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Qu'en est-il du calvinisme ?


   Les calvinistes ont-ils « tort » ? Les chrétiens authentiques qui sont calvinistes ont raison sur un très grand nombre de points, car ils tiennent les mêmes vérités essentielles de l'Évangile que les chrétiens authentiques qui ne sont pas calvinistes. Certes, certains calvinistes semblent parler du calvinisme plus que du Christ, et la théologie paraît chez eux plus importante qu'une relation avec le Christ ; mais il ne s'agit que de certains calvinistes. Tous les calvinistes ne sont pas ainsi, et le calvinisme n'exige nullement qu'on le soit.


   Néanmoins, à mon sens, il existe cinq erreurs principales que l'on rencontre couramment dans le calvinisme. Tout calviniste n'enseigne pas chacune de ces erreurs, mais si une personne n'en professe aucune, je ne vois pas comment elle pourrait être calviniste.


Ces erreurs peuvent être représentées par l'acronyme : THORN.

 

¬  Tout contrôler — la souveraineté de Dieu mal définie

 

¬  Humains tenus pour coupables de la faute d'Adam

 

¬  On ne retient que la grâce : la foi ne serait qu'une œuvre de plus

 

¬  Responsabilité de répondre sans capacité de répondre

 

¬  Ni Sauveur, ni offre, ni justice, ni amour pour tous


   Le présent ouvrage constitue une réfutation inachevée de ces points. L'ÉPINE (THORN) du calvinisme est erronée, tant au regard de l'Écriture qu'au regard de la cohérence logique. On trouvera ci-après une table des matières de l'ensemble des cinq autres points du calvinisme.



Table des matières


Les cinq autres points du calvinisme — THORN   1             

 

Tout contrôler — la souveraineté de Dieu mal définie   3                 

 

Humains tenus pour coupables de la faute d'Adam 13                              

 

On ne retient que la grâce — la foi n'est-elle qu'une œuvre de plus ? 25                           

 

Responsabilité sans capacité de répondre 27                      

 

Nulle possibilité de salut 36                                

 

Calvinisme modéré — Pink et Gill sont-ils vraiment calvinistes ? 45   

 

Qu'est-ce qui distingue un calviniste d'un arminien ? 48                    



Cinq autres points du calvinisme — THORN


   Paul avait une écharde dans la chair, selon 2 Corinthiens 12:7. Nous ignorons ce dont il s'agissait, mais nous ne souhaitons pas être une écharde pour nos frères et sœurs dans le Christ. Il faut cependant signaler à ceux que l'on aime l'ÉPINE (THORN) qui se trouve dans leur doctrine, afin qu'ils puissent l'ôter. On pourrait soutenir que l'arminianisme extrême est pire que le calvinisme extrême, mais le fait de ne pas croire à une erreur ne justifie pas qu'on en adopte une autre. L'arminianisme extrême a sa propre ÉPINE ; le présent exposé traite toutefois de celle du calvinisme.


Qu'ont donc en commun les affirmations suivantes ?


« Jésus aime les petits enfants, tous les enfants du monde »

 

« Jésus m'aime, je le sais, car la Bible me le dit »

 

 « Mais les pharisiens et les docteurs de la loi ont rejeté le dessein de Dieu à leur égard, … » Luc 7:30.

 

« [Dieu] use de patience envers vous, ne voulant qu'aucun périsse, mais que tous parviennent à la repentance. » 2 Pierre 3:9

 

« Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus-Christ, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous — le témoignage rendu en son propre temps. » 1 Timothée 2:3-6


— Les calvinistes, ou bien nient ces affirmations, ou bien en donnent des interprétations inédites.


Qui sont les véritables calvinistes ?


   Qu'est-ce qu'un calviniste ? On m'a dit [à tort] que les calvinistes étaient nécessairement des sectaires. On m'a dit que tous les baptistes étaient calvinistes, parce qu'ils croient qu'une fois sauvé l'on est sauvé pour toujours. Les hyper-calvinistes ne sont pas calvinistes. Les hyper-calvinistes sont calvinistes. Qu'est-ce donc qui fait d'un véritable chrétien un calviniste ?


   Les calvinistes eux-mêmes décrivent souvent le calvinisme au moyen de l'expression qui leur est propre : les « doctrines de la grâce ». Sont notablement absents de ces doctrines la compassion de Dieu envers tous, l'importance de prêcher la grâce de Dieu à tous, et un appel sincère adressé à tous à obéir à l'Évangile. Puisqu'un hyper-calviniste ou un calviniste peut adhérer pleinement aux « doctrines de la grâce » tout en niant ces réalités, les « doctrines » calvinistes constituent une description fort incomplète de la grâce de Dieu.


Les doctrines calvinistes de la grâce sont souvent présentées sous forme d'acronyme.

 

          Totale dépravation (ou, selon certains calvinistes, incapacité totale)

 

          Un pardon illimité

 

          L'expiation limitée (certains préfèrent parler d'expiation définitive)

 

          Irrésistible volonté (volonté secrète irrésistible, pour certains)

 

          Persévérance des saints

 

  Tous les calvinistes (y compris les hyper-calvinistes) souscrivent à ces cinq points. Bien des non-calvinistes sont ce que l'on appelle des calvinistes à trois, quatre ou quatre points et demi : ils acceptent la plupart des termes, encore que les définitions diffèrent. Mais si le TULIP ne fait pas apparaître ce qui est propre au calvinisme, où résident donc ses traits distinctifs ?


Cinq erreurs capitales


   Tous les calvinistes ne retiennent pas les cinq points dans leur théologie, mais l'adhésion à ces enseignements particuliers, ou du moins le consentement qu'on leur accorde, constitue une « ligne de partage nette » entre les calvinistes et les autres chrétiens.

 

¬  Tout contrôler — la souveraineté de Dieu mal définie

 

¬  Humains tenus pour coupables de la faute d'Adam

 

¬  On ne retient que la grâce : la foi ne serait qu'une œuvre de plus :

 

¬  Responsabilité sans capacité de répondre

 

¬  Ni Sauveur, ni offre, ni justice, ni amour pour tous


   Nous allons maintenant expliquer brièvement chacune de ces épines et montrer en quoi elles sont erronées. Les démonstrations détaillées et les citations figurent dans les sections suivantes.


¬ Tout contrôler — la souveraineté de Dieu mal définie


   Les croyants calvinistes affirment que Dieu doit régir, par son décret, chaque action, chaque événement, chaque pensée, jusqu'au dernier atome. Ils fondent cette thèse principalement sur leur logique (Dieu ne serait pas Dieu autrement), sur Éphésiens 1:11 et sur Proverbes 16:4,33. On en aperçoit les conséquences logiques : Dieu est l'auteur du péché, le calvinisme est un fatalisme, et Dieu agit contre lui-même. Les calvinistes nient toutefois ces conséquences.


   Tous s'accordent à dire que, si Dieu permet le péché, il ne tente personne : Dieu n'est pas la cause immédiate du péché. Les calvinistes nient, sans relâche, que Dieu soit l'auteur du péché. En réalité, ils tiennent Dieu pour la cause ultime du péché, puisqu'ils font de lui celui qui décrète, gouverne, veut et détermine chaque péché. (A.W. Pink p.101, 251-252 ; Loraine Boettner p.240).


   Tous s'accordent à dire qu'un fatalisme impersonnel est faux. Les calvinistes nient, sans relâche, que le calvinisme soit un fatalisme. Or, puisque les calvinistes eux-mêmes reconnaissent que l'islam enseigne que Dieu ordonne un fatalisme personnel, ils s'exposent au même reproche. Comme le disait l'un d'eux : « ou bien vous êtes un automate de Dieu, ou bien un automate de Satan. »


   Tous s'accordent à dire que Dieu n'est pas divisé. Les calvinistes devraient donc nier que Dieu agisse à l'encontre de ses propres desseins. Si des hommes déplaisent à Dieu, attirent sur eux sa colère et résistent avec succès à sa volonté révélée, parce que Dieu a souverainement voulu, dans sa volonté secrète, qu'il en fût ainsi, comment dire alors que Dieu ne consent pas à ce qu'il décrète ?

 

Une autre voie : Dieu agit de manière interactive. Rien n'advient au-delà de ce que Dieu permet, et Dieu contrôle directement tout ce qu'il choisit de contrôler. Il a choisi de ne pas régir directement certaines choses, mais il les permet dans certaines limites. Dieu permet même que des choses qui ne sont pas nées de sa pensée (Jérémie 19:5 ; 32:35) adviennent en même temps que celles qu'il désire, telle une certaine mesure de liberté humaine. Dieu fait concourir toutes choses à son dessein ultime (Éphésiens 1:11).


¬ Humains tenus pour coupables de la faute d'Adam


   Les chrétiens croient que 1) tous méritent le châtiment de Dieu pour leurs propres péchés, 2) nous avons hérité d'Adam la mort, une nature pécheresse et des malédictions, et 3) nous souffrons bel et bien des actes d'autrui. Les calvinistes ne distinguent pas entre les malédictions de cette vie et la culpabilité devant Dieu. Ils estiment que le sens évident d'Ézéchiel 18 est trompeur, car il contredit leur interprétation de Romains 5:15-21.

 


   Les calvinistes se méprennent sur Romains 5:15-21 parce qu'ils ne voient pas que les actes pécheurs d'Adam ne nous rendent pas directement coupables d'une condamnation éternelle ; les actes d'Adam ont plutôt eu pour résultat que nous sommes coupables d'une condamnation éternelle.


   Si Romains 5 enseignait vraiment que les actes d'Adam nous ont rendus dignes de culpabilité, faudrait-il en conclure que les actes de Jésus nous rendent dignes de la justification ? — Non !


   À moins d'affirmer que les réprouvés sont châtiés plus sévèrement à cause des péchés d'Adam (et je ne pense pas que les calvinistes le soutiendraient), même en admettant qu'une culpabilité supplémentaire s'attache aux péchés d'Adam, celle-ci n'a aucun effet éternel, quand bien même la malédiction d'Adam a produit de graves effets temporels.

 

Une autre voie : Dieu agit de manière interactive. Tous n'ont pas les mêmes possibilités dans la vie, et nous héritons d'Adam sa nature, mais non sa culpabilité. Dieu nous juge cependant d'après ce que nous connaissons, et nous pouvons tous connaître quelque chose de Dieu, selon Romains 1:18-20. Romains 5:15-21 montre que le péché d'Adam a pour résultat la condamnation de tous, mais Ézéchiel 18 montre que nul ne partage la culpabilité de nos péchés, et que nous ne portons la culpabilité de personne d'autre.



¬ On ne retient que la grâce : la foi ne serait qu'une œuvre de plus


   Tous s'accordent à dire que les œuvres sont un fruit essentiel du salut, mais qu'aucune de nos œuvres ne saurait contribuer si peu que ce soit à nous sauver. Les calvinistes nient, sans relâche, enseigner que l'effort humain soit indifférent. Ni l'épître aux Romains ni le reste de la Bible n'opposent jamais la grâce et la foi ; c'est la grâce et les œuvres que la Bible oppose.


   Bien des calvinistes sont profondément attachés à l'un des mots d'ordre de la Réforme, « sola fide » (par la foi seule), et c'est une bonne chose. R.C. Sproul a écrit un excellent ouvrage à ce sujet. Toutefois, lorsque d'autres calvinistes soulignent que « nous n'avons aucune part à notre salut », notre foi n'aurait alors aucun rôle dans le fait d'être sauvé. Ils qualifient la foi de simple « bonne œuvre », comme le disait Loraine Boettner dans The Reformed Doctrine of Predestination p.365. Si certains calvinistes reculeraient devant une assimilation aussi grossière de la foi aux œuvres, ceux qui ne le font pas partagent avec les catholiques et les légalistes cette manière de placer la foi sur le même plan que les œuvres, et la sola fide devient non fide. Ceux qui ne soutiennent pas activement cet enseignement doivent expliquer clairement comment nous sommes sauvés par la grâce de Dieu au moyen de notre foi dans le Christ.


Une autre voie : Dieu agit de manière interactive. En Luc 7:50 : « Jésus dit à la femme : “Ta foi t'a sauvée ; va en paix.” » Or tous peuvent convenir que la foi n'est pas la cause ultime de notre salut : Dieu l'est. La foi n'en joue pas moins un rôle au titre de la cause immédiate.


¬ Responsabilité sans capacité de répondre


   Tous s'accordent à dire que Dieu n'est pas injuste (Hébreux 6:10). Les hommes peuvent certes se faire de la justice des idées singulières, mais Dieu est juste tel qu'il décrit lui-même sa justice dans l'Écriture. Un péché commis involontairement demeure un péché, mais il ne nous est pas imputé (Romains 4:15 ; 5:13).


   Les pharisiens ont rejeté le dessein de Dieu à leur égard, en Luc 7:30. Les réprouvés peuvent résister au Saint-Esprit, en Actes 7:51. Des collaborateurs peuvent recevoir en vain la grâce de Dieu, en 2 Corinthiens 6:1.


   Les calvinistes affirment souvent que si nous comprenions la justice divine, elle ne serait plus divine, ou quelque tautologie du même ordre. Or, il me semble que si nous pouvions comprendre la parole de Dieu en Ézéchiel 18, elle demeurerait la parole de Dieu, et que si nous pouvions comprendre ce que Dieu a révélé, cela demeurerait la révélation de Dieu.


Une autre voie : Dieu agit de manière interactive. S'il nous faut être maîtres de nous-mêmes (1 Pierre 5:8), alors, par la grâce de Dieu, nous avons la responsabilité et le devoir d'exercer une certaine maîtrise de nous-mêmes.


¬ Ni Sauveur, ni offre, ni justice, ni amour pour tous


   Les calvinistes ne s'accordent pas entre eux sur la question de savoir si l'Évangile doit être offert à tous, ni s'il convient d'inviter les hommes à croire en Jésus. Si le calvinisme rigoureux était équilibré et véridique, les damnés pourraient dire en enfer : « J'ai peut-être cru bien des erreurs, mais je n'ai pas cru au “mensonge” selon lequel Jésus m'aimait, était mort pour mes péchés et m'offrait quelque chance d'échapper aux flammes éternelles. Quant à la piété, j'ai du moins accompli tout ce que Dieu avait voulu que je fisse. »

 

   Mes amis, Dieu n'est nullement ainsi, et je crois que les calvinistes eux-mêmes en conviendraient. Jésus a pleuré sur Jérusalem, en Luc 19:41 ; et vous, pleurez-vous sur ceux qui se perdent ? En Actes 2:38, Pierre ordonna à « chacun d'entre eux » de se repentir et d'être baptisé. En 2 Thessaloniciens 2:8, Dieu châtiera ceux qui n'obéissent pas à l'Évangile de notre Seigneur. Si l'Évangile — recevoir le Christ comme Seigneur et Sauveur — n'est pas destiné à être obéi par eux, pour quelle désobéissance à l'Évangile sont-ils donc châtiés ?

 

   Nous convenons que l'unique Médiateur est Jésus. Mais les calvinistes enseignent qu'un grand nombre d'hommes n'ont aucun médiateur possible. En un sens, on ne saurait reprocher à certains catholiques et orthodoxes de vouloir que Marie intercède pour eux, puisque les calvinistes affirment que, pour beaucoup, Jésus ne le fera pas.


Une autre voie : Dieu agit de manière interactive. Dieu est hors du temps, et lui seul pouvait créer un univers qui comporte à la fois potentialité et certitude. En Romains 5:18, les mêmes « tous les hommes » qui ont été condamnés sont les mêmes « tous les hommes » à qui Jésus a apporté la vie. Jésus n'est pas mort seulement pour une partie du monde, selon 1 Jean 2:2 ; ou bien ce verset a induit en erreur tous les premiers chrétiens de langue grecque, ou bien Jésus est mort pour le monde entier. L'expiation du Christ comporte aussi un aspect particulier et défini, mais il faut placer les deux côte à côte, puisque Jésus « est le Sauveur de tous les hommes, et principalement de ceux qui croient » (1 Timothée 4:10).


Conclusion


   Un ami calviniste me dit souvent : « on ne peut pas pousser le calvinisme jusqu'à ses conclusions logiques. » Or, puisqu'il ne s'agit pas de « conclusions illogiques », mais bien de conclusions logiques, ce sont donc les prémisses qui doivent être erronées et incomplètes. Puissions-nous tous croître vers un amour plus entier et une compréhension véritable de sa passion.


   Le problème du calvinisme tient moins à ce qu'il affirme qu'à la vérité révélée qu'il nie. Le calvinisme a, chez certains du moins, étouffé la voix aimante et chercheuse de Dieu s'adressant à ceux qui entendent l'Évangile. Si un système théologique faisait paraître trompeur le sens évident de l'Écriture, choisiriez-vous d'abord le système, ou d'abord le sens ordinaire de l'Écriture ?



 

 On ne retient que la grâce — la foi n'est-elle qu'une œuvre de plus ?

Partie 1 sur 1


Lorsqu'on s'entretient avec des calvinistes de la grâce et de la foi, il vient généralement que si la foi entre pour quelque chose dans notre salut, nous serions alors sauvés, en partie, par notre propre œuvre, à savoir l'œuvre de la foi. Le présupposé est que la foi est une œuvre.

 

   Bien entendu, on peut tenir n'importe quoi pour n'importe quoi si l'on choisit soi-même ses définitions. La question à examiner ici est la suivante : selon les descriptions de la Bible, lorsqu'elle parle des œuvres, la foi est-elle jamais comptée comme une « œuvre » au sens où la Bible définit les œuvres ? Je n'ai jamais vu cette question traitée explicitement et en détail par un calviniste ou par un non-calviniste ; voici donc, je l'espère, un exposé équitable des deux positions, une conclusion, et un exemple des effets subtils que produisent des présupposés jamais interrogés et sans fondement.


   Je ne pense pas que tous les calvinistes enseignent cette erreur. Je ne suis pas sûr non plus que tous ceux qui l'enseignent y croient réellement ; peut-être se laissent-ils simplement emporter par la rhétorique calviniste. Il n'en demeure pas moins que c'est là une conséquence logique du calvinisme, et si vos présupposés vous conduisent à des conséquences logiques contraires à la Bible, il est peut-être temps de remettre ces présupposés en question.


Avons-nous quelque responsabilité dans notre salut ?


   Quelle part prenons-nous à notre propre salut ? La grâce de Dieu nous attire à lui, et nous n'avons, quant au salut, ni œuvres ni quoi que ce soit dont nous puissions nous glorifier. Mais notre foi joue-t-elle un rôle dans le fait que nous sommes sauvés ? Notre prière et notre invocation du Seigneur jouent-elles un rôle dans notre nouvelle naissance ? Les vrais calvinistes répondent non. Puisque le salut vient de Dieu à cent pour cent, nous n'avons aucun rôle dans notre salut.


   Permettez-moi de poser la question autrement. Avons-nous quelque responsabilité quant au fait d'être sauvés ? Les calvinistes, et même les hyper-calvinistes les plus proches de la limite, conviennent que Dieu ne porte pas toute la responsabilité : nous avons des responsabilités. Quelles pourraient bien être ces responsabilités ?


   Tandis que le pélagien dirait que nous portons une responsabilité partielle dans notre salut, les chrétiens classiques ne le diraient pas. Les chrétiens ordinaires et classiques diraient que nous n'avons pas la responsabilité de notre salut, mais que nous avons la responsabilité d'accepter par la foi notre salut. Les calvinistes ne sont pas de cet avis. Ils affirment que, la foi étant elle aussi un don, nous ne pouvons rien faire, ni pour nous-mêmes ni pour autrui, qui influe sur nous ou sur Dieu quant au fait d'être sauvés. Comme on l'a dit plus haut, les calvinistes conviennent que nous avons des responsabilités. Simplement, ils sont incapables de dire à quiconque, et même à eux-mêmes, quelles sont ces responsabilités.


Permettez-moi de poser la question une troisième fois. Sommes-nous a) sauvés par la grâce, au moyen de la foi, et non par les œuvres, ou bien b) sauvés par la grâce, sans la foi ni les œuvres, auquel cas Éphésiens 2:8 serait faux et ne devrait pas figurer dans votre Bible ?

 

   Avant de comprendre les conceptions justes et fausses du rôle de la foi dans notre régénération, il nous faut d'abord comprendre le rôle des œuvres.


Le rôle des œuvres


   La plupart des évangéliques, calvinistes ou non, s'accorderaient sur ce qui suit. Comme le montre Jacques 2, les œuvres constituent une part importante de notre régénération, c'est-à-dire du fait d'être nés de nouveau et sauvés. Comme le montre Éphésiens 2:8-10, les œuvres n'ont aucune part dans le fait d'être sauvés, et elles n'en ont pas davantage dans le fait de demeurer sauvés. Ce passage montre plutôt que les œuvres sont une part importante de notre condition de sauvés. Autrement dit, de même que le battement du cœur est le signe que quelqu'un est vivant, les œuvres sont le signe que nous sommes vivants dans l'Esprit. Comme le disait un chrétien indien : nous ne sommes pas sauvés par le service, nous sommes sauvés pour servir.


Ce que la Bible dit du rôle des œuvres


1 Thessaloniciens 1:3 « …votre œuvre produite par la foi, votre labeur suscité par l'amour, votre persévérance inspirée par l'espérance en notre Seigneur Jésus-Christ. »


Jacques 2:20 « la foi sans les œuvres est inutile »


Jacques 2:22 « sa foi fut rendue parfaite par ce qu'il fit. »


Jacques 2:24 « l'homme est justifié par ce qu'il fait, et non par la foi seulement. »


Jacques 2:26 « De même que le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les œuvres est morte. »



Le seul appui d'Augustin en faveur de la thèse selon laquelle la foi serait une œuvre est le verset : « L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. » (Forster et Marston p.266)




Ce que la Bible dit du rôle de la foi


Hébreux 4:2 « mais la parole qu'ils entendirent ne leur servit de rien, parce que ceux qui l'entendirent ne l'associèrent pas à la foi. »


Hébreux 11:1 « Or la foi est la ferme assurance des choses qu'on espère, la démonstration de celles qu'on ne voit pas. »


Hébreux 11:7 « Et sans la foi il est impossible de plaire à Dieu, car il faut que celui qui s'approche de lui croie qu'il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent avec ardeur. »


Hébreux 12:2 Jésus est celui qui mène notre foi à la perfection et à son achèvement


Galates 3:22 « …afin que ce qui avait été promis, donné par la foi en Jésus-Christ, fût accordé à ceux qui croient. »


2 Thessaloniciens 1:3 nous rendons grâce à Dieu à votre sujet, parce que votre foi et votre amour vont croissant.


Jacques 2:5 « Dieu n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres … pour qu'ils soient riches en foi ? »


Luc 7:50 « Jésus dit à la femme : “Ta foi t'a sauvée ; va en paix.” »


Galates 2:16 « sachant que l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi en Jésus-Christ, nous aussi nous avons cru en Jésus-Christ, afin d'être justifiés par la foi dans le Christ et non par les œuvres de la loi,… »


Tite 1:2 c'est sur l'espérance de la vie éternelle que repose notre foi.


1 Timothée 1:14 « La grâce de notre Seigneur a surabondé sur moi [Paul], avec la foi et l'amour qui sont en Jésus-Christ. » Ainsi la foi et l'amour ont été répandus sur Paul au même titre que la grâce.

 

 

L'importance du fait de recevoir


Colossiens 2:6 « Ainsi donc, comme vous avez reçu le Christ Jésus comme Seigneur, continuez à marcher en lui. » S'il faut de notre part une décision consciente d'obéissance pour obéir au commandement de continuer à marcher en lui, il a bien fallu de notre part une décision consciente d'obéissance pour recevoir Jésus.



Le rôle propre de la foi


   Loraine Boettner écrivait : « Il pourra sembler surprenant de découvrir que la doctrine de la prédestination ne fit l'objet d'une étude particulière que vers la fin du quatrième siècle. Les premiers Pères de l'Église plaçaient l'accent principal sur les bonnes œuvres, telles que la foi, la repentance, l'aumône, les prières, la réception du baptême, etc., comme fondement du salut. Ils enseignaient bien entendu que le salut venait par le Christ ; ils supposaient néanmoins que l'homme avait plein pouvoir d'accepter ou de rejeter l'Évangile. Certains de leurs écrits contiennent des passages où la souveraineté de Dieu est reconnue ; mais à côté de ceux-ci s'en trouvent d'autres qui enseignent la liberté absolue de la volonté humaine. » The Reformed Doctrine of Predestination p.365.


   Ayant étudié de manière approfondie l'histoire de l'Église ancienne, je souscrirais pour l'essentiel à ce jugement (mais non à plusieurs des propos qu'il tient immédiatement après). Les Pères n'ont pas enseigné explicitement une « liberté absolue », mais, cela mis à part, son affirmation est exacte. Sauf qu'elle comporte une faille rédhibitoire : il appelle la foi une bonne œuvre. Une partie négligée d'un passage célèbre, Éphésiens 2:8b-9, déclare : « par la foi — et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu — non par les œuvres ». Les catholiques assignent aux œuvres et à la foi le même rôle, et, hélas, certains calvinistes font de même !


   Boettner s'égare ensuite sur le plan historique en écrivant : « &&&


» The Reformed Doctrine of Predestination p.365.


Ignace (–107/116 apr. J.-C.) affirme que les chrétiens sont « prédestinés avant le commencement des temps … et élus par la véritable passion, selon la volonté du Père et de Jésus-Christ, notre Dieu. » Lettre d'Ignace aux Éphésiens préface p.49

 

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) « Mais lui [Dieu], en lui-même, d'une manière que nous ne saurions ni décrire ni concevoir, prédestinant toutes choses, les a formées comme il lui a plu, conférant l'harmonie à toutes choses, leur assignant leur place propre ainsi que le commencement de leur création. » Irénée, Contre les hérésies livre 2 ch.2.4 p.361

 

Clément d'Alexandrie (193-202 apr. J.-C.) cite Romains 8:30. Stromates livre 4 ch.7 p.417


Tertullien (198-220 apr. J.-C.) « Nous avons été prédestinés par Dieu, avant que le monde fût, pour paraître à l'extrême fin des temps. » De la toilette des femmes livre 2 ch.9 p.23


Tertullien (207/208 apr. J.-C.) « Chez le Créateur, cependant, les deux démarches étaient parfaitement compatibles — et la prédestination avant les siècles, et la révélation à leur terme —, parce que ce qu'il avait tout ensemble préordonné et révélé, il l'a également annoncé, dans l'intervalle du temps, par le ministère préalable des figures, des symboles et des allégories. » Cinq livres contre Marcion livre 5 ch.6 p.441. Il mentionne également le terme « préordonné » dans ibid. livre 5 ch.6 p.440.


Origène (225-254 apr. J.-C.) « et ils ne sont plus assujettis à aucune puissance mauvaise ; ou bien ils avaient été établis dès leur naissance, selon la prescience et la prédestination de Dieu, sur ceux que Dieu a également connus d'avance et prédestinés à être conformes à la gloire du Christ. » Commentaire sur Matthieu livre 13 no.27 p.491


Novatien (250/4-256/7 apr. J.-C.) mentionne la prédestination du Christ et de ceux qui sont destinés à la gloire. Des aliments juifs ch.6 p.649


Méthode (v.260-312 apr. J.-C.) « Mais lorsque les fleuves cesseront de couler et de se déverser dans le réservoir de la mer, que la lumière sera parfaitement séparée des ténèbres — car la séparation se poursuit encore —, que la terre ferme cessera désormais de produire ses fruits avec les reptiles et les quadrupèdes, et que le nombre prédestiné des hommes sera accompli, alors les hommes s'abstiendront désormais d'engendrer des enfants. » Le Banquet des dix vierges discours 2 ch.1 p.313



Nier le salut par la foi seule frappe la Réforme au cœur


   Cette erreur, qui accorde à la foi presque la même place qu'aux œuvres dans le christianisme, est fort grave : elle sape l'un des points capitaux de la Réforme, à savoir par la grâce seule, PAR LA FOI SEULE, dans le Christ seul. Heureusement, seule une minorité de calvinistes soutient cette erreur. De fait, l'ouvrage de R.C. Sproul By Faith Alone en offre de nombreuses réfutations limpides. Je crois cependant que bien des auteurs calvinistes ne mesurent pas la gravité du problème que pose une minorité d'entre eux.




   Certains membres des Églises du Christ enseignent que, puisque « l'Écriture contient tout ce qui est nécessaire au salut », le Saint-Esprit n'agit dans la vie des personnes qu'après leur salut, lequel survient au moment du baptême d'eau. Actes 10:44-48 contredit précisément ce point. La question plus large est celle-ci : le Saint-Esprit ne fait-il rien avant qu'une personne devienne chrétienne, ou bien le don gracieux du Saint-Esprit est-il non seulement une composante du fait d'être sauvé, mais encore une condition essentielle pour l'être ?


   Jean 16:8-11 y répond en indiquant que l'un des rôles du Saint-Esprit consiste à convaincre le « monde » de péché. Autrement dit, à montrer aux hommes combien ils sont éloignés de la justice et de l'amour parfaits de Dieu.


Galates 3:3 « …Après avoir commencé par l'Esprit, cherchez-vous maintenant à atteindre votre but par l'effort humain ? »



La foi n'est pas tenue pour un effort humain


Galates 3:3 et 3:8

 

justifiés par la foi (et non par l'effort humain) Galates 3:3,8


1 Pierre 1:7 « …afin que votre foi — d'un prix plus grand que l'or périssable, quoique éprouvé par le feu — soit reconnue authentique… »

 

1 Pierre 1:9 le salut est le but de notre foi

 

Hébreux 11:2,39 « Tous furent recommandés à cause de leur foi »

 

Qui donc est loué pour ce qu'il a été contraint d'avoir ?



À quel moment sommes-nous inclus dans le Christ ?


Éphésiens 1:13-14 « En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Évangile de votre salut, vous avez été inclus dans le Christ. Ayant cru, vous avez été scellés du Saint-Esprit promis, qui est un gage de notre héritage… »


Galates 4:6 « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils, l'Esprit qui crie : “Abba, Père !” »


Il s'agit peut-être d'un processus. Galates 4:19 « Mes chers enfants, pour qui j'éprouve de nouveau les douleurs de l'enfantement jusqu'à ce que le Christ soit formé en vous, »



Galates 3:14 « …afin que, par la foi, nous recevions la promesse de l'Esprit. »



Sommes-nous morts dans le péché avant de venir au Christ ?


Assurément oui

 

Également prisonniers du péché.

 

Les remarques de Spurgeon

 

En tant que croyants, morts au péché.

 

« Le juste vivra par la foi » Galates 3:11

 

la foi n'est pas ici séparée des œuvres, car Galates 3:12 déclare : « Or la loi ne procède pas de la foi ; au contraire, “celui qui met ces choses en pratique vivra par elles.” »



2 Thessaloniciens 2:10 « …Ils périssent parce qu'ils ont refusé d'aimer la vérité pour être sauvés. »


2 Thessaloniciens 3:5 « Que le Seigneur dirige vos cœurs vers l'amour de Dieu et vers la persévérance du Christ. »


Non seulement les non-élus sont sans espérance, mais Éphésiens 2:12 prouve que même ceux qui ont été sauvés étaient « sans espérance » avant leur salut.


Si l'alliance de la promesse n'est pas destinée aux non-élus, Éphésiens 2:12 prouve que même ceux qui ont été sauvés étaient « étrangers aux alliances de la promesse » avant leur salut.


Éphésiens 2:5-10.




Philippiens 1:29 « Car il vous a été fait la grâce, par rapport au Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui, »


certains croyants sont destinés à des épreuves déterminées. 1 Thessaloniciens 3:3


1 Pierre 1:3 « Dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître »


2 Timothée 1:9 sauvés non à cause de nos œuvres justes, mais en vertu de son propre dessein et de sa grâce

 

Tite 3:5 Sauvés non à cause de nos œuvres justes, mais en vertu de sa miséricorde


Tite 3:5 sauvés par le bain de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit

 

Tite 3:7 justifiés par la grâce… ayant l'espérance de la vie éternelle



En quel sens méritons-nous notre propre salut ?

 

En aucun sens.

 

En quel sens participons-nous au fait d'être sauvés ?

 

Par notre repentance et notre foi, mais non par nos œuvres ni par le baptême.


Nous devons avoir la foi comme Jésus a eu la foi


Jésus a été rendu semblable en tout à ses frères, hormis le péché. Hébreux 2:17

 

Hébreux 3:5,6

 

~Hébreux 5:7-9

 

Philippiens 2:8 Le Christ s'est humilié lui-même

 

Jacques 4:10 nous devons nous humilier nous-mêmes

 

Éphésiens 5:2 « et marchez dans l'amour, à l'exemple du Christ qui nous a aimés et s'est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur. »

 

Jacques 4:10 « humiliez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera. »



Nous venons à Dieu

 

Hébreux 7:25

 

Hébreux 6:18 « …nous qui avons cherché refuge pour saisir l'espérance qui nous est proposée, nous puissions être puissamment encouragés. » (Hébreux 6:19 indique que cette espérance est le salut, puisqu'elle pénètre au-delà du voile, dans le sanctuaire intérieur)

 

 

Philippiens 2:12-13 « Ainsi, mes chers amis, comme vous avez toujours obéi — non seulement en ma présence, mais bien plus encore maintenant en mon absence —, continuez à mettre en œuvre votre salut avec crainte et tremblement, car c'est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire, selon son bienveillant dessein. »



Responsabilité sans capacité de répondre — le cœur du calvinisme

Partie 1 sur 4


L'examen


   Vous êtes assis dans une salle de cours et passez l'épreuve terminale du cours intitulé « Matrices d'équations aux dérivées partielles complexes relatives aux quasars et à la cosmologie céleste ». Vous n'avez pas la moindre idée de ce que vous faites là. Vous ne vous souvenez même pas d'être entré dans la salle. Votre porte-mine et vos feuilles sont prêts, mais beaucoup semblent avoir apporté une calculatrice ou un ordinateur portable — pas vous. Vous pressentez d'abord qu'il ne s'agit pas d'une épreuve ordinaire en remarquant les ailes blanches qui sortent du dos du surveillant. Le deuxième indice vous vient à la vue du sujet : vous n'y reconnaissez rien. Vous n'avez jamais vu cela en cours ; attendez, vous n'avez même jamais suivi ce cours, puisque vous n'y avez jamais été inscrit — du moins ne vous souvenez-vous d'avoir appuyé sur aucune mauvaise touche lors de l'inscription. Vous levez la main pour appeler le surveillant, certain qu'il comprendra l'erreur. Vous lui dites : « Je n'ai rien à faire ici. Je n'ai jamais suivi ce cours et, très franchement, quand bien même je l'aurais suivi, je n'aurais toujours rien à faire ici : voyez-vous, mon esprit n'a jamais été rendu capable de comprendre des mathématiques célestes aussi complexes. J'ai vraiment besoin d'aide. Pouvez-vous, ou quelqu'un d'autre, m'aider ? » Il rit et répond : « J'admire votre courage, de pouvoir plaisanter au sujet de l'unique épreuve qui décide si vous passerez l'éternité au ciel ou en enfer. » À cet instant, vous vous rendez compte que si vous tentiez d'appeler à l'aide, votre voix ne sortirait pas, et que si vous tentiez de fuir, vos jambes se déroberaient. Vous vous réveillez en sueur : ce n'était qu'un rêve — ou bien l'était-ce ?

 

 

Y a-t-il de la justice en Dieu ?


   Il serait assurément injuste que Dieu imposât une telle épreuve. Plus généralement, Dieu créerait-il des hommes (ou même permettrait-il que des hommes fussent créés) qui seraient nécessairement torturés éternellement parce qu'il aurait choisi de ne leur donner aucune capacité de « réussir l'examen », ni même le désir de le faire ?

 

   Bien des chrétiens verraient deux volets à la juste réponse. Les hommes déchus ont reçu la responsabilité de réussir l'« épreuve de la perfection sans péché », c'est-à-dire d'obéir à la loi de Dieu. Nul n'y est parvenu. Mais Jésus est descendu sur la terre et l'a réussie parfaitement, et parce que nous crions vers lui, non seulement pour obtenir de l'aide, mais pour qu'il passe l'épreuve à notre place, le Professeur a inscrit la note de Jésus en regard de notre nom.


   Ainsi, bien que nul ne puisse réussir par lui-même, tous peuvent en avoir le désir et peuvent effectivement appeler à l'aide. Dieu est donc juste, car si la responsabilité de l'épreuve incombe à tous, Dieu a donné à tous, non la capacité de réussir, mais la capacité de répondre en criant à l'aide, et Jésus est venu pour tous ceux qui l'invoquent.

 

   Est-ce donc un message sincère et pressant adressé à tous, les invitant à crier vers Jésus, ou bien l'aide de Jésus n'est-elle efficace que pour ceux qui la réclament ? En vérité, les deux : elle est donnée pour tous, mais n'est efficace que pour ceux qui la réclament. Il en va comme d'un millionnaire qui vous informerait avoir déposé un million d'euros sur un compte à votre nom. Si vous ne le croyez jamais assez pour vous rendre à la banque, cet argent ne vous sert de rien, quand bien même vous mourriez de faim.


1 Timothée 4:9-10 déclare : « C'est là une parole certaine et digne d'être entièrement reçue (et c'est pour cela que nous travaillons et combattons), que nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, et principalement de ceux qui croient. »



Un point de vue contraire


   Si les non-calvinistes et bien des calvinistes amyraldiens souscriraient à la section précédente, la plupart des calvinistes ne le feraient pas. Ils croient que Dieu crée des êtres humains dépourvus de toute option, de toute possibilité, et même de tout désir d'appeler à l'aide. Ils croient que Jésus n'est pas mort pour tous les hommes. En 1 Timothée 4:9-10, ils insèrent les mots « toutes sortes d' » devant « hommes ». Si Dieu agissait de la sorte, ses efforts seraient gaspillés, ce qui impliquerait qu'il aurait agi en vain. Sa volonté serait résistible, ce qui impliquerait qu'il ne nous contrôle pas totalement. Son salut serait limité dans ses effets, ce qui impliquerait qu'il n'est pas assez vaste pour couvrir tous les péchés, puisqu'il ne couvrirait pas le péché d'incrédulité éternelle.

 

   Augustin d'Hippone (388-430 apr. J.-C.), bien qu'il ne fût pas calviniste, est l'un de ceux dont les calvinistes comme les catholiques revendiquent la « descendance théologique ». Il enseignait que les nourrissons baptisés vont au ciel et que les nourrissons non baptisés vont tous en enfer. (5:25, 26-28-29 De la rémission des péchés et du baptême ch.26-30, 33-35)



Les nourrissons d'Augustin


Imaginez la scène :

 

Le premier nourrisson au second : Pourquoi souffres-tu en enfer ?

 

Le second nourrisson au premier : Je n'ai pas demandé à être créé, je n'avais conscience d'aucun mal que j'aurais commis, je n'ai eu aucune occasion de me détourner de Dieu, fût-ce le moins du monde. Je ne comprends pas pourquoi je suis torturé à jamais. Et toi, pourquoi es-tu au ciel ?

 

Le premier nourrisson : Des personnes que je reconnaissais à peine, croyant quelque chose que j'ignorais, m'ont fait avec de l'eau quelque chose dont je n'ai aucun souvenir. La grâce de Dieu n'est-elle pas merveilleuse ?

 

Le second nourrisson : Oui… Merveilleuse…


Or, si bien des calvinistes d'aujourd'hui ne croient pas cela des nourrissons d'Augustin, ils croient en général que les non-élus n'ont pas reçu plus d'occasions de demander le salut que les nourrissons damnés d'Augustin. D'ailleurs, les élus n'ont pas reçu plus de choix que les nourrissons bienheureux d'Augustin, puisque Dieu les a contraints (c'est leur mot) à croire.


   Rendons grâce à Dieu de ce que les enseignements des Pères de l'Église ne se situent pas sur le même plan que l'Écriture. Augustin écrivait près de quatre cents ans après la mort du Christ, mais cela n'excuse ni hier ni aujourd'hui le fait de ne pas lire ni intégrer à son enseignement tout ce que l'Écriture dit de la justice de Dieu. Que dit donc précisément la Bible au sujet de la justice de Dieu ?

 


L'Écriture déclare…


1 Jean 2:1-2 « Il est lui-même la victime expiatoire pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. »


1 Timothée 2:4-6 « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l'homme Jésus-Christ, qui s'est donné lui-même en rançon pour tous — le témoignage rendu en son propre temps. »

 

Dieu était-il sincère en déclarant qu'il voulait que tous les hommes fussent sauvés ?


Voir Ézéchiel 33:11 « Dis-leur : “Je suis vivant ! déclare le Seigneur, l'Éternel, je ne prends aucun plaisir à la mort du méchant, mais à ce qu'il se détourne de sa voie et qu'il vive…” »


Certains calvinistes affirment que Dieu était sincère, mais que « tous » désigne tous les élus.


Romains 5:18 « Ainsi donc, comme par une seule faute la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes. »


Or, si le second « tous » ne désigne pas tous les hommes, pourquoi le premier « tous » les désignerait-il ? Les termes sont identiques dans le grec et l'étaient dans la compréhension des premiers chrétiens.


Si « tous » ne désigne que l'ensemble des élus, quel sens ces versets peuvent-ils bien avoir ?


Luc 7:30 « Mais les pharisiens et les docteurs de la loi ont rejeté le dessein de Dieu à leur égard, parce qu'ils n'avaient pas été baptisés par Jean. »


Jean 15:22 « Si je n'étais pas venu et si je ne leur avais pas parlé, ils n'auraient pas de péché. Mais maintenant ils n'ont aucune excuse pour leur péché. »

 

Jean 15:24 « Si je n'avais pas fait parmi eux ce que nul autre n'a fait, ils n'auraient pas de péché. Mais maintenant ils ont vu ces miracles, et ils m'ont haï, moi et mon Père. »


Un certain nombre de versets déclarent que le Christ est mort pour « la multitude », et un certain nombre d'autres montrent qu'il est mort pour « tous ». Plutôt que de redéfinir « la multitude » comme signifiant « tous », ou « tous » comme signifiant « toutes sortes de », on peut y discerner deux vérités enseignées conjointement. Le salut est offert à tous, mais la croix n'est pas efficace pour tous : elle ne l'est que pour ceux qui invoquent le SEIGNEUR afin de naître de nouveau. Parmi ces versets précieux qui mentionnent « la multitude », citons Matthieu 20:28 ; Jean 10:15 ; 17:9 ; Romains 8:32 ; Romains 5:10,12,13,19 ; Ésaïe 53:11,12


L'enseignement des premiers chrétiens


   Les chrétiens, des Apôtres jusqu'à Augustin, croyaient tout autre chose qu'Augustin au sujet des nourrissons, et que les calvinistes au sujet de la justice de Dieu et du libre arbitre de l'homme. De fait, comme l'admet franchement le calviniste Loraine Boettner dans son ouvrage The Reformed Doctrine of Predestination p.365, la doctrine réformée de la prédestination ne fut pas particulièrement enseignée avant la fin du quatrième siècle. À l'exception possible d'Ambroise, le maître d'Augustin, il n'est personne d'autre, pendant quatre cents ans, qui ait lu la Bible et cru aux cinq points particuliers du calvinisme :

 

          T — Tout contrôler

 

          H — Humains coupables des péchés d'Adam ?

 

          O — On ne retient que la grâce pour le salut, la foi n'étant qu'une œuvre de plus

 

          R — Responsabilité sans capacité de répondre

 

          N — Nulle option, nul choix   

 

Des opuscules en plusieurs parties viennent corriger chacun de ces points.


   Nous pourrions conclure ici par quelques remarques, mais, très franchement, les premiers chrétiens ont réfléchi à ces questions et les ont exprimées aussi bien que nous saurions le faire. En parcourant ces citations, ne vous arrêtez pas aux noms et aux dates : lisez-les véritablement et voyez combien leurs propos sont raisonnables.


Clément, évêque de Rome 96-98 apr. J.-C. 1:13 « …appelés par sa volonté dans le Christ Jésus, nous ne sommes pas justifiés par nous-mêmes, … mais par cette foi au moyen de laquelle, dès le commencement, le Dieu tout-puissant a justifié tous les hommes ; à lui la gloire aux siècles des siècles. » Première épître de Clément 32.


Ignace, disciple de Jean et évêque d'Antioche 107 apr. J.-C. ~1:88 « Seulement, priez pour eux, s'il est possible qu'ils soient ramenés à la repentance. » Épître aux Smyrniotes 4.


Justin Martyr écrit entre 135 et 165 apr. J.-C. 1:177 « Et de nouveau, si le genre humain n'a pas le pouvoir d'éviter le mal et de choisir le bien par un libre choix, les hommes ne sont pas responsables de leurs actes… » 1:177


À Diognète 130 apr. J.-C. « c'est comme Sauveur qu'il l'a envoyé, et cherchant à persuader et non à contraindre ; car la violence n'a point de place dans le caractère de Dieu. » ch.7


Irénée, disciple de Polycarpe et évêque de Lyon (182-188 apr. J.-C.) 1:347 « ils [les incrédules] méprisent l'ouvrage de Dieu et parlent contre leur propre salut. », Contre les hérésies.


Théophile, évêque d'Antioche après Ignace, 168-181/188 apr. J.-C. 2:91 « Et telle est ta condition, à cause de l'aveuglement de ton âme et de la dureté de ton cœur. Mais, si tu le veux, tu peux être guéri. Confie-toi au Médecin [Dieu], et il abaissera la cataracte des yeux de ton âme et de ton cœur. » À Autolycus 7. &&&

 

Athénagore 177 apr. J.-C. 2:142 « Il en va comme des hommes, qui ont la liberté de choix à l'égard tant de la vertu que du vice (car vous n'honoreriez pas les bons ni ne puniriez les méchants si le vice et la vertu n'étaient pas en leur pouvoir) »

 

La liste pourrait s'allonger indéfiniment. Voir les opuscules Le calvinisme, absent des chrétiens prénicéens et Le calvinisme, absent jusqu'à Augustin..


Conclusion


   J'espère que vous avez lu ces pages attentivement, car il y aura un examen portant sur la mémorisation de chaque mot. — Je plaisante : je ne voudrais être ni déraisonnable ni injuste. Dieu est bien plus juste envers tous, même envers les réprouvés, que nous ne le sommes.



Responsabilité sans capacité de répondre — le cœur du calvinisme

Partie 2 sur 4


   Cela fait un effet singulier : on cherche l'endroit où la Bible dit que certains ont rejeté le dessein de Dieu à leur égard (Luc 7:30), et c'est justement la première page sur laquelle la Bible s'ouvre. Sans doute était-ce souverainement décrété, je suppose.


   Mon fils de quatre ans se fâche parfois contre son livre de coloriage. Lorsqu'il colorie, il ne reste pas toujours tout à fait dans les traits, et se fâcher contre son livre est une manière d'éviter de se fâcher contre sa propre incapacité à produire ce qui lui plairait. Dieu se comporte-t-il ainsi envers ce qu'il a créé ? Les chrétiens répondraient bien entendu non. Mais encore faut-il savoir dire pourquoi.


Balthasar Hübmaier et le libre arbitre


Avant Calvin, Zwingli et d'autres affirmaient qu'il n'existait pas de libre arbitre. Le théologien anabaptiste suisse Hübmaier avait beaucoup à dire contre cette thèse. Enseigner qu'il n'y a pas de libre arbitre revient à ce qui suit :


Garantit aux méchants un motif de demeurer dans leurs péchés.


Laisse les hommes dire à Dieu que nous volons et dérobons parce qu'il nous faut obéir à sa volonté décrétée.


Overse la moitié de l'Écriture, là où Dieu ordonne aux hommes de choisir d'agir.


Salit Dieu en le présentant comme un tyran et l'accuse d'injustice.


Soutient que Dieu condamne les hommes pour des motifs contre lesquels ils ne peuvent rien.


Comme s'écrie Hübmaier : à Dieu ne plaise !


Conversations hypothétiques à l'usage des calvinistes


   Si un calviniste convient (à juste titre) que les situations hypothétiques suivantes, imaginées par Hübmaier, ne sauraient jamais être légitimement appliquées à Dieu, et que pourtant son système (le calvinisme) l'exige, il ne peut se retrancher derrière l'affirmation que la raison en est un mystère incompréhensible.


« En vérité, à cause de ta prescience et de ton jugement éternels, il nous faut aller avec le diable dans le feu éternel, afin d'accomplir ta prescience éternelle. »


« mes vols et mes rapines n'étaient pas ma faute, mais la volonté de Dieu, à laquelle nul ne peut résister (Romains 9). Sans sa volonté, je n'aurais pu les commettre. À cause de ma volonté, il m'a fallu les commettre, puisqu'elle est liée et emprisonnée. »


« Que je me livre à la prostitution et à l'adultère, c'est la volonté de Dieu. Ce que Dieu veut doit advenir. Oui, qui peut s'opposer à sa volonté ? Si ce n'était sa volonté, je ne pécherais point. Si c'est par sa volonté, alors je cesserai de pécher. » (p.447)


« Adam et Ève auraient pu si aisément s'excuser devant Dieu en ces termes : “Seigneur, si nous avons transgressé ton commandement, cela est advenu par ta providence et par nécessité. Tu nous as faits et ordonnés ainsi. Il fallait donc que cela arrivât.” » Une telle chose est bien loin de Dieu.


Que peut-on dire de la justice de Dieu ?


   En examinant les objections adressées à l'enseignement réformé, le calviniste Curt Daniel a observé que l'« équité » constitue l'une des objections centrales. Dans sa thèse (p.285), sous l'objection « L'élection n'est pas équitable », Curt écrit : « A. Voilà l'objection fondamentale entre toutes. On ôte les gants et l'on se bat à mains nues. La réponse biblique est nette : Dieu est toujours juste en tout ce qu'il fait (Genèse 18:25 ; Deutéronome 32:4). Romains 9:14 affirme expressément la justice divine en matière d'élection. Il est essentiel de se rappeler qu'aucun homme n'a de créance sur Dieu. Nul ne mérite l'élection ; Dieu est donc juste lorsqu'il l'accorde aux uns et la refuse aux autres. »


   Remarquez le présupposé implicite : puisque la Bible affirme que Dieu est parfaitement juste, et puisque Dieu élit, l'élection est donc juste. Le présupposé est que la doctrine calviniste de l'élection est identique à la doctrine juste et complète de l'élection biblique.


   Curt Daniel écrit encore : « Sous-jacente à ces objections [contre la doctrine du calvinisme] se trouve l'objection secrète (et parfois avouée) : “Ce n'est pas équitable !” C'est là le pire de tout, car il s'agit d'une accusation directe contre Dieu. Cela suppose à tort que l'homme a des droits, alors qu'il n'en a aucun. » (Curt Daniel Biblical Calvinism p.10).


   Telle est l'objection sous-jacente. Notez cependant que Daniel estime que si l'on objecte au calvinisme, on porte une accusation directe contre Dieu. N'importe quel théologien, si erroné soit-il, pourrait soutenir que quiconque est en désaccord avec sa propre théologie, qu'il tient pour biblique, porte assurément une accusation directe contre Dieu — ce qui ne constitue pas un bon argument en faveur de la véracité de ladite théologie. Tout homme, fût-il le plus méchant et le plus impie, possède au moins deux droits, parce que Dieu les lui a donnés. Le premier est que Dieu ne lui mentira pas, ni ne mentira en quoi que ce soit, et que les paroles de Dieu s'accompliront certainement. Le second, qui découle du premier, est que Dieu a déclaré qu'il jugerait avec justice, avec impartialité et sans favoritisme. Ces « droits » ne sont pas nécessairement d'aimables privilèges : ils font partie des raisons pour lesquelles des hommes vont en enfer. Ces hommes peuvent haïr Dieu, et Dieu peut répandre sur eux sa colère ; mais niez ces « droits » fondamentaux et bibliques, et votre théologie part en fumée.

 

   Peut-être Daniel ne nie-t-il pas ces droits ; peut-être a-t-il simplement omis de les mentionner. Toutefois, envers ceux qui ne croient pas au calvinisme parce qu'il tend à nier ce que l'Écriture enseigne de la justice de Dieu, il ne convient pas de les « attaquer » comme s'ils accusaient Dieu, alors que leurs accusations visent le calvinisme. Le calvinisme n'est pas la vérité absolue. L'arminianisme ne l'est pas davantage, ni l'interactionnisme, ni aucun autre système théologique : toutes les théologies humaines demeurent probablement fort en deçà de la vérité intégrale de Dieu.

 

   J'ai lu tant de fois que le calvinisme est le christianisme biblique, que le calvinisme est l'Évangile, et, comme le disait un calviniste, que les écrits de Calvin ne sont pas l'Écriture, mais qu'ils devraient peut-être l'être. Cela paraît confiner à l'idolâtrie. Certes, tous les calvinistes ne pensent pas ainsi, mais ils devraient se montrer moins tolérants envers l'erreur de ceux qui le font.


   Peut-être Dieu n'est-il pas juste au regard des critères tordus de certains ; mais Dieu est juste et impartial au regard de son propre critère, qu'il a révélé dans la Bible. Daniel a raison d'affirmer que l'« élection » est juste. Mais si l'élection, telle que les calvinistes la conçoivent, n'est pas juste selon le critère de justice que Dieu a révélé dans l'Écriture, alors la conception calviniste de l'élection est déficiente, et le cœur du calvinisme s'effondre.


   Une tautologie, ou vérité logique, est un énoncé du type : puisque A = A, alors A = A. Cela est vrai, mais dépourvu de tout contenu. La justice de Dieu est-elle une tautologie ? La justice de Dieu est-elle indescriptible, au point que les calvinistes soient incapables d'en dire quoi que ce soit, sinon que Dieu doit être juste puisqu'il déclare l'être ?


   Dieu est-il XXXX ? Si vous n'avez aucune idée de ce qu'est XXXX, il est difficile de le dire. Si Dieu déclare qu'il est XXXX, mais que vous n'avez aucune idée de ce qu'il entend par là, nous ne saurions rien de XXXX. Il nous faut la lumière de l'Écriture touchant la justice de Dieu.


Ce que l'Écriture déclare touchant la justice de Dieu


Dieu est juste : 2 Thessaloniciens 1:6 ; Deutéronome 32:4 ; Romains 3:5 ; Hébreux 6:10

 

Dieu est impartial : 1 Pierre 1:17 ; ~Jacques 3:17.

 

Il n'y a pas de favoritisme auprès de lui : Romains 2:11 ; Colossiens 3:25 ; Éphésiens 6:9.

 

Ézéchiel 18 : le fils ne meurt pas pour le péché du père, ni inversement ; chacun meurt pour son propre péché (c'est-à-dire non pour celui d'autrui).

 

Romains 4:15 ; 5:13 ; Hébreux 9:7 ; Actes 17:30 Le péché peut être présent, mais Dieu ne châtie pas les hommes pour ce qu'ils n'ont pas commis volontairement et sciemment

 

Romains 1:18-20 montre que les hommes sont inexcusables PARCE QU'ils avaient la connaissance de Dieu et qu'ils ont étouffé la vérité.

 

La section suivante nous donne de nombreux exemples de justice.


Le principe de Dieu : nulle culpabilité pour un mal subi par contrainte


   Deutéronome 22:25-27 Si un homme viole une femme en pleine campagne, l'homme seul sera mis à mort. &&& (réf.)

 

   Notez que, bien que la femme ait pris part à un acte mauvais et digne de mort, aucune peine ne lui fut infligée, parce qu'elle avait été contrainte d'y prendre part.

 

   L'Église ancienne excluait immédiatement de la communauté ceux qui se rendaient coupables d'immoralité sexuelle. Pourtant, même dans l'Église ancienne, lorsqu'une esclave chrétienne était violée par son maître, l'Église l'accueillait comme n'ayant commis aucune faute. C'est la justice qui fonde les principes et les commandements de Dieu en Deutéronome 22:25-27.


   Toutefois, Deutéronome 22:23-24 déclare que tous deux doivent mourir si la chose s'est produite dans la ville. Cela ne tenait pas à ce que la femme eût la force physique d'arrêter l'homme, mais à ce qu'elle avait la possibilité d'appeler au secours. À la différence de ce qui se passe en rase campagne : si elle avait crié dans la ville, on l'aurait entendue.

 

   Dieu permet-il parfois des situations de mal qui excèdent nos capacités physiques, naturelles et même spirituelles ? Oui, il le permet. Mais nous avons toujours la possibilité de crier vers lui pour obtenir du secours au moment du besoin. Rendons grâce à Dieu de ce qu'il entend ceux qui crient vers lui.


   Ainsi, dire « le diable m'y a poussé », « cela dépassait ma capacité de résister ou d'endurer », quand bien même ces excuses seraient fondées, n'excuse pas ce que nous avons fait. Criez sincèrement vers Dieu pour obtenir du secours, et il vous délivrera.


   Comme le disait Balthasar Hübmaier : « Le péché est commis volontairement ; s'il ne l'était pas, il ne serait pas péché. Cette volonté délibérée est le thème des Écritures où Dieu nous reprend parce que nous ne voulons ni entendre, ni connaître, ni accepter le bien. »


   Or, l'une des objections capitales adressées au calvinisme est qu'il donne à penser que les hommes sont contraints de croire ou de ne pas croire en Dieu. Les calvinistes ne le formulent pas ainsi. Ils disent que les élus sont « contraints » de croire en Dieu, et que les réprouvés sont « laissés à eux-mêmes », sans recevoir la capacité de chercher Dieu. Pourquoi ? — la raison ultime, selon les calvinistes, est que Dieu a décrété que les élus seraient contraints et que les réprouvés seraient tenus responsables de choses qu'il les a créés incapables de voir ou de désirer.


Les vues de Hübmaier sur le libre arbitre


   La présente section est une paraphrase extrêmement libre des vues de Hübmaier. Dire que nous n'avons pas de libre arbitre n'est pas tant un mensonge qu'une dangereuse demi-vérité. L'être humain comporte trois parties : le corps, l'âme et l'esprit. Nous n'avons pas une seule volonté, mais trois : celle du corps, celle de l'âme et celle de l'esprit. Un champ de bataille se trouve au-dedans de nous. La volonté de la chair ne peut rien vouloir d'autre que le péché. L'âme, laissée à elle-même, ne peut choisir aucun bien, ni refuser le mal, puisqu'elle a perdu la connaissance du bien et du mal. Comme le montre Romains 7, l'âme est devenue entièrement impuissante et inefficace. La chute de l'âme est réparable par la parole de Dieu, ainsi que le déclare le Psaume 119:7. La volonté de la chair, elle, n'est pas réparable ici-bas.


   Si mal en point que nous soyons, il reste néanmoins une chose que nous pouvons faire : avoir faim et soif de justice. Le vieux serpent a presque éteint et obscurci en nous, par le péché, l'image de Dieu. Il n'a pourtant pas été possible d'éteindre entièrement ce souffle de Dieu en nous. Dieu seul peut l'éteindre, à titre de châtiment.

 

   Comme nous avons trois parties, la loi est donnée de trois manières : à la chair, pour la reconnaissance de ses péchés ; à l'esprit, comme secours et comme témoin contre le péché ; et à l'âme, comme lumière par laquelle elle peut voir et apprendre le chemin de la justice, et fuir le péché et le mal.

 

   Ce que les calvinistes disent de la personne est en réalité vrai de la chair. « Je sais en vérité que rien de bon n'habite en moi, c'est-à-dire dans ma chair » Romains 7:18. Comment pouvons-nous être morts dans nos offenses et nos péchés (Éphésiens 2:1) et pourtant prisonniers du péché (Galates 3:22,23) ? La solution est que notre chair est morte dans le péché, tandis que notre âme est prisonnière du péché.


Par la Chute, la grâce et la liberté ont été obscurcies et perdues à un point tel que l'être humain ne sait plus ce qui est bien ou mal sans une grâce nouvelle et particulière de Dieu.


« …le libre arbitre dans l'être humain n'est rien d'autre qu'un pouvoir, une force, une énergie ou une habileté de l'âme à vouloir ou à ne pas vouloir quelque chose, à choisir ou à fuir, à accepter ou à rejeter le bien ou le mal, selon la volonté de Dieu ou selon la volonté de la chair — laquelle volonté charnelle et potentialité devrait plus exactement être appelée une impuissance qu'un pouvoir ou une énergie. » De la liberté de la volonté I p.443


« Car, bien que nul ne vienne au Christ si le Père ne l'attire, il ne s'ensuit pourtant pas de cette parole que tous ceux qui ont été attirés par le Père viennent au Christ, Jean 6:44. De même que tous ceux que le Christ est venu éclairer n'acceptent pas la lumière, Jean 1:9,11.


Responsabilité sans capacité de répondre — le cœur du calvinisme

Partie 3 sur 4


   Hébreux 12 déclare que sans la foi il est impossible de plaire à Dieu. Les non-chrétiens ne s'acquittent pas de leurs responsabilités devant Dieu ; mais quelles sont exactement ces responsabilités ? Qu'est-ce au juste que la responsabilité ? Le calviniste rigoureux Pink renvoie au dictionnaire Webster, et je crois qu'il s'agit là d'une bonne définition sur laquelle nous pouvons nous accorder.

 

   « Webster définit la responsabilité, premièrement, comme le fait d'“être tenu de rendre compte” ; deuxièmement, comme le fait d'“être capable de s'acquitter d'une obligation”. Peut-être le sens et la portée du terme responsabilité pourraient-ils s'exprimer et se résumer dans le seul mot de devoir-être. Du côté de Dieu, la responsabilité concerne ce que la créature doit au Créateur et que la créature est moralement obligée de lui rendre. » (Pink p.248)


   Dans mes lectures du calvinisme, la description la plus concise du problème fondamental du calvinisme a été formulée par A.W. Pink (p.249) : « Voici donc la difficulté : si Dieu a éternellement décrété qu'Adam devait manger de l'arbre, comment pouvait-il être tenu pour responsable de ne pas en manger ?


   Pink affirme que l'on peut saisir la réponse en distinguant la volonté secrète et la volonté révélée de Dieu. La volonté secrète de Dieu a décrété qu'Adam en mangerait, tandis que la volonté révélée de Dieu lui commandait de n'en pas manger. Le fait qu'Adam (et nous-mêmes) ignorions la volonté secrète de Dieu change tout, du point de vue de la responsabilité.


   Autrement dit, puisque nous ne pouvons résister à Dieu (p.16), nous sommes responsables lorsque nous suivons les décrets de Dieu, et la volonté secrète (décrétée) de Dieu est contraire (c'est le mot de Pink) à sa volonté révélée.

 

   Arnobe (297-303 apr. J.-C.), dans Contre les païens p.454, écrit : « Car, si toutes choses sont produites par sa volonté, et que rien au monde ne peut réussir ni échouer contre son bon plaisir, il s'ensuit nécessairement qu'il faut comprendre que tous les maux, eux aussi, procèdent de sa volonté. Si, au contraire, nous choisissions de dire qu'il n'a aucune part au mal et n'en produit aucun, sans lui rapporter les causes des actes les plus criminels, les pires forfaits commenceraient à paraître accomplis ou bien contre sa volonté, ou bien — chose monstrueuse à dire — à son insu, dans l'ignorance où il en serait. » ~~~


Josué et les choix


Les hommes peuvent-ils réellement faire des choix en faveur de Dieu ? Bien des calvinistes répondent non, et bien des non-calvinistes répondent oui. L'un des versets invoqués est Josué 24:15

 

« Mais s'il ne vous semble pas bon de servir l'ÉTERNEL, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir,… »


Or la suite du verset précise : « qui vous voulez servir, soit les dieux que servaient vos pères au-delà du Fleuve, soit les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Quant à moi et à ma maison, nous servirons l'ÉTERNEL. »

 

Si les seuls choix offerts aux hommes consistaient à servir les idoles d'au-delà du Fleuve ou les dieux des Amoréens, ce verset n'établit pas que les hommes aient la liberté de choisir de servir l'ÉTERNEL.


Les Israélites, eux aussi, choisirent de servir le Seigneur

 

Josué 24:21-25 « Mais le peuple dit à Josué : “Non ! Nous servirons l'ÉTERNEL.” Josué dit alors au peuple : “Vous êtes témoins contre vous-mêmes que vous avez choisi de servir l'ÉTERNEL.” “Oui, nous en sommes témoins”, répondirent-ils. “Maintenant donc, dit Josué, ôtez les dieux étrangers qui sont au milieu de vous, et tournez vos cœurs vers l'ÉTERNEL, le Dieu d'Israël.” Et le peuple dit à Josué : “Nous servirons l'ÉTERNEL notre Dieu et nous lui obéirons.” Ce jour-là, Josué conclut une alliance pour le peuple, et là, à Sichem… »


Or, si le peuple n'a pas réellement choisi de servir Dieu, cette alliance a été conclue sous de faux prétextes.


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Mort au péché et prisonnier du péché

 

Nous étions morts dans nos péchés, et nous voici vivants dans le Christ Colossiens 2:13


Morte sans les œuvres

 

Jacques 2:26 « De même que le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les œuvres est morte. »


Morts, à présent, en tant que croyants

 

Colossiens 2:20 morts aux rudiments de ce monde

 

Colossiens 3:3

 

Éphésiens 2:1,5 morts dans vos offenses et vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois — vivants dans le Christ


Combattre, et non feindre



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Autres choix en faveur de Dieu dans la Bible


Les hommes choisissent aussi leur propre voie — sans rapport avec le salut

 

Genèse 13:11 Lot choisit donc pour lui toute la plaine du Jourdain…

 

Proverbes 4:14-15 ; 3:31 Il nous incombe d'éviter la voie des méchants.

 

1 Samuel 8:18 vous crierez pour être délivrés du roi que vous avez choisi

 

Ésaïe 66:3 « Ils ont choisi leurs propres voies [abominables],… »

 

Ésaïe 6:8 Ésaïe dit à Dieu : « …envoie-moi »

 

Les hommes peuvent rechercher et choisir le mal

 

Ésaïe 66:4 Ils ont fait ce qui est mal à mes yeux et ont choisi ce qui me déplaît.

 

Psaume 4:2 ils aiment la vanité et recherchent le mensonge

 

Jérémie 19:7,9 ; 21:7 ; 22:25 Des ennemis qui en veulent à leur vie

 

Proverbes 29:10 ; Jérémie 11:21 ; Psaumes 35:4 ; 38:12 Ils cherchent à tuer l'homme droit

 

Matthieu 2:13 Hérode cherchait Jésus pour le faire périr

 

Proverbes 23:30 ; Jérémie 2:24,33 ; Osée 2:7 ; Proverbes 21:6 rechercher le vin mêlé, les plaisirs, la mort

 

Ésaïe 19:3 ils consultent leurs idoles

 

Juges 10:14 …criez aux dieux que vous avez choisis

 

Jacques 4:4 Quiconque choisit d'être l'ami du monde…

 

1 Pierre 4:3 …c'est assez d'avoir accompli ce que les païens choisissent de faire »

 

Ésaïe 1:29 la honte à cause des jardins que vous avez choisis

 

Ésaïe 41:24 « …celui qui vous choisit est une abomination »

 

Ésaïe 65:12 « …Vous avez fait ce qui est mal … et vous avez choisi ce qui me déplaît. »

 

Josué 24:16 Choisir les dieux d'en deçà ou d'au-delà du fleuve

 

Ecclésiaste 7:29 « Dieu a fait les hommes droits, mais ils ont cherché bien des détours. »

 

La plupart des calvinistes conviennent que l'homme peut choisir le mal, de même que celui qui conduit une voiture sans freins peut sottement choisir d'accélérer.


Et pourtant nul ne cherche Dieu ni ne lui obéit [de lui-même]

 

Romains 3:11 nul ne cherche Dieu. (Paul citait David)

 

Psaumes 14:2 ; 53:2 Dieu regarde d'en haut pour voir s'il en est qui cherchent Dieu [nul ne le fait]. C'est David qui parle, et pourtant David cherchait Dieu (Psaume 63:1)

 

Ésaïe 64:7 Nul n'invoque ton nom. C'est Ésaïe qui parle, et lui-même invoquait le nom de Dieu


Les croyants cherchent Dieu avec ardeur et lui obéissent [par la grâce de Dieu]

 

Josué 24:22 « Vous êtes témoins que vous avez choisi de servir le Seigneur. » dit à Israël

 

Matthieu 6:33 Cherchez premièrement le royaume de Dieu

 

Beaucoup cherchent Dieu 1 Chroniques 16:10,11 ; 2 Chroniques 15:12 ; 30:19 ; Esdras 6:21 ; Psaumes 34:10 ; 69:32 ; 70:4 ; Proverbes 28:5 ; Zacharie 8:21,22 ; Malachie 3:1

 

Appliquez votre cœur à chercher Dieu 2 Chroniques 11:16

 

David cherchait Dieu avec ardeur Psaume 63:1

 

1 Chroniques 22:19 ; 28:8,9 ; 2 Chroniques 7:14 ; 12:14 ; 14:4 ; 15:2 ; 15:13 ; 19:3

 

2 Chroniques 20:3,4 ; 31:21 ; 34:3 ; Osée 3:5

 

Psaume 9:10 ; Ésaïe 45:19 Promesse de ne pas abandonner ceux qui cherchent Dieu

 

Psaume 22:26 ceux qui cherchent l'ÉTERNEL le loueront.

 

Psaume 24:6 Telle est la génération de ceux qui le cherchent.

 

Psaume 27:4 Je demande une chose à l'ÉTERNEL, et c'est elle que je recherche :

 

Psaume 27:8 « Mon cœur dit de ta part : “Cherchez ma face !” Je cherche ta face, ô ÉTERNEL. »

 

Psaumes 40:16 ; 105:3,4 ; 119:2,45 que tous ceux qui te cherchent se réjouissent et soient dans l'allégresse

 

Psaume 119:94 j'ai recherché tes ordonnances

 

Proverbes 1:28b-29 Ils chercheront et ne trouveront pas, parce qu'ils n'ont pas craint le Seigneur

 

Proverbes 8:17 Ceux qui cherchent la sagesse la trouvent

 

Ésaïe 51:1 vous qui cherchez l'ÉTERNEL (à qui Dieu s'adresse-t-il ?)

 

Ésaïe 55:6 Cherchez l'ÉTERNEL pendant qu'il se trouve ; invoquez-le…

 

Jérémie 29:13 vous chercherez et vous trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur

 

Jérémie 50:4 Israël et Juda chercheront Dieu

 

Osée 10:12 « …car il est temps de chercher le Seigneur »

 

Amos 5:4,6,14 ; 5:14 cherchez le Seigneur et vous vivrez


Les hommes choisissent le bien et le mal, de plaire à Dieu ou non

 

Jean 7:17 Si quelqu'un choisit de faire la volonté de Dieu, il saura si mon enseignement vient de Dieu ou si je parle de mon propre chef.

 

Jonas 2:8 « Ceux qui s'attachent à des idoles vaines renoncent à la grâce qui pourrait être la leur »

 

Psaume 83:16 Dieu agit afin que les hommes le cherchent

 

Psaume 119:30 « J'ai choisi la voie de la vérité ; »

 

Psaume 119:173 « car j'ai choisi tes ordonnances »

 

Ésaïe 7:15 « Il mangera de la crème et du miel, jusqu'à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien. »

 

Ésaïe 56:4 « Aux eunuques qui observent mes sabbats, qui choisissent ce qui m'est agréable… »

 

Proverbes 8:10 ; 16:16 Il nous est commandé de choisir l'instruction de la sagesse plutôt que l'argent de choix

 

Jean 5:35 Jean était une lampe qui brûlait et qui luisait, et vous avez choisi de vous réjouir un temps à sa lumière

 

Jean 7:17 « Si quelqu'un choisit de faire la volonté de Dieu, il saura… »

 

Actes 20:21 « …Ils doivent se tourner vers Dieu par la repentance et avoir la foi »

 

Éphésiens 1:13 Vous aussi, vous avez été inclus dans le Christ après avoir entendu la parole de la vérité.

 

Deutéronome 30:19 Choisissez maintenant [Israélites] la vie, afin que vous viviez, vous et vos enfants

 

Romains 11:32 Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous. (le mot « tous », pantas, est le même dans les deux cas)

 

2 Thessaloniciens 2:10 ceux qui périssent sont séduits parce qu'ils refusent d'aimer la vérité pour être sauvés.

 

Tite 2:11 « Car la grâce de Dieu, source de salut, est apparue à tous les hommes. »

 

1 Pierre 1:22 Maintenant que vous vous êtes purifiés en obéissant à la vérité… »

 

2 Pierre 1:10 « appliquez-vous d'autant plus à affermir votre vocation et votre élection. »

 

Tenus pour responsables de n'avoir pas cherché leur Dieu

 

Ésaïe 9:12-13 ; Osée 7:10 Dieu est irrité parce que le peuple n'est pas revenu à lui et ne l'a pas cherché. Dieu serait-il irrité de ce qu'il a lui-même décrété qu'ils ne feraient pas, et irrité de ce qu'il n'a pas choisi de les rendre capables de faire ?

 

Jérémie 30:15 À cause de ta grande faute et de tes nombreux péchés, Dieu t'a châtié

 

Psaume 10:4 Le méchant ne cherche pas Dieu

 

Proverbes 1:29 Parce qu'ils ont haï la connaissance et n'ont pas choisi la crainte du Seigneur. (Le texte ne dit pas s'ils pouvaient ou non choisir. Il dit qu'il leur incombait de choisir le Seigneur et qu'ils ne l'ont pas fait.)


Même les réprouvés cherchent effectivement Dieu, d'une certaine manière

 

Ésaïe 58:2 ils me recherchent … comme s'ils étaient une nation qui pratique la justice

 

Osée 5:6 ; 5:15 Chercher sans trouver, jusqu'à ce qu'ils recherchent sa face

 

Ézéchiel 7:25,26

 

~1 Chroniques 12:14 ; 2 Chroniques 15:13

 

Esdras 4:2 Certains peuvent toutefois prétendre chercher Dieu sans le faire réellement


Il nous est commandé d'invoquer le Seigneur

 

Genèse 4:26

 

1 Samuel 12:17

 

1 Samuel 22:4

 

2 Rois 5:11

 

1 Chroniques 16:8

 

Job 13:

 

Psaume 4:3

 

Psaume 14:4 les incrédules n'invoquent pas Dieu




Responsabilité sans capacité de répondre — le cœur du calvinisme

Partie 4 sur 4


A.W. Pink p.153 : « La responsabilité et la culpabilité résident dans le fait de céder aux penchants dépravés, d'y céder librement, car Dieu ne contraint personne à pécher. Le fondement de la responsabilité humaine est la capacité humaine. » Plus haut, p.252, Pink distingue entre l'incapacité physique d'une part, et l'incapacité morale et spirituelle d'autre part.




Matériaux complémentaires sur la responsabilité sans capacité de répondre — le cœur du calvinisme



Dieu endurcit le cœur de ceux qui veulent être endurcis.


« …chez ceux que Dieu a abandonnés, il n'y a aucune liberté de la volonté (Hébreux 6:4-6 ; 10:38). »



La réponse dans la pratique


   Les réprouvés peuvent-ils, en un sens au moins, apercevoir la détresse absolue de leur situation ? Les personnes suicidaires, du moins, le peuvent. Les réprouvés peuvent-ils apercevoir la nécessité de rechercher quelque dieu, fût-ce un autre que le vrai Dieu ? Ceux qui appartiennent à de fausses religions le font. De plus, certaines fausses religions enseignent une forme ou une autre de pardon divin ; en ce sens, ces personnes perçoivent elles aussi le besoin que Dieu leur pardonne. Il semble que, si les calvinistes ont raison, lorsqu'un réprouvé perçoit le besoin de Dieu dans sa vie et recherche un médiateur en la personne de Marie, de Joseph Smith, de Mahomet, etc., on ne saurait le lui reprocher, puisque le Christ n'est pas son médiateur.


   Comme le dit A.W. Pink : « Webster définit la responsabilité, premièrement, comme le fait d'“être tenu de rendre compte” ; deuxièmement, comme le fait d'“être capable de s'acquitter d'une obligation”. » Le rappel, par R.C. Sproul, de l'homme tombé dans la fosse et tenu de peindre une clôture alors même qu'il en était incapable, se trouve au cœur du dilemme des calvinistes. L'exemple de Sproul paraît indiquer qu'il demeure juste de tenir cet homme pour comptable, parce qu'il fut jadis capable de peindre la clôture. Pour un non-calviniste, l'illustration ne tient pas, car depuis notre petite enfance nous n'avons « jamais été capables de peindre la clôture ». Les calvinistes pourraient répondre que l'illustration vaut malgré tout, parce qu'Adam fut jadis capable de « peindre la clôture », et que cela tient lieu de notre propre capacité passée.



 

La justice et le calvinisme



   Le calviniste Curt Daniel écrit : « Sous-jacente à ces objections [contre la doctrine du calvinisme] se trouve l'objection secrète (et parfois avouée) : “Ce n'est pas équitable !” C'est là le pire de tout, car il s'agit d'une accusation directe contre Dieu. Cela suppose à tort que l'homme a des droits, alors qu'il n'en a aucun. » (Curt Daniel Biblical Calvinism p.10).


   Certains calvinistes (mais non tous) se montrent fort susceptibles dès qu'il s'agit du calvinisme. Une critique de leurs opinions théologiques est tenue pour une accusation contre Dieu lui-même. Pourtant, même les calvinistes susceptibles devraient s'intéresser à ce que dit l'Écriture, aussi bien qu'aux réfutations calvinistes de l'Écriture.


   L'un des points sur lesquels Curt Daniel a raison est que l'une des objections capitales que beaucoup opposent au calvinisme tient à ce qu'il fait apparaître Dieu comme inéquitable. Plus précisément, il paraît contredire ce que la parole de Dieu déclare de la justice de Dieu et de sa manière d'agir.


   Or, si quelqu'un se fait de la justice un critère étrange et que Dieu contredit ce critère, cela est sans conséquence. Mais les chrétiens affirment (ou devraient affirmer) que Dieu est non seulement juste, mais qu'il est juste selon son propre critère, révélé dans sa parole. Autrement dit, l'affirmation que Dieu est juste n'est pas une tautologie incompréhensible : Dieu est juste tel qu'il décrit lui-même la justice.



Bien des versets affirment, de manière générale, que Dieu est juste : 2 Thessaloniciens 1:6 ; Deutéronome 32:4 ; Romains 3:5 ; Hébreux 6:10


Dieu juge avec impartialité : 1 Pierre 1:17 ; ~Jacques 3:17.


Il n'y a pas de favoritisme auprès de lui : Romains 2:11 ; Colossiens 3:25 ; Éphésiens 6:9.

 

Plus précisément, il n'y a pas de favoritisme fondé sur

 

          la nationalité Actes 10:34-35

 

          l'appartenance juive ou non juive : Romains 2:10-11

 

          le sexe


Ézéchiel 18 montre qu'une personne n'est pas déclarée coupable du péché d'une autre. Certes, les hommes sont maudits par Adam, la condamnation est venue sur tous les hommes par Adam (Romains 5:18), et les hommes souffrent et peuvent être maudits en raison des actes d'autrui ; mais Ézéchiel 18 montre qu'au Jugement, Dieu ne prononce pas de culpabilité pour les actes d'un autre.


Le péché n'est pas imputé lorsqu'il n'y a point de loi.


Certains réprouvés éprouvent un certain désir de chercher Dieu.

 

Certes, ils peuvent chercher Dieu selon leurs propres conditions, à leur insu, leur recherche peut n'être pas sincère, etc. ; mais ils éprouvent à tout le moins un certain désir de chercher Dieu.


Deutéronome 21:8 les anciens de la ville la plus proche devaient sacrifier une génisse en cas de meurtre non élucidé, et le sang (de la victime) leur était pardonné. Il est probable que le crime avait été commis par quelqu'un de la ville ; mais les anciens, qui représentaient la ville, sont innocents parce qu'ils ignoraient qui l'avait commis.



Justice et générosité sélective en Matthieu 20.



Nulle possibilité de salut

Partie 1 sur 4


   Dieu a-t-il créé sur cette terre une multitude d'êtres humains n'ayant, de leur naissance à leur mort, aucune possibilité d'échapper à la torture éternelle dans l'étang de feu ? Les calvinistes répondent OUI ! La réponse à cette question constitue l'une des six différences capitales entre les chrétiens calvinistes et les chrétiens non calvinistes. Les calvinistes n'enseignent pas cette chose épouvantable par dépit ni par méchanceté, mais parce qu'ils croient que c'est là ce qu'enseigne l'Écriture. Le présent opuscule montrera ce que les calvinistes disent effectivement, pourquoi ils croient que Romains 9 l'enseigne, et pourquoi ils se trompent.


Citations calvinistes


« Bien des gens parlent comme si le salut était une sorte de droit de naissance. Et, oubliant que l'homme a eu puis perdu en Adam sa chance suprêmement favorable, ils nous informent que Dieu serait injuste s'il ne donnait pas à toutes les créatures coupables une possibilité d'être sauvées. » (Loraine Boettner The Reformed Doctrine of Predestination p.116.)


« Des multitudes furent laissées sans aucune chance d'entendre l'Évangile, et moururent par conséquent dans leurs péchés. Si Dieu avait eu l'intention de les sauver, il leur aurait sans nul doute envoyé les moyens du salut. » (ibid. p.117)

 

   Boettner distingue les réprouvés qui ont au moins accès aux moyens extérieurs de la grâce (entendre l'Évangile), et l'ensemble des réprouvés, qui n'ont intérieurement aucune possibilité de le recevoir. Notez que les réprouvés n'ont aucune possibilité, et que Dieu n'a nulle obligation d'en donner une à chacun.


   Toutefois, dans le même ouvrage, Boettner paraît se contredire à la page 120 : « Cela ne signifie pas, bien entendu, que tous les perdus subiront le même degré de châtiment. Nous croyons que, à partir d'un point zéro commun, il y aura tous les degrés de récompense et tous les degrés de châtiment, et que la récompense ou le châtiment d'une personne reposera, dans une certaine mesure, sur les possibilités qu'elle a eues en ce monde. » (Boettner p.120) Il renvoie ensuite à Luc 10:12-14 et 12:47,48

 

   Si le paragraphe précédent est exact (et je crois qu'il l'est), quelle sévérité le châtiment des perdus peut-il bien revêtir si, fondamentalement, aucun d'eux n'a eu de possibilité ? De plus, s'il existe des châtiments légers pour ceux qui n'ont eu aucune possibilité, alors, si tous les perdus sont tourmentés à jamais dans l'étang de feu, faut-il entendre qu'un moment « de fraîcheur » sera ménagé, au cours de ce tourment éternel, à ceux qui n'ont eu aucune possibilité d'accepter l'Évangile selon lequel le Christ est mort pour les hommes, mais non pour eux ?


Dieu manifeste-t-il une sorte de « grâce spéciale » envers certains des réprouvés ? Puisqu'ils ne l'acceptent pas, elle entraîne une responsabilité et une culpabilité accrues. Voir Jésus et la deuxième épître de Pierre.

 

 

L'offre d'après la Bible

 

 

 

 

 

L'expiation limitée


Nulle invitation ?


La quasi-totalité des calvinistes estiment que les chrétiens ne devraient pas dire ce qui suit :

 

   Le Christ est mort pour vous (peut-être ne l'est-il pas)

 

   Le Christ est mort pour chaque être humain sur la terre

 

   Jésus aime les petits enfants, tous les enfants du monde

 

   Dieu aime tout le monde

 

   Vous devriez offrir l'Évangile aux hommes


Bien des calvinistes affirment qu'il ne faut pas inviter les hommes à venir au Christ. D'autres calvinistes affirment qu'il faut les inviter.


A.W. Pink écrit : « Sur le caractère et le contenu de l'Évangile règne aujourd'hui la plus grande confusion. L'Évangile n'est pas une “offre” que des colporteurs de l'évangélisation feraient circuler à la ronde. L'Évangile n'est pas une simple invitation, mais une proclamation,… Il n'est demandé à personne de croire que le Christ est mort pour lui en particulier. … L'Évangile, en bref, est celui-ci : le Christ est mort pour les pécheurs, vous êtes pécheur, croyez au Christ et vous serez sauvé. » (p.209, italiques dans l'original). Notez la subtilité : puisque le Christ est mort pour les pécheurs et que vous êtes pécheur, un pécheur pourrait aisément penser que le Christ est mort pour lui. Or Pink estime en réalité que le Christ est mort pour certains pécheurs, dont vous faites peut-être partie, ou non. Pour compléter le tableau de sa pensée, Pink croyait qu'il fallait prêcher l'Évangile (p.210) et que nous devions être actifs, et non fatalistes, dans la prédication et dans l'œuvre chrétienne.

 

En net contraste avec cela, Jean Calvin écrivait : « La miséricorde de Dieu est offerte également à ceux qui croient et à ceux qui ne croient pas. » (Payne p.21)


Dans l'opuscule Sinners, Jesus Will Receive, l'avant-propos de James Boyce déclare : « À en juger par la manière dont les hyper-calvinistes envisagent aujourd'hui ces questions, Jésus a dû commettre une erreur en exposant si longuement l'Évangile à Nicodème, comme le rapporte Jean 3. … Nicodème n'était pas né de nouveau. Ainsi, selon la manière dont ces personnes raisonnent, Jésus aurait dû interrompre là l'entretien. “Reviens plus tard, quand tu seras né de nouveau”, aurait-il dû dire… Jésus savait précisément ce qu'il faisait. … Le pasteur Bill Payne, du Canada, le sait et voudrait que tous les autres calvinistes le sussent également : c'est pourquoi il a écrit ce petit ouvrage. Il est particulièrement affligé de voir tant de gens se servir d'une bonne théologie pour saper la responsabilité qui nous incombe, en tant que chrétiens, d'accomplir l'œuvre non moins bonne d'inviter les pécheurs à venir à Jésus-Christ. »


William Payne, dans son opuscule Sinners, Jesus will Receive, écrit à la p.23 : « Le problème du maintien de l'équilibre entre la foi réformée — dont la doctrine de l'expiation limitée fait partie — et l'offre universelle s'est également manifesté en Angleterre. On peut l'observer dans l'histoire d'Andrew Fuller, l'un des grands noms à jamais associés à celui de William Carey dans l'œuvre missionnaire. Fuller, né en 1754, avait été élevé sous un ministère marqué par le type de prédication qui ne croyait pas à l'offre universelle. C'était, selon l'expression de l'un d'eux, “une prédication à la manière de Gill”. Fuller fut appelé au pastorat à l'âge de vingt et un ans, et, au début de son ministère, il reçut de l'aide des écrits de Bunyan et de Gill. Il se rendit toutefois bientôt compte qu'une grande différence séparait les deux hommes. Tandis que tous deux adhéraient fermement à la théologie calviniste, expiation limitée comprise, Bunyan n'éprouvait manifestement aucune hésitation à inviter tous les pécheurs, en tout lieu, à venir au Christ, alors que Gill ne l'aurait jamais fait. Après beaucoup de prière et d'étude, Fuller parvint à la conclusion que Bunyan était scripturaire sur ce point et que Gill ne l'était pas. Les convictions de Fuller le conduisirent finalement à écrire le célèbre ouvrage intitulé The Gospel Worthy of All Acceptation, et ce fut le résultat direct de ce livre que Carey partît porter l'Évangile aux Indes… Nous ajouterons cette note en quittant ce bref aperçu historique : en s'écartant de la position hyper-calviniste, où il n'y avait pas d'offre gratuite de l'Évangile, des hommes tels que Boston et Fuller ne sont pas devenus arminiens ! » p.23


À la p.22, il écrit : « Que l'hyper-calvinisme eût alors gagné une grande partie de l'Église d'Écosse, cela est attesté par le fait que la réédition de la Moelle suscita un grand émoi et fut condamnée par l'assemblée générale de l'Église d'Écosse. »






Pour compléter le tableau de la pensée de Payne, celui-ci précise que l'invitation adressée aux pécheurs à venir au Christ ne doit pas être confondue avec un appel à l'autel (p.8), et il se déclare opposé aux appels à l'autel.


La Confession de foi de Westminster déclare : « Il offre gratuitement aux pécheurs la vie et le salut par Jésus-Christ, exigeant d'eux la foi en lui afin qu'ils soient sauvés. »


Curt Daniel


La Bible


Si l'on pouvait cesser d'être chrétien, alors le Christ aurait échoué à accomplir la volonté du Père. Drawn by the Father p.40




Quelques intuitions calvinistes heureuses


   Bien que je ne sois pas calviniste, je sais apprécier certaines des intuitions justes et utiles des calvinistes. En voici quelques-unes.

 

« De même qu'il faut que le soleil dégage autant de chaleur pour qu'une seule plante pousse sur la terre que pour que la terre entière se couvre de végétation, de même il fallait que le Christ souffrît autant pour qu'une seule âme fût sauvée que pour qu'un grand nombre, voire l'humanité entière, le fût. » (Boettner p.152)



Faut-il choisir un extrême ?


   Un ami me demanda un jour si j'étais plutôt calviniste ou plutôt arminien. Je lui répondis que cela revenait à me demander de laquelle de deux simplifications outrancières et insuffisantes je souhaitais me rapprocher. De même qu'aucune courbe ne saurait embrasser convenablement un objet à trois dimensions, l'une et l'autre échouent à « rendre justice » aux trois dimensions que sont la souveraineté, la responsabilité et le libre exercice dont nous répondons.


« Ceux qui s'attachent à des idoles vaines renoncent à la grâce qui pourrait être la leur. » Jonas 2:8 (NIV)


Les calvinistes estiment que l'idée d'une déception chez la Divinité contredit la souveraineté de Dieu.


Responsable à la mesure des possibilités que l'on a reçues.

 

Non


Si ces paroles doivent être prises au sens calviniste, il s'ensuit que la tristesse de Jésus n'est pas sincère. Je suggère qu'il n'y a de problème que si l'on suppose que la souveraineté de Dieu interdit à Dieu de tolérer la moindre déception.


Dieu veut que tous soient sauvés. 1 Timothée 2:4



Conclusion


Les chrétiens non calvinistes et bien des chrétiens calvinistes (mais non les hyper-calvinistes) peuvent s'accorder sur ce qui suit. La croix de Jésus comporte des aspects universels et des aspects définis. Les aspects universels sont les suivants :

 

   il est ordonné à tous d'obéir à l'Évangile de Jésus (1 Thessaloniciens &&&)

 

   Il doit être prêché à tous

 

   Tous doivent être invités à venir

 

   la croix était suffisante pour sauver l'humanité entière (Boettner p.152)

 

 On ne saurait assigner de limite à la valeur ni à la puissance de l'expiation (Boettner p.151)


Les aspects définis sont les suivants :

 

  Avant la création de la terre, Dieu connaissait tous ceux qui seraient sauvés

 

  Avant la création de la terre, Dieu connaissait tous ceux qui seraient perdus

 

  La croix était efficace pour sauver les seuls élus (Boettner p.152)









L'auteur du péché


Job 34:10,12 ; Genèse 18:25 ; Deutéronome 32:4 ; 1 Jean 2:16 ; 1 Jean 1:5


non la cause prochaine ni efficiente du péché (Boettner p.241,249)



« Dieu n'est pas davantage l'auteur du péché. » (Confession de Westminster III:1)

 

« Dieu n'est pas l'auteur du péché » Pink p.252


Le calviniste William Tucker écrit : « Quelle qu'ait été la cause première ou l'occasion du péché, elle doit être entièrement exempte de faute ou de blâme ; car s'il y avait faute ou blâme dans la cause, le péché devait s'y trouver, et il s'ensuivrait cette contradiction flagrante que le péché aurait existé avant d'exister. Or cela était impossible. C'est pourquoi Dieu peut être la cause première ou l'occasion du péché tout en étant absolument exempt de faute ou de blâme. » Curt Daniel, p.230, ajoute : cela s'accorde aux données bibliques avec une logique inéluctable.


Daniel ajoute que Dieu n'approuve pas le péché et qu'il n'en est pas l'« auteur blâmable ». (p.226)


Je laisserai au lecteur le soin de comprendre, à titre d'exercice, cette logique inéluctable.


« mais lorsqu'il [Dieu] décrète que le péché aura lieu, sa volonté secrète ne concerne que la survenue effective de celui-ci, afin qu'elle serve son bon dessein. » (Pink p.245) Il faut présumer que Dieu décrète les moyens du péché aussi bien que ses fins.


« non seulement son œil omniscient a vu Adam manger du fruit défendu, mais il a décrété d'avance qu'il devait le faire. » Pink p.249


« bien que Dieu ait décrété les péchés de l'homme, l'homme est pourtant tenu de ne pas les commettre et blâmable de les commettre. » (Pink p.252)


Responsables en vertu du décret, et non de la seule non-intervention


Calvinistes et non-calvinistes s'accordent à dire que Dieu pourrait empêcher le péché, mais choisit de ne pas le faire. (Boettner p.241 ; Floyd E. Hamilton, cité par Boettner p.241) Cela peut servir d'écran de fumée devant la question essentielle : les calvinistes croient que Dieu est la cause ultime du péché ; est-il donc ultimement responsable de ce qu'il a décrété ?


Comme le dit Boettner (p.240) : « À moins que le péché ne survienne conformément au dessein divin et à la permission de Dieu, il survient par hasard. » Or il ne croit pas qu'il survienne par hasard.


(Boettner p.238) « Nous croyons que Dieu gouverne réellement les affaires des hommes, que ses décrets sont absolus et qu'ils englobent tous les événements. »


Cinq questions aux calvinistes


1. Dieu a-t-il activement décrété chaque événement ?


2. Dieu est-il ultimement responsable de tout ce qu'il décrète ?


3. Dans la négative, de quels décrets Dieu est-il responsable, et de quels décrets ne l'est-il pas ?


4. Comment Dieu peut-il être la cause première, volontaire et active, de choses dont il n'est pas responsable, tels les décrets « mauvais » ?


5. Pourquoi Dieu ne pourrait-il décréter seulement de permettre certaines choses, au lieu de devoir en décréter activement certaines, ainsi que l'enseigne le calviniste Charles Hodge ? Cela répondrait efficacement aux questions précédentes.


   Qu'il n'y ait pas de malentendu : il ne faut voir là ni critique, ni accusation, ni attaque contre notre précieux Seigneur ou contre les doctrines qu'il a révélées dans la Bible. L'erreur doit être mise au jour, même lorsqu'elle se dissimule sous la prétention de la vérité. Il ne s'agit pas d'une attaque contre l'ensemble du calvinisme, puisque Charles Hodge pourrait répondre aisément à toutes ces questions. Il s'agit plutôt d'une critique adressée à un raisonnement négligent.


Le calvinisme est reconnu incohérent


Les calvinistes affirment souvent que tout autre système que le calvinisme est incohérent. Par exemple : « Seul le schéma infralapsaire [calviniste] est cohérent avec lui-même ou cohérent avec les autres faits. » (Boettner p.127)


D'autres, cependant, s'expriment différemment.


« J. I. Packer observe : “Il s'agit d'une incompatibilité apparente entre deux vérités apparentes. Il y a antinomie lorsque deux principes se dressent côte à côte, en apparence inconciliables, et pourtant tous deux indéniables … Vous voyez que chacun doit être vrai pris à part, mais vous ne voyez pas comment tous deux peuvent être vrais ensemble.” » (Curt Daniel p.213)


Curt Daniel (p.213) écrivait : « Il devrait être évident qu'il s'agit là d'un grand paradoxe. La souveraineté divine et la responsabilité humaine sont toutes deux vraies, mais nous ne voyons pas entièrement comment. Elles sont comme deux droites parallèles, ou comme les deux faces d'une même pièce. Elles sont complémentaires, non contradictoires. Mais nous ne voyons pas entièrement comment. Et nous ne le pouvons pas. »


« Comme on lui demandait comment il conciliait les deux, C. H. Spurgeon répondit : “Je n'essaie jamais de réconcilier des amis.” » (Curt Daniel p.213)


Abraham Kuyper fit un jour remarquer que le rapport souveraineté/responsabilité « n'est pas exactement un paradoxe, mais plutôt un “hyperdoxe”. … “Para” signifie à côté, “hyper” signifie au-dessus. » (Daniel p.213)



Aucune incohérence ?


   Un hyper-calviniste, W. J. Styles, écrit : « Puisque la responsabilité humaine et la souveraineté divine ne comportent pas simplement un paradoxe, mais se détruisent l'une l'autre, l'une des deux doit être fausse. » Styles affirmait également que l'absence de foi n'est pas un péché. (Curt Daniel p.214). Peu de calvinistes vont toutefois jusqu'à cette extrémité.


   Un calviniste qui, tout en reconnaissant des difficultés solubles et la nécessité d'un « équilibre de la vérité », n'admet aucun paradoxe ni aucune incohérence, est A.W. Pink. Voici ce qu'il a écrit.


« Il décrète que le péché aura lieu ; sa volonté secrète ne concerne que la survenue effective de celui-ci, afin qu'elle serve son bon dessein. Ainsi la volonté secrète et la volonté révélée de Dieu portent sur des objets entièrement différents. La volonté de décret de Dieu n'est pas sa volonté au même sens que sa volonté de commandement. Il n'y a donc aucune difficulté à supposer que l'une puisse être contraire à l'autre. Sa volonté, aux deux sens, est son inclination.

 

           …

 

Que Dieu veuille permettre le péché est évident, puisqu'il le permet effectivement. Assurément, nul ne dira que Dieu lui-même fait ce qu'il ne veut pas faire. » (Pink p.246)

 

   En résumé : Dieu décrète que le péché ait lieu, il commande qu'il n'ait pas lieu, sa volonté secrète et sa volonté révélée sont contraires l'une à l'autre, mais elles n'entrent pas en conflit, ainsi que le prouve le fait que la volonté révélée sert à accomplir la volonté secrète. Il est laissé au lecteur, à titre d'exercice, de constater qu'il n'y a là aucune difficulté.




 

Le Dr J. Gresham Machen (Boettner p.333) : « Un calviniste est contraint de tenir la théologie arminienne pour un appauvrissement grave de la doctrine scripturaire de la grâce divine ; et tout aussi grave est le jugement que l'arminien doit porter sur les doctrines des Églises réformées. » Christianity and Liberalism, p.51.



Pour certains, Jésus n'est pas l'unique chemin vers Dieu : il n'y a aucun chemin.


À la p.221, il écrit que nous devons prier non pour informer Dieu, mais parce que Dieu nous l'ordonne, que Dieu se sert de nos prières pour accomplir ses desseins, et qu'il s'agit d'un privilège insigne autant que d'un devoir, encore qu'un grand mystère y demeure. Jusque-là, rien à redire.


Robert Dabney disait : « La prière n'est pas destinée à produire un changement en Dieu, mais en nous. »


La prière change-t-elle quelque chose ? Si oui, qu'est-ce qui change lorsque nous prions ? Certains calvinistes répondent que le seul changement se produit chez celui qui prie.





 

Dix questions aux calvinistes


Étant entendu qu'une personne sera sauvée si et seulement si Dieu le décrète, devons-nous prier pour qu'une personne soit sauvée ? Actes 26:29 ??


Nous pouvons tous convenir avec Boettner que la prédestination [biblique] n'est pas le fatalisme. Toutefois, lorsque des auteurs tels que Boettner et Pink parlent de la souveraineté de Dieu en des termes qui interdisent à Dieu de tolérer le moindre détail échappant à son décret exprès, ils s'exposent au reproche de fatalisme théiste.


Cette incohérence n'est apparemment guère reconnue. De fait, The Concise Evangelical Dictionary of Theology, à l'entrée « fatalisme », décrit un fatalisme non théiste. À l'entrée « liberté, libre arbitre et déterminisme », il décrit une forme de fatalisme qu'il nomme déterminisme théologique, dans lequel tous les événements sont déterminés par Dieu, ainsi que l'enseignent des théologiens tels que Jonathan Edwards.


La régénération antérieure à la repentance


En contraste avec cela, voir Luc 11:13, qui déclare : « …à combien plus forte raison votre Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ! »


double prédestination, versus le fait de passer les autres sous silence Erickson p.917-918


La réprobation, un « décret horrible », Calvin, Institution de la religion chrétienne, livre 3 ch.23 section 7.




OFFRE Tite 2:11



Tous doivent obéir à l'Évangile 1 Pierre 4:17 ; 2 Thessaloniciens 1:8



Versets semi-pélagiens … vous êtes jugés dignes

 

2 Thessaloniciens 1:5,11



Quand « tous » signifie-t-il « tous » ?


Galates 6:10 « …pratiquons le bien envers tous, et surtout envers ceux qui appartiennent à la famille des croyants. »

 

Éphésiens 4:6 Un seul Dieu et Père de tous. Voir aussi Éphésiens 3:14

 

Hébreux 12:14 faites tous vos efforts pour vivre en paix avec tous les hommes

 

Hébreux 12:23 Dieu est le juge de tous les hommes

 

Tite 2:11 Car la grâce de Dieu, source de salut, est apparue à tous les hommes.


Hébreux 9:7 des sacrifices pour les péchés commis par ignorance


Hébreux 6:10 « Dieu n'est pas injuste ; il n'oubliera pas votre œuvre ni l'amour que vous avez montré pour son nom, en assistant ses saints et en les assistant encore. »

 

2 Thessaloniciens 1:6 Dieu est juste.

 

Éphésiens 6:9 il n'y a pas de favoritisme auprès de Dieu

 

Dieu ne juge pas d'après l'apparence extérieure, mais d'après le cœur. Galates 2:6 ; 1 Samuel 16:7

 

« On ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi. » Galates 6:7


Hébreux 2:3 « …comment échapperons-nous si nous négligeons un si grand salut ? » Cela implique que nous avons la capacité de choisir de négliger ce salut ou non.



Expiation limitée : « par la grâce de Dieu, il a souffert la mort pour tous. En conduisant à la gloire beaucoup de fils… » Hébreux 2:9,10



mort à la loi afin de vivre pour Dieu. Galates 2:19

 

ont crucifié la nature pécheresse. Galates 5:24


« …le monde entier est prisonnier du péché » Galates 3:22

 

prisonniers de la loi Galates 3:23

 

esclavage sous les rudiments du monde. Galates 4:3


Hébreux 2:18 Jésus est capable de secourir ceux [les hommes] qui sont tentés. Il n'est donc pas vrai que Jésus soit incapable de secourir les perdus qui sont tentés.


La nécessité de veiller


1 Timothée 6:20

 

2 Pierre 1:10


1 Timothée 1:13 Paul obtint miséricorde parce qu'il avait agi par ignorance et par incrédulité.


Combattre

 

1 Timothée 1:18 ; 6:21


1 Timothée 5:21 Ne rien faire par partialité ni par favoritisme


Dieu peut être rejeté. 1 Thessaloniciens 4:8


1 Thessaloniciens 2:15 certains déplaisent à Dieu


certains croyants sont destinés à des épreuves déterminées. 1 Thessaloniciens 3:3


Éphésiens 3:12 « nous pouvons nous approcher de Dieu avec liberté et confiance »


Galates 1:6 certains peuvent abandonner Dieu


Galates 2:4 La liberté que nous avons dans le Christ Jésus



Justice : l'héritage fait partie de ces choses que

 

« Dieu, dans sa grâce, a données à Abraham par une promesse » (Galates 3:18)


Galates 5:1 « C'est pour la liberté que le Christ nous a affranchis. »

 

Galates 5:13 n'usez pas de votre liberté pour satisfaire la nature pécheresse


Tout ne vient pas de Dieu.

 

Le mauvais enseignement n'en vient pas Galates 5:8

 

La tentation n'en vient pas Jacques


Chose curieuse, certaines illusions en viennent finalement



Le mot « robot » provient d'une pièce de Karel Čapek, dramaturge bohémien, Rossum's Universal Robots, de 1921. Il vient du mot tchèque robota, qui signifie « travail ».


Les chrétiens travaillent avec beaucoup d'ardeur — prédication, formation de disciples, prière, etc. — pour accomplir ce que Dieu a décrété devoir certainement arriver. Pourquoi ?


Ignorance : Dieu ne nous a pas fait connaître ses décrets.


 Si nous les connaissions, nous n'aurions pas besoin de travailler si ardemment



Un serpent peut tuer un homme, mais un serpent n'est pas puni éternellement pour ce qu'il a été fait pour faire. Nous, en revanche, sommes responsables. Pourquoi ? Pink (p. &&&) répond que c'est parce que nous possédons tous la connaissance et que nous sommes des créatures rationnelles.




Mormons Nombres 23:19 sortes de



Pink, un critère fondamental d'orthodoxie ?



Libre arbitre 1. choix ou décision volontaire <je fais cela de mon plein gré> 2 : liberté qu'ont les hommes de faire des choix qui ne sont déterminés ni par des causes antérieures ni par une intervention divine

 

Webster's Ninth New Collegiate Dictionary, Merriam-Webster, 1989.


Notez d'abord que le texte dit déterminés par des causes antérieures ou une intervention divine. Il ne dit pas que les causes antérieures et l'intervention divine n'influencent pas nos choix.


Notez qu'il ne précise pas si les hommes peuvent prendre certaines décisions, ou bien toutes leurs décisions, sans qu'elles soient déterminées par des causes antérieures ou par une intervention divine. Il y a donc là une ambiguïté. L'un pourra dire qu'il croit au libre arbitre parce qu'il estime qu'au moins certaines de nos décisions ne sont déterminées ni par des causes antérieures ni par une intervention divine. Un autre pourra dire qu'il n'y croit pas, parce qu'il n'estime pas que chacun de nos choix échappe à la détermination par une cause antérieure ou une intervention divine.


Régénéré (1541) 2 : spirituellement né de nouveau ou converti.


Arminien (1598) relatif à Arminius ou à ses doctrines, qui s'opposent à la prédestination absolue du calvinisme strict et soutiennent la possibilité du salut pour tous.


Voyez-vous, la notion de « saints » est un concept biblique : tous les chrétiens sont les saints de Dieu. L'Église catholique croit aux saints, mais elle a profondément faussé la définition du terme. Bien qu'elle puisse reprocher aux protestants de ne pas croire aux saints, les protestants y croient : la définition, simplement, est tout autre.


La « souveraineté de Dieu » est un concept biblique : rien n'advient que ce que Dieu permet, et Dieu décrète activement et accomplit tout ce qu'il choisit. Les calvinistes croient à la souveraineté de Dieu, mais beaucoup d'entre eux ont profondément faussé la définition du terme, lui faisant signifier que Dieu doit activement ordonner [c'est-à-dire choisir] chaque détail de chaque événement qui advient.



Les humains sont-ils tenus pour coupables de la faute d'Adam ? Matériaux complémentaires

 

Pour aller plus loin


Sur les diverses conceptions du péché originel, on pourra lire les ouvrages suivants :


Christian Theology, de Millard Erickson. Baker Books 1985.


Boettner, Loraine. The Reformed Doctrine of Predestination. Presbyterian and Reformed Publishing Co. 1932.


Geisler, N. et T. Howe. When Critics Ask. Victor Books 1992.


Kelly, J.N.D. Early Christian Doctrines. Harper & Row 1978.


Portée limitée de ces quatre exposés


On pourrait lire ce chapitre consacré au péché d'Adam et en tirer des conclusions injustifiées.


   Si donc nous ne sommes pas coupables des péchés d'Adam, faut-il en conclure que tout le calvinisme s'effondre ? Non, nous ne l'avons pas démontré. Outre ce point et celui du contrôle fataliste total, il subsiste trois autres différences capitales entre le calvinisme et le non-calvinisme, lesquelles pourraient concevablement demeurer valides même si ces prémisses tombaient.


   Si nous ne sommes pas coupables des actes d'Adam, faut-il en conclure que la nature humaine n'est pas dépravée, faute de péché originel ? Non : à cause du péché d'Adam, nous avons tous une nature pécheresse qui entraîne la condamnation aussi sûrement que si nous étions jugés coupables du péché d'Adam.


Le péché originel — matériaux complémentaires


Andreas Karlstadt


« …Karlstadt ne passe pas sous silence les paroles du Christ aux enfants en Matthieu 18 ; il lui faut donc rejeter l'imputation du péché d'Adam. Dans Sabbat, la pénitence humaine pour le péché d'Adam est mentionnée sous la forme du travail à la sueur de son front. Les conséquences du péché d'Adam demeurent, mais le péché lui-même n'est pas imputé. » p.110


Ambroise de Milan Expos. ev. Luc. 7:234. Sur la mort de Satyre II 6 (p.175)


(Ambroise croyait également que l'Adam d'avant la Chute était un être céleste, respirant un air éthéré. Nos péchés personnels sont remis lors du baptême, et le péché originel est remis par le lavement des pieds.)


Malheureusement, Athanase croyait lui aussi qu'on pouvait être rendu exempt de péché en cette vie, et que, par la grâce de Dieu, Jean-Baptiste et Jérémie furent exempts de péché dès le sein maternel ! Quatre discours contre les ariens III 33 p.411))


Catéchisme de l'Église catholique


« …leur inclination au mal et à la mort ne peuvent être comprises sans lien avec le péché d'Adam et avec le fait qu'il nous a transmis un péché dont nous sommes tous atteints à la naissance, un péché qui est la “mort de l'âme”. En raison de cette certitude de foi, l'Église baptise pour la rémission des péchés même les tout petits enfants qui n'ont pas commis de péché personnel. » (d'après le concile de Trente DS 1514.) point 403 p.102.


« Et c'est pourquoi le péché originel n'est appelé “péché” que de façon analogique : il est un péché “contracté” et non “commis”, un état et non un acte. » point 404 p.102.


Voir également le point 402 p.101.

 


Tous les chrétiens véritables conviennent que tous les hommes, hormis Jésus, pèchent et possèdent une nature pécheresse. Cette nature corrompue et pécheresse a été héritée d'Adam et Ève lors de la Chute. Le cœur, la volonté et l'intelligence en sont tous atteints. De même que l'ivresse et les stupéfiants détruisent les cellules cérébrales, altèrent le jugement, suscitent chez l'homme le besoin d'en reprendre et rendent la sobriété difficile à choisir, de même le péché a radicalement altéré l'humanité.


   Tous les chrétiens conviennent que les hommes ont à répondre devant Dieu de leurs actes pécheurs et de leurs désirs pécheurs ; mais avons-nous également à répondre devant Dieu des péchés d'Adam, d'Ève et de nos ancêtres ?


   Ambroise de Milan (340-397 apr. J.-C.), Des mystères 6 (p.321), présente la culpabilité d'Adam comme ôtée après le baptême par le lavement des pieds.


   Peut-être, il est vrai, ne pouvons-nous souscrire à tout cela. Les calvinistes affirment souvent que la repentance et la foi en Jésus ne sont pas requises pour le salut, mais la grâce seule. Pour certains calvinistes, la repentance et la foi sont des « œuvres » qui n'entrent pas plus que les autres œuvres dans le fait d'être sauvé ; et, bien entendu, nous ne sommes pas sauvés par les œuvres. Ce sujet est toutefois réservé à un autre exposé.


   Peut-être, il est vrai, ne pouvons-nous souscrire à tout cela. Les calvinistes enseignent souvent l'erreur selon laquelle la foi ne serait qu'une œuvre de plus, contrairement à Romains 3:27 ; 4:5, Galates 2:16 ; 3:2-14 et Éphésiens 2:8. Ce sujet est toutefois réservé à un autre exposé.




Calvinisme modéré — ou : Pink et Gill sont-ils vraiment calvinistes ?



Jérémie 17:4 « Par ta propre faute tu perdras l'héritage que je t'avais donné… »


Pourquoi le calvinisme supralapsaire est erroné — par un calviniste infralapsaire


« Il n'est pas conforme aux idées que l'Écriture donne de Dieu que des hommes innocents, des hommes qui ne sont pas envisagés comme pécheurs, soient prédestinés à la misère et à la mort éternelles. Les décrets concernant les sauvés et les perdus ne doivent pas être considérés comme fondés sur une souveraineté purement abstraite. Dieu est véritablement souverain, mais cette souveraineté ne s'exerce pas de manière arbitraire. Il s'agit plutôt d'une souveraineté qui s'exerce en harmonie avec ses autres attributs, en particulier sa justice, sa sainteté et sa sagesse. Dieu ne peut commettre le péché ; à cet égard il est limité, quoiqu'il fût plus exact de parler de son incapacité à pécher comme d'une perfection. Il y a certes du mystère dans l'un et l'autre système (calvinisme infralapsaire et calvinisme supralapsaire) ; mais le système supralapsaire paraît franchir les bornes du mystère pour entrer dans la contradiction. » (Loraine Boettner p.128)


« Le supralapsarisme verse dans un extrême aussi grand, d'un côté, que l'universalisme de l'autre. » (Loraine Boettner p.127)




Introduction


A.W. Pink et John Gill sont-ils réellement calvinistes ? Bon nombre de calvinistes répondraient « oui » ; mais lisez une autre conception du calvinisme.


« Il est également capital de considérer la prédestination à la lumière de la Chute. Tous les chrétiens conviennent que le décret divin de prédestination fut arrêté avant la Chute. Certains soutiennent que Dieu a d'abord prédestiné les uns au salut et les autres à la damnation, puis décrété la Chute afin de s'assurer que certains périraient. Cette conception effroyable est parfois même attribuée au calvinisme. Une telle idée répugnait à Calvin et répugne tout autant à tous les calvinistes orthodoxes. On l'appelle parfois “hyper-calvinisme”. Mais c'est encore là une injure. Cette conception n'a rien à voir avec le calvinisme. Loin d'être de l'hyper-calvinisme, c'est de l'anti-calvinisme. » R.C. Sproul Chosen by God 1987 p.96.


D'un autre côté, A.W. Pink écrit : « …non seulement Dieu avait une parfaite prescience de l'issue de l'épreuve d'Adam, non seulement son œil omniscient a vu Adam manger du fruit défendu, mais il a décrété d'avance qu'il devait le faire. Cela ressort non seulement du fait général que rien n'advient hormis ce que le Créateur et gouverneur de l'univers a éternellement voulu, mais encore de la déclaration expresse de l'Écriture selon laquelle le Christ, en tant qu'Agneau, “fut en vérité prédestiné avant la fondation du monde” (1 Pierre 1:20). » (A.W. Pink The Sovereignty of God p.249, italiques dans l'original)


   Le propos du présent exposé n'est pas de couper les cheveux en quatre sur des questions de terminologie, mais de poser honnêtement la question : « La majorité des calvinistes devrait-elle recommander les écrits de Pink, de Gill et d'autres extrémistes, ou bien trouveraient-ils leurs enseignements répugnants, eux aussi ? »



Qui sont les supralapsaires ?


   Dans The Evangelical Dictionary of Theology (W.A. Elwell), à l'entrée « supralapsarisme », on lit : « Le terme “supralapsarisme” vient des mots latins supra et lapsus ; le décret de prédestination était tenu pour “au-dessus” (supra) ou logiquement “antérieur” au décret concernant la chute (lapsus), tandis que les infralapsaires le tiennent pour “au-dessous” (infra) ou logiquement “postérieur” au décret concernant la chute. »


   Loraine Boettner (The Reformed Doctrine of Predestination p.126-127) explique ainsi la différence : « Selon la conception infralapsaire, l'ordre des événements était le suivant : Dieu se propose (1) de créer ; (2) de permettre la chute ; (3) d'élire à la vie et à la félicité éternelles une grande multitude tirée de cette masse d'hommes déchus, et de laisser les autres, comme il a laissé le Diable et les anges déchus, subir le juste châtiment de leurs péchés ; (4) de donner son Fils, Jésus-Christ, pour la rédemption des élus ; … Selon la conception supralapsaire, l'ordre des événements était : (1) élire à la vie certains hommes créables (c'est-à-dire des hommes qui devaient être créés) et en condamner d'autres à la destruction ; (2) créer ; (3) permettre la chute ; (4) envoyer le Christ pour racheter les élus ;… »


   Parmi les supralapsaires influents, on compte Théodore de Bèze, le principal adversaire d'Arminius, Franciscus Gomarus, John Gill et A.W. Pink.



Sproul n'est pas seul


R.C. Sproul n'est pas une voix isolée parmi les calvinistes : Loraine Boettner tient des propos analogues. Dans The Reformed Doctrine of Predestination p.128-129, Boettner affirme qu'un calviniste sur cent seulement est supralapsaire, mais que les supralapsaires n'en sont pas moins de véritables calvinistes.


À la p.127, Loraine Boettner écrit : « Le supralapsarisme verse dans un extrême aussi grand, d'un côté, que l'universalisme de l'autre. Seul le schéma infralapsaire est cohérent avec lui-même ou cohérent avec les autres faits. »


William Payne, dans son opuscule Sinners, Jesus will Receive, écrit à la p.23 : « Le problème du maintien de l'équilibre entre la foi réformée — dont la doctrine de l'expiation limitée fait partie — et l'offre universelle s'est également manifesté en Angleterre. On peut l'observer dans l'histoire d'Andrew Fuller, l'un des grands noms à jamais associés à celui de William Carey dans l'œuvre missionnaire. Fuller, né en 1754, avait été élevé sous un ministère marqué par le type de prédication qui ne croyait pas à l'offre universelle. C'était, selon l'expression de l'un d'eux, “une prédication à la manière de Gill”. Fuller fut appelé au pastorat à l'âge de vingt et un ans, et, au début de son ministère, il reçut de l'aide des écrits de Bunyan et de Gill. Il se rendit toutefois bientôt compte qu'une grande différence séparait les deux hommes. Tandis que tous deux adhéraient fermement à la théologie calviniste, expiation limitée comprise, Bunyan n'éprouvait manifestement aucune hésitation à inviter tous les pécheurs, en tout lieu, à venir au Christ, alors que Gill ne l'aurait jamais fait. Après beaucoup de prière et d'étude, Fuller parvint à la conclusion que Bunyan était scripturaire sur ce point et que Gill ne l'était pas. Les convictions de Fuller le conduisirent finalement à écrire le célèbre ouvrage intitulé The Gospel Worthy of All Acceptation, et ce fut le résultat direct de ce livre que Carey partît porter l'Évangile aux Indes… Nous ajouterons cette note en quittant ce bref aperçu historique : en s'écartant de la position hyper-calviniste, où il n'y avait pas d'offre gratuite de l'Évangile, des hommes tels que Boston et Fuller ne sont pas devenus arminiens ! » p.23


À la p.22, il écrit : « Que l'hyper-calvinisme eût alors gagné une grande partie de l'Église d'Écosse, cela est attesté par le fait que la réédition de la Moelle suscita un grand émoi et fut condamnée par l'assemblée générale de l'Église d'Écosse. »


A. W. Pink


Dans son ouvrage The Sovereignty of God, A.W. Pink affirme qu'il n'est pas hyper-calviniste (p.105, 261) ; mais dans la dernière phrase du livre, p.261, il écrit qu'il préférerait être appelé « hyper-calviniste plutôt que d'être trouvé reniant la vérité de Dieu en réduisant l'expiation divinement efficace à une pure fiction » (c'est-à-dire en croyant que le Christ est mort pour tous mais que cela n'est efficace que pour ceux qui croient). La plupart des calvinistes ne diraient PAS qu'il vaut mieux tomber dans l'hérésie de l'hyper-calvinisme que dans l'arminianisme.


Si Pink affirme que nous devons prêcher l'Évangile à toute créature (p.102, 209), il écrit aussi à la p.209 : « L'Évangile n'est pas une “offre” que des colporteurs de l'évangélisation feraient circuler à la ronde. L'Évangile n'est pas une simple invitation, mais une proclamation, … Il n'est demandé à personne de croire que le Christ est mort pour lui en particulier. L'Évangile, en bref, est celui-ci : le Christ est mort pour les pécheurs, vous êtes pécheur, croyez au Christ et vous serez sauvé. »


 Jonas 2:8 « Ceux qui s'attachent à des idoles vaines renoncent à la grâce qui pourrait être la leur. » (NIV)



Aspects universels et aspects limités de l'expiation


Commentant Marc 14:24, Jean Calvin écrivait : « “Ceci est mon sang, qui a été répandu pour la multitude” ne désigne pas seulement une partie du monde, mais le genre humain tout entier. » vol.3 p.128-139


Un calviniste (Boettner, je crois) a écrit que l'on débat de la question de savoir si Calvin enseignait une expiation universelle ou limitée. Peut-être « ce débat » tient-il à ce que certains ne comprennent pas que Calvin (et la Bible) enseignent l'une et l'autre.


Le Christ a souffert et est mort pour tous ceux à qui l'offre de l'Évangile est sincèrement adressée. Sa souffrance ne fut en rien moindre que ne le soutiennent ceux qui ne tiennent qu'à l'expiation universelle. Toutefois, puisque Dieu connaissait d'avance les élus, l'expiation n'est appliquée qu'aux péchés de ceux qui, par la foi, mettent leur confiance dans le Christ.


Curt Daniel, qui professe le calvinisme infralapsaire, traite fort bien du caractère complémentaire des deux aspects dans sa thèse (p.371)


L'argument du double paiement


A. Voici un autre argument qui demande à être affiné. On peut aisément en mésuser. Il se résume dans les vers célèbres du cantique d'A.M. Toplady, « Rock of Ages » : « Dieu ne saurait exiger deux fois le paiement, d'abord de la main de ma caution ensanglantée, puis de la mienne. » Si le Christ a acquitté la dette de tous les hommes, alors tous les hommes doivent nécessairement être sauvés. Si quelqu'un va en enfer, Dieu exige donc deux fois le paiement : d'abord à la croix, puis en enfer.


B. Mais cet argument présente des faiblesses. Premièrement, il n'est nulle part enseigné dans l'Écriture, ni explicitement ni implicitement. Pourquoi Dieu ne pourrait-il tenir les hommes pour plus coupables encore en raison de la mort du Christ ? Je reformulerais l'argument comme suit. Le Christ est mort, en un sens, pour tous les hommes. À certains est donné le don de la foi pour croire au Christ crucifié, et cela ratifie le paiement de leur dette. Les autres ne reçoivent pas la foi, car l'expiation ne leur est jamais appliquée. Faut-il en conclure que leur dette a été intégralement acquittée ? Non : cela signifie que le compte n'a jamais été définitivement soldé. Le paiement potentiel les concernant n'a jamais été ratifié. Mais puisqu'il y a eu paiement en un certain sens, cela redouble leur condamnation. Calvin parlait de telles personnes comme étant « doublement coupables ». Elles sont châtiées, d'abord pour leurs péchés, ensuite parce que le Christ a pourvu à un paiement qu'elles n'ont jamais accepté.


C. L'argument du double paiement sous-tend le célèbre argument du « triple choix » de John Owen, à savoir : le Christ est mort ou bien (1) pour tous les péchés de tous les hommes, (2) pour tous les péchés de certains hommes, ou (3) pour certains des péchés de tous les hommes. Il soutenait ensuite que : (1) si la première branche était exacte, pourquoi tous les hommes ne sont-ils pas sauvés ? (2) si la troisième était exacte, nul homme ne serait sauvé, car il resterait toujours des péchés inscrits au registre. (3) Par conséquent, seule la deuxième peut être vraie, à savoir que le Christ est mort pour tous les péchés des seuls élus.


D. Cela paraît d'une logique impeccable, mais présente des failles. Premièrement, l'Écriture ne dit jamais qu'un homme va en enfer parce qu'aucune expiation n'a été pourvue pour lui. Elle dit plutôt que certains hommes périssent et que leur châtiment est aggravé parce qu'ils ont rejeté l'expiation. Deuxièmement, les raisons pour lesquelles les hommes sont dits périr sont au nombre de deux : (A) ils n'ont pas été choisis ; (B) ils n'ont pas cru. Troisièmement, on pourrait objecter qu'en un sens le Christ est mort pour tous les hommes, mais qu'IL ne l'applique pas à tous les hommes. La limitation ne tenait pas à ce qui a été pourvu, mais à l'élection et à l'application.


9. Conclusion.


A. De même que l'aspect universel de l'expiation n'annule pas l'aspect particulier, de même l'aspect particulier n'annule pas l'aspect universel. Dans l'étude précédente, nous avons montré qu'il est un sens auquel le Christ est mort pour tous. Dans la présente étude, il est un sens auquel il est mort tout spécialement pour son épouse, par une grâce particulière, selon l'alliance de la rédemption.



 

Qu'est-ce qui distingue un calviniste d'un arminien ?

 


Qu'est-ce au juste qu'un calviniste ? Élaborons d'abord une définition pragmatique et opératoire de l'arminianisme, afin de mieux définir le calvinisme et d'apercevoir la distinction fondamentale entre calvinistes et non-calvinistes.



Quelques définitions simples de l'arminianisme


Les calvinistes donnent deux définitions différentes de l'arminianisme :

 

1. l'« arminianisme radical », c'est-à-dire une théologie selon laquelle on peut perdre son salut, et qui constitue l'inverse du « TULIP » ;

 

2. l'« arminianisme général », c'est-à-dire toute théologie chrétienne se réclamant du conservatisme, qui ne relève ni de la secte ni du semi-pélagianisme.


Certains calvinistes récuseraient déjà cette présentation, car on m'a dit que « l'arminianisme, dans sa forme pure, est une secte », que « l'arminianisme est l'esprit de l'Antéchrist », et que la seule différence à retenir est celle qui sépare les « arminiens cohérents » des « arminiens incohérents ». Il n'en existe pas moins deux acceptions du mot. Les arminiens généraux se disent rarement arminiens. Certains se qualifient même de calvinistes à trois ou quatre points, voire de « calminiens ».


Si certaines sectes et certains groupes non bibliques, tel The Way, présentent des tendances et des origines « arminiennes », d'autres, telles la néo-orthodoxie de Barth et de Brunner ou l'Église de l'unification du révérend Moon, ont des origines calvinistes. (Les témoins de Jéhovah et les mormons ne relèvent ni des uns ni des autres, mais du pélagianisme.) Puisque le présent exposé traite des différences capitales entre chrétiens authentiques, nous exclurons ces groupes de la discussion.



Qu'est-ce qu'un calviniste ?


Il existe bien des sortes de calvinistes ; mais quel est le fil commun qui distingue le calvinisme ? Bien des calvinistes invoquent l'acronyme « TULIP », qu'ils nomment également « les doctrines de la grâce ». Si le « TULIP » constitue une bonne pierre de touche pour illustrer une partie de ce qu'une personne doit croire pour être calviniste, bien des non-calvinistes croient eux aussi à bon nombre de ses éléments. Les amyraldiens sont des calvinistes déclarés qui tiennent, en un certain sens, à la fois l'aspect universel et l'aspect limité de l'expiation. Bien des calvinistes à quatre points et demi, qui sont en réalité des arminiens généraux, en disent autant. Ainsi, le « TULIP » est nécessaire pour faire de quelqu'un un calviniste, mais il n'y suffit pas.


Le « TULIP » fait également difficulté, de l'autre côté, pour bien des calvinistes infralapsaires. Il leur en coûte de reconnaître les hyper-calvinistes comme de véritables calvinistes. Pourtant, d'après ce que j'observe, hyper-calvinistes et calvinistes entendent le TULIP de la même manière.


Un calviniste m'a dit que le véritable calvinisme se distingue à la fois de l'hyper-calvinisme et de l'arminianisme en ce que lui seul affirme que l'étendue de la responsabilité de l'homme et celle de sa capacité diffèrent. Les arminiens, disait-il, tiennent l'homme pour responsable de ce qu'il est capable de faire, tandis que les hyper-calvinistes le tiennent pour n'être ni responsable ni capable de quoi que ce soit. Cela paraît juste, mais ne l'est pas en réalité. Les arminiens ne disent pas que les hommes sont capables de faire ce qui leur est demandé sans le secours de Dieu ; et calvinistes comme arminiens affirment que les élus sont capables de faire ce qui leur est demandé en matière de salut grâce à l'intervention de Dieu. Les hyper-calvinistes, tel A.W. Pink, affirment quant à eux vigoureusement que l'homme est responsable. Il nous faut donc poursuivre la recherche d'une distinction.


J'ai proposé un second acronyme afin de montrer ce qui différencie les calvinistes (hyper-calvinistes compris) des non-calvinistes :

 

Tout contrôler — la souveraineté de Dieu mal définie

 

Humains tenus pour coupables de la faute d'Adam

 

On ne retient que la grâce, la foi n'étant qu'une œuvre de plus

 

Responsabilité sans capacité de répondre, le cœur du calvinisme

 

Ni médiateur, ni offre, ni option, ni tendre miséricorde pour les réprouvés


À mes yeux, quiconque croit à trois de ces points ou davantage est assurément calviniste. En soumettant toutefois cet acronyme à ma propre critique, j'aperçois quelques difficultés. Bien des catholiques et des orthodoxes orientaux croient eux aussi au deuxième point. Bien des luthériens, qui ne sont pas calvinistes, croient eux aussi au premier. De plus, certains calvinistes modérés pourraient contester le T et le O. Ainsi, de même que l'emploi du « TULIP » pour distinguer les calvinistes devient flou sur quatre des cinq points, l'emploi du « THORN » le devient sur deux points au moins. Au demeurant, quand bien même le « THORN » ne serait aucunement flou, il vaut davantage comme description suffisante de la mentalité calviniste que comme définition nécessaire des différences capitales.



La véritable définition d'un calviniste ?


En cherchant à comprendre ce qui fait fonctionner tous les calvinistes, je propose, à titre tout à fait provisoire, la définition suivante :


Les calvinistes sont ceux qui, dans leur désir sincère de conformer entièrement leur théologie à la parole de Dieu, et constatant que les voies de Dieu dans la Bible ne s'accordent pas aux idées préconçues des hommes touchant la justice, ont renoncé à toute conception de la justice divine.


Bien des arminiens se débattent avec la question de savoir comment Dieu peut être équitable selon leur propre notion de l'équité ; les calvinistes, non. Qu'on ne s'y trompe pas : je n'ai jamais lu ni entendu parler d'un seul calviniste qui prétendît que Dieu fût injuste. Simplement, compte tenu de nos limites, à la fois finies et pécheresses, la justice de Dieu à l'égard de notre responsabilité demeure un mystère total.


Les arminiens, en général, cherchent à comprendre l'équilibre entre l'amour et la justice de Dieu. La colère, souvent peu étudiée, est un prolongement de la justice de Dieu.


Les calvinistes, en général, cherchent à comprendre l'équilibre entre l'amour et la colère de Dieu. La justice de Dieu, souvent peu étudiée, est un prolongement de sa colère.

 


Au-delà du calvinisme général


Une critique révélatrice du calvinisme est qu'il :

 

 Rend la justice de Dieu totalement incompréhensible (Ézéchiel 18 ?)

 

‚ Fait de Dieu celui qui choisit et détermine délibérément, et en un certain sens désire, le mal et le péché.

 

ƒ Fait de nous des automates pour tout ce qui touche au salut.

 

„ Réduit la prière d'intercession à un simple calmant.

 

… Rend l'offre de l'Évangile à tous ou bien déplacée, ou bien insincère (Tite 2:11), et fait paraître dérisoires les larmes de Jésus et de Pierre.

 

† Fait apparaître la réaction affective de Dieu dans la colère comme un simple courroux dirigé contre ses propres décisions.

 

‡ Enfin, et c'est le plus important, il exige en général une distorsion grossière des Écritures, telles que 1 Jean 2:2, 2 Pierre 2:1, Romains 3:23-24, Ézéchiel 18, 1 Timothée 2:4-6, 1 Timothée 4:10, et d'autres encore.


Si vous cessez d'exiger que Dieu se conforme à vos conceptions de la justice divine, c'est une bonne chose. Mais si vous remplacez cette exigence que les hommes prétendent imposer à Dieu par l'idée que Dieu n'est juste en aucun sens humainement reconnaissable, cela peut conduire à de graves problèmes. Par exemple, s'il nous faut ressembler au Christ, devons-nous être équitables comme Dieu est équitable ? Devons-nous ériger en héros des hommes qui massacrent des villes catholiques entières en Irlande ? Des calvinistes qui torturent et mettent à mort de véritables croyants dont ils diffèrent sur le baptême des enfants ? Je ne crois pas qu'ils fussent incohérents ; les calvinistes étaient au contraire horriblement cohérents. Si Dieu est d'abord plein de colère envers tous, colère surmontée par son grand amour pour quelques-uns, ces calvinistes trahissaient-ils leur théologie en torturant et en tuant ceux qu'ils tenaient pour réprouvés ?


Quoi qu'il en soit, si vous renoncez à exiger de Dieu qu'il soit équitable selon vos critères, il vous faut remplacer cette exigence par quelque conviction. Plutôt que d'y substituer une « justice incompréhensible », vous devriez y substituer ceci :


« Nous pouvons comprendre partiellement et exactement quelque chose de la justice de Dieu, tout comme nous pouvons comprendre quelque chose de sa puissance, de sa colère et de son amour. Dieu n'est peut-être pas juste au regard de tel critère humain faussé, mais Dieu est assurément juste au regard de la révélation contenue dans sa parole. »



Au-delà de l'arminianisme général


Une critique révélatrice de l'arminianisme général est qu'il fait :

 

 de Dieu un être qui ne consentirait jamais à passer outre notre volonté. (Et Paul, alors ?)

 

‚ que Dieu devrait satisfaire à nos critères de justice, y compris en se montrant également généreux et aimant envers tous (voir Matthieu 20:1-16)

 

ƒ Rend le salut centré sur l'homme, et Dieu passif.

 

„ Fait de Dieu la victime du mal exercé contre sa création.

 

… Fait apparaître la réaction affective de Dieu dans l'amour comme fondée sur nos mérites.

 

† Le plus important de tout : il néglige la portée de l'enseignement de Dieu dans divers passages de l'Écriture, notamment Romains 9 et 11.


Beaucoup exigent peut-être que Dieu se conforme à leurs idées préconçues touchant la justice. Si vous découvriez que Dieu n'a pas choisi de satisfaire à vos critères de justice, que feriez-vous ? L'aimeriez-vous encore autant, croyant par la foi que ses critères sont bien meilleurs que les vôtres, quand bien même vous ne les comprendriez pas ? Avez-vous étudié la justice de Dieu, ou tenez-vous simplement pour acquis que Dieu voit les choses comme vous ?



Une exhortation aux calvinistes


Dans les livres de Marc, de Jean, des Actes, de 1 et 2 Corinthiens, de Philippiens, de 1 et 2 Pierre, et de 1, 2 et 3 Jean, les mots « colère » et « courroux » ne se rencontrent que quatre fois ; encore l'une de ces occurrences désigne-t-elle la colère de l'homme, et une deuxième la colère de Jésus mêlée de compassion. Si vous avez étudié plus de dix fois la colère de Dieu et le TULIP, sans jamais avoir véritablement étudié ce que la Bible cherche à nous enseigner de la justice de Dieu envers tous, vous devriez étudier ce sujet avec application dans la parole de Dieu.



Une exhortation aux arminiens


Jésus a parlé de l'enfer plus que du ciel. L'amour n'est pas la somme entière de l'enseignement chrétien : dans les livres des Actes et de 2 Pierre, les mots « amour » et « compassion » ne se rencontrent même pas. Si vous avez étudié plus de dix fois l'amour de Dieu, sans jamais avoir véritablement étudié ce que la Bible cherche à nous enseigner de la colère de Dieu, vous devriez étudier ce sujet avec application dans la parole de Dieu.



Versets sur la justice de Dieu


Dieu est juste : 2 Thessaloniciens 1:6 ; Deutéronome 32:4 ; Romains 3:5-6 ; Hébreux 6:10

 

Dieu est impartial : 1 Pierre 1:17 ; ~Jacques 3:17.

 

Il n'y a pas de favoritisme auprès de lui : Romains 2:5-12 ; Colossiens 3:25 ; Éphésiens 6:9.

 

Ézéchiel 18 : le fils ne meurt pas pour le péché du père, ni inversement ; chacun meurt pour son propre péché (c'est-à-dire non pour celui d'autrui).

 

Romains 4:15 ; 5:13 ; Hébreux 9:7 ; Actes 17:30 Le péché peut être présent, mais Dieu ne châtie pas les hommes pour ce qu'ils n'ont pas commis volontairement et sciemment

 

Romains 1:18-20 montre que les hommes sont inexcusables PARCE QU'ils avaient la connaissance de Dieu et qu'ils ont étouffé la vérité.

 

Autres versets : Nombres 14:18-24 ; 15:27-30 ; Deutéronome 4:8 + 22:23-27 ; Jérémie 17:4 ; 19:5 ; 31:29-30 ; 32:35 ; Ézéchiel 13:19 ; 14:10,23 ; 18 ; Jean 8:24 ; Romains 6:23 ; Jude 15 ; Apocalypse 19:11 ; 20:11-15



Une exhortation générale


Il est parfois plus facile de s'absorber dans la question de savoir de quel côté l'on se range que de se demander où est la vérité de Dieu. Calvinistes et arminiens conviennent également que nul ne connaît la vérité aussi pleinement que les croyants la connaîtront au ciel. Tandis que nous sondons les Écritures avec application, nous devons faire preuve d'une grande patience envers ceux qui ne voient pas les choses comme nous, et prêter une oreille attentive aux critiques mûrement réfléchies des autres croyants authentiques, « car comme le fer aiguise le fer, ainsi un homme en aiguise un autre ». Nous devons demeurer ouverts à la correction et au changement, tout en tenant ferme, sans compromis, sur ce que la parole de Dieu dit effectivement : « Ne va pas au-delà de ce qui est écrit » et « n'ajoute rien à la parole de Dieu ». Il est bon d'avoir des opinions ; mais soyez patient lorsqu'on vous dit que vous confondez les opinions et la théologie des hommes avec la parole de Dieu, car il arrive qu'on ait raison.



Bibliographie pour aller plus loin


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Dillenberger, John. Martin Luther. Selections from His Writings. Doubleday 1961.


Durant, Will The Reformation MJF Books 1957. Durant était un historien célèbre. Cet ouvrage est issu de ses conférences dans une église presbytérienne


Elwell, Walter A. (dir.) The Concise Evangelical Dictionary of Theology Baker Book House 1991.


Basinger, David et Randall Basinger (dir.). Predestination & Free Will : Four Views of Divine Sovereignty & Human Freedom by Feinberg, John. Norman Geisler, Bruce Reichenbach, Clark Pinnock. InterVarsity Press. 1986.


Luther, Martin The Bondage of the Will traduit par Henry Cole. Baker Book House 1976.


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Schaff, Philip et David Schaff The Creeds of Christendom Volume III The Evangelical Protestant Creeds. 1993 (d'après l'éd. de 1931) Baker Books.


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Ouvrages de calvinistes sur le calvinisme, la prédestination et le libre arbitre


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Calvin, Jean. Commentaries on the Bible. traduit par John King. Baker Books 1999.


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Chantry, Walter. Imputation of Righteousness & Covenant Theology. Reformed Baptist Publications. (sans date)


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Gill, John The Cause of God and Truth Volume II.


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Ouvrages de non-calvinistes sur le calvinisme, la prédestination et le libre arbitre


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Geisler, Norman et T. Howe When Critics Ask Victor 1989.


Geisler, Norman. Chosen But Free.


Lewis, C.S. The Great Divorce. Macmillan Publishing.

 

   Dans cet ouvrage par ailleurs excellent, C.S. Lewis avance la fausse doctrine selon laquelle des hommes iraient en enfer puis, ayant sincèrement changé de cœur, iraient au ciel. L'enfer ne serait alors pour eux qu'un purgatoire.


par Steven M. Morrison, docteur ès sciences.