Et s’ils n’ont jamais entendu parler de Jésus ?
Première partie
Si Jésus dit vrai, et s’il a déclaré que nul ne vient au Père que par lui (Jean 14:6), que dit alors la Bible du musulman, de l’hindou, du bouddhiste ou du juif pieux ? Qu’en est-il de ceux qui sont morts avant la naissance de Jésus ? Qu’en est-il de tous les nourrissons qui sont morts ? Une réponse à ces questions doit-elle nécessairement rendre l’évangélisation superflue, ou donner de Dieu l’image d’un être odieux et injuste ? Ou bien faut-il se dérober et déclarer que nous ignorons ce que la Bible enseigne à ce sujet ? Ce feuillet se propose d’apporter une réponse brève, mais équilibrée.
La question n’est pas ici de savoir ce que Dieu « devrait » faire de ces personnes : Dieu peut agir comme il lui plaît. La question à laquelle il est répondu est celle-ci : qu’a-t-il choisi de faire ? Deux réponses complémentaires se présentent. La première est ce que Dieu nous a effectivement révélé dans la Bible. La seconde recense des conjectures qui vont au-delà de l’Écriture. La première partie s’attache principalement à la première réponse, et la seconde partie à la seconde. Avant d’y venir, cependant, quelques notions doivent être précisées.
Pour ceux qui rejettent la voie de Dieu, le jugement comporte des degrés. En Matthieu 10:15, Jésus déclare que le sort de Sodome et de Gomorrhe sera plus supportable, au jour du jugement, que celui des villes qui l’ont vu de leurs propres yeux et l’ont néanmoins rejeté.
2 Pierre 2:21 dit des malfaiteurs : « Il aurait mieux valu pour eux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de l’avoir connue et de se détourner ensuite du saint commandement qui leur avait été transmis. » Jérémie 42:19-22 montre pareillement que, si l’on n’est pas résolu à obéir à Dieu, mieux vaut ne pas s’enquérir de sa volonté. Ainsi, dans le jugement, entre en ligne de compte non seulement la mesure du mal commis, mais aussi celle de la vérité reçue.
Tous ceux qui entrent au ciel ne reçoivent pas la même récompense, comme l’indiquent Matthieu 5:12, Luc 6:23 et Éphésiens 6:8. 1 Corinthiens 3:11-15 déclare : « Si quelqu’un bâtit sur ce fondement [Jésus] avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin ou du chaume, son œuvre sera manifestée pour ce qu’elle est, car le Jour la mettra en lumière. Elle sera révélée par le feu, et le feu éprouvera la qualité de l’œuvre de chacun. Si l’œuvre qu’il a bâtie subsiste, il recevra sa récompense. Si elle est consumée, il en subira la perte ; quant à lui, il sera sauvé, mais comme au travers des flammes. »
C. S. Lewis a proposé une hypothèse intéressante sur les effets de la connaissance. Supposons que le choix de sa destinée revienne à choisir de marcher vers l’un de deux points. Ceux qui ont pleinement entendu l’Évangile et l’ont cru se trouvent peut-être tout près du point céleste, tandis que ceux qui l’ont pleinement entendu et refusent de croire se trouvent peut-être tout près du point infernal. On peut se les représenter, les uns et les autres, en des endroits différents d’une ligne reliant ces deux points. Ceux qui n’ont eu qu’une occasion limitée d’entendre l’Évangile marchent peut-être vers le point céleste, mais ils demeurent plus éloignés de l’un comme de l’autre que ceux qui possèdent une meilleure connaissance. Peut-être leurs tentations comme leurs récompenses en sont-elles moindres. L’occasion reçue détermine la distance qui sépare chacun de la ligne joignant les deux points ; l’usage que l’on a fait de cette occasion détermine de quel côté de la frontière séparant ces deux points on se trouve.
Ainsi, la diversité des châtiments, des récompenses et des connaissances montre comment Dieu peut être juste envers des êtres placés dans des situations fort différentes. Reste entière la question de savoir si quelqu’un qui n’a jamais entendu le nom de Jésus peut se trouver du « côté céleste » de la frontière qui sépare les deux points.
« Une autre religion peut-elle sauver les hommes ? » À cette question, Jésus comme Pierre répondent avec une parfaite netteté : aucune religion ne peut sauver ; seuls Jésus et son sang le peuvent.
Actes 4:12 déclare : « Il n’y a de salut en aucun autre, car il n’existe sous le ciel aucun autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés. » Ces paroles font écho à celles de Jésus lui-même en Jean 14:6 et 10:7-9. De deux choses l’une : ou bien Jésus et son apôtre Pierre nous ont terriblement égarés durant deux mille ans, ou bien ils disent vrai. Dès lors, si quelqu’un a rejeté l’unique voie que Dieu a ouverte vers le ciel, il n’existe malheureusement aucune autre issue hors du chemin de l’enfer.
Qu’en est-il des juifs ? Peuvent-ils être sauvés ? Assurément, puisque Paul rappelle lui-même qu’il est juif en Romains 11:1-6. La judéité et Jésus vont donc de pair aujourd’hui comme au temps des apôtres et des premiers chrétiens, en majorité juifs. Toutefois, dès l’Ancien Testament, on savait que les juifs impies qui rejetaient Dieu seraient rejetés par lui (Psaume 95:7-11). Les juifs, ou d’autres, qui choisissent de ne pas accepter Jésus peuvent-ils être sauvés ? Le judaïsme originel a été donné par Dieu ; il est plus proche du christianisme que ne l’est aucune autre religion. Pourtant, aux pharisiens si religieux, Jésus a dit : « si vous ne croyez pas que je suis, vous mourrez dans vos péchés » (Jean 8:24). Voir également Actes 20:21 ; 3:23 ; 13:45-46 ; 18:6 ; Matthieu 23:29-33 ; Jean 8:21 ; 10:7-8, 14-16 ; Romains 9:27.
Même si la religion ne saurait sauver, des hommes peuvent-ils être sauvés par Jésus alors même qu’ils placent leur confiance dans une autre voie de salut ?
Hébreux 11 cite de nombreux exemples de personnes entrées au ciel sans avoir entendu le nom de Jésus : Abel, Hénoc, Noé, Abraham et d’autres membres de sa famille, Rahab, ainsi que bien des juifs de l’Ancien Testament. Cela ne signifie pas que l’on ait de meilleures chances si l’on n’a jamais entendu parler de Jésus. Autrement, Jésus aurait rendu à l’humanité un bien mauvais service en nous ordonnant de répandre l’Évangile. Ces hommes et ces femmes, sauvés sans connaître le nom de Jésus, l’ont néanmoins été par Jésus, selon Hébreux 9:9-10:8, Jean 8:56, Luc 2:29-31, 1 Timothée 4:10 et 1 Pierre 1:10-12.
Ainsi : 1) certains qui n’ont jamais entendu le nom de Jésus ont été sauvés ; 2) il demeure préférable que tous entendent l’Évangile ; 3) tous les sauvés, même ceux qui n’ont jamais entendu parler de Jésus, le sont par Jésus. Examinons deux cas de non-juifs qui ont été sauvés.
Nul n’est déclaré juste pour avoir suivi sa conscience, car Romains 2:12 et Romains 3:9-20 montrent que personne n’est déclaré juste devant Dieu en obéissant à ce qu’il connaît de la loi divine. Au demeurant, nul ne cherche Dieu de lui-même (Romains 3:11 ; Psaume 14:1-3). Dieu, en revanche, cherche et appelle des hommes de toute nation (Actes 10:34-35) ; cinq de ceux qui l’ont suivi furent Job, Bildad, Éliphaz, Tsophar et Élihu. Rien n’indique qu’ils aient été juifs.
Ces hommes savaient qu’il existe un Créateur, bon et juste (Job 1:22). Ils comprenaient l’importance d’une vie moralement droite (Job 1:4-5), tout en sachant qu’ils avaient besoin du pardon de Dieu (Job 7:21) ; aussi offraient-ils à Dieu des sacrifices d’animaux (Job 1:5).
« Abraham crut Dieu, et cela lui fut imputé à justice » (Romains 4:3 ; Genèse 15:6). Peut-être n’aurait-il jamais pu découvrir par lui-même Dieu, sa justice, ni la nécessité d’une alliance et de sacrifices ; mais Dieu veilla à ce qu’il l’apprît. Jean 8:56 indique que Dieu alla jusqu’à lui annoncer un Sauveur à venir.
1. La droiture de Dieu : Dieu est saint, et seuls les êtres saints et parfaits peuvent demeurer au ciel auprès de lui. Tous ceux qui refusent d’être transformés sont jetés au rebut cosmique : l’étang de feu. Matthieu 25:31-46 ; Apocalypse 20:15
2. La justice de Dieu : Dieu juge nos motifs, nos cœurs et nos actes. Il est compréhensif : le péché, quoique présent, n’est pas imputé là où il n’y a point de loi (Romains 5:13 ; 4:15). Nul n’est condamné pour n’avoir pas accepté un Sauveur dont il n’a pu entendre parler (Romains 2:6-11). Tous ont reçu quelque connaissance du Créateur (Romains 1:19-20 ; Psaume 19) et connaissent une part de la loi de Dieu par leur conscience (Romains 2:12-16).
3. Notre détresse : Personne n’entre au ciel en obéissant à ce qu’il connaît, car personne n’obéit pleinement à ce qu’il connaît. À l’aune de la perfection divine, le ciel serait vide d’êtres humains (Romains 3:9-24).
4. La voie de grâce de Dieu : Bien que nul n’ait cherché Dieu, Dieu est venu à nous (Romains 3:21-26 ; 5:6-8). Alors qu’il était impossible aux hommes de s’approcher d’un Dieu saint, Dieu a ouvert un chemin en venant à nous par Jésus-Christ. Il est mort sur la croix pour nous pardonner, afin que tous ceux qui le désirent puissent vivre éternellement avec lui (Romains 10).
5. Une seule voie : Il n’y a jamais eu qu’une seule voie vers Dieu, à savoir Dieu incarné, notre Sauveur Jésus (Actes 4:12 ; Jean 14:6 ; 10:7-9 ; Romains 11:1 ; 1 Timothée 2:5 ; Colossiens 1:15-22).
6. Les dispositions de Dieu : Avant la venue du Christ, Dieu avait un « accord » pour ceux qui croyaient au vrai Dieu et l’aimaient, tels Abraham, Job et Noé.
7. La promesse de Dieu : La porte de Jésus est étroite (Luc 13:23-30 ; Jean 10). Pourtant, tous ceux qui cherchent avec persévérance à servir le Créateur et à suivre sa voie la trouveront. Ceux qui ne cherchent qu’eux-mêmes et étouffent la vérité ne la trouveront pas (Romains 2:7-8).
Peut-être avez-vous mesuré le vide d’une vie privée de l’unique vrai Créateur et senti Dieu vous attirer à lui. Ne refusez pas d’écouter celui qui parle (Hébreux 12:25). Dieu ne nous a pas nécessairement révélé toutes les dispositions qu’il a prises, mais nous savons que toutes conduisent à la croix de Jésus.
Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le site www.BibleQuery.org.
Versets bibliques tirés de la New International Version (NIV).
Et s’ils n’ont jamais entendu parler de Jésus ? - Seconde partie
La seconde partie recense brièvement diverses conjectures, avec leurs avantages et leurs inconvénients. La première partie exposait ce que la Bible dit de ceux qui n’ont pas entendu l’Évangile. Elle comportait sept points :
1. La droiture de Dieu : Dieu est saint, et seuls les êtres saints et parfaits peuvent demeurer au ciel auprès de lui. Tous ceux qui refusent d’être transformés sont jetés au rebut cosmique : l’étang de feu. Mt 25:31-46 ; Ap 20:15
2. La justice de Dieu : Dieu juge nos motifs, nos cœurs et nos actes. Il est juste : le péché n’est pas imputé là où il n’y a point de loi (Rm 5:13 ; 4:15). Tous connaissaient quelque chose du Créateur (Rm 1:19-20 ; Ps 19) et de la loi de Dieu par leur conscience (Rm 2:12-16).
3. Notre détresse : Personne n’entre au ciel en obéissant à ce qu’il connaît, car personne n’obéit pleinement à ce qu’il connaît. À l’aune de la perfection divine, le ciel serait vide d’êtres humains (Rm 3:9-24).
4. La voie de grâce de Dieu : Bien que nul n’ait cherché Dieu, Dieu est venu à nous (Rm 3:21-26 ; 5:6-8). Alors qu’il était impossible aux hommes de s’approcher d’un Dieu saint, Dieu a ouvert un chemin en venant à nous par Jésus-Christ. Il est mort sur la croix pour nous pardonner, afin que tous ceux qui le désirent puissent vivre éternellement avec lui (Rm 10).
5. Une seule voie : Il n’y a jamais eu qu’une seule voie vers Dieu, à savoir Dieu incarné, notre Sauveur Jésus (Ac 4:12 ; Jn 14:6 ; 10:7-9 ; Rm 11:1 ; 1 Tm 2:5).
6. Les dispositions de Dieu : Avant la venue du Christ, Dieu avait un « accord » pour ceux qui croyaient au vrai Dieu et l’aimaient, tels Abraham, Job et Noé.
7. La promesse de Dieu : La porte de Jésus est étroite (Lc 13:23-30 ; Jn 10). Pourtant, tous ceux qui cherchent avec persévérance à servir le Créateur et à suivre sa voie la trouveront. Ceux qui ne cherchent qu’eux-mêmes et étouffent la vérité ne la trouveront pas (Rm 2:7-8).
« Et laisse toujours ta conscience te guider » : ainsi Jiminy Cricket s’adressait-il à Pinocchio dans le conte. Certains s’efforcent de lire en Romains 2:12-16 que l’on pourrait mériter le ciel en suivant sa conscience. Mais Romains 3:19-20 déclare que nul ne méritera d’entrer au ciel en vertu de ses propres œuvres.
Certains catholiques professent la doctrine d’un troisième lieu, situé entre le ciel et l’enfer : les limbes. Les limbes ne sont pas le séjour de ceux qui ont connu l’ivresse de la victoire ou l’amertume de la défaite, mais de ceux qui n’ont jamais pris part à la lutte. C’est une réponse simple et satisfaisante, à un défaut capital près : il convient de se garder de postuler des réalités dont l’Écriture ne parle jamais.
Une autre hypothèse consiste à admettre, non les limbes, mais l’existence de différents degrés du ciel, comme Paul le mentionne en 2 Corinthiens 12:2. Peut-être ceux dont la demeure se trouve dans une région « inférieure » du ciel ne subissent-ils aucun châtiment, tout en ne recevant que peu de récompenses, voire aucune. Il se peut également que les nourrissons qui meurent aillent au ciel et y demeurent nourrissons.
Une fillette de cinq ans demanda un jour si elle pourrait voir des bébés au ciel. Les partisans des limbes répondraient sans doute que non, car un lieu distinct implique que l’on ne puisse passer des limbes au ciel, ni inversement. Les partisans d’un degré inférieur du ciel répondraient plutôt que oui, puisqu’un chrétien pourrait parcourir tous les degrés du ciel.
La Bible montre qu’il existe des récompenses et des châtiments divers, que la voie de Dieu est juste à l’égard de ceux qui n’ont pas entendu, et que Jésus demeure pourtant l’unique voie. Dieu a néanmoins pris des dispositions avec les juifs, avec Abraham, Job, Noé, Hénoc et d’autres encore. Il peut prendre toutes les dispositions qu’il lui plaît pour que le salut de Jésus parvienne à ses enfants.
Ainsi, quoique beaucoup estiment que la doctrine des limbes ne contredit pas l’Écriture, celle-ci n’en dit absolument rien. Les limbes ne paraissent d’ailleurs plus nécessaires dès lors que l’on comprend que les récompenses diffèrent au ciel.
Le purgatoire est un lieu inventé par l’Église catholique au Moyen Âge, et auquel bien des catholiques croient encore aujourd’hui. Dès 1050 après J.-C., pourtant, il existait des communautés chrétiennes, appelées vaudois, qui rejetaient cette notion. Le purgatoire serait un lieu temporaire, embrasé et douloureux, où (presque) tous les croyants se rendraient afin d’être purifiés de leurs péchés véniels.
On invoque 1 Corinthiens 3:13-15 pour justifier le purgatoire. Remarquons toutefois que le feu y a pour objet d’éprouver (et non de purifier) l’œuvre (et non le croyant). Si le purgatoire était nécessaire pour purifier les croyants de leurs péchés, pourquoi ces derniers pouvaient-ils s’en dispenser entièrement en combattant dans les croisades ? Marie délivrerait chaque semaine du purgatoire tous ceux qui sont morts revêtus d’un vêtement particulier. Des offrandes faites à l’Église et des prières adressées à Marie pourraient abréger le séjour d’autrui. Si un purgatoire de feu est indispensable à la purification des croyants, comment des offrandes à l’Église pourraient-elles libérer quelqu’un qui ignorait tout de ce marchandage ? Paul déclare en 2 Corinthiens 5:8 que, pour les croyants, quitter ce corps, c’est « demeurer auprès du Seigneur ». Et 2 Pierre 1:11 affirme que les croyants « recevront une large entrée dans le royaume éternel » : un accueil somptueux, et non un accueil tiède ni brûlant.
Ambroise affirmait, dans le traité Sur Abraham 2:79, que le baptême des petits enfants leur ouvre le royaume des cieux. Augustin a enseigné en quatre endroits que les nourrissons baptisés qui mouraient allaient au ciel, tandis que les non-baptisés allaient en enfer du seul fait du péché originel d’Adam ; ils n’y subissaient toutefois que le plus léger des châtiments. Occuper une place moins brûlante dans l’étang de feu ne paraît cependant guère consolant.
Si cela était vrai, imaginons deux nourrissons conversant par-dessus l’abîme :
Le premier au second : Pourquoi souffres-tu ?
Le second : Je n’ai pas demandé à être créé, je n’avais conscience d’aucun mal que j’aurais commis, je n’ai eu aucune occasion de me détourner de Dieu, fût-ce le moins du monde. Je ne comprends pas pourquoi je suis puni. Et toi, pourquoi es-tu au ciel ?
Le premier : Des gens que je reconnaissais à peine, croyant ce que j’ignorais, ont fait ce dont je ne me souviens pas. La grâce de Dieu n’est-elle pas merveilleuse ?
Le second au premier : Oui... Merveilleuse...
Les calvinistes à cinq points soutiennent que Jésus n’est pas mort pour les péchés de tous, mais seulement pour ceux des élus. Des milliards d’hommes sont morts sans en avoir eu la moindre occasion. Il eût été vain qu’ils sachent, puisqu’ils n’avaient de toute façon pas le libre arbitre nécessaire pour choisir. Les calvinistes prêchent néanmoins à tous, car Dieu seul connaît les élus.
Ceux qui ne partagent pas le calvinisme à cinq points ne parviennent pas à concilier cette opinion avec l’enseignement clair de l’Écriture, selon lequel Dieu a offert le salut à tous (1 Jn 2:2 ; Ac 17:27, 30 ; Jn 1:7) et ne veut qu’aucun ne périsse (2 P 3:8 ; Ez 18:32). 1 Tm 4:10 déclare qu’en un certain sens Jésus est le Sauveur de TOUS les hommes, quoique le salut ne s’applique qu’à ceux qui croient.
Un grand nombre de chrétiens, cependant, récusent toutes les opinions qui précèdent.
Cette conception repose sur deux passages : 1 Pierre 4:5-6 et Éphésiens 4:8-10. 1 Pierre 4:5-6 rapporte qu’après sa mort le Christ prêcha aux esprits en prison. Le terme de « prison » ne désigne pas le lieu où se rendaient, avant le Christ, les morts justes tels qu’Abraham. Il désigne plutôt soit le lieu où allaient les âmes humaines perdues avant le Christ, soit celui où se trouvaient d’autres esprits (certains démons et/ou Nephilim). Plutôt que de se borner à les informer de ce qui s’était passé sur la terre, Jésus prêcha afin qu’ils pussent faire le même choix qu’ils auraient fait sur la terre. Il existe pas de seconde chance après la mort, mais il se pourrait qu’il s’agisse d’une première chance pour ceux qui n’en ont jamais eu.
Cette réponse est fort proche de celle du salut après la mort. Si l’on rapproche la question « qu’advient-il de ceux qui n’ont jamais entendu ? » de la question « pourquoi Dieu ressuscitera-t-il des hommes qui ne se sont pas décidés pour lui ? », les deux interrogations se répondent l’une à l’autre.
Cette conception n’affirme ni que tous iront au ciel, ni qu’il existe plusieurs voies vers Dieu. Elle soutient que, même engagé sur une route erronée qui ne mène pas à Dieu, on peut voir sa sincérité honorée par Dieu, pourvu que l’on cherche véritablement le vrai Dieu et que l’on n’ait pas rejeté la vérité que l’on avait à sa portée. Cela ne s’applique pas à ceux qui auraient pu s’enquérir du Christ, mais qui ne l’ont jamais voulu ou n’ont jamais jugé la chose assez importante.
Si l’on écarte Jiminy Cricket, les limbes, le purgatoire, Augustin et le calvinisme à cinq points, il reste quatre possibilités pour ceux qui, aujourd’hui, n’ont pas entendu annoncer l’Évangile.
a. Leur seul espoir est d’entendre l’Évangile et de l’accepter avant la mort, mais Dieu veille à ce que tous ceux qui doivent l’entendre l’entendent.
b. Ils entendent l’Évangile et l’acceptent après la mort.
c. Ils l’entendent et l’acceptent durant le millénium.
d. Ils sont sauvés comme Abraham et Job : en cherchant le vrai Créateur, en reconnaissant leur besoin de pardon, en implorant la miséricorde et le salut de Dieu, et en obéissant à ce qu’ils connaissent.
Tandis que vous examinez quelles conceptions sont recevables et lesquelles ne le sont pas, souvenez-vous que la question n’est pas de savoir comment Dieu devait agir, mais comment il a librement choisi de gouverner son univers.
www.Biblequery.org.