que l’homme est véritablement libre. » Autrement dit, l’homme a reçu assez de responsabilité et de liberté pour que Dieu lui permette même de faire des choses qui méritent l’enfer.

   Il y a ici, concernant l’exaltation de Dieu, un point qu’il ne faut pas négliger. Exalter Dieu ne consiste pas à embellir Son image en ne montrant que la vérité de Sa bonté et de Son amour. Exalter Dieu, c’est montrer le tableau complet : « la bonté et la sévérité de Dieu » (Romains 11:22).

 

Q: En És 5:18-19, que dit ce passage ?

R: Malheur à ceux qui disent vouloir que Dieu vienne bientôt, tout en commettant des actes injustes. Autrement dit, ils devraient prendre garde à ce qu’ils demandent.

 

Q: En És 5:21, qu’y a-t-il exactement de mal à être sage à ses propres yeux ?

R: S’il n’y avait aucune autre raison pour laquelle Dieu ne l’aime pas, celle-là suffirait. Mais il y a bien d’autres raisons. Imaginez un écolier qui croirait tout savoir et qui en serait fier. Les connaissances d’un écolier sont plus proches de celles d’un adulte que nos connaissances ne le sont de celles de Dieu.

   Proverbes 30:8-9 montre aussi que, lorsque les gens pensent être dans l’abondance, ils ont tendance à renier Dieu, en disant : « Qui est l’Éternel ? »

 

Q: En És 5:22-23, que signifie cette image de ceux qui ont « de la vaillance pour mêler des liqueurs fortes » ?

R: C’étaient des experts dans l’art de mélanger les boissons alcoolisées, ils étaient fiers de leur savoir-faire, et d’autres admiraient leur talent. Prenez garde à ce dont vous êtes fier, et à ce pour quoi les autres vous admirent.

 

Q: En És 5:23, comment certains « justifient le coupable pour un présent » ?

R: On croirait que les avocats de la mafia et certains avocats pénalistes ont un verset de la Bible écrit spécialement pour eux. Dans les procès, les décisions d’achat, les fusions d’entreprises, la politique et d’autres situations, on peut laisser le coupable s’en tirer, le traiter avec indulgence, faire porter la faute à un autre, ou faire porter toute la faute à une seule partie alors qu’elle était partagée.

 

Q: En És 5:24, comment peut-on mépriser la parole de Dieu (« ils ont méprisé la parole du Saint d’Israël ») ?

R: On peut le faire de diverses manières.

Ignorer : Certains ne tiennent tout simplement pas compte de ce que dit la Bible. Il faut leur reconnaître au moins le mérite d’être honnêtes quant au fait de ne pas suivre la Bible.

Se moquer de ce que dit la Bible, en faisant délibérément les choses à sa façon.

Redéfinir les mots. Ainsi, une personne peut prétendre suivre la Bible, tout en affirmant que les passages qu’elle ne veut pas croire sont simplement figurés ou culturels. Cela peut sembler convaincant, car certains passages de la Bible sont figurés, ou ne valaient que pour un temps. Une manière de savoir si quelqu’un cherche honnêtement à interpréter correctement la Bible est de voir s’il cherche à comprendre ce que l’auteur original voulait dire.

Réduire : Certains chrétiens libéraux affirment que la Bible n’est pas la parole de Dieu, mais qu’elle contient la parole de Dieu. Ils veulent dire par là que, si vous êtes d’accord avec un passage de la Bible, ce passage devient pour vous la parole de Dieu. Si vous n’êtes pas d’accord avec un passage, vous n’êtes pas tenu de le suivre.

Compléter : Certains, notamment les catholiques, ainsi que certaines sectes, disent que la Bible est bonne mais pas suffisante. Ils estiment qu’il faut des autorités et des enseignements supplémentaires placés au même niveau que la Bible.

Substituer : Certains qui prétendent compléter ce qui est dans la Bible ou y ajouter substituent en réalité leur tradition à ce que Dieu a enseigné. Jésus a donné l’exemple des pharisiens agissant ainsi avec leur tradition du Corban, en Marc 7:9-13.

 

Q: En És 5:26, pourquoi Dieu « élève une bannière » (un étendard) ici ?

R: Ce serait quelque chose de visible de loin, qui dit « venez par ici ». Autrement dit, Dieu attirerait de puissantes armées, assyriennes et babyloniennes, contre le pays d’Israël.

 

Q: En És 5:26 et Za 10:8, est-il inconvenant que Dieu « siffle » comme un serpent (en anglais « hiss », d’après la King James), comme le prétend le musulman Ahmad Deedat ?

R: En réalité, en Ésaïe 5:26, il ne s’agit pas d’un sifflement de serpent mais d’un sifflement d’appel, comme on appelle une personne ou un animal pour qu’il vienne. Ésaïe 5:26 dit : « Il en siffle un des extrémités de la terre ». De même, Zacharie 10:8 dit : « Je les sifflerai et les rassemblerai ». Il n’est pas inconvenant que Dieu appelle quelqu’un et que celui-ci doive venir et faire ce qu’Il ordonne.

 

Q: En És 5:27-28, cette armée désigne-t-elle les Babyloniens, ou une armée de l’Apocalypse ?

R: Elle désigne principalement l’armée babylonienne de l’époque.

 

Q: En És 5:29, que signifie « Il l’emporte, et personne ne vient au secours » ?

R: Certaines traductions disent que la proie est emportée « en sûreté ». Cela ne signifie pas que la proie était en sécurité, mais que le prédateur emportait la proie morte loin des autres. Les jeunes lions ne sont pas ici des lionceaux, mais des lions dans la force de l’âge.

 

Q: En És 6:1, Ésaïe était-il physiquement présent, ou avait-il une vision ?

R: Bien qu’Ésaïe ait pu être transporté physiquement en un autre lieu, ces versets ne le disent pas. Ils parlent simplement de ce qu’Ésaïe vit ; il eut donc très probablement une vision. The NIV Study Bible p.1025 indique aussi qu’il s’agissait probablement d’une vision.

 

Q: En És 6:1, comment était la culture à l’époque d’Ésaïe ?

R: C’était une époque décevante. Ce fut une période de prospérité, du moins au début, mais cette prospérité les avait amenés à avoir une vision diminuée de Dieu et de leur besoin de Lui.

   Ozias mourut en 740/739 av. J.-C. Au cours des cinq dernières années, Tiglath-Piléser III d’Assyrie avait mené ses conquêtes. Beaucoup de rois de Juda furent mauvais, bien que certains fussent bons et aient suivi les commandements de Dieu. Ozias ne fut ni l’un ni l’autre. Il servit Dieu et Lui obéit, jusqu’à ce que son orgueil prenne le dessus, comme le montre 2 Chroniques 26:16-21. Mais, bien que le roi (avec un r minuscule) fût mort, le Roi (avec un R majuscule) était toujours vivant et assis sur Son trône.

 

Q: En És 6:1, s’agit-il d’un retour en arrière ?

R: Bien qu’il puisse s’agir d’un retour en arrière vers une vocation d’Ésaïe antérieure aux chapitres 1-5, rien ne l’impose. Dieu donna à la plupart des prophètes une parole à prêcher sans leur accorder de vision céleste. Dieu a pu se servir d’Ésaïe pour prophétiser, puis, après qu’Ésaïe y eut obéi, lui donner une vision céleste et une mission céleste.

   De plus, en Amos 7:14-15, ce n’est que vers la fin du livre qu’Amos revient sur le moment où Dieu l’appela à être prophète.

 

Q: En És 6:1, est-ce le Père ou le Fils qui est assis sur le trône ?

R: L’Écriture ne le dit pas, et les chrétiens ne sont pas d’accord, mais nous pouvons observer les faits suivants.

   En Apocalypse 5:1-8, une figure divine assise sur le trône est distincte de Jésus-Christ.

Ésaïe vit la gloire de Jésus selon Jean 12:41. Jean le dit dans le contexte d’Ésaïe 6:10 et 53:1.

 

Q: En És 6:1-13, pourquoi cette section est-elle insérée au milieu d’Ésaïe 1-12 ?

R: Bien que l’Écriture ne le dise pas, nous pouvons observer qu’Ésaïe 6 est comme un sommet central d’Ésaïe 1-12. Ésaïe 1-5 est plutôt général et présente le contexte, tandis qu’Ésaïe 7-12 est d’ordre moral et historiquement précis. En Ésaïe 7-11, l’arbre est abattu, mais en Ésaïe 11:1 et Ésaïe 6:13, il reste une souche encore vivante.

 

Q: En És 6:1, pourquoi Ésaïe était-il dans le Temple ? Était-il sacrificateur ?

R: Il y a trois réponses possibles.

a) Ésaïe pouvait être sacrificateur ou Lévite, mais ce verset ne le confirme ni ne l’infirme.

b) Ésaïe pouvait se trouver dans le parvis commun du Temple, où tous les Juifs pouvaient aller.

c) Dieu transporta Ésaïe dans l’enceinte du Temple en vision.

 

Q: En És 6:2, combien y avait-il de séraphins à six ailes ?

R: Ésaïe ne le dit pas. Cependant, si les séraphins sont les mêmes que les quatre êtres vivants à six ailes d’Apocalypse 4:6-9, ils étaient quatre.

 

Q: En És 6:2, les séraphins sont-ils ici les mêmes que les chérubins d’Éz 1:5-25 ; 9:3 ; 10:1-22 ; 41:18 et que les quatre êtres vivants d’Ap 4:6-9 ?

R: Les chrétiens ont deux points de vue.

Non. La Bible n’aurait employé qu’un seul mot s’il s’agissait des mêmes êtres. La Bible emploie deux mots ; nous devrions donc faire de même. Voir le Keil-Delitzsch Commentary on the Old Testament vol.7 partie 1 p.191. C’est le point de vue de Scofield selon 1001 Bible Questions Answered p.338.

Oui. Ce sont des êtres si inhabituels, et rien dans l’une ou l’autre description n’est incompatible avec les autres. De plus, les chérubins d’Ézéchiel 41:18 avaient un visage d’homme et un visage de jeune lion.

 

 

Q: En És 6:5, pourquoi Ésaïe a-t-il réagi ainsi ?

R: Ésaïe ne déborde pas de joie de voir Dieu ; il déborde au contraire d’une pure terreur ! Il sait qu’il est « un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures ». Mais, contrairement aux autres, il le confesse et le reconnaît.

   Ce chapitre juxtapose curieusement une grande beauté et une grande terreur. D’autres exemples de personnes qui réagirent fortement en voyant le Seigneur sont Job 42:5-6, Pierre en Luc 5:8 et Jean en Apocalypse 1:17.

 

Q: En És 6:3, pourquoi la louange « Saint » est-elle répétée trois fois ?

R: Il y a deux réponses.

a) En hébreu, on exprimait le superlatif en répétant le mot. Demandez donc aux habitants de Walla Walla, dans l’État de Washington. Walla est un mot amérindien qui signifie eau, et Walla Walla était l’endroit où il y avait beaucoup d’eaux. Mais en Ésaïe 6, « saint » est dit trois fois : « Saint, saint, saint est l’Éternel des armées ! »

b) Ce pourrait être une indication subtile de la trinité de Dieu : Père, Fils et Saint-Esprit, comme l’ont enseigné Eusèbe de Césarée (318-325 apr. J.-C.), Athanase d’Alexandrie (après Nicée), Grégoire de Nysse, Ambroise de Milan (370-390 apr. J.-C.), les Constitutions apostoliques, Jérôme de Stridon, Cyrille d’Alexandrie (v.444 apr. J.-C.), le Keil-Delitzsch Commentary on the Old Testament vol.7 partie 1 p.193, et d’autres. Jean Calvin et The Bible Knowledge Commentary : Old Testament p.1044 ne sont cependant pas de cet avis.

 

Q: En És 6:6-7, pourquoi un séraphin porta-t-il une pierre ardente aux lèvres d’Ésaïe ?

R: D’abord un peu de contexte, puis la réponse. Le livre d’Ésaïe réserve bien des surprises. En Ésaïe 1-2, le peuple est jugé au tribunal de Dieu, et après le verdict vient la déclaration : pardonné. Ésaïe dit qu’il était un homme aux lèvres impures habitant au milieu d’un peuple aux lèvres impures. Alors pourquoi un séraphin porte-t-il à ses lèvres une pierre brûlante ? Pour lui brûler les lèvres ? – non, pour les purifier. Comme le mot « séraphin » vient de « serap », qui signifie « brûlant » ou « celui qui brûle », il n’y avait aucune difficulté pour un séraphin à porter une pierre ardente. La réponse se trouve en Ésaïe 6:7-8. Elle comporte deux points.

Ésaïe 6:7 - Pour enlever l’iniquité d’Ésaïe (« ton iniquité est enlevée ») ; Ésaïe avait confessé qu’il était un homme aux lèvres impures. Nous ne savons pas s’il s’agissait d’un langage grossier, de paroles décourageantes ou de sarcasme, mais de toute façon cela le rendait peu apte à être un prophète prononçant les paroles de Dieu. Remarquez qu’Ésaïe ne parla pas, ou ne fut pas autorisé à parler, avant que ses lèvres soient purifiées.

Ésaïe 6:8 - Pour faire de l’homme aux lèvres impures le porte-parole de Dieu, chargé de proclamer un message urgent et important.

   Si vous estimez avoir un défaut qui vous rendrait inapte à un domaine du service de Dieu, vous avez peut-être raison. Mais même ainsi, Dieu peut non seulement vous pardonner, mais aussi vous purifier. En fait, Dieu peut même vous appeler à bien servir dans un domaine pour lequel vous étiez autrefois inapte !

 

Q: És 6:8-9 marque-t-il le début du ministère prophétique d’Ésaïe ? Sinon, pourquoi a-t-il prononcé des prophéties avant cela, en Ésaïe 1-5 ?

R: Quelqu’un peut venir à Christ à un moment donné, puis vivre plus tard une expérience « au sommet » qui approfondit grandement sa relation avec Dieu et son ministère. Bien qu’Ésaïe 1-5 donne le résumé général du ministère ultérieur d’Ésaïe, rien n’empêche qu’Ésaïe ait prophétisé ces choses avant d’avoir sa vision et que Dieu lui dise de prêcher désormais ce message, en Ésaïe 6:8-9. Il faut parfois une expérience terrifiante, comme celle d’Ésaïe, pour aiguiser notre attention.

 

Q: En És 6:9-10, qu’est-ce que Dieu demande ici à Ésaïe de proclamer ?

R: C’est un ordre très étrange. Ésaïe doit dire au peuple de NE PAS comprendre, d’avoir le cœur endurci et d’être aveugle spirituellement ! Cependant, en Ésaïe 6:9-10, Dieu n’énonce pas le but, mais le résultat.

   Le message qu’Ésaïe proclamait était simple. En fait, on reprocha à Ésaïe, en Ésaïe 28:9-10, de n’être bon qu’à enseigner à l’école maternelle. Une leçon pour nous est que, si nous gardons notre message simple, les gens seront plus enclins à le comprendre et à s’en souvenir. Les auteurs des Évangiles, du moins, s’en souvinrent, car il est cité en Matthieu 13:14-15, Marc 4:10-12, Luc 8:10 et Jean 12:39-41.

 

Q: En És 6:9-11, puisqu’Ésaïe était appelé par Dieu et accomplissait l’œuvre de Dieu à la manière de Dieu, quel succès pouvait-il attendre de son ministère ?

R: On pourrait penser naïvement qu’il réussirait certainement. Cependant, Dieu dit au prophète, en Ésaïe 6:9-11, que le peuple, dans l’ensemble, ne se repentirait pas. D’autres prophètes apprirent aussi qu’ils devraient lutter, ou qu’ils ne verraient pas beaucoup de succès, en Jérémie 1:18-19 et Ézéchiel 2:4-7.

 

Q: En És 6:10, qu’y a-t-il d’intéressant dans ce verset ?

R: Ésaïe, maître des styles, emploie ici un chiasme. Il parle du cœur, des oreilles et des yeux, puis des yeux, des oreilles et du cœur.

 

Q: En És 6:11-13, qu’est-il dit exactement ici ?

R: Le peuple restera insensible jusqu’après ce châtiment dévastateur. Ésaïe ne demande pas combien de temps il faudra avant que cela commence, car le cœur du peuple était déjà endurci. La question d’Ésaïe porte plutôt sur la durée de ce jugement avant qu’il ne prenne fin, et implicitement sur sa sévérité. Soit dit en passant, il existe une différence essentielle entre les Juifs/Israélites (avant l’exil) et les Juifs (après l’exil). Les Israélites se détournaient fréquemment vers l’idolâtrie, alors que les Juifs ne le firent jamais. Ésaïe 5:13 dit que le peuple de Dieu irait en exil par manque de connaissance.

 

Q: En És 6:12-13, quel est le sens de la réponse de Dieu à Ésaïe ?

R: Ésaïe devait prophétiser jusqu’à sa mort ou jusqu’à la venue du jugement. Cependant, il resterait un reste du peuple après le jugement.

 

Q: En És 6:13, qu’est-ce que « le térébinthe » ?

R: Le térébinthe est un arbre étalé de moins de 7,5 mètres de haut. Son nom scientifique est Pistacia terebinthus, variété palaestina.

 

Q: En És 6:13, en quoi les Israélites et les Juifs étaient-ils comme « le chêne » et ses glands ?

R: Un chêne peut être abattu, mais sa souche peut produire de nouvelles pousses : comme le chêne, ils « Conservent leur tronc quand ils sont abattus ». Les glands qui donnent naissance à un autre chêne peuvent vivre même si la plante mère meurt.

 

Q: En És 6:13, combien de sortes de chênes y a-t-il en Palestine ?

R: Il existe environ 24 espèces du genre chêne (Quercus) en Palestine. Parmi elles figurent ilex, coccifera (chêne kermès), palaestina, sessiliflora, lusitanica, aegilops et cerris.

 

Q: En És 7:1-17, quelle est la structure ici ?

R: C’est un chiasme.

7:1-2 La Maison de David est menacée.

- 7:3-6 Les fils d’Ésaïe et les desseins de l’alliance syro-samaritaine

- - 7:7-9 La parole rassurante du Seigneur

- - - 7:10-12 L’incrédulité des Israélites

- - 7:13-15 Le signe de jugement du Seigneur

- 7:16 Le fils de la Vierge, et l’alliance syro-samaritaine sera détruite

7:17 La Maison de David sera détruite

À plus grande échelle, Ésaïe 7-12 a été appelé « le Cantique d’Emmanuel ».

 

Q: En És 7:2, qui est Éphraïm ici ?

R: Le nom de ce fils de Jacob devint celui de la plus grande tribu du Nord. C’était un synonyme de tout le royaume du Nord. Le roi assyrien Tiglath-Piléser III vainquit les armées coalisées de la Syrie (Aram) et de Samarie. Bien qu’il n’occupât que Damas et non Samarie, Samarie fut anéantie en tant que force militaire.

 

Q: En És 7:3, qui était « Schear-Jaschub » ?

R: C’était le fils d’Ésaïe. Son nom signifie « un reste reviendra ».

 

Q: En És 7:4, que dit précisément Ésaïe à Achaz de faire ?

R: L’expression « Sois tranquille, ne crains rien » signifie qu’Achaz devait garder son calme et ne rien faire. Achaz avait trois options. Il pouvait 1) s’allier à la Syrie et à Samarie, 2) s’allier à l’Assyrie, ou 3) rester neutre. Ésaïe lui disait en substance de choisir la troisième, mais Achaz choisit la deuxième. Autrement dit, il préféra la sécurité du roi d’Assyrie à la sécurité de Dieu. Comme le dit Barry G. Webb dans The Message of Isaiah p.64 : « Tout ce sur quoi nous nous appuyons au lieu de nous confier en Dieu finira par se retourner contre nous et nous dévorer. »

 

Q: En És 7:5-6,9, quelle est la signification du fait que le roi Pékach n’est pas nommé (sauf en És 7:1), mais seulement appelé « le fils de Remalia » ?

R: Ce pourrait être une marque de mépris, pour deux raisons. Pékach n’était pas le roi légitime d’Israël. Pékach assassina Pekachia et devint roi (2 Rois 15:23-30). En 2 Chroniques 28:6, Pékach tua 120 000 personnes de Juda. Pékach régna vingt ans, et il fut à son tour assassiné par Osée en 2 Rois 15:30. De plus, le fils de Tabeel a pu usurper le trône à Damas. Ésaïe souligne qu’ils avaient si peu d’importance qu’il ne mentionne même pas leurs noms. Tous deux seraient morts dans les deux ans.

 

Q: En És 7:8, que prophétise Ésaïe au sujet de soixante-cinq ans ?

R: Ésaïe prononça cette prophétie vers 734 av. J.-C. En 734 av. J.-C., les Assyriens conquirent la Philistie et la côte. En 732 av. J.-C., les Assyriens conquirent Damas, la Transjordanie, la Galilée et Meguiddo. En 722 av. J.-C., environ 12 ans plus tard, le royaume du Nord fut conquis, la plupart des Israélites furent déportés, et quelques autres populations furent amenées. Cependant, en 669 av. J.-C. (65 ans après 734 av. J.-C.), le roi suivant, Esar-Haddon, fit venir beaucoup plus de gens en Israël.

   En 701 av. J.-C., les Assyriens assiégèrent Jérusalem, mais Dieu délivra Jérusalem des Assyriens. 2 Rois 18-20 en dit davantage à ce sujet. De manière définitive, Dieu délivra Son peuple par la mort expiatoire du Messie sur la croix.

 

Q: En És 7:8-9, quelle est la structure littéraire ici ?

R: Elle présente la structure suivante :

A1 : Car Damas est la tête de la Syrie

- B1 : Et Retsin est la tête de Damas

-- C1 : (Encore soixante-cinq ans, Éphraïm ne sera plus un peuple.)

A2 : La Samarie est la tête d’Éphraïm

- B2 : Et le fils de Remalia est la tête de la Samarie

-- C2 : Si vous ne croyez pas, Vous ne subsisterez pas.

Outre qu’il s’agit d’une poésie bien construite, un tel style nous montrerait qu’aucune ligne n’a été ajoutée ni supprimée.

 

Q: En És 7:10-11, pourquoi dit-on ici à Achaz de demander un signe ?

R: Dieu invita Achaz à Lui demander un signe ou un miracle. Achaz refusa, pensant probablement à Deutéronome 6:16. Mais la demande d’Ésaïe ne visait pas un signe prouvant que Dieu est le vrai Dieu ; elle visait plutôt, comme pour Gédéon, à confirmer que c’était bien la volonté de Dieu. Mais Achaz ne voulut pas demander, car il avait fait ses projets sans se soucier de la volonté de Dieu.

   Ainsi, Achaz choisit de ne pas demander de signe, et il ne lui fut donc pas donné de signe impressionnant à voir. Dieu accorda plutôt un double accomplissement de cette prophétie. Le mot hébreu que la Segond rend ici par « la jeune fille » peut se traduire par « jeune fille » ou par « vierge » (en Matthieu 1:23, la Segond dit « la vierge »). La femme d’Ésaïe eut un enfant, ce qui constitua l’accomplissement immédiat de cette prophétie. Cette naissance ne semble toutefois rien avoir de particulièrement miraculeux. Des siècles plus tard, Jésus naîtrait d’une vierge.

   On peut démontrer qu’interpréter ce mot comme « vierge » n’est pas une « invention chrétienne », puisque la Septante grecque, traduite des siècles avant Christ, rendit ce mot par parthenos, c’est-à-dire vierge. Le sceptique Asimov’s Guide to the Bible p.532 omet de le signaler, affirmant à tort que la position chrétienne repose sur le mot traduit dans la version King James. (Plus loin, à la p.781, Asimov affirme à tort que la traduction de ce mot par « vierge » remonte à Matthieu, alors que la Septante l’employait bien avant.)

 

Q: En És 7:10-12, Achaz ne voulait-il pas demander alors qu’on lui disait de le faire ?

R: En apparence, Achaz semble ne pas vouloir pécher en tentant Dieu. Cependant, Achaz ne suivait pas Dieu, puisque Dieu, par Ésaïe, lui ordonnait de demander.

   Achaz connaissait son propre cœur. Peut-être n’avait-il pas la foi nécessaire pour croire que Dieu agirait dans cette situation, et était-il mal à l’aise dans une situation qui exigeait la foi.

   Si nous nous trouvons dans une situation semblable, souvenons-nous que c’est Dieu qui agit, et non nous.

   Achaz croyait en Dieu intellectuellement. Mais à ce moment-là, il ne se confiait pas en Dieu pour le délivrer. Dans la parabole des quatre terrains, Christ parla de ceux qui croiraient, mais qui tomberaient au moment de la tribulation ou de la persécution. C’est un exemple de piété extérieure et d’hypocrisie intérieure. Malheureusement, Achaz n’est pas le seul.

 

Q: En És 7:13, comment Achaz lassait-il Dieu (« Que vous lassiez encore celle de mon Dieu »), et comment les gens peuvent-ils lasser Dieu aujourd’hui ?

R: Non seulement Achaz lassait Dieu, mais la Maison de David, c’est-à-dire les rois de Juda, avait lassé Dieu. Ils faisaient semblant de suivre Dieu, mais ils ne Lui obéissaient pas dans leur cœur.

   Aujourd’hui, Dieu peut être las de ceux qui L’honorent des lèvres, mais dont le cœur est éloigné de Lui (Matthieu 15:8-9 ; Ésaïe 29:13).

 

Q: En És 7:14 et És 8:8, « Emmanuel », qui signifie « Dieu avec nous » ou « Dieu est avec nous », désigne-t-il Jésus-Christ ?

R: Oui, selon Matthieu 1:20-23. De plus, les textes ougaritiques emploient une expression semblable pour annoncer la naissance d’un enfant royal. Soit dit en passant, bien que el fût un élément courant des noms, Emmanuel est inconnu dans la Bible comme nom ou titre avant son emploi ici. Tertullien, dans Against Marcion livre 3 ch.12 (207 apr. J.-C.), traite aussi de ce point.

   À titre historique, l’un des premiers chrétiens à utiliser ces passages en apologétique fut Irénée de Lyon, dans Against Heresies p.452 (écrit vers 182-188 apr. J.-C.). Origène (225-254 apr. J.-C.) le mentionna également comme messianique dans Origen Against Celsus livre 1 ch.36 p.411.

 

Q: En És 7:14, puisque le Messie sera appelé Emmanuel, pourquoi a-t-Il été appelé Jésus en Luc 1:31 ?

R: Un chrétien chinois était très perplexe à ce sujet, et voici la réponse qui lui fut donnée.

   Quand vous êtes né, quel nom vous a-t-on donné ? Votre nom chinois, n’est-ce pas ? Et maintenant, en Amérique, comment vos collègues vous appellent-ils ? Par votre nom anglais, n’est-ce pas ? De la même manière, le « nom de naissance » propre du Messie est « Jésus ». Cependant, Jésus est Dieu, et Il porte le titre d’« Emmanuel », Dieu avec nous.

 

Q: És 7:14-16 désigne-t-il le roi d’Assyrie, Ézéchias, ou Jésus ?

R: C’est un exemple de prophétie à double accomplissement. Tout d’abord, le mot hébreu pour « vous » est ici au pluriel. Cette prophétie désigne probablement quelqu’un de cette époque, sans doute le fils d’Ésaïe (conçu naturellement), ainsi que la naissance virginale de Jésus. Le mot « vierge » est ici intéressant. Il existe deux mots hébreux pour vierge. L’un (betulah) signifie seulement n’avoir jamais eu de relations avec un homme, mais ce n’est pas le mot employé ici. Le mot employé (almah) a deux sens : n’avoir jamais eu de relations avec un homme, et aussi jeune fille en général. Preuve que ce second mot était aussi compris comme « vierge », la traduction grecque de l’Ancien Testament appelée Septante employa le mot parthenos, qui signifie uniquement vierge. Encyclopedia of Bible Difficulties p.267-268 souligne aussi que, sur les sept emplois du mot hébreu almah dans la Bible, il désigne chaque fois une jeune fille qui n’a jamais eu de relations.

   Historiquement, Tertullien, dans Five Books Against Marcion livre 3 chapitre 13 (207 apr. J.-C.), répondit à cette objection. Il dit : « Ils sont cependant réfutés par cette considération que rien qui ait la nature d’un signe ne peut provenir de ce qui est un événement quotidien, la grossesse et l’accouchement d’une jeune femme. C’est à juste titre qu’une mère vierge est considérée comme proposée par Dieu en signe… »

 

Q: En És 7:14-16, puisque les mots hébreux ha almah pouvaient signifier « la jeune fille » aussi bien que « la vierge », pourquoi Mt 1:23 dit-il qu’Ésaïe 7:14-16 parle d’une vierge qui enfante un fils ? Cela ne s’est-il pas accompli du temps d’Ésaïe ?

R: Beaucoup de prophéties ont un double accomplissement. En particulier, Ésaïe 7:14-16 emploie un mot hébreu, almah, qui peut se traduire par « jeune fille » ou par « vierge » ; c’est le même mot qui est employé pour la jeune Marie (Miriam), qui était les deux, en Exode 2:8. Il existait un autre mot hébreu pour « vierge », betulah (comme le mot akkadien batultu), mais il n’est pas employé ici. La prophétie fut prononcée en 735 av. J.-C., la Syrie fut détruite en 732 av. J.-C., et 12 ou 13 ans plus tard la prophétie s’accomplit lorsque les Assyriens détruisirent et déportèrent Israël.

   L’une des raisons pour lesquelles betulah n’a peut-être pas été employé est que, dans l’usage ancien, ce mot ne signifiait pas toujours vierge non plus. Par exemple, betulah désigne une femme mariée en Joël 1:8 et à plusieurs reprises en Jérémie 25.

   Cette prophétie annonçait aussi une naissance virginale. Preuve qu’elle était comprise ainsi, la Septante, traduite plus de cent ans avant la venue de Christ, rendit le mot par parthenos, qui ne peut signifier que vierge. Ainsi, bien que la traduction de la Septante ne pût rendre les deux sens, elle prouve que les traducteurs juifs acceptaient pleinement le sens de « vierge ».

   Par ailleurs, Hard Sayings of the Bible p.300-302 relève trois points révélateurs :

a) « vous » est au pluriel. Cela signifie que le signe est destiné à toute la maison de David, et pas seulement à Achaz.

b) Le mot 'almah peut désigner une jeune fille ou une vierge, mais il n’existe pas un seul cas où il désigne une femme mariée.

c) L’article défini devant 'almah (ha’almah) impose de traduire par « la vierge/la jeune fille ».

 

Q: En És 7:14-16, l’accomplissement immédiat de cette prophétie pourrait-il être la naissance d’Ézéchias, fils d’Achaz ?

R: Non, car Ézéchias était déjà né et avait environ dix ans au moment de la prophétie.

 

Q: En És 7:14, qui était la femme qui allait enfanter à cette époque ?

R: Cette prophétie a un double accomplissement. L’accomplissement ultime est Marie, la mère de Jésus.

   Il ne pouvait s’agir de la femme d’Ésaïe, car elle avait déjà un enfant (Schear-Jaschub) et n’était donc pas vierge, et l’enfant d’Ésaïe ne fut pas nommé Emmanuel. En revanche, il pourrait s’agir de la femme fiancée à Ésaïe comme seconde épouse, sa première femme étant vraisemblablement morte peu après la naissance de Schear-Jaschub.

Conclusion : Aujourd’hui, nous ne pouvons pas savoir qui était la femme de l’accomplissement immédiat, sinon que le fils n’était pas Ézéchias. Cependant, l’accomplissement ultime eut lieu avec Marie et Jésus, comme le dit Matthieu 1:23.

 

Q: En És 7:15, ce verset appuie-t-il la notion d’un âge de responsabilité (« Jusqu’à ce qu’il sache rejeter le mal et choisir le bien ») ?

R: Il l’appuie, mais ne la prouve pas. Il existe un âge, qui peut varier selon les enfants, où ils distinguent le bien du mal. Romains 4:15 montre que le péché existe encore, mais qu’il n’est pas compté comme transgression lorsque la personne ne pouvait pas savoir que c’était mal.

   Beaucoup de chrétiens pensent que les bébés et les jeunes enfants qui meurent, n’ayant commis aucun péché intentionnel, iront au ciel grâce à Jésus. Jésus reste nécessaire comme leur Sauveur pour purifier leur nature et pardonner leurs péchés non intentionnels.

   Selon un autre point de vue, immédiatement après la mort, ceux qui meurent sans avoir la connaissance nécessaire pour accepter ou rejeter Jésus recevront l’occasion de prendre la décision qu’ils auraient prise s’ils avaient vécu. On trouve un appui (mais non une preuve) à cette idée en 1 Pierre 3:19-20 et 1 Pierre 4:5-6.

   Selon un troisième point de vue, puisque les justes et les injustes ressusciteront pendant le Millénium, ceux qui n’ont pas eu l’occasion auparavant l’auront alors. Vous pouvez lire au sujet du Millénium en Apocalypse 20:2-11.

 

Q: En És 7:20, est-il inconvenant que Dieu soit appelé « barbier », comme le prétend le musulman Ahmad Deedat ?

R: Ésaïe 7:20 ne dit pas précisément que Dieu est barbier, mais que, de manière figurée, Dieu fera raser par les Assyriens la barbe des Israélites impies : « le Seigneur rasera, avec un rasoir pris à louage ».

   Il y a ici deux « fils » à « raser » de près. 1) Un rasoir rase de près, et ils allaient frôler la mort avec le couteau assyrien tout contre leur peau. 2) Dans cette culture, raser la barbe d’un homme contre son gré était une insulte, comme l’indique 2 Samuel 10:4. La nation serait humiliée par les Assyriens.

 

Q: En És 7:21-25, qu’est-ce qui est prophétisé exactement ici ?

R: Il s’agit d’un changement climatique progressif en Israël. Sans irrigation, Israël serait aujourd’hui plus aride qu’il ne l’était avant l’époque de Christ.

 

Q: En És 8:1-9:3, quelle est la structure de cette section ?

R: La structure est assez complexe ; il y a quatre oracles et deux réflexions.

Prophétie d’un temps de ténèbres

És 8:1-4 Premier oracle : « Qu’on se hâte de piller, qu’on se précipite sur le butin »

És 8:5-10 Deuxième oracle : un fleuve paisible ou un fleuve impétueux

És 8:11-15 Troisième oracle : la pierre d’achoppement

És 8:16-18 Réflexion : enfermer la parole de la prophétie et attendre avec espérance

És 8:19-22 Réflexion : ignorer les faux prophètes et écouter les paroles de Dieu.

Ensuite, une prophétie d’un temps de lumière

És 8:23 Réflexion : plus de ténèbres, l’aurore vient

És 9:1-6 Quatrième oracle : le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière

                                            

Q: En És 8:1, ce mot doit-il se traduire par « rouleau » ou par « tablette » (la Segond dit « une grande table ») ?

R: Le mot hébreu employé ici, gillayon, désigne simplement une grande surface plane destinée à l’écriture ; on peut donc le traduire de l’une ou l’autre manière. Il s’agissait probablement d’un grand panneau.

 

Q: En És 8:1-4, pourquoi Ésaïe donnerait-il à son fils le nom de « Maher-Schalal-Chasch-Baz » et ferait-il mettre ce nom par écrit ?

R: Le nom, qui signifie « qu’on se hâte de piller, qu’on se précipite sur le butin », indique que toutes les richesses de Damas et de Samarie seraient emportées en Assyrie. C’est le nom de personne le plus long de la Bible. Il fit écrire ce nom dans le temple comme s’il s’agissait d’un titre de propriété. Ésaïe, représentant Dieu, transfère officiellement à l’Assyrie la propriété des richesses de Damas et de Samarie. Le chapitre 7 d’Ésaïe se situe apparemment avant qu’Achaz ne décide s’il soutiendrait Samarie et Damas, demanderait l’aide de l’Assyrie contre eux, ou resterait neutre. L’oracle d’Ésaïe 8 se situe apparemment après qu’Achaz eut décidé de se tourner vers l’Assyrie.

   Parfois, des ennemis, et ce qui semble être d’énormes problèmes à affronter dans l’immédiat, disparaîtront rapidement sans que vous ayez à faire quoi que ce soit. Comment savoir quand il faut a) rester tranquille, c’est-à-dire ne pas réagir de manière excessive, et b) intervenir d’urgence pour régler un problème ? C’est là que nous avons besoin de la direction de Dieu. Mais au-delà, nous avons aussi besoin de la paix de Dieu. Toute crise, réelle ou apparente, comporte quatre étapes : 1) prier, 2) faire ce que Dieu veut que nous fassions, 3) communiquer avec ceux à qui nous devons parler, et 4) être en paix, en laissant les résultats à Dieu. Comme le dit la reine Esther en Esther 4:16 : « si je dois périr, je périrai ! »

 

Q: En És 8:2 et 2 R 16:10-16, que savons-nous de cet Urie ?

R: Cet Urie était un sacrificateur, et non le soldat tué à l’époque de David. Il était apparemment souverain sacrificateur, car il modifia le culte du temple pour y inclure les dieux païens de Damas sous le roi Achaz de Juda. Vous pouvez en lire davantage en 2 Rois 16:10-16.

 

Q: En És 8:3, qui est la prophétesse ? Prophétisait-elle aussi ?

R: C’est la femme d’Ésaïe. Bien qu’elle ait pu prophétiser, il est probable qu’on l’appelait « la prophétesse » parce qu’elle était la femme du prophète.

 

Q: En És 8:6, que sont « les eaux de Siloé qui coulent doucement » ?

R: Également appelée source de Siloé, c’était la source souterraine secrète, au cours paisible, qui alimentait Jérusalem en eau. Ce cours d’eau qui entretenait la vie contrastait avec la crue furieuse du fleuve Euphrate. En hébreu, Josué 24:15 désigne lui aussi l’Euphrate simplement comme « le fleuve », et la Segond le rend ainsi : « au-delà du fleuve ». Ils avaient « méprisé » Siloé (ma’as en hébreu) et s’étaient réjouis (mesos en hébreu) de la chute de Retsin, due à leur allié assyrien.

 

Q: En És 8:8, quel rapport le mot « Emmanuel » a-t-il avec Jésus ?

R: Emmanuel signifie ici « que Dieu soit avec nous », et le contexte est celui de la détresse, comme dans « que Dieu nous vienne en aide ». Bien que ce verset ne nous dise rien de précis sur Jésus, cette reprise du mot de la prophétie messianique d’Ésaïe 7:14 nous apprend comment nous pouvons nous appuyer sur les promesses de Dieu. Les grandes eaux de l’Euphrate désignent la nation assyrienne, et peut-être les Babyloniens, qui allaient presque noyer Juda : « Il atteindra jusqu’au cou ».

   Cependant, comme le dit The Bible Knowledge Commentary : Old Testament p.1051 : « le mot Emmanuel assurait aux auditeurs que Dieu n’avait pas oublié Son peuple de l’alliance et qu’Il serait avec eux. »

   En fait, le mot « Emmanuel » est le mot charnière d’Ésaïe 8:1-10. En lisant Ésaïe 8:1-8a et en s’arrêtant au milieu du verset 8, on pourrait avoir l’impression que ce « déluge » de l’armée serait si dévastateur que Juda serait anéanti pour toujours. Pourtant, la promesse de Dieu concernant Emmanuel s’accomplirait, garantissant ainsi la survie de Juda. Ésaïe 8:8b-10 contraste vivement avec les versets précédents. Ces nations envahissantes seraient brisées. Curieusement, le passage ne contient aucune promesse de triomphe pour Juda, seulement l’anéantissement des ennemis de Dieu, et pour rappeler qui accomplit cet anéantissement, Ésaïe 8:10b dit : « Car Dieu est avec nous. »

 

Q: En És 8:12 (« N’appelez pas conjuration tout ce que ce peuple appelle conjuration »), comment savoir s’il y a ou non une conspiration ?

R: Certains en jugent d’après l’opinion populaire. Si d’autres personnes qu’ils respectent disent qu’il s’agit d’une conspiration, ils le pensent aussi. Quand ils disent que c’est impossible, ce n’en est pas une. Cette méthode est dépourvue de faits et de preuves. Et peut-être même que cela leur est égal.

   Une meilleure méthode consiste à examiner les preuves, non seulement seul, mais aussi avec d’autres.

1) Restez ouvert à l’hypothèse qu’il s’agit d’une conspiration, comme à l’hypothèse contraire, aussi impopulaire que soit l’un de ces points de vue. Restez aussi ouvert à la conclusion qu’il vous sera impossible de trancher avec certitude.

2) Rassemblez toutes les preuves, des deux côtés, et non d’un seul.

3) Écartez les mauvaises preuves. Par exemple, lorsqu’une personnalité respectée affirme qu’une chose est ou n’est pas d’une certaine manière sans fournir la moindre preuve, vous pouvez écarter cette affirmation. Il arrive souvent que des experts compétents et respectés dans un domaine s’expriment avec autorité sur un autre domaine, où leur autorité est totalement usurpée. Mais veillez à appliquer un filtre cohérent. Les gens refusent parfois des preuves qui vont à l’encontre de ce qu’ils veulent croire, à moins qu’elles soient presque irréfutables. Mais ils acceptent des preuves fragiles et des arguments fallacieux, du moment qu’ils soutiennent leur camp.

4) Examinez la cohérence des arguments. Par exemple, certains arguments (mais pas tous) en faveur de l’avortement vaudraient tout autant pour justifier qu’on tue des bébés quelques secondes avant leur naissance, voire après. Certains arguments (mais pas tous) en faveur de la défense de la vie vaudraient tout autant contre la contraception, qu’il s’agisse de la méthode des cycles ou d’une autre.

5) N’attribuez pas toujours les intentions du camp adverse à l’appât du gain et à la malveillance. Parfois, ce n’est que de la sottise. Ou bien c’est peut-être vous qui avez tort. Ou, plus subtilement, ils ont peut-être en grande partie tort, mais une petite part de ce qu’ils disent est légitime.

6) Prenez une décision. Cependant, une décision peut parfois ne se situer à aucun des deux extrêmes, ou devoir être très ferme dans un sens, ou constituer une troisième voie. Ou bien vous pouvez conclure qu’on ne peut pas savoir.

   Vous pourriez un jour étudier, d’un point de vue psychologique, pourquoi certaines personnes croient aux mensonges selon lesquels l’Holocauste n’a jamais eu lieu, la terre est plate, personne n’a jamais marché sur la lune, ou Mahomet n’est jamais mort. (Certains musulmans l’ont cru au cours de l’histoire, mais ils représentent moins de 1 % de l’ensemble des musulmans.)

 

Q: En És 8:14, comment Dieu est-Il « un sanctuaire » ?

R: Bien qu’un sanctuaire soit un lieu saint, ce n’est pas là l’essentiel. Le Temple était plutôt un sanctuaire, et Dieu est un refuge : lorsqu’on cherche refuge en Dieu comme dans son sanctuaire, Dieu nous abrite. La dernière partie d’Ésaïe 8:14, qui concerne l’ÉTERNEL, est citée en 1 Pierre 2:8 comme concernant Christ.

 

Q: En És 8:18, quand cette prophétie s’est-elle accomplie ?

R: Cette prophétie eut à la fois un accomplissement direct du vivant d’Ésaïe, lorsque l’Assyrie conquit Damas et Samarie, et un accomplissement futur.

 

Q: En És 8:19-20, qu’y a-t-il exactement de mal à demander conseil aux diseurs de bonne aventure et aux spirites ?

R: Dieu a dit de ne pas le faire. Nous discernons au moins trois raisons pour lesquelles Dieu le dirait.

1. Le manque de confiance dans la providence et la direction de Dieu. Nous pouvons compter sur Dieu pour nous dire tout ce que nous avons besoin de savoir, même si ce n’est pas toujours tout ce que nous voulons savoir.

2. Se fier à la divination ou aux esprits, ce n’est pas confier sa vie à Dieu. Se fier aux médiums et aux esprits nous expose aussi au monde démoniaque de l’occultisme.

3. Enfin, puisque le peuple agissait ainsi, Dieu lui cachait Sa face (et Sa direction), selon Ésaïe 8:17.

   Jérémie 2:13, dans le contexte de l’idolâtrie, dit : « Car mon peuple a commis un double péché : Ils m’ont abandonné, moi qui suis une source d’eau vive, Pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, Qui ne retiennent pas l’eau. »

   En Ésaïe 8:19, la Segond dit « Qui poussent des sifflements et des soupirs » ; l’hébreu peut se traduire par « chuchotent et murmurent », mais aussi, de manière moqueuse, par « piaillent et gémissent ».

 

Q: En És 8:19-20, cela concerne-t-il le mormonisme ?

R: Cela concerne tous ceux qui cherchent conseil auprès de l’occultisme et des morts, et pas seulement le mormonisme. Cependant, cela concerne les mormons d’au moins trois manières.

La divination par le cristal était une pratique occulte au XIXe siècle : une personne prétendait pouvoir trouver des trésors enfouis en regardant dans un cristal. C’était si courant qu’un arrêté l’interdisait dans l’État de New York. Joseph Smith Jr., dans le petit village de Palmyra (New York), fut condamné pour le délit mineur de divination par le cristal. On a retrouvé des archives judiciaires qui le confirment.

La pierre de voyant. Joseph Smith passa de la divination par le cristal à la prétention de traduire le Livre de Mormon en regardant une pierre placée dans un chapeau.

Le Livre d’Abraham mormon aurait été traduit de la même manière, à partir d’anciens papyrus égyptiens. Nous possédons aujourd’hui ces papyrus, et il va sans dire que la traduction de Joseph était une imposture. Joseph rédigea même un Egyptian Alphabet and Grammar (Alphabet et grammaire égyptiens), dans lequel il tenta apparemment d’enseigner aux autres sa version de « l’égyptien réformé ».

 

Q: És 8:23 et És 9:1 vont-ils ensemble, ou Mt 4:14-16 a-t-il eu tort de les rapprocher ?

R: Ils vont ensemble, car Ésaïe 8:23 fait la transition entre les deux sections.

   Dans la Segond, comme dans les Bibles juives modernes et la Bible de Jérusalem, ce verset est numéroté Ésaïe 8:23 (il correspond à Ésaïe 9:1 dans les Bibles anglaises). Certes, Ésaïe 8:22 et 8:23 sont liés, car Ésaïe 8:22 parle de gens plongés dans les ténèbres, et Ésaïe 8:23 dit que les ténèbres ne régneront pas toujours.

   Cependant, Ésaïe 8:22 parle de gens qui seront chassés dans les ténèbres, Ésaïe 8:23 dit qu’il n’y aura plus de ténèbres pour Zabulon et Nephthali, et Ésaïe 9:1-6 dit comment le peuple qui était dans les ténèbres verra une grande lumière.

   Il est intéressant de voir qu’Asimov tente d’affirmer qu’Ésaïe 8:23, où les ténèbres de ceux qui étaient dans l’obscurité sont dissipées, n’a pas de rapport avec ceux qui étaient dans les ténèbres et ont vu une grande lumière au verset suivant.

 

Q: En És 8:23-9:1, comment s’est accompli l’honneur annoncé pour « Le territoire des Gentils » (la Galilée des nations) ?

R: Jésus passa beaucoup de temps dans cette région, qui se trouvait à l’ouest de la mer de Galilée. L’expression hébraïque peut signifier « l’ombre de la mort » ou « pays des ténèbres ». Cette prophétie s’accomplit explicitement selon Matthieu 4:15-16. Soit dit en passant, le verset numéroté Ésaïe 8:23 dans la Segond correspond à Ésaïe 9:1 dans les Bibles anglaises ; les Bibles juives, comme le texte massorétique et la traduction moderne JPS, le numérotent aussi 8:23. Le contenu reste le même.

   L’idée que le Messie apparaîtrait d’abord en Galilée se trouve aussi dans le Talmud et le Midrash juifs, selon Litteratur-blatt des Orients, 1843 col.776.

 

Q: És 8:23 ; 9:5,6 pourrait-il désigner Baha’u’llah, des bahá’ís, puisque Jésus n’a pas eu la domination sur Son épaule (Baha’u’llah and the New Era p.261-262) ?

R: Non ; la domination reposera sur l’épaule de Jésus lorsqu’Il reviendra. Cela ne peut désigner Baha’u’llah, car :

a) Baha’u’llah n’a pas été appelé « Dieu puissant » (Ésaïe 9:5)

b) Baha’u’llah n’a pas brisé « le joug qui pesait sur lui » pour le peuple de Galilée « comme à la journée de Madian » (Ésaïe 9:3).

c) Baha’u’llah n’a pas non plus gouverné, et les bahá’ís ne prétendent pas qu’il reviendra.

d) Même si les bahá’ís souhaitent gouverner le monde, leur Maison universelle de justice ne pèse rien sur la scène politique et gouvernementale des XXe et XXIe siècles.

 

Q: En És 9:5, que signifie ici « Admirable » (pele’ en hébreu) ?

R: Tout d’abord, il s’agit ici d’un nom et non d’un adjectif ; la forme adjectivale est pel’i. Le mot hébreu a un sens plus large qu’en français. Les deux formes peuvent signifier exceptionnel, remarquable ou spectaculaire (en bien ou en mal, comme en 2 Samuel 13:2). Il peut désigner quelque chose que seul Dieu peut faire, c’est-à-dire surnaturel. Nous avons d’ailleurs une expression moderne très proche de cet aspect de pele’ : « hors du commun ».

   Lorsqu’un ange du Seigneur rendit visite à Manoach, le père de Samson, et que Manoach lui demanda son nom, l’ange lui demanda pourquoi il demandait son nom : « Il est merveilleux » (en hébreu pil’i), en Juges 13:18. Cela ne signifie pas que « Merveilleux » était le nom d’un ange, mais que le nom de l’ange était tel que, soit les hommes n’avaient pas le droit de le connaître, soit ils étaient incapables de le connaître.

 

Q: En És 9:5-7, ce passage désigne-t-il le Christ ?

R: Oui. Christ est le mot grec pour Messie, et il s’agit assurément d’une prophétie messianique, car le Messie

a) Gouvernera le peuple (Ésaïe 9:5,6)

b) Régnera sur le trône de David (Ésaïe 9:6)

c) Dès maintenant et à toujours (Ésaïe 9:6)

   Le sceptique Asimov’s Guide to the Bible p.534 dit que ces envolées sur un roi idéal pourraient désigner le couronnement d’un roi comme Ézéchias. Cependant, Ézéchias était déjà né, et avait environ 10 ans, au moment de la prophétie d’Ésaïe 7-9. Il est intéressant de noter que, dans le Talmud, b. Sanhédrin 94a, Bar-Kappara dit que Dieu voulait à l’origine faire d’Ézéchias le Messie et de Sanchérib Gog et Magog, mais qu’Ézéchias n’en fut pas digne.

 

Q: En És 9:5, comment Jésus, « Prince de la paix », a-t-Il apporté la paix, puisque le monde n’est pas en paix aujourd’hui ?

R: Lors de Sa première venue, Jésus nous a donné la paix dans notre cœur. Ce n’est qu’à Sa seconde venue que Jésus fera cesser les combats et apportera la paix à ce monde. Et bien sûr, il y aura finalement la paix au ciel.

 

Q: En És 9:5, comment Jésus peut-Il être appelé « Père éternel » si la Trinité est vraie ?

R: Les modalistes et les pentecôtistes unitaires soulèvent souvent cette objection. Jésus est le père de notre salut, et le Père est en Jésus, mais Ils restent distincts. Encyclopedia of Bible Difficulties p.268 indique que l’expression hébraïque abi’ad peut se traduire par « père éternel » ou par « père de l’éternité ». Quoi qu’il en soit, Ésaïe 9:5 parle d’un fils, c’est-à-dire de l’enfant qui est né. Et bien sûr, de même que je suis à la fois fils et père, le Fils peut être le père de notre vie éternelle sans être Son propre père.

   Le mot « éternel » renvoie au fait que Jésus existe avant le commencement des temps. Jésus est le Père en ce sens que Dieu le Père habite en Jésus, qui est le père de notre salut, par Son autorité paternelle.

 

Q: En És 9:5, puisque Jésus est « Dieu puissant », est-ce différent de « Dieu tout-puissant » ?

R: Non. Les Témoins de Jéhovah disent ceci dans Reasoning from Scriptures, 1989 p.413-414 (mêmes numéros de pages dans l’édition de 1985) : « Cela signifie-t-il que, parce que Jésus Christ est prophétiquement appelé “Dieu fort” en Isaïe 9:6, Jésus doit être Jéhovah ? Là encore, le contexte répond : Non ! Aucune des nations païennes idolâtres n’a formé de dieu avant Jéhovah, car personne n’existait avant Jéhovah. … Mais cela ne signifie pas que Jéhovah n’a jamais fait exister quelqu’un qui soit à juste titre appelé un dieu. (Ps 82:1, 6 ; Jean 1:1, MN). En Isaïe 10:21, Jéhovah est appelé “Dieu fort”, tout comme Jésus en Isaïe 9:6 ; mais seul Jéhovah est appelé “Dieu Tout-Puissant”. – Gen. 17:1. » (italiques dans l’original ; traduit par nos soins) Ainsi, les Témoins de Jéhovah eux-mêmes, tout en niant que Jésus soit Jéhovah ou le Dieu tout-puissant, enseignent que Jésus « est à juste titre appelé un dieu ».

   Les Témoins de Jéhovah disent cela parce qu’ils refusent d’admettre un fait : il n’y a qu’un seul Dieu à suivre. Il n’y a qu’un seul Seigneur auquel obéir. Ils essaient de dire que Jésus est un second dieu « puissant », inférieur. Ils disent que Jésus n’est pas Dieu dans l’adoration ni dans la prière qu’on Lui adresse, mais seulement de titre [et d’un titre vide, qui plus est !]. On a soit un seul Dieu dans ses lieux de culte, soit plusieurs dieux. Dans les Églises de Dieu, nous n’honorons que Dieu.

   Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu l’Esprit sont des Personnes distinctes, mais ils sont un seul Dieu indivisible.

 

Q: En És 9:5, « Dieu puissant » pourrait-il vraiment signifier simplement « héros semblable à un dieu » ?

R: Non, même si un critique libéral l’a pensé. Cette même expression désigne Dieu en Ésaïe 10:21 : « Au Dieu puissant ».

 

Q: En És 9:5, existe-t-il des preuves que des Juifs considéraient ce passage comme une prophétie du Messie ?

R: Oui. Le Yemenite Midrash 349-350 et le Pereq Shalom p.101 montrent que certains Juifs le considéraient comme messianique.

 

Q: Pourquoi És 9:7-10:4 place-t-il ces versets de détresse et de malheur juste après ces versets de promesses ?

R: Prenons du recul et regardons le passage dans son ensemble.

Ésaïe 7:1-16 (promesse pour Juda et détresse pour Samarie), Ésaïe 7:17-25 (détresse pour Juda), Ésaïe 8:1-4 (promesse pour Juda et détresse pour Samarie), Ésaïe 8:5-15 (détresse pour Juda) ; Ésaïe 8:16-18 (attente de la promesse), Ésaïe 8:19-22 (détresse), Ésaïe 8:23-9:6 (promesse), Ésaïe 9:7-20 (détresse). Les prophéties d’Ésaïe alternent entre promesse et détresse.

   Cette partie d’Ésaïe peut presque être considérée comme un chant ou un poème, et le refrain qui la traverse se trouve en Ésaïe 5:25s ; 9:11s ; 9:16s ; 9:20s ; 10:4s.

   Pourtant, ces thèmes alternés ne sont pas des « cycles », mais plutôt une spirale descendante. Tout le passage parle de déchéance morale (9:8,16) ; l’Assyrie les harcèlerait (9:11) ; puis viendrait la désintégration sociale (9:19-10:2) ; et l’effondrement national par la conquête assyrienne (10:3-4).

 

Q: En És 9:9, que signifie « Des briques sont tombées » ?

R: Il s’agit probablement d’un tremblement de terre survenu à l’époque du roi Jéroboam II (v.786-746 av. J.-C.). Il est aussi mentionné en Amos 1:1 et 4:11. Au sens figuré, les dirigeants et la structure de la société allaient aussi s’effondrer et se désagréger devant les Assyriens.

 

Q: En És 9:13-15, pourquoi Ésaïe parle-t-il de « la tête et la queue » ?

R: Cette figure de style s’appelle un mérisme : on mentionne deux extrêmes pour désigner aussi tout ce qui se trouve entre les deux. Les dirigeants civils étaient mauvais, et les chefs religieux étaient mauvais. Vers qui le peuple pouvait-il se tourner pour recevoir un enseignement, un exemple ou une autorité pieuse ? Le problème venait-il donc surtout des dirigeants civils, des chefs religieux ou du peuple ? Dieu répond : de tous à la fois.

 

Q: En És 9:18, pourquoi le peuple est-il « comme la proie du feu » ?

R: Le peuple refuse de suivre Dieu, et ce sont des objets de la colère de Dieu (Éphésiens 2:3). Peut-être le peuple lui-même avait-il franchi une « ligne de désespoir » (expression de Francis Schaeffer) et se rendrait-il compte, à l’arrivée des Assyriens puis des Babyloniens, qu’il n’était plus que du combustible pour le feu. Nous sommes tous créés à l’image de Dieu et précieux aux yeux de Dieu. Cependant, ceux qui ne suivront jamais Dieu (les réprouvés) ne sont que du combustible pour le feu.

   Soit dit en passant, la fausse religion de l’hindouisme enseigne qu’Agni, le dieu du feu, « fait cuire les gens » après leur mort. (Rig Veda 10.16.1-2 p.49). Les hindous désirent rejoindre la flamme cosmique, où toute individualité est anéantie.

 

Q: En És 9:19, s’agit-il de cannibalisme (« Chacun dévore la chair de son bras ») ?

R: Non, seulement au sens figuré. Il ne s’agit pas de cannibalisme, mais d’autodestruction, de deux manières.

Sur le plan militaire, à l’époque d’Ésaïe, les Israélites du royaume du Nord combattaient souvent le peuple de Juda, comme le dit Ésaïe 9:20.

Sur le plan spirituel, tant les individus que le peuple dans son ensemble se faisaient du mal, à eux-mêmes et à leurs enfants, par leur péché persistant.

 

Q: En És 10:1-3, comment fait-on des lois injustes ?

R: Voici ce qu’a dit un puissant chef d’État : « Il est regrettable que les riches et les puissants plient trop souvent les actes du gouvernement à leurs fins égoïstes. » Cette citation est du président des États-Unis Andrew Jackson (1767-1845) (citée d’après The Great Quotations p.355).

   La source de cette citation est intéressante. C’est Andrew Jackson qui ordonna à l’armée américaine d’expulser de force les Cherokees de leurs terres, dans ce qui fut plus tard appelé la « Piste des larmes », alors même qu’un traité entre eux et le gouvernement des États-Unis leur permettait de rester sur ces terres. Lorsqu’on menaça de porter l’affaire devant la Cour suprême, Jackson « se moque de la justice » (Proverbes 19:28), en disant : « Quelle armée ont-ils ? »

   Dans bien des cas, les dirigeants ne se rendent pas compte qu’ils font des lois injustes, ou bien ils oublient commodément la justice lorsqu’elle ne leur importe pas.

Un deuxième exemple est celui d’un gouvernement qui détourne la plus grande partie de l’aide. Cela se produit au Moyen-Orient et en Afrique.

  Un troisième exemple est que les dhimmis (les non-musulmans vivant sous domination musulmane) devaient payer un impôt supplémentaire réservé aux non-musulmans, appelé jizya. Le taux varia selon les époques. Au plus bas, c’était quelques dirhams pour une personne pauvre. Au pire, cela pouvait atteindre 20 % des biens, ou 50 à 80 % des récoltes chaque année. Voir https://swap.stanford.edu/was/20090719094909/http :/en.wikipedia.org/wiki/Jizya pour plus d’informations.

   Un quatrième exemple est qu’aux États-Unis il existait autrefois des « taxes électorales ». Si l’on était trop pauvre pour payer cette taxe, on n’avait pas le droit de voter. Cette injustice privait les pauvres du droit de vote.

 

Q: En És 10:1-3, si une loi votée ne contredit pas la Bible, cette loi est-elle nécessairement bonne ?

R: Non. On peut obéir à la lettre de la loi tout en en violant l’esprit. On pourrait éviter de violer un commandement précis de l’Ancien Testament, et pourtant ne pas suivre ce que dit la Bible sur le fait de ne pas opprimer autrui.

 

Q: En És 10:5-15, quelle est la structure de ce poème ?

R: Elle ressemble à un chiasme, sauf qu’il y a deux parties parallèles (au lieu de symétriques).

10:5 L’Assyrie : l’instrument du Seigneur pour Ses desseins

- 10:6-11 Les motivations différentes du Seigneur et de l’Assyrie

- - 10:6 Le Seigneur veut un juste châtiment

- - 10:7-11 L’Assyrie voulait la conquête du monde

- 10:12-14 Les jugements différents du Seigneur et de l’Assyrie

- - 10:12 Le Seigneur vit l’orgueil et la vaine gloire

- - 10:13-14 L’Assyrie vit sa propre capacité et son succès

10:15 L’Assyrie : un outil du Seigneur souverain

 

Q: En És 10:5, comment Dieu pouvait-Il se servir de l’Assyrie, alors qu’elle était si méchante et si cruelle ?

R: Non seulement Dieu pouvait se servir des méchants Assyriens pour Ses desseins, mais Dieu se sert même de Satan et des démons pour Ses desseins. Le fait que Dieu soit pur et saint, tel que la Bible Le décrit, ne L’empêche pas d’opérer toutes choses selon Son plan (Éphésiens 1:11).

 

Q: En És 10:12, comment et pourquoi Dieu a-t-Il puni « le roi d’Assyrie » ?

R: Dieu punit l’Assyrie d’au moins trois manières.

1. L’armée assyrienne fut anéantie.

2. Le roi d’Assyrie mourut.

   La raison pour laquelle Dieu punit l’Assyrie, après s’en être servi pour accomplir Sa volonté, est que les Assyriens ne détruisaient pas pour accomplir la volonté de Dieu, mais pour leurs propres fins égoïstes et mauvaises. Dieu punit leur méchanceté violente, mais Dieu se servit aussi en même temps de cette méchanceté violente.

3. Le peuple d’Assyrie fut vaincu pour ne jamais se relever. Mais tous ne furent pas tués. Tatien, l’écrivain chrétien devenu plus tard hérétique encratite, était assyrien. De plus, Dieu avait dit qu’un petit reste d’Assyriens subsisterait. Après leur destruction par les Babyloniens, les Scythes, les Mèdes et les Perses, les quelques survivants continuèrent à vivre dans cette région. Avec le temps, les Assyriens devinrent chrétiens. En 1915, lors du génocide assyrien, 250 000 à 300 000 d’entre eux furent tués par les Turcs et les Kurdes, après que la Russie (devenue communiste) les eut abandonnés et que les Arméniens eurent été vaincus. On en compte aujourd’hui environ 3,2 à 5 millions.

   Accessoirement, les lions étaient un symbole de l’Empire assyrien. Les Perses aimaient chasser le lion, et les lions disparurent du Moyen-Orient après l’arrivée des Perses au pouvoir.

 

Q: En És 10:13-14, qu’y a-t-il d’inhabituel dans le style de ces versets ?

R: Ces versets sont délibérément écrits dans le style d’une inscription de victoire assyrienne.

 

Q: Que dit És 10:14 de l’attitude assyrienne ?

R: Les Assyriens étaient fiers de pouvoir prendre si facilement tant d’« œufs », c’est-à-dire de villes, par leur seule puissance : « comme on ramasse des œufs abandonnés, J’ai ramassé toute la terre ». Ils prirent les villes de Calno et d’Arpad en 738 av. J.-C., Damas en 732 av. J.-C., Samarie en 722 av. J.-C. et Hamath en 720 av. J.-C. En Ésaïe 10:10-11, les Assyriens considéraient que les « idoles » de Jérusalem n’avaient pas plus d’importance que les idoles des autres villes.

 

Q: En És 10:15 (« La hache se glorifie-t-elle envers celui qui s’en sert ? »), comment la hache s’élève-t-elle contre celui qui la manie, comme les Assyriens contre Dieu ?

R: De même qu’il est vain, ingrat et ridicule qu’une hache inanimée s’élève contre celui qui la manie, il l’était tout autant pour les Assyriens, qui étaient des êtres vivants et non des haches, de chercher à s’opposer à Dieu. Pourtant, les plus forts guerriers assyriens, revêtus des meilleures armures, ne purent résister aux bactéries d’une épidémie. Ésaïe 10:16 dit que Dieu « enverra Le dépérissement parmi ses robustes guerriers ».

 

Q: En És 10:16-34, quelle est la structure de ces versets ?

R: C’est une section parallèle.

10:16-23 Le Seigneur des armées jugera

- 10:16-19 Dieu jugera l’Assyrie, ne laissant qu’un reste

- 10:20-23 Dieu jugera Israël, et un reste reviendra

10:24-34 Le Seigneur des armées agira avec puissance

- 10:24-26 Protéger et préserver le reste d’Israël

- 10:27-34 Juger et détruire les Assyriens

 

Q: Que dit És 10:16-19 au sujet d’un feu ?

R: La métaphore précédente des œufs d’oiseaux évoquait la rapidité et la facilité des conquêtes assyriennes. Cette métaphore va plus loin encore : de même que les conquêtes assyriennes se propageaient rapidement comme un feu, leur destruction viendra du feu du Seigneur.

 

Q: En És 10:17-18, quelles sont les deux manières de comprendre cette métaphore ?

R: Voici les deux aspects.

En s’approchant de Jérusalem, les Assyriens marchent vers un feu éclatant.

Les Assyriens croient marcher vers une gloire éclatante.

 

Q: En És 10:20-22, qu’est-il advenu des « dix tribus perdues » d’Israël ?

R: De même que le sel pur est « perdu » lorsqu’il est mélangé à de la boue, le peuple des dix tribus d’Israël s’est fondu dans les autres peuples du Moyen-Orient. En particulier, beaucoup d’Israélites restés en Israël se marièrent avec les populations amenées sur place et devinrent les Samaritains. Lorsque les Juifs revinrent de Babylone, il y avait aussi des membres des dix tribus parmi ceux qui rentrèrent.

   Ce mot hébreu, sa’ar, qui signifie « reste » ou « survivants » (la Segond dit : « Le reste reviendra »), exprimait la manière dont les Juifs revenus de l’exil devaient se considérer. En tant que croyants dans un monde déchu, nous pouvons nous aussi nous considérer comme un reste.

 

Q: En És 10:24, pourquoi Sion (Jérusalem) devait-elle ne pas craindre l’Assyrie (« ne crains pas l’Assyrien »), puisque l’Assyrie assiégea plus tard Jérusalem lors d’un siège très éprouvant ?

R: Trois points à considérer dans la réponse.

Jérusalem ne fut jamais prise ni détruite par les Assyriens.

Par ailleurs, ce texte a pu être écrit après l’échec du siège.

Quoi qu’il en soit, cette prophétie resterait vraie pour toujours après cette époque.

 

Q: En És 10:27, qu’y a-t-il d’inhabituel au sujet du joug des bœufs ici ?

R: Un joug était souvent une pièce de bois transversale, ou un collier, servant à atteler les bœufs à une charrue. D’ordinaire, le bois frotte contre les bœufs et peut provoquer des saignements ou des contusions. Mais ici, l’image est inverse : « son joug de dessus ton cou » sera ôté. Dieu libérera le bœuf (Israël et les autres nations conquises) du joug de la servitude envers l’Assyrie.

 

Q: En És 11:1-3, s’agit-il du Messie à venir et du Millénium ?

R: Oui. Ce ne sont pas seulement les chrétiens qui le disent, mais aussi le commentaire d’Ésaïe des manuscrits de la mer Morte, 4Q161. Selon The Dead Sea Scrolls in English 4th ed. p.321, le commentaire dit : « [Interprété, cela concerne le Rejeton] de David qui se lèvera à la fin [des jours] … Dieu le soutiendra par [l’esprit de force et lui donnera] un trône de gloire et une couronne de [sainteté] et des vêtements multicolores … [Il placera un sceptre] dans sa main et il régnera sur toutes les [nations]. Et Magog … et son épée jugera [tous] les peuples. »

   C’est aussi messianique selon le Targum d’Ésaïe et le Talmud de Babylone.

   Le New International Bible Commentary p.730 ajoute que, même si nous ne savons pas à quel moment précis de son ministère Ésaïe prononça Ésaïe 11-12, la révélation du « dénouement final » contrastait fortement avec les situations effrayantes et impies contre lesquelles ils luttaient alors.

 

Q: En És 11:2-4a, 5, bien que ce passage parle directement du Messie régnant sur nous, en quoi concerne-t-il aussi les dirigeants idéaux ?

R: Il mentionne que « L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui », ainsi que Son caractère et Sa sagesse. Il mentionne le plaisir qu’Il prend dans le Seigneur et la justesse de Son jugement sur les situations et les personnes. Son fondement est la justice et la fidélité. Est également sous-entendu, bien que non mentionné directement, Son souci de bien gouverner le peuple.

 

Q: En És 11:1,4 ; És 9:17-18 ; et És 10:33-34, que signifient ces métaphores du bois ?

R: Ésaïe 9:17-18 dit que Dieu consumera les ronces, les épines et l’épaisseur de la forêt du peuple d’Israël. Ésaïe 10:33-34 dit que le Seigneur « Brise les rameaux avec violence », abat les orgueilleux et « renverse avec le fer les taillis de la forêt ». Ésaïe 11:1 oppose à cela « un rameau sortira du tronc d’Isaï », qui était le père de David selon 1 Samuel 16. Les forêts peuvent représenter un chef et ses guerriers, un pays ou un peuple, ou plus généralement une autorité, une institution et les conventions d’une société. Les « taillis de la forêt » seront abattus, et à leur place il y aura le rameau du tronc d’Isaï.

    Quand Christ reviendra, « Il frappera la terre de sa parole comme d’une verge » (Ésaïe 11:4). Autrement dit, les ennemis de Dieu, qui semblent former toute une forêt, seront abattus lorsque Christ viendra régner pendant le Millénium. Le règne de Christ ne s’étendra pas seulement sur Israël, mais sur toutes les nations, même sur les ennemis de Dieu, et même sur le règne animal.

 

Q: És 11:1-10 pourrait-il désigner Baha’u’llah, des bahá’ís, puisqu’une partie ne s’est pas encore accomplie ? Par exemple, la mise à mort du méchant, le lion et le bœuf couchés ensemble, etc. (Some Answered Questions p.62-66 et Baha’u’llah and the New Era p.266-267)

R: Non. Si Christ en a accompli une partie lors de Sa première venue, une autre partie s’accomplira lors de Sa seconde venue. Les bahá’ís déforment ce passage, qui ne désigne pas Baha’u’llah, parce que :

a) C’est Jésus, et non Baha’u’llah, qui était descendant d’Isaï (Ésaïe 11:1,10)

b) C’est Jésus, et non Baha’u’llah, qui « du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant » (Ésaïe 11:4b). c) Avec Baha’u’llah, c’est le contraire qui s’est produit : beaucoup de bahá’ís furent mis à mort ; ce n’était pas Baha’u’llah qui faisait mourir.

d) Le lion, le bœuf et les autres animaux ne se sont pas non plus couchés ensemble lorsque Baha’u’llah est venu. (Ésaïe 11:6-8)

e) L’Évangile de Jésus accomplit la parole : « la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel » (Ésaïe 11:9). Aujourd’hui encore, la plupart des habitants du monde n’ont aucune idée de ce que Baha’u’llah prétendait être.

 

Q: En És 11:1,10, comment Christ est-Il à la fois le rameau et la racine d’Isaï ?

R: De la même manière que Christ est le premier et le dernier. Christ est la racine, le fondement porteur de vie de notre foi et de notre espérance. Christ est aussi la bannière vers laquelle les gens peuvent accourir pour trouver une protection qui sauve. Christ est le lion redoutable qui détruit les ennemis de Dieu, et Il est aussi l’agneau vers lequel les gens voudront venir. Dans un arbre sain, même lorsque les branches et le tronc sont coupés, la racine reste vivante, et le tronc et les branches repousseront.

 

Q: En És 11:4, comment Jésus peut-Il « prononcer avec droiture » sur « les malheureux de la terre » tout en frappant « la terre de sa parole comme d’une verge » ?

R: Jésus reviendra et fera la guerre. Sa puissance dans la colère assurera la protection de Jérusalem.

 

Q: En És 11:5, comment « La justice sera la ceinture de ses flancs » pour le Rejeton ?

R: Le Rejeton est Jésus, et Sa justice a joué un rôle essentiel pour qu’Il soit notre Sauveur. Seul un homme pouvait être un médiateur représentant l’humanité. Seule une personne sans péché pouvait payer le prix et être la victime expiatoire pour les péchés du monde entier (1 Jean 2:1-2).

 

Q: En És 11:6-8, quand tous ces animaux vivront-ils en bonne entente ?

R: Cela se produira pendant le Millénium, qui est le règne de mille ans de Christ mentionné en Apocalypse 20:1-6. Ils n’auront aucune raison de craindre le moindre danger les uns des autres. Dieu a le pouvoir de changer le régime alimentaire de n’importe quel animal comme Il le veut.

 

Q: En És 11:11, quand le Seigneur étendra-t-Il « une seconde fois sa main » pour racheter le reste ?

R: Après que les Assyriens et les Babyloniens eurent tous deux réduit Juda, Dieu restaurerait encore les Juifs après l’exil de cette époque. De même, Dieu rassemblera Son peuple pendant le Millénium. Soit dit en passant, Pathros est la Haute-Égypte (le sud), de Memphis jusqu’à Assouan. L’Égypte désigne donc probablement ici la Basse-Égypte (le nord). « les îles de la mer » seraient Chypre, la Crète, la Sicile, la Sardaigne, la Corse et les nombreuses îles grecques. Les Juifs ne furent pas exilés dans ces îles à l’époque d’Ésaïe. Cependant, vers 200 av. J.-C., il y avait des Juifs dans les îles.

 

Q: En És 11:12, pourquoi la Bible parle-t-elle des « quatre extrémités de la terre » ?

R: Ce n’est qu’une expression, que nous employons encore aujourd’hui (« les quatre coins de la terre »), pour désigner les points cardinaux.

 

Q: En És 11:13-14, quand les Israélites rassemblés « voleront sur l’épaule des Philistins », quand « Édom et Moab seront la proie de leurs mains », et quand « les fils d’Ammon leur seront assujettis » ?

R: Les verbes impliquent ici une victoire militaire. Il y a au moins deux possibilités.

Avant le règne du Messie, les Juifs conquerront ces territoires. La Philistie comprend le territoire de l’actuelle bande de Gaza. Édom et Moab se trouvent en Jordanie, et les Ammonites vivaient dans les territoires aujourd’hui appelés Jordanie et Syrie.

Après la venue du Messie pour régner, cette conquête aura lieu. Cela pourrait se produire à la fin du Millénium, lorsque Satan soulèvera les nations contre Israël.

   Quoi qu’il en soit, c’est une promesse que les choses qu’ils craignent et qui les angoissent maintenant ne seront plus des sujets d’inquiétude. Abdias 19-20 promet la même chose.

 

Q: En És 11:15, qu’est-ce que la mer d’Égypte ?

R: Ce n’est pas la Méditerranée, mais la mer Rouge. « la langue de la mer d’Égypte » tient probablement au fait que la mer Rouge est comme une langue longue et assez étroite qui s’avance vers l’océan Indien. De plus, l’assèchement de l’Euphrate est aussi mentionné en Apocalypse 16:12.

 

Q: En És 11:16, pourquoi y aura-t-il « une route pour le reste de son peuple » ?

R: Le texte ne dit pas que des hommes l’ont construite pour le peuple de Dieu, mais que Dieu l’a utilisée comme chemin pour Son peuple. À l’époque romaine, l’une des principales raisons de l’expansion rapide du christianisme fut l’excellent réseau de voies romaines, qui permettait de voyager loin et vite.

   Rappelons qu’il existait peu de longues routes à l’époque d’Ésaïe. Après avoir conquis Babylone, Cyrus le Perse construisit une route de Babylone à l’Égypte. Les deux seules autres routes reliaient Sardes et d’autres villes d’Asie Mineure à Babylone, Suse et d’autres villes perses.

   Selon un autre point de vue, il s’agit de la même route que celle mentionnée en Ésaïe 35:8-10, qui est destinée aux rachetés, probablement pendant le Millénium mentionné en Apocalypse 20:1-7.

 

Q: En És 12:1, quelle sera la réponse des chrétiens à la venue du Millénium ?

R: Ce sera un grand chant de louange, ce qui semble aussi une manière appropriée de conclure cette section d’Ésaïe. Mais ce chant n’est pas seulement la célébration d’une victoire passée de Dieu ; c’est aussi un témoignage de Dieu à annoncer à toute la terre. Cette prophétie future et ce chant d’Ésaïe 11-12 concernent l’époque d’Ésaïe, et la nôtre, en nous montrant qu’il ne faut pas vivre dans la crainte mais dans l’espérance. Regardez au-delà des déceptions du temps présent et tournez-vous vers les temps exaltants où Dieu agira sur la terre.

 

Q: En És 12:1-6, quelle est la structure de ce chant ?

R: C’est un chant soigneusement construit, dont une partie n’apparaît pas en traduction.

a1 És 12:1a Un individu masculin

- a2 És 12:1b Témoignera que la colère de Dieu s’est changée en consolation

- - a3 És 12:2 Il chantera un chant d’action de grâces

b1 La communauté des sauvés

- b2 És 12:4b-5 Ils loueront Dieu et L’annonceront aux nations

- - b3 Chantent les œuvres magnifiques et la connaissance du Seigneur sur toute la terre

c1 Un individu féminin

- c2 Poussera des cris et des acclamations

- - c3 Parce que le Saint est grand et au milieu de nous

 

Q: En És 12:6 (« habitant de Sion »), pourquoi s’agit-il, en hébreu, d’un individu féminin ?

R: L’Écriture ne le dit pas, mais nous discernons deux raisons. Ésaïe 12:1 s’adresse à un individu masculin, et en encadrant ce chant de ces deux versets, Dieu souligne qu’il est destiné aux hommes comme aux femmes. De plus, ces chapitres comportent un « motif de l’Exode », avec la grande œuvre de Dieu, les eaux, « ma force et le sujet de mes louanges » en Exode 15:2, etc. Marie, la sœur de Moïse, était connue pour avoir crié la louange du Seigneur. Aucun homme n’est mentionné dans la Torah comme ayant dirigé la louange avec elle ; il n’y avait que Marie. Hommes et femmes faisaient partie intégrante de la louange de Dieu, individuelle comme collective.

 

Q: En És 12:2, quels sont ici les bienfaits du salut ?

R: Voici la structure.

En introduction, Dieu est notre salut : « Dieu est ma délivrance ».

Je serai plein de confiance, et je ne craindrai rien ; Car l’Éternel, l’Éternel est ma force et le sujet de mes louanges.

En conclusion, Dieu est devenu mon salut : « C’est lui qui m’a sauvé ».

 

Q: En És 12:3, comment ceux qui sont dans la joie puisent-ils de l’eau « Aux sources du salut » ?

R: Dieu ne nous a pas seulement sauvés : Il soutient aussi notre esprit. Nous pouvons venir à Lui pour trouver consolation et amour, que nous soyons en bonnes dispositions ou abattus. Jésus dit qu’Il donne une eau vive en Jean 4:10-14.

 

Q: És 12:3 appuie-t-il la notion catholique de réserves de grâce ?

R: Non. De même que Dieu a soutenu les Israélites pendant l’Exode, Il suffit à nous soutenir par Ses sources de salut infinies, qui ne tarissent jamais. Ne vous contentez pas de puits peu profonds et limités, d’une pureté douteuse, provenant d’êtres qui ne sont pas Dieu. Ésaïe 12:2 dit que Dieu est notre salut, et non Marie ou quelqu’un d’autre. Nous respectons les croyants qui nous ont précédés, mais eux-mêmes ne voudraient pas que nous fassions des choses qui s’apparentent à leur adoration.

 

Q: En És 12:5-6, quelles sont deux raisons différentes pour que la louange jaillisse de notre cœur ?

R: La première, en Ésaïe 12:5, tient à ce que Dieu a fait, et à ce qu’Il a fait pour nous.

La seconde, en Ésaïe 12:6, est que le Dieu saint a daigné être au milieu de nous.

Une troisième raison, non mentionnée ici, est ce que Dieu a promis de faire.

 

Q: En És 13:1,20-22 ; 14:14, cette destruction définitive de Babylone s’est-elle accomplie avant Christ, ou s’accomplira-t-elle dans l’avenir ?

R: Les chrétiens ont proposé cinq interprétations.

689 av. J.-C., l’histoire : Les Assyriens saccagèrent Babylone en 689 av. J.-C., du vivant d’Ésaïe et avant l’Empire babylonien.

612 av. J.-C., accomplissement passé contre l’Assyrie : le New International Bible Commentary p.731 le suggère, et The NIV Study Bible p.1037, The Bible Knowledge Commentary : Old Testament p.1060 ainsi que le livre de S. Erlandsson The Burden of Babylon affirment que ce passage concerne l’Assyrie, car « roi de Babylone » était l’un des titres officiels du roi d’Assyrie après 689 av. J.-C., après l’époque du roi Tiglath-Piléser III. Cependant, si ce passage visait vraiment l’Assyrie, qui contrôlait alors Babylone, pourquoi y aurait-il juste après une section distincte sur l’Assyrie ? Cette interprétation est donc très improbable. Voir The Expositor’s Bible Commentary vol.6 p.98-100 pour plus de détails sur les raisons pour lesquelles ce passage ne concerne pas l’Assyrie.

464 av. J.-C., accomplissement passé contre Babylone : Babylone fut prise par les Perses et les Mèdes en 539 av. J.-C., sans que la ville subisse beaucoup de dégâts. Babylone devint même l’une des capitales de l’Empire perse. Cependant, Babylone se révolta à plusieurs reprises, en 522, 521 et 464 av. J.-C. Après 484 av. J.-C., il semble que Babylone ait été détruite, car les archives babyloniennes s’interrompent brusquement. Il existe quelques archives postérieures, mais elles proviennent seulement des gouverneurs et fonctionnaires perses.

Accomplissement futur : Bien que Babylone ne soit pas habitée aujourd’hui, la prophétie ne s’est pas encore accomplie. Babylone sera reconstruite, puis détruite à la fin des temps, en Apocalypse 17-19.

Double accomplissement : Cette prophétie s’est déjà accomplie. La ville de Babylone est déjà détruite et ne sera plus jamais habitée. La Babylone de l’Apocalypse représente un faux système religieux, centré sur une ville aux sept collines (comme Rome). Elle sera détruite à la fin des temps.

 

Q: En És 13:2, pourquoi Babylone est-elle appelée ici « les portes des tyrans » (en hébreu, les « portes des nobles ») ?

R: C’est un jeu de mots. Bab et ‘Elyon, ou Babylone, signifie littéralement « porte des dieux ». Ésaïe l’a plutôt appelée les « portes des nobles ».

 

Q: En És 13:9, Dieu est-Il cruel ?

R: Ne vous y trompez pas : le jour du Seigneur est cruel ; la Segond dit : « le jour de l’Éternel arrive, Jour cruel, jour de colère et d’ardente fureur ». Dieu a une grande colère, mais Dieu est aussi juste.

 

Q: En És 13:17, pourquoi est-il dit que les Mèdes « ne font point cas de l’argent, Et qui ne convoitent point l’or » ?

R: Les Scythes, un peuple apparenté aux Mèdes, amassaient d’énormes trésors d’or. Par contraste, les Mèdes et les Perses ne menaient pas de razzias pour le butin comme les Scythes. Les Mèdes et les Perses cherchaient à vaincre les empires lydien et babylonien et à forger leur propre empire. Au lieu de piller toutes les richesses de leurs peuples soumis, comme le faisaient les Assyriens, les Mèdes et les Perses cultivaient la loyauté de leurs sujets, tout en leur imposant des tributs.

 

Q: En És 14:1-17, cette prophétie concernant Jacob s’est-elle déjà accomplie ?

R: Non ; les Juifs n’ont jamais asservi leurs vainqueurs à l’échelle dont parle Ésaïe. Cela se produira probablement pendant le Millénium mentionné en Apocalypse 20:1-7.

 

Q: En És 14:4, faut-il lire « la cité d’or » ?

R: Ce mot hébreu est difficile à traduire, et certains l’ont compris comme « cité d’or » à cause du mot araméen (et non hébreu) désignant l’or. Cependant, le manuscrit de la mer Morte 1QIsa montre que les traducteurs ont probablement confondu le d et le r, ce qui explique que la Septante et la version syriaque lisent ici « cité d’or ». Il faudrait en réalité lire « l’arrogance/l’insolence a cessé », ce qui rejoint le sens retenu par la Segond : « L’oppression a cessé ».

 

Q: En És 14:11-15, qui est l’« Astre brillant, fils de l’aurore » ici ?

R: Il existe trois points de vue.

Satan : C’est une « double métaphore ». Au sens littéral, l’astre brillant était ce qui semblait être une étoile brillante à l’horizon juste avant l’aube. Nous connaissons aujourd’hui cette « étoile » comme la planète Vénus. Elle paraît brillante, mais disparaît brusquement dès que le soleil se lève.

En Ésaïe 14:1-11, la planète Vénus est ici une métaphore du méchant roi humain de Babylone, un homme qui, comme les Assyriens, conquérait sans pitié et exilait les captifs au lieu de les laisser rentrer chez eux.

Mais en Ésaïe 14:12-15, il ne peut s’agir d’un simple être humain. Le roi de Babylone est plutôt une métaphore du véritable souverain qui se tient derrière le roi de Babylone, appelé Lucifer, Satan et le Diable. Ésaïe 14:13-14 nous apprend que le véritable « péché originel », c’est-à-dire celui de Lucifer, fut de vouloir monter au ciel et être semblable au Dieu Très-Haut.

Parmi ceux qui soutiennent ce point de vue figurent :

Five Books Against Marcion de Tertullien (207-208 apr. J.-C.) livre 5 ch.17 p.466

Commentaire sur Jean d’Origène (v.227-v.240 apr. J.-C.) ch.13 p.304

Demonstration of the Gospel d’Eusèbe de Césarée (318-325 apr. J.-C.) livre 4 ch.9

Epistles de Grégoire le Grand (v. 540-604 apr. J.-C.) livre 5 épître 22 p.172

Charles Ryrie Study Bible p.1054.

The Expositor’s Bible Commentary vol.6 p.105

The Believer’s Bible Commentary p.950

The Tony Evans Bible Commentary p.645

Une déesse cananéenne (Ishtar selon W.F. Albright) : Selon un autre point de vue moderne, il ne s’agit pas de Satan, mais d’une divinité cananéenne associée à l’étoile du matin, qui vivait avec les autres dieux cananéens sur le mont Tsaphon (Tsaphon signifie « nord », comme en Ésaïe 14:13). Le mont Tsaphon était pour les Cananéens ce que le mont Olympe était pour les Grecs. Dans le texte cananéen septentrional de Ras Shamra, l’étoile du matin tente de s’élever plus haut que les autres astres pour défier El ‘Elyon, le roi des dieux.

   Cependant, puisque ces versets disent « fils de » et « homme », il est peu probable qu’il s’agisse d’une déesse. De plus, Mardouk était le dieu protecteur de Babylone, et non la déesse Ishtar. Quoi qu’il en soit, parmi ceux qui soutiennent ce point de vue figurent :

J. Alec Motyer, The Prophecy of Isaiah p.144-145

Le New International Bible Commentary p.732.

L’esprit de l’homme sans Dieu : Parmi ceux qui défendent ce point de vue figurent les suivants.

L’Evangelical Commentary on the Bible p.484-485

The Expositor’s Bible Commentary vol.6 p.100

Le deuxième et le troisième points de vue à la fois : Barry G. Webb, The Message of Isaiah p.81,83-84

 

Q: En És 14:9-11, que dit ce passage au sujet des morts ?

R: Ce langage figuré dit que les morts impies attendaient que le roi de Babylone les rejoigne pour toujours : le séjour des morts « réveille devant toi les ombres ».

 

Q: En És 14:12-16, pourquoi Lucifer est-il mentionné ici ?

R: Le terme hébreu signifie ici « celui qui brille », et le nom Lucifer signifie « porteur de lumière » ; c’est pourquoi Jérôme, en traduisant la Vulgate, a placé ici le nom de Lucifer. La Segond traduit « Astre brillant ». La Septante dit « celui qui apporte l’aurore », et la Peshitta syriaque donne le nom 'Aylel.

 

Q: En És 14:12-16, ce passage désigne-t-il Satan (Lucifer), ou un roi terrestre de Babylone ?

R: Il désigne presque certainement Satan, aussi appelé Lucifer. L’orgueil et la cruauté décrits ici ne correspondent à aucun roi de Babylone depuis l’époque d’Ésaïe. Voici les rois de Babylone.

627-605 av. J.-C. Nabopolassar (Nabu-apal-usur)

605-août/sept./562 av. J.-C. Nebucadnetsar II (Nabu-kudurri-usur) Il fut puissant, mais pas très cruel comparé aux Assyriens.

562-560 av. J.-C. Évil-Merodac (Amel-Marduk)

Fils de Nebucadnetsar

560-556 av. J.-C. Nériglissar (Nergal-Scharetser)

Gendre de Nebucadnetsar

556 av. J.-C. (2 mois) Labashi-Marduk - À partir de ce moment, Babylone se sentit très menacée par la puissance croissante des Mèdes et des Perses

556-539 av. J.-C. Nabonide (Nabu-na’ia)

553-10/539 av. J.-C. Belschatsar (Bel-shar-usur) (corégent)

539 av. J.-C. Les Perses prennent Babylone. Gubaru, un général perse, est appelé roi de Babylone. Gubaru était en réalité un ancien gouverneur babylonien passé aux Perses, qui feignit par traîtrise de retourner à Babylone pour la trahir.

522 av. J.-C. Babylone se révolte contre les Perses.

521 av. J.-C. Babylone se révolte de nouveau contre les Perses.

518 av. J.-C. Darius, fils d’Hystaspe, attaque Babylone

464 av. J.-C. Babylone se révolte une troisième fois contre les Perses, et on n’entend plus parler des Babyloniens par la suite, seulement des Perses qui gouvernaient cette province.

Enfin, en Luc 10:18, Jésus fait allusion à Ésaïe 14:12, à ceci près qu’il parle d’éclair et non de « celui qui apporte l’aurore » (Heosphoros) : « Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair » ; Jésus a donc identifié celui-ci comme Lucifer.

 

Q: En És 14:13-14, quelle est l’expression dominante ici ?

R: C’est l’expression « je » suivie d’un futur : « Je monterai au ciel »… Comme quelqu’un l’a dit un jour, le « je » est au cœur du péché. Cependant, ces versets sont « encadrés » par le verset 14:12, où Dieu annonce : « Te voilà tombé du ciel », et le verset 14:15, où Dieu prononce : « tu as été précipité dans le séjour des morts ».

 

Q: En És 14:13, que signifie l’expression « A l’extrémité du septentrion » ?

R: Le mot hébreu pour « nord » et « Tsaphon » était le même. Le mont Tsaphon était une montagne de Syrie consacrée à Baal. Ses adorateurs croyaient que leurs dieux vivaient sur le mont Tsaphon, comme les Grecs croyaient que leurs dieux vivaient sur le mont Olympe. Bien qu’Ésaïe 14:13 ait pu simplement désigner le nord, il peut aussi affirmer implicitement que le vrai Dieu est plus grand que tous les dieux censés vivre sur le mont Tsaphon.

 

Q: En És 14:21, pourquoi des enfants meurent-ils « A cause de l’iniquité de leurs pères », alors qu’Éz 18:2,19-20 dit que cela ne doit pas être ?

R: Quatre points à considérer dans la réponse.

1. Il n’est pas dit que les enfants portaient la culpabilité de leurs pères. Toutefois, s’ils participaient aux mêmes péchés, ils en partageaient la culpabilité.

2. Ce n’est pas Dieu qui les massacrait. Dans cette vie, les méchants tuent souvent d’autres méchants et leurs enfants.

3. Ézéchiel 18 dit que Dieu ne fait pas mourir un fils à cause de la culpabilité du péché de son père.

4. Bien souvent, dans cette vie, des gens sont tués injustement à cause des actions coupables d’autrui, comme le montre Ézéchiel 13:19 : « En tuant des âmes qui ne doivent pas mourir ».

 

Q: En És 14:23, quel animal est mentionné ici ?

R: La Segond dit « le gîte du hérisson ». Il s’agit probablement d’un « butor », un type d’oiseau. Il subsiste une certaine incertitude sur l’animal que désignait l’hébreu. Ce pourrait être une chouette, un hérisson, un porc-épic, un chacal, ou des créatures du désert en général.

 

Q: En És 14:23, qu’est-ce que « le balai de la destruction » ?

R: Comme un agent d’entretien ou une équipe de nettoyage, ce verset dit que Dieu va balayer les déchets, non pour les recycler ou les réutiliser, mais pour les détruire.

 

 

Q: En És 14:28, que signifie le mot que la Segond rend par « cet oracle » (littéralement « fardeau ») ?

R: C’était un terme désignant une prophétie. On peut porter un fardeau pour quelqu’un d’autre, et le prophète portait un lourd fardeau (un message) de la part de Dieu, qu’il ne pouvait que proclamer.

 

Q: En És 14:29-32, pourquoi les Philistins sont-ils mentionnés ici ?

R: C’est peut-être parce qu’à la mort du roi assyrien, les Philistins, les Moabites et les Édomites se révoltèrent contre l’Assyrie, en 715 av. J.-C. Ils demandèrent aussi à Juda de les aider. Auparavant, le roi Ozias de Juda avait combattu les Philistins, en 2 Chroniques 26:6-7. Le roi de Juda de l’époque, Achaz, était favorable aux Philistins, mais son successeur Ézéchias ne l’était pas.

   Les cinq villes philistines, Gath, Asdod, Askalon, Ékron et Gaza, étaient une épine dans le pied de l’Assyrie. En 734 av. J.-C., Gaza refusa de payer le tribut et fut saccagée. En 720 av. J.-C., les villes philistines s’alliaient à l’Égypte contre l’Assyrie. Le roi Sargon II vint, battit l’Égypte à Gaza, et conquit Gath et Askalon. Les Assyriens prirent Ékron en 712 av. J.-C. et Asdod en 711. Padi, le souverain d’Ékron, fut loyal à l’Assyrie jusqu’à ce que la ville le destitue et l’envoie à Ézéchias pour qu’il l’emprisonne. Askalon se révolta en 705 av. J.-C., et finalement les Assyriens, sous le roi Sanchérib en personne, vinrent dans le pays, conquirent toutes les villes philistines en 701 av. J.-C. et obligèrent Ézéchias à libérer Padi.

 

Q: En És 16:1-2, quelle est la signification de la ville de Séla (« Envoyez-les de Séla ») et du « passage de l’Arnon » ?

R: Séla était la capitale d’Édom, et non de Moab, et se trouvait à environ 80 km au sud de la frontière entre Moab et Édom. Apparemment, beaucoup de Moabites avaient fui vers le sud, de Moab en Édom. Les Moabites envoyèrent des agneaux en présent à Jérusalem (comme ils l’avaient fait en 2 Rois 3:4) pour demander s’ils pouvaient aussi se réfugier à Jérusalem. Vu l’arrogance antérieure des Moabites mentionnée en Ésaïe 16:6-8, faire un présent pour demander l’asile pour leurs réfugiés devait être particulièrement humiliant pour eux. L’orgueil ne précède PAS la chute si l’on n’avait pas d’orgueil au départ.

   Selon un autre point de vue, exposé dans The Expositor’s Bible Commentary vol.6 p.113, Séla, normalement édomite, aurait pu être aux mains des Moabites à cette époque. Nous n’en avons toutefois aucune autre preuve.

   Un gué était l’endroit peu profond où l’on pouvait traverser une rivière, ici l’Arnon, en Moab. Les réfugiés fuyant les armées assyriennes devaient le savoir.

 

Q: En És 16:2 et És 16:14, à quelle période cela se rapporte-t-il ?

R: Ésaïe 16:13 dit que les versets précédents du chapitre 16 ont été prononcés à une autre époque : « Telle est la parole que l’Éternel a prononcée dès longtemps sur Moab ». Historiquement, nous savons que Tiglath-Piléser III envahit Moab en 732 av. J.-C., l’année même où il saccagea Damas. Plus tard, le roi assyrien Sanchérib attaqua aussi Moab, en 701 av. J.-C. Ainsi, bien que nous ne connaissions pas l’année de la première prophétie contre Moab, la seconde daterait d’environ 704 av. J.-C.

   Près de 80 ans plus tard, Jérémie reprend la même pensée en Jérémie 48:29-38.

 

Q: En És 16:5, pourquoi Juda refuserait-il une offre d’aider un autre peuple dans le besoin ?

R: Peut-être le roi Ézéchias vit-il que leurs offres d’amitié et leur disposition à se placer sous son autorité n’étaient pas sincères. Seriez-vous prêt à donner de l’argent liquide à un sans-abri qui vous dirait en avoir vraiment besoin, alors qu’il se tient non loin d’un magasin de spiritueux ? Donnez avec sagesse ; il vaut parfois mieux donner de la nourriture ou autre chose plutôt que de l’argent.

 

Q: En És 16:7-9, qu’y a-t-il d’intéressant dans la liste des villes moabites ici ?

R: Bien que nous ne sachions pas où se trouvaient certaines de ces villes, il semble que la liste aille du nord au sud. C’est la direction que prendraient les réfugiés moabites pour gagner Édom et fuir les Assyriens.

 

Q: En És 16:9,11, qu’y a-t-il de remarquable dans les sentiments exprimés dans ces versets (« Je vous arrose de mes larmes ») ?

R: C’est Ésaïe qui prophétise ; celui qui pleure pourrait donc être Ésaïe ou le Seigneur, mais il s’agit très probablement des sentiments des deux. Comme le dit The Expositor’s Bible Commentary vol.6 p.112 : « … il n’est pas interdit au lecteur de s’affliger des conséquences des péchés du peuple. Et, à sa plus grande stupéfaction, il découvre que la page inspirée est elle aussi mouillée des larmes du prophète lui-même ! Jérémie pleura sur Juda (Jé 9:1), mais Ésaïe sur Moab ! »

   On raconte une histoire, qui tient plutôt de la parabole, de deux vieilles amies chrétiennes qui, vivant désormais dans des villes différentes, se retrouvèrent un jour. La première demanda à la seconde qui était le pasteur de l’Église qu’elles fréquentaient autrefois ensemble. La seconde répondit : « Oh, nous l’avons renvoyé. » La première demanda pourquoi. La seconde répondit : « Parce qu’il prêchait que quiconque rejette Jésus comme Seigneur et Sauveur va en enfer. » La première, tout à fait choquée par ce renvoi, demanda : « Eh bien, que dit votre pasteur actuel ? » La seconde répondit : « Oh, il enseigne lui aussi que quiconque rejette Jésus comme Seigneur et Sauveur va en enfer. » La première demanda alors : « Quelle est donc la différence ? » La seconde répondit : « Le premier le disait avec jubilation ; le second le dit les larmes aux yeux. »

 

Q: En És 16:14, pourquoi « les années d’un mercenaire » sont-elles mentionnées ici ?

R: Un serviteur à gages était payé pour être sous contrat pendant une certaine durée. Bien sûr, les travailleurs à gages sont motivés moins par l’amour de la famille du maître, la loyauté ou la contrainte, que par leur gain financier. Moab est explicitement comparé à un simple mercenaire. Il se rangera du côté qu’il jugera le plus avantageux pour lui.

   Les Moabites envoyèrent un grand nombre d’agneaux à Jérusalem en présent pour persuader les Israélites d’accueillir leurs réfugiés. Était-ce par amour et par admiration pour Juda ? Non, vu les siècles de combats qu’ils avaient menés contre Israël et Juda. Ézéchias n’en fut pas dupe.

 

Q: En És 17:1-3, qu’est-il arrivé exactement à Damas et aux villes de Syrie ?

R: Ésaïe vécut longtemps, et ce texte a pu être écrit avant 733 av. J.-C., ou bien avant 720 av. J.-C. Voici un peu d’histoire jusqu’à cette époque.

1200-1050 av. J.-C. : aucune information n’est disponible sur Damas et la Syrie en dehors des références bibliques.

841 et 838 av. J.-C. : l’Assyrien Salmanasar envahit une grande partie du royaume araméen de Hazaël (l’actuelle Syrie), mais ne put conquérir Damas.

807-806 av. J.-C. : tandis que les Assyriens étaient occupés à combattre les Mannéens/Arméniens, Damas attaqua Israël, en 2 Rois 10:32.

805-802 av. J.-C. : le roi assyrien Adad-nirari III assiège Damas.

796 av. J.-C. : les Assyriens assiègent Damas et se retirent après que Damas a payé un lourd tribut.

v.735 av. J.-C. : Damas, Tyr et Israël unissent leurs forces contre les Assyriens et tentent de contraindre Juda à se joindre à eux.

733-732 av. J.-C. : Tiglath-Piléser III détruit toutes les villes de Syrie et prend (sans la détruire) Damas, tuant son roi Radyan (Retsin). Cela représentait 591 villes dans 16 districts, selon les Annales assyriennes.

720 av. J.-C. : Damas et quelques autres villes se joignent à Hamath, que les Assyriens ne conquirent jamais, dans une révolte. Sargon II écrase la révolte à Qarqar.

717 ou 711 av. J.-C. : de même que Sargon réinstalla d’autres peuples en Israël, il installa à Damas des exilés des villes de Papa, de Lullukna et d’autres lieux.

On n’entend plus parler de Damas jusque vers 333 av. J.-C., si ce n’est qu’elle eut des gouverneurs assyriens en 694 av. J.-C. et vers 650 av. J.-C.

333 av. J.-C. : Damas se rend sans combat à Parménion, un général d’Alexandre le Grand.

1401 apr. J.-C. : Damas est entièrement réduite en cendres par un incendie

 

Q: En És 17:5-6, quelle est l’importance de « la vallée de Rephaïm » ?

R: Cette vallée était vaste et fertile, juste au sud-ouest de Jérusalem, en direction de Bethléhem. David y battit deux fois les Philistins, en 2 Samuel 5:17-25. La vallée de Rephaïm était une source importante de grain pour Jérusalem. Imaginez ce que ressentirent les habitants de Jérusalem lorsqu’une source essentielle de leur subsistance fut conquise par l’ennemi.

 

Q: En És 17:10-11, pourquoi les « ceps étrangers » sont-ils mentionnés ?

R: Il s’agit probablement d’une allusion au culte du dieu araméen/syrien/babylonien Adonis, associé au printemps et à la renaissance de la végétation.

 

Q: En És 17:10, pour quelles raisons les gens oublient-ils « le Dieu de ton salut », c’est-à-dire leur Sauveur ?

R: Les gens ont parfois la mémoire courte en matière de reconnaissance. Ils peuvent oublier leur Sauveur d’au moins cinq manières.

L’orgueil peut faire oublier aux gens qu’ils ont besoin d’être sauvés.

Le temps : il est important d’en consacrer à Dieu.

Les soucis de ce monde étouffent leur dévotion envers Dieu.

Le péché les empêche de goûter à la faveur de Dieu.

La peur de la persécution, ou de perdre son emploi ou son prestige.

   Ésaïe 17:10-11 dit que, puisqu’ils avaient oublié Dieu leur Sauveur, Dieu se « souviendra » de les priver de bénédiction. Aggée 1:2-11 mentionne aussi comment le peuple bâtissait ses propres maisons lambrissées en oubliant la maison de Dieu, et comment Dieu « les aida à se souvenir » en les privant de prospérité.

 

Q: En És 17:11, comment devons-nous réagir lorsque de bonnes choses sont perdues à jamais ?

R: Une chose peut être perdue pour bien des raisons, mais dans ce cas, leurs occasions de paix et de prospérité furent perdues parce qu’ils avaient oublié le Dieu du salut. Au lieu de perdre votre temps à pleurer (en somme) ce qui aurait pu être, repentez-vous (si nécessaire), apprenez ce que Dieu veut que vous fassiez maintenant, puis obéissez à Dieu. Vos richesses sur la terre, et votre vie sur la terre, disparaîtront tôt ou tard ; la question n’est pas de savoir « si », mais « quand ». Aimez donc Dieu, obéissez-Lui et glorifiez-Le autant que vous le pouvez, dans les circonstances et la saison de la vie où vous vous trouvez.

 

Q: En És 18:1-2, qu’y a-t-il de remarquable au sujet de l’Éthiopie ici ?

R: Le mot hébreu est « Kouch », et le royaume éthiopien de cette époque désignait non seulement l’Éthiopie, mais aussi les territoires qu’il avait conquis au Soudan et en Somalie. L’Éthiopie n’est pas souvent mentionnée dans la Bible, mais elle tient une place importante à cette époque, car elle gouvernait la plus grande partie de l’Égypte et envoya des ambassadeurs à Ézéchias. Les sauterelles venaient d’Éthiopie vers le nord ; c’est pourquoi on l’appelait le « pays du bruissement d’ailes » (la Segond dit : « Terre, où retentit le cliquetis des armes »). Comme les sauterelles, une armée du qore (=roi) éthiopien Piye/Piankhi conquit le sud de l’Égypte en 715 av. J.-C., jusqu’au delta du Nil. Son successeur, le qore éthiopien Shabaka/Sabako, envoya des ambassadeurs à Juda pour demander l’aide d’Ézéchias contre les Assyriens, en 705 av. J.-C. L’Éthiopie fut une épine dans le pied de l’Assyrie avec le qore Tirhaka/Taharqa, qui régna de 690 à 664 av. J.-C. et était connu des historiens Manéthon, Strabon et Mégasthène.

   Il existe un autre pays [ce qui prête à confusion] appelé Kouch, à l’est de Babylone, mais l’expression « dont le pays est coupé par des fleuves » désigne sans équivoque l’Éthiopie (« Au-delà des fleuves de l’Éthiopie »), et non le Kouch situé à l’est de Babylone.

 

Q: En És 18:5, faut-il lire « raisin vert » ou « fleur » ici ?

R: Le problème est que les spécialistes ne sont pas sûrs du sens de ce mot hébreu rarement employé. Quoi qu’il en soit, puisque le processus va de la fleur au raisin vert puis au raisin mûr, le message est le même : le Seigneur est un moissonneur qui récolte les raisins et les abandonne aux oiseaux et aux autres animaux. La récolte pour laquelle les cultivateurs ont tant travaillé sera détruite avant d’arriver à maturité.

   Parfois, lorsque des gens en révolte contre Dieu tentent de réussir par eux-mêmes, Dieu les laisse réussir un temps, mais à la fin le succès et ses fruits leur sont retirés. Triste exemple : lorsque Mohamed Ali commença à souffrir de la maladie de Parkinson, il dit que tous ses trophées de boxe ne signifiaient plus rien pour lui. Second triste exemple : après que Bernie Madoff eut gagné des millions grâce à une pyramide de Ponzi escroquant des professionnels de la finance, l’un de ses fils se suicida, et Bernie mourut en prison en 2021. Je suis certain qu’avec le recul, sa liberté et la vie de son fils ne valaient pas le prix de ses gains mal acquis.

 

Q: En És 19:2-3, quand cette guerre civile entre Égyptiens eut-elle lieu ?

R: Les Libyens de la XXIIe dynastie (945-712 av. J.-C.) combattirent à la fois les Nubiens/Éthiopiens de la XXVe dynastie (770-712 av. J.-C.), les Saïtes égyptiens de souche de la XXIVe dynastie (724-712 av. J.-C.) et divers souverains de ce que nous appelons la XXIIIe dynastie (v.828-712 av. J.-C.). Les Éthiopiens conquirent le sud de l’Égypte en 715 av. J.-C.

 

Q: En És 19:4-10, quand le Nil et les autres fleuves allaient-ils tarir ?

R: L’Égypte dépendait du Nil pour sa survie, et ce passage dit que la source même de vie de l’Égypte tarirait. C’est vrai d’au moins trois manières.

Chaque année, le débit du puissant Nil provient des pluies du centre-est de l’Afrique qui alimentent le lac Victoria. Moins de pluie dans le centre-est de l’Afrique signifiait une année de famine pour l’Égypte.

À long terme, le pays d’Égypte et le Sahara sont devenus plus arides.

Au sens figuré, la puissance politique de l’Égypte diminuerait considérablement.

 

Q: En És 19:16-17, pourquoi l’Égypte va-t-elle être « humiliée » ici (« l’Égypte sera comme des femmes ») ?

R: Posons d’abord une autre question qui s’y rattache. Diriez-vous que l’Égypte est « antique » ? L’Égypte existait en tant que pays depuis le pharaon Djéser, vers 3000 av. J.-C. Puisque l’Égypte était déjà antique à l’époque de Moïse (1447 av. J.-C.), comment la qualifieriez-vous maintenant ? Peut-être diriez-vous « très, très antique », ou mieux encore « archaïque », c’est-à-dire antique dès l’Antiquité. La lignée des pharaons connut rarement des interruptions, mais cela changea à l’époque d’Ésaïe, lorsque l’Égypte passa sous domination étrangère, ce qui pouvait être considéré comme une honte.

  Mais l’une des raisons de l’importance de l’Égypte dans Ésaïe, qui lui consacre ici deux chapitres, est que le pharaon d’Égypte (qui était en réalité le roi/qore d’Éthiopie) avait envoyé des ambassadeurs à Ézéchias en vue d’une alliance contre les Assyriens. Cela paraissait une belle occasion pour Juda, mais, comme Ésaïe le laisse entendre, ce serait en réalité un piège insensé. Il y eut deux révoltes contre les Assyriens, et l’Égypte promit son soutien à l’une comme à l’autre. Elles eurent lieu de 713 à 711 av. J.-C., autour d’Asdod, et de 705 à 701 av. J.-C. Dans les deux cas, l’Égypte manqua à sa promesse d’aide. En fait, lorsque le roi Yamani d’Asdod s’enfuit d’Asdod en Égypte en 711 av. J.-C., les Assyriens menacèrent l’Égypte si elle ne leur livrait pas Yamani, et l’Égypte céda et le livra.

   Lorsque les Assyriens assiégèrent effectivement Jérusalem, les Égyptiens envoyèrent une armée pour aider Juda contre Sanchérib. Cependant, les Assyriens réglèrent son compte à l’armée égyptienne à Eltheké, au nord d’Asdod.

 

Q: En És 19:17, quand et comment « le pays de Juda sera pour l’Égypte un objet d’effroi » ?

R: Les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, Alexandre de Macédoine, les Séleucides, les musulmans et les Turcs ont tous conquis l’Égypte en passant par la Palestine. La nation d’Israël a aussi combattu l’Égypte, sans toutefois la conquérir.

 

Q: En És 19:18, quand cinq villes d’Égypte ont-elles parlé « la langue de Canaan » ?

R: Tout d’abord, le texte ne dit pas qu’elles parleront « cananéen », mais la langue parlée en Canaan. L’Assyrien Esar-Haddon conquit la Basse-Égypte [le nord], y compris Memphis, en 671/670 av. J.-C. L’Assyrien Assurbanipal conquit Thèbes, en Haute-Égypte, en 663 av. J.-C.

   Après la chute de Jérusalem, beaucoup de Juifs s’enfuirent en Égypte. En fait, sous les Perses, la principale forteresse d’Éléphantine/Yeb, dans le sud de l’Égypte, était tenue par des mercenaires juifs. Le sceptique Asimov’s Guide to the Bible p.579 mentionne aussi la colonie juive de l’île d’Éléphantine.

   En outre, il y avait d’importantes populations juives à Alexandrie, Tachpanès, Memphis (Noph), Pathros et Migdol.

   À l’époque de l’Église primitive, la tradition dit que Marc fut l’un des premiers à évangéliser l’Égypte. Lui et d’autres chrétiens connurent un tel succès qu’Alexandrie, en Égypte, devint l’un des quatre principaux centres du christianisme, au moins aussi important que Jérusalem.

 

Q: En És 19:18, quelle ville était appelée « ville de la destruction » ?

R: Certains manuscrits hébreux, le manuscrit de la mer Morte 1QIsa, le Targum et la Vulgate disent « soleil ». Cependant, la plupart des manuscrits hébreux disent destruction (haheres). Les deux mots hébreux sont identiques, si ce n’est que « soleil » a un point sous le h. La ville égyptienne d’Héliopolis, ou ville du soleil, car elle était à l’origine consacrée au dieu soleil égyptien Râ, est très probablement la ville visée ici. Les Égyptiens appelaient la ville à la fois « Anu/On » et « Pe-ra », ou « maison de Râ ». Bien sûr, il pourrait aussi s’agir d’un jeu de mots, avec les deux sens à l’esprit. La ville d’On/Héliopolis fut détruite par les Perses selon l’historien grec Strabon.

   La plupart des manuscrits de la Septante grecque disent « ville d’Asédek ». Ce serait un nom inconnu par ailleurs, si ce n’est que hassedeq signifie « justice » en hébreu. À l’époque de Ptolémée Philométor, en 160 av. J.-C., c’est-à-dire pendant la période de rédaction de la Septante, un Temple de la justice fut construit à Héliopolis par Onias IV, fils du Juif exilé Onias III. Ce temple juif resta en usage jusqu’à ce que l’empereur romain Vespasien ordonne sa fermeture en 71 apr. J.-C.

 

Q: En És 19:19, quand y a-t-il eu « un autel à l’Éternel Au milieu du pays d’Égypte » ?

R: Ce verset prédit l’une des choses suivantes, ou les deux :

Avant Jésus, beaucoup de Juifs s’installèrent en Égypte et y pratiquèrent le judaïsme, notamment certains Juifs qui traduisirent la Bible en grec.

Après la résurrection de Jésus, l’Égypte, Jérusalem et Antioche de Syrie furent pendant un temps les trois principaux centres du christianisme.

   Lorsqu’Onias IV s’enfuit de Jérusalem vers 160 av. J.-C., il reçut la permission de construire un autel à Dieu à Léontopolis, en Égypte. L’historien juif Josèphe fait allusion à ce verset lorsqu’il dit : « La principale raison pour laquelle il [le fils du souverain sacrificateur Onias] désirait le faire était qu’il s’appuyait sur le prophète Isaïe, qui vécut plus de six cents ans auparavant et prédit qu’un temple serait certainement bâti au Dieu tout-puissant en Égypte par un homme juif. » Antiquities of the Jews livre 13 ch.3.1 p.269. (Également plus loin au ch.3.1, p.269)

 

Q: En És 19:20, comment « un sauveur et un défenseur » a-t-il délivré l’Égypte ?

R: Cela peut se comprendre de plusieurs manières.

Spirituellement, après l’époque de Christ, l’Égypte fut un centre du christianisme. Athanase d’Alexandrie, dans On the Incarnation (Sur l’incarnation), pensait que cela s’était accompli de son temps, lorsqu’Alexandrie devint l’une des quatre principales villes du christianisme après l’édit de Milan, en 313 apr. J.-C.

Politiquement, un chef égyptien. L’Égypte était divisée en cinq royaumes qui se combattaient. Ils furent finalement réunifiés sous Psammétique vers 670 av. J.-C., juste après la guerre civile. Le Believer’s Bible Commentary p.953 privilégie ce point de vue, avec un accomplissement supplémentaire pendant le Millénium. (Psammétique Ier dut toutefois reconnaître la suzeraineté de l’Assyrie.)

Politiquement, un chef étranger : les Égyptiens accueillirent avec joie Alexandre de Macédoine. Ils le considéraient comme un libérateur bienveillant qui les délivrait de la domination perse.

 

Q: En És 19:22, quand « l’Éternel frappera les Égyptiens », et quand les a-t-Il guéris ?

R: Dans le passé, l’Égypte avait été gouvernée par des étrangers (Hyksos, Libyens, Nubiens, etc.). Pourtant, l’Égypte avait toujours été un pays indépendant, et non une nation vassale. Cela changerait lorsque Nebucadnetsar conquit l’Égypte. Les Perses aussi conquerraient l’Égypte, bien que l’Égypte se soit révoltée à plusieurs reprises sous leur domination.

 

Q: En És 19:23, quand fut construite « une route d’Égypte en Assyrie » ?

R: À l’époque d’Ésaïe, il paraîtrait incroyable que des Égyptiens veuillent se rendre pacifiquement en Assyrie, et inversement. L’Égypte et l’Assyrie furent toutes deux sous l’Empire perse, bien que l’Égypte se révoltât souvent. Elles furent toutes deux réunies sous Alexandre de Macédoine, et à l’époque romaine, d’excellentes routes reliaient une grande partie de l’ancien Moyen-Orient.

 

Q: En És 20:2-3, pourquoi Dieu ordonna-t-Il à Ésaïe de marcher « nu et déchaussé » ? (Le musulman Ahmad Deedat a soulevé ce point.)

R: Tout d’abord, Ésaïe vivait dans sa propre culture, et non dans la nôtre. Ensuite, le Wycliffe Bible Dictionary p.477 indique que le mot hébreu employé ici désignait souvent des hommes vêtus seulement de leur tunique de dessous, et non totalement nus.

 

Q: En És 21:1-10, quelle est la structure de cet oracle ?

R: C’est un chiasme, forme courante de la poésie hébraïque.

21:1b-2a La vision reçue

- 21:2b Une vision de la fin

- - 21:3-4 Une vision d’horreur

- - 21:5 Une vision de festin

- 21:6-9 La fin s’accomplit

21:10 La vision rapportée

 

Q: En És 21:1, qu’est-ce que « le désert de la mer », puisqu’il n’y a pas d’océan près de Babylone ?

R: Il n’y a ni mer ni arbres poussant naturellement près de Babylone, qui se trouvait à environ 480 km du golfe Persique. C’était un nom assyrien de la Babylonie, car de Babylone (au centre de l’Irak) jusqu’à l’océan, en Irak et au Koweït, ce ne serait qu’un désert plat et sans arbres s’il n’y avait pas l’irrigation.

 

Q: En És 21:5, pourquoi, à cette époque, « Oignez le bouclier » ?

R: Il s’agit de mettre de l’huile sur un bouclier pour l’empêcher de rouiller. Cela le rendait aussi plus beau, car l’huile le faisait briller.

 

Q: En És 21:7, « des cavaliers sur des ânes » (au pluriel) désignent-ils Jésus, et « des cavaliers sur des chameaux » (au pluriel) Mahomet, comme le prétendent certains musulmans ?

R: Non. Trois points à considérer dans la réponse.

1. Il s’agissait de messagers de l’époque venant annoncer la chute de Babylone. La seule signification particulière est que les cavaliers sur des chameaux pouvaient être des éclaireurs, les cavaliers sur des ânes des civils, et les conducteurs de chars des militaires.

2. Les méchants Madianites montaient aussi des chameaux, mais c’est tout aussi hors de propos que de parler ici de Mahomet.

3. Enfin, il y avait des cavaliers sur des chameaux (au pluriel) ; même si l’un d’eux était Mahomet, cela signifierait qu’un autre cavalier sur un chameau viendrait après lui.

Il ne sert à rien de « coulez le moucheron, et qui avalez le chameau » (Matthieu 23:24), pour ainsi dire, en utilisant ce verset pour montrer une cohérence avec l’islam, alors que tant de choses dans la Bible vont à l’encontre de l’islam, comme la paternité de Dieu, la Trinité, le salut par grâce, le Saint-Esprit, etc.

 

Q: En És 21:11, pourquoi ce mot est-il traduit tantôt par Duma, tantôt par Édom ?

R: Les manuscrits massorétiques disent Duma, qui est une ville d’Édom et signifie aussi silence en hébreu. La Septante dit « Édom ». De plus, Udumu/Udumai est le mot akkadien désignant Édom.

   Quoi qu’il en soit, le terme « Séir » désigne dans tous les manuscrits le pays d’Édom. Ce qui complique les choses, c’est qu’il existait aussi en Arabie une oasis appelée Dumat al-Jandal. Cependant, la Duma d’Ésaïe 21:11 se trouve en Séir/Édom, qui sont équivalents selon Genèse 32:3. Plus tard, les Édomites se déplacèrent vers l’ouest, dans le sud de Juda ; la région fut appelée Idumée.

 

Q: En És 21:13,16-17, où se trouvaient Dedan, Théma et Kédar ?

R: Ces trois lieux se trouvent dans le nord-ouest de l’actuelle Arabie saoudite, près d’Édom. Théma (l’actuelle Tayma) est une oasis située entre les Dedanites au nord et les Kédarites, réputés pour leurs archers, au sud. Sargon II d’Assyrie vainquit de nombreuses tribus arabes en 715 av. J.-C. Le roi suivant, Sanchérib, est appelé « le roi des Arabes et des Assyriens » dans l’History d’Hérodote 2.141. Voir aussi les Antiquities of the Jews de Josèphe 10.1.4.

 

Q: En És 21:13, l’expression « Oracle sur l’Arabie » (littéralement « fardeau ») signifie-t-elle que « Dieu a imposé aux Arabes le devoir de transmettre Son message à l’humanité », comme le prétend le musulman Ahmad Deedat ?

R: Il semble que Deedat affirme que la Bible fait peser sur l’Arabie un fardeau qui ne pèse pas sur les autres. Voyons cela. Ésaïe mentionne :

« Oracle sur Babylone » (Ésaïe 13:1)

« Oracle sur Moab » (Ésaïe 15:1)

« Oracle sur Damas » (Ésaïe 17:1)

« Oracle sur l’Égypte » (Ésaïe 19:1)

« Oracle sur le désert de la mer » (Ésaïe 21:1)

« Oracle sur Duma » [en Édom] (Ésaïe 21:11)

« Oracle sur l’Arabie » (Ésaïe 21:13)

« Oracle sur la vallée des visions » [concernant Jérusalem] (Ésaïe 22:1)

« Oracle sur Tyr » (Ésaïe 23:1)

   Le mot hébreu pour « fardeau », que la Segond rend partout par « oracle », était synonyme de prophétie lorsqu’Ésaïe prophétisait au sujet de ces lieux. Il semble « inhabituel », pour le dire gentiment, que Deedat insiste autant sur Ésaïe 21:13 sans même mentionner tous ces autres versets.

 

Q: En És 21:16, que signifie « Encore une année, comme les années d’un mercenaire » ?

R: De même qu’un ouvrier engagé pour un an ne travaillerait pas un jour de plus (gratuitement), cela s’accomplira avant qu’une année complète se soit écoulée.

 

Q: És 21:13-17 et És 42:10-11 désignent-ils la bataille de Badr, où quelques musulmans [prétendument] mal armés vainquirent miraculeusement les vaillants hommes de Kédar [prétendument] (les Quraych) de La Mecque ?

R: C’est prendre ses désirs pour des réalités. À la bataille de Badr, en 624 apr. J.-C. (an 2 de l’Hégire), 300 ou 328 musulmans tuèrent 70 Mecquois et en capturèrent 70 autres, tout en perdant 14 des leurs. Ce fut une victoire, mais rien de miraculeux à la manière de Josué ou de Moïse ouvrant la mer Rouge. J’ignore d’où il tient l’idée que les pilleurs de caravanes de Médine étaient mal armés. Voir Sahih Muslim vol.3 no.4394 (p.975-976), Sahih Muslim vol.3 no.4341 p.951 ; vol.3 no.4360 p.960-961 (17 ramadan, an 2 de l’Hégire) ; Bukhari vol.5 livre 59 no.462 (p.323) ; Bukhari vol.4:324 p.206 ; Bukhari vol.5 livre 59 no.292 p.201.

   Relisez maintenant Ésaïe 21:16,17 ; il dit que dans un an « Il ne restera qu’un petit nombre des vaillants archers, fils de Kédar ». Un an après Badr, les Mecquois n’avaient pas été conquis, et encore moins anéantis. Il s’agit plutôt des Assyriens de l’époque d’Ésaïe qui attaquèrent les tribus du nord de l’Arabie en 715 av. J.-C.

 

Q: En És 21:16-17, quand cette prophétie concernant Kédar s’est-elle accomplie ?

R: Kédar était une tribu bien connue d’Arabie, au nord de La Mecque, et les Assyriens et les Babyloniens cherchaient aussi à contrôler l’Arabie. Kédar payait déjà tribut à l’Assyrie en 738 av. J.-C. Sargon II mena une campagne contre les tribus du nord de l’Arabie en 715 av. J.-C.

 

Q: En És 22:1-3,13, pourquoi Dieu châtie-t-Il Jérusalem ici ?

R: C’est pour un péché différent de celui mentionné précédemment. Malgré tous les désastres frappant ces autres nations, les habitants de Jérusalem ne se souciaient avec insensibilité que d’y avoir échappé. Alors qu’ils auraient dû penser à se repentir après tous ces désastres, ils faisaient la fête. Certains pensent qu’ils célébraient peut-être aussi leur alliance avec Babylone.

   William Booth (mort en 1912), qui fonda l’Armée du Salut avec sa femme Catherine, fit un rêve une nuit. Il rêva d’une mer démontée par la tempête, où des gens se noyaient en levant les mains et en appelant au secours. Il rêva d’un grand bateau plat sur cette mer, où des gens faisaient la fête et dansaient. De temps à autre, quelqu’un sur le bateau tirait une personne hors de l’eau, mais dans l’ensemble, ils continuaient simplement à faire la fête tandis que ceux qui les entouraient se noyaient. De même, William Booth déclara aussi prophétiquement : « Les principaux dangers qui menacent le siècle à venir seront la religion sans le Saint-Esprit, le christianisme sans Christ, le pardon sans la repentance, le salut sans la régénération, la politique sans Dieu, et le ciel sans l’enfer. »

 

Q: En És 22:2, de quelle ville s’agit-il ici ?

R: Il s’agit de Jérusalem, puisqu’elle est appelée la ville de David en Ésaïe 22:9.

 

Q: En És 22:5, qu’est-ce que « la vallée des visions » ?

R: C’est un jeu de mots, car la vallée de Hinnom, aussi appelée Géhenne, au sud-ouest de Jérusalem, est l’endroit où l’on jetait les ordures.

 

Q: En És 22:13, quel est le contexte de cette déclaration : « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ! » ?

R: Cela signifiait qu’ils avaient franchi la ligne du désespoir. Une fois qu’ils virent que leur destruction était certaine, ils pensèrent à profiter de la vie, puisqu’ils allaient tous mourir bientôt de toute façon.

 

Q: En És 22:15-19, qu’a fait Schebna de mal pour être ainsi désigné ?

R: Schebna était ici un fonctionnaire d’Ézéchias chargé de la maison royale. Il était apparemment l’un des principaux à pousser Ézéchias à se révolter contre l’Assyrie. Plus tard, Schebna et Éliakim, avec Joach, furent les trois personnes envoyées négocier avec Sanchérib, en 2 Rois 18:18,26,37 ; 19:2 ; Ésaïe 36:3,11,22 ; 37:2. Schebna occupe une haute fonction d’intendant de la maison royale en Ésaïe 22:15-19. Cependant, en Ésaïe 36:3,22, probablement écrit deux ans plus tard, Schebna n’était plus que secrétaire, et Éliakim était l’intendant de la maison royale.

 

Q: En És 22:16, qu’y avait-il de mal à ce que Schebna se creuse un sépulcre (« Que tu creuses ici un sépulcre ? ») ?

R: Il y avait beaucoup de mal s’il utilisait l’argent du trésor public pour le faire. L’idée que quelqu’un se donne tant de peine pour se faire construire un grand tombeau peut sembler étrange à des oreilles modernes, mais c’était courant au Moyen-Orient ; demandez donc à n’importe quel pharaon. Le pape catholique romain Jules II se fit lui aussi un grand tombeau.

 

Q: En És 22:16, de quelles manières les croyants d’aujourd’hui peuvent-ils se construire un héritage pour eux-mêmes, alors qu’ils devraient plutôt moissonner et faire des disciples pour le royaume ?

R: Les gens se soucient parfois davantage de leur propre réussite matérielle que du royaume de Dieu. Il est bon de laisser un héritage à ses enfants et petits-enfants (Proverbes 13:22), mais on peut être si absorbé par l’idée de laisser le plus grand héritage possible qu’on en perd de vue le royaume de Dieu. On peut parfois être si préoccupé par sa propre santé, ou par celle de proches, qu’on perd de vue les personnes qui viennent au Seigneur. Père, nous Te prions de nous aider à voir quand nous agissons ainsi et de nous donner un cœur repentant.

 

Q: En És 22:20-25, pourquoi Éliakim serait-il abattu ?

R: Les spécialistes ne sont pas d’accord ; il y a deux points de vue.

a) Ésaïe 22:24 suggère à certains qu’Éliakim pratiqua le népotisme, en plaçant sa famille aux postes qui dépendaient de lui.

b) Il n’est pas dit qu’Éliakim ait fait quoi que ce soit de particulièrement mal. Le texte prophétise simplement que, dans les guerres contre les Assyriens et les Babyloniens, lui et sa famille souffriront.

 

Q: À quoi se rapporte És 22:25 ?

R: Le « clou » est Éliakim, fils de Hilkija, selon Ésaïe 22:20. « il sera un siège de gloire pour la maison de son père ». Pourtant, Ésaïe 22:25 prophétise que « Le clou enfoncé dans un lieu sûr sera enlevé, Il sera abattu et tombera, Et le fardeau qui était sur lui sera détruit ». Éliakim se laissa aller au népotisme, ou utilisa sa position comme un « système d’entretien » au profit de sa famille et de ses amis.

   Par ailleurs, le clou arraché pourrait désigner la chute de la maison d’Éliakim, lorsque la plus grande partie du peuple fut emmenée en exil.

   Ou les deux.

 

Q: En És 23:1-13, quelle est la structure de ce chapitre ?

R: Il s’agit de deux chiasmes très semblables.

És 23:1-7 Lamentation sur la destruction

 . És 23:1-3 Lamentez-vous puis taisez-vous, Tyr, avec Tarsis et Chypre

 . . És 23:4-5 Sois confuse, Sidon

 . És 23:6-7 Passez à Tarsis, habitants de la côte, Tyr

És 23:8-13 Les ordres de Dieu derrière tout cela

 . És 23:8-9 Le Seigneur l’a décrété pour Tyr

 . . És 23:10-12b Déborde : le Seigneur l’a décrété pour la fille de Sidon

 . És 23:12c-13 Voici : ton peuple ira à Chypre, en Chaldée [Babylone], en Assyrie et à Tarsis

És 23:14-18 Le reste de ce chapitre est en prose, et non en poésie.

 

Q: En És 23:1-18, pourquoi la ville de Tyr fait-elle l’objet d’une mention particulière ?

R: Les autres prophéties visent des pays, comme Moab et Aram. Mais Babylone et Tyr n’étaient à l’origine que des villes, très puissantes, qui formèrent des empires. Un empire militaire voudrait combattre d’autres empires militaires. Mais un empire commercial serait plus enclin à commercer avec d’autres empires qu’à les combattre.

   Tyr était une ville ancienne ; les archéologues disent qu’elle fut fondée vers 2750/2700 av. J.-C., selon Hérodote, par des colons venus de Sidon. Abraham vécut vers 2000 av. J.-C.

Tyr et Israël devinrent plus tard de bons amis et partenaires commerciaux. Le roi Hiram de Tyr vendit du bois à Salomon pour le temple, en 1 Rois 5:1,7-12, et fournit des marins pour la flotte de Salomon, en 1 Rois 9:26-27.

   Comme plus tard Rome, Venise et Gênes, la ville phénicienne de Tyr eut une influence considérable sur l’histoire du monde. Tyr était la « ville fille » de Sidon (Sidon était un fils de Canaan en Genèse 10:15), mais les Assyriens détruisirent pratiquement Sidon. Tyr était construite sur une île au large de l’actuel Liban. Lorsque les Assyriens et les Babyloniens assiégèrent Tyr sans succès, une grande partie de sa population « disparut » tout simplement. Nous savons aujourd’hui qu’ils émigrèrent dans l’île de Chypre (Kittim en Genèse 10:4) et dans ce qu’on appelait « la côte d’Élissa », du nom d’une reine. Dans les deux cas, ils se fondirent dans la population locale. La côte d’Élissa correspond aujourd’hui à la Tunisie et au nord de l’Algérie. Ils y fondèrent la ville de Carthage et l’Empire carthaginois. Celui-ci devint un empire et, bien qu’il fût avant tout commercial, il chassa militairement les Grecs d’Espagne et de Sicile, et faillit vaincre Rome lors des guerres puniques. Bien que nous ne puissions l’identifier avec certitude, « Élischa » en Genèse 10:4 pourrait avoir été la côte d’Élissa.

   Tarsis (mentionnée en Genèse 10:4 et Jérémie 10:9 ; probablement Tartessos, dans le sud-ouest de l’Espagne) était une importante ville minière d’argent en Espagne, sous le contrôle des Phéniciens/Carthaginois. Elle se trouve à l’extrême ouest de la Méditerranée, et c’était probablement là que Jonas cherchait à s’enfuir.

 

Q: En És 23:1-18, en quoi les Phéniciens diffèrent-ils des autres nations mentionnées précédemment ?

R: Les autres nations étaient reprises pour leur méchanceté, y compris leurs conquêtes violentes. Les Phéniciens, plus soucieux de s’enrichir par le commerce que par la conquête, étaient repris pour leur méchanceté et pour l’orgueil qu’ils tiraient de leur richesse. Leur religion comportait des sacrifices humains, mais peut-être moins répandus que chez les Cananéens.

 

Q: En És 23:1,6,10,14, quel est le lien entre Tarsis et Tyr ?

R: Les Phéniciens fondèrent Tarsis, dans la lointaine Espagne, à l’ouest de Gibraltar, au IXe ou au Xe siècle av. J.-C.

 

Q: En És 23:2,4, pourquoi Sidon est-elle mentionnée en lien avec Tyr ?

R: Les villes de Tyr et de Sidon n’étaient distantes que d’environ 40 km, et ce sont des citoyens de Sidon qui fondèrent la ville de Tyr.

 

Q: En És 23:8, que signifie « la dispensatrice des couronnes » (ou « la ville couronnée ») ?

R: Les diverses villes de l’« Empire phénicien » étaient en réalité toutes indépendantes, avec leurs propres rois, mais Tyr pouvait apparemment beaucoup influencer le choix du roi.

 

Q: En És 23:15-17, quand eut lieu cette période où « Tyr tombera dans l’oubli soixante-dix ans » ?

R: À partir de 729 av. J.-C., les Tyriens acceptèrent que les Assyriens nomment un gouverneur, et Tyr dut payer chaque année 150 talents d’or à l’Assyrie. La riche ville de Tyr prospérait grâce au commerce, et les Assyriens interdirent à Tyr toute activité commerciale à partir d’environ 701 av. J.-C., lorsqu’ils prirent Ushu, près de Tyr. Cela prit fin lorsque cessa le contrôle de l’Assyrie sur le Levant, vers 630 av. J.-C. Cela représenterait 71 années solaires, ou 72 années prophétiques (de 360 jours).

   Mais les habitants de Tyr n’étaient ni désœuvrés ni ruinés. Carthage avait été fondée en 815/814 av. J.-C., et les Tyriens pouvaient simplement s’y rendre, ou à Chypre, à Tarsis ou dans d’autres villes phéniciennes/carthaginoises, pour commercer.

 

Q: Quelle est la structure d’És 24:1-23 ?

R: Ce chapitre peut être vu comme un chiasme.

Ésaïe 24:1-7a dit ce que Dieu va faire

 . Ésaïe 24:7b-13 rapporte la lamentation de ceux qui avaient autrefois « le cœur joyeux »

 . . Ésaïe 24:14-16a rapporte la réaction des adorateurs de Dieu

. Ésaïe 24:16b-18d rapporte la panique des méchants

Ésaïe 24:18e-23 rapporte la destruction inévitable du jugement de Dieu

 

Q: En És 24:1-4, quand la terre (ou le pays) sera-t-elle dévastée ?

R: Ésaïe 24:1-7 montre qu’il s’agit de quelque chose de bien plus vaste que les guerres et catastrophes régionales de son époque. Ésaïe 24-27 a été appelé « la Petite Apocalypse » ou « l’Apocalypse d’Ésaïe », car ces trois chapitres traitent de la fin des temps. À la fin, Dieu apportera la destruction sur toute la surface de la terre.

 

Q: En És 24:5, puisque le peuple « violaient les ordonnances », cela signifie-t-il que l’Ancien Testament a été corrompu ?

R: Non. La parole de Dieu subsiste fermement dans les cieux (Psaume 119:89,91,144,160 ; 1 Pierre 1:25), et la parole de Dieu ne s’éloignera jamais de la bouche du peuple de Dieu sur la terre (Ésaïe 59:21). La Parole de Dieu « ne retourne point à moi sans effet » (Ésaïe 55:11).

   Pourtant, en Josué 1:8, Dieu ordonna à Josué de ne pas laisser les paroles de la Loi de Dieu s’éloigner de sa bouche. Ainsi, bien que Dieu garantisse que Sa parole ne s’éloignera pas de la bouche de tous, Josué (et chacun) a la responsabilité de ne pas laisser la parole de Dieu s’éloigner de sa propre bouche.

   Dieu assurera la présence de Sa parole sur la terre. Cependant, certains peuvent ignorer les lois de Dieu et faire leurs propres lois contraires à Dieu. Le fait que quelqu’un fasse de nouvelles lois ne signifie pas que les anciennes soient perdues.

 

Q: En És 24:10, quelle est « La ville déserte » (littéralement « ville du chaos ») ?

R: Cette expression est traduite par « city of confusion » (« ville de confusion », KJV), « ruined city » (« ville en ruines », NIV), « city of chaos » (« ville du chaos », BSB) ou « la ville déserte » (Segond). Ce n’est pas le nom d’une ville, mais la description d’une ville. Cependant, selon The Prophecy of Isaiah de J. Alec Motyer, p.201, elle ne se prête pas à une traduction simple. La meilleure est « ville de l’informe ». Le même mot hébreu, tōhû (et non tofu !), est employé en Jérémie 4:23 pour la terre et les cieux informes. L’image est celle de quelque chose réduit à de l’argile humide.

   De quelle ville s’agit-il ? D’après les parallèles avec Apocalypse 18, et du fait que les deux passages parlent de la fin des temps, il s’agit probablement de la Babylone de l’Apocalypse.

 

Q: En És 24:14-16a, comment louer Dieu au milieu de la tempête ?

R: Ésaïe 24:1-13 parle d’une destruction terrible, mais même au milieu de l’exécution du jugement de Dieu, nous pouvons proclamer : « Viens, Seigneur Jésus ! » Nous pouvons être reconnaissants d’avoir été épargnés par la colère de Dieu. Pour des épreuves moindres, comme lorsque Paul et Silas furent battus et jetés dans la prison de Philippes, en Actes 16:22-34, ils chantaient encore à Dieu à minuit. Romains 8:28 promet que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. Ainsi, quoi qu’il arrive, nous pouvons chanter et louer, émerveillés de voir comment Dieu se servira des choses mauvaises, et même des désastres, pour Sa gloire.

 

Q: En És 24:16b-20, de quelles manières les gens sont-ils aujourd’hui sans espérance ?

R: Certains élèves n’ont aucun espoir de faire une bonne carrière.

D’autres n’ont aucun espoir de changement, ni de sortir d’une situation misérable.

D’autres n’ont aucun espoir d’amélioration.

D’autres n’ont aucune espérance ; ils sont sûrs que ce à quoi ils tiennent le plus va empirer.

D’autres n’ont aucun espoir de réparer les dommages physiques qu’ils se sont infligés par la drogue, l’alcool et la nicotine.

   Ils ont tous un point commun : ils regardent leur situation au lieu de lever les yeux.

 

Q: En És 24:16b-20, comment annoncer l’Évangile à des personnes sans espérance, comme beaucoup de détenus ?

R: Elles ont besoin de lever les yeux vers Jésus, d’être sauvées et de voir l’espérance certaine et impérissable qu’elles ont dans le ciel.

 

Q: En És 24:18, que signifie « les écluses d’en haut s’ouvrent » ?

R: La même expression, « les écluses des cieux », est employée en Genèse 7:11 et 8:2, au début du déluge de Noé. Les anciens Hébreux reconnaissaient probablement cette similitude.

 

Q: En És 24:21-22, quand l’Éternel châtiera-t-Il « dans le ciel l’armée d’en haut » ?

R: Il s’agit de la fin des temps, et cela pourrait se rapporter à un passage parallèle, Apocalypse 12:7-12. Ce pourrait être à la fin de la Tribulation / au début du Millénium. Voir Hard Sayings of the Bible p.303-304 pour en savoir plus sur le lien entre cette section d’Ésaïe et le Millénium mentionné en Apocalypse 20:1-7.

 

Q: En És 24:23, comment « La lune sera couverte de honte, Et le soleil de confusion » ?

R: C’est un langage figuré qui signifie qu’ils s’assombriront, comme s’ils avaient honte. Cela se produira pendant la Tribulation, lorsque les gens auront toutes les raisons de baisser la tête de honte, car ils reconnaîtront la main de Dieu plus directement que jamais, et pourtant continueront à rejeter Dieu.

 

Q: En És 25:1-27:6, quels sont les quatre « échos » de ce chant de célébration ?

R: Voici les quatre échos, ou strophes du chant.

Ésaïe 25:1-9 – Le salut du peuple après la destruction de la forteresse

Ésaïe 25:9-12 – Moab sera humilié. (Le verset 9 est une transition.)

Ésaïe 26 – Le peuple de Juda sera relevé

Ésaïe 27 – L’ÉTERNEL protège Sa vigne

   Le chapitre 25 lui-même est comme le tableau d’un artiste aux couleurs vives.

Ésaïe 25:1-5 est un arrière-plan sombre et lugubre, celui d’une tempête de destruction terrible.

Ésaïe 25:6-9 est le jour lumineux qui suit, avec un festin auquel sont conviés tous les rachetés ; même les morts viendront au festin.

Ésaïe 25:9-12 est l’élimination de ceux qui combattent Dieu et Son peuple.

 

Q: En És 25:1-2, en quoi cette destruction fait-elle partie des « choses merveilleuses » que Dieu a faites ?

R: Il est vrai que la destruction ne semble jamais merveilleuse à celui qui est détruit ; demandez-le à n’importe quel criminel sur le point d’être exécuté. Pourtant, si un ennemi sur le point de vous tuer est arrêté, c’est une chose merveilleuse pour vous. Cette destruction est en fait merveilleuse de deux manières.

La destruction des ennemis de Juda est merveilleuse pour Juda, car elle peut vivre en paix lorsque ceux qui veulent l’envahir sont détruits.

L’exécution de la justice est une chose merveilleuse, car toute la grande injustice commise sur la terre sera enfin réparée.

 

 

Q: En És 25:6, que sont les « vins vieux, clarifiés » (littéralement « vins sur leur lie ») ?

R: Il s’agit de vin vieilli, qui a apparemment meilleur goût que le « vin nouveau » non vieilli. En général, il était d’abord fermenté, puis conservé longtemps. On le filtrait avant de le boire, de sorte qu’il était à la fois plus fort et limpide.

 

Q: En És 25:7b-8a, qu’est-ce que « La couverture qui couvre toutes les nations » ?

R: Un terme plus juste serait « linceul », comme celui qui recouvre un corps mort. L’image est saisissante : Dieu ôtera le linceul de la mort qui recouvre les hommes, et ils vivront de nouveau.

   Un commentaire (Keil-Delitzsch partie 1 p.440) affirme que le linceul d’Ésaïe 25:7 est l’aveuglement spirituel, tandis qu’Ésaïe 25:8 parle de la mort. Cependant, rien d’autre dans Ésaïe 25 ne parle d’aveuglement, ni physique ni spirituel. On ne porte pas de linceul parce qu’on est aveugle. Ésaïe 25:7 désigne donc un linceul de mort, en cohérence avec Ésaïe 25:8.

 

Q: En És 25:11a, qui est « le nageur » dans cette métaphore ?

R: Grammaticalement, il y a trois possibilités.

a) Le nageur est Moab / les méchants.

b) Le nageur est Dieu.

c) L’hébreu ne le précise pas.

   Mais le nageur nage dans un tas ou une mare d’ordures (« Au milieu de cette mare »), ce qui fait penser au méchant Moab, et non à Dieu.

 

Q: En És 25:11a, en quoi cette métaphore s’applique-t-elle à certaines personnes aujourd’hui ?

R: Si une personne a un langage ordurier, mène une vie sordide et souffre d’« infections de l’âme », voyez-la comme quelqu’un qui tente de nager dans le fumier. Mais aussi répugnante que soit une personne, Dieu peut la rejoindre et l’aimer tant qu’Il l’attire à Lui et lui apporte le salut. Et Dieu ne s’arrête pas là. Il la lave et la purifie aussi, par la sanctification.

 

Q: En És 25:11 et És 26:5, pourquoi Dieu tient-Il tant à humilier les orgueilleux ?

R: L’Écriture ne le dit pas, mais il peut y avoir au moins trois raisons complémentaires.

La gloire de Dieu : Dieu désire que tous Le glorifient, et l’homme déchu a tendance à se glorifier lui-même plutôt que Dieu.

Pour leur propre bien : Il faut parfois qu’une personne soit humiliée, et mise au tapis, avant de lever les yeux.

Pour le bien des autres : Parfois, lorsqu’une personne est humiliée ou disciplinée, les autres le remarquent et tirent une leçon de son châtiment.

 

Q: En És 26:1-21, d’une manière générale, que dit ce chant de notre adoration ?

R: Ésaïe 25:1 est à la première personne du singulier, « je », tandis qu’Ésaïe 26:1 est à la première personne du pluriel, « nous ». S’il s’agit avant tout d’un chant de louange, puis d’un chant d’action de grâces envers Dieu et d’encouragement pour les autres, c’est sous ces trois aspects un chant de célébration. Nos cultes pourraient être appelés des « cultes de célébration ». Bien qu’il y ait un temps pour pleurer, confesser nos péchés et demander l’intercession de Dieu, la célébration devrait occuper une grande place dans l’adoration.

 

Q: En És 26:3, comment Dieu garde-t-Il dans une paix parfaite celui dont l’esprit est ferme (« A celui qui est ferme dans ses sentiments Tu assures la paix, la paix ») ?

R: Dieu n’élimine pas nos difficultés, mais Il nous donne le réconfort, la force et l’aide nécessaires pour les traverser. Cela ressemble à Philippiens 4:6-7, où nous ne devons nous inquiéter de rien, mais où, si nous faisons connaître nos besoins à Dieu, la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera nos cœurs et nos pensées.

 

Q: En És 26:7-8, comment Dieu « aplanis le sentier du juste » ?

R: Une manière de comprendre ces versets est de se concentrer sur le sentier. Un bon sentier est plat, afin de ne pas faire trébucher les gens, et il ne tourne pas en rond ni ne mène dans la mauvaise direction.

   Une autre manière de comprendre ces versets est de se concentrer sur les personnes qui trouvent le sentier à suivre. Nous savons où nous allons et quel est le Chemin pour y arriver. En marchant dans la voie de Dieu, nous n’avons pas à nous cacher ni à vivre dans la honte de ce que nous faisons ou n’avons pas fait.

 

Q: En És 26:8-9, comment cultiver une attitude d’ardent désir de Dieu ?

R: Voici quelques moyens d’approfondir notre amour pour Dieu.

Passez du temps dans la prière, en vous réjouissant en Dieu et en Le louant. Prier par sens du devoir et par discipline est bien ; mais prier par plaisir est encore mieux.

Apprenez à attendre la direction de Dieu, plutôt que de vous diriger vous-même en espérant que Dieu suivra.

Glorifiez Dieu sur la terre par votre vie, tant par votre obéissance que par votre service.

Prêchez et enseignez afin que le nom de Dieu soit honoré sur la terre.

Prenez soin des besoins matériels des autres aussi bien que de leurs besoins spirituels.

Aimez Dieu par-dessus tout, et aimez votre prochain comme vous-même.

Souvenez-vous des promesses de Dieu concernant la vie éternelle, et les tentations et les souffrances d’ici-bas vous sembleront légères. (1 Pierre 1:6-9 ; 1 Corinthiens 2:9)

 

Q: En És 26:10, le méchant « n’a point égard à la majesté de Dieu », ou bien tous verront-ils la gloire de Dieu, comme le dit És 40:5 ?

R: Apocalypse 1:7, Philippiens 2:10, Ésaïe 40:5 et Ésaïe 45:23-24 montrent qu’à la fin tous verront Dieu. Ésaïe 26:10 dit que le méchant « n’a point égard à la majesté de Dieu ». Le mot hébreu pour « voir/avoir égard » est chazah. Selon la Strong’s Concordance, il signifie « contempler, percevoir mentalement, considérer (avec plaisir) ; spécialement, avoir une vision de ». Il y a deux réponses complémentaires.

1. Les méchants ne contemplent pas le Seigneur et n’ont pas égard à Lui, mais tous finiront par voir le Seigneur, qu’ils le veuillent ou non.

2. Les méchants ne reconnaissent pas le Seigneur maintenant, mais à la fin tous verront le Seigneur.

 

Q: Pourquoi És 26:13-14 dit-il que les méchants morts « ne se relèveront pas » et que Dieu « en as détruit tout souvenir » ?

R: Ésaïe 26:13-14 dit : « Ceux qui sont morts ne revivront pas » ; c’est vrai : ils seront en enfer, et finalement dans l’étang de feu, la seconde mort.

On ne se souviendra pas d’eux sur la terre, ni d’ailleurs au ciel.

Bien qu’ils ne doivent pas se relever, ils comparaîtront tout de même devant Christ lors du jugement du grand trône blanc, en Apocalypse 20:12-13. Mais quoi qu’il en soit, ils seront jetés dans l’étang de feu, et non relevés, en Apocalypse 20:15.

 

Q: En És 26:19 (« Que tes morts revivent ! »), que dit ce passage de la résurrection ?

R: C’est l’un des versets qui montrent, contrairement à ce que disent les critiques, qu’ils croyaient à une vie après la mort avant l’exil. Voir aussi Ésaïe 25:7b-8a. D’autres versets le montrent également : Osée 13:14 ; Proverbes 14:32 ; Job 3:13-17 et Job 19:26-27. Bien entendu, cela n’inclut pas Daniel ni Ézéchiel, qui furent écrits après l’exil.

 

Q: En És 27:1-3, pourquoi « Le léviathan, serpent fuyard » est-il puni ?

R: La réponse est simple si l’on comprend ce que représente le léviathan. Il y a quatre points de vue sur le léviathan dans Ésaïe.

1. Un dinosaure. Les anciens tombaient probablement de temps à autre sur des ossements de dinosaures.

2. Un grand animal aquatique, comme un hippopotame, un crocodile ou une baleine.

3. Il représente la nation égyptienne.

4. Allégoriquement, Satan. Cela repose sur le parallélisme entre Ésaïe 26:17-27:2 et Apocalypse 12:1-13.

   La réponse la plus probable, dans cette section poétique, est 2 plus 3 plus 4.

 

Q: En És 27:13, s’agit-il de la trompette de 1 Th 4:17 (« on sonnera de la grande trompette ») ?

R: Bien que l’Écriture ne le dise pas, il pourrait bien s’agir de la même trompette, car toutes deux rassembleront le peuple de Dieu depuis des contrées lointaines. En Ésaïe 27:13, ils viendront « sur la montagne sainte », qui pourrait en fait désigner ici le ciel.

 

Q: En És 28:1,4, quelle est la signification de l’expression « la fleur fanée, qui fait l’éclat de sa parure, Sur la cime de la fertile vallée » ?

R: C’était apparemment un motif courant, par lequel Dieu leur disait qu’il n’était pas bon de s’enorgueillir. Bien que nous ne soyons pas sûrs de la portée de ces paroles pour les Israélites impies, elles pourraient désigner la gloire encore présente, mais déclinante, de leur histoire passée.

 

Q: En És 28:4, qu’est-ce qu’« une figue hâtive qu’on aperçoit avant la récolte » ?

R: C’est le premier fruit qui apparaît, et qui mûrit avant la récolte principale.

 

Q: En És 28:5, qu’est-ce qu’un « diadème » (la Segond dit : « une parure magnifique ») ?

R: Un diadème est une couronne, souvent sertie de diamants ou d’autres pierres précieuses.

 

Q: És 28:10-13 désigne-t-il l’arabe, puisqu’il parle d’« hommes aux lèvres balbutiantes » ?

R: Là encore, c’est prendre ses désirs pour des réalités. Le grec est plus éloigné de l’hébreu que ne l’est l’arabe. Cependant, Ésaïe 28:13 dit que la parole de l’Éternel serait pour eux « Précepte sur précepte, précepte sur précepte, Règle sur règle », de simples règles, et beaucoup voient l’islam sunnite de la même manière : de simples règles à suivre, sans relation personnelle avec Dieu.

 

Q: En És 28:11, quelle est la signification de « des hommes aux lèvres balbutiantes Et au langage barbare » ?

R: Les Juifs connaissaient le vrai Dieu depuis des siècles. Néanmoins, des gens de nationalités récentes, parlant d’autres langues, enseigneraient un jour aux Juifs qui est le vrai Dieu.

 

Q: En És 28:13, qu’est-ce que cela signifie ?

R: Il y a deux points de vue.

Règle sur règle : La parole de Dieu n’est plus pour ce peuple qu’un ensemble de règles à suivre : « Règle sur règle, règle sur règle, Un peu ici, un peu là ». Il a perdu le désir de s’approcher de Dieu.

Charabia : Le texte se moquait du babil d’ivrogne de certains auditeurs d’Ésaïe. Hard Sayings of the Bible p.305 soutient ce point de vue et indique qu’il s’agit de la répétition de deux lettres de l’alphabet hébreu, un peu comme l’expression familière anglaise « watch your p’s and q’s » (faire attention à ses p et à ses q, c’est-à-dire surveiller ses manières). Il ajoute la remarque intéressante qu’en anglais, cette expression signifiait à l’origine surveiller ses pintes et ses quarts (pints and quarts).

 

Q: En És 28:16, quel est le rapport entre « une pierre angulaire de prix » et Christ ?

R: Christ est la pierre angulaire de notre relation avec Dieu, comme le montre 1 Pierre 2:6.

 

Q: En És 28:21, qu’est-ce que « son œuvre étrange » ou « son travail inouï » de Dieu ?

R: Il s’agit de l’œuvre d’un Dieu bon, bienveillant et aimant qui détruit des gens en raison des exigences de la justice et de la sainteté. Dieu ne veut pas qu’aucun périsse (2 Pierre 3:9 ; Ézéchiel 18), mais puisqu’Il rend la justice, Il jugera les hommes.

 

Q: En És 29:1-2,7, pourquoi Jérusalem est-elle appelée « Ariel » ici ?

R: Ésaïe désignait Jérusalem par le nom figuré d’« Ariel ». En hébreu, Ariel pouvait signifier « lion de Dieu », et aussi « foyer de l’autel ». Le Believer’s Bible Commentary p.959 dit qu’Ésaïe laisse entendre que la ville, autrefois lion de Dieu, sera comme un autel embrasé, dont ses habitants seront les victimes.

 

Q: En És 29:1, quel est le sens de ce verset ?

R: Ce verset pose le décor. Jérusalem est le centre des trois fêtes annuelles où tous les Israélites devaient venir, et ils avaient aussi le faste des autres fêtes, ainsi que les sacrifices. Le cycle des gestes religieux se perpétuait presque de lui-même (« Laissez les fêtes accomplir leur cycle »), et il n’était même plus nécessaire de penser à Dieu. Pourtant, bien qu’ils célèbrent toujours toutes ces fêtes que Dieu avait ordonnées, le fait d’appeler la ville d’un autre nom suggérait que Dieu ne reconnaissait presque plus cette ville, à cause du manque de ferveur spirituelle qui y régnait, même au milieu de toute cette ferveur religieuse. L’idée est que le « foyer de l’autel », au lieu de brûler seulement les animaux des sacrifices, s’étendra jusqu’à couvrir toute la ville.

   Le verset 1 prépare le verset 2, où Dieu va briser leur attitude consistant à répéter sans cesse les mêmes gestes. Alors aujourd’hui, allez-vous à l’église chaque semaine ? Très bien ! Mais préparez-vous votre cœur à entendre Dieu à l’église ?

 

Q: En És 29:1-2, quelles sont les choses que les gens font aujourd’hui encore et encore, et pour lesquelles Dieu doit « briser la routine » afin de les amener à réfléchir à des choses plus grandes ?

R: Tout le monde a des habitudes, et les habitudes peuvent être bonnes ou mauvaises. Certaines mauvaises habitudes, comme s’enivrer ou se droguer chaque semaine, regarder de la pornographie ou fumer, doivent cesser. D’autres habitudes, comme aller à l’église, les moments de prière et l’étude de la Bible, sont de bonnes habitudes, mais on peut les pratiquer avec cœur ou machinalement. Nous avons besoin de temps pour simplement nous asseoir seuls avec Dieu, et réfléchir à notre vie, à notre relation avec Dieu et à notre service pour Lui. Sinon, nous risquons d’honorer Dieu des lèvres alors que notre cœur est éloigné de Lui (Ésaïe 29:13).

 

Q: En És 29:2, qu’y a-t-il d’inhabituel dans ce choix de mots ?

R: Le mot hébreu « foyer de l’autel » dans ce verset est un jeu de mots avec le mot hébreu « Ariel » des versets 1 et 2, qui désigne Jérusalem. Il signifie aussi « foyer de l’autel » en Ézéchiel 43:15-16.

 

Q: En És 29:4, ce passage pourrait-il désigner le Livre de Mormon, comme le prétendent certains mormons ?

R: La voix qui sort de terre « comme celle d’un spectre » (un « esprit familier » dans certaines traductions) désigne les esprits de l’occultisme. À moins que les mormons ne veuillent reconnaître un lien entre le mormonisme et l’occultisme, ou avec les habitants de Jérusalem qui péchaient en recourant à des médiums pour tenter de communiquer avec les morts, il n’y aurait aucun lien.

   Cependant, Joseph Smith Jr., le fondateur du mormonisme, fut condamné pour le délit mineur de divination par le cristal, qui était une pratique occulte. Peut-être que les mormons ont raison après tout de rattacher ce passage au mormonisme.

 

Q: En És 29:4, qu’est-ce que cela signifie ?

R: Cela désigne les méchants de Jérusalem. Ceux qui étaient en communion avec des médiums deviendraient eux-mêmes un peuple mort. Ils seraient abaissés jusqu’à la poussière et disparaîtraient comme les esprits avec lesquels ils tentaient de communiquer.

 

Q: En És 29:7-8, quand cette délivrance miraculeuse de Jérusalem aura-t-elle lieu ?

R: Cela pourrait se rapporter à :

a) L’épidémie qui frappa l’armée assyrienne assiégeant Jérusalem, ou

b) La destruction de la fin des temps, à la fin du Millénium.

c) ou les deux, et plus encore.

   La réponse se trouve à la toute fin du verset 8 : « Ainsi en sera-t-il de la multitude des nations Qui viendront attaquer la montagne de Sion ». Cela s’applique à tous ceux qui combattent la montagne de Sion (Jérusalem). Bien que les Assyriens aient pu compter quelques soldats d’autres pays, ce n’est pas vraiment une multitude de nations qui vint contre Jérusalem à l’époque assyrienne. Il ne s’agit donc peut-être pas d’une époque particulière, mais de chaque fois qu’une armée monte contre le peuple de Dieu à Jérusalem. Bien entendu, les Babyloniens prirent Jérusalem à deux reprises, parce que Dieu les avait envoyés. Les Romains prirent Jérusalem après des sièges en 70 apr. J.-C., puis en 135 apr. J.-C., ce qui montre que la protection de Dieu ne leur était plus acquise après qu’ils eurent crucifié leur Messie.

   Il est à la fois intéressant et triste de constater que la confiance du peuple dans la protection de Jérusalem par Dieu dura plus longtemps que la protection effective de Dieu, en 70 apr. J.-C. De même aujourd’hui, si notre pays ne suit pas Dieu, peut-être notre confiance que Dieu protégera notre pays durera-t-elle plus longtemps que la protection effective de Dieu sur notre pays.

 

Q: En És 29:10-13, que signifie l’impossibilité de lire « un livre cacheté » ?

R: Pendant les 400 ans qui précédèrent Christ, il y aurait un silence de la prophétie de la part de Dieu. Certains ne suivraient pas le Messie parce qu’ils ne lisaient pas la parole de Dieu. D’autres, comme les pharisiens, lisaient la parole de Dieu, mais refuseraient de reconnaître le Messie lorsqu’Il viendrait.

 

Q: En És 29:13, comment quelqu’un peut-il honorer Dieu « de la bouche et des lèvres », alors que son cœur est éloigné ?

R: On peut adhérer à une religion pour toutes sortes de raisons. Une personne m’a dit qu’elle avait rejoint l’Église mormone parce qu’elle pourrait avoir plus d’une épouse. Elle m’a aussi dit qu’elle l’avait quittée en apprenant que ce n’était valable qu’au ciel, et non sur la terre. J’ai entendu parler d’un intégriste musulman qui était en fait athée. Il a dit à un ami qu’il pensait que c’était une bonne manière de vivre.

   D’autres adhèrent à une religion, ou plus souvent y restent, par coutume, par attachement familial, ou par manque de désir de chercher la vérité.

 

Q: En És 29:16 et Éz 16:34, comment certaines personnes aujourd’hui mettent-elles les choses « sens dessus dessous » (la Segond : « Quelle perversité est la vôtre ! ») ?

R: Ce mot hébreu imagé et concis est hepek. Le vase ne disait pas au potier quoi faire et ne peut pas dire : « Il ne m’a point fait ». De même, certaines personnes aujourd’hui veulent dire à Dieu ce qu’Il doit faire, comment Il doit agir, en raison de leur attitude tacite : elles en savent plus que Dieu. Quand vous pensez que Dieu a besoin de conseils ou d’aide, ou que Dieu ne se suffit pas à Lui-même, il vous faut vous arrêter et examiner votre attitude envers Dieu. Dieu a beaucoup de travail pour nous, et Son peuple n’est pas toujours diligent à l’accomplir. Parfois c’est par paresse, et d’autres fois parce qu’ils sont occupés à faire diligemment autre chose.

 

Q: En És 29:22 (« Maintenant Jacob ne rougira plus »), s’agit-il de Jacob en tant que personne, ou des Israélites descendants de Jacob ?

R: Bien que ce soit vrai de Jacob au ciel, le sens premier vise ici ses descendants, les Israélites. Les promesses de Dieu à Abraham, Isaac et Jacob personnellement comportaient des aspects qui s’étendaient aussi à leurs descendants.

 

Q: En És 29:22-24, comment les gens réagissent-ils lorsqu’ils échappent de justesse à un désastre ?

R: Cela se produisit lorsque les Assyriens assiégèrent Jérusalem : après que 185 000 Assyriens eurent été miraculeusement frappés à mort, les Assyriens se retirèrent.

   Les habitants de Jérusalem, comme la plupart des gens, passèrent rapidement d’une grande tension à un soupir de soulagement. Ils commencèrent peut-être à prendre le Temple plus au sérieux. Aujourd’hui, les gens fréquentent peut-être davantage l’église. Mais souvent, beaucoup retombent dans leurs anciennes habitudes. Quand quelqu’un qui ne marche pas droit avec Dieu frôle le désastre, on peut y voir une discipline, une délivrance, et un motif de remercier Dieu. Mais on peut aussi le voir autrement : Dieu vient de leur donner une occasion. Ce désastre a rompu le cycle et le rythme qu’ils répétaient sans cesse, comme en Ésaïe 29:1, et les a obligés à s’arrêter et à réfléchir à leur situation. À ce moment-là, une personne peut vraiment réfléchir à l’état de sa relation avec Dieu, s’approcher de Dieu et Lui demander de la transformer afin qu’elle abandonne son péché.

 

Q: En És 30:4, où se trouve la ville de « Hanès » ?

R: Hanès était une ville d’Égypte située à environ 88 kilomètres au sud de Memphis, sur la rive occidentale du Nil, selon le Wycliffe Bible Dictionary p.751. Celui-ci indique toutefois que, sur la base d’un targum araméen (syriaque), quelques spécialistes identifient Hanès à Tachpanès, une forteresse de l’est de l’Égypte.

   The Bible Knowledge Commentary : Old Testament p.1080 indique que l’emplacement de Hanès en Égypte est inconnu, mais qu’elle se trouvait probablement près de Tsoan. Tsoan est proche de la frontière nord-est de l’Égypte.

 

Q: En És 30:10, comment les gens pouvaient-ils ne demander aux prophètes que ce qu’ils voulaient entendre (« Dites-nous des choses flatteuses ») ?

R: Les gens veulent parfois se sentir bien dans leur peau et se sentir proches de Dieu, sans la responsabilité d’obéir à Dieu. Dieu ne veut pas seulement votre temps, votre argent et vos talents : Dieu vous veut, vous.

   2 Timothée 4:2-5 nous avertit aussi que, dans les derniers temps, les gens se donneront des docteurs qui leur enseigneront ce qu’ils veulent entendre. Ce qui est surprenant, c’est que ceux qui sont ainsi ne l’admettent généralement pas consciemment, même pas à eux-mêmes.

   Comment savoir si nous sommes ainsi ? Paul nous ordonne, en 2 Corinthiens 13:5, de nous examiner nous-mêmes. Si le vrai Dieu nous demandait de faire quelque chose que nous ne voudrions pas faire autrement, le ferions-nous ?

 

Q: En És 30:15-17, quand s’accomplira la prophétie de la fuite à cheval (« Nous prendrons la course à cheval ») ?

R: Elle s’est vérifiée lorsque les Assyriens, puis les Babyloniens, envahirent la Palestine.

 

Q: En És 30:21 (« Voici le chemin, marchez-y ! »), s’agit-il du Saint-Esprit donné aux chrétiens ?

R: Probablement oui. Depuis la Pentecôte, le Saint-Esprit habite en tous les croyants (Romains 8:9-16), mais avant la Pentecôte il n’en était pas ainsi. Le Saint-Esprit n’était qu’en certains croyants, comme les prophètes, et l’Esprit pouvait se retirer, comme l’esprit de l’Éternel se retira de Saül en 1 Samuel 16:14, et comme l’Éternel se retira de Samson (Juges 16:20).

 

Q: En És 30:22 ; 42:17, devons-nous souiller et détruire toutes les images d’idoles ?

R: Ce verset dit que les croyants doivent souiller et détruire chacune de leurs propres idoles. Il ne s’agit pas des idoles d’autrui, de non-croyants, et les Israélites n’envahirent jamais l’Égypte ni d’autres pays dans le seul but de détruire des idoles. Le mot hébreu pesel désigne une image de personne ou d’animal destinée au culte. L’une des différences essentielles entre le culte païen et le culte israélite du vrai Dieu était l’absence d’images.

 

Q: En És 30:22, pourquoi est-il important de ne pas avoir d’images d’idoles chez soi ?

R: C’est important pour au moins trois raisons.

1. Dieu n’aime pas les idoles, et Il a interdit que nous ayons des images d’autres dieux. Exode 20:4-5 mentionne les idoles, en plus de l’interdiction d’avoir d’autres dieux. Cela seul suffit.

2. Cela donne une apparence de mal. 1 Thessaloniciens 5:22 dit : « abstenez-vous de toute espèce de mal ». En 1 Thessaloniciens 5:22, le mot traduit par « espèce » (apparence, forme) est « eidos » en grec. Même si vous n’adorez jamais l’idole, en exposer une chez vous revient à traiter à la légère le péché d’idolâtrie.

3. Ésaïe 30:22 dit que lorsque les Israélites souilleraient leurs idoles (« Vous tiendrez pour souillés l’argent qui recouvre vos idoles »), Dieu leur accorderait alors Sa bénédiction.

   Voir aussi la discussion sur Ézéchiel 5:11 pour plus d’informations.

 

Q: En És 30:26, dans l’avenir, la lumière du soleil et de la lune augmentera-t-elle, ou diminuera-t-elle comme le dit És 24:23 ?

R: Les deux. Le soleil s’obscurcit et la lune devint comme du sang lors de la crucifixion de Christ. Cela se reproduira en Apocalypse 6:12-13, puis en Apocalypse 8:12. Plus tard, le soleil brûlera les hommes par le feu, en Apocalypse 16:8. Puis le royaume de la bête sera plongé dans les ténèbres, en Apocalypse 16:10. Enfin, dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, le soleil ne sera plus nécessaire, selon Apocalypse 22:5.

 

Q: En És 30:33, où se trouve « Topheth » (la Segond traduit « un bûcher ») ?

R: Topheth se trouvait dans la vallée de Hinnom, au sud de Jérusalem. C’est là que se trouvait la Géhenne, qui servit aussi de métaphore de l’enfer.

 

Q: En És 31:8, quand cette prophétie concernant l’armée assyrienne s’est-elle accomplie ?

R: Cela se produisit lorsque l’armée assyrienne assiégeait Jérusalem, en 2 Rois 19:35.

 

Q: En És 32:6-8, comment certains en viennent-ils « Pour laisser à vide l’âme de celui qui a faim, Et enlever le breuvage de celui qui a soif » ?

R: En substance, ils maintiennent les pauvres dans une situation dont ils ne peuvent jamais sortir : frais élevés, loyers maintenus à des prix élevés par des monopoles, prêts à taux usuraires, obligation de n’acheter qu’à des prix plus élevés.

 

Q: En És 32:6-8, qu’y a-t-il d’intéressant dans la structure de ce poème ?

R: La structure est vraiment unique. La première strophe, au verset 6, sur les paroles et les actes, compte six lignes. La deuxième, au verset 7, sur les machinations perverses, en compte quatre. La troisième et dernière, au verset 8, sur les généreux, en compte deux.

 

Q: En És 32:9-10 ; Am 6:3-7, pourquoi peut-il être mal d’être « Femmes insouciantes », tranquille et sans souci ?

R: Être insouciant signifie ici ne se soucier de rien. Quand il y a oppression, Dieu ne veut pas que les gens restent indifférents aux autres et tranquilles.

 

Q: En És 32:14, comment cela peut-il être détruit « à jamais », puisqu’És 32:15 dit que cela sera rétabli ?

R: Le mot hébreu ‘ad-‘olam peut signifier pour toujours, ou simplement un très long temps. Au verset 14, il ne signifie évidemment pas pour toujours, à cause du verset 15.

 

Q: En És 32:15-20, quand cela se produira-t-il ?

R: L’époque n’est pas précisée, mais ce sera certainement vrai lors du règne millénaire de Christ. Que cela se vérifie dans certaines parties de la terre avant le Millénium reste une question ouverte.

 

Q: En És 32:16, comment « la droiture habitera dans le désert, Et la justice aura sa demeure dans le verger » ?

R: Le contexte était l’exil d’Israël et l’exil imminent de Juda. Le droit et la justice demeureraient dans le pays. Après l’exil, ceux qui désiraient le droit et la justice de Dieu reviendraient dans le pays.

 

Q: En És 33:4, comment le butin est-il moissonné « Comme moissonne la sauterelle » ?

R: Certaines traductions parlent ici de « chenilles ». Il ne s’agissait pas de chenilles de papillons ou de mites, mais de chenilles redoutées : les larves de sauterelles qui dévastaient les champs et laissaient la famine sur leur passage.

 

Q: En És 33:8, qui a « rompu l’alliance » ici ?

R: En 2 Rois 18:13-18, Sanchérib accepta de laisser Jérusalem en paix après avoir reçu le tribut exigé de 300 talents d’argent et 30 talents d’or. Ézéchias dut même arracher l’or des portes du temple pour réunir assez d’or pour le payer. Après cela, Sanchérib rompit l’accord et attaqua Jérusalem malgré tout. Ils étaient passés de la confiance en l’Égypte à la confiance en leurs richesses (et en la parole de Sanchérib), et ni l’une ni l’autre ne leur servit à rien.

 

Q: En És 33:9, quelle est l’importance de la mention du Liban, de Saron, de Basan et du (mont) Carmel ?

R: Ces quatre lieux comptaient parmi les plus beaux d’Israël, de Syrie et du Liban. Le Liban était célèbre pour ses forêts ; Saron et Basan étaient des régions très fertiles, et le mont Carmel était la plus haute montagne de la région.

 

Q: En És 34:4, quand « Les cieux sont roulés comme un livre » ?

R: Cela se produira pendant la Tribulation, à l’ouverture du sixième sceau, selon Apocalypse 6:14.

 

Q: En És 34:5, comment « Mon épée s’est enivrée dans les cieux » ?

R: Cela signifie simplement que Dieu veillera à ce que la plupart des Édomites périssent par l’épée. L’expression « enivrer une épée », ou « baigner une épée », signifie s’en servir pour tuer tant de gens qu’elle est « baignée » de sang.

L’hébreu dit littéralement : « Mon épée est trempée dans les cieux. »

La Septante dit : « mon épée a été enivrée dans le ciel. »

 

Q: En És 34:5,6 et Éz 35:15 ; 36:5, pourquoi l’Idumée est-elle mentionnée ?

R: Idumée est un nom plus tardif du pays d’Édom. On commença à l’appeler Idumée vers le IVe siècle av. J.-C., près de 200 ans après la rédaction d’Ésaïe. Le sceptique Asimov’s Guide to the Bible p.545 note à juste titre que c’était le nom en usage à l’époque grecque et romaine et que la RSV emploie « Édom ». Cependant, Asimov omet de mentionner que, dans les quatre versets, l’hébreu dit « Édom ». Parmi les versions anglaises, seule la King James emploie le nom anachronique d’Idumée ; la Segond, elle, dit « Édom » dans les quatre versets. Bien entendu, la Septante, écrite en grec, emploie aussi Idumée.

 

Q: En És 34:5-6, contre qui l’épée du Seigneur sera-t-elle dirigée ?

R: En Ésaïe 34:5, elle est dirigée contre des êtres « dans les cieux », et en Ésaïe 34:6 elle passe au combat sur la terre. Ce grand carnage sur la terre commence en Édom et correspond à ce qui se produit lorsque Christ revient, en Apocalypse 19:15, selon la New Geneva Study Bible p.1081.

   Quant à savoir ce que signifie le combat dans les cieux, il y a deux points de vue, et les deux pourraient être vrais.

Les panthéons d’idoles : L’épée de Dieu détruira le culte de ces faux dieux. New Geneva Study Bible p.1081

La guerre dans le ciel mentionnée en Apocalypse 12:7-9.

Les idoles et la destruction des cieux et de la terre : Le premier accomplissement est la destruction des dieux édomites, mais l’accomplissement ultime est la destruction des cieux et de la terre en Apocalypse 21 (New International Bible Commentary p.744).

 

Q: En És 34:10 et És 2:10-21, quand a lieu ce Jour du Seigneur ?

R: C’est le Jour du Seigneur de la fin des temps, mentionné dans le livre de l’Apocalypse.

 

Q: En És 34:10, quand « La fumée s’en élèvera éternellement » ?

R: Cela pourrait se rapporter à la fumée de Babylone qui s’élève aux siècles des siècles, en Apocalypse 19:3. D’une manière générale, la destruction des impies est éternelle.

 

Q: En És 34:13-15, quels sont ces animaux ?

R: Le Tanakh juif et d’autres traductions indiquent que la plupart de ces animaux ne peuvent être identifiés avec certitude.

   Si nous ne pouvons être sûrs aujourd’hui de certains de ces noms, celui qui se trouve dans le désert ne peut pas non plus être sûr des sons étranges qu’il entend la nuit. Ce tableau désolé et obsédant des villes fantômes d’Édom est une image saisissante de la fin d’une nation si proche parente des Israélites, et qui ne voulut pourtant rien avoir à faire avec le Dieu d’Israël.

 

Q: És 35:1,2 pourrait-il désigner Baha’u’llah, des bahá’ís, puisqu’il parle de la terre aride qui se réjouit, ainsi que du Liban et du Carmel, où Baha’u’llah passa les dernières années de sa vie ?

R: Non. Jésus est aussi venu dans cette région ; la mention de ces lieux ne donne donc pas en soi la préférence à Baha’u’llah plutôt qu’à Jésus. Contrairement à la prophétie d’Ésaïe 35:1,2, peu de gens au Liban ou en Israël se réjouirent « Avec chants d’allégresse et cris de triomphe » de la présence de Baha’u’llah. Lorsque les Britanniques prirent le contrôle de la région après la Première Guerre mondiale, les musulmans continuèrent à peu près comme avant, les Druzes aussi ; les Juifs arrivèrent ensuite en Israël, et il y eut entre eux de violentes guerres (et non des réjouissances), et je n’ai pas entendu parler de grandes réjouissances dans cette région depuis la venue de Baha’u’llah. Cela ne signifie en aucun cas que Baha’u’llah soit la cause de tous les conflits et de toutes les souffrances là-bas ; c’est plutôt qu’en ce qui concerne les réjouissances ou les souffrances au mont Carmel, Baha’u’llah n’a joué aucun rôle.

 

Q: En És 35:5-10, quand le désert fleurira-t-il ?

R: Beaucoup de lieux désertiques d’Israël fleurissent littéralement aujourd’hui, et cela bien que le pays soit aujourd’hui plus aride qu’aux temps bibliques. La raison de ce paradoxe est l’irrigation.

 

Q: En És 35:8, quelle route est « la voie sainte » ?

R: En Ésaïe 35:8-10, seuls les rachetés emprunteront cette route, et non les méchants. Ce sera très probablement pendant le Millénium.

 

Q: En És 35:8, faut-il lire « les insensés méchants n’y passeront pas » ou « les simples ne s’en écarteront pas » ?

R: Il ne s’agit pas d’une variante de manuscrits, mais de deux manières d’interpréter les mots. La Segond retient la seconde : « Ceux qui la suivront, même les insensés, ne pourront s’égarer ». « Les insensés ne s’y égareront pas » signifie-t-il que les insensés qui s’égarent n’y seront pas, ou que « même les insensés qui y sont ne s’égareront pas » ?

 

Q: En És 36:1, de quelle année du règne d’Ézéchias s’agit-il (« La quatorzième année du roi Ézéchias ») ?

R: C’est un peu problématique, et il y a deux réponses qui s’excluent mutuellement.

Corégence : Les rois régnaient souvent conjointement avec leurs fils. Ézéchias commença à régner, en corégence avec Achaz, la troisième année du roi Osée (v.729 av. J.-C.), selon 2 Rois 18:1. Ézéchias devint seul roi en 716 av. J.-C. Nous savons que l’attaque de Sanchérib fut abandonnée en 701 av. J.-C., et supposons qu’il ait assiégé Jérusalem pendant deux ans, puisque les Babyloniens mirent 18 mois en 2 Rois 25:1-4. Cela ferait environ 14 ans depuis le début du règne d’Ézéchias seul.

Erreur de copiste : Il pourrait s’agir d’une erreur de copiste sur un chiffre, et il faudrait lire 24 ans, et non 14. En hébreu, cela correspondrait à ‘arba aserim au lieu de ‘arba ‘esreh, selon J. Alec Motyer dans The Prophecy of Isaiah p.276-277.

 

Q: Comment És 36:1-39:8 s’insère-t-il dans ce livre ?

R: La section d’Ésaïe 36-39, parfois intitulée « le Livre d’Ézéchias », est parallèle à 2 Rois 20:12-19. Ésaïe 36-39 fait la transition entre Ésaïe 1-35 et Ésaïe 40-66. C’est à la fois l’apogée d’Ésaïe 1-35 et une préface à Ésaïe 40-66. Ésaïe 36-39 est aussi presque identique à 2 Rois 18:13-20:19. Deux exceptions : Ésaïe 38:9-20, le psaume de lamentation d’Ézéchias, est absent de 2 Rois, et 2 Rois 18:14-16 nous apprend qu’Ézéchias paya un tribut à l’Assyrie, ce qu’Ésaïe omet. Soit 2 Rois a puisé dans Ésaïe, soit Ésaïe a puisé dans 2 Rois.

   Ésaïe 1-35 ne parlait que de se confier en Dieu et de Le suivre. Mais la question que pose Rabschaké en Ésaïe 36:5, « En qui donc as-tu placé ta confiance, pour t’être révolté contre moi ? », est le point central de cette section. À partir d’Ésaïe 36, Ézéchias fut mis à l’épreuve : après tous ces discours, que vas-tu faire maintenant ? Aujourd’hui, nous pouvons parler abondamment de Dieu et de la manière de Le suivre, mais il y a bien des moments dans notre vie où nous sommes mis à l’épreuve : en qui allons-nous nous confier pour nos finances, notre sécurité et nos peurs, notre famille, notre bonheur et notre joie, notre santé, notre avenir et notre espérance ?

 

Q: En És 36:2s, qu’y a-t-il de remarquable dans l’endroit où « Rabschaké » (le commandant) les attendait ?

R: Rabschaké et Tharthan étaient des titres, et non des noms propres. Rabschaké signifie littéralement « grand échanson » (souvenez-vous de Néhémie), mais c’était en réalité une fonction importante. Or ce lieu, « l’aqueduc de l’étang supérieur », est l’endroit même où, 15 à 20 ans plus tôt, le roi précédent, Achaz, avait engagé le pays envers l’Assyrie.

 

Q: En És 36:4-5, comment savoir si nous comptons sur Dieu pour remporter la victoire dans notre vie ?

R: Il est intéressant que ce soit un commandant païen qui leur ait demandé s’ils comptaient ou non sur le Seigneur. Pour nous, quand tout va bien, il est souvent difficile de savoir sur qui nous comptons. Mais quand les temps sont durs, et qu’il existe une voie plus facile, celle de ne pas compter sur Dieu, nous pouvons le voir. Lorsqu’il existe une manière plus facile de faire quelque chose, mais qu’elle implique des raccourcis éthiques, c’est aussi un moment où tous peuvent voir sur qui vous comptez. Rabschaké avait probablement été informé du ministère d’Ésaïe, et c’est sans doute pourquoi il mentionna que Dieu avait envoyé les Assyriens.

 

Q: En És 36:7, pourquoi Rabschaké dit-il qu’Ézéchias avait fait disparaître « les hauts lieux » de Dieu ?

R: Rabschaké était un orateur remarquable, et une grande partie de ce qu’il dit était vrai et persuasif. Mais dire qu’Ézéchias avait fait disparaître les hauts lieux de Dieu était soit un mensonge, soit le fruit de l’ignorance. Ézéchias fit disparaître les hauts lieux et les autels de la religion cananéenne, comme Dieu l’avait ordonné. On pourrait penser que Rabschaké se trompait simplement. Cependant, au verset 10, Rabschaké dit que Dieu lui avait ordonné de détruire Juda, alors qu’il ne croyait même pas au Dieu d’Israël ; on sait donc qu’il mentait ici.

 

Q: En És 36:11,13, le peuple de Dieu n’a-t-il pas été appelé « Juifs » seulement pendant et après l’exil ?

R: Non. « Juif » désignait quelqu’un du royaume du Sud en 2 Rois 16:6 ; 18:26,28 ; 25:25 ; 2 Chroniques 32:18 ; Ésaïe 36:11,13 ; Jérémie 32:12 ; 34:9 ; 38:19 ; 40:11,12,15 ; 41:3 ; 44:1 ; 52:28,30. On les appelait Juifs pendant l’exil, dans Esther et Daniel.

 

Q: En És 36:12 et 2 R 18:27, est-il absurde que la Bible dise que des gens mangent et boivent des excréments humains (« manger leurs excréments et pour boire leur urine ») ? (Le musulman Ahmad Deedat l’a affirmé catégoriquement, en d’autres termes.)

R: Considérez qui parle. C’est le méchant général assyrien qui le dit, alors qu’il raille les Israélites et le seul vrai Dieu. Je ne sais pas pourquoi un érudit honnête oublierait de voir que ces paroles viennent d’un idolâtre qui raille Dieu et Son peuple, et non de Dieu. J’ignore quelle proportion de musulmans affirmerait que les arguments de Deedat étaient honnêtes.

 

Q: En És 36:16, comment la tentation nous murmure-t-elle aujourd’hui à l’oreille : « Faites la paix avec moi, rendez-vous à moi » (rendez-vous et vivez tranquilles) ?

R: Lorsque la voie facile implique une activité illégale, un compromis moral, des raccourcis éthiques ou la déloyauté envers quelqu’un qui vous fait confiance. Lorsqu’elle implique d’abandonner un conjoint devenu malade, handicapé ou défiguré, ou de revenir sur sa parole ou ses promesses. Ce peut être capituler devant la convoitise ou l’avidité, ou, dans ce cas, devant la peur. L’Assyrien disait en substance : « Aucun dieu ne nous a jamais arrêtés, et le vôtre ne nous arrêtera pas non plus. »

 

Q: En És 36:19 et 2 R 17:31, où se trouvait « Sepharvaïm » ?

R: Nous ne savons pas aujourd’hui où elle se trouvait. Elle était apparemment proche de Hamath et d’Arpad, dans le nord de la Syrie. Le géographe grec Ptolémée (History livre 5 ch.18.7) mentionne Sipphara comme la ville la plus méridionale de Mésopotamie. Il s’agit probablement de la ville sumérienne de Sippar.

 

Q: En És 36-37, où ce grand miracle du massacre de l’armée assyrienne est-il rapporté ailleurs ?

R: L’historien grec Hérodote écrit que l’armée assyrienne fut envahie par une armée de souris (ou de rats). Non seulement les rats rongèrent les cordes des arcs et les courroies de cuir des boucliers, mais ils apportèrent aussi la peste.

   Hérodote, dans History livre 2 ch.141 p.79, dit que cela se passa à Péluse, tandis que la Bible ne le précise pas, sinon que l’armée assyrienne assiégeait Jérusalem. Hérodote, qui ne vivait pas en Juda, a pu se tromper sur ce détail. D’un autre côté, Hérodote pourrait avoir raison si, pendant qu’une partie de l’armée assyrienne encerclait Jérusalem, une autre partie se déplaçait du siège de la puissante forteresse de Lakis vers la ville de Libna, ayant appris que l’armée égyptienne/éthiopienne de Tirhaka approchait. On peut lire quelque chose de semblable dans les Antiquities of the Jews de Josèphe, livre 10 ch.1.5.

Hérodote d’Halicarnasse écrivit vers 447-425 av. J.-C. Dans son History livre 2 ch.141 p.79, il écrit : « Le roi suivant [égyptien/éthiopien] [après le roi aveugle Anysis], me dit-on, fut un prêtre de Vulcain nommé Séthos. Ce monarque méprisa et négligea la classe des guerriers égyptiens, comme s’il n’avait pas besoin de leurs services. Parmi d’autres affronts qu’il leur fit, il leur retira les terres qu’ils avaient possédées sous tous les rois précédents, à savoir douze aroures de terre de choix pour chaque guerrier. Plus tard donc, lorsque Sanacharib [Sanchérib], roi des Arabes et des Assyriens, marcha avec sa vaste armée contre l’Égypte, les guerriers refusèrent tous ensemble de lui venir en aide. Là-dessus, le monarque, très affligé, entra dans le sanctuaire intérieur et, devant l’image du dieu, déplora le sort qui le menaçait. Tandis qu’il pleurait, il s’endormit et rêva que le dieu venait se placer à ses côtés, lui ordonnant de prendre courage et d’aller hardiment à la rencontre de l’armée arabe, qui ne lui ferait aucun mal, car il lui enverrait lui-même des secours. Séthos, se fiant alors au songe, rassembla ceux des Égyptiens qui voulaient bien le suivre, dont aucun n’était guerrier, mais des marchands, des artisans et des gens du marché ; et avec eux il marcha vers Péluse, qui commande l’entrée de l’Égypte, et y établit son camp. Comme les deux armées se trouvaient face à face, il vint pendant la nuit une multitude de mulots [souris ou rats] qui dévorèrent tous les carquois et les cordes des arcs de l’ennemi, et rongèrent les courroies avec lesquelles ils maniaient leurs boucliers. Le lendemain matin, ils engagèrent le combat, et une grande multitude tomba, car ils n’avaient pas d’armes pour se défendre. Il se dresse encore aujourd’hui, dans le temple de Vulcain, une statue de pierre de Séthos tenant une souris à la main, avec une inscription disant à peu près ceci : « Regarde-moi, et apprends à révérer les dieux. »

   Ce texte est tiré de Great Books of the Western World vol.6 Herodotus – Thucydides, publié en 1952. Le texte provient de l’Everyman’s Library, dans la traduction anglaise de George Rawlinson (1812-1902) ; traduit en français par nos soins.

   Voir aussi l’Encyclopaedia Britannica (1956) vol.11 p.512-513 pour plus d’informations sur Hérodote.

Bérose était un astronome et historien influent né à Babylone, qui écrivit vers 290-278 av. J.-C. Comme il écrivit environ 150 ans après Hérodote, on peut l’appeler « le petit nouveau ». Josèphe, dans les Antiquities of the Jews livre 10 ch.4 p.214, résuma le récit d’Hérodote en relevant une erreur qu’il avait commise, et conclut ainsi : « Et Hérodote nous rapporte en effet cette histoire ; bien plus, Bérose, qui écrivit sur les affaires de la Chaldée, fait mention de ce roi Sanchérib, et dit qu’il régna sur les Assyriens, et qu’il fit une expédition contre toute l’Asie et l’Égypte ; et il dit ceci :- ». Puis, au ch.5 p.213, il cite Bérose. ‘« Or, lorsque Sanchérib revenait de sa guerre d’Égypte vers Jérusalem, il trouva son armée, sous le commandement de Rabschaké son général, en danger [à cause d’une épidémie], car Dieu avait envoyé une maladie pestilentielle sur son armée ; et, dès la première nuit du siège, cent quatre-vingt-cinq mille hommes, avec leurs capitaines et leurs généraux, périrent. Le roi fut donc saisi d’une grande crainte et d’une terrible angoisse devant cette calamité ; et, craignant pour toute son armée, il s’enfuit avec le reste de ses troupes vers son propre royaume et vers sa ville de Ninive ; et lorsqu’il y eut séjourné peu de temps, il fut attaqué traîtreusement et mourut de la main de ses fils aînés, Adrammélec et Séraser, et fut tué dans son propre temple, appelé Araske. Or ces fils furent chassés par les citoyens à cause du meurtre de leur père, et s’en allèrent en Arménie, tandis qu’Assarachoddas [Esar-Haddon] prit le royaume de Sanchérib. » Et telle fut la conclusion de cette expédition assyrienne contre le peuple de Jérusalem. »

 

Q: En És 37:1-3, pourquoi le roi Ézéchias « déchira ses vêtements » ici ?

R: Déchirer (et donc abîmer) ses vêtements était alors une pratique courante pour exprimer un deuil profond, la honte ou l’indignation. C’était aussi une réaction au blasphème. Comme le montre Ésaïe 37:3 (« Ce jour est un jour d’angoisse, de châtiment et d’opprobre »), Ézéchias déchira ses vêtements à la fois à cause du sort qui l’attendait, lui et son peuple, et à cause du déshonneur que les Assyriens feraient retomber sur Dieu en Le raillant puis en conquérant Jérusalem.

   Ézéchias a pu se dire qu’il s’agissait d’une crise qu’ils avaient eux-mêmes provoquée. Auparavant, l’Assyrie avait combattu l’Égypte en traversant la Judée sans l’inquiéter, car la Judée était tributaire de l’Assyrie. Ésaïe avait conseillé à Achaz de rester neutre et de ne s’allier ni à l’Égypte, ni à Samarie et Damas. Mais Achaz ne l’écouta pas. Pourtant, même lorsque nous ou nos parents sommes la cause de notre problème, Dieu reste désireux de secourir Ses serviteurs repentants, humbles et obéissants.

 

Q: En És 37:9, pourquoi Tirhaka est-il appelé « roi d’Éthiopie » ?

R: Les Éthiopiens, aussi appelés Koushites, gouvernaient l’Égypte à cette époque, en 701 av. J.-C. Tirhaka était en réalité le commandant de l’armée, et il ne devint roi qu’en 690 av. J.-C. C’est comme lorsque nous racontons la vie du président George Washington en y incluant des événements antérieurs à sa présidence.

   Un bas-relief de Tirhaka a été trouvé à Médinet Habou.

 

Q: En És 37:12, où se trouvent « Gozan, Charan, Retseph » ?

R: Ils se trouvent tous dans le nord de l’Irak ou l’est de la Syrie.

Gozan est très probablement le même lieu que Zuzan, en Arménie extérieure, sur le Khabour, dans le nord-est de la Syrie. De même, le géographe Ptolémée connaissait une Gauzanitis dans la même région.

Charan est l’endroit où s’arrêta Abraham, dans l’est de la Syrie.

Retseph est très probablement l’actuelle Rusafa, à environ 135 kilomètres au sud de Charan.

 

Q: En És 37:21, quelle est la signification de la phrase « J’ai entendu la prière que tu m’as adressée » ?

R: Parce qu’Ézéchias a prié, Dieu est intervenu et a changé le cours de l’histoire. Dieu n’entend pas seulement nos prières ; Il voit aussi nos larmes, comme en Ésaïe 38:5 : « J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes ». Bien sûr, un jour viendra où Dieu essuiera toutes nos larmes, en Ésaïe 25:8 ; Apocalypse 21:4.

   La prière a-t-elle changé les choses parce que Dieu ne savait pas, parce que Dieu avait besoin de la puissance de la prière d’Ézéchias, ou parce que Dieu ne l’avait pas décrété ? Non, dans tous les cas. C’est plutôt qu’en vertu de la doctrine de la « congruence », la prière d’Ézéchias concordait avec la volonté souveraine et décrétée de Dieu, comme Dieu savait déjà qu’elle le ferait.

 

Q: En És 37:29, pourquoi Dieu parle-t-Il de mettre « ma boucle à tes narines » au roi d’Assyrie ?

R: Les Assyriens étaient connus pour passer des crochets dans le nez de leurs captifs. Quelqu’un qui a un crochet dans le nez est douloureusement contraint d’aller dans la direction où le mène celui qui tient la corde. De même, Sanchérib, roi d’Assyrie, sera contraint, contre son gré, de se retirer lorsque Dieu tirera sur son « crochet ». Très vite, en 701 av. J.-C., Sanchérib dut se retirer, pour ne jamais revenir. Vingt ans plus tard, en 681 av. J.-C., il fut assassiné par deux de ses fils, Adrammélec et Scharetser. Selon une note de la traduction par William Whiston des Antiquities of the Jews de Josèphe, livre 10 ch.1, note p.213, ces deux fils devinrent les chefs de deux familles importantes d’Arménie. La chronique babylonienne rapporte aussi que Sanchérib fut assassiné par ses deux fils.

 

Q: En És 38:1-39:8, quand ces événements eurent-ils lieu ?

R: La période revient en arrière : « En ce temps-là ». Ésaïe 38:6 indique que c’était avant Ésaïe 37, puisqu’il y est dit que Jérusalem serait délivrée du roi d’Assyrie. Les documents historiques extérieurs à la Bible montrent aussi que la visite de Merodac-Baladan eut nécessairement lieu avant que les Assyriens ne reconquièrent Babylone puis n’attaquent Juda et Jérusalem. Ézéchias s’alliait à Merodac-Baladan pour qu’ils se révoltent ensemble contre l’Assyrie. Les Assyriens réglèrent son compte à la révolte de Merodac-Baladan, puis Sanchérib vint en Juda.

   Merodac-Baladan avait auparavant régné sur Babylone de 721 à 710 av. J.-C. (avant de s’enfuir en Élam), puis de nouveau pendant neuf mois, après avoir vaincu les Assyriens à Kish en 703 av. J.-C., jusqu’à son élimination au milieu de l’année 702 av. J.-C. La maladie d’Ézéchias se situe vers 701 av. J.-C., tout comme le siège de Jérusalem par Sanchérib.

   Ésaïe 38:1-8 est parallèle à 2 Rois 20:1-11, et Ésaïe 39 est parallèle à 2 Rois 20:12-19.

 

Q: En És 38:4-5, pourquoi Dieu revint-Il sur cette prophétie ?

R: Lorsqu’Ézéchias pria, Dieu lui accorda quinze années de plus : « j’ajouterai à tes jours quinze années ». Quelque chose de semblable se produisit avec le prophète Nathan et David, en 2 Samuel 7:3-6, et aussi en Jonas 4:2-3, bien que Jonas n’en fût pas content.

 

Q: En És 38:2, pourquoi « Ézéchias tourna son visage contre le mur » ?

R: Il y a deux points de vue, et les deux sont peut-être vrais.

Le désespoir : Ézéchias était désespéré ; il ne voulait voir personne et, surtout, ne voulait pas que quiconque le voie aussi abattu. Voir The Prophecy of Isaiah d’Alec Motyer, p.297, pour plus de détails.

Pour prier : Ézéchias s’apprêtait à prier Dieu intensément, et il ne voulait pas que quiconque le voie ou le distraie. Voir The Expositor’s Bible Commentary vol.6 p.236 pour plus de détails.

 

Q: És 38:3 (« j’ai marché devant ta face avec fidélité et intégrité de cœur ») montre-t-il que les bonnes œuvres sauvaient à l’époque de l’Ancien Testament ?

R: Non, pas même à l’époque de l’Ancien Testament. Ézéchias rappela à Dieu ses bonnes œuvres non pour demander à être sauvé, mais pour demander que sa vie soit prolongée. Et cela ne prouve même pas que les bonnes œuvres d’Ézéchias aient amené Dieu à lui accorder une vie plus longue. Cela prouve seulement qu’Ézéchias pensait que cela pourrait être le cas.

 

Q: En És 38:8, quelle est la signification de ce miracle où « le soleil recula de dix degrés » ?

R: Il serait très simple de « faire » avancer le soleil : il suffit d’attendre un peu. Mais si Dieu pouvait faire reculer l’ombre du soleil, Il pouvait aussi faire reculer l’horloge de la vie d’Ézéchias. Il ne s’agissait pas d’un cadran solaire circulaire comme on en voit dans un jardin, mais d’un obélisque construit par Achaz avec un escalier qui servait au même usage (« l’ombre des degrés qui est descendue sur les degrés d’Achaz »). Il est ironique que le signe se soit produit sur l’escalier construit par Achaz, alors qu’Achaz lui-même n’avait pas voulu demander de signe à Dieu, en Ésaïe 7:11-12.

   Ce signe était particulièrement approprié pour Ézéchias. Puisque Dieu pouvait faire reculer l’heure indiquée par les degrés, Dieu remettait à zéro la vie d’Ézéchias pour lui accorder quinze années de plus.

   Certains voudraient que Dieu fasse reculer l’horloge de leur vie d’une autre manière. Ils voudraient pouvoir revenir en arrière et ne pas faire certaines choses qu’ils ont faites ou ne pas dire ce qu’ils ont dit. Bien que Dieu ne défasse pas les choses de cette manière, Il peut « remettre l’horloge à zéro » en donnant aux gens une vie nouvelle en Christ et en leur pardonnant leurs péchés. Parfois, comme peuvent vous le dire nos frères et sœurs nés de nouveau en prison, Dieu accorde le pardon, mais ils doivent tout de même assumer les conséquences de leurs actes passés.

 

Q: En És 38:12, quel est le sens de ces deux illustrations ?

R: Une tente peut sembler permanente, car on peut y vivre au même endroit pendant de nombreuses années. Mais lorsqu’on arrache le piquet et qu’on démonte la tente, ce qui faisait partie du paysage disparaît soudain (« Comme une tente de berger »). De même, une fois qu’on a coupé une étoffe du métier après le travail du tisserand (« Je sens le fil de ma vie coupé comme par un tisserand »), c’est irréversible ; on ne peut pas la remettre.

   Dans notre vie, bien des passages, comme la mort, sont irréversibles.

 

Q: En És 38:9-22, que pouvons-nous apprendre de la prière poétique d’Ézéchias ?

R: Tout d’abord, il est tout à fait permis de composer une prière en vers pour prier Dieu. Ensuite, après que Dieu lui eut dit qu’il allait bientôt mourir, Ézéchias n’accepta pas du tout la volonté de Dieu. Il se tourna vers le Seigneur et pria avec amertume, demandant à Dieu de changer cela et de le laisser vivre plus longtemps.

   Nous devons présenter toutes nos requêtes à Dieu, mais accepter la volonté de Dieu. Pendant ce temps supplémentaire naquit Manassé, le roi le plus méchant que Juda ait jamais eu.

 

Q: En És 38:21 et 2 R 20:7, comment « une masse de figues » (un cataplasme) étendue sur l’ulcère aida-t-elle Ézéchias à guérir ?

R: Tout d’abord, un furoncle dû à une infection à staphylocoque peut être mortel, surtout sans antibiotiques. Soit le cataplasme fut un moyen dont Dieu se servit pour le miracle, soit ce fut simplement un traitement médical. C’était un remède courant à l’époque, et le cataplasme agissait peut-être de quatre manières.

1. Le cataplasme de figues contient du sucre, et ce nutriment aiderait les cellules du corps à mieux se régénérer.

2. Si le cataplasme était très sucré, comme une confiture ou une gelée, il tuerait en fait les bactéries à croissance rapide. Aujourd’hui encore, la gelée conservée à température ambiante est moins sujette à l’altération bactérienne qu’on ne le croirait. Dans un milieu très sucré, les bactéries perdent si vite leur eau par osmose que leurs parois cellulaires éclatent et qu’elles meurent.

3. En outre, d’autres composés du cataplasme ralentissaient peut-être la croissance des bactéries et modifiaient le pH.

4. Enfin, si la plaie était d’abord nettoyée, puis recouverte du cataplasme, celui-ci la protégeait de la saleté et des bactéries présentes dans l’air.

   Les cataplasmes étaient utilisés contre les furoncles (infections à staphylocoque) chez Pline 23:63 et Dioscoride 1:184, selon The Message of Isaiah de Barry G. Webb, p.156. The Expositor’s Bible Commentary vol. 4 p.274 et vol.6 p.238 indiquent que l’usage médicinal des feuilles de figuier remonte au moins aux tablettes de Ras Shamra, à Ougarit, vers 1400-1300 av. J.-C.

 

Q: En És 37:38, qui est le dieu « Nisroc » ?

R: Le nom de cette idole n’est pas connu en dehors de la Bible. Il pourrait s’agir d’un dieu inconnu par ailleurs, ou d’une erreur de transcription pour le dieu Mardouk. Quoi qu’il en soit, il est ironique qu’Ézéchias soit allé au temple prier Dieu, et voyez ce qui arriva. Le puissant Sanchérib alla dans son temple prier son dieu, et voyez ce qui arriva.

 

Q: En És 39:2-4, quelle fut la portée du fait qu’Ézéchias montra tout aux envoyés babyloniens (« il n’y eut rien qu’Ézéchias ne leur fît voir ») ?

R: Les envoyés venaient conclure une alliance militaire contre les Assyriens. Ézéchias fut peut-être flatté par leurs compliments, mais il était plus probablement impatient de s’allier à un pays puissant pour écarter la menace assyrienne. La délégation babylonienne voulait connaître les ressources militaires et financières d’Ézéchias. Ézéchias voulut apparemment les impressionner, et leur montra les richesses qu’il avait amassées. Les Babyloniens s’en souviendraient sans aucun doute et désireraient plus tard conquérir Juda.

   Remarquez qu’il n’est jamais dit qu’Ézéchias pria Dieu pour savoir ce qu’il devait montrer à ces incroyants. Même si un croyant suit Dieu avec obéissance, cela ne signifie pas qu’il ne puisse pas faire de sottises lorsqu’il ne demande pas à Dieu de le guider. Ézéchias montrait aux futurs ennemis de Juda ce qu’ils pourraient emporter.

   Soit dit en passant, Ésaïe 39 est parallèle à 2 Rois 20:12-19 et ressemble à 2 Chroniques 32:24-31.

 

Q: En És 39:6-7, les Babyloniens envahirent-ils plus tard le pays parce qu’Ézéchias leur avait tout montré ?

R: Nous ne pouvons pas le dire, mais cela a certainement pu jouer un rôle. D’un côté, ils auraient peut-être fini par envahir Juda quoi qu’Ézéchias leur ait montré. De l’autre, ils étaient probablement plus impatients d’envahir Juda, sachant que le pays était assez riche pour avoir amassé un tel trésor.

   Jésus a dit : « ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent » (Matthieu 7:6). Bien qu’Ézéchias n’ait pas eu le bénéfice des paroles de Jésus, nous pouvons en tirer une leçon. Prenez garde d’étaler vos biens précieux et vos informations privées devant ceux qui pourraient plus tard se retourner et s’en servir contre vous. Ézéchias se confia ici en ses richesses et ses armes (avant Sanchérib), les montra aux Babyloniens, et Dieu dit : « Très bien, alors nous laisserons tout cela être donné aux Babyloniens. »

 

Q: En És 39:8, ce qu’Ézéchias a dit était-il bon ou mauvais : « il y aura paix et sécurité pendant ma vie » ?

R: Cela montre le cœur d’Ézéchias et, malheureusement, ce qu’il a de bon et de mauvais. Ézéchias se souciait de sa propre marche avec Dieu et de son propre rôle de roi. Il se soumit à la volonté de Dieu, et il fut reconnaissant que Dieu ne le frappe pas personnellement pour son péché ; mais, hélas, il ne semblait guère se soucier de son héritage ni de ce qui arriverait après lui.

   Malheureusement, les chrétiens d’aujourd’hui peuvent eux aussi manquer de vision à long terme. Nous devons nous soucier de nos enfants et de notre héritage, en plus de notre relation personnelle avec Dieu.

 

Q: En És 40:1-44:28, de nombreux passages soulignent qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu. Comment la Trinité peut-elle être vraie ?

R: Personne ne dirait que cela contredit la notion de Trinité, à moins de ne pas comprendre ce que la Bible a révélé de la Trinité. L’un des aspects essentiels de la Trinité est qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu, mais trois Personnes distinctes. Le Père, le Fils et l’Esprit sont Dieu, mais Ils sont un seul Dieu indivisible. Un seul Dieu indivisible ne contredit pas trois Personnes distinctes, pas plus qu’une seule montagne ne peut avoir trois sommets. Les chrétiens se sont souvent servis d’Ésaïe 40-44 pour prouver l’aspect « un seul Dieu » de la Trinité. Voir la discussion sur Matthieu 28:19 pour plus d’informations sur la Trinité.

 

Q: És 40-66 est-il un second livre, écrit par un auteur différent et plus tardif qui vivait à Babylone ?

R: Non ; voir la discussion à la fin d’Ésaïe, qui répond en détail aux théories des deux et trois Ésaïe.

 

Q: En És 40, qu’y a-t-il d’intéressant dans la structure ici ?

R: Ésaïe 1-39 comporte sept parties, comprenant chacune neuf discours. Ésaïe 40-66 comporte 3 parties, comprenant chacune neuf discours. La huitième partie est donc Ésaïe 40-48. Cette division est si nette que beaucoup de spécialistes libéraux, qui nient la possibilité d’une prophétie surnaturelle, affirment qu’un auteur différent a écrit Ésaïe 40-66.

   De plus, Ésaïe 1-39 traite principalement d’événements survenus avant la fin de la vie d’Ésaïe, tandis que les 27 derniers chapitres, 40-66, sont davantage tournés vers l’avenir. L’Ancien Testament compte 39 livres, et le Nouveau 27.

 

Q: És 40:1-5a pourrait-il désigner en partie Jean-Baptiste et Christ, et en partie le Báb et Baha’u’llah, comme l’enseignent les bahá’ís dans Baha’u’llah and the New Era p.263-264 ?

R: Non. Leur explication est intéressante. Ils disent que ce passage ne peut désigner seulement Jean-Baptiste et Christ, parce que la guerre de Jérusalem n’est pas terminée, alors qu’Ésaïe 40:2b dit « Que sa servitude est finie ». Cependant, cette guerre n’était pas non plus terminée à l’époque de Baha’u’llah. Hormis cela, rien dans ce passage ne suggère le Báb et Baha’u’llah. De plus, où le Báb a-t-il jamais dit : « Préparez au désert le chemin de l’Éternel » ? Il enseignait qu’il était la manifestation de Dieu, et qu’une autre manifestation n’apparaîtrait pas avant 1 000 ans.

   Les bahá’ís disent que Baha’u’llah signifie « gloire de Dieu » en arabe, et Ésaïe 40:5 emploie l’expression « la gloire de l’Éternel », mais il dit que « toute chair la verra ». Or les bahá’ís disent que ce titre désigne une personne, et non ses lois ou son organisation. Mais lorsque Baha’u’llah mourut, un pourcentage infime de la population mondiale avait entendu parler de lui. À moins qu’ils n’envisagent de montrer sa dépouille à tout le monde, le monde entier ne verra pas celui qu’ils appellent « la gloire de Dieu ».

 

Q: En És 40:2, le péché de Jérusalem a-t-il été payé en dehors de l’œuvre de Christ sur la croix (« Que son iniquité est expiée ») ?

R: Non, car Dieu ne précisait pas ici comment les péchés étaient pardonnés. Les exilés de retour se repentiraient de l’idolâtrie de leurs ancêtres, et Dieu leur pardonnerait. Le moyen, à savoir la mort de Jésus sur la croix pour tous nos péchés, ne leur avait pas encore été révélé.

   Le mot hébreu employé ici, saba’, traduit par « servitude » dans la Segond (« Que sa servitude est finie »), peut désigner des temps difficiles, ou la contrainte, mais ces temps difficiles ont un but. Il peut aussi désigner le service militaire d’une armée, comme le traduit la NASB 2020, et comme en Juges 8:6.

 

Q: En És 40:3-4, quelle est l’image de l’aplanissement ici ?

R: Avant qu’un roi du Moyen-Orient ne visite une ville, une « équipe d’avant-garde » s’y rendait d’abord pour réparer les routes et aplanir le terrain autant que possible : « Que toute vallée soit exhaussée, Que toute montagne et toute colline soient abaissées ! » En langage moderne, on dirait « dérouler le tapis rouge ». Lorsque Dieu viendra en visite (en la personne de Jésus-Christ), le chemin sera préparé.

   Aujourd’hui, cherchons-nous à « préparer le chemin » pour que les non-croyants écoutent sérieusement l’Évangile ? Cela peut passer par des conversations avec eux, et aussi par la formation d’autres croyants pour qu’ils parlent aux non-chrétiens.

 

Q: En És 40:3-4, comment les gens sauraient-ils que cela désignait Jean-Baptiste ?

R: Les gens ne connaîtraient pas le nom du précurseur, mais ils verraient dans Ésaïe que le précurseur appellerait le peuple à se préparer à la venue de Dieu Lui-même.

 

Q: En És 40:6-8, quelles sont les trois choses que dit ce passage ?

R: On peut considérer ce verset de trois manières.

L’humanité en général est comme une fleur qui semble neuve et fraîche un temps, mais qui se fane et se flétrit : « Toute chair est comme l’herbe, Et tout son éclat comme la fleur des champs ».

Chacun de nous ne vit sur la terre que peu de temps ; notre vie présente n’est qu’un bref prélude à notre vie éternelle.

Comparée aux hommes, « la parole de notre Dieu subsiste éternellement ».

 

Q: En És 40:11, qu’y a-t-il d’intéressant dans le mot traduit par «  agneau » ici ?

R: Les mots peuvent avoir un sens courant et un sens familier. Ce mot particulier pour agneau, employé seulement en Ésaïe 40:11 ; 65:25 et 1 Samuel 7:9, signifie simplement «  agneau ». Mais le terme araméen apparenté, qui signifie aussi agneau, a un sens familier de « jeune garçon ». Jésus employa la forme féminine de ce mot lorsqu’Il ressuscita la fillette de douze ans, en Marc 5:41 (« Talitha koumi »).

 

Q: En És 40:12, Dieu a-t-Il des dimensions humaines, comme le disent certains prédicateurs de la « Parole de foi » ?

R: Bien sûr, Jésus-Christ a des dimensions humaines, car non seulement Il était un homme, mais Il est encore un homme. Mais Dieu n’est pas limité à des dimensions physiques. L’expression « Qui a mesuré les eaux dans le creux de sa main » ne signifie pas que Dieu serait un violoniste maladroit parce que Ses mains seraient trop grandes. Cette expression poétique montre plutôt l’ampleur de la puissance de Dieu. Le Psaume 139:7-10 et Jérémie 23:24 montrent que la main de Dieu est partout, car Il remplit le ciel et la terre. Ce ne serait pas possible si Dieu était limité à des dimensions humaines. Voir When Cultists Ask p.80 pour une réponse complémentaire.

 

Q: En És 40:12-14, pourquoi ce passage souligne-t-il que Dieu n’a eu besoin d’aucune aide ni d’aucun conseil ?

R: Par contraste, dans la mythologie babylonienne, Mardouk créa le monde, mais il ne put le faire qu’après avoir consulté le dieu Ea, l’omniscient. Les mythologies babylonienne et cananéenne croyaient toutes deux que le créateur devait combattre un autre être avant de pouvoir créer.

   Toujours par contraste, dans la mythologie sumérienne, après le déluge, les dieux avaient très faim ; autrement dit, ils dépendaient des sacrifices pour leur subsistance. Mais Dieu n’a besoin d’aucun sacrifice ; en fait, s’Il avait besoin de manger, ils seraient bien trop petits pour Lui.

 

Q: En És 40:12-14, Dieu n’a eu besoin d’aucune aide pour la création, mais de quelles manières les gens essaient-ils aujourd’hui de « donner un coup de main à Dieu » ?

R: En réalité, Dieu nous A donné le privilège de « Lui donner un coup de main », non qu’Il ait besoin d’aide, mais parce qu’Il nous a invités, ou plutôt ordonné, de travailler à amener des gens à Christ, à faire des disciples, et à aimer et aider les autres en général. Mais nous ne devons jamais penser que Dieu doit se servir de nous. Et nous devons accomplir le ministère que Dieu nous a confié, et non faire autre chose en pensant aider Dieu.

 

Q: En És 40:13-14, cela montre-t-il que Dieu a un conseiller ?

R: Cela montre le contraire. De même que personne d’autre ne peut mesurer les eaux dans le creux de sa main ni prendre les dimensions des cieux, personne n’a pleinement compris la pensée de Dieu ni ne L’a instruit. Ésaïe 41:28-29 demande aussi, de manière rhétorique, moqueuse et ironique, où sont les conseillers de Dieu.

 

Q: En És 40:18,25, devons-nous comparer Dieu à quelqu’un ou à une image (« A qui voulez-vous comparer Dieu ? Et quelle image ferez-vous son égale ? ») ?

R: Ce verset dit indirectement que non, car il n’y a rien à quoi Le comparer. La seule raison de Le comparer aux idoles est de voir à quel point les idoles sont sans valeur. Une image en deux dimensions ne peut être confondue avec une personne, mais il y a une ressemblance. Nous sommes faits à l’image de Dieu, quoique déchus, et il existe des ressemblances entre Dieu et nous. Voir When Critics Ask p.270 pour une réponse différente mais complémentaire.

 

Q: En És 40:22, qu’est-ce que le « cercle de la terre » ?

R: Le mot hébreu employé ici, khug, peut signifier cercle ou sphère. Ainsi, bien que la Bible soit compatible avec une terre sphérique, il ne faut pas se servir de ce verset pour tenter de prouver qu’ils savaient que la terre était une sphère.

   Cependant, il n’est pas du tout invraisemblable de penser que les anciens croyaient la terre sphérique. Pythagore (v.580/572-492/490 av. J.-C.) et son disciple Philolaos (v.500 av. J.-C.) pensaient que la terre était une boule en rotation. Voir http://www.skyscript.co.uk/copernicus.html pour plus d’informations. Héraclide (v.388/380-v.310 av. J.-C.) pensait que le soleil et toutes les planètes, sauf Mercure et Vénus, tournaient autour de la terre en rotation. Aristarque de Samos (v.310-230 av. J.-C.) disait que la terre tournait autour du soleil, selon Archimède. Aristarque pratiquait l’astronomie à Alexandrie. On l’appelle le Copernic de l’astronomie antique, car il enseignait que le soleil était 20 fois plus éloigné de la terre que la lune, et devait donc être beaucoup plus grand. [En réalité, le soleil est environ 400 fois plus éloigné de la terre que la lune.] Séleucos (150 av. J.-C.) soutint aussi le point de vue d’Aristarque.

   Cependant, si la terre tournait, elle devait se déplacer très vite ; or le monde antique pensait pouvoir réfuter ce point de vue, car sinon tout s’envolerait. On pourrait dire que le monde antique n’a pas examiné cette hypothèse avec assez de gravité. Voir http://www.perseus.tufts.edu/GreekScience/Students/Kristen/Aristarchus.html pour plus d’informations.

 

Q: En És 40:22, en quoi les hommes sont-ils « comme des sauterelles » comparés à Dieu ?

R: Nous considérons les sauterelles comme des créatures éphémères, sales et pas très intelligentes, et tout cela s’applique lorsqu’on nous compare à Dieu. Nous sommes comme des sauterelles comparés à Dieu pour au moins sept raisons.

1. La puissance de Dieu

2. La présence de Dieu partout

3. L’intelligence de Dieu

4. Le regard de Dieu sur le monde

5. Notre brève vie sur la terre

6. Dieu traverse toutes les saisons

7. Nul n’est semblable à Lui

Vous pouvez sans doute trouver d’autres raisons.

 

Q: En És 40:31, que signifie être de « ceux qui se confient en l’Éternel » (littéralement, ceux qui attendent l’Éternel) ?

R: Cela signifie trois choses différentes.

Discerner : Avant de vous précipiter tête baissée dans quelque chose, attendez de voir d’abord si Dieu veut vraiment que vous le fassiez. Voir Now That’s A Good Question p.256-257 pour plus de détails sur ce sens.

Être patient : Même pour ce que nous savons que Dieu veut, nous devons parfois attendre patiemment le moment de Dieu, plutôt que de chercher à forcer les choses avant leur heure.

Suivre : Même pour ce que nous savons que Dieu veut maintenant, nous devons suivre la direction de Dieu plutôt qu’espérer que le Seigneur bénisse et suive nos propres initiatives. L’écrivain chrétien chinois Watchman Nee déplorait que les croyants l’oublient.

   Soit dit en passant, le coureur olympique chrétien Eric Liddell aimait lire Ésaïe 40:30-31.

 

Q: En És 40:31, comment exactement ceux qui se confient en l’Éternel « renouvellent leur force » ?

R: Avant de répondre à cette question, il faut se demander ce qu’est exactement la force. Il existe quatre sortes de force, et ce verset peut se rapporter aux quatre.

La volonté : La force est le courage, ou la force de volonté. Elle comprend à la fois la hardiesse de faire ce que Dieu veut que vous fassiez, et la persévérance pour continuer malgré la déception, l’opposition ou la souffrance. La force de volonté est aussi la maîtrise de soi pour ne pas faire quelque chose, ou cesser de faire ce que Dieu ne veut pas que vous fassiez. Les gens tirent souvent leur force de volonté de leur entourage, du mouvement auquel ils appartiennent, etc. Mais ces circonstances peuvent changer. Ce verset dit que nous devons tirer notre force du Seigneur. Certains haltérophiles ne peuvent soulever une charge que quelques fois, mais les coureurs de marathon ont une force endurante.

Le cœur : On acquiert aussi de la force en s’approchant de Dieu et en gardant son cœur dans le Seigneur. Cela vous permet de ne pas vous épuiser, de jouir de la présence de Dieu et de Le servir, même dans les temps difficiles.

La connaissance et la sagesse : La force de la connaissance consiste à connaître la vérité et à discerner les voies fausses. La sagesse consiste à l’appliquer à sa propre vie, ou à conseiller les autres. On peut avoir la force de la connaissance sans les autres, mais ce n’est pas ce que Dieu désire pour nous. Nous devons être équilibrés et forts dans le Seigneur aussi sous les autres aspects. Une personne dotée d’une jambe gauche aussi forte que celle d’un coureur olympique, et d’une jambe droite de casanier invétéré, ne courrait pas très vite.

La santé physique : S’inquiéter n’est pas seulement contraire à la Bible (Philippiens 4:6) ; c’est aussi nuisible physiquement. Nous devons attendre le Seigneur et remettre les choses entre Ses mains. Ensuite (et c’est évident), si nous marchons avec le Seigneur, notre force physique sera meilleure, car nous ne serons ni ivres ni drogués, et nous arrêterons de fumer ou ne commencerons pas. Enfin, beaucoup de ceux qui ont suivi Dieu ont été blessés physiquement par les tortures endurées pour Christ. Ainsi, bien que sur la terre les méchants puissent abîmer notre corps, nous aurons finalement des corps nouveaux et glorifiés dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre.

 

Q: En És 41:1,5 ; 42:4,10,12, pourquoi les îles ont-elles de l’importance ici (« Iles, faites silence pour m’écouter ! ») ?

R: Les îles sont plus isolées et un peu plus difficiles d’accès que d’autres lieux. Mais la superficie des îles de la Méditerranée est nettement supérieure à celle d’Israël et du Liban réunis. À titre de comparaison, Israël couvre aujourd’hui 1,09 fois la superficie de l’État américain du New Jersey. En voici le détail.

Lieu / superficie

milles carrés

km²

superficie par rapport à Israël

Israël

8522

22072

1.00

Israël + Liban

12558

33024

1.5

Égypte (approx.)

388392

1005929

45.6

Égypte cultivable

14054

36400

1.65

Îles de la Méditerranée

37832

98000

4.4

 

Q: En És 41:2, 41:25-28, qui est celui qui vient de l’orient, et comment pouvait-il venir à la fois de l’orient et du nord ?

R: C’est un conquérant envoyé par Dieu pour libérer Son peuple exilé afin qu’il puisse revenir. C’est le roi Cyrus de Perse, mentionné par son nom en Ésaïe 44:28 et Ésaïe 45:1. Cyrus était le fils de Cambyse, du clan perse des Achéménides (Hakhamanis), de la tribu des Pasargades, et roi d’Anshan en Perse. Cyrus descendait aussi des Mèdes ; la princesse mède Mandane était probablement sa mère.

  Ésaïe 41:2 et 41:25b disent qu’il viendra de l’orient, du soleil levant (« De l’orient, il invoque mon nom »). Ésaïe 41:25a dit qu’il viendra du nord (« Je l’ai suscité du septentrion »). Un conquérant ne mènerait pas son armée plein est d’Israël, car c’est le désert. L’armée passerait plutôt par le nord, à travers la Mésopotamie, puis, depuis les environs de Damas, arriverait du nord pour entrer en Israël, avant de poursuivre vers l’Égypte. Cyrus vint de l’orient pour conquérir Babylone, puis alla vers le nord et l’ouest pour conquérir la Lydie, puis vint du nord en Israël.

   Le Talmud, Jean Calvin et quelques autres ont pensé que ce passage désignait, au passé, Abraham. Cependant, les nations ne furent pas livrées à Abraham, et il ne domina pas sur des rois.

 

Q: En És 41:5, comment des îles inanimées peuvent-elles avoir peur (« Les îles le voient, et sont dans la crainte ») ?

R: Cette personnification désigne la peur des habitants des îles. Certaines îles sont des lieux plus reculés où vivent des gens.

 

Q: En És 41:5-7, pourquoi la vanité de la fabrication des idoles est-elle mentionnée dans cette partie d’Ésaïe ?

R: Cette saynète s’insère parfaitement ici, car les autres nations païennes craignent que Cyrus ne vienne les conquérir. Mais elles pouvaient encore garder courage, car elles étaient certaines de savoir exactement comment vaincre Cyrus : elles allaient fabriquer davantage d’idoles à prier ! Après tout, si cela avait marché pour Jérusalem contre les Assyriens, cela devait marcher aussi pour leurs idoles. Pourtant, puisque Cyrus conquit absolument tout le Moyen-Orient au nord du désert d’Arabie, comment cela a-t-il tourné pour elles ?

 

Q: En És 41:7s, à quoi bon mentionner que l’on « fixe l’idole avec des clous, pour qu’elle ne branle pas » ?

R: Ésaïe fait ici preuve d’ironie et d’un peu d’humour. Ils prient des dieux d’une telle puissance que les hommes ne doivent pas oublier de clouer l’idole pour qu’elle ne bascule pas pendant qu’ils implorent son puissant secours.

   On pourrait objecter qu’ils priaient des divinités invisibles, et que les statues n’étaient que des images. Cependant, les gens avaient une vision double de leurs idoles païennes. Ils croyaient qu’elles se trouvaient sur le mont Olympe, qu’elles conduisaient le soleil dans le ciel sur un char, qu’elles vivaient dans l’Hadès, ou ailleurs, mais en même temps, et de manière incohérente, ils croyaient que le métal ou le bois de la statue elle-même devait être vénéré. On le voit aujourd’hui dans l’hindouisme, où quelqu’un peut installer une petite statue d’un dieu hindou dans un placard et déposer du ghee (beurre clarifié) ou d’autres offrandes devant ce morceau de métal ou de bois.

 

Q: En És 41:9-14, ce mot hébreu désigne-t-il « tu » au singulier ou « vous » au pluriel ?

R: Bien que ce ne soit pas facile à voir dans les traductions anglaises modernes, la version King James et la version chinoise suivent l’hébreu, tout comme la Segond : « Tu es mon serviteur ». En hébreu, c’est au singulier.

 

Q: En És 41:14, pourquoi Dieu appelle-t-Il Jacob « vermisseau de Jacob » ici ?

R: Peut-être le peuple de Juda et d’Israël se sentait-il comme un vermisseau parmi les nations, plein de crainte d’être écrasé par l’Assyrie. Nous sommes tous très faibles comparés à Dieu et à Sa puissance. Mais le sens d’Ésaïe 41:14-16 n’est pas que Jacob soit devenu un vermisseau insignifiant ; c’est plutôt que de ce vermisseau insignifiant sortira un Rédempteur qui sera une puissance dominante. Un ver « laboure » le sol. Mais Ésaïe 41:15 dit que de ce ver sortira un instrument qui foulera les montagnes et les collines : « je fais de toi un traîneau aigu, tout neuf, Garni de pointes ; Tu écraseras, tu broieras les montagnes ».

 

Q: En És 41:19, quelles sortes d’arbres sont ceux que la version King James appelle « cedar, shitta, myrtle, oil, fir, pine, and box trees » ?

R: En comprenant qu’un arbre « à huile » était un arbre dont on tirait l’huile d’olive, les traducteurs modernes s’accordent à dire que les quatre premiers arbres sont « le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier ». Les traducteurs ne sont pas sûrs de certains des trois derniers arbres. La Segond dit : « le cèdre, l’acacia, Le myrte et l’olivier ; Je mettrai dans les lieux stériles Le cyprès, l’orme et le buis ». Des siècles avant Christ, la Septante n’énumérait que cinq arbres : « cèdre, buis, myrte, cyprès, peuplier blanc ». Les traducteurs n’ont probablement pas tenté de traduire les noms d’arbres qu’ils ne connaissaient pas.

   Mais l’essentiel est que ces arbres seraient naturels et donneraient une ombre abondante. Aucun de ces arbres n’est un arbre fruitier, comme ceux que l’on planterait et irriguerait dans le désert pour leurs fruits.

 

Q: En És 41:22-24, quel est le sens ici ?

R: Auparavant, en Ésaïe 41:7, Ésaïe a souligné que la puissance des idoles est nulle dans le présent. Ces versets changent d’angle et soulignent que leur pouvoir de prédire l’avenir est nul lui aussi. Selon le New International Bible Commentary p.747, des documents anciens montrent de nombreuses prédictions de prophètes païens. L’« épreuve décisive » serait un événement d’une importance capitale : la prise de l’Empire babylonien par Cyrus.

   Certains croient aujourd’hui en une « puissance supérieure » appelée « chance », dont le pouvoir se limite à prédire l’avenir. Mais y croire ne vous rend pas plus intelligent que ces gens qui croyaient que leurs idoles pouvaient prédire l’avenir.

 

Q: En És 41:25, que signifie « Je l’ai suscité du septentrion, et il est venu » ?

R: D’abord deux choses qui ne sont pas la réponse, puis la réponse.

La Perse était considérée comme située au nord (Ésaïe 41:25 ; Jérémie 50:3 ; 51:48). Elle est en réalité au nord-est, mais pour aller d’Israël en Perse, on se dirigeait d’abord droit vers le nord.

L’Assyrie et Babylone étaient aussi considérées comme situées au nord, en Jérémie 1:14-15 ; 4:6 ; 6:1 ; 25:9 ; 46:10.

Ces nations n’étaient pas seulement au nord, mais aussi à l’orient, et c’est sans doute pourquoi il est aussi dit qu’elles venaient « du soleil levant ».

La réponse est qu’il s’agit de la seconde venue de Christ, car celui qui vient du nord et de l’orient est celui qui « invoque mon nom ». Jésus Lui-même a cité Ésaïe 42 ; Il a donc reconnu cette partie d’Ésaïe comme messianique.

   Soit dit en passant, le mot désignant ici les princes/gouverneurs, seganim, ne se trouve dans la Bible qu’ici et en Jérémie 51:23,28 et Néhémie 2:16. C’est un emprunt akkadien signifiant « gouverneur de province ».

 

Q: En És 42:1-17, qui est le serviteur en qui Dieu prend plaisir ici (« Voici mon serviteur, que je soutiendrai, Mon élu, en qui mon âme prend plaisir ») ?

R: C’est le premier des chants du Serviteur. Ce serviteur, l’Élu de Dieu, est le Messie, comme le montre Matthieu 12:17-21.

   Le serviteur ne peut pas être simplement un groupe de personnes, comme Israël, à cause de toutes les caractéristiques individuelles du serviteur qui sont énumérées. Il ne peut pas être Ésaïe lui-même, car Ésaïe n’a jamais fait ces choses. Le second serviteur, aveugle et sourd en Ésaïe 42:19, est Israël ; certains ont donc pensé que le serviteur de 42:1-7 était aussi Israël. Cependant, Matthieu 12:17-21 montre qu’il s’agit du Messie. De plus, Jésus a présenté Ésaïe 42:7 comme se rapportant à Lui-même, en Matthieu 4:13-16. Le Targum juif dit aussi qu’Ésaïe 42:1-17 se rapporte au Messie à venir.

 

Q: Puisqu’És 42:1-4 et Mt 12:18-21 disent que le Messie « ne criera point, il n’élèvera point la voix, Et ne la fera point entendre dans les rues »… jusqu’à ce qu’Il établisse la justice sur la terre, pourquoi Jésus a-t-Il proclamé à haute voix que les pharisiens, les scribes et les docteurs de la loi étaient des hypocrites, des conducteurs aveugles, des sépulcres blanchis, etc., en Mt 23 et Lc 11:39-52 ?

R: On pourrait essayer d’interpréter cela comme si Jésus ne pouvait pas dire un seul mot en marchant dans la rue, mais ce serait absurde. Bien sûr que Jésus pouvait parler dans les rues, et qu’Il pouvait parler aux foules, en Matthieu 23. Mais, contrairement aux attentes juives, Jésus n’allait pas soulever le peuple, ni pour attaquer les autres, ni même pour se défendre. Jésus parlait et reprenait avec autorité, mais Il ne lança aucun cri de guerre, aussi tentant que cela ait pu être lors de Son arrestation.

   Le premier des trois principaux mots hébreux d’Ésaïe 42:2, nacah, a des sens très variés, mais le mot suivant dans la Strong’s Concordance, nesa, dérive de nacah et signifie emporter, fomenter une insurrection, ou prendre. Les deux autres mots sont tsa’aq, qui signifie proclamer ou crier, et shama, qui a un sens aussi large. Il ne signifie évidemment pas simplement « proclamer » dans ce contexte, car Ésaïe lui-même dit que le Messie proclamera diverses choses. Il faut considérer ces mots ensemble.

 

Q: En És 42:8-13,18-24, en quoi Israël était-il un serviteur aveugle et sourd ?

R: À quoi peut bien servir un serviteur à la fois aveugle et sourd ? Israël en était arrivé là parce que, malgré tout ce qu’il avait reçu, il avait pris l’habitude obstinée de ne pas répondre à Dieu. Ils étaient désormais sourds aux paroles de Dieu et aveugles à Sa volonté. Ils ne sont plus capables de recevoir les paroles et les commandements du Seigneur.

 

Q: En És 42:9, comment ce verset ruine-t-il, ou modifie-t-il profondément, la théorie libérale des deux Ésaïe ?

R: La théorie des deux Ésaïe dit qu’un premier auteur, avant l’exil, écrivit Ésaïe 1-39, et qu’un second auteur, plus tardif, après la fin de l’exil plus de 150 ans plus tard, écrivit Ésaïe 40-66. Cependant, Ésaïe 42:9 dit explicitement que cette prophétie fut donnée avant que ces choses n’arrivent (« Avant qu’elles arrivent, je vous les prédis ») ; le second Ésaïe (s’il a existé) serait donc un menteur délibéré.

 

Q: En És 42:11, « les villages occupés par Kédar » désignent-ils la descendance d’Ismaël, comme le prétend le musulman Ahmad Deedat ?

R: Bien que ce point n’ait aucune importance pour les chrétiens, Deedat a raison ici. Kédar était l’un des douze fils d’Ismaël, selon 1 Chroniques 1:29. Cependant, beaucoup de musulmans commettent l’erreur de croire que tous les Arabes descendent d’Ismaël. En réalité, l’Arabie était loin d’être vide à la naissance d’Ismaël. Saba (l’actuel Yémen) ne descendait pas d’Ismaël. L’archéologie montre qu’il y avait à Bahreïn des gens dont l’écriture ressemblait à celle des Cananéens. Parmi les habitants de l’Arabie autres que les Ismaélites figuraient les six fils d’Abraham et de sa concubine Ketura. Et avant Abraham, il y avait certains des Sémites de Genèse 10:21-32.

 

Q: En És 42:13, Dieu est-Il un homme, puisque « L’Éternel s’avance comme un héros, Il excite son ardeur comme un homme de guerre » ?

R: Non. Cela signifie simplement que Dieu est un guerrier et un champion.

 

Q: En És 42:13 et Jé 25:30, est-il inconvenant que Dieu « rugisse » (« L’Éternel rugira d’en haut »), comme le prétend le musulman Ahmad Deedat ?

R: Non ; qui sommes-nous pour dire à Dieu ce qu’Il peut faire ou non ? Le « rugissement » de ces deux versets (en Ésaïe 42:13, « Il élève la voix, il jette des cris ») est un cri de guerre. Lorsque Jésus reviendra dans la gloire, Il vaincra les ennemis de Dieu.

 

Q: En És 42:14-17, comment le style renforce-t-il ici le texte ?

R: Ce passage compare la douleur de Dieu, et Sa délivrance soudaine et prochaine, à une femme en travail : « Je crierai comme une femme en travail ». The Expositor’s Bible Commentary vol.6 p.256 dit : « Cette profusion de gutturales et d’aspirées peut sembler laide, mais c’est une communication orale des plus efficaces. La longue période de gestation – représentant peut-être l’exil babylonien – est terminée ; et Dieu, qui a semblé inactif, va s’employer à enfanter Son peuple ».

 

Q: En És 42:19, pourquoi Dieu dit-Il que Son serviteur est aveugle et sourd (« Qui est aveugle, sinon mon serviteur, Et sourd comme mon messager que j’envoie ? ») ?

R: Jérémie 5:20-21 a un message semblable. Le serviteur de Dieu est ici Israël, et Dieu reprend Son serviteur en Ésaïe 42:20. Dire qu’ils sont aveugles et sourds signifie qu’ils ne font pas attention. Certains chrétiens aussi peuvent être aveugles et sourds, en ce qui concerne Dieu, lorsqu’ils perdent le désir de rester proches de Lui et de Lui obéir. Nous pouvons être si remplis d’autres choses qu’il ne nous reste plus de place pour Jésus.

 

Q: En És 42:19 ; Éz 12:1-2 ; La 4:14, de quelles manières les gens peuvent-ils être aveugles et sourds ?

R: Physiquement, on peut être aveugle pour bien des raisons : le cerveau, le nerf optique, la cornée, l’obscurité, etc., et de même pour l’ouïe. On peut aussi être sourd parce que le bruit ambiant est trop fort.

   De même, on peut être aveugle et sourd spirituellement. Si le Saint-Esprit n’agit pas dans la vie de quelqu’un, il n’y a aucun espoir qu’il trouve Dieu. (Jean 16:8-10 montre comment le Saint-Esprit agit dans le monde.) De même que les soucis et les peurs peuvent détourner les gens de l’Évangile dans la parabole des quatre terrains, les soucis et les peurs peuvent couvrir le message de Dieu. Même la religion peut couvrir la voix de Dieu, comme le montre l’histoire étonnamment triste des pharisiens en Jean 9. Jésus dit aux pharisiens, en Jean 8:37b : « ma parole ne pénètre pas en vous ». Puissions-nous ne jamais avoir une vie si remplie qu’il n’y ait plus de place pour la Parole de Dieu. Si c’est le cas, nous devrions essayer de faire un peu de vide dans notre vie.

 

Q: En És 43:1, quelle est la différence entre le fait que Dieu nous appelle simplement et le fait qu’Il nous appelle par notre nom (« Je t’appelle par ton nom : tu es à moi ! ») ?

R: Dieu n’a pas seulement lancé un appel général (que quiconque veut vienne), mais un appel particulier à Jacob et, par extension, à ses descendants, la nation d’Israël. Pour nous, Dieu nous appelle personnellement ; Il connaît chaque jour de notre vie avant même notre naissance, selon le Psaume 139:16.

 

Q: En És 43:1-2, comment la peur domine-t-elle la vie de certaines personnes aujourd’hui ?

R: La peur glace notre cœur et fait taire notre témoignage. Elle nous empêche de faire ce que nous devons faire, et pousse les gens à commettre toutes sortes de folies qu’ils ne commettraient pas s’ils réfléchissaient de façon plus rationnelle et plus calme. La peur peut dominer la vie des autres, et elle peut dominer la nôtre si nous la laissons faire.

 

Q: En És 43:1-2, que devons-nous faire lorsque nous avons peur ?

R: Premièrement, Ésaïe 43:4a nous enseigne que nous devons comprendre que nous sommes précieux aux yeux de Dieu : « tu as du prix à mes yeux ».

Deuxièmement, Ésaïe 43:4b dit que Dieu nous aime : « je t’aime ».

Troisièmement, priez pour que Dieu soit glorifié dans cette situation. Il peut être glorifié en vous protégeant, ou en vous prenant auprès de Lui.

Enfin, prenez conscience qu’il peut y avoir une tendance dangereuse à « agir dans la panique ». Sortez du danger immédiat, si vous ou d’autres y êtes exposés, puis réfléchissez posément à la meilleure marche à suivre.

 

Q: En És 43:3, où se trouve « Saba » (Seba) ?

R: C’est la même que Saba, dans l’actuel Yémen, ou de l’autre côté du détroit, en Éthiopie. Seba/Saba est aussi mentionnée en Ésaïe 60:6 ; Job 6:19 ; 1 Rois 10:1-13 ; Job 1:15 ; Ésaïe 45:14 ; Ézéchiel 23:42 ; et Joël 3:8.

 

Q: En És 43:3, comment Dieu a-t-Il donné « l’Égypte pour ta rançon, L’Éthiopie et Saba à ta place » ?

R: L’Empire perse devint le plus grand empire qu’aient connu jusque-là le Moyen-Orient et l’Europe. Dieu donna à la Perse le territoire de l’Égypte et le commerce avec l’Éthiopie et Saba, en échange de la bienveillance des Perses envers Israël. Cyrus projeta de conquérir l’Égypte, selon Hérodote (The History livre 1 ch.153 p.35), et elle fut conquise sous Cambyse, son successeur.

 

Q: En És 43:5-6, quand cela s’accomplira-t-il (« Je ramènerai de l’orient ta race, Et je te rassemblerai de l’occident ») ?

R: Cela s’accomplit d’abord lorsque les exilés revinrent sous Zorobabel, en 539-538 av. J.-C. Cela s’accomplira aussi à la fin des temps, lorsque tout Israël reviendra. Certains voient dans la création de l’État moderne d’Israël le début de cet accomplissement.

 

Q: En És 43:7, pourquoi l’homme a-t-il été créé par Dieu (« que j’ai créés pour ma gloire ») ?

R: L’objet de votre courte question soulève une grande question. Il est très curieux que, quelques jours avant de lire votre question, j’aie donné à l’école du dimanche un cours à des garçons de CM2 sur ce sujet précis.

   Puisque Dieu sait tout avant que cela n’arrive (Psaume 139:16,17 ; Ésaïe 44:7 ; 46:10 ; 1 Jean 3:20 ; etc.), Dieu a vu qu’Adam et Ève tomberaient, Il a vu que nous pécherions contre Lui, et Il a vu le douloureux sacrifice que Jésus accomplirait. On pourrait penser que Dieu aurait dit : « C’est trop de tracas ; je ne vais pas me donner la peine de créer ces gens. » Je pense que Dieu aurait été parfaitement en droit de le faire. Mais ce n’est pas ce que Dieu a fait ; pour une raison ou une autre, Dieu a vu, au-delà de tout le chagrin et de toute la douleur, que cela en vaudrait la peine. Mais pourquoi diable (ou plutôt pourquoi au ciel) jugerait-Il que cela en vaut la peine ?

Dans la Bible, nous pouvons discerner un certain nombre de raisons.

   Les hommes et les femmes sont créés à l’image de Dieu (Genèse 1:26-27). Or, sur la terre, nous concevons une image comme une représentation partielle, en deux dimensions, d’un objet en trois dimensions. De même, nous sommes une représentation partielle et finie d’une partie du caractère de Dieu. Être à l’image de Dieu, c’est en partie pouvoir L’aimer, être des êtres moraux, avoir le libre arbitre (bien défini), apprécier la beauté et la vérité d’une manière dont les animaux sont incapables. Il y a un second aspect du fait d’être à l’image de Dieu, que je réserve pour quand je parlerai de 1 Jean.

   Nous sommes créés pour glorifier Dieu. (Ésaïe 43:7 ; 62:3)

   Nous sommes créés pour vivre avec Dieu (2 Corinthiens 5:4-5). Nous régnerons avec Christ dans le ciel (Éphésiens 2:6).

   Dieu veut nous avoir afin de nous montrer une miséricorde et une grâce incroyables. (Éphésiens 2:7)

   Nous sommes créés pour accomplir de bonnes œuvres (sur la terre, mais peut-être aussi au ciel), que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions. (Éphésiens 2:10).

Pour être saints et irrépréhensibles devant Lui (Éphésiens 1:4)

Pour être Ses enfants d’adoption (Éphésiens 1:5)

   Nous avons été créés pour le bon plaisir de Dieu. (Hébreux 11:6 et d’autres versets parlent du fait de Lui être agréables.)

   Actes 17:28a dit qu’« en lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être ». De même, Colossiens 3:3 dit que la vie des croyants est désormais cachée avec Christ en Dieu.

   Mais il y a aussi un autre aspect important. 1 Jean 4:12-16 montre non seulement que nous vivons en Dieu, mais que Dieu vit en nous. Nous avons été conçus de telle sorte que l’Esprit de Dieu puisse réellement habiter en nous. Vous pourriez penser que le Dieu tout-puissant ne peut pas faire certaines choses : ne pas pouvoir ressentir la douleur, être blessé, souffrir, etc. Bien sûr, le Dieu tout-puissant a fait cette expérience lorsque Jésus est venu sur la terre mourir pour nos péchés. Mais comment le Dieu tout-puissant peut-Il vivre directement nos joies et nos luttes, et notre amour ? Il le peut aussi. Pour ceux qui ont demandé à Jésus d’entrer dans leur cœur, Dieu, par le Saint-Esprit, vient à nous et fait en nous Sa demeure (Jean 14:23-27).

   Jésus a comparé cette relation réciproque, nous en Dieu et Dieu en nous, à Lui-même comme cep et à nous comme sarments, en Jean 15:1-8. Ainsi, comme croyant, lorsque j’ouvre les yeux le matin, ce n’est pas seulement « moi » qui regarde par mes yeux ; c’est aussi « Lui ». Cependant, le service de Dieu est la liberté parfaite ; j’ai toujours le choix, et la responsabilité, de vivre d’une manière qui Lui plaît et qui aime les autres, ou qui Le déshonore et ne sert que moi-même. Il y a de la joie à Le suivre, mais aussi du combat, tandis que nous brillons pour Lui dans ce monde souillé par le péché.

   Nous ne devons toutefois pas nous enfler d’orgueil. Nous ne sommes en aucun cas divins ; nous sommes simplement des vases. En tant que vases, nous ne sommes ni différents ni meilleurs que tous les non-chrétiens qui nous entourent ; c’est seulement que nous avons été choisis par la grâce de Dieu et que nous avons reçu quelque chose de différent à l’intérieur. Nous avons la mission d’offrir ce don extraordinaire aux autres, et Dieu remplira volontiers tous ceux qui Le Lui demanderont, car Dieu aime chaque personne plus que vous ne pouvez l’imaginer, plus encore que cette personne ne peut s’aimer elle-même.

   En dehors de cela, Dieu a aussi des desseins particuliers pour différentes personnes. Parfois, Dieu leur fait connaître quelque chose de leur dessein particulier ; parfois, ils ne le découvrent qu’à leur mort. Dans une période sombre, Dieu dit au peuple de Juda par Jérémie : «  Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. Vous m’invoquerez, et vous partirez ; vous me prierez, et je vous exaucerai. Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur. Je me laisserai trouver par vous, dit l’Éternel. » (Jérémie 29:11-14a)

   Si vous n’êtes pas chrétien, j’espère sincèrement que vous chercherez le Seigneur. Si vous êtes chrétien, j’espère que vous continuerez à chercher le Seigneur pour mieux savoir comment Lui plaire, et que vous le ferez.

 

Q: En És 43:8-13, quel est le point principal ici ?

R: À ce stade, le chapitre passe de la consolation au défi d’un tribunal. Mais, contrairement à d’autres procès allégoriques d’Ésaïe, Israël n’est pas l’accusé, mais un témoin : « Vous êtes mes témoins, dit l’Éternel ». Les païens prétendent que divers dieux sont dignes d’adoration, mais leurs dieux ne les aident pas. Israël doit témoigner qu’il y a eu, qu’il y a et qu’il y aura éternellement un seul Dieu, et qu’Il est son Sauveur. Si nous nous disons chrétiens, mais que nous flirtons avec la croyance en d’autres dieux, par exemple en pensant qu’il y a aussi du vrai dans les dieux de l’hindouisme ou d’autres religions païennes, alors nous ne sommes plus témoins de cela.

 

Q: En És 43:14 ; 48:14,20, quelle est exactement la différence entre un Babylonien et un Chaldéen ?

R: À cette époque, c’étaient des synonymes. Les Babyloniens amorrites conquirent l’ancienne Sumer et se mêlèrent aux Sumériens pendant environ 1 000 ans avant l’époque d’Ésaïe.

 

Q: En És 43:14, pourquoi parle-t-il des Chaldéens « sur les navires dont ils tiraient gloire », alors que Babylone était une ville de l’intérieur des terres ?

R: D’abord ce qui n’est pas la réponse, puis la réponse.

Ce qui n’est pas la réponse : Puisque les Chaldéens possédaient toutes les terres de Babylone jusqu’au golfe Persique, ils auraient pu décharger les navires près du golfe Persique et transporter les marchandises par voie de terre jusqu’à leur capitale, Babylone.

La réponse : Babylone était située sur le puissant fleuve Euphrate. L’historien grec Hérodote (The History livre 1 ch.194 p.44) écrit que les Chaldéens avaient de petites embarcations rondes faites de peaux tendues sur une armature d’osier, qui remontaient et descendaient l’Euphrate et le golfe Persique. Les plus grandes pouvaient transporter une charge de cinq mille talents. Ces « navires fluviaux » pouvaient acheminer les cargaisons des grands navires de haute mer venus d’Égypte, d’Afrique, du sud de l’Arabie, de Perse ou d’Inde. Les Babyloniens avaient aussi des navires de guerre qu’ils achetaient aux Phéniciens.

 

Q: En És 43:14-21, à quoi Ésaïe compare-t-il ici ?

R: Sans le dire directement, Ésaïe compare le retour de l’exil à l’Exode hors d’Égypte. Dieu leur rappelle, en Ésaïe 43:16-17, que c’est Lui qui fit passer les Israélites à travers la mer Rouge et engloutit les chars et les chevaux égyptiens. Dieu prit soin d’eux dans le désert, et Dieu prendra soin d’eux aussi pendant les 1 000 à 1 450 kilomètres du trajet de Babylone jusqu’en Israël.

 

Q: En És 43:16 et Ps 8:9, que sont « les sentiers des mers » ?

R: Voyons laquelle de trois possibilités est la bonne.

(inexact) Les courants océaniques : La mer Méditerranée et la mer Rouge n’ont pas de courants ; il ne pourrait donc s’agir que des courants des océans.

(inexact) Le trajet d’un navire ou d’un poisson vers une destination.

(exact) Le chemin à sec à travers la mer Rouge.

Pour savoir laquelle est la bonne, notez ce qui suit :

Le verset 16 parle de ce que Dieu a fait dans le passé, Lui « Qui fraya dans la mer un chemin, Et dans les eaux puissantes un sentier ».

Le verset 17 ajoute qu’Il « mit en campagne des chars et des chevaux », qui furent « Anéantis, éteints comme une mèche ».

Le verset 19 dit que, de même que dans le passé ils savaient que Dieu leur avait ouvert un chemin à travers la mer puissante, à l’avenir Dieu leur ouvrira un chemin dans le désert pour revenir de captivité : « Je mettrai un chemin dans le désert ». Par conséquent, les deux premières interprétations sont inexactes et seule la troisième est la bonne.

Soit dit en passant, au moins deux Bibles d’étude et quatre commentaires donnent aussi la troisième interprétation.

 

Q: En És 43:22-28, comment encourager les autres à ne pas se lasser de Dieu (« tu t’es lassé de moi, ô Israël ! ») ?

R: Cette partie du chapitre passe à l’accusation, comme devant un tribunal, de s’être lassés de Lui. Plus une personne accomplit des rites extérieurs dépourvus de sens intérieur, plus elle se sent lasse. Plus on adore Dieu avec hypocrisie, et non de tout son cœur, plus cela peut devenir pesant. Mais ils n’honoraient même plus Dieu en offrant des sacrifices. Les gens peuvent montrer leur lassitude de Dieu de différentes manières. Aujourd’hui, beaucoup qui croient encore en Dieu et ne commettent pas de péchés graves ont cessé d’aller à l’église et de donner pour l’œuvre de Dieu. Ce n’est probablement pas parce qu’ils ont délibérément pensé avoir mieux à faire que suivre Dieu, mais parce que le temps consacré à Dieu a été involontairement « évincé » par le temps consacré à d’autres choses. Si Satan combat les chrétiens par des menaces et des tentations, il le fait aussi par des distractions qui accaparent notre temps. « nous n’ignorons pas ses desseins » (2 Corinthiens 2:11).

 

Q: En És 43:25, comment le Dieu qui sait tout peut-Il dire : « je ne me souviendrai plus de tes péchés » ?

R: Ce n’est pas que Dieu ne puisse pas se souvenir de nos péchés ; c’est que Dieu choisit de ne pas s’en souvenir. Non seulement Il ne nous les rappellera plus, mais Il n’y pensera même plus Lui-même. The MacArthur Bible Commentary p.812 note que c’est l’un des sommets de la grâce dans l’Ancien Testament.

   Soit dit en passant, le premier ancêtre qui pécha, en Ésaïe 43:27 (« Ton premier père a péché »), désigne probablement Jacob, nommé en 43:28, l’ancêtre commun d’Israël seulement, et non des Madianites ni des Ismaélites.

   De même, lorsqu’un frère dans la foi a péché, s’est repenti et a été restauré, et a réparé le tort si c’était possible, nous n’avons pas besoin de lui rappeler ce péché, ni d’en parler à qui que ce soit.

 

Q: En És 44:1-28, quel est le point central de ce chapitre ?

R: Beaucoup de chapitres nous enseignent la doctrine et la connaissance de Dieu, mais celui-ci, en outre, met à nu le cœur de Dieu : les sentiments simultanés mais différents que Dieu éprouve envers Israël.

 

Q: En És 44:2, quelle est la signification du nom Jeschurun (que la Segond rend par « Mon Israël ») ?

R: Certaines personnes utilisent des surnoms, et Dieu aussi donne ici un surnom à Israël. Jeschurun signifie « le droit » en hébreu. Ce terme n’était pas inconnu des Israélites, car il est aussi employé en Deutéronome 32:15 ; 33:5,26. Sa racine a un sens plus noble que celle de Jacob, qui signifie « supplanteur ».

 

Q: En És 44:4, de quels arbres s’agit-il (la Segond dit « les saules ») ?

R: On pensait que le mot hébreu désignait un peuplier, mais on y voit maintenant l’« arbre ben », que nous connaissons sous le nom de moringa. Les moringas, originaires du nord de l’Inde puis répandus dans toute l’Asie du Sud, ont des feuilles d’un vert éclatant, poussent vite, résistent à la sécheresse, et leurs graines peuvent aider à purifier l’eau. On surnomme le moringa l’arbre de vie. Beauté, croissance rapide, résistance à la sécheresse et capacité de purifier sont aussi de bonnes caractéristiques pour la vie spirituelle d’un croyant !

 

Q: En És 44:8s, que peut apprendre un mormon de ce verset ?

R: Beaucoup de versets disent qu’il n’y a qu’un seul vrai Dieu, mais celui-ci le dit d’une manière particulière. Nous croyons que Dieu sait tout, mais même si vous n’étiez pas d’accord, vous devriez admettre que Dieu est au moins assez intelligent, n’est-ce pas ? Et si Dieu était un tant soit peu intelligent, Il saurait s’Il avait un frère ou une sœur Dieu, n’est-ce pas ? Eh bien, en Ésaïe 44:8, Dieu demande de façon rhétorique : « Y a-t-il un autre Dieu que moi ? », puis Il répond : « Il n’y a pas d’autre rocher, je n’en connais point ».

 

Q: Pourquoi És 44:9,11,15-20 met-il ici l’accent sur la honte ?

R: La culture occidentale met fortement l’accent sur le bien et le mal, mais d’autres cultures, notamment celles du Moyen-Orient, mettent au moins autant l’accent sur l’honneur et la honte. Préféreriez-vous fréquenter quelqu’un qui a « raison » mais qui se moque de faire des choses honteuses, ou quelqu’un qui se trompe sur bien des points, mais qui s’efforce d’être une personne honorable ?

   Il est ironique que les païens croient honorable d’adorer leurs dieux, alors qu’Ésaïe dit ici a) que cela leur apporte en réalité la honte, et b) qu’au fond d’eux-mêmes ils peuvent facilement s’en rendre compte. En fait, le demi-dieu Hercule était connu pour ses douze travaux héroïques. Mais Diagoras de Mélos, disciple de Démocrite, jeta une statue de bois d’Hercule au feu en disant : « Allons, Hercule, accomplis ton treizième travail et aide-moi à faire cuire les navets. » (d’après le Keil-Delitzsch Commentary on the Old Testament vol.7 partie 5 p.211.)

   Ésaïe 44:10,12 souligne la honte de fabriquer ou d’adorer une idole ; Ésaïe 44:15-20 dresse une triste satire de la façon dont une personne devrait avoir honte de sa sottise en fabriquant une idole. Mais la satire réside dans la description objective des faits, non dans le ton. On pourrait y voir non un sarcasme moqueur, mais un sarcasme pince-sans-rire.

   Ésaïe n’était pas le seul à le remarquer. Le célèbre poète romain Horace (65-27 av. J.-C.) dit quelque chose d’assez semblable : « J’étais autrefois un tronc de figuier, un bois inutile. Mais un artisan… préféra que je sois un dieu… »

 

Q: Que dit És 44:12-17 du travail des hommes ?

R: Dieu reconnaît que les hommes peuvent être très travailleurs, avec la force qui est la leur. Mais cela peut être un dur travail au service d’idoles vaines, qui ne se soucient de rien et ne peuvent ni aider ni rendre ce travail utile. Ésaïe 44:12 souligne que la force des artisans s’épuise parce qu’ils ont faim et se fatiguent en fabriquant l’idole de métal ou de bois : « Mais a-t-il faim, le voilà sans force ». S’ils se fatiguent en fabriquant une idole, l’idole est encore moins puissante qu’eux. Pourtant, ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force, selon Ésaïe 40:28-31.

   D’une manière étrange, Dieu est souverain même sur ce qui n’existe pas. Les dieux-idoles n’existent pas réellement, et pourtant ils ont un pouvoir ; leur pouvoir réside dans les gens qui croient à leur tromperie. Ésaïe 44:14 dit que l’idole de bois vient de la hache de l’artisan, appliquée au bois, qui a poussé à partir de l’arbre, qui doit son existence à la pluie. Autrement dit, l’existence de cette idole prétendument puissante dépendait tout entière de la pluie !

 

Q: En És 43:22-44:23, comment cette rédemption spirituelle se compare-t-elle à la rédemption nationale d’És 42:18-43:31 ?

R: Ésaïe parle d’abord de la rédemption nationale, puis de la rédemption spirituelle. Voici une comparaison tirée de The Prophecy of Isaiah de J. Alec Motyer, p.326.

Sur le plan national

Sur le plan spirituel

Ils furent exilés en captivité à cause de leur péché national – És 42:18-43:31.

Ils étaient totalement pécheurs - És 43:22-24.

Répondre aux besoins nationaux És 43:1-7

Répondre aux besoins spirituels És 43:25-44:5

Le Seigneur et Sauveur est le seul Dieu, non les idoles. És 43:8-13

Le Seigneur et Rédempteur est le seul Dieu, non les idoles. És 44:6-20

Rachetés de Babylone. És 43:14-21

Rachetés du péché. És 44:21-23

 

Q: En És 44:25, comment nous protéger, et surtout protéger les autres, de l’excès de la prétendue fausse connaissance qui circule ?

R: Il semble y avoir de plus en plus de fausses informations. Il faut leur opposer de vraies informations, mais cela ne semble pas suffire. Il faut aussi « défendre le troupeau » et montrer que les fausses informations sont erronées. Une troisième manière, qui combine les deux premières, consiste à poser des questions sur leur fausse croyance, comme Ésaïe nous montre ici à le faire. C’est Dieu qui dit : « J’anéantis les signes des prophètes de mensonge ».

 

Q: En És 44:27, quelle est la signification de l’assèchement des fleuves (« Je dis à l’abîme : Dessèche-toi, Je tarirai tes fleuves ») ?

R: Trois choses sont en vue.

Dans le passé, Dieu assécha la mer Rouge pour Moïse, et le Jourdain pour Josué.

Dans un avenir proche, le roi perse Cyrus put conquérir la ville de Babylone en détournant le fleuve dans le bassin de Sepharvaïm, de sorte qu’il ne restait qu’environ trente centimètres d’eau. L’armée perse put alors marcher facilement dans le lit du fleuve sous les murs de Babylone, selon Hérodote. Cependant, contrairement à cela, Young dit que les tablettes cunéiformes de Babylone montrent que le récit d’Hérodote ne correspond probablement pas à ce qui s’est passé. Voir The Prophecy of Isaiah de J. Alec Motyer, p.355, pour plus de détails.

Dans un avenir lointain, l’Euphrate sera desséché pour les rois de l’Orient, en Apocalypse 16:12.

 

Q: En És 44:28-45:3,13, pourquoi Cyrus est-il mentionné ici (« Je dis de Cyrus : Il est mon berger ») ?

R: Ésaïe 44-45 est une prophétie qui nomme Cyrus. Dieu connaissait même le nom du libérateur des Juifs 150 à 200 ans avant la naissance de Cyrus. Les libéraux et les sceptiques ont postulé qu’une véritable prophétie de l’avenir est impossible ; ils se servent donc depuis longtemps de cette mention de Cyrus pour « prouver » que la dernière partie d’Ésaïe fut écrite après l’avènement de Cyrus. Cyrus décréta que les Juifs pouvaient rentrer en 538 av. J.-C., un an après avoir conquis Babylone. Le Temple fut finalement reconstruit en 516 av. J.-C.

   Cyrus était mentionné, mais sans être nommé, en Ésaïe 41:2,25. Mais comme le dit The Expositor’s Bible Commentary vol.6 p.270, le « nom [de Cyrus] a été réservé pour ce grand moment d’apogée poétique et prophétique ».

 

Q: En És 45:4-6,18,21-22 ; 46:9, pourquoi ces versets sont-ils bons à partager avec des mormons ?

R: Au lieu de croire le mensonge selon lequel d’autres dieux semblables au leur gouvernent d’autres planètes, Ésaïe 46:9 dit : « nul n’est semblable à moi ». Il n’y a personne d’autre comme notre Dieu. Notre Dieu est unique dans l’univers.

 

Q: Au sujet d’És 45:7 ; És 14:7 : j’ai écouté la présentation YouTube de Larry Wessels, ‘Unpopular bible doctrines’ (Doctrines bibliques impopulaires), et je l’ai trouvée assez intéressante pour consulter le site. J’ai parcouru et lu une partie de votre site, et survolé les questions sur la création du mal par Dieu. J’ai fait une recherche dans la discussion sur la Genèse de votre site, sur la création du mal, et je n’ai PAS vu ce verset : Ésaïe 45:7 (version King James) : « Je forme la lumière, et je crée les ténèbres ; je fais la paix, et je crée le mal ; moi, l’ÉTERNEL, je fais toutes ces choses. » (La Segond traduit : « Je forme la lumière, et je crée les ténèbres, Je donne la prospérité, et je crée l’adversité ; Moi, l’Éternel, je fais toutes ces choses. ») Moi aussi, je cherche la vérité, c’est-à-dire que je suis un chrétien qui veut vraiment savoir ce que dit la Bible, même ce qui est impopulaire. J’aimerais donc avoir votre commentaire sur És 45:7.

R: Ce mot hébreu, ra’, apparaît environ 640 fois dans l’Ancien Testament. À certains endroits, il désigne le mal moral, mais à 275 endroits il signifie « malheur » ou « calamité » ; c’est d’ailleurs ainsi que l’entend la Segond, qui traduit ici « l’adversité ». Now That’s A Good Question p.267-268 souligne qu’il existe sept mots hébreux différents traduits par « evil » (mal) en anglais. Même le mot anglais « evil » a deux sens : le mal moral et la catastrophe physique. Ce verset dit que Dieu provoque parfois des catastrophes physiques. Bien sûr, dans notre monde déchu, Dieu permet que des catastrophes physiques surviennent ; mais ce verset dit en fait que Dieu provoque des catastrophes physiques. Pensez à l’anéantissement de Sodome et Gomorrhe, au déluge de Noé, ou au grand festin de l’Apocalypse : Dieu peut donner la mort aussi bien que la vie. Nous aimons penser à Dieu comme à l’être le plus aimant de l’univers, et Dieu l’est. Mais Dieu est aussi l’être le plus courroucé de l’univers, et nous devons nous en souvenir.

   Tertullien, écrivant en 207/208 apr. J.-C., parla aussi des deux sortes de mal ici. Il distinguait le mal coupable (culpae) et le mal pénal, ou châtiment (poenae), dans son ouvrage Five Books Against Marcion livre 2 ch.14 p.308.

 

Q: En És 45:7 ; És 14:7, comment un Dieu bon a-t-Il pu « faire la paix et créer le mal » (version King James ; la Segond : « Je donne la prospérité, et je crée l’adversité ») ?

R: Now That’s A Good Question p.267-268 souligne qu’il existe sept mots hébreux souvent traduits par le mot anglais « evil » (mal) dans la version King James. La réponse est que ce mot désigne souvent une catastrophe physique, et pas seulement le mal moral.

   L’hérétique Marcion, qui parlait grec et non hébreu, tenta de se servir de ce passage pour prouver que le Dieu de l’Ancien Testament était mauvais et différent du Dieu du Nouveau Testament. Les valentiniens et d’autres gnostiques rejetaient les versets d’Ésaïe affirmant qu’il n’y a pas d’autre dieu, comme un mensonge du méchant dieu démiurge de l’Ancien Testament.

   Tertullien (écrivant en 207/208 apr. J.-C.) répondit à cette question essentiellement de la même manière, en distinguant le mal coupable (culpae) et le mal pénal, ou châtiment (poenae), dans Five Books Against Marcion livre 2 ch.14 p.308.

 

Q: En És 45:9, en quoi certaines personnes sont-elles comme un « Vase parmi des vases de terre » (des tessons) ?

R: Les petits morceaux brisés de vases sont presque totalement inutiles, capables de blesser autrui, alors qu’ils auraient pu être utiles autrefois. Certaines personnes sont comme des tessons : elles ont un jour semblé prometteuses, capables de venir à Christ et de servir Dieu, mais semblent maintenant totalement inutiles. Souvenez-vous toutefois que Dieu peut refaçonner les vases. Voir aussi la discussion sur Lamentations 4:2.

 

Q: En És 45:9-11, que dit Dieu dans ces métaphores du potier et des parents ?

R: Personne ne pouvait demander à son père ou à sa mère : « Pourquoi m’as-tu engendré ? » De même, un vase ne peut reprocher au potier la manière dont il l’a fait. De même, Dieu peut nous faire comme Il le veut, et nous n’avons qu’à l’accepter. L’application immédiate concerne le roi Cyrus. Aux yeux de Cyrus, il connaissait son but dans la vie : étendre l’Empire médo-perse et s’enrichir, lui et les Perses, en le faisant. Mais Dieu voyait les choses tout autrement. Cyrus fut créé avant tout pour décréter que les Juifs pouvaient rentrer dans leur patrie. Même s’il avait pu le voir (ce qu’il ne pouvait pas), Cyrus n’aurait pas été en position de contester les desseins de Dieu. De même, les Juifs, et nous, ne pouvons contester les desseins pour lesquels Dieu nous a faits.

 

Q: En És 45:13, comment Cyrus a-t-il permis aux Juifs de rentrer « Sans rançon ni présents », alors qu’És 43:3-4 indique que l’Égypte, l’Éthiopie et Saba furent donnés en échange d’Israël ?

R: Bien que le pays fût conquis, Cyrus n’était pas obligé de libérer les exilés juifs, et il n’en retira aucune récompense (sinon des sujets loyaux). On ne fit rien payer aux Juifs ; au contraire, les Perses leur fournirent des provisions. Mais Dieu récompenserait les Perses en leur donnant en retour les territoires de l’Égypte, de l’Éthiopie et de Saba, même si Cyrus ne s’y attendait pas.

 

Q: En És 45:18-25, quels sont les quatre rôles de Dieu mis en relief ici ?

R: Ce passage souligne et relie à la fois le rôle de Dieu dans la création (45:18), la révélation (45:19), le salut (45:20-22) et le jugement promis (45:23-25).

 

Q: En És 45:19, Dieu laisse-t-Il parfois les gens Le chercher en vain (« Je n’ai point dit à la postérité de Jacob : Cherchez-moi vainement ! ») ?

R: Dieu ne laisse pas ceux qui Le cherchent sincèrement Le chercher en vain. Voici cinq points à considérer.

1. Jésus a promis en Matthieu 7:7-8 : « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ».

2. Cependant, nul ne cherche Dieu (Romains 3:10-11, qui cite le Psaume 53:2-4).

3. Pourtant, paradoxalement, David, qui a écrit le Psaume 53, dit qu’il a cherché Dieu.

4. Nous avons la responsabilité de chercher Dieu (Ésaïe 9:12, etc.)

5. La solution des points 2, 3 et 4 est que personne ne cherche Dieu de lui-même. C’est plutôt Dieu qui attire les gens à Lui (même à l’époque de l’Ancien Testament). Si le Père n’attirait pas les gens, personne ne viendrait à Jésus (Jean 6:44).

 

Q: En És 45:20, qui sont les « Réchappés des nations » ici ?

R: Il y a deux points de vue. Le premier est qu’il s’agit des Israélites exilés d’Israël et de Juda et dispersés parmi les nations par l’Assyrie, puis par Babylone. Cela désignerait à la fois les Juifs qui suivaient encore Dieu et ceux qui adoraient désormais des idoles. Le second point de vue est que, puisque l’Assyrie exila aussi des gens d’autres nations (que Cyrus laissa rentrer chez eux), il s’agit de tous les exilés, juifs et païens. En dehors du seul vrai Dieu, leur seule puissance réside dans des idoles de bois sans vie qu’ils prient en vain.

 

Q: En És 45:21, quel est le contraste entre Dieu qui annonce les choses et les idoles ?

R: Alors que Dieu annonça Cyrus par son nom environ 150 ans à l’avance, les idoles païennes ne prophétisèrent rien. En fait, le Cylindre de Cyrus dit que Mardouk fit prendre Babylone (sous Cyrus) pour punir Nabonide et les Babyloniens. Mais cela ne fut écrit qu’après l’événement ; auparavant, rien n’indiquait que Nabonide n’était pas assez religieux ni que Mardouk était mécontent de Babylone.

 

Q: En És 46:1, qui sont Bel et Nebo (« Bel s’écroule, Nebo tombe ») ?

R: Bel était un autre nom de Mardouk, aussi appelé Bel-Merodac, le dieu principal de Babylone. Bel est aussi mentionné en Jérémie 51:44. Le souverain babylonien Belschatsar portait le nom de Bel. Les souverains babyloniens Nebucadnetsar (Nabu-kudurri-usur), Nabonide (Nabu-na’ia) et Nabopolassar (Nabu-apal-usur) ont tous « Nebo » dans leur nom. Beaucoup de commentaires disent que cette idole était différente de l’idole cananéenne appelée Baal, mais The MacArthur Bible Commentary p.816 et The NIV Study Bible p.1084 pensent que Bel était un autre nom de l’idole cananéenne Baal. Pour compléter le tableau, la déesse babylonienne Ishtar était la même que la déesse cananéenne Astarté. Nebo était le fils de Mardouk et le dieu de l’écriture.

   Chaque année, ces deux dieux étaient portés en procession lors du Nouvel An babylonien, le jour de l’équinoxe de printemps. Nebo devait écrire la destinée de chacun pour l’année.

   Hérodote dit qu’il y avait à Babylone deux statues en or de Bel/Mardouk.

   L’enjeu de ces versets est que les gens devaient choisir entre croire à la religion morte de Bel et Nebo, ou au Dieu vivant. Ils devaient choisir de placer leur confiance en Bel, Nebo et les Babyloniens, ou dans le vrai Dieu.

 

Q: En És 46:2, quand les Babyloniens tentèrent-ils de mettre leurs idoles à l’abri ?

R: Cela ne se produisit pas lorsque Cyrus prit Babylone. En revanche, lorsque le roi assyrien attaqua et reconquit Babylone en 703 av. J.-C., le roi rebelle babylonien Merodac-Baladan fit évacuer les dieux babyloniens. Il s’agit ici d’obliger à prendre une décision : un Juif devait décider s’il se confierait en des idoles païennes comme Bel (Mardouk) et Nebo, ou dans le seul vrai Dieu. Malheureusement, les Babyloniens eux-mêmes étaient presque aussi sourds à leur message que leurs dieux.

 

Q: En És 46:1-13, quel est le plan ici ?

R: Voici un plan possible.

És 46:1-2 Le fardeau du sauvetage des idoles

És 46:3-4 Dieu nous sauve, en nous portant comme Son fardeau

És 46:5-7 Des fardeaux morts qui ont besoin d’être sauvés n’ont aucun pouvoir de sauver

És 46:8-11 Dieu nous a faits

És 46:12 Dieu nous a sauvés

 

Q: En És 46:3, quel est le contraste ici ?

R: Ésaïe présente des contrastes en laissant implicite la partie évidente. Bel et Nebo, les deux principales divinités de Babylone, sont portés par des bêtes de somme. Par contraste, Dieu porte Son peuple : « Je l’ai fait, et je veux encore vous porter, Vous soutenir et vous sauver ». Les animaux se fatiguent et s’épuisent. Dieu, non. Même si le Cylindre de Cyrus chercha plus tard à présenter les choses sous un jour favorable, il était évident que les dieux babyloniens ne purent sauver leur ville de la défaite. Ils se prosternent devant leurs idoles, mais en réalité ce sont les idoles qui ploient tandis qu’on les transporte.

   Les Babyloniens transportent leurs deux principales idoles pour les évacuer ; cela pourrait amener quelqu’un à se demander quelle est vraiment la puissance des idoles. Mais Dieu a porté les Israélites tout au long de l’histoire. Avez-vous le sentiment de porter Dieu, peut-être comme un fardeau, ou que Dieu vous porte ?

 

Q: En És 47:1, pourquoi Babylone est-elle appelée « Vierge, fille de Babylone » ?

R: Ce pourrait être du sarcasme. À une certaine époque, les Babyloniens avaient une coutume selon laquelle les jeunes filles devaient se prostituer au temple avant de se marier. Certains ont dit que c’était parce que Babylone n’avait pas été conquise. Mais ce n’est pas vrai, car Merodac-Baladan se révolta contre l’Assyrie, et les Assyriens reconquirent Babylone en 710 av. J.-C. (sous Sargon II) et en 702 av. J.-C. (sous Sanchérib).

 

Q: En És 47:5,7, qui est « la souveraine des royaumes » ?

R: C’est, au sens figuré, l’orgueilleuse fille des Chaldéens, c’est-à-dire la ville de Babylone. À cette époque, Babylone était peut-être la ville la plus puissante du monde.

 

Q: En És 47:8-15, comment amener quelqu’un à se confier en Dieu, lorsqu’il a mis une grande confiance en autre chose ?

R: Il lui est difficile d’entendre que Dieu a la réponse pour sa vie, car il pense déjà avoir la réponse. Il faut prier pour lui et lui parler. Il y a deux aspects : maintenant et plus tard.

Maintenant : En plus de lui montrer que Jésus est la réponse, et le seul vrai Sauveur, il faut qu’il voie que ce en quoi il se confie est faux. C’est presque comme s’il fallait le décoller d’un mur avant qu’il puisse se coller à un autre.

Plus tard : Une proportion importante des membres des sectes finit par les quitter. J’ai entendu dire autrefois que c’était environ 50 % chez les Témoins de Jéhovah. J’ai lu qu’environ un cinquième des personnes nées musulmanes aux États-Unis ne sont plus musulmanes. Ainsi, même s’ils ne changent pas dans l’immédiat, ils se souviendront peut-être plus tard de vos paroles et, lorsqu’ils seront désillusionnés par leur religion et verront qu’elle est fausse, ils considéreront Christ au lieu de simplement devenir cyniques et sombrer dans l’agnosticisme ou l’athéisme.

 

Q: En És 47:10, qu’y a-t-il d’important dans la sagesse et la connaissance des Babyloniens (« Ta sagesse et ta science t’ont séduite ») ?

R: La plus grande partie de l’astrologie occidentale et beaucoup d’idolâtrie venaient de Babylone. Ils étaient fiers de leur sagesse, de leur astrologie et de leur magie.

   D’un point de vue positif, beaucoup de mathématiques venaient aussi de Babylone. Ils pratiquaient une certaine algèbre, y compris la résolution d’équations du second et du troisième degré. Ils n’avaient toutefois pas de véritable notation algébrique. Les Babyloniens étaient aussi habiles en trigonométrie. Leur numération était en base 60. Si nous divisons un cercle en 360 degrés, c’est parce que les Babyloniens voyaient ainsi le cercle des cieux.

   En définitive, cependant, la propre force des Babyloniens [militaire comme intellectuelle] était leur dieu, selon Habacuc 1:11.

 

Q: En És 47:10a,11, quelle est la justice immanente mentionnée ici ?

R: Le même mot hébreu signifie mal moral en Ésaïe 47:10a (« Tu avais confiance dans ta méchanceté ») et désastre en Ésaïe 47:11a (« Le malheur viendra sur toi »). Si vous faites des choses terribles, des choses terribles vous arriveront.

 

Q: En És 48:1-9, quelle était la différence entre le paganisme incrédule de Babylone et celui d’Israël ?

R: Les deux étaient mauvais, mais il y a une différence entre le mal et le mal hypocrite. Les Babyloniens étaient fiers de leurs idoles, tandis que les Israélites étaient fiers de Dieu, qu’ils ne suivaient pas exclusivement. Pour reprendre l’image du mariage, le royaume du Nord abandonna son conjoint, tandis que le royaume du Sud le trompa.

 

Q: En És 48:1-9, comment l’entêtement (ou disons une volonté de fer) peut-il être un péché si grave aux yeux de Dieu ?

R: Imaginons que vous soyez gardien de but dans un match de football. Vous attrapez le ballon et le lancez dans votre propre but. Que se passerait-il, à part que l’autre équipe marquerait un point ? Peut-être votre entraîneur penserait-il que le ballon vous a échappé, ou que vous étiez désorienté. Mais imaginons que chaque fois que vous attrapez le ballon, vous le lanciez dans votre propre but. Votre entraîneur vous sortirait du match, et vous exclurait probablement de l’équipe, car vous auriez montré que vous n’en avez jamais vraiment fait partie. Vos coéquipiers, qui se donnaient de la peine pour l’équipe, seraient très, très déçus. En fait, ils seraient en colère contre vous, et non contre les joueurs de l’équipe adverse, car ceux-ci au moins étaient francs quant à leurs intentions. N’est-ce pas ce que font les croyants qui se disent chrétiens lorsqu’ils agissent obstinément contre Dieu ?

   En Ésaïe 48:1,2, Dieu ne s’adresse pas vraiment à Israël ; Il s’adresse en réalité à ceux qui se réclament du nom d’Israël.

 

Q: En És 48:1-2 ; 49:14 ; La 1:7-8 ; 2:1-2,13, est-il bon ou mauvais de faire de son pays son identité ?

R: Cela dépend de ce que vous considérez comme votre patrie. On peut aller trop loin, en enfermant son identité dans le fait d’être américain, texan, ou d’être du Japon, de Chine, de France, d’Allemagne ou de Grande-Bretagne. Mais si vous considérez que votre vraie patrie est le ciel, alors c’est une bonne chose. Les choses ne seront jamais tout à fait comme il faut avant que nous soyons rentrés chez nous. Si vous n’aspirez pas à votre patrie céleste, quelque chose ne va pas dans votre marche avec Dieu.

   Mais, côté négatif, Ésaïe 48:1-2 montre des gens qui avaient pour identité la « maison de Jacob », « Vous qui portez le nom d’Israël », et qui « prennent leur nom de la ville sainte », mais « sans vérité ni droiture ».

 

Q: En És 48:1-2 ; 49:14, concrètement, qu’est-ce qui constitue l’identité d’une personne, du moins à ses propres yeux ?

R: De quoi une personne parle-t-elle tout le temps ? De quoi parle-t-elle avec enthousiasme ? Est-ce de son équipe sportive ? De son pays et de sa politique ? De son parti politique ? De ses placements ? De ses relations ? Il n’y a pas de mal à parler de tout cela, mais lorsqu’un sujet prédomine, cela peut indiquer que l’identité que la personne se donne est trop liée à ce sujet.

   Paul, autrefois Saul de Tarse, avait un regard très intéressant à ce sujet, en Philippiens 3:5-11. Saul était sûr de lui et avait une bonne estime de lui-même, car il savait exactement qui il était, et Dieu le dépouilla de tout cela.

 

Q: En És 48:1-2 ; 49:14, qu’est-ce qui constitue notre identité aux yeux de Dieu ?

R: Si nous ne sommes pas enfants de Dieu, en route vers le ciel, rien d’autre ne compte. Si Dieu nous aide à abandonner nos mauvaises habitudes, nous guérit, nous donne la réussite financière, de bons amis et une bonne famille, mais que nous ne remettons jamais notre vie à Christ, alors nous sommes perdants, et nos « victoires » sont sans importance. Mais si nous acceptons Jésus comme Seigneur et Sauveur, même si nous connaissons la maladie et la pauvreté, et que nos amis et notre famille nous abandonnent, nous sommes en définitive gagnants. Il est bon de prier pour que ceux qui nous entourent remportent ces petites victoires, mais à quoi bon, s’ils ne remportent pas aussi la grande victoire ?

 

Q: En És 48:1-4, Israël aurait-il dû regarder le jugement de Babylone, s’y reconnaître un peu, et en tirer une leçon ?

R: Ésaïe montre ici de nombreux parallèles. Ils auraient dû tirer une leçon du jugement prophétique contre Babylone et de son accomplissement, mais apparemment la majorité des Israélites ne le virent pas. Peut-être étaient-ils si absorbés par leur propre identité de « maison de Jacob » qu’ils ne pensaient pas avoir besoin d’apprendre.

 

Q: En És 48:1,12,16,17-18, pourquoi cette insistance sur l’écoute ici ?

R: La manière de savoir si un peuple est le peuple de Dieu, c’est de voir s’il écoute Dieu et Lui obéit avec amour. Ce n’est pas tant ce que vous faites, ou ce que vous dites, mais : écoutez-vous, et obéissez-vous ? « Oh ! Si tu étais attentif à mes commandements ! »

   Si vous demandez à la plupart des musulmans qui est Jésus, ils vous diront qu’il était un prophète, né de la vierge Marie, qui n’a jamais péché. (Les musulmans ahmadis font exception.) Mais à quoi sert un prophète si les gens ne prêtent aucune attention à ses paroles ? Demandez à un musulman s’il aimerait entendre les paroles du prophète Jésus.

 

Q: En És 48:1,12,16,17-18, qu’est-ce qui, aujourd’hui, nous empêche d’écouter Dieu ?

R: Bien sûr, les idoles de métal et de bois n’écoutent pas Dieu, et plus les gens adoraient les idoles de métal et de bois, plus ils perdaient leur capacité (et leur désir) d’écouter Dieu. Nous pouvons nous aussi avoir des objets de métal et de plastique, comme les téléviseurs, les ordinateurs, les iPad et les téléphones, dont Satan se sert dans notre vie pour nous détourner de Dieu. Nous pouvons avoir des idoles d’argent, d’influence, d’amis, d’amour, ou même de famille, qui nous rendent durs d’oreille pour écouter Dieu. Si quelque chose, ou quelqu’un, vous empêche d’écouter Dieu et de Le suivre, alors, autant que possible, retirez-le de votre vie.

 

Q: En És 48:4, que signifie « ton cou est une barre de fer » (littéralement, un « tendon de fer ») ?

R: Les tendons relient les muscles aux os. Au sens figuré, des tendons de fer ne se rompraient pas et donneraient une grande force s’ils étaient attachés à des muscles de fer. Cela semble merveilleux, sauf que… quelle souplesse et quelle mobilité auraient-ils ? L’entêtement peut être comme un tendon de fer, dur et rigide, qui ne plie ni ne bouge jamais, même quand il le faudrait.

 

Q: En És 48:8 (« Tu n’en as rien appris, tu n’en as rien su »), quand vaut-il mieux que quelqu’un N’entende PAS, ne comprenne pas et ne connaisse pas la vérité ?

R: Quand il n’est pas résolu à la suivre. Moins il en saura au jour du jugement, mieux il s’en portera. 2 Pierre 2:20-22 dit qu’il aurait mieux valu pour certains ne pas avoir connu la voie de la justice que de s’en détourner après l’avoir connue.

 

Q: En És 48:12-13, quelle est la différence entre le fait que Dieu soit tout-puissant et le fait que Dieu soit souverain ?

R: Tout-puissant signifie que Dieu peut tout faire, du moins tout ce qui est vraiment « quelque chose » et non une contradiction logique. Souverain signifie que Dieu a un droit de propriété sur toutes choses.

 

Q: En És 48:17-19, que révèle Dieu ici de Son cœur ?

R: Imaginez un enseignant qui met tout son cœur à enseigner ce qu’il est très important que ses élèves sachent, et que ces élèves n’apprennent pratiquement rien, parce qu’ils ne veulent pas apprendre, jugeant cela sans valeur. Comme ce serait frustrant pour un enseignant ! Dieu est ici notre enseignant, et Dieu exprime Sa frustration envers ceux qui se disent Son peuple, mais refusent d’écouter.

 

Q: En És 48:20-22, pourquoi le peuple devait-il « Sortez de Babylone, fuyez du milieu des Chaldéens » et quitter le foyer qu’il connaissait, et pourquoi devrions-nous parfois en faire autant ?

R: Ils avaient été emmenés en Babylonie et en Assyrie comme esclaves. Mais à ce moment-là, 70 ans plus tard, la Babylonie était un lieu où ils s’en sortaient financièrement, et certains prospéraient. Mais ils n’y avaient guère de liberté, et ils pouvaient retourner chez eux, là où était leur place. Mais, plus important encore, Babylone présentait la tentation de considérer comme important ce que les Babyloniens jugeaient important, y compris le culte des idoles et l’astrologie. Nous avons parfois le choix entre continuer ce que nous connaissons, même si cela nous éloigne peu à peu de Dieu, et nous aventurer dans l’inconnu en suivant Dieu. Prêtez toujours attention à l’ordre répété avec insistance dans ce chapitre : écoutez Dieu !

   Dieu conclut enfin par une prophétie à double tranchant. Ils peuvent partir avec joie, Dieu les conduisant (Ésaïe 48:20), ou bien « Il n’y a point de paix pour les méchants » (Ésaïe 48:22).

 

Q: En És 49:1-66:24, quel est le plan ici ?

R: Ésaïe 49-57 a été appelé le Livre du Serviteur souffrant. D’un côté, le style d’Ésaïe paraît émotif et spontané. Mais de l’autre, lorsqu’on regarde de plus près, il est aussi très structuré. Voici un plan de toute cette section.

Ésaïe 49:1-6 Le Serviteur pour Israël et pour le monde

. Ésaïe 49:7-13 Confirmation de la mission envers Israël et le monde

. . Ésaïe 49:14-50:3 Sion a oublié, mais elle se souviendra

Ésaïe 50:4-9 Le Serviteur répond avec obéissance, mais souffrira

. Ésaïe 50:10-11 Les obéissants et les obstinés

. . Ésaïe 51:1-52:12 Sion reçoit l’ordre de répondre

Ésaïe 52:13-53:12 Le Serviteur triomphe, en portant notre péché

. Ésaïe 54:1-55:13 Israël et le monde sont invités à être sauvés

. . Ésaïe 56:1-66:24 Sion répondra

   Curieusement, le dernier point est très développé et occupe plus de place que toutes les autres parties réunies. On retrouve ce même schéma dans l’Apocalypse, avec d’abord les sept sceaux, puis les sept trompettes, puis les sept coupes de la colère de Dieu.

 

Q: En És 49, de quoi Ésaïe parle-t-il ici ?

R: Un père a parfois besoin de parler à ses enfants pour leur rappeler qui est le parent et qui commande. De même, Dieu nous rappelle que c’est Lui qui, en définitive, dirige l’histoire, laquelle accomplira Ses desseins.

 

Q: En És 49:1 ; 41:1, quelle est l’importance des îles ici (« Iles, écoutez-moi ! ») ?

R: Bien que les Juifs aient été dispersés au loin, cela désigne très probablement les peuples païens. The Bible Knowledge Commentary : Old Testament p.1094 indique que les îles représentent les régions les plus reculées du monde.

 

Q: En És 49:3, qui est le serviteur « Israël » ici (« Tu es mon serviteur, Israël en qui je me glorifierai ») ?

R: Ésaïe 49:1-3 est écrit de manière à ce que l’on se demande, avec suspense : qui est-ce ? En Ésaïe 49:3, le serviteur est appelé Israël, et pourtant Ésaïe 49:5 dit que le serviteur avait pour mission de ramener Jacob/Israël à Dieu. Il ne s’agit donc pas de la nation d’Israël, mais de celui qui ramènerait Israël à Dieu. Ce serait donc le Messie, Jésus-Christ.

 

Q: És 49:4 indique que le serviteur de Dieu verrait très peu de fruit de son travail, du moins au début (« C’est en vain que j’ai travaillé »). Comment rester encouragés lorsque nous travaillons pour le Seigneur et voyons très peu de fruit ?

R: Jésus ne vit que peu de fruit lorsqu’Il vint et fut crucifié. Vers la fin de Son ministère, Il n’avait plus les foules de Galilée, les chefs religieux complotaient de Le faire mourir, et même Ses propres disciples L’abandonnèrent. Mais après la résurrection de Jésus, beaucoup crurent en Lui, comme le montre Actes 2:41. Et bien sûr, à la fin des temps, tout genou fléchira devant Jésus, comme le dit Philippiens 2:10-11.

   Pour nous, le vrai fruit consiste à glorifier Dieu et à être des moissonneurs, c’est-à-dire à amener des gens à Christ. Il comprend aussi la défense et le soin du troupeau. Il arrive que des missionnaires, dans un nouveau champ, passent sept ans ou plus sans voir plus d’une poignée de croyants.

 

Q: En És 49:6, pourquoi Dieu a-t-Il choisi les Juifs et non une autre race ?

R: Dieu pouvait choisir la race qu’Il voulait, mais en réalité Il n’a pas choisi une race, mais un homme, Abraham, et son petit-fils, Jacob. Ce verset rappelle que le serviteur, le Messie, n’était pas seulement pour les Juifs, mais aussi pour tous les non-Juifs : « Je t’établis pour être la lumière des nations ».

   Voir la discussion sur Genèse 12:1 ; 28:10-15 ; 32:22-32 pour plus d’informations.

 

Q: En És 49:12, où se trouve le « pays de Sinim » ?

R: Il y a deux points de vue. Selon l’un, il s’agit d’Assouan, une ville de l’extrême sud de l’Égypte. Selon l’autre, il s’agit de « Sin », l’ancien nom de la Chine. De toute façon, c’est un lieu très éloigné.

 

Q: En És 49:15, quel est le message ici ?

R: Il y a peu de liens sur la terre plus forts que la dépendance d’un enfant envers sa mère. Ses parents sont en quelque sorte toute sa vie. C’est une image de notre dépendance envers Dieu. Mais même si une mère oubliait et abandonnait son enfant, Dieu ne nous oubliera jamais : « Quand elle l’oublierait, Moi je ne t’oublierai point ».

 

Q: En És 49:16, comment Dieu peut-Il dire de Ses enfants : « je t’ai gravée sur mes mains » ?

R: Si quelque chose est écrit dans la paume de votre main, vous le verrez chaque fois que vous regarderez vos paumes. De même, nous ne sommes jamais hors de la vue de Dieu, hors de Sa pensée ni hors de Ses soins. De plus, Christ fut cloué sur la croix, et les clous traversèrent ce qu’on appelait les « mains » (en réalité les poignets).

 

Q: En És 49:19-21, qu’y a-t-il d’intéressant dans l’hébreu ici ?

R: Ce n’est pas un hébreu fluide. Il procède par phrases hachées, comme si Ésaïe parlait d’une chose, puis s’interrompait avec enthousiasme pour développer un point. Il est intéressant de voir que le livre d’Ésaïe est à la fois si logiquement ordonné et si chargé d’émotion.

 

Q: En És 49:20-21, que veut dire ce passage au sujet des enfants ?

R: C’est une image assez saisissante : une femme privée d’enfants et solitaire se retrouve entourée de tous ses enfants, dont elle ignorait l’existence : « Qui me les a engendrés ? » Ces enfants sont tous les gens des nations qui ont écouté le message de Dieu et l’ont rejointe.

 

Q: En És 49:26 (« Je ferai manger à tes oppresseurs leur propre chair »), de quelles manières une personne, un peuple ou une nation peut-il aujourd’hui s’autodétruire ?

R: Une personne peut parfois éprouver une joie perverse à se mettre elle-même en position d’être détruite. Soit elle veut vraiment être détruite, soit elle ne le veut pas mais recherche le frisson d’échapper à la destruction. Ou bien elle recherche, d’une manière ou d’une autre, l’angoisse de craindre d’être détruite. On a prêté à Nixon une tendance autodestructrice. Pourquoi aurait-il enregistré tout ce qu’il faisait ? Certains adolescents veulent marcher sur un pont de chemin de fer, ou faire une cascade dangereuse, non parce qu’ils veulent se suicider, bien que cela arrive parfois, mais pour le frisson de survivre.

 

Q: En És 50:1-2a, pourquoi Dieu parle-t-Il de « la lettre de divorce », de Ses « créanciers », et demande-t-Il : « Ma main est-elle trop courte pour racheter ? »

R: Dieu ne s’adresse pas à « Sion », mais à ses enfants. Dieu parle ici avec ironie. Le bras de Dieu n’est pas trop court pour sauver, Dieu n’a pas de créanciers, et Dieu n’a pas rédigé de lettre de divorce. Le point est le suivant : puisque ces choses ne sont pas vraies, pourquoi tout le peuple de Dieu n’était-il pas là pour Lui ? Puisque Dieu n’avait pas divorcé d’Israël, le fait qu’Il l’ait renvoyée n’était que temporaire, et non définitif.

   Ces deux versets ne posent ni ne résolvent la question : « Où était Dieu lorsqu’ils furent capturés et exilés ? » Dieu demande plutôt : « Où étaient ceux qui auraient dû être là pour Lui ? Pourquoi personne n’a-t-il même demandé où était Dieu et pourquoi cela arrivait ? » La dernière partie du verset 50:1 montre que le peuple le savait déjà : « c’est à cause de vos iniquités que vous avez été vendus » ; ils s’étaient détournés vers le mal.

 

Q: En És 50:5-9, qu’est-ce que ce passage enseigne au sujet du serviteur de Dieu ?

R: Avant même d’arriver à Ésaïe 53, ce passage montre que le fidèle serviteur de Dieu serait frappé et qu’on lui arracherait la barbe : « J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, Et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe ». Il enseigne aussi qu’Il sera finalement justifié.

 

Q: En És 50:8, qu’indique le langage employé ici au sujet du serviteur souffrant de Dieu ?

R: C’est un langage de tribunal (« Qui est mon adversaire ? »), ce qui indique que le serviteur souffrant de Dieu, le Messie, sera faussement accusé.

 

Q: En És 51:1-52:15, qu’y a-t-il de caractéristique dans ces deux chapitres ?

R: Les chapitres précédents sur le serviteur décrivent le serviteur. Ces chapitres-ci comportent beaucoup d’impératifs, c’est-à-dire d’ordres adressés aux lecteurs. Il y a cinq ordres d’« écouter », trois de « se réveiller » et deux de « regarder ».

   Nous devons veiller à prêter attention à ce que Dieu nous a enseigné. Et quand nous prions pour les autres, nous devons aussi prier pour que Dieu capte leur attention, et pas seulement pour qu’ils apprennent la vérité.

 

Q: En És 51:1-2, quel était « le rocher d’où vous avez été taillés » ?

R: Ésaïe 51:2 dit qu’ils devaient regarder à l’héritage spirituel de leurs ancêtres, Abraham et Sara.

 

Q: En És 51:1-52:15, de quelles manières les gens d’aujourd’hui entendent-ils sans prêter attention ni apprendre ce qu’ils devraient apprendre ?

R: En voici quelques-unes.

Certains font comme s’ils n’entendaient pas.

Certains lisent ou entendent, mais disent toujours qu’il n’y a pas assez de preuves pour parvenir même à une conclusion provisoire, quelle que soit la quantité de preuves présentées.

Certains exigent des preuves irréfutables pour pencher d’un côté, et se contentent des preuves les plus fragiles pour pencher de l’autre.

 

Q: En És 51:9, qui sont Rahab (la Segond traduit directement « l’Égypte ») et le dragon (« le monstre ») ?

R: Rahab est le nom d’un monstre aquatique féroce et allongé ; aujourd’hui, nous penserions à un crocodile. Au sens figuré, Rahab représente le long et étroit « pays des crocodiles », c’est-à-dire l’Égypte. Ésaïe 30:7 indique que c’était une désignation familière courante de l’Égypte. Ce verset rappelle le passé, lorsque Dieu délivra les Israélites de « Rahab » à travers la mer Rouge. Mais derrière tout cela se trouve le dragon : Satan.

 

Q: En És 51:14, qui est celui qui est délivré ici (« celui qui est courbé sous les fers sera délivré ») ?

R: L’hébreu dit littéralement « celui qui est enchaîné » ou « celui qui se recroqueville ».

 

Q: Pourquoi És 51:15 et Jé 31:35s contiennent-ils les mêmes mots ?

R: Il est possible que Jérémie, le prophète postérieur, ait repris ce qu’avait dit Ésaïe. Mais The Prophecy of Isaiah de J. Alec Motyer, p.412, juge raisonnable de penser qu’un hymne ancien fut leur source commune. Souvent, ce qui est répété dans la Bible est plus important que ce qui n’est que suggéré.

 

Q: En És 51:23, en quoi consistait la pratique de marcher sur quelqu’un (« Courbe-toi, et nous passerons ! ») ?

R: C’était une pratique cruelle : on obligeait les vaincus, rois, nobles et soldats, à se coucher par terre, et les chefs et soldats victorieux marchaient sur eux. Évidemment, si suffisamment de gens leur marchaient dessus, ils n’y survivaient pas. Les Assyriens le faisaient tout particulièrement.

 

Q: En És 52:2, que signifie « Secoue ta poussière » ?

R: Se couvrir de poussière, soi-même et ses cheveux, était un signe de deuil, comme le montre Job 2:12.

 

Q: En És 52:2, comment secouer notre deuil aujourd’hui ?

R: Tout d’abord, lorsqu’un être cher meurt ou qu’une calamité survient, il est normal d’être en deuil. En fait, il y a beaucoup de passages de la Bible où les Israélites, Néhémie, Daniel et d’autres pleurent sur leurs propres péchés et sur ceux des autres. On peut être un bon chrétien et se sentir abattu par moments, comme Paul en 2 Corinthiens 1:3-11.

   Mais rester tout le temps dans la dépression n’est pas ce que Dieu veut, et ce n’est pas sain. Après un temps de deuil approprié, il faut voir les choses de plus haut en levant les yeux. Dieu est maître de tout, et Romains 8:28 promet que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon Son dessein. Soyez reconnaissant pour ce que vous avez eu, pour ce que vous avez encore, et pour ce que vous posséderez au ciel.

 

Q: En És 52:5, comment « toute la durée du jour mon nom est outragé » ?

R: Certains outragent le nom de Dieu, le traînant dans la boue aux yeux des autres, de plusieurs manières.

Par de mauvaises paroles, les gens prennent le nom du Seigneur en vain. Ce n’est cependant pas le sens principal de ce verset.

Le mépris : Les incroyants qui ont une certaine connaissance de Lui, ou du moins de ceux qui L’adorent, et qui traitent cette connaissance sans respect ou la prennent à la légère, outragent Dieu. Dans ce verset, les Babyloniens qui dominaient sur les Israélites ne Le considéraient que comme un dieu tribal de plus.

Une vie impie : Si des gens, croyants ou non, portent le nom de Dieu (c’est-à-dire se disent chrétiens), et agissent et vivent dans le mal, ils traînent le nom de Dieu dans la boue aux yeux des autres. Les croyants peuvent déshonorer le nom de Dieu en menant une vie impie qui pourrait faire rire les démons de l’œuvre de Dieu.

Un enseignement sciemment faux : Croyants et incroyants peuvent enseigner des choses qu’ils savent contraires à la vérité de Dieu, et déshonorer ainsi la parole du Seigneur. Jacques 3:1 avertit que nous ne devons pas être nombreux à devenir enseignants, car les enseignants seront jugés plus sévèrement.

Enseigner aux autres à mépriser Dieu est une autre manière d’outrager Son nom. Enseigner aux autres à ne pas se confier en Dieu, ou à mettre en doute Son amour ou Sa justice, ce sont des manières de détourner les gens de Dieu.

Bien sûr, blasphémer contre Jésus, ou contre Dieu en ce sens, est différent du blasphème contre le Saint-Esprit. Le blasphème contre le Saint-Esprit, c’est lorsqu’un incroyant voit ce qu’il sait être l’Esprit de Dieu à l’œuvre, et dit que cela vient de Satan et ne veut rien en savoir. Amis, si vous refusez toujours que le Saint-Esprit ait part à votre salut, vous ne serez pas sauvés.

 

Q: En És 52:11-12, quand Ésaïe écrit-il cela ?

R: Ésaïe 52:11 dit « sortez de là », ce qui signifie que l’auteur se trouve en Juda. Plus évidemment encore, tout cela est au futur. Ésaïe mourut avant que les Juifs ne soient exilés à Babylone. Par contraste, Jérémie vécut après le début de l’exil.

 

Q: En És 52:11, quand cette déportation eut-elle lieu ?

R: Cette intéressante combinaison d’un ordre et d’une promesse se situe pendant l’exil. Ceux qui devaient emporter les vases sacrés hors de Jérusalem devaient se garder purs : « Purifiez-vous, vous qui portez les vases de l’Éternel ! »

   En fait, lorsque l’armée babylonienne prit Jérusalem, elle emmena à Babylone à la fois les Juifs et tous les objets de valeur, en faisant probablement porter ces objets par les Juifs.

   Aujourd’hui, même si un chrétien est persécuté par d’autres ou discipliné par Dieu, il ne doit toucher à rien d’impur. Lorsque Job fut affligé, il resta ferme et ne vit aucune raison de mener une vie moins juste ; nous non plus ne devrions pas le faire.

 

Q: En És 52:14, que signifie ici « un sujet d’effroi » ?

R: Ce mot hébreu, asamam, est un mot fort qui peut signifier étonné, frappé de stupeur, choqué ou anéanti, mais dans ce contexte « épouvanté » est une très bonne traduction. Les gens seront stupéfaits de ce que le Fils de Dieu a enduré pour nous ; puissions-nous l’être toujours aussi.

 

Q: En És 52:15, comment le serviteur souffrant fera-t-il l’aspersion sur beaucoup de nations (selon l’hébreu ; la Segond traduit : « il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie ») ?

R: L’aspersion était ce que faisait un sacrificateur avec une partie du sang, après le sacrifice d’un animal. Mais le Messie fait l’aspersion sur les nations, et le sang est le Sien.

 

Q: En És 53:1, ce passage pourrait-il ne pas être une prophétie, puisqu’il est au passé ?

R: C’est une prophétie, pour trois raisons.

1) S’il s’agissait d’un événement passé, à qui pourrait-il se rapporter ?

2) D’autres prophéties sont aussi données au passé, la plus longue étant celle donnée à Jean dans la plus grande partie du livre de l’Apocalypse.

3) Même certains Juifs y ont reconnu une prophétie messianique, dans le Targum de Jonathan. Il est étrange que des gens du XXIe siècle disent aux Juifs qui ont écrit et étudié le Targum de Jonathan que leur compréhension de l’hébreu et du « passé prophétique » (aussi appelé « parfait prophétique ») est entièrement erronée.

   Mais le sens d’Ésaïe 53:1 (« Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? ») est que peu de gens croiraient au Serviteur lorsqu’Il viendrait, et ceux qui soulèvent cette objection font partie de ceux qui vérifient cette prédiction.

 

Q: En És 53, comment savons-nous que ce passage concerne le Messie ?

R: Le sujet de ce chapitre présente trois caractéristiques.

Une personne : Le Messie était « Homme de douleur » (53:3), avec une apparence (53:2) et sans enfants (53:8).

Il prend sur Lui les péchés des autres, en sacrifice pour le péché (53:10) ; « ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé » (53:4) ; Il a subi l’opprobre comme s’Il était « Frappé de Dieu » (53:4) ; Il a été « blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités » (53:5).

Il meurt, et pourtant Il voit sa postérité : « On a mis son sépulcre parmi les méchants, Son tombeau avec le riche » (53:9), et pourtant « Il verra une postérité » (53:10)

Par contraste, le peuple juif n’a jamais prétendu être un sacrifice pour le péché (53:10), intercéder pour les péchés des autres (53:12), ni avoir porté nos souffrances et nos douleurs (53:4). Le peuple juif ne dirait pas de lui-même : « Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris » (53:5s).

   Historiquement, des Juifs ont reconnu qu’Ésaïe 53 concernait le Messie. Voici l’explication d’Ésaïe 53 dans le Targum de Jonathan : « mais ce fut le bon plaisir du Seigneur de pardonner les transgressions de nous tous à cause de lui. … ils contempleront le royaume de leur Oint (ou Messie), ils multiplieront fils et filles… et les rebelles seront pardonnés à cause de lui. »

 

Q: En És 53:2-3, que confesse Ésaïe ici au sujet du peuple ?

R: Ésaïe confesse, au nom du peuple, qu’ils ont accordé peu de valeur à leurs yeux à ce qui avait une grande valeur aux yeux de Dieu : « Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas ». C’est un péché courant que les gens voient et confessent rarement. La cécité naturelle n’est pas un péché, mais il s’agit ici d’un aveuglement volontaire.

 

Q: En És 53:3 ; 41:9 ; 42:4 ; 49:4 ; 49:6, l’auteur pourrait-il parler de lui-même, comme le prétend le sceptique Asimov’s Guide to the Bible p.550-551 ?

R: Non ; rien n’indique qu’Ésaïe pensait établir la justice sur la terre (Ésaïe 42:4), qu’il avait le sentiment d’avoir travaillé en vain (Ésaïe 49:4), qu’il était lui-même donné comme lumière des nations (Ésaïe 49:6), ni qu’il ait personnellement accompli Ésaïe 53.

 

Q: En És 53:3, Jésus a-t-Il été « Méprisé et abandonné des hommes », ou croissait-Il « en grâce, devant Dieu et devant les hommes », comme le dit Lc 2:52 ?

R: Les deux. Au début de Son ministère, Jésus était « en grâce ». Lorsqu’Il affirma être le Messie, Il fut rejeté par beaucoup de Juifs. Pourtant, même lors de Son procès et de Sa crucifixion, Pilate dit ne trouver aucun crime en Jésus (Jean 18:38), et les soldats romains éprouvèrent un certain respect pour Jésus, en Luc 23:47. Mais Jésus fut méprisé par les chefs religieux et politiques, et insulté lorsqu’Il se tint avec Barabbas devant la foule.

 

Q: En És 53:3, quel est le temps du verbe hébreu ici ?

R: Le texte massorétique, qui comporte des signes vocaliques, porte « il est habitué à ». Le Grand Rouleau d’Ésaïe, parmi les manuscrits de la mer Morte, n’a pas de signes vocaliques. On pourrait donc traduire « il était habitué à » ou « il sera annoncé/révélé ». Quoi qu’il en soit, le sens est le même.

 

Q: En És 53:4-5, avaient-ils raison ou tort de penser que le serviteur était frappé et humilié par Dieu ?

R: Ésaïe 53:1-3 dit qu’ils avaient grand tort de mépriser ce que Dieu estimait. Mais ici, en Ésaïe 53:4-5, ils avaient tout à fait raison et terriblement tort à la fois ! Ils avaient raison de voir dans les souffrances et l’humiliation du serviteur choisi un châtiment de Dieu (« nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié »). Pourtant, ils passeraient complètement à côté du fait que le châtiment n’était pas pour Ses péchés, mais pour les nôtres. Ce serait une notion difficile à comprendre pour qui la rencontrerait pour la première fois. C’est pourquoi Dieu les y avait « exercés » pendant 1450 ans par les sacrifices d’animaux.

 

Q: En És 53:4-5, les souffrances de Jésus ont-elles un rapport avec notre guérison physique ?

R: Pour ceux qui acceptent la Bible comme parole de Dieu, le Nouveau Testament a interprété « c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris » de deux manières complémentaires.

La réconciliation spirituelle avec Dieu : Dieu ne fait pas que nous pardonner ; Il nous purifie, nous sanctifie et nous prépare pour le ciel, comme le montre 1 Pierre 2:24.

La guérison physique en est aussi un accomplissement, puisque ce verset fut cité lorsque Jésus guérit la belle-mère de Pierre et d’autres, en Matthieu 8:14-17. Cela ne garantit pas la guérison physique pour tous, comme ce ne fut pas le cas pour Paul, en Galates 4:13-14, ni pour Timothée, en 1 Timothée 5:23. Mais cela s’est accompli en partie lorsque Jésus guérit physiquement des gens.

 

Q: En És 53:5, comment Jésus a-t-Il été blessé ?
R : Selon la médecine, il existe cinq types de blessures : les contusions (coups), les lacérations (flagellation), les plaies pénétrantes (couronne d’épines), les plaies perforantes qui traversent de part en part (clous), et les plaies par incision (lance). Jésus les a toutes subies.

 

Q: És 53:5 dit-il « meurtrissures » (au pluriel) ou « meurtrissure » (au singulier) ?

R: Ce devrait être « meurtrissure/blessure », car le mot hébreu chabburah a une terminaison du singulier, et non du pluriel. La Segond, comme beaucoup de traductions, emploie toutefois le pluriel : « par ses meurtrissures ».

 

Q: En És 53:7, qu’y a-t-il d’intéressant dans le choix des mots hébreux ici ?

R: En És 53:7, le mot pour brebis (« A une brebis muette devant ceux qui la tondent »), rachel, est aussi le nom de l’épouse préférée de Jacob. Le mot pour ceux qui tondent est gozazeah, apparenté à gazah, qui signifie couper ou trancher. Le mot gozazeah peut désigner des nourrissons et des petits enfants qui ont été « coupés » de l’allaitement. Ainsi, selon Messianic Prophecies from a Dead Sea Scroll p.23, on pourrait lire Ésaïe 53:7 comme « Rachel se tut devant ses enfants arrachés ».

 

Q: En És 53:7, comment Jésus « n’a point ouvert la bouche » ?

R: Cela ne signifie pas que Jésus garderait le silence toute Sa vie. Jésus garderait plutôt le silence devant Ses accusateurs, comme le disent Matthieu 27:13-14 ; Marc 14:60-61 ; 15:4-5 ; Luc 23:8-9. Un animal va docilement et sans se plaindre à son propre abattage, par ignorance (« Semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie »). Mais Jésus alla à Sa propre mort en toute connaissance de cause.

 

Q: En És 53:9, Jésus est-Il mort sur la croix spirituellement aussi bien que physiquement ?

R: Non. Jésus n’est pas devenu inconscient et n’a pas cessé d’exister. En fait, après Sa mort et avant Sa résurrection, Il a prêché consciemment, comme l’indiquent 1 Pierre 3:19 et 4:6.

 

Q: En És 53:9, comment un sépulcre a-t-il été mis pour Jésus parmi les méchants ?

R: És 53:9 dit : « On a mis son sépulcre parmi les méchants, Son tombeau avec le riche ». Où enterrait-on normalement les indigents et les criminels ? Le sanhédrin utilisa plus tard l’argent rendu par Judas pour acheter un autre terrain à cette fin. Jésus aurait probablement été enseveli là où l’on enterrait tous les morts dont personne ne réclamait le corps, si Joseph d’Arimathée, un homme riche, n’avait pas demandé le corps de Jésus.

 

Q: En És 53:10, comment « Il a plu à l’Éternel de le briser », alors qu’il s’agissait d’un innocent ?

R: Dieu le Père n’a pas pris plaisir à voir souffrir Dieu le Fils. Le Père avait plutôt inclus cela dans Son plan afin de payer justement la peine de nos péchés.

 

Q: En És 53:10, faut-il lire « il l’a transpercé » ou « par la maladie » ?

R: Le texte massorétique porte « par la maladie » (la Segond : « par la souffrance »), mais le Grand Rouleau d’Ésaïe porte « il l’a transpercé », c’est-à-dire grièvement ou mortellement transpercé. La Septante grecque dit « coup ». 1 Clément (96-98 apr. J.-C.), chapitre 16, cite longuement Ésaïe 53 et dit « meurtri », ce qui est plus proche de transpercé que de maladie. La plupart des différences entre le texte massorétique et le Grand Rouleau d’Ésaïe en Ésaïe 53 sont des temps grammaticaux ou de très petites différences d’orthographe. Cependant, Messianic Prophecies from a Dead Sea Scroll p.25 dit qu’ici « Étrangement, les mots ne se ressemblent pas du tout. On se demande comment le changement a pu se produire. » Bien sûr, le texte massorétique reflète l’érudition juive postérieure aux débuts du christianisme.

 

Q: Puisqu’És 53:10 dit « Il verra une postérité », cela signifie-t-il que Jésus était marié et avait des enfants, comme l’ont dit certains mormons ?

R: Non. L’hébreu ne comporte pas le mot « sa » (et la Segond ne l’ajoute pas non plus), et la postérité désigne ici une descendance spirituelle, et non biologique. Par exemple, tous les croyants peuvent considérer Abraham comme leur père. Concrètement, Romains 4:16 et Galates 3:7 disent tous deux qu’Abraham est le père de tous ceux qui croient, et nous pouvons nous considérer comme sa postérité. Jean-Baptiste, en Matthieu 3:9 et Luc 3:8, dit que Dieu pouvait, de ces pierres, susciter des enfants à Abraham.

 

Q: En És 53:11, comment « Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes », et se chargera-t-Il de leurs iniquités ?

R: On peut le comprendre de deux manières.

Complément objectif rattaché à la proposition suivante : « par la connaissance de lui », c’est ainsi que « l’accentuation massorétique [juive], qui représente évidemment la compréhension juive traditionnelle, le rattache aux mots qui suivent ». The Expositor’s Bible Commentary vol.6 p.304 donne cette option. Ainsi, notre connaissance du serviteur souffrant, ou le fait de Le connaître, procure la justification.

Complément subjectif rattaché à la proposition précédente : « par Sa connaissance ». En hébreu, la connaissance ne se limitait pas au savoir de faits, mais comprenait aussi la mise en pratique de la connaissance morale. Si un homme pécheur était mort pour nos péchés, cela n’aurait servi absolument à rien.

Bien entendu, si les deux sens sont vrais, et si l’hébreu peut se comprendre des deux manières, alors les deux sont peut-être justes.

 

Q: En És 53:12, lorsque le texte dit que Jésus « s’est livré lui-même à la mort » (littéralement « a répandu son âme jusqu’à la mort »), le mot désignant la vie (ou l’âme) renvoie-t-il à une entité abstraite et mystique, ou simplement à Sa vie physique ?

R: Le mot hébreu pour âme, nephesh, peut signifier âme ou vie. Il dit que le corps de Jésus mourut physiquement et que Jésus alla au tombeau. Il faut se reporter à d’autres versets de la Bible, comme 1 Pierre 3:19-20, pour savoir plus précisément ce qui se passa et ce que fit Jésus après Sa mort et avant Sa résurrection.

 

Q: Quel est le rapport entre És 54:1-55:13 et Ésaïe 53 ?

R: Ces chapitres montrent les heureux résultats des souffrances du serviteur en Ésaïe 53. Ésaïe 54 parle d’élargir les tentes, et Ésaïe 55 dit qui y habitera. Ésaïe 54 parle de famille (54:1-5), de mariage (54:6-10) et de ville (54:11-17).

 

Q: En És 54:1s,3s, qui sont la « stérile » et les « villes désertes » ?

R: Cela rappelle Sara, la stérile, lorsqu’Isaac naquit. Lorsque les Juifs revinrent de l’exil, beaucoup de villages seraient des villes fantômes ou n’auraient que peu d’habitants. Ils se réjouiraient parce qu’ils seraient de nouveau peuplés.

 

Q: En És 54:7, comment et pourquoi un Dieu qui sait tout et qui est plein d’amour dit-Il : « Quelques instants je t’avais abandonnée » ?

R: Dieu ne les a pas oubliés, au sens où Il ne saurait plus rien d’eux. Dieu a plutôt cessé de les protéger de la colère des Assyriens et des Babyloniens.

   Dieu est très patient, mais la patience de Dieu a une limite. (1 Thessaloniciens 2:16 ; Genèse 15:16 ; Apocalypse 10:6 ; Psaume 2:5,12 ; Romains 2:5). Lorsque le péché et la révolte persistent, vient un moment où Dieu intervient.

 

Q: En És 54:9, en quoi cette promesse ressemblait-elle à celle des « eaux de Noé » ?

R: De même que Dieu promit que l’eau n’inonderait plus jamais toute la terre, Dieu ne reprendrait plus les Juifs après l’exil. C’est significatif, car après le retour de l’exil, Dieu les laissa sans prophétie pendant 400 ans, jusqu’à peu avant la venue de Christ. Après Christ, les Juifs n’eurent plus jamais de prophète, ni de réprimande de Dieu. Même des nombreuses persécutions et de la Shoah, il ne fut jamais dit qu’elles venaient de Dieu à cause d’une désobéissance de leur part.

 

Q: En És 54:9, quand Dieu tiendra-t-Il ce serment : « de ne plus m’irriter contre toi Et de ne plus te menacer » ?

R: Ésaïe 54:9-17 s’accomplira pendant le royaume millénaire.

 

Q: En És 54:16-17, pourquoi Dieu mentionne-t-Il ici « l’ouvrier qui souffle le charbon au feu » et « le destructeur » ?

R: Le premier fabriquait des armes de guerre contre Israël, et le second s’en servait contre Israël. Le jugement de Dieu ne vise pas seulement le second, mais aussi le premier.

 

Q: En És 54:17a (« Toute arme forgée contre toi sera sans effet »), cela ressemble-t-il au mythe des dieux vikings Loki et Balder ?

R: Non, c’est une absurdité. Même si c’était le cas, historiquement le mythe viking est probablement apparu longtemps après la rédaction d’Ésaïe, vers 700 av. J.-C. Il diffère sensiblement de la légende viking, selon laquelle toutes les plantes et tous les arbres (sauf le faible gui) acceptèrent de ne jamais nuire à Balder, à cause de sa bonté. Les autres dieux célébraient la bonté et l’invulnérabilité de Balder en lui lançant des lances, et chaque lance déviait pour l’épargner. Cependant, le dieu renégat Loki fit pousser du gui assez long et assez solide pour en faire une lance, qu’il fabriqua. Loki la donna à un autre dieu, et elle tua Balder. Il n’y a guère de ressemblance entre cette étrange démonstration envers une personne et la promesse de Dieu que les armes de guerre ne prévaudront pas contre un peuple.

 

Q: En És 54:17c (« Tel est l’héritage des serviteurs de l’Éternel »), quel héritage avons-nous reçu, et quel héritage pouvons-nous laisser ?

R: Le mot hébreu ne désigne pas quelque chose de futur que l’on pourrait recevoir par testament, mais ce que l’on possède déjà. Nous avons reçu en héritage un pays pieux, des lois assez justes et, pour certains, des parents qui nous ont bien instruits. Nous pouvons transmettre un enseignement pieux et un exemple pieux : « Faites ce que je dis et ce que je fais. » Nous pouvons aider nos enfants à prendre de sages décisions.

 

Q: En És 55:1, comment cette « grande invitation » est-elle adressée aujourd’hui ?

R: C’est un banquet coûteux, bien qu’il soit gratuit pour tous les invités : « sans argent, sans rien payer ». Notre salut a coûté très cher, payé par le sang de Jésus-Christ, mais il est gratuit pour nous. Le verset 2 dit qu’au lieu de dépenser de l’argent pour ce qui ne rassasie pas (« Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas ? »), nous devons venir gratuitement à ce qui rassasie.

 

Q: En És 55:3, que sont « mes faveurs envers David », rendues « durables » ?

R: Ésaïe 55:3 montre les promesses que Dieu fit avec miséricorde à David, malgré le péché de David.

 

Q: En És 55:7 (« Et l’homme d’iniquité ses pensées »), qu’y a-t-il de mal dans les pensées injustes, si nous ne les mettons pas en actes ?

R: Il y a beaucoup de mal, car Jacques 1:14-15 dit que la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché. En Job 31:1, Job avait fait un pacte avec ses yeux pour ne pas regarder une vierge avec convoitise. Jésus a dit en Matthieu 5:28 que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur.

 

Q: En És 55:8-9, puisque les voies de Dieu sont tellement plus élevées que les nôtres (« mes pensées ne sont pas vos pensées »), et que nous sommes comme des sauterelles comparés à Dieu (És 40:22), comment pouvons-nous savoir quoi que ce soit de Dieu ?

R: Dieu est bien plus sage et plus puissant que nous. Nous pouvons communiquer entre nous ; ne supposons donc pas que Dieu ne soit pas assez intelligent ou assez puissant pour communiquer avec nous. Si quelqu’un n’a pas lu toute la Bible, et affirme pourtant que nous ne pouvons rien savoir de Dieu, le problème ne se situe peut-être pas dans la transmission du message, mais dans sa réception.

 

Q: En És 55:8-9, comment la conscience que les voies de Dieu sont plus élevées que les nôtres doit-elle influencer notre façon de penser ?

R: Comme l’a dit un bon enseignant de la Bible, nous devons « ne pas être offensés par l’inexpliqué ». Dieu ne nous a pas expliqué pourquoi Il fait tout ce qu’Il fait, et Il n’a pas à le faire. Il nous arrive de deviner la raison pour laquelle les choses arrivent, mais parfois non. Notre responsabilité est de L’aimer et de Le suivre, et non de remettre Dieu en question.

 

Q: En És 55:11, comment la parole de Dieu subsiste-t-elle à toujours, puisque 2 R 22 dit que le livre de la Loi fut perdu puis retrouvé sous Josias ?

R: D’abord deux choses qui ne sont pas la réponse, puis la réponse.

Bien que la parole de Dieu subsiste fermement dans les cieux (Psaume 119:89 : « A toujours, ô Éternel ! Ta parole subsiste dans les cieux »), et que, depuis l’époque d’Ésaïe 59:21, le peuple de Dieu ait toujours eu Sa parole, il s’agit ici de bien plus que cela.

La réponse : Avant même que la première Bible existe sur la terre, et même avant que la terre soit créée, la parole de Dieu sortait pour accomplir Sa volonté dans cet univers. Dieu agit par la Bible, mais Il n’est nullement limité à agir par Sa Bible ; demandez donc à Abraham et à Hénoc. Le peuple de Dieu aura toujours la direction et les paroles de Dieu dont il a besoin. Nous devrions nous soucier de notre désir d’écouter, plutôt que nous inquiéter du désir de Dieu de communiquer.

   D’autres versets montrent que la parole de Dieu subsistera à toujours : Ésaïe 40:8 ; 1 Pierre 1:23-25 ; Psaume 119:91,144,160. Nous devons espérer en la parole de Dieu, selon le Psaume 119:74,81.

   La parole de Dieu adressée ici au peuple s’accomplira certainement. Ésaïe 40-55 semble former une section complète, et Ésaïe 55:10-11, à la fin, reprend Ésaïe 40:6-8 : la parole de Dieu subsiste à toujours et s’accomplira.

 

Q: En És 56:3-7, cet enseignement sur les étrangers et les eunuques contredit-il Ex 12:43 ; De 23:1,3,7,8 ?

R: Non, car les époques et les privilèges sont différents. Au temps de l’Exode et sous le Temple et l’Ancienne Alliance, Deutéronome 23:1 dit qu’un homme mutilé ne peut entrer dans l’assemblée. Ésaïe 56:3-7 parle d’un temps futur où cela changera (« que l’eunuque ne dise pas : Voici, je suis un arbre sec ! »), soit pendant le Millénium, soit au ciel. Bien sûr, à l’époque du Nouveau Testament, tous ceux qui suivent Jésus comme Seigneur sont accueillis comme croyants, quel que soit leur état physique.

   Si vous êtes allé à l’encontre de ce que Dieu voulait pour votre vie, mais que vous vous êtes repenti et êtes venu à Christ, alors ceci est pour vous un accueil particulier. Mais comprenez que vous n’êtes pas seul. Nous tous, d’une manière ou d’une autre et à un moment donné, sommes allés à l’encontre de ce que Dieu voulait pour notre vie, mais si nous Lui remettons notre vie, Dieu peut malgré tout se servir du temps qu’il nous reste.

 

Q: És 56:3 montre-t-il que l’homosexualité sera acceptable dans le royaume de Dieu ?

R: Pas du tout. Les homosexuels ne sont pas des eunuques, et Ésaïe 56:3 mentionne les eunuques, non les homosexuels. Les eunuques sont des hommes privés de leurs organes sexuels, tandis que les homosexuels ont leurs organes sexuels, dont ils font un mauvais usage.

 

Q: En És 56:9, pourquoi Dieu invite-t-Il les bêtes sauvages à les dévorer (« Vous toutes, bêtes des champs, Venez pour manger ») ?

R: On sait que la pratique religieuse est mauvaise lorsque Dieu invite les bêtes à venir les dévorer. C’est une image : Dieu ne se contente pas de permettre que d’autres pays et des « bêtes » spirituelles les détruisent ; Il les envoie indirectement comme acte de jugement.

 

Q: En És 56:10, pourquoi les gardiens sont-ils réprimandés (« Ses gardiens sont tous aveugles ») ?

R: Le travail d’un gardien aveugle ou endormi ne se distingue pas de celui d’un gardien vigilant lorsqu’il n’y a pas de danger. Mais la vigilance d’une seule personne peut faire la différence entre la sécurité et le désastre lorsqu’il y a un danger. Dieu employait ici cette image pour les gardiens spirituels, dont la tâche était de savoir ce qui était bon et ce qui était spirituellement dangereux. Les gardiens spirituels (sacrificateurs, Lévites et chefs religieux en général) seraient jugés pour ne pas avoir donné l’alerte en cas de danger. Aujourd’hui, face à un enseignement hérétique, certains prétendus responsables se contentent de dire que c’est « discutable » ou « controversé », peut-être uniquement pour rester en bons termes avec tout le monde.

   Les chiens sont mentionnés ici de manière positive. Les chiens étaient des animaux très précieux, car ils ont le sommeil léger et peuvent aboyer à l’approche d’étrangers. Mais, d’un autre côté, un chien muet ne servait pas à grand-chose. Les dirigeants sont « des chiens muets, incapables d’aboyer » s’ils ne se soucient que d’eux-mêmes et ne donnent pas l’alerte.

   Il est important de noter que ce ne sont pas les politiques des dirigeants qui sont réprimandées ici, mais leur caractère. Lorsque nous élisons des dirigeants aujourd’hui, ne nous soucions-nous que de leurs politiques en négligeant leur caractère ? Ésaïe 56:11-12 indique que Dieu se soucie aussi de leur caractère.

 

Q: En És 56:12 (« Venez, je vais chercher du vin, Et nous boirons des liqueurs fortes ! »), que dit ce verset du vin et des boissons enivrantes ?

R: Premièrement, ils endorment le souci qu’on pourrait avoir des autres. Deuxièmement, ils font baisser la garde, de sorte qu’on devient inconscient des risques.

 

Q: En És 57:1, pourquoi un Dieu juste permet-Il que « Le juste périt » ?

R: Quatre points à considérer dans la réponse.

1. Dieu permet parfois que les justes soient tués, comme le montrent Ézéchiel 13:19 ; Romains 8:36 ; et le Psaume 44:23. Même si Dieu permet que nous soyons tués, nous devons Lui rester fidèles (Daniel 3:18 ; Apocalypse 2:10).

2. Dieu veille toujours sur nous. Le Psaume 116:15 dit : « Elle a du prix aux yeux de l’Éternel, La mort de ceux qui l’aiment. »

3. Ésaïe 57:1 répond à cela en disant que Dieu « sauve » parfois les justes en permettant qu’ils soient tués, pour leur épargner le mal : « c’est par suite de la malice que le juste est enlevé ». Le mal peut être ici la peur, la douleur et l’angoisse face à une situation terrible. Ce peut être aussi une tentation au-dessus de leurs forces, qui les éloignerait de Dieu.

4. 1 Pierre 1:4-7 nous rappelle que les brèves épreuves que nous traversons sur la terre ne sont rien comparées aux richesses éternelles du ciel. Amen !

 

Q: En És 57:4, que faisaient-ils de mal ici ?

R: Non seulement ils adoraient des dieux païens par des pratiques mauvaises, mais Ésaïe 57:4 dit qu’ils se moquaient des croyants qui adoraient le vrai Dieu : « tirez-vous la langue ». Ils tiraient la langue aux gens, exactement comme les gens grossiers d’aujourd’hui.

 

Q: En És 57:5, allaient-ils réellement jusqu’à « Égorgeant les enfants dans les vallées » ?

R: Malheureusement, des Juifs impies commirent réellement cette chose abominable. Ils avaient appris cette pratique abominable des Moabites et des Cananéens, qu’on avait imprudemment laissés demeurer dans le pays.

 

Q: En És 57:7, qu’y avait-il de mal à ce que « C’est sur une montagne haute et élevée que tu dresses ta couche » ?

R: La deuxième pratique religieuse cananéenne la plus abominable était la prostitution sacrée. Le nom de l’idole Moloc (molek) signifiait « roi » (melek) ; aller vers le roi, ici, c’est donc aller vers Moloc. The Prophecy of Isaiah de J. Alec Motyer, p.474, pense toutefois autrement au sujet du mot roi ici.

 

Q: En És 57:14, que signifie « Enlevez tout obstacle du chemin de mon peuple » ?

R: Lorsque quelqu’un veut s’approcher de Dieu, un obstacle est ce qui l’en empêche ou l’en détourne. Bien que le principal obstacle de cette époque fût le culte des dieux païens, un obstacle peut être n’importe quoi qui éloigne quelqu’un de Dieu.

 

Q: En És 57:15, Dieu habite-t-Il dans les hauteurs, Lui « Dont la demeure est éternelle », ou habite-t-Il avec les croyants, comme le dit Apocalypse 21:3 ?

R: Les deux. Beaucoup de chrétiens voient que Dieu est hors du temps, et aussi dans le temps. Jésus a marché sur cette terre dans le temps ; il n’est donc pas difficile pour Dieu d’être dans le temps. Pourtant, Dieu a promis la vie éternelle à Son peuple avant le commencement des temps (Tite 1:2).

 

Q: En És 58:1 (« Élève ta voix comme une trompette, Et annonce à mon peuple ses iniquités »), quand devons-nous crier aux gens leurs péchés ?

R: Nous sommes appelés à prêcher l’Évangile, et une partie essentielle de la prédication de l’Évangile consiste à parler aux gens de leurs péchés en général. La manière dont nous le faisons aujourd’hui peut faire appel à des méthodes différentes de celles d’alors. Cependant, l’appel de la trompette était clair et sans ambiguïté, et votre prédication devrait l’être aussi.

 

Q: En És 58:3-9, pourquoi Dieu n’a-t-Il pas pris garde à leur jeûne (« Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas ? ») ?

R: D’abord ce qui n’est pas la réponse, puis la réponse.

Ce qui n’est pas la réponse : Un commentaire prétend que Dieu ne les écoutait pas parce qu’ils suivaient la religion cananéenne au lieu de celle du seul vrai Dieu. Mais c’est inexact, car ils cherchaient encore le vrai Dieu en Ésaïe 58:2 et demandaient Son conseil. On pourrait soutenir qu’ils étaient syncrétistes, cherchant à suivre à la fois la religion cananéenne et le vrai Dieu, mais parmi les très nombreux chapitres où Ésaïe les met en garde contre le culte des faux dieux, Ésaïe 58 n’en fait pas partie.

La réponse : Ils cherchaient hypocritement à suivre le vrai Dieu. Ésaïe se fait l’écho du cri du peuple, qui se demandait pourquoi Dieu permettait un tel désastre alors qu’il Le cherchait. Mais si vous jeûnez pour obtenir l’aide de Dieu tout en refusant de Lui obéir, pourquoi espérer un quelconque résultat de votre jeûne ?

   Leurs cérémonies religieuses et leurs jeûnes ne changeaient rien à leurs mauvaises relations avec les autres. Jésus a dit en Matthieu 5:23-24 que, si l’on était sur le point de présenter son offrande et qu’on se souvenait d’un différend avec son frère, il fallait laisser là son offrande et aller d’abord se réconcilier avec son frère.

 

Q: En És 58:5-8, que pense Dieu du jeûne et des autres pratiques religieuses dépourvues de souci pour les opprimés et les pauvres ?

R: Dieu dit que ce n’est pas là le jeûne qu’Il a choisi : « Voici le jeûne auquel je prends plaisir : Détache les chaînes de la méchanceté »… Jacques 1:27 dit aussi que la religion pure devant Dieu consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. Nous pouvons adorer à notre manière, comme bon nous semble. Ou bien nous pouvons adorer comme Dieu le veut, et Il veut que nous nous souciions aussi des opprimés et des nécessiteux.

 

Q: En És 58:8-10, sur quoi l’accent est-il mis ici ?

R: Comme bien d’autres passages, Ésaïe 58:8-10 parle de la délivrance de Dieu et du rétablissement de la bénédiction. Cependant, Ésaïe 58:8-10 souligne avec quelle rapidité cela arrivera (« ta guérison germera promptement ») lorsque ces hypocrites cesseront de l’être, pratiqueront la « vraie religion » de Jacques 1:27 et aideront les autres.

 

 

Q: En És 59:4 (« Nul ne se plaint avec justice »), comment devons-nous réclamer la justice aujourd’hui ?

R: Les chrétiens doivent désirer la justice non seulement pour eux-mêmes, mais pour tous. La Bible est très claire : nous avons la responsabilité de réclamer justice pour les opprimés (Jérémie 7:6 ; 22:16 ; Ésaïe 1:17). De plus, nous devons prier « que ton règne vienne », comme Jésus l’a fait dans le Notre Père, pour que vienne la justice finale de Dieu.

 

Q: En És 59:12-15, quelles sont les étapes d’une véritable repentance ?

R: Est-ce cela, la véritable repentance : comprendre et reconnaître ce que nous avons fait (« nous connaissons nos crimes »), et regretter sincèrement les conséquences de nos actes pour nous-mêmes et pour les autres ?

   Non, ce n’est pas toute la véritable repentance, seulement une partie. Elle comprend aussi la confession que nous avons péché contre Dieu, qui est saint, comme David l’a reconnu au Psaume 51:6a. Elle comprend aussi l’engagement de ne pas recommencer. Elle comprend encore la réparation, lorsqu’elle est possible. Par exemple, si vous avez volé quelque chose, vous pouvez le regretter sincèrement, le confesser à Dieu et ne plus jamais vouloir recommencer, mais vous devez aussi le rendre.

 

Q: En És 59:18 ; 66:6, que signifie la rétribution dans ces versets (« Il rendra à chacun selon ses œuvres ») ?

R: Le contexte de ces deux versets est que Dieu rend pleinement aux malfaiteurs impénitents le mal qu’ils ont fait.

 

Q: En És 60:1-10, s’agit-il de la Jérusalem restaurée pendant le Millénium, ou de l’Église ?

R: Les dispensationalistes et les autres prémillénaristes diraient qu’il s’agit manifestement des Israélites pendant le Millénium. Cependant, les tenants de la théologie de l’alliance et les autres amillénaristes ne voient aucun rôle pour Israël après la résurrection de Jésus ; ils diraient donc qu’il s’agit de l’Église juste avant, pendant ou après le retour de Christ. (Beaucoup d’amillénaristes ne croient pas à un enlèvement.)

Tous ces détails — les richesses de la mer, les chameaux, Madian, Épha, Séba (au Yémen), les troupeaux de Kédar (en Arabie saoudite), Tarsis (probablement le sud-ouest de l’Espagne), etc. — semblent quelque peu excessifs pour une chose sans aucun rapport avec le monde physique, selon le point de vue de ceux qui adhèrent à la théologie de l’alliance. Soit dit en passant, Épha était une branche de Madian, selon Genèse 25:4 ; 1 Chroniques 1:33.

   En tant que non-Juif et chrétien d’aujourd’hui, attendiez-vous avec plus d’impatience l’abondance des chameaux de Madian ou celle des chameaux de Séba ? Avez-vous enseigné à vos enfants précisément la signification des béliers de Nebajoth (probablement la Nabatène, dans le nord de l’Arabie) ? Ou, si vous adhérez à la théologie de l’alliance, votre intérêt feint pour ces détails n’est-il qu’une imposture ?

   Selon le point de vue prémillénariste, pendant le Millénium, Dieu restaurera le temple juif, des offrandes seront présentées en mémorial, et l’on verra ce qu’auraient dû être la nation israélite et les relations des autres nations avec les Israélites. Les nations qui avaient opprimé Israël seront encore des nations, et elles saisiront l’occasion de bénir et de servir Israël, qu’elles avaient autrefois opprimé.

   Cependant, certaines parties de cette prophétie, comme le fait de ne plus avoir le soleil et la lune pour lumière en Ésaïe 60:20, concernent l’époque de la nouvelle Jérusalem et des nouveaux cieux et de la nouvelle terre.

 

Q: En És 60:6, pourquoi est-il dit que les étrangers « porteront de l’or et de l’encens », alors que les mages apportèrent à Jésus de la myrrhe en plus de l’or et de l’encens ?

R: Lors de la première venue de Christ, ils apportèrent ces choses, plus de la myrrhe. Cependant, Ésaïe 60:6 se rapporte à l’époque qui suit la seconde venue de Christ en gloire, et la myrrhe n’y est plus mentionnée. Le Believer’s Bible Commentary p.985, 1207 suggère que la myrrhe était aussi un symbole des souffrances de Christ, car on s’en servait pour envelopper les morts.

 

Q: En És 60:9, pourquoi « les navires de Tarsis » sont-ils mentionnés ici ?

R: Il s’agit probablement de la Tarsis (Tartessos) de la lointaine Espagne, et non de Tarse (en Asie Mineure). Cette Tarsis, à l’ouest de Gibraltar, était la ville la plus occidentale qu’ils connaissaient.

 

Q: En És 60:11, quelle est la signification de « Tes portes seront toujours ouvertes » ?

R: Les portes sont belles et procurent un sentiment de sécurité, car on peut les fermer ou les ouvrir. Mais ces portes sont toujours ouvertes, à la fois parce qu’il n’y a plus de danger et à cause du flot continuel des présents.

 

Q: En És 61:1-9, quel est le thème ici ?

R: Ésaïe 61:1-9 illustre la vie d’un croyant. C’est un passage de bonne nouvelle pour les malheureux, qui présente 15 contrastes. Voici trois types de contrastes, avec les versets où ils se trouvent.

Deux aspects du caractère de Dieu :

2a. Une année de grâce de l’Éternel, Et un jour de vengeance de notre Dieu

8a. Dieu dit : « j’aime la justice, Je hais la rapine avec l’iniquité »

Le temps pour nous de rebâtir :

4a. Ils rebâtiront sur d’anciennes ruines

4b. Ils relèveront d’antiques décombres

4c. Ils renouvelleront des villes ravagées, Dévastées depuis longtemps

Comment Dieu nous change :

1a. Guérir ceux qui ont le cœur brisé

1b. Proclamer aux captifs la liberté

1c. Aux prisonniers la délivrance

2b. Consoler tous les affligés

3. Accorder aux affligés de Sion

4. Un diadème au lieu de la cendre

5. Une huile de joie au lieu du deuil

6. Un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu

7a. « Au lieu de votre opprobre, vous aurez une portion double »

7b. « Au lieu de l’ignominie, ils seront joyeux de leur part »

   Remarquez que les trois types de contrastes sont entremêlés. Lorsque Dieu nous change (verset 1), nous reconnaissons l’œuvre et le caractère de Dieu (verset 2), mais après avoir grandi et rebâti pour Dieu, nous pouvons mieux reconnaître encore le caractère de Dieu (verset 8). Ce n’est pas que nous devions travailler à rebâtir avant que Dieu nous sanctifie, ni que Dieu nous sanctifie d’abord pour qu’ensuite nous rebâtissions : ce sont deux processus continus.

 

Q: En És 61:1-11, quand cette prophétie s’est-elle accomplie ?

R: Celui qui parle ici est le Messie. Elle s’accomplit en partie lors de la première venue de Jésus, selon Jésus Lui-même en Luc 4:16-21. Mais Jésus ne lut pas tout le passage et ne dit pas qu’il était accompli, mais seulement la première partie. Tout s’accomplira finalement lorsque Jésus reviendra.

 

Q: En És 61:1 et És 63:7,9,10-14, que montrent ces passages au sujet de la Trinité ?

R: Cela ne prouve pas la Trinité, mais en montre un aspect : la trinité de Dieu, et les trois Personnes de la Trinité agissant ensemble. « L’esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, Car l’Éternel m’a oint » : l’Esprit (le Saint-Esprit) du Seigneur, l’Éternel (le Père), est sur Moi, l’Oint (le Messie, Jésus). En Ésaïe 63, il y a le Père, l’Éternel en Ésaïe 63:7, l’Ange de Sa face (Jésus) en Ésaïe 63:9, et l’Esprit de l’Éternel en Ésaïe 63:10,11,14.

 

Q: En És 61:2s, que promet Dieu ici ?

R: Le mot hébreu naqam a un champ de sens plus large que n’importe quel mot français. Il désigne à la fois la restauration, la restitution et la vengeance. Il combine le fait de rendre les bonnes choses à ceux qui doivent les recevoir, et les mauvaises à ceux qui doivent les recevoir. Cependant, le sens ici comprend assurément aussi la vengeance, car le chapitre suivant la décrit en détail.

 

Q: En És 61:2, comment un chrétien peut-il vivre, ou ne pas vivre, dans « une année de grâce de l’Éternel » ?

R: Tout d’abord, l’année de grâce du Seigneur est déjà là ; Jésus Lui-même l’a apportée ; et nous vivons à l’ère de la grâce (et non de la Loi). Vous n’avez donc rien à faire pour amener l’année de grâce du Seigneur ; Jésus a déjà tout fait. Mais choisir de nous l’approprier et de vivre dans ce qui nous a été donné relève de notre responsabilité. À l’époque de l’Ancien Testament, lorsque l’exil prit fin, cela n’eut aucune conséquence pour la majorité des Juifs ; eux et leurs descendants ne revinrent jamais dans la Terre promise. De même, nous devons choisir de vivre dans les promesses de Dieu. Vivons-nous en nous confiant en Dieu, en nous appuyant sur Lui, en L’aimant et, finalement, en trouvant notre joie en Lui, ou sommes-nous « ailleurs », cherchant frénétiquement en d’autres lieux notre joie, notre raison d’être et notre épanouissement ? Ne soyez pas un chrétien qui est « ailleurs ».

 

Q: En És 61:3, qu’est-ce que « Une huile de joie » ?

R: Cette expression n’est employée qu’en deux autres endroits de l’Écriture : le Psaume 45:8 (« ton Dieu t’a oint D’une huile de joie ») et Hébreux 1:9, qui cite le Psaume 45:8. Dans tous les cas, elle désigne une qualité qui vient du Messie.

 

Q: En És 61:7, pourquoi Israël recevrait-il une double portion de bénédiction (« Ils posséderont ainsi le double dans leur pays ») ?

R: La seule autre occurrence d’une double portion concerne le fils premier-né. Il recevait une double portion, c’est-à-dire deux fois plus que les autres fils, selon Deutéronome 21:17. Sion/Israël était considéré comme un fils premier-né en Exode 4:22-23. Bien sûr, lorsqu’ils se détournèrent de Dieu, ils reçurent un double châtiment, en Ésaïe 40:2.

 

Q: En És 62:1-2, pourquoi Dieu se soucie-t-Il tant que nous soyons justes ou non ?

R: Bien que l’Écriture ne donne probablement pas toutes les raisons auxquelles Dieu a pensé, nous pouvons en discerner au moins trois :

Pour Sa gloire : Dieu nous a créés, et nous Le glorifions en Le louant par nos paroles, nos actes et notre vie. Dans le même ordre d’idées, notre témoignage juste pour Dieu couvre Satan de honte.

Pour notre propre bien, à la fois dans cette vie et en préparation de l’éternité.

Pour le bien des autres, afin d’être un bon témoignage pour eux. Notre vie est une « lettre de Christ » pour les autres (2 Corinthiens 3:2-3), et nous devons être saints, car nous devons briller « comme des flambeaux dans le monde », en portant la parole de vie (Philippiens 2:15-16).

 

Q: En És 62:2, quelle est la signification d’« un nom nouveau » ?

R: Un nom ou un titre contribue beaucoup à façonner la manière dont les autres vous voient, et ce que vous croyez être votre identité contribue beaucoup à façonner votre propre caractère. Le peuple de Dieu recevra un nom entièrement nouveau, qui n’est pas donné ici. Aujourd’hui, nous portons le nom de Christ, et nous sommes appelés chrétiens. Louez Dieu de ce que nous portons ce nom, mais veillez à bien le porter, pour l’honorer et non le déshonorer. Tout chrétien est un témoin de Christ. J’espère sincèrement que vous êtes un bon témoin plutôt qu’un mauvais, mais tout chrétien est l’un ou l’autre.

 

Q: En És 62:4-5, pourquoi Dieu prend-Il plaisir en nous ?

R: Le nom donné ici, Hephtsiba, signifie « mon plaisir est en elle » ; la Segond le traduit : « on t’appellera mon plaisir en elle ». Cela montre que nous pouvons avoir une relation pleinement restaurée avec Dieu. L’Écriture ne dit pas directement pourquoi Dieu prend plaisir en nous, créatures fragiles, pauvres et pécheresses, mais elle nous donne bien des indices. Nous avons été créés pour glorifier Dieu. 1 Jean 4 montre que Dieu habite réellement en nous. On peut supposer que le Saint-Esprit peut vivre notre vie avec nous. Enfin, Dieu est notre Père, et de même qu’un bon père terrestre prend plaisir en ses enfants, Dieu prend plaisir en nous, même quand nous sommes faibles et imparfaits.

 

Q: En És 62:6-8, que doivent surveiller aujourd’hui les gardiens de Dieu (« j’ai placé des gardes ») ?

R: Physiquement, les gardiens devaient guetter le danger et les ennemis qui s’approchaient de la ville qu’ils devaient protéger. Au sens figuré, nous devons guetter deux choses négatives et une positive. Nous devons veiller et avertir les autres des dangers qui menacent le peuple de Dieu et des ennemis qui viennent. Positivement, nous devons attendre Dieu et guetter Son œuvre. Nous tous, croyants, devons veiller et prier. Nous devons être attentifs à l’accomplissement des promesses de Dieu.

 

Q: En És 63:1-2, quelles sont les deux questions qui seront posées ?

R: Ce sont : « Qui est celui-ci qui vient d’Édom » et « Pourquoi tes habits sont-ils rouges » ? C’est Dieu Lui-même. Ses vêtements sont rouges de la colère de Dieu ; rouges, en préfiguration du sang de ceux qui haïssent Dieu. Botsra, l’actuelle Buseirah, en Jordanie, était la capitale d’Édom.

 

Q: En És 63:1, pourquoi Édom est-il mentionné ici ?

R: Il y a un sens direct et un sens général.

Directement, le peuple d’Édom descendait d’Ésaü, frère de Jacob. Bien que biologiquement proches du peuple de Dieu, ils haïssaient le peuple de Dieu. Édom signifie « rouge », ce qui est approprié, car il y aura le sang de ceux qui haïssent le peuple de Dieu.

De manière générale, Édom est ici une métaphore de tout individu, mais surtout de toute nation ou organisation qui s’est dressée contre Dieu et contre le peuple de Dieu.

 

Q: En És 63:1-3, où ailleurs trouve-t-on cette image de Dieu ou du Messie dont le vêtement est trempé de sang ?

R: Dans l’Ancien Testament, on la trouve aussi en Joël 3:13 (« Venez, foulez, Car le pressoir est plein »). Dans le Nouveau Testament, les raisins de la colère et le pressoir se trouvent en Apocalypse 14:17-20. C’est Jésus qui foule la cuve du vin de l’ardente colère de Dieu, en Apocalypse 19:13-16.

En dehors de la Bible, le commentaire juif Targum Palestina sur Genèse 49:11 dit : « Qu’il est beau, le Roi Messie ! Ceignant ses reins et partant en guerre contre ceux qui le haïssent, il tuera rois et princes, et rendra les fleuves rouges du sang de leurs morts, et ses collines blanches de la graisse de leurs vaillants ; ses vêtements seront trempés dans le sang, et lui-même sera comme le jus du pressoir. »

 

Q: En És 63:3-4, que représente le Messie foulant le pressoir ?

R: Cela désigne Christ venant apporter la colère de Dieu, comme le montrent Apocalypse 14:19-20 ; 19:11-16.

 

Q: En És 63:3, personne ne sera-t-il avec Jésus lorsqu’Il reviendra dans la gloire (« J’ai été seul à fouler au pressoir »), ou bien les armées du ciel seront-elles avec Lui, en Ap 19:14 ?

R: Les deux, car il ne s’agit pas d’un seul événement, mais de deux, l’un juste après l’autre. Ésaïe 63:3 ne concerne pas l’apparition de Christ dans la gloire, mais plutôt Christ foulant seul le pressoir de la colère de Dieu juste avant. Personne ne foula le pressoir avec Christ, et « nul homme » d’entre les peuples ne Le soutint. Lorsque Jésus viendra, en Apocalypse 19:14, les armées du ciel Le suivront. Nous voulons être citoyens du ciel, et non des nations qui se rassemblent contre Dieu.

 

Q: En És 63:6 et Jé 51:57, pourquoi Dieu enivrera-t-Il des gens (« Je les ai rendus ivres dans ma fureur »), alors que l’ivresse est condamnée en Ép 5:18, et implicitement en És 5:22 ?

R: Nous ne devons pas être ivres, que ce soit de vin, d’une autre boisson alcoolisée ou de quoi que ce soit d’autre. Cependant, Dieu les enivrera de Sa fureur, et Dieu peut le faire comme Il le veut. Il n’est pas question ici d’alcool.

   Peut-être seront-ils réellement dans un état d’ivresse, à cause d’un manque d’oxygène au cerveau ou d’autres causes. Cependant, ce verset pourrait simplement être une métaphore : ils chancelleront comme s’ils étaient ivres, à cause de la grande détresse.

 

Q: En És 63:16 (deux fois) ; És 64:7 ; et Ma 2:10, que montrent ces passages sur le fait que Dieu est notre Père (« Tu es cependant notre père ») ?

R: Ces quatre endroits de l’Ancien Testament enseignaient que Dieu est un Père pour les croyants. Non au sens sexuel, mais de manière figurée, en ce qu’Il nous a créés et prend soin de nous. Cependant, cette proximité avec Dieu comme Père n’apparaissait qu’en quatre endroits ; ce n’était donc pas un thème majeur de l’Ancien Testament. Dans le Nouveau Testament, en revanche, il est beaucoup plus présent.

 

Q: En És 63:9-11, que montre ce passage au sujet de Dieu ?

R: Ce passage mentionne Dieu, et « l’ange qui est devant sa face », qui les a sauvés, et l’Esprit saint de Dieu. Il s’agit en fait de la Trinité.

   Lorsque Dieu conduisait le peuple autrefois dans le désert, il formait déjà une « équipe bigarrée ». Le mot « bigarré » signifie « varié », avec des éléments de bonne, de moyenne et de mauvaise qualité. Il est facile de voir comment Dieu peut faire grâce aux obéissants et punir les désobéissants. Il est cependant plus difficile de chercher à comprendre comment Dieu agit envers un groupe mélangé.

 

Q: En És 63:9, comment Dieu ressent-Il la détresse ?

R: Dieu ne ressent pas directement la souffrance ou la détresse. Mais lorsque Jésus a souffert, mourant sur la croix pour nos péchés, Il a certainement ressenti la détresse. Il sait exactement ce que c’est que de souffrir et de porter le poids de notre culpabilité. Dieu peut pleinement compatir à nos difficultés et au poids du péché.

 

Q: En És 63:10 et Ép 4:30, comment peut-on attrister le Saint-Esprit (« ils ont attristé son esprit saint ») ?

R: Les Israélites du désert l’ont fait lorsqu’ils ont endurci leur cœur et se sont révoltés contre Dieu. Paul, s’adressant à des chrétiens, leur dit : « N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu » ; les chrétiens peuvent donc attrister le Saint-Esprit. Lorsque nous désobéissons continuellement à Dieu, nous attristons le Saint-Esprit. Bien sûr, puisque seul un être personnel éprouve des émotions, cela montre que le Saint-Esprit est un être personnel.

 

Q: En És 63:15-64:11, quels sont les aspects essentiels de cette prière ?

R: Certains pourraient dire que cette prière commence au verset 7. Quoi qu’il en soit, c’est la combinaison d’une prière de louange, d’une prière de confession et d’une prière de supplication pour demander de l’aide. En Ésaïe 64:7, elle reconnaît qu’ils sont impuissants, que Dieu est au-dessus de tout, et aucune condition n’est posée à Dieu dans cette prière. La prière commence par la louange : elle loue Dieu pour « Le frémissement de tes entrailles et tes compassions », en Ésaïe 63:15, et à partir de là les trois éléments sont entremêlés. C’est en définitive une prière d’espérance.

   Cette prière est un magnifique chiasme.

Le Seigneur regarde du haut de Sa demeure céleste ; Sa compassion est retenue. És 63:15-16

- Nous sommes Ton peuple, ô Dieu, même si nous ne nous comportons pas comme tel. És 63:17-19

- - Les nations tremblent lorsque Tu montres Ta face, ô Dieu. És 63:19-64:2

- - - Nul n’est semblable à Dieu. Il secourt ceux qui espèrent en Lui, mais n’ignorez pas Sa colère. És 64:3-4

- - Mais nous nous flétrissons à cause de notre péché, et Toi, ô Dieu, Tu as caché Ta face. És 64:5-6

- Mais Tu es toujours notre Père ; regarde donc Ton peuple. És 64:7-8

La maison du Seigneur, en Sion, est en ruines ; vas-Tu encore Te retenir ? És 64:9-11

 

Q: En És 63:17, peut-on dire que Dieu a fait errer quelqu’un loin de Ses voies et endurci son cœur (« Pourquoi, ô Éternel, nous fais-tu errer loin de tes voies, Et endurcis-tu notre cœur ») ?

R: Non, Dieu ne l’a pas fait directement, mais Dieu a délibérément permis les circonstances qui les ont éprouvés, et ils ont échoué à l’épreuve. Bien qu’ils aient échoué, Ésaïe demande ici miséricorde à Dieu.

   Dieu endurcit le cœur de ceux qui ont d’abord endurci le leur, comme Pharaon. Dieu peut rendre le cœur d’une personne extrêmement dur, comme en Romains 1:21-32. Dans ce verset, Ésaïe se lamente de ce que Dieu ait fait errer Son propre peuple et endurci son cœur. Pour une personne ou un peuple qui oscille entre obéissance et péché, s’ils restent simplement du côté du péché, Dieu peut s’occuper d’eux. En Apocalypse 3:15-16, Jésus dit à l’Église de Laodicée qu’Il aurait voulu qu’elle soit froide ou bouillante ; mais puisqu’elle était tiède, Il allait la vomir de Sa bouche.

   Voir aussi la discussion sur Exode 7:22 pour plus d’informations.

 

Q: En És 64:2, quelles sont les deux choses différentes que ce verset enseigne au sujet de Dieu ?

R: La partie la plus évidente est que Dieu est puissant et peut faire de grandes choses. La seconde est que Dieu fait souvent des choses inattendues : « des prodiges que nous n’attendions pas ».

 

Q: En És 64:3 ; És 63:11, comment le souvenir des jours anciens fortifie-t-il notre relation avec Dieu ?

R: En nous souvenant des grandes choses que Dieu a faites, nous recevons la constance et la force de nous confier en la puissance et en la fidélité de Dieu. Cela nous donne de l’espérance pour l’avenir. Mais, plus profondément, nous nous souvenons aussi de tout ce que nous avons appris sur le caractère de Celui que nous servons.

 

Q: En És 64:5 ; És 1:18 ; et Za 3:3-4, comment la vie des gens, et même leurs bonnes œuvres, sont-elles comme des haillons sales et souillés (« toute notre justice est comme un vêtement souillé ») ?

R: Lorsque vous voyez et sentez une personne qui porte des vêtements sales, vous avez simplement envie de vous écarter d’elle. Même lorsque votre propre bébé a une couche sale, vous voulez le changer, mais ce n’est pas l’une de vos tâches préférées. Lorsque Dieu regarde une personne pécheresse, et nous sommes tous pécheurs, Dieu éprouverait quelque chose de semblable. Mais maintenant, en tant que croyants, nous sommes baignés dans le baptême de Christ et revêtus de Christ, et nous faisons la joie de Dieu.

 

Q: En És 64:6, pourquoi Ésaïe dit-il que personne n’invoque Dieu (« Il n’y a personne qui invoque ton nom »), alors qu’Ésaïe lui-même invoquait Dieu ?

R: Dans le contexte immédiat, Ésaïe parle des Israélites désobéissants. Cependant, d’une manière générale, personne n’invoque Dieu à moins que Dieu ne l’attire. (Les calvinistes disent que Dieu n’en attire que certains, et les non-calvinistes que Dieu exerce au moins une certaine attraction sur tous.)

   Voir la discussion sur Ésaïe 45:19 pour plus d’informations.

 

Q: En És 64:7, comment Dieu est-Il un potier (« Nous sommes l’argile, et c’est toi qui nous as formés ») ?

R: Dieu est comme un potier cosmique d’au moins six manières.

1. Il choisit l’argile à utiliser pour un vase destiné à Ses desseins.

2. Il est le Créateur du vase.

3. Le processus de remodelage du vase

4. Le durcissement du vase

5. Il a le droit d’utiliser, de vendre ou de détruire le vase comme Il le veut.

6. Il fait toutes sortes de vases pour toutes sortes d’usages.

 

Q: En És 64:9-11, qu’est-ce que cela nous enseigne sur le moment où nous devons crier à Dieu ?

R: C’est une lamentation sur la souffrance et l’exil du peuple. Non seulement Dieu a permis qu’ils se trouvent dans une situation précaire, mais Dieu a aussi délibérément veillé à ce qu’ils s’y trouvent, à cause de leur péché persistant. Ésaïe 64:5-6,8 montre à la fois qu’ils le méritaient, et qu’ils le comprenaient et le reconnaissaient. Ils savaient qu’ils n’avaient le droit de rien attendre de Dieu. Mais ils crièrent malgré tout à Dieu. Ils se repentaient, ou du moins certains d’entre eux se repentiraient, et ils implorèrent la miséricorde de Dieu.

   Si quelqu’un est pris dans une spirale descendante de péché, et qu’il sent (à juste titre) que Dieu aurait raison de l’abandonner, il doit tout de même implorer la miséricorde de Dieu. Dieu nous aime encore et prend plaisir à nous sauver. Priez pour que l’esclavage du péché soit brisé. Priez pour que Dieu les délivre au moins d’une partie des conséquences de leur désobéissance. Bien sûr, Dieu a déjà sauvé Ses enfants des pires conséquences de la désobéissance en ne les envoyant pas en enfer. Il est tout à fait permis de demander à Dieu de vous sauver de conséquences moins graves.

 

Q: És 65:1-5 concerne-t-il les non-Juifs ou les Juifs ?

R: Les deux. Ésaïe 65:1 dit que Dieu s’est révélé à ceux qui ne Le cherchaient pas, ce qui désigne les non-Juifs selon Paul en Romains 10:20. Mais cela survint après que Dieu eut tendu les mains « tous les jours vers un peuple rebelle », et cela concerne les Juifs, comme le dit Paul en Romains 10:21.

 

Q: En És 65:2-7, comment Dieu a-t-Il tendu les mains vers « un peuple rebelle » ?

R: Dieu offrit à l’Israël impénitent le salut et la délivrance, et Il leur parla par les prophètes, et pourtant ils marchèrent encore dans leur propre voie (Ésaïe 65:2), provoquèrent la colère de Dieu (Ésaïe 65:3-5), et Dieu leur rendra selon leurs œuvres (Ésaïe 65:6-7). Dieu dit qu’Il ne les détruira pas tous, car certains cherchaient Dieu (Ésaïe 65:8-10), mais c’est vers le plus grand groupe que Dieu tendit les mains.

   Cela frappe au cœur d’une notion calviniste appelée « pas de causes perdues », discutée par le calviniste Michael Horton et d’autres. Puisque Dieu est tout-puissant et omniscient, disent-ils, rien de ce que Dieu fait n’échoue jamais, et qu’une personne à qui le salut est offert périsse parce qu’elle le refuse serait un échec de la part de Dieu. Mais lisez ce chapitre, et vous verrez un Dieu qui « a tendu les mains » en vain pour la plupart de ceux vers qui Il les tendait. Comme le dit The MacArthur Bible Commentary p.833 au sujet de ce verset : « Dieu avait patiemment tendu les mains à un peuple qui persistait à Le rejeter (…) ».

 

Q: En És 65:3-5, comment certaines personnes cherchent-elles aujourd’hui une sainteté de leur propre fabrication ?

R: Ces gens offraient des sacrifices dans des jardins, qui n’étaient pas un lieu autorisé. Les jardins étaient des lieux où ceux qui adoraient les dieux de la fertilité pouvaient offrir des sacrifices. Ces gens offraient des sacrifices sur des briques, alors que les autels devaient être faits de pierres. Et pourtant, par leurs actes, leur régime alimentaire, leur refus de fréquenter certaines personnes et de faire certaines choses, ils cherchent à montrer combien ils sont spirituels : « Ne m’approche pas, car je suis saint ! » Ce que certains considèrent comme de la sainteté n’est parfois qu’un élitisme pieux. Mais avez-vous déjà demandé à Dieu : comment veux-Tu que je sois saint ?

   Un exemple de sainteté de sa propre fabrication, c’est lorsque des gens font un don et veulent que leur nom soit associé à ce don.

    Autre exemple : le philosophe grec Pythagore, qui fit progresser les mathématiques et la musique, interdisait à ses disciples de manger des fèves ; apparemment, les gens ne devaient pas être « musicaux » de cette manière-là. Aujourd’hui, les adeptes du jaïnisme ne sont pas censés manger après la tombée de la nuit, car dans l’obscurité on voit moins bien, et ils pourraient accidentellement manger un animal, comme une mouche ou un insecte tombé dans leur nourriture.

 

Q: En És 65:11s, qui sont les dieux de la fortune et de la destinée (la Segond garde leurs noms : « Gad » et « Meni ») ?

R: Bien qu’il ait pu s’agir d’idoles précises, nous ne connaissons pas d’idole particulière de cette époque qui fût la fortune et la destinée. (On pourrait les retrouver dans les trois sœurs de la mythologie grecque et dans al-‘Uzza, al-Lat et Manat de la mythologie arabe, mais celles-ci sont plus tardives.) Mais, d’une manière générale, les gens adoraient les idoles pour deux raisons : des circonstances favorables dans cette vie, et une longue vie, voire une bonne vie après la mort.

 

Q: En És 65:11a (« vous, qui abandonnez l’Éternel »), quelles sont deux manières différentes dont certains abandonnent le Seigneur ?

R: Ce n’est pas rare, et cela se produit d’au moins deux manières.

Explicitement, les gens cessent de suivre Dieu parce qu’ils ont autre chose à suivre, qui devient l’amour de leur vie. Ce peut être une autre religion, la richesse, la célébrité, l’instruction et le savoir, une relation, ou des membres incroyants de la famille. Parfois, pour compenser, les gens essaient d’inventer leur propre voie de sainteté.

Implicitement, les gens peuvent peu à peu, lentement, s’éloigner, ne trouvant ni le temps ni l’énergie de suivre Dieu. Les soucis de ce monde, la préoccupation pour d’autres choses que Dieu, peuvent tout simplement étouffer leur dévotion envers Dieu.

   Nous devons nous garder de la première manière, mais nous devons nous garder plus encore de la seconde, qui est plus subtile.

 

Q: En És 65:15s ; És 62:2s, que pensent ceux qu’on appelle Juifs du fait que les serviteurs de Dieu recevront « un autre nom » ?

R: C’est une bonne question à leur poser. Les chrétiens croient que ce changement est survenu après la mort et la résurrection de Christ.

 

Q: En És 65:20, puisque les prémillénaristes disent que cela se passe pendant le Millénium, comment des gens pourraient-ils mourir, même s’ils vivent jusqu’à cent ans (« celui qui mourra à cent ans sera jeune ») ?

R: Il y aura encore des naissances et des morts pendant le Millénium. Cependant, ceux qui étaient croyants avant le Millénium seront ressuscités et ne mourront pas ; ils régneront avec Christ pendant mille ans. Pendant le Millénium, la malédiction de la mort sera inversée, mais pas encore abolie.

 

Q: En És 66:1-2 ; Ac 7:44-53, quelle est la mise en garde concernant le fait d’avoir un temple (« Quelle maison pourriez-vous me bâtir ») ?

R: Ces versets ne s’opposent pas à la reconstruction du temple, mais au fait de se reposer sur le temple sans se soucier d’avoir un cœur pur. Jérémie 7 développe beaucoup plus ce point. Étienne l’a aussi souligné dans son premier sermon rapporté, en Actes 7:44-53. (Ce fut aussi son dernier sermon.)

 

Q: En És 66:2, pourquoi Dieu estime-t-Il ceux qui sont humbles, qui ont l’esprit contrit et qui tremblent à Sa parole (la Segond : « Sur celui qui souffre et qui a l’esprit abattu, Sur celui qui craint ma parole ») ?

R: Trois idées sont ici réunies.

Humble : Ceux qui ne sont pas orgueilleux sont disposés à apprendre, à reconnaître leurs torts et à être corrigés, et à changer lorsqu’ils sont repris. Comme l’enseignait C.S. Lewis, une personne vraiment humble n’est pas quelqu’un qui se répète « je suis inférieur ». Une personne vraiment humble est plutôt quelqu’un qui, souvent, ne pense pas du tout à lui-même.

L’esprit contrit : C’est une personne qui regrette d’avoir mal agi, qui est disposée à le reconnaître, et qui veut être changée pour ne pas recommencer.

Trembler à la parole de Dieu : Combien de gens tremblent aujourd’hui à la parole de Dieu ? Dieu veut des gens qui non seulement reconnaissent humblement qu’ils n’ont pas les réponses de la vie, mais qui se tourneront vers Dieu et apprendront que Jésus est la réponse de la vie, sur la terre comme pour l’éternité.

Dans tous les cas, efforçons-nous d’être le genre de personne que Dieu estime.

 

Q: En És 66:2-4,14, quelles sont les caractéristiques des deux groupes : « ceux qui tremblent à la parole » et ceux qui refusent d’entendre la parole ?

R: Les deux groupes peuvent même sembler semblables pour le moment aux yeux des hommes. Mais avec le temps, le premier groupe grandira en sagesse et en intimité avec Dieu, prenant plaisir à entendre la parole de Dieu. Le second groupe deviendra plus insensé et s’éloignera davantage, parce qu’il n’écoute pas. Si vous ne voulez pas croire Dieu, vous êtes enclin à croire n’importe quoi.

 

Q: En És 66:3, quelles sortes de sacrifices sont inacceptables pour Dieu ?

R: Les sacrifices comprennent les animaux, l’argent, d’autres biens, et même le temps que l’on renonce à garder pour soi dans la pratique sincère de sa religion. Certains seront peut-être surpris d’apprendre que certains sacrifices sont simplement du gaspillage, car Dieu n’accepte pas toujours les sacrifices : « Celui qui immole un bœuf est comme celui qui tuerait un homme ». Il y a deux sortes de sacrifices impies qu’Il n’accepte pas.

Les sacrifices aux idoles sont des abominations, car Dieu dit ici qu’Il considère l’idolâtrie aussi gravement que le meurtre, puisque tous deux étaient punis de mort dans la Loi. 1 Corinthiens 10:20 dit que les sacrifices des païens sont offerts aux démons, et non à Dieu, et que nous ne devons pas être en communion avec les démons.

Les sacrifices des rebelles, même offerts au vrai Dieu, ne sont pas acceptés. Dieu ne veut aucun sacrifice de la part de celui qui choisit sa propre voie et trouve du plaisir dans les abominations, comme le dit la dernière partie du verset : « Tous ceux-là se complaisent dans leurs voies, Et leur âme trouve du plaisir dans leurs abominations ». Le Psaume 66:18 montre que si quelqu’un garde l’iniquité dans son cœur, le Seigneur n’écoute pas sa prière. Jésus a dit en Matthieu 5:23-24 que, si vous êtes sur le point de présenter votre offrande à l’autel et que vous vous souvenez que votre frère a quelque chose contre vous, réconciliez-vous d’abord avec votre frère.

Quoi qu’il en soit des sacrifices qu’offre une personne, à Dieu ou aux idoles, Dieu n’aime pas ces sacrifices si cette personne trouve du plaisir dans les abominations.

 

Q: En És 66:7-9, qui est l’enfant mâle ici ?

R: Il faut d’abord établir qui est la mère. La mère est Sion, ou Jérusalem, selon Ésaïe 66:8,10. Au sens figuré, il pourrait donc s’agir des Juifs ou du peuple de Dieu. L’enfant mâle est ici généralement considéré comme le Messie. The Bible Knowledge Commentary : Old Testament p.1120 dit que la mère est Jérusalem, mais que la naissance indique une courte période, et ne dit pas qui est l’enfant mâle, bien qu’il indique qu’Ésaïe 66:14-18 concerne le Messie.

 

Q: En És 66:13 (« Comme un homme que sa mère console, Ainsi je vous consolerai »), qu’y a-t-il d’inhabituel dans cette métaphore de Dieu ?

R: Les descriptions de Dieu dans la Bible sont presque toujours masculines. Les deux exceptions sont Ésaïe 66:13 et Ésaïe 49:15. Jésus se compare Lui-même à une poule, en Matthieu 23:37 et Luc 13:34.

 

Q: En És 66:20-21, pourquoi ce verset sur les sacrificateurs et les Lévites (« je prendrai aussi parmi eux Des sacrificateurs, des Lévites ») paraîtrait-il si étrange à des oreilles juives ?

R: « Ils », en Ésaïe 66:20, ce sont les nations païennes auxquelles la gloire de Dieu a été annoncée. « Ils » ramèneront « tous vos frères » en offrande. Les commentateurs ne s’accordent pas sur le sens de « frères » : les Israélites dispersés, les non-Juifs qui croient et sont devenus un seul peuple, ou les deux. Quoi qu’il en soit, certains de ceux qui viendront serviront comme sacrificateurs et Lévites. Dieu ne permettait qu’aux sacrificateurs descendants d’Aaron et aux descendants de Lévi d’exercer les fonctions sacerdotales et celles du Temple. Mais ce verset montre que Dieu prendra des sacrificateurs et des Lévites parmi ceux qui viendront des nations.

 

Q: En És 66:23 (« A chaque nouvelle lune et à chaque sabbat »), le sabbat sera-t-il de nouveau observé ?

R: Ésaïe 66:23 prophétise un temps futur où « Toute chair viendra se prosterner devant moi », toute l’humanité (et pas seulement les Juifs). Ce sera probablement pendant le Millénium.

 

Q: Dans Ésaïe, quels sont les chiasmes de ce livre ?

R: Les chiasmes sont un trait courant de la poésie hébraïque, où le sens de chaque ligne est symétrique, par exemple :

L’océan est vert,

…Le bateau est brun

……Les gens sont petits

…Dans le bateau sombre

Sur une mer d’émeraude.

Les chiasmes peuvent compter 5, 7, 9 lignes ou davantage, en nombre impair. Il existe aussi des chiasmes à nombre pair de lignes, où les deux lignes centrales se correspondent.

Les chiasmes d’Ésaïe comprennent Ésaïe 15:1-16:14 ; 21:1-10 ; 22:8-11 ; 22:12-14 ; 23:1-14 ; 24:1-13 ; 26:1-21 ; 27:1-13 ; 29:9-14 ; 32:1-5 ; 37:14-20 ; 38:1-8 ; 38:10-20 ; 41:17-20 ; 42:1-4 ; 42:13-17 ; 43:1-7 ; 43:8-13 ; 43:22-24 ; 43:25-44:5 ; 44:6-8 ; 48:17-22 ; 51:1-3 ; 51:7-8 ; 51:13-15 ; 55:1-13 ; 56:9-12 ; 59:14-20 ; 61:5-9 ; 63:15-64:11 ; 65:1-66:24 ; 65:17-18b ; 65:18c-20 ; 66:5-14 ; 66:18-24.

La « ligne » d’un chiasme peut parfois comprendre de nombreuses lignes de poésie, comme dans le chiasme d’Ésaïe 19:1-20:6. La première ligne est Ésaïe 19:1-5, la ligne centrale Ésaïe 19:16-25, et la troisième ligne Ésaïe 20:1-6.

Un autre exemple est Ésaïe 22:1-14. Dans ce cas, ce chiasme en contient deux autres : 22:8-11 et 22:12-14.

Ésaïe 30:1-33 est un autre exemple de chiasme dont chaque « ligne » est assez longue. Ce chiasme en contient deux autres, 30:18-26 et 30:27-33.

Les lignes symétriques d’un chiasme ont un sens apparenté, mais pas toujours le même sens. Par exemple, dans Ésaïe :

22:15-16 Le Seigneur s’oppose à Schebna

…22:17-19 Les desseins du Seigneur pour Schebna

 …20-23a Les desseins du Seigneur pour Éliakim

23b-25 L’avertissement du Seigneur à Éliakim

Ésaïe 58:1-14 est un chiasme, mais la « ligne » centrale (58:6-12) contient deux paires de lignes parallèles.

Motyer qualifie 35:1-10 de chiasme, mais celui-ci est assez difficile à voir.

Ésaïe 25:1-12 ; 31:1-32:20 et 40:6c-8b sont trois exemples de symétrie de lignes qui ne correspondent pas à un chiasme.

 

Q: Dans Ésaïe, que penser des théories selon lesquelles Ésaïe aurait été écrit par plusieurs auteurs ?

R: La théorie des deux Ésaïe, et ses variantes, furent soutenues en 1789 par J.C. Doederlein (1745-1792) et d’autres, dont Duhm, qui avait une théorie des trois Ésaïe. Ces théories répondaient au dilemme suivant : « Puisqu’ils ne pouvaient croire qu’il y ait de véritables prophéties dans la Bible, comment le livre d’Ésaïe pouvait-il contenir tant de prophéties sur les Babyloniens et les Perses qui se sont réalisées ? »

   Toutes ces théories antisurnaturelles ont en commun qu’Ésaïe 6 faisait partie du premier Ésaïe, qui écrivit au VIIIe siècle, et qu’Ésaïe 40-66 n’était pas l’œuvre du premier Ésaïe. Le manuscrit de la mer Morte 1QIsa a été trouvé avec tout Ésaïe ; il comportait un espace vide séparant deux parties, mais cet espace se trouvait entre Ésaïe 33 et 34.

   Cependant, outre le parti pris antisurnaturel, ces théories des multiples Ésaïe posent d’innombrables problèmes. La question suivante présentera les preuves externes, et celle d’après les preuves internes.

 

Q: Dans Ésaïe, quelles sont les preuves externes concernant le nombre d’auteurs d’Ésaïe ?

R: Certains critiques sceptiques ont tenté de dire qu’Ésaïe avait plusieurs auteurs, tandis que les chrétiens évangéliques et les Juifs conservateurs disent qu’il n’y en avait qu’un. Concernant la théorie libérale, voici trois arguments négatifs, suivis des preuves positives.

N1. Inconnue dans l’Antiquité. Les Juifs eux-mêmes ignoraient toute possibilité qu’Ésaïe soit l’œuvre de deux auteurs différents. Ils considéraient aussi les parties postérieures au chapitre 40 comme d’Ésaïe, comme le montrent Nahum 1:15, Sophonie 2:15 et le fils de Sirach en Ecclésiastique 48:22-25. Josèphe ne mentionne jamais deux Ésaïe. Les Pères de l’Église n’entendirent jamais parler non plus de la théorie des deux Ésaïe. S’il y avait eu deux Ésaïe ou plus, quelqu’un à l’époque en aurait sûrement entendu parler.

N2. Un point de vue seulement moderne, sceptique ou libéral. Les spécialistes libéraux ont soutenu qu’Ésaïe était l’œuvre de deux auteurs ou plus. D’un côté, le sceptique Asimov’s Guide to the Bible p.524,547-550 dit que le point de vue d’un auteur unique n’a aujourd’hui aucun défenseur important. Apparemment, aucun spécialiste conservateur de la Bible n’est important aux yeux d’Asimov. Le savant Expositor’s Bible Commentary volume 6 p.6 dit qu’avant le XVIIIe siècle, le seul auteur à avoir suggéré que plusieurs auteurs avaient écrit Ésaïe fut le Juif Ibn Ezra, au XIIe siècle, qui citait un certain Moïse ben Samuel Ibn Gikatilla partageant le même avis. Il fallut attendre plus d’un millénaire pour que quelqu’un entende parler, ou ait l’idée, qu’Ésaïe était l’œuvre de plus d’un auteur.

N3. Les théories libérales ne s’accordent pas entre elles. Dès qu’on en arrive à une théorie de trois Ésaïe ou plus, les théoriciens ne s’accordent ni sur les parties à attribuer à tel ou tel pseudo-Ésaïe, ni sur le nombre de pseudo-Ésaïe. Cela rappelle un peu Marc 14:55-56, lorsque de faux témoins tentèrent de calomnier Jésus sans que deux d’entre eux puissent s’accorder.

P1. Ce que Jésus et les auteurs des Évangiles savaient d’Ésaïe - Jésus mentionne des versets dont Il dit qu’ils sont d’Ésaïe, en Matthieu 13:14 ; 15:7 ; Marc 7:6. En Luc 4:17-20, on remit à Jésus le livre du prophète Ésaïe ; Il y lut Ésaïe 61:1-2 et dit : « Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. » Jésus et les auteurs du Nouveau Testament citèrent abondamment les deux parties d’Ésaïe, en les attribuant souvent à Ésaïe, et ils n’ont jamais connu deux Ésaïe.

Jean 12:38 dit qu’Ésaïe est l’auteur d’Ésaïe 53:1. Jésus, Paul et les auteurs du Nouveau Testament dirent que des versets du début, du milieu et de la fin d’Ésaïe étaient d’Ésaïe.

Jésus ne connaissait aucune théorie des deux ou trois Ésaïe. Jésus et les auteurs des Évangiles dirent que les passages suivants étaient du prophète Ésaïe :

Ésaïe 42:1 Matthieu 12:17-18

Ésaïe 40:3 Matthieu 3:3

Ésaïe 40:3-5 Luc 3:4

Ésaïe 53:7-8 Actes 8:28

Ésaïe 53:1 ; 6:9-10 Jean 12:38-41

P2. Actes 8:28-30 mentionne l’eunuque éthiopien lisant le prophète Ésaïe. En Actes 28:25-26, Paul cite la première partie d’Ésaïe, Ésaïe 6:9-10, comme étant d’Ésaïe. En Romains 10:20, Paul cite Ésaïe 65:1.

P3. Ce que les Juifs savaient d’Ésaïe : Le livre apocryphe de l’Ecclésiastique 48:24, écrit au IIe siècle av. J.-C., cite Ésaïe 61:3 en disant qu’il est d’Ésaïe.

P4. Les premiers chrétiens : Justin Martyr (qui écrivit vers 138-165 apr. J.-C.) est l’un des Pères de l’Église qui mentionnent qu’Ésaïe a écrit cela, dans son Dialogue avec Tryphon le Juif, chapitre 97.

Clément de Rome (96-98 apr. J.-C.), dans la Première épître de Clément, chapitre 16, cite (avec des explications) presque tout Ésaïe 53.

L’Épître de Barnabé (v.70-130 apr. J.-C.) fait aussi référence à des versets d’Ésaïe.

Cyprien, évêque de Carthage de 248 à son martyre en 258 apr. J.-C., cite « Ésaïe » dans le Traité 12, troisième livre, à de nombreux endroits. Aux « versets » 5, 11, 20, 34, 59, 75, 100, Cyprien cite comme étant d’Ésaïe des passages d’Ésaïe postérieurs à 40:1. Aux « versets » 41, 53, 60, 113, 115, 118, Cyprien cite comme étant d’« Ésaïe » des passages d’Ésaïe antérieurs à 40:1.

Il est admis qu’Ésaïe a pu écrire les derniers chapitres plus tard dans sa vie. C’est pourquoi l’Assyrie n’est pas mentionnée dans les derniers chapitres.

Conclusion : Nous pourrions continuer à chercher d’autres références externes, mais la conclusion est la suivante : Jésus et les apôtres ont dit que ce livre était d’Ésaïe. Les athées modernes et les « chrétiens libéraux » n’ont aucune raison sérieuse de prouver le contraire. Soit nous croyons ce que Jésus et les apôtres ont affirmé sans hésitation, soit nous nions ce qu’ils ont enseigné. Voir The Expositor’s Bible Commentary volume 6 p.8-10 pour une discussion plus approfondie de l’unité d’Ésaïe. Dans la question suivante, nous examinerons les preuves internes.

 

Q: Dans Ésaïe, quelles sont les preuves internes concernant le nombre d’auteurs d’Ésaïe ?

R: Les preuves internes se trouvent dans le livre lui-même. Nous présenterons d’abord honnêtement les éléments qui suggèrent plus d’un auteur, puis ceux qui suggèrent un auteur unique.

M1. Ésaïe n’est qu’un seul livre, mais il se divise naturellement en deux parties, juste avant le chapitre 40.

M2. Différents chapitres traitent de sujets différents, et les chapitres 40-45, par exemple, parlent beaucoup du caractère de Dieu.

M3. Ésaïe mentionne les séraphins en Ésaïe 6:2,6, et les serpents brûlants (serpents « saraph ») seulement en Ésaïe 14:29 ; 30:6.

M4. Ce n’est que dans les derniers chapitres d’Ésaïe que Cyrus ou la Perse sont prophétisés. Ce n’est que dans les premiers chapitres, probablement écrits plus tôt, que l’Assyrie est mentionnée.

M5. Ésaïe 26:10 dit que le méchant « n’a point égard à la majesté de Dieu », tandis qu’Ésaïe 40:5 dit que tous verront la gloire de Dieu. Cependant, le mot hébreu d’Ésaïe 26:10 signifie contempler ou considérer ; les méchants n’ont donc pas égard au Seigneur, mais tous verront le Seigneur. Quel que soit le mot hébreu, Ésaïe 26:10 parle du temps présent, et Ésaïe 40:5 de la fin des temps.

Cependant, il existe de nombreux arguments en faveur de l’unité du livre. L’explication la plus simple de ces cinq points est qu’Ésaïe a écrit différentes parties à différents moments de sa vie.

S1. Le « premier Ésaïe » prophétise aussi sur Babylone

Il mentionne la déportation du peuple de Juda par les Babyloniens en Ésaïe 39:5-8. Le pays serait vidé à 90 % en Ésaïe 6:11-12. Les 39 premiers chapitres mentionnent Babylone dans 63 versets (Ésaïe 13-14:23 ; 21:1-10 ; 39:1-8), tandis que les 27 derniers chapitres d’Ésaïe la mentionnent dans 28 versets (chapitres 46 et 47).

   Les libéraux et les sceptiques ont toutefois une réponse à cette preuve : les parties du « premier Ésaïe » qui mentionnent Babylone doivent avoir été écrites plus tard et insérées, comme le « soupçonne » Asimov’s Guide to the Bible p.538. C’est en réalité un argument infalsifiable. Autrement dit, on pourrait se servir de l’« argument des insertions indétectables » pour dire que toute œuvre littéraire jamais écrite l’a été par plusieurs auteurs.

S2. Le premier comme le second Ésaïe prophétisent sur la fin des temps, en Ésaïe 24-27 et Ésaïe 63-66.

   Cependant, les libéraux et les sceptiques, comme Asimov’s Guide to the Bible p.542, ont une réponse à cela : ils disent qu’Ésaïe 24-27 n’a pas été écrit par Ésaïe.

S3. Des chiasmes dans les deux parties

Tout Ésaïe est truffé de chiasmes. Ésaïe 1-39 en compte au moins 18, et Ésaïe 40-66 au moins 23. En parcourant Ésaïe, on voit des schémas plus complexes, mais leur complexité augmente progressivement et ne commence pas brusquement au chapitre 40. Il faut s’attendre, chez quelqu’un qui a vécu longtemps, à voir son style évoluer progressivement.

S4. D’autres similitudes entre les deux parties. Comme le montrent The Bible Knowledge Commentary : Old Testament p.1030 et When Critics Ask p.265-267, il y a au moins dix passages semblables dans les deux parties :

(1:15 et 59:3,7), (1:29 et 57:4-5), (2:3 et 51:4), (10:1-2 et 59:4-9), (28:5 et 62:3), (29:18 et 42:7), (29:23 et 60:21), (30:26 et 60:19), (33:24 et 45:25) et (35:6 et 41:18).

Voici quelques-unes des similitudes entre Ésaïe 1-39 et 40-66, selon When Critics Ask p.265-267.

a) 1-39 emploie « le Saint d’Israël » 12 fois, et 40-66 l’emploie 14 fois.

b) 1:15 dit : « Vos mains sont pleines de sang. » Et 59:3 dit : « Car vos mains sont souillées de sang. »

c) 28:5 dit : « l’Éternel des armées sera Une couronne éclatante et une parure magnifique Pour le reste de son peuple. » Et 62:3 dit : « Tu seras une couronne éclatante dans la main de l’Éternel, Un turban royal dans la main de ton Dieu. »

d) 35:6 dit : « Car des eaux jailliront dans le désert, Et des ruisseaux dans la solitude. » Et 41:18 dit : « Je changerai le désert en étang, Et la terre aride en courants d’eau. »

S5. Ésaïe est le seul des prophètes à mentionner la route de Dieu (11:16 ; 19:23 ; 35:8 ; 40:3 ; 62:10).

S6. Ésaïe se distingue aussi par la mention du « Saint d’Israël ». Cette expression apparaît 12 fois en Ésaïe 1-39, 14 fois en Ésaïe 40-66, et seulement 6 fois dans le reste de l’Ancien Testament.

S7. L’établissement de la justice est caractéristique d’Ésaïe. On le trouve aux versets Ésaïe 9:6 ; 11:4 ; 16:5 ; 28:6 ; 32:16 ; 33:5 ; 42:1,3-4 ; 51:5.

S8. La paix est mentionnée en Ésaïe 9:6 ; 26:3 ; 26:12 ; 27:5 ; 32:17 ; 33:7 ; 36:21 ; 38:17 ; 39:8 ; 42:14 ; 45:7 ; 48:18,22 ; 52:7 ; 53:5 ; 54:10,13 ; 55:12 ; 57:2,11 ; 57:19,21 ; 59:8 ; 60:17 ; 62:1,2 ; 64:11 ; 66:12.

S9. La joie est mentionnée en Ésaïe 9:2,16 ; 12:3 ; 16:10 ; 22:13 ; 24:8,11 ; 29:19 ; 32:13,13 ; 35:2,10 ; 51:3,11 ; 52:9 ; 55:12 ; 60:15 ; 61:3,7 ; 65:14,18,19 ; 66:5,10.

S10. Le mot hébreu rare pour buisson d’épines, na’asus, n’apparaît dans tout l’Ancien Testament qu’en Ésaïe 7:19 et 55:13.

S11. Si Ésaïe 40-66 a été écrit pendant l’exil, pourquoi mentionne-t-il si souvent les rochers, les montagnes, les torrents des vallées, etc. ?

S12. On s’attendrait à ce que des livres écrits pendant ou après l’exil contiennent des termes babyloniens et araméens. Or tout Ésaïe ne contient aucun terme araméen.

Enfin, le Wycliffe Bible Dictionary mentionne aussi la raison profonde de la théorie du « second Ésaïe » au XVIIIe siècle. Puisque les prophéties concernant Cyrus et Babylone sont si précises, les critiques libéraux y voient la « preuve » qu’Ésaïe 40-66 fut écrit après ces événements, soit plus d’un siècle après Ésaïe. Cependant, en poussant cet argument jusqu’à sa conclusion logique, la précision des prophéties messianiques d’Ésaïe 53 « prouverait » de même qu’Ésaïe 40-66 fut écrit après la crucifixion de Jésus. Les Juifs en général, et les manuscrits de la mer Morte en particulier, montrent la fausseté de cette idée.

Conclusion : Les chrétiens conservateurs reconnaissent volontiers que différentes parties d’Ésaïe ont pu être écrites à différentes périodes de sa vie, et que divers chapitres mettent l’accent sur des choses différentes. Cependant, si quelqu’un cherche des preuves concernant le nombre d’auteurs d’Ésaïe (à supposer qu’il veuille voir des preuves), de combien de preuves supplémentaires a-t-il besoin pour admettre qu’il s’agit d’un seul auteur ?

   Voir l’Encyclopedia of Bible Difficulties p.270-271, The Bible Knowledge Commentary : Old Testament p.1030-1031 et le Wycliffe Bible Dictionary p.857-858 pour une discussion plus approfondie de l’incohérence de la théorie des deux Ésaïe.

 

Q: Ésaïe a-t-il été écrit par trois auteurs, comme l’a prétendu le critique Bernhard Duhm ?

R: Bernhard Duhm postula que les chapitres 56-66 étaient l’œuvre d’un « troisième Ésaïe » qui vivait en Palestine ou en Égypte. Il dit aussi que les chants du Serviteur, Ésaïe 42:1-4 ; 49:1-6 ; 50:4-9 ; 52:13-53:12, étaient l’œuvre d’un second Ésaïe. L’Ésaïe original n’aurait même pas écrit le reste, car beaucoup ont dit qu’Ésaïe n’avait pas écrit les chapitres 13-14, 24-27 et 35-39.

   Cependant, il n’est pas certain que Bernhard Duhm lui-même ait soutenu que les chants du Serviteur étaient d’un second Ésaïe. Peut-être un pseudo-Bernhard a-t-il écrit diverses parties de son commentaire, et l’éditeur les a-t-il simplement compilées. En fait, si vous analysez ses écrits de façon sélective, vous pourriez même trouver deux pseudo-Bernhard ou plus. Bien sûr, il m’est facile de dire cela, puisque Duhm écrivit en 1892 et n’est plus là pour se défendre. Il m’est aussi facile de le dire tant que je n’ai à fournir aucune preuve défendable.

   Plus sérieusement, ces points de vue présupposent que Dieu n’aurait pu donner aucune information sur l’avenir. Puisqu’Ésaïe a mentionné prophétiquement Babylone, cela devait avoir été écrit après que Babylone eut conquis Juda. Puisqu’Ésaïe a prédit prophétiquement Cyrus, cela devait avoir été écrit à l’époque de Cyrus.

   C’est donc un raisonnement circulaire : puisqu’Ésaïe mentionne Babylone et Cyrus, il devait avoir été écrit à l’époque de Babylone et de Cyrus, et ne serait donc pas prophétique.

 

Q: Des éléments ont-ils été ajoutés à Ésaïe, de sorte que le livre n’aurait atteint sa forme définitive que vers 350 av. J.-C., comme le prétend le sceptique Asimov’s Guide to the Bible p.525-526 ?

R: Non. Il ne fournit aucune preuve d’une telle affirmation. Ce point de vue découle de la théorie des multiples Ésaïe, et il est étonnant de voir ce que des gens par ailleurs intelligents peuvent imaginer sans aucune preuve.

 

Q: Dans Ésaïe, quels sont quelques-uns des plus anciens manuscrits qui existent encore aujourd’hui ?

R: Manuscrits de la mer Morte : (v.1 av. J.-C.) 23 copies distinctes d’Ésaïe. (The Dead Sea Scrolls Today p.30, The Dead Sea Scrolls in English 4th ed., The Dead Sea Scrolls Translated : The Qumran Texts in English 2nd ed.). Cependant, le Wycliffe Bible Dictionary p.436-438 dit qu’il n’y en avait que 18. The New International Dictionary of the Bible p.261 dit qu’il y a au moins 12 manuscrits d’Ésaïe dans la seule grotte 4. Les manuscrits sont :

1QIsa(a) - contient tout le texte d’Ésaïe, à l’exception de quelques lacunes au bas des pages. Il est daté paléographiquement de 125-100 av. J.-C., et de 207-107 av. J.-C. par datation au radiocarbone, selon Responses to 101 Questions on the Dead Sea Scrolls p.20. La datation au radiocarbone par spectrométrie de masse par accélérateur fut en fait réalisée deux fois. Le laboratoire de Zurich donna 201-93 av. J.-C., et celui de Tucson 202-114 av. J.-C., selon The Meaning of the Dead Sea Scrolls p.31. Le Wycliffe Bible Dictionary p.252 contient la photographie de l’une des pages. Il a été daté par radiocarbone au spectromètre de masse de 202-107 av. J.-C. (The Dead Sea Scrolls Today p.18). La date interne est 125-100 av. J.-C. On peut voir une photographie de deux pages de ce rouleau (Ésaïe 49:4-51:13 et 51:13-52:12) dans le New International Dictionary of the Bible p.472,261.

1Q8 (=1QIsa(b)) - (100 av. J.-C. à 100 apr. J.-C.) contient Ésaïe 7:22-25 ; 8:1 ; 10:16-19 ; 12:3-6 ; 13:1-8,16-19 ; 15:3-9 ; 19:7-17,20-25 ; 20:1 ; 22:11-18,24-25 ; 23:1-4 ; 24:18-23 ; 26:1-5 ; 28:15-20 ; 29:1-8 ; 30:10-14,21-26 ; 35:4-6 ; 37:8-12 ; 38:12-22 ; 39:1-8 ; 40:2-3 ; 41:3-23 ; 43:1-13,23-27 ; 44:21-28 ; 45:1-13 ; 46:3-13 ; 47:1-14 ; 48:17-22 ; 49:1-15 ; 50:7-11 ; 51:1-10 ; 52:7-15 ; 53:1-12 ; 54:1-6 ; 55:2-13 ; 56:1-12 ; 57:1-4,17-21 ; 58:1-14 ; 59:1-8,20-21 ; 60:1-22 ; 61:1-2 ; 62:2-12 ; 63:1-19 ; 63:19 ; 64:5-7 ; 65:17-25 ; 66:1-24 selon The Meaning of the Dead Sea Scrolls p.414-417. Responses to 101 Questions on the Dead Sea Scrolls p.20-21 indique qu’il est assez bien conservé à partir du chapitre 41. Il indique aussi qu’il est encore plus proche du texte massorétique que 1QIsa(a).

4Q55 (=4QIsa(a)) à 4Q68 (=4QIsa(o)), 4Q69a (=4QPapIsa(p)). 4Q62 (=4QIsa(h)) contient de petits fragments de cinq manuscrits différents. Ceux-ci contiennent Ésaïe 1:1-6,10-16,18-31 ; 2:1-16 ; 3:14-22 ; 4:5-6 ; 5:1,13-28 ; 6:3-8,10-13 ; 7:4-20 ; 8:1-14 ; 9:2-11,16-19 ; 10:1-10,16-19,23-33 ; 11:4-16 ; 12:1-6 ; 13:1-19 ; 14:1-13,20-24,28-32 ; 15:1-9 ; 16 :aucun ; 17:8-14 ; 18:1,5-7 ; 19:1-25 ; 20:1-6 ; 21:1-16 ; 22:10-25 ; 23:1-18 ; 24:1-15,19-23 ; 25:1-2,8-12 ; 26:1-19 ; 27:1,5-6,8-12 ; 28:6-14,16-18 ?,22,24 ? 29:1-9 ; 30:8-17 ; 31 :aucun, 32 :aucun ; 33:2-8,16-23 ; 34 :aucun ; 35:9-10 ; 36:1-2 ; 37:29-32 ; 38 :aucun ; 39:1-8 ; 40:1-4,22-26 ; 41:8-11 ; 42:2-7,9-12,14-25 ; 43:1-4,12-15,16-24 ; 44:3-7,19-28 ; 45:1-4,6-8,20-25 ; 46:1-3,8-13 ; 47:1-6,8-9 ; 48:6-8,8-22 ; 49:1-15,21-23 ; 50 :aucun ; 51:1-2,8-16 ; 52:2,4-7 ; 53:1-3,6-8,8-12 ; 54:1-11,7-17 ; 55:1-7 ; 56:7-8 ; 57:5-8,9-21 ; 58:1-3,5-7,13-15 ; 59:15-16 ; 60:20-22 ; 61:1-3,3-6 ; 62 :aucun ; 63 :aucun ; 64:5-11 ; 65:1 ; 66:20-24

4Q69b (=4QIsa(r)) És 30:23

5Q3 (=5QIsa) És 39:3 ? Ou És 41:25 ? ; 40:16,18-19

 Parmi les manuscrits de la mer Morte figurait aussi un commentaire d’Ésaïe (3Q4).

   Dans l’ensemble, A Survey of Old Testament Introduction p.25 indique que les deux copies d’Ésaïe trouvées dans la grotte 1 étaient identiques à la Bible hébraïque standard pour 95 % du texte. (À titre de vérification, j’ai comparé trois passages d’Ésaïe et constaté une concordance de toutes les consonnes de 93,3 %, 95,1 % et 96 %, soit une moyenne globale de 94,6 %.)

Ainsi, dans l’ensemble, chaque verset d’Ésaïe est conservé parmi les manuscrits de la mer Morte.

   Parmi les manuscrits de la mer Morte, le Grand Rouleau d’Ésaïe est très intéressant, car il comporte onze endroits où figure ce qui semble être une lettre grecque Tau (ou Chi) couchée, en regard de passages messianiques. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le Chi était la première lettre du mot grec désignant le Christ. Toutefois, cela ne prouve pas une influence chrétienne, car avant l’époque de Jésus, les Juifs reconnaissaient déjà « Christ » comme la traduction grecque de Messie, c’est-à-dire l’oint. Ces onze passages sont Ésaïe 32:1ss ; 42:1ss ; 42:5ss ; 42:19ss ; 44:28 ; 49:5-7 ; 55:3-4 ; 56:1-2 ; 56:3ss ; 58:13ss ; 66:5ss.

Les manuscrits bibliques chrétiens, à partir de 350 apr. J.-C. environ, contiennent l’Ancien Testament, y compris Ésaïe.

Clément de Rome (96-98 apr. J.-C.), dans 1 Clément chapitre 16, cite (avec des commentaires) tout Ésaïe 53 dans la version des Septante.

Justin Martyr (qui écrivit v.138-165 apr. J.-C.) cite Ésaïe plus que tout autre livre, à l’exception des Psaumes. Il cite tout ou partie de 209 versets. Ésaïe 1:3,7,9,16-20,23,27 ; 2:3,5s ; 3:9-16 ; 5:18-25 ; 6:8 ; 7:10-17 ; 8:4 ; 9:5 ; 11:1ss ; 14:1 ; 18:6 ; 19:24 ; 26:2,3 ; 27:1 ; 29:13,14 ; 30:1-5 ; 33:13-19 ; 35:1-7 ; 39:8 ; 40:1-17 ; 42:1-13,16 ; 43:10,15 ; 44:6,9-20 ; 49:6,8 ; 50:4,6 ; 51:4,5,10ss,13-15 ; 53:1-12 ; 54:1,9 ; 55:3ss ; 57:1-12 ; 58:13,14 ; 62:10-12 ; 63:1-6,15-19 ; 64:10-12 ; 65:1-3,8s,9-12,17-25 ; 66:1,5-11,21,24

Il dit que beaucoup de ces citations (1:3 ; 3:9ss ; 5:18,20 ; 19:24s ; 52:2 ; 53 ; 57:1-4 ; 58:1-12 ; etc.) étaient d’Ésaïe.

Vaticanus (325-350 apr. J.-C.) contient tout Ésaïe

Sinaïticus (340-350 apr. J.-C.) contient tout Ésaïe. Il commence à la page qui suit la fin de 4 Maccabées, et se termine sur la page où commence Jérémie.

Alexandrinus (v.450 apr. J.-C.) contient tout Ésaïe, placé après les douze livres des petits prophètes.

 

Q: Quels sont les premiers auteurs qui ont fait référence à Ésaïe ?

R: Les auteurs anténicéens qui ont cité des versets d’Ésaïe ou y ont fait allusion sont :

Philon, le Juif d’Alexandrie (15/20 av. J.-C.-50 apr. J.-C.), fait référence à quatre versets d’Ésaïe : 1:9 ; 5:7 ; 48:22 ; 54:1.

Clément de Rome (96-98 apr. J.-C.) cite Ésaïe 1:16-20. 1 Clément ch.8 p.7. Il cite aussi Ésaïe 66:2 au ch.13 p.8

Ignace d’Antioche (v.100-117 apr. J.-C.) fait allusion à Ésaïe 5:26 ; 49:22 dans sa Lettre aux Smyrniotes ch.1 p.86 (version grecque courte)

L’Épître de Barnabé (100-150 apr. J.-C.) ch.4 p.139 cite Ésaïe 5:21 en disant : « L’Écriture dit ».

2 Clément (120-140 apr. J.-C.) ch.2 p.517 cite Ésaïe 54:1. L’auteur cite aussi Ésaïe 29:13 comme étant d’Ésaïe au ch.3 p.518.

Polycarpe (100-155 apr. J.-C.) cite le dernier quart d’Ésaïe 52:5 dans sa Lettre aux Philippiens ch.10 p.35

Justin Martyr (v.138-165 apr. J.-C.) cite tout ou partie de 209 versets d’Ésaïe. Il cite Ésaïe 66:1 comme étant d’Ésaïe dans le Dialogue avec Tryphon le Juif ch.23 p.206. Il cite Ésaïe 49:1-17 d’un seul bloc dans le Dialogue avec Tryphon ch.50 p.220

Hégésippe (170 apr. J.-C.) mentionne l’Écriture d’Ésaïe dans les Fragments of Five books of Commentaries on the Acts of the Church p.763

Méliton de Sardes (170-177/180 apr. J.-C.) dit qu’Ésaïe est l’un des livres de l’Ancien Testament, dans sa lettre à Onésime. Sur la Pâque p.72. Ce texte est conservé dans l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe livre 4 ch.26.

Athénagore (177 apr. J.-C.) fait référence à Ésaïe 41:4 ; 44:6 ; 43:10,11 ; 46:1. Il dit aussi : « Moïse, Ésaïe, Jérémie » et les autres prophètes. Supplique pour les chrétiens ch.9 p.133

Théophile d’Antioche (168-181/188 apr. J.-C.) cite Ésaïe 40:22 comme étant d’Ésaïe. Théophile à Autolycus livre 2 ch.13 p.100.

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) cite Ésaïe 7:10-17 et dit : « Avec soin, donc, le Saint-Esprit a indiqué, par ce qui a été dit, Sa naissance d’une vierge, et Son essence, qu’Il est Dieu (car le nom d’Emmanuel l’indique). » Irenaeus Against Heresies livre 3 ch.21.4 p.452

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) cite Ésaïe 7:11 comme étant d’Ésaïe dans Irenaeus Against Heresies livre 3 ch.21.6 p.453

Clément d’Alexandrie (193-217/220 apr. J.-C.) cite Ésaïe 40:11 comme étant d’Ésaïe. Le Pédagogue livre 1 ch.5 p.213

Tertullien (198-200 apr. J.-C.) fait référence à Ésaïe 58:1-2 comme étant d’Ésaïe. Contre les Juifs ch.9 p.164

Théodote, probablement montaniste (v.240 apr. J.-C.), cite un quart d’Ésaïe 19:20 comme prophétie dans les Extraits de Théodote ch.16 p.45

Théodote, probablement montaniste (v.240 apr. J.-C.), cite Ésaïe 40:6 dans les Extraits de Théodote ch.9 p.44. Il cite aussi Ésaïe 2:3 ; 19:20 et 46:6.

Hippolyte (222-235/6 apr. J.-C.) cite Ésaïe 1:16-19 comme étant d’Ésaïe. Discours sur la sainte Théophanie ch.10 p.237.

Commodien (v.240 apr. J.-C.) mentionne Ésaïe et la loi que Moïse, dans sa colère, mit en pièces. Instructions de Commodien ch.38 p.210

Origène (225-254 apr. J.-C.) fait référence à Ésaïe, fils d’Amots, et à la Vision de Nahum. Homélies sur la Genèse. Homélie 11 ch.3 p.173

Novatien (250/4-256/7 apr. J.-C.) cite Ésaïe 7:14 comme se rapportant à Christ. Traité de la Trinité ch.12 p.621.

Traité anonyme contre Novatien (250/4-256/7 apr. J.-C.) ch.10 p.660 cite Ésaïe 57:1,11 comme étant d’Ésaïe.

Cyprien de Carthage (v.246-258 apr. J.-C.) : « Dans Ésaïe … dans le 117e Psaume … Également dans Zacharie … Également dans le Deutéronome : … Également dans Jésus [Josué] fils de Navé » Traités de Cyprien Traité 12 ch.2.16

Cyprien de Carthage (v.246-258 apr. J.-C.) dit que le Fils, Christ, est né de la vierge Marie. Lettres de Cyprien Lettre 72 ch.5 p.380. Il fait aussi référence à Ésaïe 7:14 dans la Lettre 8 p.288

Firmilien de Césarée, à Cyprien (256 apr. J.-C.), cite Ésaïe 2:2. Lettres de Cyprien Lettre 74 ch.1 p.390

Pontius (après 258 apr. J.-C.), en mentionnant Philippe et l’eunuque, dit que l’eunuque « lisait le prophète Ésaïe ». Vie et passion de Cyprien ch.3 p.268

Denys d’Alexandrie (246-256 apr. J.-C.) dit qu’Ésaïe 66:3,4 et Ésaïe 43:9 sont d’Ésaïe dans l’Épître 11 à Hermammon p.107.

Adamantius (v.300 apr. J.-C.) : « Les Prophètes et l’Évangile parlent clairement de deux avènements de Christ – le premier dans l’humilité, et celui d’après, dans la gloire. » Puis il cite Ésaïe 53:2-3. Dialogue sur la vraie foi première partie ch.25 p.68

Victorin de Pettau (martyrisé en 304 apr. J.-C.) cite Ésaïe 11:2,3 comme étant d’Ésaïe. Sur la création du monde p.342.

Pierre d’Alexandrie (306,285-310/311 apr. J.-C.) cite Ésaïe 66:24 comme étant d’Ésaïe dans l’Épître canonique canon 4 p.270. Il cite aussi Ésaïe 66:24 comme étant du prophète. Ibid. canon 5 p.271.

Méthode d’Olympe et de Patara (270-311/312 apr. J.-C.)

Lactance (v.303-v.325 apr. J.-C.) : « Seigneur, qui était assis à la droite de Dieu, sinon Christ le Fils de Dieu, qui est Roi des rois et Seigneur des seigneurs ? Et cela est montré plus clairement encore par Ésaïe », Institutions divines livre 4 ch.12 p.110

Après Nicée

Eusèbe de Césarée, Hilaire de Poitiers, Athanase, Basile de Cappadoce, Cyrille de Jérusalem, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse, Didyme l’Aveugle, Rufin, Jérôme, Sozomène (allusion), Sulpice Sévère, le concile de Carthage (393-419 apr. J.-C.), Épiphane de Salamine, Jean Chrysostome, Augustin d’Hippone, Jean Cassien, l’Histoire ecclésiastique de Socrate, et d’autres font référence à Ésaïe.

Ambroise de Milan (370-390 apr. J.-C.) cite Ésaïe 40:12 comme étant d’Ésaïe. Sur le Saint-Esprit livre 2 ch.9.90 p.126.

Pacien de Barcelone (342-379/392 apr. J.-C.) cite Ésaïe 1:18 comme étant d’Ésaïe. Lettre 3 ch.17.2 p.59

 

Q: Quelles sont quelques-unes des différences entre le texte massorétique et le Grand Rouleau d’Ésaïe des manuscrits de la mer Morte ?

R: Avant d’examiner le texte du Grand Rouleau d’Ésaïe (1QIsa(a)), il convient de dire quelques mots sur les marges. En onze endroits figure ce qui semble être une lettre grecque Tau (ou Chi) couchée, en regard de passages messianiques. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le Chi était la première lettre du mot grec désignant le Christ. Toutefois, cela ne prouve pas une influence chrétienne, car avant l’époque de Jésus, les Juifs reconnaissaient déjà « Christ » comme la traduction grecque de Messie, c’est-à-dire l’oint. Ces onze passages sont Ésaïe 32:1ss ; 42:1ss ; 42:5ss ; 42:19ss ; 44:28 ; 49:5-7 ; 55:3-4 ; 56:1-2 ; 56:3ss ; 58:13ss ; 66:5ss. Sauf indication contraire, la première leçon est celle du texte massorétique (TM), et la seconde celle du Grand Rouleau d’Ésaïe (1QIsa(a)). Les leçons sont traduites directement, et non tirées de la Segond.

És 2:9 « ne leur pardonne pas » (TM) vs. [absent] (1QIsa(a))

És 3:24 « car » (TM) vs. « car honte » (1QIsa(a))

És 7:14 (deuxième personne du féminin ou peut-être troisième personne) vs. (masculin) (1QIsa(a).)

És 8:2 « je prendrai pour témoin(s) » (TM et 4QIsa e) vs. « et fais-le attester » (1QIsa(a)).

És 11:6 « le veau, le lionceau et le bétail engraissé » (TM et 4QIsa c) vs. « le veau et le lionceau paîtront » (1QIsa(a))

És 14:4 (mot inconnu dans le TM) vs. « insolence/fureur » (1QIsa(a)) : différence d’une lettre (d au lieu de r)

És 14:30 « il fera mourir » (TM) vs. « je ferai mourir » (1QIsa(a) et le latin).

És 15:9 « [ville de] Dimon » deux fois (TM) vs. « [ville de] Dibon » (1QIsa(a)) vs. « [ville de] Dimon » la première fois, le manuscrit étant détruit pour la seconde partie (1QIsa(b)). (Dibon est bien connue, mais Dimon ne l’est pas.)

És 21:8 « Et [comme] un lion il cria » (TM) vs. « le guetteur/la sentinelle pour le lion » (1QIsa(a)).

És 23:2-3 « ils t’ont remplie » (TM, probablement 4QIsa a) vs. « tes messagers » (1QIsa(a), apparemment aussi 1QIsa(b)) (deux lettres de différence).

És 28:16 « il a fondé » vs. « il fonde/va fonder » (1QIsa(a) et la Septante)

És 29:5 « tes étrangers » vs. « ton arrogance » (1QIsa(a))

És 30:5 « étrangers » (TM) vs. « ennemis » (1QIsa(a), Septante, Targum) (une lettre de différence)

És 30:16 « devrait dire » (TM) vs. « l’argile/le vase » (1QIsa(a))

És 33:8 « villes » (TM) vs. « témoins » (1QIsa(a))

És 34:5 « s’enivrer » (TM) vs. « être vue » (1QIsa(a))

És 37:9 « apprendre » (TM) vs. « s’en retourner » (LXX et 2 Rois 19:9)

És 37:25 (absent) (TM) vs. « en terre étrangère » (1QIsa(a) et 2 Rois)

És 37:27 « champ » (TM) vs. « brûlé/desséché » (1QIsa(a) et 2 Rois)

És 37:28 « je sais quand tu t’assieds » (TM) vs. « je sais quand tu te lèves et quand tu t’assieds » (manuscrits de la mer Morte, Septante)

És 38:11 « plus parmi les habitants du monde » (certains manuscrits hébreux) vs. « plus parmi les habitants du repos » (TM, Vulgate) vs. « plus parmi les habitants du pays » (Targum) vs. « plus » (LXX)

És 38:14 « ÉTERNEL » (Ancien Testament de Bomberg, 1524-1525 apr. J.-C.) vs. « Seigneur » (TM, manuscrits de la mer Morte)

És 38:15 « Il m’a parlé » (TM, Vulgate) vs. « Et lui dirai-je » (manuscrits de la mer Morte, Targum) vs. (absent) (LXX)

És 38:16 « se hâter » (TM) vs. « couvrir de honte » (LXX)

És 40:3 « Aplanissez dans le désert » (TM, Targum, Vulgate) vs. « Aplanissez » (LXX)

És 40:6 « Et il dit » (TM, Targum) vs. « Et je dis » (manuscrits de la mer Morte, Septante, Vulgate)

És 40:12 « les eaux » (TM, Septante, Vulgate) vs. « les eaux de la mer » (manuscrits de la mer Morte) vs. « les eaux du monde » (Targum)

És 41:14 « vermisseau de Jacob, hommes d’Israël » (TM) vs. « vermisseau de Jacob, insecte d’Israël » (syriaque)

És 41:29 « sans valeur » (TM, Vulgate) vs. « rien » (manuscrits de la mer Morte, syriaque, Targum) vs. (la première moitié du verset est absente de la Septante)

És 45:2 « j’aplanirai les hauteurs/les lieux tortueux » (TM) vs. « j’aplanirai les montagnes » (1QIsa(a), Septante) vs. « je foulerai les murailles » (Targum) vs. « j’humilierai les grands de la terre » (Vulgate)

És 45:8 « afin qu’ils produisent le salut » (TM) vs. « afin que le salut germe/jaillisse » (1QIsa(a)) (une lettre de différence)

És 47:13 « prédire à partir de ce qui » (TM) vs. « prédire ce qui » (LXX, syriaque, comparer la Vulgate)

És 48:11 « car pourquoi serait-il profané » (TM) vs. « car pourquoi mon nom serait-il profané » (LXX, vieille latine/Itala)

És 49:5 « est rassemblé vers lui » (qeré du texte massorétique, manuscrits de la mer Morte, Septante) vs. « n’est pas rassemblé vers lui » (ketiv du texte massorétique)

És 49:12 « Sinim » (TM) vs. « Syène » (1QIsa(a)). Syène est l’actuelle Assouan, mais Sinim est inconnu.

És 49:24 « les captifs du juste » (TM, Targum) vs. « les captifs du puissant/du tyran » (1QIsa(a), syriaque, Vulgate) vs. « les captifs injustement » (LXX)

És 51:16 « planter les cieux » (TM) vs. « déployer les cieux » (syriaque) vs. « fixer les cieux »

És 51:19 « Comment te consolerai-je ? » (TM) vs. « Comment te consolera-t-il ? » (1QIsa(a)) (une lettre de différence)

És 52:5 « les font gémir » (TM) vs. « se moquent » (manuscrits de la mer Morte) vs. « s’étonnent et gémissent » (LXX) vs. « se vantent » (Targum) vs. « les traitent injustement » (Vulgate)

Le texte : Voici un échantillon détaillé d’Ésaïe 52:14-53:12. Sauf indication contraire, la première leçon est celle du texte massorétique, la deuxième celle du Grand Rouleau d’Ésaïe des manuscrits de la mer Morte, et la troisième celle de la Septante grecque. Dans cette section, le texte massorétique compte 197 mots hébreux, le texte du manuscrit de la mer Morte 207 mots hébreux, et la Septante grecque 332 mots grecs. Il y a 55 différences entre le texte massorétique et le Grand Rouleau d’Ésaïe, bien que certaines tiennent à des mots hébreux plus anciens ou plus récents de même sens. Il pourrait aussi s’agir de différences dialectales.

És 52:14 « son défigurement » vs. « mon défigurement » vs. « sans gloire » (LXX)

És 52:14 « fils des hommes » (aussi LXX) vs. « fils de l’homme »

És 52:15 « ils fermeront » (futur) vs. « ils fermeront déjà » (passé avec le préfixe du futur) vs. « ils fermeront » (LXX)

És 52:15 « ils verront » (aussi LXX) vs. « ils virent »

És 53:1 « sur/à qui » vs. « à qui » (aussi LXX)

És 53:2 « desséchée » : différence d’orthographe

És 53:2 « majesté » (TM) vs. « majesté pour lui » (1QIsa(a)) vs. « beauté » (certains manuscrits de la Septante)

És 53:2 « remarquer » vs. « le voir » vs. « le vîmes » (LXX)

És 53:2 « nous désirerons » vs. « nous devrions le désirer » vs. absent (LXX)

És 53:3 « un homme » vs. « et un homme » (aussi LXX)

És 53:3 « habitué à » vs. « familier de / ayant connu »

És 53:3 « celui dont on détourne le visage » (différence d’orthographe possible)

És 53:3 « nous l’avons méprisé » vs. « il était méprisé »

És 53:4 « il était habitué à » vs. « il sera annoncé / révélé » vs. « nous l’avons considéré » (LXX)

És 53:4 (maladies / souffrances) (différence d’orthographe sur deux mots)

És 53:4 « frappé » (TM) vs. « et frappé » (1QIsa(a))

És 53:4 « frappé de Dieu et affligé/tourmenté » (TM) vs. « dans la souffrance et dans l’affliction/le tourment » (LXX)

És 53:5 « transgression … meurtrissure » vs. « transgressions … meurtrissures » (une lettre par mot) vs. « péchés … contusions » (LXX)

És 53:5 « brisé … le châtiment » vs. « et brisé … et le châtiment » vs. « meurtri / rendu malade … meurtrissure » (LXX)

És 53:5 « il a été brisé » vs. « meurtri / rendu malade » (LXX)

És 53:5 « sommes guéris » vs. « serons guéris »

És 53:6 - aucune différence entre le texte massorétique et 1QIsa(a)

És 53:6 « nous étions errants ; chacun suivait sa propre voie, et l’ÉTERNEL a fait retomber » (TM, 1QIsa(a)) vs. « se sont égarés ; chacun s’est égaré dans sa voie ; et le Seigneur l’a livré pour nos péchés » (LXX)

És 53:7 « opprimé » (différence d’orthographe probable d’une lettre) vs. « affliction »

És 53:7 « et comme une brebis » vs. « comme une brebis » vs. « comme un mouton » (LXX)

És 53:7 « il n’a pas ouvert » vs. « il n’ouvrira pas » vs. « ainsi il n’ouvre pas la bouche »

És 53:7 « bouche » (différence d’orthographe probable) vs. « bouche » (LXX)

És 53:8 « oppression / prison » (TM et 1QIsa(a)) vs. « humiliation » (LXX)

És 53:8 « qui » (différence d’orthographe probable)

És 53:8 « car » (différence d’orthographe probable)

És 53:8 « mon peuple » (TM et Septante) vs. « son peuple » (1QIsa(a))

És 53:8 « coup » vs. « il a été frappé » vs. « il a été conduit à la mort »

És 53:9 « il a mis / donné » vs. « ils ont mis / donné » vs. « je donnerai »

És 53:9 « et avec » vs. « et un temps [avec] » vs. « et les » (LXX)

És 53:9 « dans sa mort / son tombeau » (TM, 1QIsa(a)) vs. « pour sa mort » (LXX)

És 53:9 « bouche » (probablement une différence d’orthographe)

És 53:10 « le rendre malade / par la maladie » vs. « l’a transpercé (à mort) » (1QIsa(a)) vs. « coup » (Les mots « maladie » et « l’a transpercé » ne se ressemblent pas du tout en hébreu. Le sens de la Septante est ici très proche de 1QIsa(a).)

És 53:10 « il prolongera » (mots hébreux différents)

És 53:11a « âme » (l’hébreu ancien avait apparemment une construction du génitif légèrement différente de l’hébreu plus tardif) vs. « âme » (LXX)

És 53:11b « il verra et sera rassasié » (TM) vs. « il verra la lumière et sera rassasié » (1QIsa(a) et 1QIsa(b)) vs. « lui montrer la lumière, et le former avec intelligence ; justifier le juste qui sert bien beaucoup d’hommes ; et il portera leurs péchés » (LXX)

És 53:11c « son serviteur » (TM) vs. « mon serviteur » (1QIsa(a))

És 53:11d « il » (différence d’orthographe probable entre le TM et 1QIsa(a))

És 53:12a « et pour » : mots hébreux différents dans le TM et 1QIsa(a)

És 53:12b « péché » (TM) vs. « péchés » (1QIsa(a))

És 53:12c « a intercédé pour les coupables » (TM) vs. « sera frappé pour leurs transgressions » vs. « livré à cause de leurs transgressions » (LXX)

És 56:12 « Venez, disent-ils, je vais chercher du vin » (TM) vs. « Venez, dites-vous, allons chercher du vin » (manuscrits de la mer Morte, syriaque, Vulgate, Targum)

És 57:11 « silencieux, même depuis longtemps » (TM) vs. « silencieux, et j’ai fermé les yeux » (LXX, Vulgate)

És 60:19 « la lune t’éclairera » (TM) vs. « la lune t’éclairera la nuit » (1QIsa(a), Septante, vieille latine/Itala, Targum)

És 61:1 « délivrance des ténèbres pour les prisonniers » (TM) vs. « délivrance des ténèbres pour les aveugles » (LXX)

És 63:9 « Ce ne fut ni une angoisse ni un ange » (TM) vs. « Ce ne fut ni un messager ni un ange » (LXX)

És 64:6 « nous as fait fondre dans la main de notre iniquité » (TM) vs. « nous as livrés dans la main de notre iniquité » (LXX, syriaque, vieille latine/Itala, Targum)

És 65:7 « vos péchés et les péchés de vos ancêtres » vs. « leurs péchés et les péchés de leurs ancêtres » (LXX, syriaque)

És 66:2 « toutes ces choses ont reçu l’existence » (TM) vs. « toutes ces choses sont à moi » (LXX, syriaque)

És 66:18a « Car moi leurs œuvres » (TM) vs. « Car je connais leurs œuvres » (LXX, syriaque)

És 66:18b « cela vient » (TM) vs. « je viens » (LXX, syriaque, Vulgate, Targum)

És 66:19 « Pul » (TM) vs. « Put » (=les Libyens) (certains manuscrits de la Septante)

Cliquez sur ce lien, www.BibleQuery.org/isa53.html, pour le texte complet du texte massorétique, du Grand Rouleau d’Ésaïe et de la Septante grecque.

   Quant à savoir lequel mérite le plus de confiance, on peut défendre les deux positions. D’un côté, les manuscrits de la mer Morte remontent jusqu’à l’époque de Christ. De l’autre, puisque les manuscrits de la mer Morte montrent l’exactitude substantielle du texte massorétique, et que les scribes massorètes prenaient un soin extrême à copier la Bible avec précision, on pourrait soutenir que le texte massorétique est plus précis.

Voici un exemple, tiré de The Meaning of the Dead Sea Scrolls, où le scribe de 1QIsa(a) a apparemment été négligent. Voici le texte massorétique.

És 16:8-9 « Car les campagnes de Hesbon et le vignoble de Sibma languissent. *Les maîtres des nations ont abattu ses meilleurs ceps, qui s’étendaient jusqu’à Jaezer et se répandaient dans le désert ; ses rejetons s’étendaient au loin et traversaient la mer. C’est pourquoi je pleure sur la vigne de Sibma comme sur Jaezer.* Je vous arrose… » vs. « Car les campagnes de Hesbon et le vignoble de Sibma languissent. Je vous arrose… » Le rouleau 1QIsa(a) omet la partie entre les astérisques (*).

Bibliographie pour cette question : Messianic Prophecies from a Dead Sea Scroll, de Catherine Geever, Margaret Heinle et Preston Heinle, donnait le texte du manuscrit de la mer Morte, les différences et une discussion des différences. L’Interlinear Bible de Jay P. Green, The Septuagint Version : Greek and English de C.L. Brenton, et The Dead Sea Scrolls & Modern Translations of the Old Testament de Harold Scanlin ont aussi été utilisés.

 

Q: Dans Ésaïe, quelles sont quelques-unes des différences de traduction entre l’hébreu, la Septante grecque et d’autres traductions ?

R: De tous les livres de l’Ancien Testament, la traduction d’Ésaïe dans la Septante est probablement la moins réussie. Voici quelques-unes des différences de traduction, principalement au chapitre 6. Sauf indication contraire, la première leçon est celle du texte massorétique, et la seconde celle de la Septante. Les leçons sont traduites directement, et non tirées de la Segond.

És 1:17 « Réprimez l’oppresseur » vs. « Réprimez l’opprimé »

És 1:29 « ils seront honteux » (de nombreux manuscrits massorétiques, Septante, Vulgate) vs. « vous serez honteux » (certains manuscrits massorétiques, Targum)

És 2:9b-10 présent (4QIsa(a), 4QIsa(b), Septante) absent (Grand Rouleau d’Ésaïe)

És 2:12 « contre tout homme orgueilleux et hautain, contre quiconque s’élève, afin qu’il soit abaissé » (TM) vs. « contre tout homme orgueilleux et altier, et contre tout ce qui est haut et élevé, et ils seront abaissés » (LXX)

És 3:24 « au lieu de beauté » (TM) vs. « au lieu de beauté, la honte » (manuscrits de la mer Morte)

És 5:17 « des étrangers dévoreront » (TM) vs. « des agneaux paîtront » (LXX)

És 6:2 « Des séraphins se tenaient au-dessus de lui » (TM) vs. « Et des séraphins se tenaient autour de lui » (LXX)

És 6:5 « Malheur à moi » (TM) vs. « Malheur à moi, car je suis transpercé jusqu’au cœur » (LXX)

És 6:6 « vola vers moi » (TM) vs. « fut envoyé vers moi » (LXX)

És 6:7 « ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié » (TM) vs. « enlèvera tes iniquités et purifiera tes péchés » (LXX) (voix passive vs. voix active)

És 6:8 « ira pour nous » (TM) vs. « ira vers ce peuple » (LXX)

És 6:9-10 « Vous entendrez, et vous ne comprendrez point ; vous verrez, et vous ne saisirez point. Rends insensible le cœur de ce peuple, endurcis ses oreilles, et bouche-lui les yeux » (TM) vs. « Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux » (LXX) (traductions d’après une note de la NIV)

És 6:10 « Rends insensible le cœur de ce peuple… » (TM) vs. « Car le cœur de ce peuple… » (LXX)

És 6:11 « dévastées, une désolation » (TM) vs. « laissées désolées » (LXX)

És 6:12 « la désolation au milieu du pays est grande » (TM) vs. « ceux qui restent dans le pays se multiplieront » (LXX)

És 6:13 « être anéanti » (TM) vs. « être livré au pillage » (LXX)

És 6:13 « le chêne qui, abattu, conserve son tronc : une sainte postérité est son tronc » (TM) vs. « le gland quand il tombe de sa cupule. » (LXX)

És 7:14 « elle lui donnera le nom » (TM) vs. « on lui donnera le nom » (LXX et 1QIsa(a) de la mer Morte). La différence porte sur une consonne.

És 7:14 « jeune femme » (‘almah) en hébreu (TM, manuscrits de la mer Morte) vs. « vierge » (parthenos) dans la Septante grecque vs. jeune femme (neanis) dans les traductions grecques d’Aquila, de Symmaque et de Théodotion.

És 8:2 « je fais attester » (TM) vs. « fais-le attester » (manuscrits de la mer Morte, Septante, syriaque)

És 9:2 « Tu as multiplié la nation et augmenté sa joie » (manuscrits de la mer Morte, Targum) vs. « Tu as multiplié la nation et n’as pas augmenté la joie » (TM, Vulgate, 1QIsa) vs. « La plupart du peuple, tu l’as abaissé dans ta joie » (LXX)

És 9:16 « ne s’est pas réjoui de » (TM) vs. « n’a pas eu pitié de » (manuscrits de la mer Morte)

És 10:16 « L’ÉTERNEL » (TM, manuscrits de la mer Morte) vs. « Le Seigneur [Adonaï] » (Ancien Testament de Bomberg, 1524-1525 apr. J.-C.)

És 9:19 « son frère/parent/prochain » vs. « son propre bras » (LXX) vs. « le bras de son frère/parent/prochain » (LXX alexandrine)

És 10:20 « bras » (TM) vs. « descendance » (Targum)

És 10:27 « le joug sera brisé/détruit parce que tu es devenu si gras » (TM, NRSV ; c’est aussi la lecture de la Segond : « la graisse fera éclater le joug ») vs. « le joug sera détruit à cause de l’onction » (TM, traduction littérale de Green) vs. « le joug sera brisé/ôté de dessus tes épaules » (LXX)

És 10:30 « Fais retentir ta voix, fille de Gallim ! » (TM, Targum, Vulgate) vs. « Écoute-la, Anathoth » (LXX, syriaque)

És 10:34 « sous le Puissant » (TM) vs. « avec des arbres majestueux » (LXX, Vulgate)

És 11:6 « le veau, le lionceau et le bétail engraissé ensemble » (TM) vs. « le veau et le lion paîtront ensemble » (LXX)

És 11:15 « détruira la langue de la mer d’Égypte » (TM, Vulgate) vs. « desséchera la langue de la mer d’Égypte » (LXX, syriaque, Targum)

És 13:2 « Faites-leur signe de franchir les portes des nobles » (TM) vs. « tirez vos épées, vous les nobles. » (LXX)

És 14:4 (sens inconnu dans l’hébreu du TM) vs. « insolence/fureur » (manuscrits de la mer Morte, comparer la Septante, le syriaque, la Vulgate)

És 14:21 « pères » (TM) vs. « père » (syriaque)

És 14:30 « il fera mourir ce qui reste » (texte massorétique) vs. « je ferai mourir ce qui reste » (manuscrits de la mer Morte, Vulgate)

És 15:1 « Ar [la ville] est ravagée » (TM) vs. « la ville de Moab est ravagée » (Peshitta)

És 15:4 « les guerriers de Moab poussent des cris » (TM) vs. « les reins de la région de Moab tremblent/crient » (Targum, Vulgate, Septante, syriaque)

És 15:9 « Dimon [lieu inconnu] » (TM, Targum) vs. « Dibon [en Moab] » (manuscrits de la mer Morte, Vulgate, comparer le syriaque) vs. « Rimon » (LXX)

És 16:9 « Ô Élealé [nom de lieu] » (TM) vs. « Ô Dibon [nom de lieu] » (manuscrits de la mer Morte, certains manuscrits de la Septante, Vulgate)

És 16:10 « j’ai fait cesser » (TM) vs. « a cessé » (LXX)

És 17:2 « Les villes d’Aroër sont abandonnées » (TM, Vulgate) vs. « Elle sera abandonnée pour toujours » (LXX) vs. « Ses villes seront abandonnées et désolées » (Targum)

És 17:9a « rameau » (TM) vs. « Amoréens » (LXX) vs. « dévasté » (Targum) vs. « comme les charrues » (Vulgate)

És 17:9b « une branche la plus élevée » (TM) vs. « Héviens » (LXX) vs. « en ruines » (Targum) vs. « blé/grain » (Vulgate)

És 18:1 « navires à voiles » (LXX, NEB) vs. « bruissement d’ailes » (massorétique) (la Segond dit : « le cliquetis des armes »)

És 18:7 « d’un peuple de haute taille et au teint luisant » (TM) vs. « de la part d’un peuple de haute taille et au teint luisant » (manuscrits de la mer Morte, Septante, Vulgate) vs. « à un peuple de haute taille et au teint luisant » (Targum)

És 19:14 « a répandu en elle » (TM) vs. « a répandu en eux » (LXX, comparer les Targums)

És 19:18 « ville de la destruction » (la plupart des manuscrits massorétiques) vs. « ville du soleil » (certains manuscrits massorétiques, manuscrit de la mer Morte 1QIsa, Targum, Vulgate) vs. « ville de la justice » (la plupart des manuscrits de la LXX)

És 20:2 « soulier » (TM) vs. « souliers » (LXX, manuscrit de la mer Morte 1QIsa)

És 21:8 « un lion cria » (TM) vs. « le guetteur/la sentinelle cria » (manuscrits de la mer Morte, syriaque)

És 22:3 « avaient fui de loin » (TM) vs. « avaient fui au loin » (LXX, syriaque, Vulgate)

És 22:19 « Je te chasserai de ton poste, et il t’arrachera de ta place » (TM) vs. « Je te chasserai de ton poste et de ta place » (LXX) vs. « Je te chasserai de ton poste, et de ta place je t’arracherai » (syriaque, Targum, Vulgate)

És 23:2-3 « Sidon, que les navigateurs ont enrichie/remplie. Sur les grandes eaux venait le grain du Schichor » (TM) vs. « Sidon, qui traverses la mer ; tes envoyés sont sur la mer/les grandes eaux. Le grain du Schichor » (un manuscrit de la mer Morte)

És 23:10 « Parcours ton pays » (TM) vs. « Cultive ton pays » (manuscrits de la mer Morte, certains manuscrits de la Septante)

És 25:11 « Et Il étendra Ses mains au milieu de lui, comme le nageur les étend pour nager. Et Il abaissera son orgueil avec l’habileté de Ses mains. » (TM, traduction littérale de Green) vs. « Et il étendra ses mains, comme lui aussi abaisse l’homme pour le détruire : et il abaissera son orgueil quant à ce sur quoi il a porté les mains. » (LXX)

És 26:19 « mon cadavre » (TM, manuscrits de la mer Morte, Vulgate) vs. « leurs cadavres » (comparer le syriaque, les Targums) vs. « ceux qui sont dans les tombeaux » (LXX)

És 26:19 « Tes morts vivront, mon cadavre ; ils se relèveront. Réveillez-vous et chantez, habitants de la poussière ; car la rosée des lumières est ta rosée ; et la terre rejettera les ombres. » (TM) vs. « Les morts ressusciteront, et ceux qui sont dans les tombeaux se relèveront, et ceux qui sont dans la terre se réjouiront ; car la rosée qui vient de toi est leur guérison : mais le pays des impies périra. » (LXX)

És 27:2 « vigne au vin rouge » (certains manuscrits massorétiques, Vulgate) vs. « vigne de délices » (certains manuscrits massorétiques, Septante) vs. « vigne de choix » (Targum)

És 27:8 (sens de l’hébreu incertain dans le texte massorétique) vs. « Par la guerre » (LXX)

És 29:13 « La crainte qu’il a de moi n’est qu’un précepte de tradition humaine. » (TM) vs. « C’est en vain qu’ils m’honorent ; leurs enseignements ne sont que des préceptes humains. » (LXX)

És 33:2 « sois leur bras chaque matin » (TM) vs. « sois [le/un/ ?] bras chaque matin » (LXX) vs. « sois notre bras chaque matin » (syriaque, Targum, Vulgate)

És 33:8 « il méprise les villes » (TM) vs. « ses témoins sont méprisés » (manuscrits de la mer Morte) vs. « ôtés de leurs villes » (Targum)

És 34:7 « buffles » vs. « puissants »

És 35:8 « il y aura là un chemin frayé, une route » (TM) vs. « il y aura là un chemin frayé » (manuscrit de la mer Morte 1QIsa(a))

És 36:5 « Je dis » (massorétique) vs. « Tu dis » (manuscrit de la mer Morte 1QIsa(a), et 2 Rois 18:20).

És 37:20 « seul, tu es l’ÉTERNEL » (TM) vs. « seul, ô ÉTERNEL, tu es Dieu. » (manuscrits de la mer Morte, 2 Rois 19:19)

És 37:25 « j’ai creusé des puits » (TM) vs. « j’ai creusé des puits en terre étrangère » (manuscrits de la mer Morte, 2 Rois 19:24)

És 37:27 « des toits et des champs en terrasses » (la plupart des manuscrits massorétiques) vs. « toit » (certains manuscrits massorétiques, les manuscrits de la mer Morte et certains manuscrits de la Septante)

És 38:11 « habiter dans le lieu du repos » (la plupart des manuscrits massorétiques) vs. « habiter dans ce monde » (quelques manuscrits hébreux) vs. « habitants du repos de la mort »

És 40:3 « celui qui crie » vs. « quelqu’un qui crie »

És 40:3 « aplanissez dans le désert une route pour notre Dieu » (TM) vs. « aplanissez les sentiers de notre Dieu » (LXX)

És 40:11 « et les portera dans son sein ; il conduira celles » (TM) vs. « il conduira celles » (LXX)

És 41:2 « le juste » vs. « la justice »

És 41:2 « pied » vs. « pieds, de sorte qu’il aille »

És 41:25 « invoque mon nom » vs. « ils seront appelés de mon nom » (Septante), « par son nom » (manuscrit de la mer Morte Q(a))

És 43:28 « profanera » (TM) vs. « a profané » (Septante)

És 45:2 (sens inconnu dans le texte massorétique) vs. « montagnes » (manuscrits de la mer Morte, Septante)

És 45:8 « faites pleuvoir » (har’ipa) (texte massorétique) vs. « poussez des cris » (hari’u) (manuscrit de la mer Morte Q(a) et Septante)

És 45:24 « En moi, dira-t-on » (texte massorétique) vs. « de moi on dira » (trois lettres de différence dans le manuscrit de la mer Morte Q(a)) vs. « Disant » (trois lettres de différence, Septante)

És 49:5 « rassemblé vers Lui » (qeré, manuscrits de la mer Morte, Septante) vs. « non rassemblé » (ketiv)

És 49:12 « Sinim » (TM) vs. « Assouan [Égypte] » (manuscrits de la mer Morte) vs. « pays des Perses » (LXX)

És 49:24-25 « au juste » (2 fois) (TM) vs. « au violent » (2 fois) (manuscrits de la mer Morte, Vulgate, syriaque) vs. « au géant » (2 fois) (LXX)

És 50:11 « vous vous armez de torches » (TM) vs. « vous qui allumez des torches » (syriaque) vs. « vous attisez une flamme » (LXX)

És 51:19 « comment te consolerai-je » (TM) vs. « qui te consolera ? » (manuscrits de la mer Morte, Septante, syriaque, Vulgate)

És 52:5 « se moquent » (TM) vs. « gémissent » (manuscrits de la mer Morte, Vulgate) vs. « hurlent » (LXX)

És 52:14 « étonnés à ton sujet » (TM, Septante) vs. « étonnés à son sujet » (syriaque, Targums)

És 52:15 « ainsi il fera l’aspersion sur beaucoup de nations » (TM) vs. « ainsi beaucoup de nations s’étonneront à son sujet » (LXX) (la Segond, « il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie », est plus proche de la LXX)

És 53:11 « lumière » (TM) vs. « lumière de vie » (manuscrits de la mer Morte, Septante)

És 56:5 « je lui donnerai un nom éternel » (TM) vs. « je leur donnerai un nom éternel » (manuscrit de la mer Morte 1QIsa(a) et LXX)

És 61:1 « les ténèbres pour les prisonniers » (TM) vs. « les ténèbres pour les aveugles » (LXX)

És 61:1 (absent) (TM, Septante) vs. « les morts sont ressuscités » (manuscrit de la mer Morte 4Q521).

És 66:19 « à Tarsis, à Pul » (TM) vs. « à Tarsis, à Put [les Libyens] » (certains manuscrits de la Septante)

Bibliographie pour cette question : la traduction de l’hébreu est tirée de la Literal Translation de Jay P. Green, et celle de la Septante de la traduction de The Septuagint : Greek and English par Sir Lancelot C.L. Brenton. The Expositor’s Bible Commentary, General Introduction to the Bible et les notes des Bibles NASB, NIV, NKJV et NRSV ont aussi été utilisés.