Q: En Ép 1:1, à quelle époque l'Épître aux Éphésiens fut-elle rédigée ?
R: Paul était prisonnier au moment de la rédaction, selon Éphésiens 3:1 ; 4:1 ; 6:20. Paul a pu écrire alors qu'il était prisonnier à Césarée en 57-59 apr. J.-C., ou bien alors qu'il était prisonnier à Rome en 60-62 apr. J.-C. Voir The Expositor's Greek Testament vol.3 p.233-235 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 1:1, l'épître aux Éphésiens fut-elle véritablement adressée aux Éphésiens ?
R: Elle s'adressait assurément aux Églises de la région, mais certains manuscrits anciens ne comportent pas les mots « à Éphèse ».
Arguments en faveur de l'ajout ultérieur de « à Éphèse » :
1. Le p46 (Chester Beatty II), de 100-150 apr. J.-C., ne présente aucune lacune ni aucun espace pour ces deux mots. Ce manuscrit contient également les épîtres aux Galates, aux Philippiens, aux Colossiens, la première aux Thessaloniciens, ainsi que la première et la deuxième aux Corinthiens, et dans chaque cas le nom de la ville figure là où il devrait se trouver. (Bien qu'il comporte des fragments de l'Épître aux Romains, Romains 1-4 en était absent.)
2. Les manuscrits alexandrins, le Vaticanus (325-350 apr. J.-C.) et le Sinaiticus (340-350 apr. J.-C.), ne le comportaient ni l'un ni l'autre. Dans les deux cas, il fut ajouté ultérieurement par un correcteur.
3. Parmi les auteurs anciens qui ne comportent pas « à Éphèse » figurent Tertullien (écrivant en 207 apr. J.-C.) et Origène (225-253/254 apr. J.-C.).
4. Today's Handbook for Solving Bible Difficulties p.294 fait observer que si Paul l'avait écrite aux seuls Éphésiens, on se serait attendu à des salutations personnelles adressées à des personnes auprès desquelles il avait vécu trois années durant ; or il n'y en a aucune.
5. De même, en Éphésiens 1:15, il semble que Paul parle d'une région, et non de la seule ville où il avait vécu trois ans.
6. Origène et Jérôme affirmèrent que « à Éphèse » ne figurait pas dans les meilleurs manuscrits dont ils disposaient ; toutefois Jérôme, en dressant la liste des écrits de l'Église, déclara que Paul avait écrit une épître aux Éphésiens (Jérôme et Gennadius (vers 485-492 apr. J.-C.), chapitre 5). Tertullien rapporta également que les disciples de Marcion tenaient cette épître pour celle adressée aux Laodicéens.
Parmi ceux qui adhéraient à la thèse de l'épître circulaire, on compte Théodore de Bèze et l'archevêque James Ussher. Voir John R. W. Stott, ~ p.24, pour de plus amples renseignements à ce sujet.
Arguments en faveur de l'authenticité originelle de « à Éphèse » :
1. L'auteur ancien Ignace, dans sa Lettre aux Éphésiens (110-117 apr. J.-C.), au chapitre 12, affirme que Paul fait mention des Éphésiens dans son épître.
2. Quant à la présence des mots « à Éphèse », le Sinaiticus comme le Vaticanus les comportent, ajoutés dans le manuscrit d'une autre main.
3. L'Alexandrinus (vers 450 apr. J.-C.), le Claromontanus (Ve/VIe siècle) et le Lectionnaire byzantin portent « à Éphèse ».
4. L'auteur ecclésiastique Jean Chrysostome (392-407 apr. J.-C.) le comporte dans son commentaire. Les commentaires de Chrysostome contiennent des citations directes de l'Écriture.
5. Une épître circulaire semblerait contredire la mission de Tychique, chargé de porter la lettre à Éphèse selon Éphésiens 6:21-22. Tychique porta également une autre épître aux Colossiens, en Colossiens 4:7-9.
6. Nous ne connaissons aucune autre épître circulaire dans l'Église primitive dépourvue du nom de la ville ou de la personne.
7. Ce serait là la seule épître circulaire connue que Paul aurait écrite.
Conclusion : ou bien « à Éphèse » fut retranché de certains manuscrits, tels que le Chester Beatty II, avant 100-150 apr. J.-C., ou bien il fut ajouté à certains manuscrits avant environ 117 apr. J.-C. Il s'agit là d'un exemple de variante très ancienne de l'Écriture pour laquelle nous ne saurions trancher avec certitude.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.613, The Expositor's Greek Testament vol.3 p.228-230, et le Believer's Bible Commentary p.1912 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 1:1, quel est le plan de l'Épître aux Éphésiens ?
R: Presque tous s'accordent à reconnaître que le livre se divise en deux parties : les chapitres 1 à 3, et les chapitres 4 à 6. Au-delà de cela, les divergences sont nombreuses. Voici un plan possible.
Ép 1-3 Notre position en Jésus-Christ
- Ép 1 Le mystère de la volonté de Dieu
- - Ép 1:1-2 Salutations
- - Ép 1:3-14 Notre position dans les lieux célestes
- - Ép 1:15-23 Il vous faut savoir combien tout a changé pour vous
- Ép 2 Le mystère de la vie en Christ
- Ép 3 Le mystère des Juifs et des païens réunis en Christ
Ép 4-6 Notre marche en Jésus-Christ
- Ép 4 Marcher d'une manière digne de la vocation
- Ép 5-6:10 Être imitateurs de Dieu
- Ép 5:21-6:10 Se soumettre les uns aux autres
- Ép 6:11-20 Revêtir l'armure de Dieu
Ép 6:21-24 Le messager Tychique et adieux
Q: En Ép 1:3,17 et 1 Pi 1:3, le Père est-il le Dieu de Jésus ?
R: Au sein de la Trinité, oui. Hébreux 1:9 met en évidence plusieurs acceptions du mot « Dieu » lorsqu'il déclare : « C'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t'a oint. » Il convient de distinguer entre la nature et le rôle. Les trois sont Dieu au sein de la Trinité, mais en son sein le Père détient le rôle prééminent, en tant que Dieu à l'égard de Jésus. Le Fils n'est pas inférieur au Père, mais son rôle lui est subordonné.
Q: Puisque Ép 1:3-14 ne formerait, selon Bart Ehrman, qu'une seule phrase en grec, de même que Colossiens 1:3-8, la longueur des phrases indique-t-elle que ces textes ne furent pas rédigés par Paul, lequel écrivait généralement des phrases brèves ? (Bart Ehrman avance cette thèse dans Jesus, Interrupted p.126)
R: Non. Non seulement Ehrman s'oppose au consensus quant à l'emplacement des césures de phrase, mais ces phrases ne sont guère plus longues que celles qu'Ehrman lui-même reconnaît comme très probablement pauliniennes. Quatre points permettent de répondre à cette allégation.
1) Les manuscrits grecs anciens étaient dépourvus de ponctuation ; on ne peut donc que déduire ce qui constituait un point plutôt qu'un point-virgule ou une virgule.
2) Même si Dieu devait nous révéler une « ponctuation divinement inspirée », la statistique demeurerait fallacieuse, car la phrase la plus longue dépendrait non seulement de la longueur du livre mais également du sujet traité. Par exemple, Paul développait-il une théologie plus approfondie au début de ses livres et des salutations plus brèves à la fin, et la proportion entre théologie initiale, application médiane et salutations finales variait-elle d'un livre à l'autre ?
3) Ép 1:3-6, 1:7-10, 1:11-12 et 13-14 ne constituent pas une seule phrase mais quatre, selon The Greek New Testament d'Aland et al., 4e édition révisée (1998). Le Nestle-Aland Novum Testamentum Graece (1993) dit de même. Ehrman n'a jamais indiqué la source lui permettant d'affirmer qu'il ne s'agissait que d'une seule phrase. Toutefois, vingt-trois ans plus tôt, la 3e édition (1975) de The Greek New Testament d'Aland et al. les présentait comme une phrase unique ; je soupçonne donc qu'il utilisait la version bien plus ancienne. Encore une fois, cependant, le grec original ne comportait aucune ponctuation ; fonder un argument sur l'endroit où des érudits de la fin du XXe siècle jugeaient que les points devaient se placer, avant qu'ils ne changent d'avis, constitue au mieux un raisonnement hasardeux.
4) À l'inverse du troisième point, Ehrman, Aland et al. (4e édition révisée), Aland et al. (3e édition) et Nestle-Aland s'accordent tous à reconnaître que Colossiens 1:3-8 forme une seule phrase. Elle compte 156 mots. Ehrman écrit : « Colossians 1:3-8 is all one sentence in Greek; it's a whopper, and quite unlike the kind of sentence Paul typically wrote. Ephesians 1:3-14 is even longer, twelve verses – not like Paul at all. » (Jesus, Interrupted p.126). Ehrman ne fournit aucun élément de comparaison, mais j'en propose un ci-dessous.
|
Phrase |
Nombre de mots des phrases les plus longues |
Nombre total de mots grecs dans le livre |
Références |
|
2 Thessaloniciens |
158, 57, 54 |
823 |
2 Th 1:3-10, 2 Th 2:8-10 ; 2 Th 2:1-3a |
|
Colossiens |
156, 123, 102 |
1 578 |
Col 1:11b-20, Col 1:24-29, Col 1:3-8 |
|
Romains |
139, 123, 113 |
7 109 |
Rm 9:19-26 ; Rm 4:16-21 ; Rm 2:2-8 |
|
Hébreux |
135, 72, 65 |
4 953 |
Hé 8:8-12 ; Hé 1:1-4, Hé 2:2-5 |
|
Éphésiens |
124, 124, 104 |
2 421 |
Ép 2:1-7, Ép 4:11-16, Ép 3:1-7 |
|
2 Corinthiens |
118, 86 |
4 476 |
2 Co 6:2b-10 ; 1:8-11 |
|
2 Timothée |
105, 61, 34 |
1 238 |
2 Tm 1:8-12 ; 2 Tm 1:3-5 ; 2 Tm 1:6-7 |
|
1 Thessaloniciens |
104, 81 |
1 429 |
1 Th 3:9-13 ; 1 Th 1:2-5 |
|
1 Corinthiens |
95, 72 |
6 847 |
1 Co 1:20-25 ; 1 Co 12:15-18 |
|
Philémon |
94, 47 |
335 |
Phm 8-14 ; Phm 4-6 |
|
Galates |
93, 76 |
2 230 |
Ga 2:6-10 ; Ga 2:14-16 |
|
Philippiens |
88, 82 |
1 629 |
Ph 1:3-7 ; Ph 1:27-30 |
|
Tite |
65, 57 |
659 |
Tt 1:1-4 ; Tt 3:4-7 |
|
1 Timothée |
56, 56 |
1 591 |
1 Tm 1:8-11 ; 1 Tm 3:2-6 |
|
Lc 1-7 |
165, 95, 77 |
5 960 |
Lc 3:23-28 ; Lc 1:67-75 ; Lc 3:15-17 |
|
Ac 1-6 |
108, 89, 87 |
3 582 |
Ac 4:5-10 ; Ac 3:12-15 ; Ac 1:1-5 |
|
Ac 7-12 |
72, 65, 64 |
3 971 |
Ac 7:38-40 ; Ac 10:36-38 ; Ac 7:44-46 |
Ehrman reconnaît que les livres en italique sont très probablement de Paul. Le « morceau de bravoure » de 102 mots en Colossiens 1:3-8 est non seulement plus court que d'autres versets de l'Épître aux Colossiens, mais également plus court que bien des versets figurant dans des livres qu'Ehrman reconnaît comme pauliniens. 11b-20 La phrase la plus longue de chaque livre et la liste des livres qu'il reconnaît comme pauliniens paraissent l'une et l'autre arbitraires.
Q: En Ép 1:4, de quelle manière sommes-nous choisis par Dieu ?
R: Certains estiment que Dieu a tout connu par avance avant d'opérer le moindre choix ou de rien prédestiner. D'autres croient que Dieu a tout prédestiné avant de faire usage de sa prescience. Il n'existe que deux versets où la prescience de Dieu et notre prédestination/élection figurent dans le même verset.
Romains 8:29 « Car ceux qu'il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés »
1 Pierre 1:2 « élus selon la prescience »
Dans ces versets, la prescience précède la prédestination/élection.
S'agissant de la crucifixion de Jésus, l'ordre est inversé.
Actes 2:23 « cet homme [Jésus], livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu »
Toutefois, aucun verset de la Bible n'affirme que Dieu dût pleinement disposer de l'un avant de disposer de l'autre.
En résumé, Dieu peut nous choisir de la manière qu'il lui plaît. Nous savons que Dieu a révélé qu'il est juste, généreux, et qu'il ne fait rien sans aucune raison. Cependant, Dieu ne semble pas se sentir tenu de nous exposer toutes ses raisons.
Q: En Ép 1:4-5, tout relève-t-il de la prédestination ?
R: Tout ce qui existe est prédestiné, y compris la réalité de Dieu nous accordant la liberté d'opérer des choix hors de son contrôle total. Rien n'advient sinon ce que Dieu connaît, permet, et qui s'inscrit dans son dessein. Cependant, Dieu permet aux hommes d'accomplir des choses qu'il n'a nullement désirées — les actes mauvais mentionnés en Jérémie 5:28 ; 8:19 ; 12:8 ; Ézéchiel 8:6.
Comme le disait Francis Schaeffer dans The Church at the End of the Twentieth Century : « We can glorify God, and both the Old and New Testament say that we can even make God sad. That is tremendous. » (Hymns for the People of God n° 364) Voir également la question suivante pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 1:4-5, les chrétiens devraient-ils croire à la prédestination ?
R: Un chrétien passablement mûr me déclara un jour qu'il ne croyait pas à la prédestination. Il se trouve que je savais qu'il lisait régulièrement sa Bible, quoique j'avoue avoir conçu quelques doutes après une déclaration aussi insensée.
Éphésiens 1:5 et d'autres versets montrent que croire à la prédestination n'est pas facultatif pour un chrétien, pas plus que ne l'est de croire que Dieu est saint. Or, les hommes peuvent adhérer à diverses vérités et erreurs concernant la prédestination, mais le mot lui-même figure clairement dans la Bible. Non seulement Dieu connaît tout de chacun avant notre naissance, mais Dieu a choisi notre destinée avant que quiconque ne naisse. La prédestination n'est pas une doctrine « calviniste ». Elle est plutôt une doctrine biblique. Qu'un chrétien se dise calviniste, non-calviniste ou arminien, croire qu'un Dieu omniscient nous a choisis avant notre naissance devrait faire partie de votre théologie.
Q: En Ép 1:4-5, comment la prédestination de Dieu s'inscrit-elle dans l'ensemble ?
R: Voici quelques éléments que l'Écriture a révélés.
1. Dieu peut agir à sa guise. Il est souverain sur le moindre détail, en ce sens que rien n'advient au-delà de ce que Dieu permet (Job 1:12 ; Jacques 4:15).
2. Dieu peut agir à sa guise. Il contrôle directement et expressément tout événement qu'il désire (Ésaïe 14:24,27 ; 43:13 ; 55:11 ; Jean 10:26 ; Hébreux 6:17).
3. Dieu peut agir à sa guise. Il n'a pas choisi de contrôler directement et expressément certains événements (Jérémie 5:29 ; 8:19 ; 12:8 ; Ézéchiel 8:6).
4. Dieu peut agir à sa guise. Tout événement, même ceux qui sont permis et non contrôlés, s'intègre à son dessein ultime (Éphésiens 1:11 ; Proverbes 16:4,33 ; Romains 11:36 ; 1 Corinthiens 8:6 ; Apocalypse 4:11).
Q: En Ép 1:4-5, quelles sont certaines idées fausses concernant la prédestination ?
R: En Éphésiens 1:4, lorsqu'il est dit que Dieu nous a prédestinés, alors, si nous croyons à l'autorité de l'Écriture, nous devons croire que Dieu nous a prédestinés. Nous possédons également le libre arbitre, correctement défini. Peut-être éprouvez-vous néanmoins quelque difficulté avec la prédestination, parce que l'on enseigne à son sujet certaines idées fausses. Permettez-moi d'aborder quatre points susceptibles de vous aider.
Dieu connaît tout de l'avenir avec certitude, mais sa connaissance ne restreint pas notre libre arbitre ni ne diminue notre connaissance. Nous ne saurions dire : « Dieu savait que j'allais le faire, je n'avais donc pas le choix, il me fallait le faire. » En Actes 2:23, Jésus-Christ fut livré aux Juifs selon le dessein arrêté et la prescience de Dieu, et pourtant ceux qui crucifièrent Jésus se rendirent coupables de péché (Jean 19:11). Voici un exemple. On peut lire un livre relatant la traversée du Delaware par George Washington voici plus de deux cents ans. Notre connaissance quasi certaine tirée du livre n'a nullement contraint George Washington à agir ainsi. Supposons que nous puissions remonter le temps de quatre cents ans dans une machine, en emportant le livre avec nous. Nous n'aurions pour autant rien fait qui contraignît George Washington à quoi que ce soit. Dieu existe hors du temps (Tite 1:2), aussi bien qu'en son sein, et sa prescience ne nous a contraints à rien.
La prescience que Dieu a de nous précède sa prédestination / son choix dans les deux versets qui mentionnent les deux notions conjointement (Romains 8:29 ; 1 Pierre 1:2). Les calvinistes ont tendance à les intervertir. Dieu choisit tous ceux qu'il choisit, puis il les connaît d'avance. Les arminiens tendent à dire que Dieu a choisi avant le commencement des temps en se fondant sur sa prescience. Toutefois, si Dieu est véritablement hors du temps, alors les deux pourraient être simultanés.
La souveraineté du Dieu tout-puissant n'annule pas notre libre arbitre, quoi qu'en disent souvent les calvinistes. Certaines choses advinrent qui « ne montèrent point au cœur de Dieu », tels les sacrifices d'enfants en Jérémie 32:35, et des personnes moururent qui n'auraient pas dû mourir, en Ézéchiel 13:19. Certaines choses adviennent qui attristent Dieu. Et pourtant, d'un autre côté, tout concourt selon le dessein de Dieu (Éphésiens 1:11). Comment concilier ces deux idées ? — par le concept de « souveraineté déléguée ». Dieu aurait pu exercer un contrôle total sur toutes choses, de telle sorte que rien ne pût lui déplaire et que nous fussions tous des automates. Cependant, Dieu, qui peut tout, a apparemment choisi de déléguer sa souveraineté, pour un temps et dans certaines limites, en sorte que nous ayons la faculté de choisir d'obéir ou de désobéir à Dieu. Dieu tenait apparemment l'homme, fait à son image, en si haute estime qu'il créa des êtres capables de choisir librement de l'aimer. Dieu prise cela si haut qu'il permet aux hommes de le rejeter et d'en subir les conséquences.
Qu'est-ce que le libre arbitre ? Martin Luther écrivit un ouvrage entier, Du serf arbitre, où il affirmait que le libre arbitre était une doctrine fausse. Luther se fourvoya sur ce point, car il poussa les choses à des extrêmes non bibliques. Nous naissons avec une volonté asservie au péché (ce dont Luther conviendrait), mais nous possédons la libre agence de crier néanmoins au secours. Nous possédons le libre arbitre, et un toxicomane possède lui aussi le libre arbitre. Le toxicomane n'a peut-être pas le pouvoir de se libérer de son accoutumance, mais il peut se traîner jusqu'à un centre de désintoxication, se jeter à terre et dire : « aidez-moi ». Certains établiraient une distinction entre un libre arbitre moralement neutre et sans entrave (notion non scripturaire) et ce que nous possédons, qu'ils nomment libre agence. D'autres, notamment les chrétiens de l'Église primitive, emploient le terme de libre arbitre pour désigner le concept biblique.
En résumé, Dieu nous prédestine, et nous possédons également le libre arbitre, correctement compris. Avant le commencement des temps, le choix par Dieu de ceux qui iraient au ciel ne fut ni aveugle ni capricieux ; au contraire, chacun des jours de notre vie était inscrit dans le livre de Dieu (Psaume 139:16) tandis qu'il nous choisissait.
Q: En Ép 1:4-5, puisque nous sommes prédestinés au salut selon le bon plaisir et la volonté de Dieu, qu'en est-il du bon plaisir et de la volonté de Dieu à l'égard de ceux qui sont prédestinés à l'enfer ?
R: La situation s'apparente à celle de l'époque où un ami de George Washington fut condamné à la pendaison pour trahison. Washington aimait son ami et ne souhaitait pas le voir mourir. Pourtant, George Washington souhaitait aussi que justice fût rendue. Washington n'entreprit aucune démarche pour intervenir contre la juste sentence méritée par les choix de cet homme.
Q: En Ép 1:4-13, avant le commencement des temps, Dieu connaissait d'avance qui serait sauvé et qui ne le serait pas. Pourquoi, dès lors, lui faut-il nous prédestiner à être « adoptés comme ses fils par Jésus-Christ », ce qui paraît quelque peu redondant ? Ce que je veux dire, c'est que, puisqu'il sait que cela adviendra (parce qu'il existe hors du temps), il n'est pas nécessaire de le prédestiner. Les situations ne se seraient-elles pas produites de toute façon s'il ne les avait pas prédestinées ? Pourquoi la prescience ne suffit-elle pas ? Peut-être ma confusion vient-elle de ma compréhension du mot prédestination. J'espère que vous pourrez saisir où réside ma difficulté à comprendre ce concept.
R: La prédestination que Dieu opère à notre égard comporte au moins trois aspects.
1. En définitive, le choix de qui est sauvé appartient à Dieu, non à nous.
2. Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui sont prédestinés (voir Romains 8:28). Autrement dit, notre vie est un « processus de préparation » au ciel.
3. Dieu prépare également une place pour nous au ciel. Jésus a dit qu'il y a plusieurs demeures dans la maison de son Père. Il n'y aura aucune demeure vide au ciel, et nul au ciel ne se trouvera privé d'une place préparée pour lui par Dieu.
Quelqu'un a proposé cette analogie. Peut-être les portes du ciel portent-elles deux inscriptions. À l'extérieur, il est écrit : « quiconque le voudra », et à l'intérieur : « Bienvenue, vous qui avez été choisis dès la fondation du monde. »
Ainsi, d'une part, ne soyez pas comme bien des calvinistes qui affirment que, puisque Dieu opère le choix, notre rôle est purement passif, telle une marionnette. D'autre part, ne soyez pas comme certains arminiens et n'allez pas penser que, puisque nous opérons le choix, le rôle de Dieu se réduit à celui d'un juge passif. Le Saint-Esprit œuvre activement dans la vie des hommes, et le Père attire les hommes à lui ; sans quoi nul ne serait jamais sauvé.
Il existe un terme théologique désignant le fait que la volonté humaine choisisse quelque chose et que Dieu choisisse d'user de ce choix. On l'appelle la « concurrence ». On peut débattre de la question de savoir si Dieu connaît tout d'avance et ne prédestine qu'en fonction de sa prescience, ou bien si Dieu prédestine d'abord toutes choses et les connaît d'avance ensuite. Dans les deux passages où les deux termes sont employés à propos des hommes, la prescience vient en premier. Cependant, il n'est nul besoin d'affirmer qu'un Dieu serait tenu d'accomplir intégralement l'un avant l'autre ; les deux pourraient s'être produits au même « moment », du point de vue d'un Dieu hors du temps.
Q: En Ép 1:4-5, quelles sont certaines intuitions calvinistes utiles concernant le libre arbitre ?
R: Bien que je ne sois pas calviniste, je sais apprécier certains concepts avancés par certains calvinistes. Il convient de mentionner que d'autres calvinistes pourraient toutefois s'y opposer.
Mystère : Loraine Boettner explique que nous possédons la libre agence (mais non le libre arbitre), à la manière dont les poissons rouges nagent librement dans un bocal. « Predestination and free agency are the twin pillars of a great temple, and they meet above the clouds where the human gaze cannot penetrate. Or again, we may say that predestination and free agency are parallel lines; and while the Calvinist may not be able to make them unite, the Arminian cannot make them cross each other. » (p.222)
Décrets permissifs : Charles Hodge, du Princeton Theological Seminary, déclarait : « God never decrees to do, or to cause others to do what He forbids. He may, as we see He does, decree to permit what He forbids. He permits men to sin, although sin is forbidden. » (Thèse de Curt Daniel, p.230). Dans Chosen by God p.97, R. C. Sproul écrit : « [God] ordained the Fall in the sense that he chose to allow it, but not in the sense that he chose to coerce it. »
Concurrence : Louis Berkhof affirme : « Concurrence may be defined as the cooperation of the divine power with all subordinate powers, according to the pre-established laws of operation, causing them to act and to act precisely as they do. » Curt Daniel (p.201) ajoute : « He acts in, with and under the things of Nature. »
Décrets dépendants : Dieu n'a pas expressément décrété toutes choses de manière indépendante. Comme le mentionnent W. D. Smith et Charles Hodge, si l'action du bien peut susciter des réactions mauvaises de la part des hommes mauvais, ces réactions mauvaises ne sont pas imputables à Dieu, quoique Dieu en tienne également compte dans son dessein. Tel un cinéaste cosmique, Dieu a expressément décrété un certain nombre d'événements précis et a laissé la pellicule se dérouler. Après avoir visionné plusieurs « prises », il a décrété celle qui lui plaisait le plus. S'il nous est possible d'effacer et de monter des bandes vidéo à notre guise, Dieu ne le pourrait-il pas également ?
Interaction : En combinant les explications ci-dessus, on obtient la solution non calviniste suivante au problème de la souveraineté et de la liberté. Nous ne saurions espérer tout connaître de l'œuvre de Dieu (à l'instar du mystère de Boettner), mais nous pouvons apprendre ce qui est révélé dans l'équilibre des orientations générales de l'Écriture sans renier les détails d'aucun verset. Dieu possédait une volonté décrétée (à l'instar des décrets de Pink), une volonté permissive (à l'instar des décrets de Hodge) et une volonté prescriptive (c'est-à-dire que tous doivent obéir à Dieu). En bien des matières, la volonté de Dieu interagit avec la nôtre (à l'instar de la concurrence de Berkhof) dans la mesure où Dieu le désire. Le plus admirable des décrets de Dieu est peut-être une certaine mesure de liberté, assortie de la responsabilité qui lui correspond. Si Dieu ne désire, ne décrète ni ne veut le mal directement, il le permet (à l'instar des décrets dépendants) comme un « parasite existentiel », partie intégrante de son dessein visant à accomplir ses desseins, lesquels englobent des êtres qui choisissent librement de l'aimer.
Tous les calvinistes devraient méditer ce que disait le calviniste Francis Schaeffer dans The Church at the End of the Twentieth Century : « We can glorify God, and both the Old and New Testament say that we can even make God sad. That is tremendous. » (Hymns for the People of God n° 364.)
Comme le dit Jésus en Matthieu 23:37 : « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! » Dieu peut être attristé par notre volonté.
Q: En Ép 1:7, pourquoi la Bible insiste-t-elle tant sur le sang ?
R: Parce que le sang de Jésus est d'une importance capitale. Son sang nous est si précieux, car c'est en répandant son sang rouge sur la croix pour nos péchés que Jésus a ouvert aux hommes le chemin du ciel.
Q: En Ép 1:11 et Pr 16:4,33, comment toutes choses concourent-elles conformément au dessein de la volonté de Dieu ?
R: Si chacun peut concevoir comment Dieu peut user des bonnes choses pour sa gloire, Dieu ne s'excuse nullement d'user également des choses mauvaises. Voir la réponse relative à Genèse 45:8 pour de plus amples renseignements à ce sujet. Voici quelques-unes des manières dont Dieu peut user du mal.
1. Pour accomplir une tâche précise et extérieure (Genèse 45:8 ; Actes 2:23)
2. Pour opérer un changement intérieur du cœur (Juges 3:7-8, etc.)
3. En guise d'avertissement pour les autres (Luc 13:1-5)
4. Comme moyen de détruire d'autres maux (Habacuc 1)
5. Pour affiner notre foi (1 Pierre 1:6-7)
6. Pour nous aider à mourir au péché (1 Pierre 4:1)
7. Pour éprouver notre foi / développer la persévérance (Jacques 1:2-4)
8. Non pour nous-mêmes, mais pour autrui (Colossiens 1:24)
9. Pour être un signe à l'égard des incroyants (Philippiens 1:28 ; Jean 9:1)
10. Cela accompagne simplement la condition de chrétien (2 Timothée 3:12 ; Philippiens 1:29)
11. Pour montrer à Satan et à d'autres la qualité de notre vie (Job)
12. Parfois nous ne discernons aucune autre raison, sinon que notre persévérance glorifie Dieu (voir Job 1:8-12 ; 2:2-6).
Q: En Ép 1:13, puisque nous avons été inclus en Christ lorsque nous avons entendu l'Évangile, comment fûmes-nous inclus avant le commencement des temps, comme l'enseigne Ép 1:4, et dans l'avenir, comme le montrent Ép 1:14 et Hé 9:29 ?
R: La Bible laisse entendre que Dieu est hors du temps aussi bien qu'en son sein. Pour un Dieu hors du temps, la réponse englobe les trois : passé, présent et avenir.
Chuck Swindoll a rédigé un excellent livret d'étude biblique sur le salut, traitant de ces aspects.
Aspects passés de la prescience et de la prédestination : Avant le commencement des temps, Dieu connaissait la fin dès le commencement, ainsi que tous nos jours (Psaume 139:16 ; Ésaïe 44:7 ; Éphésiens 1:4 ; Tite 1:2).
Aspects présents ponctuels : Lorsque nous avons entendu la parole de la vérité et invoqué le Seigneur (Romains 10:9-10), nous sommes devenus une nouvelle créature (2 Corinthiens 5:17). Hébreux 4:2 et Actes 10:44 mettent également en évidence les aspects présents.
Aspects présents continus : Tandis que nous mettons en œuvre dans notre vie le salut qui est en nous, Dieu est en train de transformer notre vie (Philippiens 2:12-13 ; 1 Pierre 2:2 ; Hébreux 3:14 ; 4:11 ; 6:11).
Aspects de l'espérance future : Nous aspirons à l'achèvement de notre salut (Hébreux 9:15,28 ; Romains 8:23-25 ; 1 Pierre 1:4-5,9,13 ; 1 Corinthiens 15:50-53 ; 2 Corinthiens 5:5).
Voir Hard Sayings of the Bible p.645-647 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 1:14 et 2 Co 1:22, puisque nous sommes garantis et scellés du Saint-Esprit, pourquoi certains se détournent-ils de la foi ?
R: Être chrétien n'est pas chose aisée. Plusieurs raisons peuvent expliquer que des personnes se détournent de la foi.
1. Certains n'ont jamais été véritablement chrétiens (1 Jean 2:18-19 ; Actes 8:19-23).
1a. Ils peuvent abuser autrui (Matthieu 7:15 ; 24:11).
1b. Ils peuvent même s'abuser eux-mêmes par une conversion contrefaite (Matthieu 7:21-23 ; Hébreux 3:10-12).
2. Certains chrétiens authentiques se détournent, mais reviennent. Les véritables chrétiens persévéreront.
3. Les chrétiens authentiques divergent quant à la question de savoir si un chrétien authentique peut se détourner, ne jamais revenir et périr en enfer à jamais. Parmi les versets invoqués pour montrer que les chrétiens peuvent se détourner figurent Hébreux 6:4-9 ; 10:26-32 ; 2 Pierre 2:17-22. Les versets invoqués par certains croyants pour montrer que les chrétiens authentiques persévéreront toujours et ne perdront jamais leur salut sont 1 Jean 5:13-14 ; Romains 8:29-39 ; Jean 10:28-29.
Q: En Ép 1:14, la « possession acquise » désigne-t-elle avant tout notre possession du salut, ou la possession que Dieu a de nous ?
R: Les chrétiens peuvent diverger sur ce point ; examinons le contexte afin d'apprécier la force de chacune des deux thèses.
Notre possession : Éphésiens 1 traite de notre position en Christ, et Éphésiens 1:11,14 évoque notre héritage de la rédemption. 1 Pierre 1:3-4 fait référence à notre espérance vivante et à l'héritage qui nous est réservé dans les cieux. Bien que nous soyons également le peuple / la possession de notre Dieu selon 1 Pierre 2:9-10, le reste d'Éphésiens 1 insiste sur ce que nous possédons en Christ ; il énumère donc nos possessions.
Sa possession : En réalité, on pourrait objecter qu'Éphésiens 1 n'insiste pas seulement sur ce que nous possédons en Christ, mais bien sur qui nous sommes en Christ. Si l'on peut dire que nous « possédons » notre salut au ciel par les mérites de ce que Christ a accompli pour nous, il est plus réconfortant de savoir que nous sommes « possédés » par Dieu comme sa possession acquise, et que Dieu prend soin de ce qui lui appartient. John R. W. Stott, The Message of Ephesians p.46-47, adhère à cette thèse.
Q: En Ép 1:14, qu'est-ce qu'une « garantie » ?
R: Le mot grec traduit par « garantie », arrabon, provient vraisemblablement à l'origine des marchands phéniciens et désignait un contrat, un dépôt ou un acompte. Le terme s'employait également pour la bague de fiançailles. On peut se représenter le Saint-Esprit en nous comme notre « bague de fiançailles », gage de notre salut ultime et des noces de l'Agneau.
Voir John R. W. Stott, The Message of Ephesians p.49, pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 1:15, à quoi ressemblerait la vie d'un chrétien doté d'une grande foi mais de peu d'amour ?
R: Il dirait peut-être la vérité, mais d'une manière peu secourable, voire destructrice. Sans amour, ce serait dire la vérité sans se soucier d'autrui. Il arrive que la réprimande soit prise pour cela, mais dans une réprimande bien conduite on se soucie de la repentance de l'autre, et on le lui exprime. L'amour peut être doux et compatissant ; l'amour peut aussi être exigeant. Mais s'il est une chose que l'amour n'est pas, c'est bien l'indifférence. Jonas dit la vérité sans amour, et Dieu lui montra que Jonas aimait même une plante plus qu'il ne se souciait de tous ces gens.
Voir le Believer's Bible Commentary p.1912 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 1:15, à quoi ressemblerait la vie d'un chrétien doté d'un grand amour mais de peu de foi, ou ne connaissant que peu de choses de la foi ?
R: Il compatirait et ferait preuve de compassion, mais n'aurait en définitive que peu à offrir en fait de bon conseil ou d'orientation.
Voir le Believer's Bible Commentary p.1912 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 1:16-18, Paul prie-t-il avant tout pour quelque chose que ses lecteurs possèdent déjà, ou pour une bénédiction nouvelle ?
R: Un peu des deux, sans être tout à fait l'un ni l'autre. Les lecteurs de Paul sont des croyants ; ils possèdent donc déjà une certaine connaissance de Dieu et une intelligence éclairée. Mais Paul prie néanmoins pour quelque chose de nouveau. Paul prie pour que leur connaissance et leur intelligence soient approfondies, bien au-delà de ce qu'ils possèdent déjà.
Voir John R. W. Stott, The Message of Ephesians p.53-54, pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 1:17, pourquoi fallait-il que les Éphésiens reçussent l'Esprit de sagesse et de révélation, puisque tous les croyants possèdent déjà l'Esprit en eux selon Rm 8:9-11 ?
R: Tous les chrétiens authentiques possèdent le Saint-Esprit, mais Dieu commande néanmoins aux chrétiens authentiques d'être remplis du Saint-Esprit. Cela suppose notamment d'être rempli de sagesse et de révélation.
Q: En Ép 1:18, l'héritage dont il est question ici est-il notre héritage en Christ, ou les saints en tant qu'héritage de Dieu ?
R: Bien que les deux soient vrais, la comparaison de ce verset avec Éphésiens 1:11,14 montre que notre héritage constitue ici le sens premier. La Bible mentionne en bien des endroits nos bénédictions comme notre « héritage » en tant que fils de Dieu. Mais nous sommes le peuple de Dieu, choisi hors du monde. Imaginez l'enfant d'une famille très fortunée, qui doit peut-être encore apprendre à économiser ses sous pour l'heure, mais qui sait qu'à sa majorité il héritera d'une fortune considérable. C'est vous, cet enfant ! Mais votre héritage ne consiste pas en quelques bouts de papier, cailloux ou morceaux de métal, mais en de véritables richesses au ciel.
Une manière pour le croyant de considérer cela est qu'il possède le Saint-Esprit. Mais une autre manière de le considérer est que le Saint-Esprit le possède.
Voir le Believer's Bible Commentary p.1913-1914 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 1:20, que pensez-vous du théologien Rudolf Bultmann affirmant que « le Christ est ressuscité dans le kérygme », c'est-à-dire uniquement dans la foi et la proclamation de ses disciples ?
R: Rudolf Bultmann était un hérétique voué à l'enfer, et il ne parvenait guère à le dissimuler. 1 Corinthiens 15:1-8 montre que si l'on ne croit pas que le Christ est ressuscité des morts de manière visible, ce que l'on croit est vain. Paul affirme donc que la foi de celui qui croit ainsi est vaine, c'est-à-dire qu'elle ne lui servira de rien.
Voir John R. W. Stott, The Message of Ephesians p.59, pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 1:20, Hé 8:2, 10:12 ; Ac 2:25 ; 7:56, et ainsi de suite, en quel sens Jésus est-il à la droite de Dieu ?
R: La droite était une expression désignant la place réservée à l'hôte le plus honoré, comme le montre le Psaume 110:1.
Q: En Ép 1:21-22, puisque Christ est au-dessus de toutes choses, Christ est-il également au-dessus de Dieu le Père ?
R: 1 Corinthiens 15:26-28 répond à cette question en soulignant que Christ est au-dessus de tout, mais que ce « tout » n'inclut manifestement pas Dieu lui-même.
Q: En Ép 1:23, que signifie ici « plénitude » ?
R: Ce mot grec désignant la plénitude, pleroma, était un terme courant pouvant décrire un bol rempli d'eau, un navire chargé de sa cargaison, ou un navire doté de son équipage au complet. C'est un peu comme une maison qui n'est pas « pleine » si tous les enfants ne sont pas rentrés. Dans ce contexte, le sens peut être actif, en ce que nous constituons la possession de Christ au ciel, ou passif, c'est-à-dire que Christ remplit l'Église. Puisqu'il existe ici une ambiguïté grammaticale, les deux sens pourraient être présents.
Voir John R. W. Stott, The Message of Ephesians p.62-65, pour une discussion plus détaillée.
Q: En Ép 1:23, puisque l'Église est le corps de Christ et la plénitude de Christ, les chrétiens devraient-ils être vénérés à la manière dont une messe catholique vénère les éléments de la Cène ?
R: Non. De simples hommes ne doivent pas être adorés, pas plus que le pain et le vin ne doivent l'être. Adorez Dieu seul.
Q: En Ép 2:1, quelle est ici la différence entre les offenses et les péchés ?
R: Ce sont des synonymes désignant la même réalité : les transgressions contre Dieu. Mais les deux mots grecs employés ici en soulignent des aspects différents. Une offense (paraptoma) peut être un faux pas, une démarche erronée franchissant une limite ou s'écartant du droit chemin. Le mot grec traduit par offense occupe également une place importante en Colossiens 2:13. Un péché (hamartia) signifie l'échec consistant à manquer la cible ou à rester en deçà, telle une flèche manquant sa cible.
Voir The Expositor's Greek Testament vol.3 p.283 et John R. W. Stott, The Message of Ephesians p.71, pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 2:1,5, en quel sens sommes-nous « morts » dans nos transgressions ?
R: Ces versets constituent en quelque sorte un rapport d'autopsie. Mais de même que les diamants scintillants paraissent à leur avantage sur un fond de velours sombre, la grâce de Dieu resplendit davantage lorsqu'elle est mise en contraste avec notre état antérieur de mort. Tous étaient morts d'au moins trois manières : judiciairement, spirituellement, et, dans une moindre mesure, par la décrépitude physique.
Judiciairement : Nous sommes déjà morts à la manière dont un criminel condamné, dont l'exécution est fixée au lendemain, est déjà comme mort. Voir également la question relative à Colossiens 2:13.
Spirituellement : Si les incroyants peuvent encore accomplir quelques actes relativement bons (Matthieu 7:10-11 ; Luc 6:32-34), notre mort spirituelle est si complète que nul ne peut même venir à Dieu si le Père ne l'attire (Jean 6:44) et si le Saint-Esprit n'œuvre dans la vie de l'incroyant (Jean 16:8-11). Ils n'ont pas la vue nécessaire pour contempler la gloire de Christ. De même que les morts ne peuvent parler aux vivants, les morts spirituels n'ont aucune communication avec Dieu. En outre, en tant que chrétiens, Christ demeure nécessaire pour soutenir notre salut (Jude 24 ; Romains 8:29-39). Loué soit Dieu pour son œuvre continue !
Décrépitude physique : Haley's Alleged Discrepancies of the Bible p.393 mentionne une troisième manière. Nous sommes tous atteints de la « maladie » de la mortalité, et chaque fois que notre corps se rétablit d'une maladie, ce n'est qu'un report de la mort.
Cela ne signifie pas pour autant que nous soyons dépourvus de sentiment ou de volonté. En Éphésiens 2:2, le mot grec traduit par « vivre / marcher » est peripateo, qui signifie littéralement « marcher çà et là ».
Voir The Expositor's Bible Commentary vol.11 p.34, When Critics Ask p.475-476, The Tony Evans Bible Commentary p.1221, John R. W. Stott, The Message of Ephesians p.72, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.622, et The Expositor's Greek Testament vol.3 p.283 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 2:2, qui est le prince de l'air, et pourquoi règne-t-il ?
R: Le prince de l'air est Satan. Depuis la chute de l'homme, Satan est le prince de ce monde (Jean 16:11). Il n'en est cependant pas le Roi. Satan est le dieu de ce siècle (2 Corinthiens 4:3) et le prince de l'air. Le monde entier est sous la puissance du malin (1 Jean 5:19). Comme le dit l'Épître de Barnabé (100 apr. J.-C.) : « [Dieu] indeed is Lord for ever and ever, but [Satan] is the prince for the time of iniquity. » (chapitre 18) Voir également la discussion relative à Romains 8:19-22, 1001 Bible Questions Answered p.61, John R. W. Stott, The Message of Ephesians p.73-74, et The Expositor's Greek Testament vol.3 p.284 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 2:3, pourquoi étions-nous tous des objets de colère ?
R: D'abord deux raisons pour lesquelles nous étions tous objets de la colère de Dieu, puis deux nuances.
Les deux raisons sont ce que nous avons fait et ce que nous sommes.
Ce que nous avons fait : Romains 3:23 déclare que tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.
Ce que nous sommes : Romains 3:10-20 déclare que tous se sont détournés et que tous sont sans valeur. Loin de Dieu, nul ne fait le bien.
Il est également deux choses qui n'attirent aucune colère supplémentaire sur les incroyants.
Le péché des ancêtres : Les enfants ne sont pas coupables du péché de leurs parents (ou de leurs ancêtres), selon Ézéchiel 18 et Deutéronome 24:16. Les enfants peuvent encore subir des malédictions et de fâcheuses conséquences, mais nul de ceux qui souffriront en enfer ne pourra dire : « ce n'est pas entièrement ma faute : on m'a piégé ».
Il existe malheureusement une position théologique appelée traducianisme, qui prétend qu'une personne porte la culpabilité des péchés de ses parents, de ses grands-parents et de tous ses ancêtres. Deux groupes qui adhèrent au traducianisme sont les luthériens et les orthodoxes orientaux. Dans l'Allemagne d'Hitler, les Juifs étaient accusés d'être des « assassins du Christ ». Chacun sait que les Juifs vivant alors n'avaient pas tué le Christ, mais l'implication était que, leurs ancêtres ayant livré Jésus aux Romains, ils étaient coupables eux aussi. (Il est toutefois étrange que l'on eût accusé les seuls Juifs d'être les assassins du Christ, et non les Italiens également !)
Le péché involontaire : Le péché n'est pas imputé lorsqu'il n'y a point de loi (Romains 4:15 ; 5:13). L'ignorance de la loi ne nous rend cependant pas toujours innocents. Bien plutôt, lorsque nous découvrons que nous avons enfreint la loi involontairement et que nous n'en éprouvons aucun regret, nous prouvons que nous aurions délibérément enfreint la loi de Dieu si nous l'avions su.
Les chrétiens non augustiniens ne croient PAS que Dieu soit extrêmement courroucé contre chaque enfant qui vient au monde et qu'il veuille tourmenter en enfer des enfants réprouvés pour la seule raison qu'il a choisi de les créer avec une nature pécheresse en tant que descendants d'Adam.
Cependant, lorsqu'une personne prend conscience de son état de pécheur et ne souhaite pas changer, elle est coupable de ne pas vouloir que Dieu la change. On ne la tient pas pour responsable d'être née avec une nature pécheresse, mais on peut la tenir pour responsable de ne pas vouloir être délivrée de cet état initial.
Q: En Ép 2:3, tous étaient-ils objets de colère, ou seuls certains le sont-ils, comme en Rm 9:22-23 ?
R: Le verset suivant, Éphésiens 2:4, y répond. Tous (y compris Paul) étaient à l'origine objets [destinataires présents et futurs] de la colère de Dieu. Mais beaucoup ont été transformés et, aux yeux de Dieu, ne sont plus objets de sa colère. Le premier sens englobe tous les hommes, dans le temps qui précède leur venue à Christ. Le second sens, en un sens prédestiné, est que les réprouvés demeureront objets de colère, tandis que les élus sont / seront objets de miséricorde.
Q: En Ép 2:4-5, quelle est la différence entre la grâce et la miséricorde ?
R: La miséricorde consiste à ne pas recevoir le châtiment que l'on mérite. La grâce consiste à recevoir une bénédiction que l'on ne mérite pas. Dans la condition déchue de l'humanité, il nous est malheureusement trop aisé de tenir les choses pour acquises. Le ton tout entier de ce passage change à partir de deux mots seulement : « Mais Dieu ». La situation est peut-être désespérée, pour nous livrés à nous-mêmes… mais Dieu !
Voir le Believer's Bible Commentary p.1917 et John R. W. Stott, The Message of Ephesians p.79, pour de plus amples renseignements.
Q: Que montre Ép 2:5 concernant l'idée qu'une personne puisse continuer à s'améliorer, à se réformer, jusqu'au point d'être sauvée ? Pourquoi certains le croient-ils ?
R: Lorsqu'on est mort, seule une résurrection peut changer quelque chose. Autrement, pourquoi ne prend-on pas les procédures pratiquées à l'hôpital — administrer des médicaments aux patients, pratiquer des opérations, etc. — pour les appliquer dans une morgue ? Il existe une place pour devenir progressivement plus pieux et plus saint : cela s'appelle la sanctification, mais elle requiert le Saint-Esprit et s'opère après notre salut.
Comme le dit The Tony Evans Bible Commentary p.1221, les autres religions s'efforcent de vous indiquer comment parvenir à Dieu. Mais le christianisme vous dit ce que Dieu a fait pour venir jusqu'à vous.
Q: En Ép 2:5-8, sommes-nous sauvés par la grâce seule, ou par la foi accompagnée des œuvres comme en Jc 2:14-24 ?
R: Le langage d'Éphésiens 2:8 est précis : « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres… » Notez les points suivants.
1. C'est par la grâce [de Dieu] — non par nous.
2. Par le moyen de la foi — non par nos propres mérites ni de nous-mêmes.
3. Don de Dieu — non par nos œuvres.
4. Nous avons été créés [et sauvés] pour de bonnes œuvres.
Comme le disait un chrétien indien, nous ne sommes pas sauvés en servant, mais sauvés pour servir.
La manière la plus rapide de l'expliquer est la suivante : Éphésiens 2 montre que nous sommes sauvés par la grâce, par le moyen de la seule foi véritable, et Jacques 2 montre que la foi véritable n'est jamais seule, mais qu'elle s'exprime par nos œuvres. Galates 5:6 déclare que ce qui compte, c'est « la foi qui est agissante par l'amour ».
Une autre manière de considérer la chose consiste à demander : « Avez-vous été acquis ? » Sinon, pourquoi ? La foi véritable signifie que notre vie est désormais cachée avec Christ en Dieu (Colossiens 3:3). Si votre vie n'appartient pas à Christ, alors vous n'avez pas la foi salvatrice.
Voir l'Evangelical Commentary on the Bible p.1024, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.624, The Expositor's Bible Commentary vol.11 p.36, et le New International Bible Commentary p.1433 pour de plus amples renseignements. Voir également la question suivante ainsi que la discussion relative à Jacques 2:14-25.
Q: En Ép 2:5-8, comment la grâce, la foi et les œuvres interagissent-elles ?
R: On peut discerner certains des aspects essentiels du salut en demandant : qui, quoi, comment, en vue de quoi, et pourquoi. Le commentateur Zerwick qualifie Éphésiens 2:1-10 de « brève épître aux Romains », en raison de la grande similitude du contenu.
Qui : Dieu nous a sauvés.
Plus précisément, non pas nous, ni Dieu + nous (Éphésiens 2:8 ; 2 Timothée 1:9)
Quoi : Sauvés par la grâce de Dieu, par le moyen de notre foi (Hébreux 4:2 ; Éphésiens 2:8). Plus précisément, non par nos œuvres ni par quoi que ce soit dont nous puissions nous glorifier (Éphésiens 2:8-9).
Comment donnée : La grâce de Dieu fut donnée par la mort de Jésus sur la croix pour faire propitiation en notre faveur (Hébreux 2:17 ; 1 Jean 2:2) et être la rançon de nos péchés (Matthieu 20:28 ; Marc 10:45 ; 1 Timothée 2:6 ; Hébreux 9:15).
Comment reçue : La grâce de Dieu doit être unie à notre foi (Hébreux 4:2 ; Romains 10:10). Même notre foi n'est cependant pas un sujet de gloire, car elle-même est donnée par Dieu au moyen du Saint-Esprit (Éphésiens 2:8 ; Jean 16:8-11).
En vue de quoi : pour accomplir de bonnes œuvres (Éphésiens 2:10), et parce que Dieu nous aime (Jean 3:16) et qu'il veut nous manifester sa bonté (Éphésiens 2:7).
Pourquoi : Pour de nombreuses raisons, dont quelques-unes sont : manifester sa bonté (Éphésiens 2:7) ; nous sommes son ouvrage (Éphésiens 2:10) ; parce qu'il aime le monde (Jean 3:16) ; en raison de son propre dessein et de sa grâce, et non à cause de quoi que ce soit que nous ayons fait (2 Timothée 1:9).
Pour une discussion sur le « quand », voir la question relative à Éphésiens 1:13. Voir The Expositor's Bible Commentary vol.11 p.33 et le Believer's Bible Commentary p.1918 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 2:5-8, quels sont les principaux aspects du salut ?
R: Voici une manière de considérer le salut.
1. Dieu nous accorde une grâce imméritée (Éphésiens 2:8-10 ; Tite 3:4,7).
2. Nous devons croire et nous repentir (Éphésiens 1:13 ; Romains 10:9-11).
3. L'Esprit de Dieu habite en nous (Romains 8:9-11 ; Jean 14:15-18 ; 1 Jean 3:24 ; Éphésiens 2:22 ; Tite 3:6).
4. La foi sans les œuvres d'une vie transformée est morte (Jacques 2:14-20 ; 1 Jean 2:6-15 ; 1 Jean 3:5,6,9 ; Tite 2:11,14 ; 1 Corinthiens 6:9-11,19).
5. Dieu garde ses élus (Jean 10:28-29 ; Romains 8:28-29 ; Éphésiens 1:13-14).
Q: En Ép 2:6, cette promesse d'être assis avec Christ sur son trône se rapporte-t-elle au règne avec Christ sur la terre pendant mille ans, ou à la suite pour l'éternité ?
R: Elle pourrait se rapporter aux deux. Toutefois, Éphésiens 2:6 déclare que nous serons assis avec Christ « dans les lieux célestes » ; son sens premier est donc probablement éternel. Quoi qu'il en soit, loué soit Dieu de ce que nous serons avec Christ à jamais.
Q: En Ép 2:8, à quoi renvoie le pronom dans « cela » est le don de Dieu ?
R: Certains disent « la grâce », et d'autres « la foi ». Cependant, ces deux termes sont grammaticalement féminins, tandis que « cela » est grammaticalement neutre ; il est donc probable que « cela » renvoie à la proposition précédente, laquelle traite du concept du salut dans son ensemble. Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.624 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 2:12-13, aux temps de l'Ancien Testament, tous les non-citoyens d'Israël étaient-ils voués à l'enfer, sans aucune possibilité d'être sauvés ?
R: Lorsque vous parviendrez au ciel, vous pourrez poser cette question à un non-Juif nommé Abraham — ou à Noé, ou à Mathusalem, ou à Hénoc, ou à Job, ou à Isaac. Ils n'étaient pas Israélites, et ils démontrent que Dieu peut se révéler comme il lui plaît. Même après que la Loi eut été donnée à Moïse, Rahab et Ruth furent des non-Israélites néanmoins sauvées, devenant converties au judaïsme. Cependant, tous ceux qui sont sauvés, même aux temps de l'Ancien Testament, le sont par Jésus-Christ (1 Corinthiens 10:4 ; 1 Jean 2:2 ; Hébreux 2:9 ; 1 Timothée 2:6). Tant qu'une personne rejette le véritable Jésus comme étant le Chemin, Jean 8:24 et Actes 2:37-40 montrent qu'elle n'a aucun autre moyen d'être sauvée. Mais Noé, Hénoc et d'autres furent « sauvés en Christ » quoiqu'ils n'eussent point connu son nom durant leur vie sur la terre.
Q: En Ép 2:12, quels sont les cinq « sans » mentionnés ici ?
R: En tant que païens incroyants, ils étaient a) sans Christ, 2) exclus du droit de cité (politeias) en Israël, 3) étrangers (xenoi) aux alliances de la promesse de Dieu, 4) sans espérance, et 5) sans Dieu (atheoi). Leur situation était bien sombre.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.625, The Expositor's Bible Commentary vol.11 p.39, et les Homélies sur les Éphésiens de Jean Chrysostome, homélie 5, dans les Nicene and Post-Nicene Fathers, première série, vol.13 p.70-71, pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 2:14, quelle est la différence entre Jésus « faisant la paix » et Jésus « étant la paix » ?
R: Bien que les deux soient vrais, il existe une différence. On dit que « l'huile et l'eau ne se mélangent pas ». Mais elles se mélangent en réalité fort bien en présence d'un émulsifiant. (Le savon est une forme simple d'émulsifiant.) Ainsi, à la manière d'un émulsifiant, Jésus fait la paix en mêlant intimement deux groupes jusqu'alors totalement séparés l'un de l'autre. Mais, contrairement à un artisan de paix ordinaire, Jésus n'y parvint point en faisant appel à ce que nous avons en commun. C'est Jésus lui-même qui est le fondement de notre rassemblement. L'« unité » n'est pas nécessairement une bonne chose, si l'on s'unit à quelque chose ou à quelqu'un à quoi l'on ne devrait pas s'unir. Et nous ne recherchons pas l'uniformité, car nous avons des personnalités et des dons différents, et c'est là une bonne chose, propre à nous rendre complémentaires. Bien plutôt, l'unité de l'Esprit, en Christ, n'est pas seulement ce à quoi nous sommes exhortés, mais ce qui nous est commandé. Considérons-nous non comme étant tous d'une même couleur, mais comme un prisme de lumière ou un vitrail reflétant des couleurs diverses tandis que nous faisons resplendir Christ.
Comme le disait Jean Chrysostome, ce n'est pas comme si Christ avait fondu deux métaux pour en faire une seule sculpture. C'est bien plutôt comme si Christ avait fondu de l'argent et du plomb, et en avait fait une sculpture d'or ! Homélies sur les Éphésiens de Jean Chrysostome, homélie 5, dans les Nicene and Post-Nicene Fathers, première série, vol.13 p.71.
Voir le Believer's Bible Commentary p.1921, The Expositor's Bible Commentary vol.11 p.39, et The Tony Evans Bible Commentary p.1222-1223,1224 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 2:14, quelle est la signification du mur de séparation renversé ?
R: On dirait que Christ a entrepris un chantier de rénovation. Au lieu de la séparation entre Juifs et païens (non-Juifs), Dieu réunit tous les croyants comme des frères. Toute prétention à l'orgueil ou à la supériorité fondée sur l'origine ethnique ou culturelle, ou sur l'ancienneté dans la foi, est désormais abolie, et devrait être reconnue comme telle. Le chrétien japonais, américain, arabe, juif, anglais ou russe n'est pas seulement tout autant chrétien que quiconque, sans qu'il existe de « chrétiens de seconde classe » ; nous sommes frères et sœurs les uns des autres, et devons jouir de la communion fraternelle les uns avec les autres dans le Seigneur. Mais, de même que nous n'avons aucun motif d'éprouver quelque orgueil ou arrogance envers autrui, nous n'avons pas non plus de motif de nous sentir inférieurs à autrui. Il n'existe dans l'Église aucun « cercle intérieur » d'initiés opposés à des exclus.
Il existait un mur matériel à l'extérieur des parvis du Temple de Jérusalem, portant une inscription ainsi conçue : « Qu'aucun étranger ne pénètre à l'intérieur de la balustrade et de l'enceinte entourant le sanctuaire. Quiconque sera surpris à le faire n'aura qu'à s'en prendre à lui-même pour la mort qui s'ensuivra. » Paul avait peut-être ceci à l'esprit lorsqu'il déclara que, dans l'Église, le mur a entièrement disparu, comme l'affirme The Expositor's Bible Commentary vol.11 p.40. Bien que The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.625-626 et The Expositor's Greek New Testament vol.3 p.294 s'y opposent. Josèphe emploie le même mot pour désigner ce mur, et ce mur était encore debout. Soit dit en passant, le voile intérieur séparant le saint des saints était un voile et non un mur.
Jacques 2:1-9 affirme avec beaucoup de force que nous ne devons faire preuve d'aucune partialité dans l'Église. Mais il existe diverses conceptions de la manière d'y parvenir.
La conception du « Qu'importe » : Je comprends qu'il existe dans votre Église une division entre différentes sortes de gens : ceux qui aiment les asperges et ceux qui ne les aiment pas. Mais qu'importe ? De la même manière, nous ne devrions pas davantage tenir compte de l'origine ethnique d'une personne que nous ne devrions envisager les gens pour l'adhésion ou la direction en fonction, fût-ce en partie, de leur goût pour les asperges.
La conception du « Veillez à ce que nul ne soit négligé » : Nous ne sommes malheureusement pas parfaits sur la terre. Même dans une Église excellente et florissante, comme en Actes 6:1, il peut se présenter la fâcheuse situation où un groupe se trouve négligé. Les responsables d'Église doivent donc veiller à ce que tous soient inclus, dans tous les ministères et à tous les échelons. Cela procurera une plus grande unité et un meilleur témoignage devant le monde, lorsque le monde verra que nous sommes un, comme Jésus l'a demandé dans sa prière en Jean 17:21.
Conclusion : La première voie est l'idéal. Toutefois, nous ne sommes pas des chrétiens parfaits, et si les premiers chrétiens des Actes eurent besoin de la seconde voie, nous en avons besoin nous aussi. Et je me réjouis de n'être pas un chrétien de seconde classe parce que je n'aime pas les asperges !
Voir également The Tony Evans Bible Commentary p.1222, l'Evangelical Commentary on the Bible p.1024, et les Homélies sur les Éphésiens de Jean Chrysostome, homélie 5, dans les Nicene and Post-Nicene Fathers, première série, vol.13 p.72, pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 2:15, à quoi se rapporte l'abolition de l'hostilité / de l'inimitié ?
R: L'inimitié est ce que des ennemis éprouvent les uns envers les autres. Au lieu des commandements mosaïques séparant Juifs et païens, tout cela est derrière nous, et notre position devant Dieu repose sur l'œuvre achevée de Christ. Il s'agit moins d'une création que d'une « re-création » formant un seul corps à partir de deux groupes.
Voir l'Evangelical Commentary on the Bible p.1024-1025 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 2:15, comment Jésus fit-il un seul homme de deux ?
R: Au lieu qu'il y ait des Juifs et des païens aux yeux de Dieu, il n'y a désormais que des chrétiens dans son Église.
Q: En Ép 2:16-18, qui désigne « les deux » ici ?
R: « Les deux » désigne ici les Juifs et les non-Juifs, qui ont tous le même accès auprès de Dieu par Jésus-Christ. Cela pouvait susciter des difficultés d'ordre juridique. Tous les Romains étaient tenus d'adorer les dieux romains, à l'exception des Juifs. Mais si les chrétiens issus du paganisme ne devaient pas être considérés comme des Juifs convertis, cela posait problème. Quoi qu'il en soit, ils devaient être accueillis en un seul corps.
Voir le New International Bible Commentary p.1434 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 2:20-21, puisque l'Église est bâtie sur les apôtres et les prophètes, avons-nous besoin d'apôtres et de prophètes aujourd'hui ?
R: Christ est le seul véritable chef de l'Église. Notre connaissance de Dieu repose sur les enseignements des prophètes dans l'Ancien Testament et des apôtres (ainsi que de leurs scribes) dans le Nouveau Testament. Nous n'avons pas besoin d'eux à proprement parler, mais nous avons besoin de leurs paroles aujourd'hui. Voilà pourquoi l'Écriture revêt tant d'importance pour les chrétiens.
Q: En Ép 2:20-21, puisque Jésus est la pierre angulaire, avons-nous besoin d'un homme pour représenter Jésus-Christ et gouverner l'Église de Dieu aujourd'hui ?
R: Il existe potentiellement bien des raisons pour lesquelles certains pourraient affirmer qu'il nous faut un vicaire sur la terre. Il serait bon de réduire les maux suivants :
1. L'hérésie
2. Le refus de s'associer aux contrefaçons spirituelles des religions
3. La dévotion à d'autres que Dieu
4. La stagnation intellectuelle (Copernic, Galilée)
5. Le meurtre et la torture de chrétiens authentiques
6. Le meurtre et la torture des hommes en général
7. La légitimation de dirigeants impies
8. L'ajout de doctrines humaines se faisant passer pour divines
Il serait également bon d'améliorer les points suivants :
1. Être un exemple moral éclatant pour le monde
2. Encourager une étude plus approfondie des Écritures
3. L'unité chrétienne (ce qui suppose de ne pas persécuter les chrétiens)
Les chrétiens d'Europe occidentale s'y essayèrent durant mille ans ; l'expérience s'est appelée « l'Église catholique romaine » et fut un échec retentissant dès le Moyen Âge. Loin de réduire ces maux, elle les accrut. Une chose bonne dans l'expérience de l'Église catholique est celle-ci : nous pouvons tirer les leçons des erreurs passées et discerner les dangers qu'il y a à s'éloigner de la simplicité qui consiste à suivre Christ, comme l'enseigne 2 Corinthiens 11:2-4.
Un sceptique pourrait soutenir (non sans ironie) que l'Église catholique romaine tout entière ne fut qu'un stratagème visant à accomplir délibérément 1 Timothée 4:1-5. Je laisse à un catholique le soin de répondre à cette fausse accusation.
Q: En Ép 2:21, où peut-on trouver la véritable Église ?
R: La véritable Église ne se trouve pas nécessairement là où le monde la cherche. Tant que l'on cherchera le « simple homme » qui serait le chef de la véritable Église, on ne la verra point. La véritable Église a pour chef Jésus-Christ, la pierre angulaire (Éphésiens 2:20). La véritable Église n'est bâtie ni de pierre ni de brique, mais de croyants (1 Pierre 2:5). Ainsi, la véritable Église se compose de chrétiens authentiques issus de toutes les dénominations, qui ont placé leur foi en Jésus-Christ. En parlant de la véritable Église, on peut évoquer « l'Église triomphante » (à savoir les croyants désormais au ciel) et « l'Église militante » (à savoir les croyants combattant encore pour la foi sur la terre).
Malheureusement, il arrive que les chrétiens se focalisent tant sur leur dénomination qu'ils en perdent cela de vue. Lorsque je soupçonne un chrétien d'être ainsi, je lui demande de quelle dénomination il est. Lorsqu'il répond « XYZ », je lui dis : « savez-vous qu'il y a des XYZ au ciel ? Il n'y a pas non plus de baptistes au ciel, et il se trouve que je fréquente une Église baptiste. Il y a plutôt au ciel des chrétiens qui sont « XYZistes », et il y a au ciel des chrétiens qui sont baptistes, mais nous ne sommes au ciel que par Jésus, et non par quelque organisation que ce soit. »
Le mensonge selon lequel l'organisation importerait davantage qu'une relation personnelle avec Christ est l'un des outils qu'emploient des sectes telles que les mormons et les Témoins de Jéhovah pour convertir les fidèles à leur faux évangile.
D'un autre côté, je ne dis pas que le fait de se rassembler et de s'organiser soit sans importance. Hébreux 10:25 nous commande de ne pas négliger de nous assembler.
Ce que je viens de dire comporte toutefois certaines implications. Les hommes peuvent être passablement confus sur le plan théologique, mais dès lors qu'ils sont dans le vrai sur les points essentiels (comme nous en avertit 1 Corinthiens 15:1-4) et qu'ils connaissent Jésus, tous les chrétiens sont appelés à « s'accueillir les uns les autres, comme Christ vous a accueillis… » (Romains 15:7). Des chrétiens authentiques peuvent avoir des vues confuses sur le sabbat (Romains 14:5) ou sur les aliments (Romains 14:2-3). Ils peuvent même faire des choses plus graves, comme tolérer une personne immorale au milieu d'eux (Apocalypse 2:20), ou un homme vivant avec la femme de son père (1 Corinthiens 5:1). Ils peuvent être entraînés dans de très graves problèmes de légalisme (Galates 3:1). Et pourtant, même les chrétiens désobéissants placés sous la discipline de Dieu demeurent des chrétiens.
Quant à savoir quels sont les nombreux points sur lesquels les chrétiens s'accordent, cliquez sur « A Common Christian Confession » www.Biblequery.org/Doctrine/DoctrinalStatements/ACommonChristianConfession.html pour une compilation.
Q: En Ép 3:1, pourquoi Paul se dit-il prisonnier de Jésus-Christ plutôt que prisonnier de Rome ?
R: Paul pouvait regarder tout près de lui les soldats romains qui le gardaient et constater que la cause immédiate de son emprisonnement était le mal de Rome. Mais Paul, considérant l'ensemble du tableau, voyait que la finalité ultime de son emprisonnement enduré était la gloire de Jésus-Christ notre Sauveur. Lorsque vous considérez des circonstances pénibles, qu'elles proviennent de la persécution ou simplement du fait de supporter ce que ce monde déchu vous inflige, vous attachez-vous à la cause immédiate ou faites-vous de la glorification de Jésus votre finalité ultime ?
Q: En Ép 3:3,9, pourquoi Paul employa-t-il ce mot de mystère, alors qu'il existait des religions à mystères païennes ?
R: Cela n'a rien à voir avec les religions à mystères. Un mystère peut ici s'entendre comme quelque chose de particulier, un secret qu'il faut éprouver, et non seulement entendre publiquement. Paul « reprit » ce sens dont usaient les religions idolâtres, et il employa probablement ce terme délibérément, par contraste avec les sottises qu'elles enseignaient.
Q: En Ép 3:3,9, quel est ici le mystère ?
R: Un mystère, en grec, désignait quelque chose qui n'avait pas encore été révélé. Éphésiens 3:10-11 y répond. Le mystère était que Jésus-Christ instaurât l'Église, ce qui n'était pas connu aux temps de l'Ancien Testament, comme le déclare Colossiens 1:26. Mystère signifie ici un secret qui ne fut pas révélé avant cette époque.
Voir le Believer's Bible Commentary p.1926-1928, The Tony Evans Bible Commentary p.1223, The Message of Ephesians p.116-117, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.628-629, l'Evangelical Commentary on the Bible p.1026, et The Expositor's Greek Testament vol.3 p.307-308 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 3:4-6, puisque les hommes des générations précédentes n'ont pas pu entendre parler de Christ, comment quiconque aux temps de l'Ancien Testament pouvait-il être sauvé ?
R: Oui. Au niveau le plus fondamental, ce n'est rien de ce que nous entendons, croyons ou faisons qui nous sauve ; ce n'est même pas l'Évangile qui nous sauve. C'est Dieu qui nous sauve. Dieu peut sauver quiconque il veut, mais nous savons que Dieu est miséricordieux, tout en étant juste et saint.
Voir When Critics Ask p.476 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 3:8, en quel sens Paul est-il le moindre de tous les apôtres ?
R: Paul donna deux raisons de le penser.
1. Né comme un avorton (le dernier) (1 Corinthiens 15:8)
2. Plus important encore, Paul persécutait autrefois l'Église de Dieu (1 Corinthiens 15:8 ; 1 Timothée 1:13). Il parcourut cependant le plus long chemin de tous : de meurtrier à missionnaire.
Q: En Ép 3:8, puisque les richesses de Christ sont insondables, pourquoi Paul veut-il que nous connaissions l'étendue de l'amour de Christ en Ép 3:17-19 ?
R: Éphésiens 3:18-20 y répond. Les richesses de Christ sont incommensurables, mais nous avons la tâche délicieuse (et sans fin) d'éprouver combien grand est l'amour de Dieu pour nous.
Le mot grec est intéressant ici ; il signifie littéralement « dont on ne peut suivre les traces ». Nous ne pouvons retracer exactement pourquoi ni combien Dieu nous aime, mais nous pouvons nous réjouir du fait qu'il le fait.
Voir The Message of Ephesians p.120 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 3:9, le mot signifie-t-il ici « administration » ou « communion » ?
R: Le mot grec, oikonomia, dont nous tirons notre mot « économie », possède un large éventail de sens. Il signifie administration, avec la connotation originelle d'une épouse ou d'un intendant gérant une famille ou une maisonnée. Il peut désigner la manière dont les choses sont gérées, c'est-à-dire une intendance. Dans l'Église, on peut également le concevoir comme la gestion des relations.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.628 et The Tony Evans Bible Commentary p.1223 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 3:15, faut-il lire « de qui toute famille », « de qui sa famille tout entière », ou « de qui toute paternité » ?
R: La grammaire grecque est ici inhabituelle. Le mot « sa » ne figure pas dans le grec ; les autres traductions sont donc vraisemblablement plus fidèles sur ce verset. Le mot grec pater signifie père, et le mot grec patria signifie famille, quoiqu'il puisse également signifier paternité. Paul faisait ici un jeu de mots. Le sens le plus exact est « père… famille », quoique, pour préserver le jeu de mots, certains traducteurs portent « Père… paternité ». Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.631, The Expositor's Greek Testament vol.3 p.312-313, et The Message of Ephesians p.133-134 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 3:16-19, quelle est exactement ici la prière de Paul en faveur des croyants d'Éphèse ?
R: Ils ont déjà Christ en eux. Paul prie donc pour que Dieu leur accorde la force face à l'opposition, que Christ soit au centre de leur vie, qu'ils soient enracinés dans l'amour, et qu'ils comprennent l'immensité de l'amour de Dieu.
En Éphésiens 3:16, Paul ne demanda pas que Dieu les fortifiât « en prélevant sur » ses richesses, à la manière dont un homme riche pourrait donner quelques pièces prélevées sur son opulent compte en banque. Paul demande plutôt que Dieu les fortifie « selon » ses richesses, à la manière dont un homme riche donnerait proportionnellement à ce qu'il possède. Leur salut fut instantané, mais leur sanctification est progressive.
Avez-vous fini de croître en Christ ? — J'espère sincèrement que vous vous rendez compte que la bonne réponse est « non » et que vous croissez encore.
Voir The Tony Evans Bible Commentary p.1224, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.631, le New International Bible Commentary p.1435, The Message of Ephesians p.135-136, et le Believer's Bible Commentary p.1929 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 3:18, quelles sont la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l'amour de Christ ?
R: Quelles sont les limites de l'amour de Christ, s'il en est ? Peut-être Paul songeait-il à ce qui suit. La largeur, ce sont les hommes du monde entier. La longueur, ou la durée, c'est l'éternité, d'éternité en éternité. La profondeur, ce sont non seulement les vivants mais aussi ceux qui sont morts. La hauteur va jusqu'au ciel.
Dieu n'est pas le moins du monde parcimonieux dans ce qu'il donne, mais il nous arrive, en tant que croyants, d'être parcimonieux dans ce que nous voulons recevoir.
Voir le Believer's Bible Commentary p.1930-1931 et The Message of Ephesians p.137 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 3:19, que signifient ici les trois mots grecs différents relatifs à la puissance ?
R: Ils soulignent des aspects différents de la puissance de Dieu.
Puissance (dynameos), dont nous tirons dynamique et dynamite, souligne l'action énergique de Dieu. Ce pourrait également être une « puissance dynamique et vivante ».
Fortifier (krataiothenai, de kratos) signifie être encouragé, ou la puissance qui nous est donnée pour être forts et surmonter la résistance.
Comprendre (ischysete, de ischys) peut signifier avoir la force de saisir, de tenir, de percevoir ou de comprendre. Autrement dit, la puissance de connaître.
Voir The Expositor's Bible Commentary vol.11 p.51-52 et The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.630,631,632 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 3:19, comment pouvons-nous avoir la « plénitude » de Dieu ?
R: Il ne s'agit pas de ce dont nous sommes remplis, mais de Qui nous remplit. Cela ne signifie pas que nous puissions comprendre l'infini, mais que le Saint-Esprit lui-même est en nous pour donner puissance à notre vie. Le mot grec employé ici, « eis », marque un but, tel que comprendre la plénitude de Dieu, et non que nous contenions toute la plénitude infinie de Dieu.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.632 pour de plus amples renseignements.
Q: En Ép 3:20, comment la formidable puissance de Dieu peut-elle passer par de minuscules chrétiens ?
R: Comme le dit Tony Evans, une bouche d'incendie peut déverser d'énormes quantités d'eau. Ce n'est pas en raison des dix à vingt litres d'eau que la bouche contient, mais bien en raison de ce qui la traverse. De même, ce n'est pas que nous possédions une si grande puissance par nous-mêmes, mais bien que la puissance de Dieu se déverse à travers nous.
Mais la prière de Paul demeure une immense requête : que la pleine puissance de Dieu se déverse à travers nous.
Voir The Tony Evans Bible Commentary p.1225 et le Believer's Bible Commentary p.1929 pour de plus amples renseignements.
Q: En Éph 4.1, que signifie ici « marcher d’une manière digne » ?
R: Le mot grec traduit ici par « digne », axios, signifie « de poids égal / en équilibre », ou « faire contrepoids sur l’autre plateau de la balance », plutôt que « mérite ». Le verbe employé ici est peripateo, qui signifie littéralement « marcher », ou, selon l’argot australien, faire un « walkabout ». Ainsi, votre « marche » dans la vie doit avoir un poids égal à ce que vous affirmez de vous-même lorsque vous vous dites chrétien.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.632 et The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.55 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.1-2, quelles sont ici quelques caractéristiques utiles à la préservation de l’unité ?
R: La réponse comporte trois volets.
Comment « supporter » l’unité avec un autre croyant ? Il peut être difficile de maintenir l’unité avec quelqu’un qui possède l’inverse de ces qualités. Un élément essentiel est la dernière caractéristique, traduite par « vous supportant les uns les autres » ou « longanimité ». La longanimité implique également que vous maîtrisiez vos sentiments, au lieu que vos sentiments vous maîtrisent. Rappelez-vous que Dieu vous a supporté, vous, vos péchés et vos déclarations d’incapacité, pendant tant d’années. Puisque Dieu vous aime et vous a supporté, vous devriez être en mesure d’aimer et de supporter les défauts des autres croyants.
Est-il aisé pour autrui de vous supporter ? Il convient toutefois de vous demander s’il est facile de s’entendre avec vous. Possédez-vous les quatre qualités essentielles permettant aux autres de bien s’entendre avec vous, à savoir l’humilité d’esprit tapienophrosyne, la douceur (ou la mansuétude) praotes/prautetos, la patience makrothymias, et le support mutuel ? Il nous arrive de reconnaître que nous avons nos propres ambitions, des sujets de fierté et des irritations personnelles qu’il nous faut « immerger » pour obéir à ces versets et devenir une personne avec qui il est plus facile de s’entendre. Dieu peut placer quelqu’un dans la vie d’une personne afin de lui enseigner la patience, mais espérons que vous n’êtes pas cette personne-là ! Dans la culture grecque, l’humilité était considérée comme un vice digne seulement d’un esclave.
À quoi êtes-vous prêt à renoncer ? Paul, qui nous adresse ces paroles, a renoncé à beaucoup (sécurité, liberté, position, prestige, santé et longévité) pour exercer son ministère dans l’Église. À un moment donné, Paul a connu une grave dépression en 2 Corinthiens 1.8-10. À combien seriez-vous prêt à renoncer non seulement pour travailler avec les autres, mais pour travailler au service des autres, sans aucun profit personnel, sans aucune récompense ni louange terrestre ? Souvent, travailler avec autrui n’est pas sans coût ; cela suppose de renoncer à nos propres ambitions et à notre orgueil.
Voir The Expositor’s Greek New Testament vol.3 p.320-321, l’Evangelical Commentary on the Bible p.1027, le Believer’s Bible Commentary p.1932-1933, The Tony Evans Bible Commentary p.1226, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.632, The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.148, le New International Bible Commentary p.1435, The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.55 et The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.633 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.3, Paul parle-t-il de l’unité au sein d’une seule organisation, comme l’enseignent les catholiques romains, les orthodoxes grecs, les mormons, l’église locale, les Églises internationales du Christ et d’autres encore ?
R: Tout d’abord, faisons abstraction du fait que ces groupes sont incapables d’avoir l’unité entre eux. Ce verset précis dit « l’unité de l’Esprit », et non l’unité d’une organisation. Il mentionne sept choses qui sont « une », dont un seul corps, mais nullement une seule organisation. Il dit également que nous devons conserver l’unité de l’Esprit, et non tenter de fabriquer la nôtre. Ce verset précis ne prouve donc rien au sujet des organisations. En réalité, une organisation peut elle aussi devenir une idole. Quant à la question plus large de savoir si l’unité organisationnelle est souhaitable, voir la question suivante. Voir également When Cultists Ask 251-252, The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.150-151 et The Tony Evans Bible Commentary p.1226 pour plus de précisions, ainsi que Building Up One Another p.62-63 pour un témoignage où l’unité fut déterminante.
Q: En Éph 4.3, l’unité organisationnelle est-elle une chose que les croyants devraient désirer ?
R: Des chrétiens sincères sont en désaccord sur ce point.
Non. Certains protestants affirment soit qu’elle n’est pas importante, soit qu’elle devient dangereuse lorsqu’elle prend le pas sur la fidélité à Dieu dans la vérité, comme l’histoire l’a tristement mais irréfutablement démontré.
Oui. Les catholiques, les orthodoxes, l’église locale et d’autres protestants affirment que l’unité organisationnelle est souhaitable.
Quoi qu’il en soit, tout étudiant sérieux de la Bible devrait pouvoir s’accorder sur les points suivants :
1. La Bible mentionne l’unité de l’Esprit et l’unité des disciples de Jésus, mais elle ne dit jamais d’avoir l’unité avec ceux qui rejettent, nient ou pervertissent manifestement la foi.
2. Bien qu’aucun chrétien ne soit parfait, ni en sainteté ni en doctrine, nous devons prendre garde aux loups et nous séparer des hérétiques.
3. D’une manière générale, il est parfois difficile d’avoir une unité véritable avec des gens qui cherchent à vous tuer ou à vous brûler sur le bûcher.
4. Nous devons nous efforcer d’éliminer tout ce qui divise les chrétiens et nous accueillir les uns les autres comme Christ nous a accueillis (Romains 15.7).
5. Une unité qui n’est pas centrée sur Jésus-Christ n’est pas une unité souhaitable, et nous devons l’éviter.
Q: En Éph 4.4, puisqu’il n’y a qu’un seul corps, pourquoi existe-t-il tant d’Églises ?
R: Il y a au moins quatre raisons principales.
1. De même que de légères différences existent entre les diverses écoles sunnites, les bouddhistes du Mahayana, les hindous védantiques, les deux courants baha’is et d’autres religions, de même les chrétiens sont en désaccord sur des questions secondaires. À titre d’exemple, Paul et Silas se sont opposés au sujet de l’opportunité d’emmener Jean-Marc. Ils se sont toutefois réconciliés par la suite (Actes 15.36-41 ; Colossiens 4.10 ; 2 Timothée 4.11).
2. L’ajout : Au fil des siècles, beaucoup ont agi comme les pharisiens en Marc 7.6-8, en voulant ajouter au christianisme leurs propres traditions complexes. En général, nombreux sont ceux qui affirment qu’il faut suivre la Bible plus leur tradition, placée sur un pied d’égalité avec la Parole de Dieu. Le christianisme biblique consiste simplement à suivre ce que Dieu dit dans la Bible et à reconnaître la tradition humaine comme étant seulement de l’homme.
3. Le retranchement du christianisme est annoncé en 2 Timothée 3.5, qui déclare que dans les derniers jours certains auront l’apparence de la piété mais en renieront la puissance. Un certain nombre d’Églises « libérales » retranchent de l’enseignement de Dieu, affirmant que Dieu ne peut accomplir de miracles physiques et qu’il n’existe ni ciel ni enfer, tout en prétendant être chrétiennes.
4. La perversion : Comme le prophétisent Actes 20.29-30, il existe des « loups » spirituels qui, par la tromperie, entraînent les disciples après eux afin de fonder leur propre religion d’origine humaine tout en prétendant suivre Jésus. Beaucoup d’entre eux possèdent leur propre livre en plus de la Bible. Ces choses mauvaises furent annoncées en 1 Timothée 4.1-5, 2 Pierre 2.1-3 et Jude 8-19.
Q: En Éph 4.5, s’agit-il du baptême d’eau ou du baptême de l’Esprit ?
R: Certains estiment que le sens est double, comme l’indique le Believer’s Bible Commentary p.1933. Mais alors, si Paul avait voulu désigner les deux, il ne s’agirait pas véritablement d’un seul baptême.
Cependant, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.633 affirme qu’il est peu probable qu’il s’agisse du baptême de l’Esprit, puisqu’il y a trois sections se rapportant au Saint-Esprit, au Fils et au Père, et que ce passage se trouve dans la section relative au Fils.
Q: En Éph 4.6 et Éph 1.23, si Dieu remplit tout en tous, le panthéisme est-il vrai, lui qui affirme que tout est une parcelle de Dieu ?
R: Non. Si le Psaume 139.7-12 montre que l’Esprit de Dieu est partout, le panthéisme va au-delà et affirme que tout fait partie de Dieu et est objet d’adoration : les hommes, les pierres, voire les excréments de chien. Par exemple, un tas d’ordures n’est pas Dieu, et les pages du pamphlet d’un athée niant l’existence de Dieu ne sont pas Dieu. Nous ne devons pas adorer la créature au lieu du Créateur (Romains 1.23,25). Au contraire, comme le montre Colossiens 1.17, toutes choses subsistent en Christ.
Q: En Éph 4.8, pourquoi Paul dit-il que Dieu a « fait des dons » aux hommes, alors que le Ps 68.19 dit que Dieu a « reçu des dons » des hommes ?
R: Les chrétiens défendent deux points de vue différents.
Erreur de copiste : « Donner » était peut-être la leçon originale du Psaume 68.19. Bien que « recevoir » figure dans le texte massorétique et dans la Septante grecque, « donner » se trouve dans les Targums araméens et dans la Peshitta syriaque. De plus, l’ensemble du Psaume, à l’exception possible de ce seul verset, parle de ce que Dieu donne aux autres.
D’après un Targum araméen : Un autre point de vue relève que Paul introduit habituellement ses citations scripturaires par « il est écrit », alors qu’Éphésiens 4.7-8 se distingue par « il est dit ». Ces formules correspondent de très près à la tradition orale du Targum araméen sur le Psautier et à la Peshitta syriaque. Les premiers rabbins appliquaient ce verset à Moïse, disant qu’il avait reçu la loi afin de la donner au peuple. Voir The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.57 et l’Evangelical Commentary on the Bible p.1027 pour plus de précisions.
Synthèse générale : Paul ne citait aucun verset, mais paraphrasait l’ensemble du Psaume 68. Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.634 pour plus de précisions sur ce point de vue.
Quoi qu’il en soit, Jean Chrysostome (Homélies sur les Éphésiens, v. 396 apr. J.-C.) observe qu’il n’y a ici pratiquement aucune différence. Dieu donne aux hommes et reçoit d’eux. Considérer le salut comme Dieu recevant le fardeau de notre culpabilité, ou nous accordant le pardon, revient simplement à regarder les deux faces d’une même réalité.
Voir The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.57, When Critics Ask p.476-477, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.634, The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.157-158 et l’Encyclopedia of Bible Difficulties p.404 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.9 et Ac 2.27, après sa mort, Jésus est-il descendu en enfer, ou non ?
R: Bien que la formule « Jésus est descendu aux enfers » ait été insérée dans le Symbole des Apôtres (forme d’Aquilée, 390 apr. J.-C.), la Bible ne se prononce explicitement ni dans un sens ni dans l’autre. Voici ce que dit la Bible.
Éphésiens 4.9 : il est descendu dans les régions inférieures de la terre.
Psaume 16.10 : le texte porte « Shéol », qui signifie la tombe.
Actes 2.27-28, citant le Psaume 16.10 : Jésus ne serait pas abandonné au séjour des morts (Hadès).
1 Pierre 3.19 : Jésus a prêché aux esprits en prison.
Selon la pensée religieuse juive, dont l’écho se retrouve au chapitre 22 du Livre d’Hénoch et dans d’autres écrits, les morts se rendaient en deux lieux : les justes au paradis et les injustes en prison.
1 Pierre 4.6 mentionne l’Évangile annoncé à ceux qui sont morts (la NIV porte « maintenant morts », mais « maintenant » ne figure pas dans le grec). Voir la discussion sur 1 Pierre 4.6 pour plus de précisions, ainsi que When Critics Ask p.477-478, When Cultists Ask p.252-254 et Hard Sayings of the Bible p.637-639 pour une réponse différente.
Q: Éph 4.9 pourrait-il signifier que Jésus est descendu sur la terre, plutôt que descendu dans la tombe ?
R: Trois points de vue sont compatibles avec le contexte du passage.
Descendu sur la terre (génitif d’apposition) — Believer’s Bible Commentary p.1934
Descendu dans la mort (génitif de comparaison)
Descendu dans les régions inférieures qui appartiennent à la terre (génitif de possession) — Bible Knowledge Commentary : New Testament p.634
The Expositor’s Bible Commentary volume 11 p.56 indique qu’interpréter ce passage comme l’incarnation sur la terre est acceptable (point de vue 1). Il précise également que cela pourrait signifier la mort et l’ensevelissement (point de vue 2).
Q: En Éph 4.11, s’agit-il de « pasteur-docteur » comme d’une seule fonction, ou de pasteurs et de docteurs comme de deux fonctions ?
R: Dans cette liste, le mot grec kai sépare les pasteurs et les docteurs. Ce mot grec signifie « et / même », et dans ce passage il pourrait se comprendre dans l’un ou l’autre sens, exactement comme en français. Or les pasteurs enseignent (Tite 1.9 ; 1 Timothée 5.2,17), il existe donc une fonction combinée. La véritable question est alors de savoir si la Bible admet une fonction de docteurs qui ne sont pas pasteurs. La réponse est un « oui » manifeste, pour au moins quatre raisons :
Étienne rendit témoignage aux Juifs, les instruisant avec une connaissance détaillée des Écritures, bien que le livre des Actes précise qu’il n’était que diacre.
a) Paul fit l’éloge du docteur Apollos, bien qu’Apollos ne fût pas pasteur.
b) Barnabas, Timothée et d’autres enseignaient et prêchaient la Parole, alors même qu’ils n’étaient pas pasteurs.
c) Un ancien devait être capable d’enseigner (1 Timothée 5.2), ce qui implique qu’il enseignait avant de devenir ancien.
d) De fait, Colossiens 3.16 ordonne aux chrétiens en général de s’enseigner et de s’avertir les uns les autres.
Q: En Éph 4.11, puisqu’il y a aujourd’hui des pasteurs et des docteurs, y a-t-il aussi aujourd’hui des prophètes et des apôtres ?
R: Éphésiens 4.11 mentionne des fonctions importantes dans l’Église sans préciser lesquelles se prolongent jusqu’à aujourd’hui et lesquelles ne le font pas. Non, il n’existe pas aujourd’hui de personnes revêtues de la fonction néotestamentaire d’apôtre ni de la fonction vétérotestamentaire de prophète. Voir The Complete Book of Bible Answers p.350 et le Believer’s Bible Commentary p.1934-1935 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.11, quelle est la différence entre un talent naturel et un don spirituel ?
R: Il convient d’abord de noter qu’il existe un recouvrement dans certains domaines. Une personne d’un cœur très compatissant peut également posséder le don spirituel de l’assistance. Une personne possédant le don spirituel de connaissance peut être intelligente et instruite, sans que cela soit nécessairement le cas. Ne minimisez pas les talents naturels, car le corps de l’Église en tire un grand bénéfice, qu’il s’agisse de la parole en public ou de fonctions essentielles exercées en coulisses, telle la comptabilité. Mais les dons spirituels dépassent nos capacités naturelles, et Dieu a accordé à chaque croyant au moins un don spirituel, selon 1 Corinthiens 12.7, même s’il est possible que votre don n’y figure pas. (Non, la plainte et la recherche des fautes d’autrui ne comptent pas parmi les dons spirituels !) Devant certains dons spirituels, d’autres croyants peuvent s’interroger : « comment, humainement parlant, peuvent-ils faire cela ! » Dieu peut donner à quelqu’un une parole à prononcer sans que la personne elle-même la connaisse ; elle apprend, elle aussi, de ce qui sort de sa propre bouche. Comment une personne peut-elle avoir l’endurance de continuer à aimer et à prendre soin, malgré l’ennui, la persécution humaine ou l’opposition spirituelle ? La réponse est parfois simple : humainement parlant, elle ne le peut pas. C’est la puissance de Dieu qui coule à travers elle, telle une eau illimitée traversant une petite bouche d’incendie.
Voir le Believer’s Bible Commentary p.1935 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.11-13, comment un corps ecclésial identifie-t-il qui possède quels dons et qui doit occuper quelles fonctions ?
R: L’unité ne signifie pas l’uniformité. En tant que chrétiens, nous différons par nos dons, et louons Dieu pour cela ! Mais l’identification des dons chez les personnes constitue peut-être un problème courant et pourtant souvent négligé dans de nombreuses Églises aujourd’hui. Une des causes pourrait être une conception incomplète de ce qu’est le véritable discipulat. On peut concevoir le discipulat comme le fait de prendre de jeunes chrétiens ou des chrétiens « brisés » et de les faire mûrir dans la connaissance et la pratique de la foi, en les préservant des enseignements erronés, afin qu’ils deviennent des chrétiens mûrs. Cette conception est juste, mais incomplète. Le discipulat suppose également que les jeunes croyants découvrent leurs dons et le dessein précis que Dieu a pour eux dès maintenant. Ils doivent naturellement demeurer ouverts au fait que Dieu peut développer leurs dons, leur en accorder d’autres plus tard et modifier leur ministère. Ainsi, un bon discipulat aide le croyant à trouver le ministère auquel Dieu l’appelle aujourd’hui et l’aide à s’y engager concrètement. Le ministère du jeune croyant peut n’avoir aucune ressemblance avec celui de son mentor. Cela ne pose aucun problème ; il peut être opportun que le mentor le confie à quelqu’un d’autre.
Saviez-vous que presque n’importe quelle équipe de football américain de lycée pourrait battre n’importe quelle équipe professionnelle, y compris les Chiefs de Kansas City, champions du Super Bowl 2023 — à une condition près. Dans l’équipe professionnelle, faites des gardes offensifs les receveurs éloignés, du meilleur retourneur de coup d’envoi le centre, du porteur d’eau le quart-arrière, de la défense secondaire la ligne, des entraîneurs les porteurs de ballon, et de la mascotte de l’équipe le botteur et le secondeur intérieur. Ainsi, dans l’Église comme dans le sport, il est essentiel que les personnes occupent les places pour lesquelles elles ont reçu les dons.
Beaucoup se soucient de connaître leurs dons spirituels et (espérons-le) de les employer dans l’Église. Mais ne devrions-nous pas avoir le même souci de connaître les dons spirituels des autres, d’aider autrui à les connaître, et de les employer dans l’Église ? La question ne devrait donc pas être : « avez-vous un ministère chrétien ? » Elle devrait être : « quel est votre ministère chrétien ? »
Comme le disait plaisamment un pasteur, personne n’a à s’inquiéter de manquer d’emploi, car l’Église offre des quantités et des quantités de postes vacants. La plupart, toutefois, ne sont pas rémunérés. Ainsi chacun dans l’Église — retraités, jeunes, adolescents — devrait avoir un ministère, et les Églises devraient faire davantage afin que chaque membre puisse porter sa part. Une Église ne devrait pas ressembler à la description que l’on donne parfois d’un match de football américain : vingt-deux personnes qui ont désespérément besoin de repos et cinquante mille personnes qui ont désespérément besoin d’exercice ! Peut-être une Église en arrive-t-elle là lorsqu’un pasteur a une conception déficiente de la direction ; il pense que la plupart des membres n’ont pas besoin de servir, parce que lui et sa petite équipe feront tout.
Lorsqu’un pasteur ressent l’épuisement, l’une des raisons peut être qu’il sert Dieu de la mauvaise manière. Il tente d’en faire trop par lui-même et accomplit ce que les membres devraient faire. Par exemple, un jour, un pasteur reçut l’appel affolé d’un membre de son Église. Ce dernier lui expliqua qu’il avait parlé du Christ à maintes reprises avec un voisin et que celui-ci s’était enfin décidé à accepter le Christ. Le pasteur pouvait-il venir immédiatement prier avec lui ? Le pasteur répondit qu’il arrivait tout de suite, puis raccrocha. Alors l’Esprit convainquit le pasteur, qui rappela. Le pasteur dit à cet homme : « Je ne viendrai pas. C’est à vous de le conduire au Christ. »
Voir le New International Bible Commentary p.1436, le Believer’s Bible Commentary p.1936, The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.167 et The Tony Evans Bible Commentary p.1226 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.14-15, quelle différence ces versets établissent-ils entre un chrétien qui est un « petit enfant » et un chrétien mûr ?
R: Si un nourrisson est capable de bien des choses, il n’a ni la sagesse ni la capacité physique de se garder du danger et de se tenir à l’écart des prises électriques, des cuisinières brûlantes, de la circulation et d’autres périls. Certains chrétiens, y compris certains qui ne sont plus si jeunes, n’ont aucune idée de l’importance qu’il y a à se tenir à l’écart des enseignements hérétiques ou autrement faux, du péché, ainsi que des amitiés et des adhésions qui les éloignent de Dieu. Même lorsqu’un chrétien s’en rend compte, il lui faut apprendre à reconnaître les enseignements et les situations dont il doit se tenir à l’écart. Dans la Bible, il nous est dit de résister au diable (Jacques 4.7 ; 1 Pierre 5.9), mais il nous est dit de fuir diverses tentations (1 Corinthiens 6.18 ; 1 Corinthiens 10.14 ; 2 Timothée 2.22), et que Dieu peut nous rendre capables de tenir ferme devant la tentation lorsque nous ne le pouvons pas (1 Corinthiens 10.14).
Voir The Tony Evans Bible Commentary p.127 et The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.170-171 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.15, quelle est la différence entre « dire la vérité », « parler avec amour » et « dire la vérité avec amour » ?
R: Dire la vérité peut se faire durement, sans aucun effort pour atteindre l’auditeur. En un sens, ce qui importe n’est pas tant ce que vous dites que ce qu’il entend. Parler avec amour peut consister à dire ce qui paraît le plus agréable sur le plan sentimental, mais cela peut omettre des vérités inconfortables qu’il a besoin de connaître. Dire la vérité avec amour transmet à la personne tout ce qu’elle a besoin de savoir, peut-être au moment opportun. Mais cela se fait d’une manière qui manifeste votre sollicitude.
D’une manière générale, dire la vérité avec amour peut être plus difficile : transmettre ce que l’autre a besoin d’entendre (agréable ou désagréable), de la bonne manière. Il vous faut prêter attention à votre ton autant qu’à vos paroles. Il est également préférable de savoir où en est une personne avant de la reprendre ou de la réprimander.
Q: En Éph 4.16, en quoi sommes-nous tous semblables à des jointures et à des ligaments qui croissent ?
R: La réponse comporte deux points.
Nous avons tous des rôles importants dans l’Église de Dieu, même s’ils n’ont peut-être pas de nom et peuvent paraître mineurs. Dans le corps humain, les poignets peuvent sembler sans importance, mais sans poignet votre main est détachée. De quelle articulation de votre corps accepteriez-vous de vous passer ? — d’aucune, probablement. Nous ne devrions pas davantage nous résigner à nous passer de quoi que ce soit dans l’Église. Si un grand nombre de personnes ne font rien pour Dieu et qu’un grand nombre de besoins dans l’Église ne sont pas satisfaits, on a en apparence deux problèmes. Mais peut-être ces deux problèmes peuvent-ils se résoudre l’un l’autre.
Toutes les parties reçoivent leurs ordres de la tête. Que votre ministère s’exerce ou non au sein d’une Église locale, nous devons recevoir nos ordres de Jésus-Christ, la tête du corps. Si vous pensez pouvoir accomplir davantage en prenant des raccourcis contraires à l’éthique, ou, plus généralement, en faisant des choses dont vous savez que Dieu ne les veut pas, alors vous n’agissez pas véritablement comme une partie du corps ; car vous n’acceptez pas d’être dirigé par la tête, Jésus-Christ. Nous avons un terme pour désigner des cellules qui croissent avec vigueur mais refusent de recevoir les ordres de la tête : nous appelons cela un cancer.
Voir l’Evangelical Commentary on the Bible p.1028, The Tony Evans Bible Commentary p.1226 et The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.59-60 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.17 et Rm 1.21, comment certaines personnes peuvent-elles marcher dans la vanité de leur pensée ?
R: Le mot employé ici pour « vanité », metaioteti, n’apparaît dans le Nouveau Testament qu’ici, en Romains 1.21 ; 8.20 (de la création) et en 2 Pierre 2.18 (des paroles). Il signifie « bon à rien », « futile », « sans valeur », bien qu’il serve parfois aussi à désigner l’idolâtrie, laquelle est également tout cela.
Imaginez une pensée, une vie, des projets et une quête totalement vides, sans valeur et finalement dépourvus de but. Ce n’est pas difficile à imaginer ; un papillon de nuit le fait lorsqu’il tourne autour d’une flamme. Lorsqu’une personne désire et prépare un péché qui peut lui nuire, elle n’est pas si différente de ce papillon.
Imaginez la personne en prison, pour de longues années, après avoir commis ce qu’elle avait projeté comme le crime parfait. L’humanité déchue possède non seulement une volonté pécheresse et des désirs obscurcis, mais également une intelligence obscurcie. « La vanité de leur pensée », dans la version King James, est également une bonne expression, car elle souligne à la fois l’inutilité de leur raisonnement et l’orgueil qu’ils tirent de l’importance qu’ils lui prêtent.
Voir le New International Bible Commentary p.1416, The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.61, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.636, The Tony Evans Bible Commentary p.1227 et le Believer’s Bible Commentary p.1037 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.17, de quelles manières pensez-vous que Dieu dira à certains chrétiens, tout comme aux non-croyants, qu’ils se sont trop attachés à des choses sans importance ?
R: Si vous teniez un journal, ou mieux encore si vous en tenez un, additionnez sur un mois les durées suivantes.
a. Le temps passé à prier, à penser à Dieu et à sa Parole, et à étudier la Parole de Dieu.
b. Le temps passé à naviguer sur Internet, à écouter et à lire les nouvelles.
c. Le temps passé à regarder du sport.
d. Le temps passé à penser à votre activité favorite.
e. Le temps passé à penser au travail, en dehors des heures de travail.
f. Le temps passé à penser aux finances et aux placements, y compris l’immobilier.
Lequel de ces postes vous paraîtra bien plus important que les autres lorsque vous parviendrez au ciel ?
g. Pendant que vous y êtes, comptez également le temps consacré aux relations avec votre famille et vos amis. Espérons qu’il n’est pas tellement inférieur aux autres. Il serait bien triste de devoir dire, au vu du temps passé, que votre relation personnelle la plus étroite est apparemment avec YouTube !
Dans certaines régions du pays, je crois que, contrairement à ce qu’indiquent les statistiques, les gens sont très religieux — leur religion, c’est leur équipe sportive !
Voir l’Evangelical Commentary on the Bible p.1028 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.18, faut-il traduire par « aveuglement » ou par « endurcissement » ?
R: Le mot grec porosis peut désigner le marbre ou une articulation calcifiée. En français, nous en tirons le mot ostéoporose. On pourrait le rendre par « pétrifié ». Cependant, un commentateur chrétien, Armitage Robinson, soutient que, puisque le terme n’implique pas que la personne ait délibérément choisi de s’endurcir, il évoque davantage un émoussement des sens ; il estime donc qu’« aveuglement » constitue une meilleure traduction. Mais « endurci » correspond mieux au grec, pourvu que l’on comprenne qu’il ne s’agit pas d’un acte d’endurcissement soudain et délibéré, mais d’une perte progressive de perception et de la capacité de changer.
Voir The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.176-177 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.19, que signifie « se livrer » à toute impureté ?
R: Cela peut signifier faire commerce de, ou tirer un profit financier de, toute espèce de vice.
Voir The Expositor’s Greek Testament vol.3 p.340 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.25-5.2, que dit Paul au sujet de ces huit maux ?
R: Chacun d’eux est mis en contraste avec une vertu qui lui fait contrepoids. Certains sont des attitudes du cœur, d’autres des actions, d’autres encore des habitudes. Par la puissance du Saint-Esprit, il nous faut purger ces attitudes du cœur, cesser ces actions mauvaises et rompre ces mauvaises habitudes. Mais l’ennui, c’est que les choses ont tendance à revenir. Remplacez ces mauvaises attitudes par de bonnes, ces actions mauvaises par de bonnes, et les mauvaises habitudes par de bonnes habitudes.
Voir le New International Bible Commentary p.1437 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.26, est-ce un péché pour nous de nous mettre en colère, puisque Jésus et Paul se sont mis en colère ?
R: Se mettre en colère n’est pas un péché dans bien des cas. Cependant, Éphésiens 4.26 montre qu’il est péché pour nous de demeurer en colère et de garder rancune. Si le soleil se couche sur votre colère, c’est que vous êtes resté en colère trop longtemps. Voir When Critics Ask p.478-479 pour un tableau de la bonne et de la mauvaise colère, ainsi que Haley’s Alleged Discrepancies of the Bible p.245 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.26, est-ce un péché de demeurer en colère ? Dieu paraît demeurer en colère contre les hommes et les démons dans l’étang de feu.
R: Trois points à considérer dans la réponse.
1. Nous ne devons pas demeurer en colère, être jaloux, accepter l’adoration ni être appelés Dieu ; mais Dieu n’est pas contraint de faire ce qu’il ordonne à ses serviteurs.
2. Dieu est infini, et il peut éprouver des choses différentes en même temps. Il peut être en colère contre un homme méchant et se réjouir simultanément de l’un de ses enfants. Il peut le faire simultanément parce qu’il est Dieu.
3. L’Écriture ne dit pas si Dieu demeurera en colère à jamais. Il se peut que Dieu finisse simplement par ne plus se soucier du tout de ceux qui choisissent de vivre sans lui.
Q: En Éph 4.26-27, quelle est la différence entre se mettre en colère et pécher, et se mettre en colère sans pécher ?
R: La colère devient un péché lorsque vous gardez rancune, refusez de pardonner, désirez vous venger, perdez la maîtrise de vos émotions ou vous mettez en colère pour une chose qui ne devrait pas vous mettre en colère. Jésus, Paul et Moïse se sont parfois mis en colère à propos des choses de Dieu.
La colère chrétienne n’est pas simplement un accident dont il faudrait s’excuser. Au contraire, John R.W. Stott affirme que le problème dans l’Église n’est pas qu’il y ait trop de colère chrétienne, mais bien plutôt qu’il y en ait trop peu. Lorsque des vies sont détruites et ôtées et que cela ne nous met pas en colère, que cela dit-il de notre amour pour autrui ?
Voir The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.185-186, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.636, The Tony Evans Bible Commentary p.1228 et The Expositor’s Greek Testament vol.3 p.345-346 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.28, pourquoi les chrétiens exercent-ils des métiers où ils ne travaillent pas de leurs mains ?
R: Cette expression désigne un gagne-pain honnête. Outre l’activité criminelle ordinaire, beaucoup, à cette époque, amassaient des fortunes considérables au moyen de la corruption et de pratiques politiques et commerciales malhonnêtes, souvent légales mais non droites. (Ces temps-là n’étaient peut-être pas si différents des nôtres.) Cependant, de même que Jésus a aimé le collecteur d’impôts nommé Matthieu, Jésus veut aujourd’hui que les hommes corrompus se repentent de leurs péchés, viennent à Jésus et dédommagent leurs victimes.
Soit dit en passant, dans la culture païenne
Q: En Éph 4.29, quelles sont ici les paroles mauvaises ?
R: Le mot employé ici pour « mauvais » n’est pas le terme habituel. En grec, il s’agit de sapros, qui se dit d’un fruit pourri ou d’une plante pourrie. Pourri, corrompu, gâté ou mauvais sont autant de bonnes traductions de la pensée exprimée ici.
Voir The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.65 et The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.188 pour plus de précisions.
Q: En Éph 4.29, pourquoi est-il important que les chrétiens ne profèrent pas de jurons ?
R: Simplement parce que la Bible ordonne de ne pas le faire. Jacques 3.10-12 déclare qu’il ne devrait pas sortir de la même bouche des malédictions et des louanges à Dieu. S’il est vrai que Pierre a proféré des jurons en reniant le Christ, Pierre a ensuite pleuré et s’est repenti de son péché.
Q: En Éph 4.31-32, que met Paul en contraste dans ces deux versets ?
R: L’amertume, la fureur et la colère sont des états affectifs d’où découlent les paroles mauvaises. La méchanceté est le terme général qui les englobe tous. La fureur (thymos) et la colère (orge) sont proches, mais toutes deux sont mentionnées comme des péchés distincts. La fureur est l’explosion d’un emportement, tandis que la colère peut être une haine sourde et vindicative. On peut se représenter la colère comme le magma qui s’accumule dans un volcan et suinte, et la fureur comme l’éruption volcanique elle-même.
Voir The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.65-66 et The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.190 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.1, dans quelle mesure devons-nous être de simples imitateurs ?
R: Êtes-vous un imitateur, qui cherche seulement à faire ce qu’un autre a fait ? — je l’espère. De même qu’un enfant imite ses parents, nous devons imiter Dieu (Éphésiens 5.1). Un enfant doit s’efforcer de préserver l’honneur de ses parents. Nous sommes également imitateurs du Christ (Jean 15.12 ; 1 Jean 3.16), imitateurs de ce qui est bien (3 Jean 11), imitateurs de nos conducteurs (Hébreux 13.7) et imitateurs de Paul (1 Corinthiens 4.16 ; 11.1 ; Philippiens 3.17 ; 4.9 ; 1 Thessaloniciens 1.6 ; 2 Thessaloniciens 3.7,9). D’autre part, il est bon que nous puissions agir de notre propre initiative, de notre propre volonté ou de notre plein gré, comme le montrent 2 Corinthiens 8.17 et 9.7.
Soit dit en passant, certains prétendent que, Dieu étant si grand et si immense et les hommes si petits, nous ne pouvons presque rien connaître de Dieu. Mais poussée trop loin, cette idée excuserait notre désobéissance à ce verset en niant que nous en ayons la capacité. Nous ne pouvons tout connaître de Dieu ; mais le Dieu tout-puissant et omniscient a choisi de nous révéler, et il a le pouvoir de nous révéler, tant de choses de lui-même que nous puissions être imitateurs de Dieu.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.637, The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.66, The Tony Evans Bible Commentary p.1228-1229, l’Evangelical Commentary on the Bible p.1029 et le Believer’s Bible Commentary p.1940-1941 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.2, qu’est-ce que marcher dans l’amour, et quelles sont les solutions de rechange à la marche dans l’amour ?
R: Bien des gens n’ont pas la moindre idée de ce qu’est marcher dans l’amour, parce qu’ils en sont fort éloignés. Au fil de votre vie, que vous marchiez, conduisiez ou fassiez quoi que ce soit, à quoi pensez-vous principalement ? Est-ce à la manière de gagner davantage d’argent, d’avoir plus d’agrément, ou d’atteindre tel objectif ? J’espère que votre préoccupation première n’est aucune de celles-là. Il est certes permis d’y penser quelque peu, mais votre pensée première, spontanée, devrait être la manière dont vous pouvez aimer et bénir autrui, ainsi que votre relation d’amour avec Dieu. Trop souvent, nous cherchons à marcher selon les exigences de la culture. En tant que chrétiens, nous ne nous intégrerons pas entièrement à la culture, et nous ne devrions pas essayer de le faire.
Paul nous donne une bonne indication sur la manière d’y parvenir. De même que le Christ est venu principalement pour être une offrande et un sacrifice en notre faveur, nous devons considérer notre vie comme une offrande et un sacrifice à Dieu. Au lieu de demander combien d’argent vous gagnez ou combien vous vous amusez, demandez à quel point votre sacrifice — c’est-à-dire votre vie — est agréable à Dieu.
En tant que chrétiens, il nous arrive d’être si absorbés par d’autres choses que nous sommes peut-être sauvés, mais que nous ne marchons pas dans l’amour. En Apocalypse 2.4, Jésus exhorte l’Église d’Éphèse (et, indirectement, nous-mêmes) à ne pas abandonner notre premier amour. L’apôtre Jean, en 1 Jean 2.5-6, dit que l’amour de Dieu doit être parfait en nous et que nous devons donc marcher comme Jésus a marché. Ici, Paul dit lui aussi combien il est important pour nous non seulement de croire comme des chrétiens, mais de marcher dans l’amour.
Voir le Believer’s Bible Commentary p.1941 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.3, que signifie « pas même un soupçon » d’immoralité sexuelle ?
R: Cela inclut évidemment l’immoralité sexuelle, mais plus précisément : ne vous placez pas dans une situation ou une relation qui donnerait l’apparence que vous êtes immoral. Cela peut également viser les plaisanteries et les tenues immodestes. Lorsque vous pouvez dire quelque chose de drôle mais d’un peu leste, Dieu veut que vous renonciez à être drôle. 1 Thessaloniciens 5.22 dit également de s’abstenir de toute apparence / forme de mal.
Voir le New International Bible Commentary p.1437 et le Believer’s Bible Commentary p.1941 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.7, ce mot grec devrait-il se traduire par « s’associer » ou par « prendre part » ?
R: Le mot grec employé en Éphésiens 5.7, summetochoi, ne signifie pas que vous ne pouvez jamais vous trouver en leur présence. Il signifie : ne prenez pas part, ne participez pas, n’ayez aucune part à ce qu’ils font. Qu’en est-il alors d’un placement dans une entreprise qui promeut des choses immorales ou autrement pécheresses ? Même si vous ne commettez pas vous-même ces actes, tirer profit de leur prospérité dans ce qu’ils font est mal.
Voir The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.70, The Message of Ephesians de John R. Stott p.198 et The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.638 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.11, comment des chrétiens peuvent-ils participer de manière coupable aux œuvres infructueuses des ténèbres ?
R: Si vous participez directement aux œuvres des ténèbres, cela est évidemment mal. Cependant, si vous facilitez, soutenez ou tirez profit des œuvres infructueuses des ténèbres, vous devez également y mettre un terme. Un groupe qui a infesté certaines Églises, en particulier des Églises conservatrices, à la manière d’un parasite, est la franc-maçonnerie. Aux degrés inférieurs, elle se présente comme une simple société de sociabilité pratiquant des œuvres de bienfaisance. Mais aux degrés supérieurs, lorsqu’ils adorent un être appelé Baphomet et affirment que la plupart des grandes religions adorent le même dieu, il s’agit d’une organisation religieuse qui contredit le christianisme. Au lycée, j’ignorais tout cela. On m’invita à rejoindre les DeMolay, qui est en somme une organisation maçonnique pour lycéens. Mais avant de m’y rendre, j’appris que les garçons noirs n’y étaient pas admis. Je trouvai cela fort étrange, et je ne voulus ni visiter ni rejoindre une telle organisation. Mais indépendamment des maçons, s’il existe une organisation qui exclut des personnes en raison de leur couleur de peau ou de leur origine ethnique, vous n’avez, en tant que chrétien, aucune raison de la rejoindre ni de la soutenir. Ainsi, si votre Église souhaite s’ouvrir à la communauté et qu’une loge maçonnique locale veut s’y réunir, l’Église ne devrait pas l’autoriser.
Certains tentent de combiner le christianisme avec des éléments non chrétiens. Par exemple, Camilo Torres Restrepo, un chef de file de la théologie de la libération, a déclaré : « Si Jésus vivait aujourd’hui, il serait un guérillero. »
Dans un sens négatif, certains non-chrétiens ont décidé de n’investir dans aucune entreprise qui ne soutiendrait pas leur programme social. Le groupe Blackstone fut fondé en 1985 comme société d’investissement alternatif. Sur finance.yahoo.com, au 30 septembre 2023, sa capitalisation boursière s’élevait à 130 milliards de dollars. Elle a été classée 175e plus grande entreprise du monde. De nombreuses sociétés s’empressent de soutenir un programme social anti-chrétien déterminé, non parce que les États-Unis les y contraignent, mais plutôt parce que Blackstone et d’autres pourraient retirer leurs investissements si elles ne le faisaient pas.
Q: En Éph 5.11, dans quelle mesure sommes-nous appelés à dénoncer les œuvres infructueuses des ténèbres plutôt qu’à garder le silence à leur sujet ?
R: Il faut d’abord se rendre compte que nous ne serons pas populaires lorsque nous dénoncerons les œuvres des ténèbres, et que nous pourrons subir la persécution. Mais nous devons dénoncer les œuvres des ténèbres lorsqu’elles peuvent tenter autrui ou lorsque des gens les déclarent moralement acceptables. Nous devons avertir les autres croyants de ne pas s’y mêler. Il est des moments où le simple silence est un péché.
Selon Marx, la religion, dans ce monde d’exploitation, est l’expression d’une détresse et en même temps une protestation contre la détresse réelle. Autrement dit, la religion continue de subsister en raison de conditions sociales oppressives. Lorsque cette condition oppressive et exploiteuse sera détruite, la religion deviendra inutile. En même temps, Marx voyait dans la religion une forme de protestation des classes laborieuses contre leurs mauvaises conditions économiques et leur aliénation. Voir Raines, John. 2002. « Introduction ». Marx on Religion (Marx, Karl). Philadelphie : Temple University Press. p.5-6.
Q: En Éph 5.11, puisque les chrétiens ne doivent avoir aucune part aux œuvres des ténèbres, les avocats chrétiens devraient-ils défendre des clients qu’ils savent coupables ?
R: D’une manière générale, exercer comme avocat pénaliste est un moyen difficile de gagner sa vie si l’on ne ment jamais, si l’on ne travestit jamais la vérité, si l’on n’encourage jamais ses clients à mentir et si l’on refuse de défendre des clients que l’on sait menteurs. C’est pourtant ce qu’un chrétien devrait faire pour être avocat pénaliste.
Cependant, comme le souligne Now That’s a Good Question p.525-527, même ceux qui plaident coupable ont besoin d’un procès équitable et de plaider pour une peine moins sévère. Néanmoins, tous les chrétiens devraient convenir que mentir et laisser entendre que quelqu’un est innocent alors qu’on le croit raisonnablement coupable est une chose qu’aucun chrétien ne devrait faire.
Q: En Éph 5.12, de quelles sortes de choses ne devons-nous même pas parler ?
R: Il est acceptable de mentionner qu’une chose se pratique, de manière générale, et qu’il est mal de la pratiquer. Cependant, nous devons éviter le « DPG », le Détail du Péché Grossier, où l’on évoque le péché d’une manière qui peut devenir tentante pour quelqu’un qui y est enclin. De même, nous ne devons donner aucun « bon conseil » sur la façon de commettre un péché impunément. Ainsi, par exemple, quelqu’un m’a un jour révélé un moyen totalement indétectable d’escroquer une entreprise. Voulez-vous savoir lequel ? — Désolé, j’ai décidé de ne jamais le dire à âme qui vive.
Q: En Éph 5.14, où ces paroles ont-elles été dites auparavant ?
R: Ces paroles exactes n’ont pas été prononcées dans l’Ancien Testament, bien que certains éléments fassent écho à Ésaïe 60.1 et 26.19. Nous n’avons aucune trace du lieu où cela fut dit auparavant. Ce verset poétique pourrait provenir d’une prophétie, d’une parole de Jésus non consignée dans les Évangiles, ou d’une hymne chrétienne primitive. Paul supposait que ses lecteurs immédiats la reconnaîtraient.
Voir The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.70-71, The Expositor’s Greek Testament vol.3 p.359-360 et The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.201 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.16, en quoi les jours sont-ils mauvais ?
R: Paul ne parle pas de la lumière du jour, mais dit que les temps sont mauvais. Si l’on se représente la société comme un océan, il existe un « ressac » qui vous entraînerait vers le fond si vous n’y prenez garde. Les offrandes aux dieux païens, l’immoralité, la corruption et l’exploitation d’autrui n’étaient pas seulement pratiquées, mais tenues pour socialement acceptables et parfaitement normales.
L’auteur chrétien Jérôme (393 apr. J.-C.) rapporte que l’amiral romain Duilius s’entendit dire par d’autres qu’il avait mauvaise haleine. Il reprocha à son épouse, Billia, de ne le lui avoir jamais dit. Elle lui répondit qu’elle ne le lui avait pas dit parce qu’elle croyait que tous les hommes avaient mauvaise haleine. Il en fut fort satisfait, car elle montrait ainsi involontairement qu’elle lui avait toujours été fidèle. Les Romains la citèrent en exemple de grande chasteté. Imaginez vivre dans une société où une seule femme se distinguait des autres pour un tel motif. Contre Jovinien, livre 1, ch.46, p.382.
Aujourd’hui, le ressac a peut-être légèrement changé, mais il est toujours là. Nous, nos conjoints et nos enfants pouvons trop facilement y être emportés si nous ne vivons pas intentionnellement à contre-courant de la culture.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.639 et The Expositor’s Greek Testament vol.3 p.361-362 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.16, quelles habitudes ou quels moyens pouvons-nous mettre en place pour tirer le meilleur parti de notre temps ?
R: Avant toute chose, il nous faut prendre conscience de la valeur inestimable du don qui nous a été fait et que l’on appelle « le temps ». Faites de la place pour les choses auxquelles vous voulez consacrer plus de temps, en cessant d’autres activités qui constituent un moins bon emploi de votre temps.
Comme le dit John R. W. Stott dans The Message of Ephesians p.201-203 : « Jonathan Edwards écrivait, avant son vingtième anniversaire, dans ses Résolutions : “Résolu : de ne jamais perdre un seul instant de temps, mais de l’employer de la manière la plus profitable qui me soit possible.” »
Q: En Éph 5.17, Paul s’adresse à des croyants ; comment se fait-il alors que certains croyants authentiques manquent de sagesse ?
R: Le mot grec employé ici, aphones, signifie « insensé », et le mot grec traduit par « sans sagesse » en Éphésiens 5.15, asophoi, peut signifier « fou ». Ils diffèrent légèrement, tout en se recouvrant. « Insensé » signifie essentiellement que vous êtes sans aucune idée, sans la moindre notion de ce qui vous entoure ni de ce qui vous attend. « Fou » peut signifier cela, ou bien que vous croyez voir clairement ce qui vous attend alors que vous vous trompez entièrement. Il y a la folie du jeune enfant, il y a la folie qui s’apprend, et il y a la folie qui ne s’acquiert que par une pratique assidue.
Les croyants, et pas seulement les gens en général, doivent demeurer proches de Dieu, dans sa Parole, afin de ne pas tomber dans la folie.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.639-640 pour plus de précisions.
Q: Éph 5.18 contient deux commandements et non un seul ; comment le second se rapporte-t-il au premier ?
R: Le premier commandement est négatif : ne vous enivrez pas. Le second, positif, remplace le temps consacré à l’ivrognerie.
Pourquoi les gens s’enivrent-ils ? Les raisons peuvent varier, et le motif pour lequel quelqu’un s’engage sur le chemin de l’ivrognerie peut différer de ce qui le maintient alcoolique. On peut s’enivrer pour émousser sa douleur, physique ou liée à des souvenirs douloureux. On peut s’enivrer par ennui, ou pour tenter d’oublier le vide de sa vie et ce que l’on perçoit comme son absence de sens. On peut s’enivrer par plaisir de boire avec des amis, ou du moins avec de prétendus amis. On peut s’enivrer pour la stimulation ou pour ce que l’on prend pour de l’excitation. Après un usage prolongé de l’alcool, on peut s’enivrer à cause du besoin que le corps a développé. Ces personnes ne voient rien de mal ni de mauvais à s’enivrer. Elles ne voient rien de mauvais non plus dans la cirrhose du foie, la démence ou le vieillissement accéléré — après un nombre suffisant de verres.
Mais être rempli de l’Esprit diffère profondément d’être rempli d’alcool ; d’abord, on ne peut pas absorber une certaine quantité de liquide pour l’obtenir automatiquement. Cela est intentionnel, exige la discipline de prier et de s’approcher de Dieu, et de dire « joyeusement » non à des choses qui paraissent plaisantes et attirantes, parce que vous avez un appel plus élevé ; Dieu vous veut pour lui-même. Comme le rapporte John R.W. Stott dans The Message of Ephesians p.204-205, le Dr Martyn Lloyd-Jones déclare : « S’il était possible de faire figurer le Saint-Esprit dans un manuel de pharmacologie, je le placerais parmi les stimulants, car c’est là sa place. Il stimule véritablement… Il stimule toutes nos facultés… l’intelligence et l’intellect… le cœur… et la volonté… » (Lloyd-Jones, Life in the Spirit p.20-21.)
Aucun chrétien authentique ne refuserait de faire l’expérience du Saint-Esprit ; mais le problème surgit lorsque les chrétiens veulent les deux : l’Esprit et le péché. Il ne s’agit pas de dire « oui, aussi » à l’Esprit, mais de dire « non » aux autres choses et « oui, uniquement » à l’Esprit.
De même que l’emprise de l’alcool affecte vos décisions, votre jugement, votre maîtrise de vous-même et vos désirs, de même l’emprise de l’Esprit affecte vos décisions, votre jugement, votre maîtrise de vous-même et vos désirs. Les apôtres étaient sous l’emprise du Saint-Esprit en Actes 2.13, et cela fut pris pour l’emprise de l’alcool.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.640, The Tony Evans Bible Commentary p.1229, The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.72, The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.204 et le Believer’s Bible Commentary p.1944-1946 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.18, qu’y a-t-il exactement de mal à s’enivrer ?
R: Il y a une raison, et elle suffit à elle seule : Dieu nous ordonne de ne pas nous enivrer. Les gens s’enivrent habituellement par plaisir, pour noyer leur chagrin, ou, lorsqu’ils sont dépendants, à cause du mal-être qu’ils éprouvent lorsqu’ils n’obtiennent pas leur boisson. Un chrétien ne doit pas être hors de contrôle, ni voir sa maîtrise de soi affaiblie. Outre le tort causé à votre corps, l’ivresse peut nuire aux relations, compromettre votre capacité à conserver un emploi et affecter vos finances. L’ennui, avec une personne ivre, c’est qu’elle croit maîtriser son alcool alors que, à son insu, c’est son alcool qui la maîtrise.
J’ai un jour emmené à une étude biblique (qui n’avait rien à voir avec les Éphésiens) un ami non chrétien qui s’enivrait fréquemment. J’ignore quand il avait ouvert une Bible pour la dernière fois, mais la première fois qu’il en ouvrit une là-bas, le seul verset qu’il lut fut celui-ci. Malheureusement, il ne revint pas à l’étude biblique, disant que c’était « trop flippant » !
Sur une note plus légère, The Communicator’s Commentary 1, 2 Kings p.262 rapporte qu’un prédicateur en vogue disait : « Certains d’entre vous pensent pouvoir noyer leurs soucis dans la boisson. Je veux que vous vous souveniez d’une chose : “Les soucis savent nager !” »
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.640 pour plus de précisions.
Q: Éph 5.18 vise-t-il un remplissage unique ou un remplissage continuel par l’Esprit ?
R: Le présent grec employé ici montre qu’il ne s’agit pas d’un remplissage une fois pour toutes, mais d’un remplissage répété.
Le verbe est également au pluriel : il concerne donc tous les croyants, et non quelques individus seulement. Il est au passif ; « Remplissez-vous du Saint-Esprit » serait donc une mauvaise traduction. « Soyez remplis » ou « laissez le Saint-Esprit vous remplir » rendraient bien la voix passive. Enfin, il ne s’agit pas d’une aspiration que nous devrions nous efforcer d’atteindre ; c’est un commandement que nous sommes censés accomplir.
Voir The NIV Study Bible p.1798, The Message of Ephesians de John R. W. Stott p.208-209 et The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.72 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.20, quel engagement devons-nous prendre ici ?
R: Pour tout ce qui vous arrive, remerciez Dieu et remerciez-le de la manière dont il peut l’employer dans votre vie. Cela ne signifie pas que tout ce qui vous arrive est bon ; certaines choses sont mauvaises. Vous ne devez pas remercier Dieu pour le mal, mais vous pouvez néanmoins le remercier de la manière dont il peut s’en servir. Même pour les choses de tous les jours — manger, l’intimité avec votre conjoint, être assez en santé pour faire de l’exercice — remerciez Dieu à chaque fois.
Voir le Believer’s Bible Commentary p.1946 et The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.207 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.21, comment pouvons-nous mieux incarner la soumission mutuelle dans la crainte de Dieu ?
R: Il nous faut d’abord renoncer à nous soucier d’occuper ou non « une position de responsabilité » au-dessus des autres. Ne pas chercher à faire progresser notre rôle ou notre position va à contre-courant de la plupart des sociétés d’aujourd’hui. Nous devons nous contenter d’avoir quelqu’un au-dessus de nous dans un domaine donné. Nous devons surmonter la crainte qu’il nous maltraite, nous manipule ou nous exploite.
Enfin, lorsque quelqu’un se soumet à nous, nous devons le traiter comme nous souhaiterions être traités. L’autorité n’est pas l’asservissement. Nous devons prendre garde à ne pas le maltraiter, le manipuler ni l’exploiter. Nous devons lui laisser la liberté de faire ce qu’il veut dans les limites du but poursuivi, et la liberté quant à la manière de le faire, dans les limites du travail d’équipe avec les autres.
Voir l’Evangelical Commentary on the Bible p.1030-1031 et The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.215-216,219 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.22-6.4, pourquoi Paul en dit-il tant sur le mariage ?
R: Paul dit beaucoup de choses sur les responsabilités et sur l’exemple d’un bon mariage et d’une bonne famille. Considérez ceci : le mariage n’a pas pour but le bonheur d’une personne. C’est là un bénéfice annexe du mariage, mais le but premier du mariage, comme le but premier du reste de notre vie, est de glorifier Dieu. Montrez au monde que l’on peut être heureux en glorifiant Dieu. Mais on ne peut feindre le bonheur indéfiniment ; les gens finiront par le voir. Vous devez apprendre à être pleinement content, heureux et reconnaissant dans votre mariage.
Fait intéressant, les philosophes stoïciens disaient eux aussi que les maris devaient aimer leurs épouses, mais ils n’employaient que le mot grec phileo, l’amour fraternel. Paul dit que les maris doivent aimer leurs épouses en employant le mot agape, l’amour sacrificiel.
Voir The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.206 et The Tony Evans Bible Commentary p.1230 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.22, pourquoi les épouses doivent-elles obéir à leurs maris ?
R: Il y a deux réponses complémentaires.
1. Si une épouse veut obéir à Dieu, elle obéira à ce qui est commandé ici. Les épouses doivent obéir à leurs maris, même si le mari n’est pas chrétien. Cependant, les épouses doivent désobéir à leurs maris lorsqu’il y a conflit entre ce que veut le mari et ce que Dieu désire. En ce cas, elles doivent suivre Dieu, l’autorité supérieure.
2. La soumission des épouses à leurs maris n’est pas le dernier mot dans un mariage chrétien. Les maris doivent aimer leurs épouses comme le Christ a aimé l’Église (Éphésiens 5.25). Tous sont appelés à se soumettre les uns aux autres en Christ, selon Éphésiens 5.21.
Voir Today’s Handbook for Solving Bible Difficulties p.377-380 et Hard Sayings of the Bible p.640-642 pour des réponses plus développées.
Q: En Éph 5.22, est-il vrai que la Bible n’affirme jamais explicitement que les épouses doivent aimer leurs maris ?
R: Il s’agit d’une affirmation fausse que j’ai entendue. La Bible dit que les femmes doivent apprendre à aimer leurs maris, en Tite 2.4.
Q: En Éph 5.22, qu’y a-t-il de plus inhabituel dans cette métaphore ?
R: La métaphore employée ici est étrange : le Christ est son propre marieur. Le Christ a accompli cinq choses précises pour son épouse. Il l’a aimée, s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier, il l’a purifiée et se l’est présentée à lui-même.
Voir The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.227 et The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.77 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.28, comment les maris doivent-ils aimer leurs épouses ?
R: Contrairement à ce que certains pourraient penser, le grec ne dit PAS simplement que les maris doivent aimer leurs épouses comme ils s’aiment eux-mêmes. La première partie est en réalité plus forte encore. Le mari doit considérer son épouse comme une partie de son propre corps. Éphésiens 5.29-31 le confirme également.
Voir The Expositor’s Greek Testament vol.3 p.374, The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.77-78, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.641 et le New International Bible Commentary p.1438 pour plus de précisions.
Q: En Éph 5.32, pourquoi les épouses doivent-elles respecter leurs maris ?
R: Elles doivent le faire, ne serait-ce que parce que Dieu l’ordonne. Cependant, nous pouvons discerner un certain nombre de raisons pour lesquelles il est bon pour nous que Dieu ait donné ce commandement. En tant que mari, j’apprécie son respect. Il est plus facile aux enfants d’obéir à leur père et de le respecter lorsque leur mère le respecte. C’est pourquoi il importe que les maris et les épouses ne se critiquent pas l’un l’autre devant les enfants.
De plus, les enfants observent et reproduisent vos attitudes et vos comportements sans que vous vous en aperceviez, et de manières inattendues. Un jour, j’entendis mes enfants jouer à la maison. L’un allait tenir le rôle de la grande sœur, un autre celui de la petite sœur, un autre celui de la maman, et un autre celui du « chéri ».
Soit dit en passant, la société gréco-romaine reconnaissait elle aussi que les épouses avaient des obligations envers leurs maris, mais non que les maris eussent la moindre obligation envers leurs épouses, selon The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.76. Paul dit donc ici quelque chose d’« étrange » par rapport à ce que les nouveaux chrétiens connaissaient déjà.
Q: En Éph 6.1, puisque les enfants doivent obéir à leurs parents, que faire si leurs parents leur ordonnent d’abandonner la foi chrétienne ?
R: Deux points à considérer dans la réponse.
Les parents non croyants aussi : Éphésiens 6.1 ne dit pas d’obéir à vos parents seulement s’ils sont chrétiens, mais d’obéir à vos parents quelle que soit leur foi.
Seulement dans le Seigneur : En Éphésiens 6.1, Paul nuance l’affirmation en disant d’obéir à ses parents dans le Seigneur. Nous devons obéir à toute autorité parentale et gouvernementale dans la mesure où cela ne contredit pas la Parole de Dieu.
Note historique : cette réponse fut donnée pour l’essentiel par Jean Chrysostome dans ses Homélies sur les Éphésiens, v. 396 apr. J.-C.
Q: En Éph 6.1,4, quelle est la limite d’âge du mot grec traduit par « enfants » ?
R: Il n’y a aucune limite d’âge, car le grec signifie littéralement « progéniture » et non « jeunes enfants ».
Q: En Éph 6.2, pourquoi Paul dit-il qu’il s’agit du « premier commandement », alors qu’il était en réalité le cinquième des Dix Commandements ?
R: Dans l’expression « le premier commandement », l’article « le » ne figure pas dans le grec. « Premier » peut signifier « primordial », et celui-ci était l’un des commandements primordiaux. La Wuest’s Expanded Translation rend cette expression par : « qui est un commandement d’une nature telle qu’il est le premier commandement… ». Bien entendu, ce commandement est aussi le premier que les jeunes enfants apprennent.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.641-642, The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.81, The Expositor’s Greek Testament vol.3 p.375-376 et le New International Bible Commentary p.1438 pour plus de précisions.
Q: En Éph 6.3, le verset doit-il être traduit par « sur le pays » ou « sur la terre » ?
R: Paul cite des passages d’Exode 20.12 et de Deutéronome 5.16. Dans l’hébreu et le grec (y compris la Septante grecque) de ces trois versets, le mot peut signifier soit « terre » soit « pays ».
Cependant, Exode 20.12 et Deutéronome 5.16 disent tous deux : « …afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne ». Le contexte est donc le « pays de Canaan » et non « la terre ». Puisque Paul dit citer le commandement antérieur, les deux sens sont admissibles, mais le sens premier était « le pays ».
Q: En Éph 6.3, Ex 20.12 et Dt 5.16, que promet-on exactement ici ?
R: Les chrétiens peuvent constater que cette promesse est vraie non pas d’une seule, mais de quatre manières. Bien que tous ne s’accordent pas sur le sens premier, les quatre sens sont vrais.
Collectivement : Comme le montre la réponse à la question précédente, la promesse de l’Ancien Testament fut d’abord faite afin que le peuple pût vivre longtemps dans le pays de Canaan sans être exilé. On peut généraliser cela en un principe « collectif ». À considérer une grande partie de l’histoire occidentale, pour que le christianisme demeure fort dans un pays, il faut que les enfants apprennent de leurs parents.
Un autre exemple de promesse collective est 2 Chroniques 7.14 : « si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, alors je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai ses péchés et je guérirai son pays. »
Individuellement : Comme l’enseigne Paul, ce commandement et cette promesse s’appliquent à nous aujourd’hui. Éphésiens 6.3 ne promet pas que les chrétiens vivront plus longtemps que les autres, mais qu’avec la protection de Dieu, les enfants chrétiens vivront plus longtemps sur la terre qu’ils ne l’auraient fait autrement. Même quelqu’un qui est mort à 25 ans a vécu plus longtemps que s’il était mort à 20 ans. Nous ne vivons peut-être pas dans le pays d’Israël, mais nous voulons vivre dans le pays où, aux yeux de Dieu, nous sommes censés être.
Un autre exemple de promesse individuelle est Matthieu 19.29-30, où tous ceux qui auront quitté maisons ou famille à cause de Jésus recevront le centuple et hériteront la vie éternelle.
Qualité de vie : Ces trois versets promettent non seulement une longue vie, mais que vous vivrez bien. Le mot grec pour « de longue vie » est lui-même intéressant : macrochronious, littéralement « au temps long ». On raconte l’histoire de quelqu’un qui croisa un vieil ivrogne titubant, voûté, ridé et couvert de taches de vieillesse. Elle lui demanda : « Comment se fait-il, vieil homme, que vous puissiez tant boire et vivre encore si longtemps ? » L’ivrogne répondit : « Vieil homme ! Mais je n’ai que trente ans ! » Non seulement Dieu nous protège, mais mener une vie saine, sans drogue, sans ivrognerie et sans relations illicites, allongera souvent votre espérance de vie sur la terre.
Un autre exemple de promesse relative à la qualité de vie est Exode 23.26, où Dieu promet aux Israélites obéissants d’écarter d’eux la maladie et l’avortement, et de « remplir le nombre de tes jours », ce qui ressemble fort à la promesse d’Éphésiens 6.3.
Millénairement : Bien entendu, en Apocalypse 20.4, les chrétiens reviendront à la vie et régneront avec le Christ pendant mille ans, avant le retour à la vie du reste des morts.
D’autres exemples de promesses possiblement millénaires sont : la résurrection d’Israël en Ézéchiel 37, et le Temple en Ézéchiel 40-47, y compris l’eau qui en jaillit en Ézéchiel 47.
Q: En Éph 6.3 et suivants, comment traiter un jeune enfant, ou même un adulte, qui, enfant, n’a reçu ni discipline ni correction ?
R: Nous devons chercher à être une bénédiction. Nous sommes une Bible vivante (2 Corinthiens 3.2-3) ; nous devons donc leur montrer la vérité. Demandez à Dieu comment prier pour eux. Faites des choses qui manifestent votre respect à leur égard. Établissez des règles telles que : « nous pouvons convenir d’être en désaccord ».
Mais cela peut être difficile, et leur compagnie peut être insupportable. Vous pourrez éprouver quelque compassion pour le bagage déficient que leurs parents leur ont légué. Mais il vous faut néanmoins parvenir à leur faire comprendre qu’ils doivent changer et accepter la correction et la réprimande.
Voir le Believer’s Bible Commentary p.1950 pour plus de précisions.
Q: En Éph 6.4, les pères doivent-ils jamais mettre leurs enfants en colère ?
R: Parfois, oui. Mais les pères ne doivent pas exaspérer leurs enfants, et Colossiens 3.21 dit de même que les pères ne doivent pas aigrir leurs enfants. Mais plus important encore que de discipliner vos enfants : assurez-vous d’exprimer aussi que vous les aimez, que vous les respectez et que vous êtes heureux de leur présence. Les parents pieux n’ont pas le droit d’agir déraisonnablement envers leurs enfants. Ils ne doivent pas mettre leurs enfants en colère sans une bonne raison, telle la discipline. Le châtiment corporel (la fessée) est licite et parfois nécessaire, comme le montrent Proverbes 13.24 ; 22.15 et 23.13-14.
Q: En Éph 6.4, les mères doivent-elles également y prêter attention ?
R: Selon The Expositor’s Bible Commentary volume 11 p.82 et Gene Getz dans une prédication du 16 janvier 2000, le mot grec traduit par « pères » désignait souvent, de manière générique, les parents. La New Geneva Study Bible p.1870 indique également qu’il s’agit ici des parents. De même, The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.642 précise que les pères sont interpellés ici parce qu’« ils représentent le chef gouvernemental de la famille, sur qui repose la responsabilité de la discipline des enfants ».
Q: En Éph 6.4, de quelles manières les parents aigrissent-ils / mettent-ils en colère / exaspèrent-ils leurs enfants ?
R: Le mot grec parorgizete n’apparaît qu’ici et en Romains 10.19, cf. Colossiens 3.21. Il signifie littéralement « provoquer à la colère ». The Expositor’s Bible Commentary volume 11 p.81 indique que ce verset était véritablement révolutionnaire, car il fut prononcé dans une société où l’autorité du père était absolue et où les sentiments de l’enfant n’étaient pas pris en compte.
Vous devez les discipliner pour leur bien, et non en fonction de vos sentiments. Traitez-les comme s’ils étaient tout aussi importants aux yeux de Dieu que vous-même, car c’est le cas. Ne les brutalisez pas, ne les rabaissez pas, ne les découragez pas. Hormis les cas où ils reconnaissent que vous les disciplinez, vous devez leur témoigner le même respect, la même courtoisie et la même absence de brutalité que vous témoigneriez à un ami adulte.
Voici une liste de quelques manières dont les parents peuvent exaspérer leurs enfants, donnée par Gene Getz dans une prédication du 16 janvier 2000.
La maltraitance physique, y compris le fait de perdre son sang-froid ou de les discipliner alors que sa colère est hors de contrôle.
La maltraitance psychologique, y compris l’humiliation.
Les négliger, autrement dit exaspérer ses enfants par ce que l’on ne fait pas.
Ne pas chercher à les comprendre. Ne manifester aucun intérêt pour leur vie, leurs études, leur sport ou leurs anniversaires.
L’hypocrisie. Les parents attendent parfois de leurs enfants un comportement dont ils ne font pas eux-mêmes preuve.
Attendre trop d’eux.
Les soumettre à une norme de performance.
Les contraindre à adopter nos objectifs et nos idéaux ne fonctionnera pas. Il faut que ce soient leurs objectifs et leurs idéaux.
Refuser d’admettre nos erreurs.
Voici d’autres manières :
Édicter des règles mesquines — interdire à l’enfant des choses arbitraires qui ne sont ni mauvaises ni dangereuses et que les autres enfants peuvent faire.
Avoir des favoris.
Les manipuler mentalement — leur dire qu’ils n’arriveront à rien.
Formuler des exigences déraisonnables, ou qui leur paraissent déraisonnables, sans les expliquer.
Voir The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.642 et The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.246 pour plus de précisions.
Q: En Éph 6.5-7, la Bible cautionne-t-elle l’esclavage ?
R: La Bible reconnaissait que certains chrétiens étaient esclaves, et elle permettait aux chrétiens de posséder des esclaves. Cependant, elle encourageait l’affranchissement des esclaves en 1 Corinthiens 7.21,23. Contrairement à l’esclavage du Nouveau Monde et du monde musulman, les personnes ne devaient pas être enlevées et vendues comme esclaves (Exode 21.16) ; les esclaves ne devaient pas être maltraités (Exode 21.26-27), et les esclaves fugitifs ne devaient pas être rendus à leurs maîtres (Deutéronome 23.15-16).
La Bible tolérait qu’un chrétien fût esclave et qu’un chrétien possédât un esclave, l’esclavage étant alors indissociable de la culture. Cependant, il n’était pas permis aux maîtres chrétiens de traiter leurs esclaves comme les propriétaires d’esclaves non chrétiens traitaient les leurs. Dans le Nouveau Testament, les maîtres ne devaient jamais user de menaces envers les esclaves (Éphésiens 6.9) et devaient les traiter avec justice et équité (Colossiens 4.2).
Voir The Tony Evans Bible Commentary p.1232 pour plus de précisions.
Q: En Éph 6.5-8, puisque les esclaves chrétiens devaient obéir à leurs maîtres même mauvais, dans quelle mesure devons-nous obéir à notre patron au travail et le respecter, s’il est mauvais ?
R: Oui. C’est un peu comme un enfant qui doit obéir à ses parents dans le Seigneur, même si les parents ne sont pas chrétiens. La Bible a davantage à dire aux esclaves qu’aux rois. Il y avait relativement peu de rois, et l’Empire romain comptait, selon les périodes, entre la moitié et les deux tiers d’esclaves. Voir le Believer’s Bible Commentary p.1951, The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.83 et The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.641 pour plus de précisions.
Q: En Éph 6.7, pourquoi devons-nous faire de notre mieux lorsque personne ne regarde ?
R: Quelqu’un a défini un jour le caractère comme « ce que vous êtes lorsque personne ne regarde ». Cependant, les gens vous voient plus que vous ne le croyez. Peut-être faut-il corriger cette formule en : « le caractère, c’est ce que vous êtes lorsque vous croyez que personne ne regarde ».
Bien entendu, Dieu nous regarde toujours. Quelqu’un a dit un jour qu’en tant que chrétien on peut faire tout ce que l’on veut. Bien sûr, souvenez-vous que Dieu regarde toujours, que les anges regardent, que les démons regardent, que les saints défunts regardent peut-être, et que vous devrez rendre compte devant le Christ de tout ce que vous avez fait. Alors, sachant que vous êtes observé par tous ceux-là et que vous devrez rendre compte, allez-y, faites donc ce que vous voulez !
Un vendeur chrétien se vit un jour demander de donner plus que ce que le client avait payé, avec l’assurance que son employeur ne regardait pas. Mais le chrétien répondit : « Mon Maître, lui, regarde toujours ! » (le Believer’s Bible Commentary p.1951)
Souvenons-nous que nous servons Dieu, et les hommes, du mieux de nos capacités, que nous voyions ou non quelqu’un nous regarder.
Q: En Éph 6.9 et 1 Pi 2.18, pourquoi Dieu n’a-t-il pas dit aux maîtres d’affranchir tous leurs esclaves ?
R: Où seraient allés les esclaves ? Au sortir d’une période de guerres fréquentes, peut-être deux tiers des habitants de l’Empire romain étaient esclaves et auraient eu du mal à gagner honnêtement leur vie une fois libres. À cette époque, il valait mieux avoir un maître chrétien conscient que Dieu était le maître de l’un comme de l’autre, que d’être affranchi sans compétences ni soutien. Un maître chrétien ne maltraitait pas ses esclaves, n’abusait pas d’eux sexuellement ni autrement, et les traitait comme des égaux devant Dieu. Voir également la question précédente.
Q: En Éph 6.10-18, que savons-nous de l’armure du soldat romain ?
R: Paul était gardé par un soldat romain ; il pouvait donc sans doute simplement observer l’équipement d’un soldat romain. Au combat, un soldat romain portait toujours un pilum, une sorte de javelot, mais un soldat gardant un prisonnier n’en avait pas.
Une chose qui n’est pas dite ici, mais fortement sous-entendue, est que nous avons besoin d’être protégés des attaques du diable. Si même les chrétiens mûrs ont besoin de protection, combien plus nos enfants et les jeunes chrétiens ont-ils besoin d’être protégés ? Si un chrétien affirme jamais qu’il faut élever les enfants dans la neutralité et qu’ils doivent trouver eux-mêmes leur propre chemin vers Dieu, je me demande s’il a jamais lu Galates 6.10-18.
Un autre point : il ne s’agit pas de l’équipement que le soldat aurait lui-même fabriqué. Il est fourni par Dieu. Il ne s’agit pas non plus pour le soldat d’avoir besoin d’une partie de cet équipement ; le soldat a besoin de l’ensemble complet.
Les soldats romains étaient lourdement armés pour défendre une position contre tout ce qui pouvait survenir. Ils devaient se défendre contre les attaques directes — épées, javelots, poignards, masses, etc. — et contre les attaques qu’ils ne voyaient pas venir, celles des flèches. L’historien Polybe (6.23.2) a laissé une description détaillée d’un fantassin. L’armure entière, appelée panoplia, d’où vient notre mot « panoplie », était essentielle afin qu’il n’y eût aucun point découvert où un archer pût tirer.
Voici les six pièces de l’armure, réparties en deux catégories de trois. Les trois premières demandaient un certain temps à revêtir, et nous devons les porter en permanence. Les trois dernières, un soldat pouvait les saisir rapidement juste avant la bataille. Un casque est chaud et lourd ; il n’était donc lui aussi mis qu’avant la bataille.
La cuirasse, ou thorax, était surnommée le protège-cœur. Elle était de bronze et couvrait à la fois le devant et le dos, bien que certains officiers portassent la cotte de mailles, plus légère.
La ceinture, ou zone, maintenait l’armure en place, et c’est d’elle que pendait le fourreau contenant l’épée. Relâcher sa ceinture signifiait se mettre hors service, selon The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.87. La foi et l’amour sont appelés une cuirasse en 1 Thessaloniciens 5.8.
Les boucliers de l’armée romaine étaient de forme rectangulaire allongée. Les soldats romains combattaient au mieux côte à côte, formant un mur de boucliers qu’ils appelaient testudo, le mot désignant la tortue. Ils mesuraient environ 1,20 m sur 0,75 m. Après le siège de Dyrrachium, un soldat nommé Scaeva retrouva 220 traits fichés dans son bouclier.
Le casque, ou perikephalaia, signifiant « couvre-chef », était de bronze avec des attaches de cuir. Le casque du salut est également mentionné comme porté par Dieu en Ésaïe 59.17. Le casque est appelé l’espérance du salut en 1 Thessaloniciens 5.8. L’ordre est important ici. Le bouclier était fixé au soldat par une poignée de bouclier, et le bouclier devait être fixé avant que le casque pût être mis.
Les chaussures importaient aux Romains pour ne pas perdre l’appui. Les soldats disposaient de chaussures spéciales appelées caligae. L’historien juif Josèphe (Guerre des Juifs 6.1.8) rapporte qu’elles portaient à la semelle de courts clous acérés destinés à assurer l’appui. The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.87-88 indique que si les armées d’Alexandre le Grand et de Rome pouvaient marcher rapidement sur de longues distances en terrain accidenté, c’était grâce à leurs chaussures.
L’épée : Le fantassin romain disposait de trois armes offensives, mais, curieusement, Paul n’en mentionne qu’une. Il y avait le javelot, ou pilum, l’épée large thrace, ou rhomphaia, et le gladius, l’épée courte, que Paul mentionne. Le gladius était l’arme de prédilection du combat rapproché.
Le seul inconvénient de tout cet équipement était le temps qu’il fallait pour le revêtir. En cas d’attaque-surprise, si les soldats n’étaient pas prêts, il leur fallait un certain temps avant de pouvoir combattre. Ainsi devons-nous, pour ainsi dire, dormir avec notre armure sur nous.
Voir le Believer’s Bible Commentary p.1952, The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.88, The Tony Evans Bible Commentary p.1233, The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.281, The Expositor’s Greek Testament vol.3 p.382,387 et The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.643-644 pour plus de précisions.
Q: En Ga 6.10-18, en quoi l’Église ressemble-t-elle à une base militaire ?
R: Avec tout l’engouement pour la mode et les mannequins, on peut envisager Galates 6.10-18 comme une sorte de « défilé de mode chrétien », ou notre garde-robe spirituelle, avec l’accent mis sur la « guerre ».
On peut comparer une Église à un hôpital pour les malades destiné à sauver les mourants, à une ambassade, à un amphithéâtre et à une école d’apprentissage, à une salle de communion pour les frères et sœurs dans le Seigneur, ou à un concert et un divertissement. Toutes ces choses sont des aspects d’une Église locale, mais Paul n’en mentionne aucune ici, car il évoque un aspect plus important. Une Église est une base militaire en temps de guerre, en territoire hostile. Nous devons glorifier Dieu, employer l’arme offensive de la prière et secourir les âmes qui périssent en annonçant l’Évangile. Et, au passage, nous devons équiper et aider les autres à faire de même. Mais il ne sert pas à grand-chose d’équiper les autres si nous ne servons pas nous-mêmes comme soldats de Dieu.
Notre combat n’est pas physique, il ne se mène pas avec des armes de violence, mais il s’agit d’un combat spirituel contre les forces sataniques. Il nous arrive de supposer à tort que le combat se livre contre des gens que nous voyons. En réalité, le combat se livre contre des forces spirituelles que nous ne voyons pas.
Nous devons lutter, en soldats, pour gagner des âmes au Seigneur. Si vous ne luttez pas, ni même ne travaillez ardemment à cette fin, quel bon soldat du Christ êtes-vous donc ?
Voir l’Evangelical Commentary on the Bible p.1032-1033, le Believer’s Bible Commentary p.1951 et le New International Bible Commentary p.1438 pour plus de précisions.
Q: En Éph 6.10, en quoi un chrétien fortifié dans le Seigneur agit-il différemment de celui qui ne l’est pas ?
R: Un chrétien fortifié dans le Seigneur tendra à exceller dans au moins quatre domaines.
Il s’approche de Dieu avec une pleine assurance et un cœur sincère, comme le dit Hébreux 10.22-23. Il est empressé à partager sa vie, et tous peuvent voir son rayonnement lorsqu’il exprime son amour pour Dieu en vivant sa foi.
Il dépend de Dieu. Il s’appuie sur Dieu, pense à Dieu et est moins enclin à la tentation parce que ses pensées reposent sur lui. Il est prêt à renoncer à d’autres choses, bonnes ou mauvaises, pour l’amour de Dieu, comme le montre Philippiens 3.7-10.
Il peut endurer non seulement la tentation, mais aussi les temps difficiles et les pertes. Il est semblable au coureur qui court une course, comme le dit Hébreux 12.2-7.
Il ne se soucie pas tant de lui-même, mais se préoccupe véritablement et sincèrement d’autrui. Il estime le bien des autres plus important que le sien, comme le dit Philippiens 2.3.
Q: En Éph 6.12, quelle est la différence entre « les princes de ce monde de ténèbres » et « les esprits méchants dans les lieux célestes » ?
R: Ce sont toutes des forces mauvaises, et elles peuvent être les mêmes, mais ces deux descriptions en font ressortir des aspects différents. « Les princes de ce siècle de ténèbres » désigne les idées, les forces et les personnes mauvaises qui peuvent détenir puissance et autorité sur diverses institutions telles que le gouvernement, les écoles, les entreprises et les médias. « Les esprits méchants dans les lieux célestes » ne renvoie pas à un pouvoir terrestre, mais à la fois aux forces démoniaques directes et aux influences religieuses mauvaises, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des Églises.
Le mot grec traduit par « princes de ce monde » peut également se rendre par « souverains cosmiques ». Il s’agit de kosmokratores, terme employé dans les hymnes orphiques grecs à Zeus pour désigner les puissances célestes gouvernant le destin des hommes.
Voir The Expositor’s Greek Testament vol.3 p.383 et The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.264 pour plus de précisions.
Q: En Éph 6.12, contre qui ou contre quoi luttons-nous exactement ?
R: Il importe de comprendre que notre lutte n’est pas simplement dirigée contre l’ignorance, la faiblesse et les préjugés des hommes. Il ne s’agit pas seulement de gens déjà bons qu’il faudrait informer, aider et orienter dans la bonne direction. Au contraire, le monde entier est sous la puissance du malin (1 Jean 5.19) et hostile à Dieu (Romains 8.7).
Notre lutte a ceci de singulier que Dieu nous appelle à faire des choses qui seraient totalement inefficaces si nous devions les accomplir par nos propres forces. Dieu attend plutôt de nous que nous fassions des choses impossibles aux hommes, mais possibles avec Dieu.
Q: En Éph 6.13, pourquoi précisément importe-t-il d’être fortifié dans le Seigneur et de revêtir l’armure de Dieu ?
R: Il ne s’agit pas d’un « accessoire agréable » facultatif, mais d’un élément essentiel à notre sécurité et à notre efficacité personnelle, pour trois raisons :
Qui nous est opposé : le diable et les forces des ténèbres peuvent être puissants, intelligents et calculateurs, d’un charme désarmant, et pourtant assoiffés de sang, cruels et impitoyables ; nous avons besoin d’être protégés tant des assauts directs que des attaques subtiles.
Notre mission : Nous devons tenir ferme contre les ruses du diable (Éphésiens 6.11), lutter contre les puissances de ce siècle de ténèbres (Éphésiens 6.12), et tenir ferme au jour mauvais (Éphésiens 6.13-14).
Le moment où nous devons tenir : En tant que chrétiens, avec l’aide et l’honneur de Dieu, nous devrions nous attendre à pouvoir toujours tenir ferme, mais tout particulièrement lorsque l’épreuve se durcit, au jour mauvais (Éphésiens 6.13).
De même qu’un soldat devrait répugner à combattre sans son armure et ses armes, et de même qu’un athlète devrait répugner à concourir sans ses protections et son équipement, un chrétien devrait tout autant répugner à vivre et à combattre pour la foi sans son armure spirituelle.
Q: En Éph 6.14, la ceinture de la vérité désigne-t-elle la vérité de Dieu, notre véracité, ou notre discernement de la vérité ?
R: Le mot grec employé ici pour « vérité » (aletheia), comme le mot français, peut se comprendre dans l’un ou l’autre sens. Mais d’après le contexte, il existe trois points de vue :
L’intégrité et la fidélité du croyant, et non les faits de l’Évangile, selon The Bible Knowledge Commentary : New Testament p.643. La NIV Study Bible p.1799 y voit notre caractère. L’Evangelical Commentary on the Bible p.1032 y voit notre véracité envers autrui. Le New International Bible Commentary p.1438 y voit notre sincérité et notre intégrité personnelle.
La véracité de la Parole de Dieu et l’assurance que nous tirons de sa certitude. The New Geneva Study Bible p.1871.
Les deux premiers : The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.87
Jean Chrysostome, dans son Commentaire sur les Éphésiens, consacre une homélie entière (la 23e) à ce seul verset. Il s’attache principalement au premier aspect, celui de notre vie véridique et sainte. Mais à la p.164, il demande également comment nous pouvons ceindre nos reins de la vérité, et dit métaphoriquement : « celui qui recherche la doctrine de la vérité ne tombera jamais à terre ».
Les trois : Le Believer’s Bible Commentary p.1952 déclare : « Certes, nous devons être fidèles à retenir la vérité de la Parole de Dieu, mais il faut aussi que la vérité nous retienne. Nous devons l’appliquer à notre vie quotidienne. À mesure que nous éprouvons tout par la vérité, nous trouvons force et protection dans le combat. »
En résumé : nous devons être ceints de tous les aspects de la vérité : nous devons non seulement croire la source de la vérité, Dieu, mais la laisser prendre racine dans nos vies pour nous transformer, et ainsi être capables de discerner ce qui est vrai et ce qui est faux dans ce monde.
Q: En Éph 6.15, comment notre empressement vient-il de l’Évangile de paix ?
R: L’empressement peut venir de l’étude de la Parole de Dieu, de l’apprentissage et de la communion avec d’autres croyants, mais ce n’est pas ce qui est mentionné ici. Cet empressement naît de notre espérance et de notre joie devant la bonne nouvelle, pour nous et pour tous ceux qui croiront.
Q: En Éph 6.16, pourquoi avons-nous besoin d’un bouclier en plus du reste de l’armure ?
R: Il est bon d’avoir une protection en couches successives. Si l’ennemi franchit une couche, il en reste une seconde. Il ne peut franchir l’armure si le bouclier l’arrête. Un bouclier romain était généralement rectangulaire, d’environ 0,60 m sur 1,20 m, en métal recouvert de cuir. Il pesait peut-être 5,5 kg, voire jusqu’à 7 kg. Les soldats frappaient parfois l’ennemi avec leur bouclier pour lui faire perdre l’appui. Si vous avez déjà la ceinture de la vérité et la cuirasse de la justice, il vous faut encore éteindre les traits enflammés de Satan avec le bouclier de la foi. Hébreux 11 offre de nombreux et beaux exemples de foi. La NIV Study Bible p.1799 ajoute que les boucliers romains étaient métalliques mais recouverts de cuir. Le cuir pouvait être imbibé d’eau afin d’éteindre les traits enflammés (les flèches), bien que cela en augmentât le poids. L’historien grec Hérodote rapporte que les flèches étaient trempées dans la poix et enflammées. Pompée employa des flèches enflammées trempées dans le goudron lors d’une bataille navale contre Marc Antoine. Octave rapporte que Jules César utilisa des flèches enflammées à la bataille navale d’Actium. Nous ne savons nulle part que des flèches empoisonnées aient été employées.
Voir The Expositor’s Greek Testament vol.3 p.387 pour plus de précisions.
Q: En Éph 6.17, pourquoi, selon vous, l’épée est-elle mentionnée en dernier ?
R: Avant de sortir avec l’épée, il vous faut avoir mis en place votre défense.
Q: En Éph 6.19-20, comment Paul et nous-mêmes devons-nous être sans crainte ?
R: Les mots grecs traduits par « sans crainte », en parrhesia et parrhesiasomai, peuvent signifier « avec hardiesse ». Cela ne veut pas dire « les yeux fermés » ni sans mesurer les risques, mais plutôt que, malgré les risques que nous connaissons et ceux que nous ignorons, nous faisons néanmoins la volonté de Dieu.
Q: En Éph 6.19, que nous apprend ce verset sur la conception catholique romaine du « trésor des grâces » ?
R: Le trésor des grâces est une idée catholique romaine selon laquelle les saints, et tout particulièrement Marie la mère de Jésus, disposeraient d’une grâce surabondante qu’ils pourraient dispenser à ceux qui les prient. Or, en Éphésiens 6.19, loin de dispenser à autrui une grâce surabondante, Paul demande que l’on prie Dieu de le fortifier, lui. Il est également intéressant de noter que Paul est emprisonné (probablement en résidence surveillée) lorsqu’il écrit l’épître aux Éphésiens. Sa prière principale ne porte ni sur une libération anticipée ni sur sa sécurité, mais il tient pour son plus grand besoin celui de parler avec hardiesse.
Voir le Believer’s Bible Commentary p.1953 pour plus de précisions.
Q: En Éph 6.20, qu’y a-t-il d’intéressant dans le mot « chaînes » ?
R: Il s’agit d’un double sens. Les gens fortunés, y compris les femmes et les ambassadeurs, portaient de petites chaînes d’or ornementales ; nous les appellerions des colliers et des bracelets. Le même mot peut désigner aussi les chaînes d’un prisonnier. Là où les Romains verraient des chaînes de prisonnier, Paul songeait peut-être à des chaînes ornementales, visibles au ciel.
Voir The Message of Ephesians de John R.W. Stott p.286-287 pour plus de précisions.
Q: En Éph 6.21-24, pourquoi ce passage présente-t-il un parallèle si étroit avec Col 4.7-8 ?
R: Paul écrivit les deux lettres presque en même temps, et Tychique en fut probablement le porteur auprès de leurs Églises respectives. Paul était sans doute pressé d’achever avant le départ de Tychique. Si un auteur postérieur avait forgé l’épître aux Éphésiens et/ou aux Colossiens sous le nom de Paul, il aurait pris soin de ne pas les rendre si proches, comme l’indique The Expositor’s Bible Commentary vol.11 p.91.
Q: En Éph 6.21, Col 4.7, 2 Tm 4.12, Tt 3.12 et Ac 20.4, comment prononce-t-on Tychique ?
R: La Concordance de Strong prononce ce nom (5190) too-khee-KOS. Le nom vient du mot grec signifiant « fortuné ». Cependant, la Concordance de Cruden le prononce TIK-i-kus. Tychique est probablement celui qui porta la lettre aux Éphésiens.
Q: Quelles sont les similitudes entre l’épître aux Éphésiens et les autres lettres de Paul ?
R: Voici quelques similitudes et différences avec les autres lettres de Paul. À des fins de vérification, nous comparerons également ces livres avec Jacques, 1 et 2 Pierre, 1 – 3 Jean et Jude, lettres dont on sait qu’elles ne furent pas écrites par Paul.
Voici quelques-unes des similitudes avec l’épître aux Éphésiens
Paul, apôtre par la volonté de Dieu 1 Co 1.1 ; 2 Co 1.1 ; Éph 1.1 ; Col 1.1 ; 2 Tm 1.1 ; ~1 Tm 1.1 (par ordre de Dieu)
« Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu * Père et de * Seigneur Jésus-Christ » Rm 1.7 ; 1 Co 1.3 ; 2 Co 1.2 ; Ga 1.3 ; Éph 1.2 ; Ph 1.2 ; 2 Th 1.2 ; Phm 3 ; ~1 Tm 1.2 « Que la grâce, la miséricorde et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Seigneur » ; 2 Tm 1.2 « Que la grâce, la miséricorde et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Seigneur ! » ; Tt 1.4 « Que la grâce et la paix te soient données de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ notre Sauveur ! » ; 2 Jn 3 « Que la grâce, la miséricorde et la paix soient avec nous de la part de Dieu le Père et de la part de Jésus-Christ, le Fils du Père… »
Toute bénédiction spirituelle 1 Co 1.5 « enrichis en toutes choses » ; Éph 1.3 ; Phm 6
Sans cesse en prière pour vous Rm 1.8 ; 1 Co 1.4 ; Éph 1.16 ; 1 Th 1.2 ; 2 Tm 1.3 ; ~Phm 4 « faisant mention de toi dans mes prières »
Rendre grâces à Dieu à leur sujet Rm 1.8 ; Éph 1.16
Insistance sur l’unité de l’Esprit 1 Co 12.13 ; Éph 4.3-5
Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ 2 Co 1.3 ; Éph 1.3 ; 1 P 1.3
Voici quelques différences avec l’épître aux Éphésiens
Paul et « Timothée notre frère » 2 Co 1.1 ; Col 1.1 ; Phm 1
Rendant toujours grâces à Dieu à leur sujet 1 Co 1.4 ; Ph 1.3 ; Col 1.3 ; 1 Th 1.2 ; 2 Th 1.3 ; 2 Tm 1.3 ; Phm 4
Foi commune Tt 1.4
(liste incomplète)
Q: Dans l’épître aux Éphésiens, Paul a-t-il écrit cette lettre ?
R: Tous s’accordaient à reconnaître que Paul avait écrit l’épître aux Éphésiens jusqu’à ce que le père du libéralisme chrétien, Friedrich Schleiermacher (1768-1834), le niât. On prétend qu’elle diffère par ses longues phrases, ses termes uniques et ses similitudes avec l’épître aux Colossiens, dont ces auteurs nient également l’origine paulinienne. L’épître aux Éphésiens compte 39 (ou 42) mots uniques absents des livres qu’ils reconnaissent comme pauliniens. Cependant, l’épître aux Romains en compte 100, 1 Corinthiens 180, 2 Corinthiens 95, Galates 33 et Philippiens 41. Voir The Expositor’s Greek Testament vol.3 p.221-222 pour plus de précisions.
Q: Dans l’épître aux Éphésiens, quelles preuves avons-nous que ce livre doive figurer dans la Bible ?
R: Il y a au moins quatre bonnes raisons.
1. Paul l’a écrite, et il était apôtre. Pierre a attesté que les paroles de Paul étaient Écriture en 2 Pierre 3.15-16.
2. Paul lui-même a déclaré être apôtre en 1 Timothée 1.1 ; 2.7 ; Romains 1.1 ; 1 Corinthiens 1.1 ; 9.1 ; 2 Corinthiens 1.1 ; 11.5 ; Galates 1.1 ; Éphésiens 1.1 ; Colossiens 1.1 ; 1 Timothée 1.1 ; 2 Timothée 1.1 ; Tite 1.1.
3. Citations et références chez les auteurs chrétiens anciens
La Lettre d’Ignace aux Éphésiens (110-117 apr. J.-C.) ch.1 cite Éphésiens 5.2, et il dit au ch.12 que Paul fait mention des Éphésiens dans sa lettre. La Lettre d’Ignace à Polycarpe ch.5 cite Éphésiens 5.25.
L’Épître de Polycarpe aux Philippiens (évêque de 100 à 155 apr. J.-C.) cite Éphésiens 2.8-9 et 4.26, ainsi qu’un certain nombre d’autres versets, sans en indiquer la source, si ce n’est pour dire que les citations du Psaume 4.5 et d’Éphésiens 4.26 sont « déclarées dans ces Écritures ».
Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) en de nombreux endroits. À un endroit, il cite Éphésiens 5.30 comme étant de Paul dans sa lettre aux Éphésiens, dans Irénée, Contre les hérésies, livre 5, ch.2.2, p.528.
De l’hérétique Marcion (avant 170 apr. J.-C.), nous possédons, selon Tertullien et Épiphane, ses citations d’Éphésiens 1.1,18 ; 3.9 ; 4.6 ; 5.14 ; 6.1,12,19.
La Passion des martyrs scillitains (180-202 apr. J.-C.) mentionne que les chrétiens possédaient les écrits de Paul, sans préciser lesquels.
Le Canon de Muratori (190-217 apr. J.-C.) mentionne que Paul écrivit à sept Églises dans ses épîtres : les Corinthiens (2 lettres), les Éphésiens, les Philippiens, les Colossiens, les Galates, les Thessaloniciens (2 lettres), les Romains. Paul écrivit à Philémon, à Tite, et deux lettres à Timothée.
Clément d’Alexandrie (193-217/220 apr. J.-C.) mentionne l’apôtre écrivant aux Éphésiens et cite Éphésiens 4.13-15. Le Pédagogue, livre 1, ch.5, p.213.
Tertullien écrivit en 207 apr. J.-C. qu’elle était de l’apôtre Paul, dans De la résurrection de la chair, ch.40. Tertullien affirma que Paul avait écrit aux Éphésiens dans Contre Marcion, livre 14, chapitre 5 (207 apr. J.-C.). C’était un livre « qui nous vient des apôtres, et qui a été conservé comme un dépôt sacré dans les Églises apostoliques ».
Théodote (probablement montaniste) (v.240 apr. J.-C.) fait allusion à l’épître aux Éphésiens. Extraits des Écritures prophétiques, ch.20, p.45.
Les gnostiques naassènes (avant 235/236 apr. J.-C.), selon Hippolyte, renvoient à Éphésiens 5.14 dans la Réfutation de toutes les hérésies, livre 5, ch.2, p.51.
Hippolyte (222-235/236 apr. J.-C.) cite Éphésiens 5.14 comme Écriture dans la Réfutation de toutes les hérésies, livre 5, ch.2, p.51.
Origène (225-253/254 apr. J.-C.) cite Éphésiens 6.12 comme étant de Paul aux Éphésiens. Des Principes, livre 3, ch.4, p.332.
Novatien (250/254-257 apr. J.-C.) cite Éphésiens 4.10 en disant qu’il est de Paul, dans le Traité sur la Trinité, ch.17, p.627.
Le Traité contre Novatien (254-256 apr. J.-C.), ch.17, p.663, cite Éphésiens 5.6,7 comme étant de l’Apôtre.
Cyprien, évêque de Carthage (v.246-258 apr. J.-C.). Il cite « l’épître de Paul aux Éphésiens » dans le Traité 12, troisième livre, 7,70,72,117.
Firmilien de Césarée à Cyprien (256 apr. J.-C.) cite Éphésiens 4.5-6 dans les Lettres de Cyprien, lettre 74, ch.24, p.396.
Au septième concile de Carthage (258 apr. J.-C.), p.571, Victor d’Assure paraphrase Éphésiens 4.5 par « il est écrit ».
Grégoire le Thaumaturge (240-265 apr. J.-C.) paraphrase Éphésiens 5.5-13 en disant « l’Écriture dit », dans l’Épître canonique, ch.2, p.18.
Adamantius (= Adamantius Judaeus) (v.300 apr. J.-C.) cite Éphésiens 2.11-13 comme étant de l’apôtre aux Éphésiens. Dialogue sur la vraie foi en Dieu, seconde partie, p.99. Il renvoie également à Éphésiens 1.5 comme étant de l’Apôtre, ainsi qu’à Éphésiens 1.6-7 et 2.17-18.
Victorin de Poetovio, en Autriche (martyrisé en 304 apr. J.-C.), énumère les lettres de Paul : Romains, Corinthiens, Galates, Éphésiens, Thessaloniciens, Philippiens, Colossiens, Timothée.
Pierre d’Alexandrie (306, 285-311 apr. J.-C.) cite Éphésiens 2.8-9 comme étant de l’apôtre, dans le Fragment 2 sur la Divinité, p.280.
Méthode (270-311/312 apr. J.-C.) cite Éphésiens 5.28-30 comme étant de Paul. Le Banquet des dix vierges, discours 3, ch.2, p.317.
Athanase d’Alexandrie (318 apr. J.-C., avant Nicée) cite Éphésiens 3.18 comme étant de Paul. L’Incarnation du Verbe, ch.16, p.45.
Lactance (v.303-v.325 apr. J.-C.) cite la moitié d’Éphésiens 4.26 : « Dieu nous a enjoint de ne pas laisser le soleil se coucher sur notre colère. » Les Institutions divines, livre 6, ch.18, p.185.
Eusèbe de Césarée (318-325 apr. J.-C.) cite Éphésiens 6.12 comme « sainte Écriture ». Préparation évangélique, ch.16, p.22.
L’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe (323-326 apr. J.-C.), livre 3, ch.3, p.134 (implicitement). Il dit : « Les quatorze épîtres de Paul sont bien connues et incontestées. » Puis il précise que certains contestent que Paul ait écrit l’épître aux Hébreux. Il dit également, au livre 3, ch.25, p.155, que les lettres de Paul sont Écriture. Nicene and Post-Nicene Fathers, seconde série, vol.1, p.155.
Après Nicée
Eustathe (323-337 apr. J.-C.)
Astérius le Sophiste (après 341 apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 6.12
Aphraate le Syrien (337-345 apr. J.-C.), Démonstrations choisies
Hégémonius (IVe siècle) cite la moitié d’Éphésiens 3.8 comme étant de Paul, dans la Dispute avec Manès, ch.34, p.207.
Ammon (IVe siècle apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 6.12
Réponse de Marius à Candide l’arien (359-362 apr. J.-C.)
Victorinus de Rome (après 363 apr. J.-C.)
Basile de Cappadoce (= Basile d’Ancyre) (357-378/379 apr. J.-C.) cite Éphésiens 4.15,16 en désignant les « Éphésiens ». Sur le Saint-Esprit, ch.5.9, p.61. Basile cite également Éphésiens 3.9 comme étant de Paul. Sur le Saint-Esprit, ch.11, p.7.
Athanase d’Alexandrie (367 apr. J.-C.) énumère les livres du Nouveau Testament dans la Lettre festale 39, p.552.
Hilaire de Poitiers (355-367/368 apr. J.-C.)
Synopsis Scripturae Sacrae (350-370 apr. J.-C. ou Ve siècle) mentionne la Lettre de Paul aux Éphésiens comme faisant partie du Nouveau Testament. Elle cite l’intégralité d’Éphésiens 1.1.
Le schismatique Lucifer de Cagliari (370/371 apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 4.9 ; 5.9 ; 5.15
Marcel d’Ancyre (v.374 apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 4.6
Tite de Bostra (avant 378 apr. J.-C.)
Éphrem le Syrien, hymnographe (350-378 apr. J.-C.)
Basile de Cappadoce (357-378 apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 4.32
Le synode de Laodicée (en Phrygie) (343-381 apr. J.-C.), canon 60, p.159, énumère les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament. Le canon 59, p.158, dispose que seuls les livres canoniques de l’Ancien et du Nouveau Testament peuvent être lus à l’église.
Ambrosiaster (après 384 apr. J.-C.)
Cyrille de Jérusalem (v.349-386 apr. J.-C.) cite Éphésiens 2.10 comme étant de l’Apôtre, dans la Catéchèse 2.1, p.8.
Ambroise de Milan (370-390 apr. J.-C.)
Grégoire de Nazianze (330-391 apr. J.-C.)
Grégoire d’Elvire (après 392 apr. J.-C.)
Grégoire de Nysse (v.356-397 apr. J.-C.) fait allusion à Éphésiens 3.18 en évoquant « Paul … le peuple d’Éphèse ». Voir également le Grand Discours catéchétique, ch.32, p.150.
Jean Chrysostome, en 396 apr. J.-C., rédigea 23 homélies sur l’épître aux Éphésiens, que nous possédons encore aujourd’hui. Il affirmait qu’elle était de Paul.
Didyme (398 apr. J.-C.)
Le schismatique Lucifer de Cagliari, en Sardaigne (361-v.399 apr. J.-C.), renvoie à Éphésiens 5.9,15
Épiphane de Salamine (360-403 apr. J.-C.)
Rufin (374-406 apr. J.-C.)
Sévérien (après 408 apr. J.-C.)
Orose/Hosius de Braga (414-418 apr. J.-C.) cite la moitié d’Éphésiens 4.7 comme étant de l’apôtre. Défense contre les pélagiens, ch.17, p.137.
Jérôme (373-420 apr. J.-C.)
Concile de Carthage (218 évêques) (393-419 apr. J.-C.)
Chromace d’Aquilée (mort en 407 apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 4.29
Nil (v.430 apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 4.32
Macaire/Syméon (IVe ou Ve siècle)
Maximin (IVe-Ve siècle apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 4.6
Augustin d’Hippone (388-28/08/430 apr. J.-C.) dit que Paul (De la rémission des péchés et du baptême), livre 1, ch.43, p.31 (vol.5), a écrit les livres des Romains, 1 Corinthiens et 2 Corinthiens (ch.44, p.32), Galates (ch.45, p.32), Éphésiens (ch.46, p.33), Colossiens (ch.47, p.33), 1 Timothée et 2 Timothée (ch.48, p.33), Tite (ch.49, p.33), l’Épître aux Hébreux (mise en doute par certains) (ch.50, p.34), Jean citant Apocalypse 5.9 (ch.51, p.34), les Actes des Apôtres (ch.52, p.34).
Jean Cassien (410-430 apr. J.-C.) cite Éphésiens 4.28 comme provenant de l’Épître aux Éphésiens, dans les Institutions de Jean Cassien, livre 10.17, p.272.
Marc l’Ermite (après 430 apr. J.-C.)
Cyrille d’Alexandrie (444 apr. J.-C.)
Théodote d’Ancyre (Ve siècle apr. J.-C.)
Hésychius de Jérusalem (-450 apr. J.-C.) (prononcé HESS-us) renvoie à Éphésiens 5.19 ; 6.12
Hésychius de Jérusalem (après 450 apr. J.-C.)
Quodvultdeus (v.453 apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 5.14
Théodoret de Cyr (v.466 apr. J.-C.)
Varimadum (445/480 apr. J.-C.)
Speculum (Ve siècle) renvoie à Éphésiens 4.19 ; 5.2
Théodote d’Ancyre (Ve siècle apr. J.-C.)
Proclus (412-485 apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 4.32
Témoignages d’hérétiques et de livres apocryphes
L’hérétique Marcion, selon Tertullien et Épiphane de Salamine
Les naassènes renvoyaient à Éphésiens 5.12, selon Hippolyte
L’Exégèse de l’âme (gnostique) cite l’épître aux Éphésiens comme étant de Paul.
L’hérétique Priscillien (mis à mort en 385 apr. J.-C.) renvoie à Éphésiens 6.12
L’hérétique Pélage (416-418 apr. J.-C.)
L’hérétique pélagien Théodore de Mopsueste (428 apr. J.-C.)
Une partie de ces données provient d’Aland et al., quatrième édition révisée, d’Adamantius : Dialogue sur la vraie foi en Dieu, et de The Books of Steps : The Syriac Liber Graduum.
Q: Dans l’épître aux Éphésiens, comment savons-nous que l’Écriture d’aujourd’hui préserve fidèlement ce qui fut écrit à l’origine ?
R: Au moins 74 manuscrits et auteurs de l’Église ancienne ont cité des versets de l’épître aux Éphésiens ou y ont fait référence. Nous avons au moins trois bonnes raisons.
1. Dieu a promis de préserver sa parole en Ésaïe 55.10-11 ; Ésaïe 59.21 ; Ésaïe 40.6-8 ; 1 Pierre 1.24-25 ; Matthieu 24.35.
2. Le témoignage de l’Église ancienne. Les auteurs de l’Église ancienne, jusqu’au premier concile de Nicée (325 apr. J.-C.), ont cité l’épître aux Éphésiens environ 208 fois, sans compter les allusions. Ils ont cité 66 % du livre des Éphésiens, en comptant les versets fractionnaires comme des fractions. Cela représente 102,85 versets sur un total de 155.
Voir la question précédente pour quelques-uns des auteurs ayant renvoyé à des versets de l’épître aux Éphésiens.
3. Les plus anciens manuscrits que nous possédons de l’épître aux Éphésiens présentent de petites incertitudes textuelles, mais aucune erreur théologiquement significative.
p46 Chester Beatty II, 100-150 apr. J.-C., contient 150 versets de l’épître aux Éphésiens. Il contient précisément Éphésiens 1.1-2.7 ; 2.10-5.6 ; 5.8-6.6 ; 6.8-18,20-24, ainsi que d’autres parties des lettres de Paul et de l’épître aux Hébreux. Une photographie de la première page des Éphésiens figure dans A General Introduction to the Bible p.389, le Wycliffe Bible Dictionary p.532 et l’Eerdmans’ Bible Dictionary p.340. The Complete Text of the Earliest New Testament Manuscripts contient une photographie d’une partie de p46 à la p.192. Il indique également, p.197-198, que la qualité et les marques stichométriques montrent qu’un scribe professionnel l’a copié.
Première moitié du IIIe siècle – 1936 – Frederic G. Kenyon, selon The Complete Text of the Earliest New Testament Manuscripts.
IIe siècle, 200 apr. J.-C. – 1935 – Ulrich Wilken, selon The Complete Text of the Earliest New Testament Manuscripts.
200 apr. J.-C. – 1968 – The Text of the New Testament.
81-96 apr. J.-C. – 1988 – Young Kyu Kim, selon The Complete Text of the Earliest New Testament Manuscripts.
Environ 200 apr. J.-C. – 1975 – Aland et al., troisième édition.
Environ 200 apr. J.-C. – 1998 – Aland et al., quatrième édition révisée.
Début à milieu du IIe siècle – 1999 – The Complete Text of the Earliest New Testament Manuscripts. Cela repose en partie sur le fait que l’écriture est très semblable à celle du Papyrus Oxyrhynchus 8 (fin du Ier ou début du IIe siècle) et du Papyrus Oxyrhynchus 2337 (fin du Ier siècle).
p49 + p64 (milieu du IIIe siècle) Éphésiens 4.16-29 ; 4.31-5.13. The Complete Text of the Earliest New Testament Manuscripts contient une photographie d’une partie de p49 à la p.346. Il indique également que p49 et p65 furent copiés par le même scribe.
Fin du IIIe siècle – 1968 – The Text of the New Testament.
p92 Éphésiens 1.11-13,19-21 ; 2 Thessaloniciens 1.4-5,11-12 (v. 300 apr. J.-C.). The Complete Text of the Earliest New Testament Manuscripts contient une photographie d’une partie de p92 à la p.614. Il indique également que ce manuscrit est daté de la fin du IIIe ou du début du IVe siècle, l’écriture étant fort semblable à celle du P. Bodmer IX, du P. Cairo Isid. 2 et du P. Rylands III 389.
Vaticanus [B] 325-350 apr. J.-C.
Sinaiticus [Si] 340-350 apr. J.-C.
I (Washington D.C.) Ve siècle : Éph 3.20 ; 4.9,29 ; 5.22 ; 6.12 ; 6.19-20, entre autres ?
Copte bohaïrique [Boh] IIIe/IVe siècle
Copte sahidique [Sah] IIIe/IVe siècle
Copte fayoumique [Fay] IIIe/IVe siècle
Alexandrinus [A] v.450 apr. J.-C.
Claromontanus Ve/VIe siècle
Arménien [Arm] à partir du Ve siècle
Géorgien [Geo] à partir du Ve siècle
Éthiopien [Eth] à partir de v.500 apr. J.-C.
Vulgate latine [Vg] IVe et Ve siècles
Peshitta syriaque [Syr P] 400-450 apr. J.-C.
p13 Londres/Florence IIIe/IVe siècle
Syriaque philoxénienne [Syr Ph] 507/508 apr. J.-C.
Voir www.BibleQuery.org/Ephesians Manuscripts.html pour plus de précisions sur les manuscrits anciens de l’épître aux Éphésiens.
par Steven M. Morrison, docteur ès sciences (PhD).