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Qu’est-ce que le mal, au juste ?

 

Combien de fois avez-vous entendu dire que nous devions être bons et non mauvais, ou que Dieu est bon ? Tout au long de l’histoire, les hommes ont nourri des idées fort étranges sur ce qu’est le bien. Sur chacun des continents, des hommes ont commis les actes les plus pervers et les plus horribles, et les ont justifiés au nom du bien. Jean 16, 2 déclare même : « l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. »

 

Qu’est-ce donc que le mal ? Examinons quelques descriptions partielles du mal, puis efforçons-nous d’en élaborer une définition complète.

 

Le mal est semblable à un poids trompeur

 

Les poids revêtaient une grande importance dans le monde antique pour mesurer le grain, le sel et d’autres marchandises. Le Deutéronome 25, 15 et le Lévitique 19, 36 soulèvent un point essentiel lorsqu’ils font mention d’un poids exact et juste. Les Proverbes 11, 1 et 16, 11 déclarent qu’un poids juste fait les délices du Seigneur. Les Proverbes 20, 10 et 23, ainsi que Michée 6, 11, condamnent ceux qui se servent de poids divers et trompeurs.

 

1. Une première définition du mal serait : « tout ce que je n’aime pas ». Si tout ce que recouvre cette définition était mauvais, que dire alors de la fraise du dentiste, du bistouri du chirurgien, ou de l’enfant qui hurle parce qu’il doit prendre un médicament au goût désagréable ? Que dire de la situation contradictoire qui surgit lorsqu’un parent corrige son enfant ? Cette description n’est donc pas satisfaisante.

 

Les épreuves peuvent aussi servir de bons desseins :

Affiner notre foi. 1 Pierre 1, 6-7

Nous faire mourir au péché. 1 Pierre 4, 1

Éprouver notre foi et former la persévérance. Jacques 1, 2-4

Servir non pas à nous-mêmes, mais à autrui. Colossiens 1, 24

Constituer un signe destiné aux incroyants. Philippiens 1, 28

Faire simplement partie de la condition chrétienne. 2 Timothée 3, 12 ; Philippiens 1, 29

Parfois, nous ne discernons aucune autre raison, sinon que notre persévérance glorifie Dieu. Voir Job 1, 8-12 ; 2, 2-6.

 

2. Une autre définition serait : « tout ce qui n’est pas bon pour moi ». S’il en était ainsi, que dire des choses qu’un enfant juge mauvaises pour lui, comme les légumes ? Que dire du criminel incarcéré pour le bien de la société, et non pour le sien propre ?

 

Cette conception soulève un problème de perspective. En 1 Corinthiens 15, 12-19, Paul affirme que ce pour quoi il souffre et ce qu’il prêche serait vain, et que nous serions les plus à plaindre de tous les hommes, si le Christ n’était pas réellement ressuscité des morts. Paul voyait clairement que ce qui était le meilleur, tant pour ses auditeurs que pour lui-même, serait tout autre si Jésus n’était pas ressuscité. En Matthieu 10, 39 et en Marc 8, 35, Jésus a dit : « Celui qui trouvera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. » Autrement dit, celui qui consent à perdre sa vie terrestre trouvera la vie véritable dans l’éternité, tandis que celui qui ne vit que pour la vie présente aura tout perdu pour l’éternité. Ce qui est le meilleur pour la vie d’un homme dépend donc de ce que l’on considère exclusivement la brève vie terrestre, ou bien la vie éternelle.

 

3. Une troisième définition serait : « tout ce qui ne procure pas le plus grand bien à la société ». En Jean 11, 49-52, Caïphe, le grand prêtre, déclara à propos du complot visant à faire périr Jésus : « ... il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. » D’une manière étrange et involontaire, il avait parfaitement raison. Cela ne rendait pourtant pas bonne la crucifixion de Jésus. La trahison de Judas fut un élément nécessaire de la mort du Christ, laquelle a procuré notre salut. Faut-il en conclure que Judas devrait être notre héros pour avoir bien agi ? — Certes non. Les Actes 2, 23 déclarent que Jésus fut livré selon le dessein arrêté et la prescience de Dieu. Pourtant, Marc 14, 21 affirme qu’il aurait mieux valu pour Judas qu’il ne fût jamais né. Le crime de Judas fut abominable, mais Dieu s’est servi de son choix mauvais pour accomplir le plus grand bien.

 

Quelle est donc la norme ? Non seulement bien des gens commettent le mal, mais bien des gens ne reconnaissent même pas ce qu’est le mal. Le commerçant malhonnête, une fois pris, peut prétendre : « Mon poids était juste ; ce sont tous les autres poids du monde qui sont faux. » De même, nous pouvons prétendre : « le mal est relatif, et c’est ma propre et dérisoire perspective qui détermine ce que sont pour moi le bien et le mal. »

 

En Marc 10, 18, Jésus a dit que Dieu seul est bon. Parmi les nombreuses vérités profondes que nous pouvons tirer de cette parole, retenons que Dieu est la norme de la bonté, et que nous ne pouvons parler du bien et du mal véritables qu’à partir de sa norme. De même qu’un poids trompeur est un poids que l’on a rogné, entaillé ou ébréché afin de le rendre moindre qu’il n’était, le mal est un manque de ce que Dieu a voulu. De même qu’un poids trompeur vaut moins qu’il ne le prétend, le mal est un mensonge, une représentation frauduleuse de ce que Dieu a créé bon.

 

Pour comprendre le mal, il nous faut donc comprendre que Dieu est bon, en ce sens que, Créateur saint, c’est Lui qui a établi la norme de la bonté.

 

Un trou est-il une chose ?

 

Les hommes peuvent se faire des illusions sur le mal, mais le mal n’est pas une illusion. On peut se faire des illusions sur toute chose, mais l’illusion n’abolit pas la réalité. Le mal est comme un trou dans le champ de bonté que cultive le fermier. Un trou n’est pas une « chose », mais l’absence d’une chose. Il n’est pas pour autant une illusion, car on peut mettre le pied dans un trou que l’on n’a pas vu et se fouler la cheville. Si toute bonté vient de Dieu, un « trou de mal » est une « chose » qui, elle, n’en vient pas.

 

Pour comprendre le mal, il nous faut donc comprendre que Dieu est bon, en ce sens que rien n’est totalement bon hormis Dieu seul. Dieu dispense la bonté, et le mal est un manque de bonté.

 

Dieu a-t-il créé les ombres ?

 

Dieu a tout créé, n’est-ce pas ? Dès lors, a-t-Il créé aussi les ombres ? Si l’ombre est le lieu où la lumière se trouve interceptée ou atténuée par un objet, est-ce la lumière ou l’objet qui a créé l’ombre ? Point d’objet, point d’ombre. Pourtant, point de lumière, point d’ombre non plus. On pourrait confondre une ombre avec une illusion, mais les illusions ne nous affectent que dans la mesure où nous y croyons. Les plantes qui ont besoin du soleil meurent à l’ombre, quoi que l’on puisse en croire.

 

Les ombres existent réellement, mais elles n’ont pas d’existence indépendante de la source lumineuse et de l’objet qui intercepte la lumière. Le mal existe réellement, mais il n’a pas d’existence indépendante de Dieu, qui est lumière et source de toute bonté, ni des êtres doués du libre arbitre qui leur permet de faire écran à la bonté de Dieu.

 

Personne, pas même Dieu, n’a directement créé le mal, de même que, sur la terre, personne ne crée directement les ombres. Dieu a bien créé le mal indirectement, de même que, sur la terre, une lumière crée indirectement les ombres.

 

Pour comprendre le mal, il nous faut donc reconnaître que Dieu est bon, qu’Il est la source de toute bonté, et qu’il n’y a en Lui aucune ombre (Jacques 1, 17).

 

Qu’est-ce que le bien ?

 

Dans la Genèse 1 et 2, Dieu déclara bonne toute la création, avant la Chute. Jésus a dit en Marc 10, 18 que nul n’est bon, si ce n’est Dieu seul. Dieu est la source de la bonté ; mais, comme l’a fait observer Thomas d’Aquin, définir Dieu comme bon au seul motif qu’Il est la source du bien n’est pas plus valable que de Le définir comme un corps physique au motif qu’Il est la source de tous les corps physiques.

 

Une réponse provisoire serait que la bonté est ce qui s’accorde avec le caractère et la volonté de Dieu. Il nous est commandé de faire le bien en 1 Timothée 6, 18 ; nous pouvons donc être bons en un sens limité. Dieu est bon d’une manière supérieure, parce que 1) Il est la source de toute bonté, qu’Il nous dispense ; 2) Il est la norme à la lumière de laquelle la bonté se discerne ; 3) et rien n’est totalement bon hormis Lui.

 

Ce que l’Écriture dit du mal et du péché

 

Genèse 2, 17 Dieu créa l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Bien souvent, c’est ce que nous savons qui détermine si notre intention était mauvaise.

Romains 14, 23 « ... tout ce qui ne procède pas de la foi est péché. »

Jacques 2, 10 Transgresser un seul point de la loi fait de vous un transgresseur.

Jacques 3, 2 Il faudrait être parfait pour ne jamais faillir en paroles.

Psaume 37, 19 ; 49, 5 ; Matthieu 6, 34 Certains temps peuvent être mauvais.

Matthieu 5, 45 Le soleil se lève sur les justes comme sur les injustes.

 

Conclusion

 

Le mal moral se définit comme tout ce qui, et quiconque, s’oppose à la bonté telle que Dieu la définit. Non seulement nous commettons des actes mauvais, mais nous sommes nous-mêmes mauvais. Le mal peut être comparé à :

 

•     un poids trompeur servant à mesurer ;

•     un trou dans l’étoffe de la bonté ;

•     une ombre projetée sur la lumière de Dieu.

 

Maintenant que nous avons une idée de ce qu’est le mal, les articles suivants examineront pourquoi Dieu a choisi de le permettre.

 

www.Biblequery.org. Versets bibliques tirés de la NIV.


 

Si le Tout-Puissant est omniscient...

 

« Si Dieu est tout-puissant, omniscient et tout-aimant, alors... »

 

Voilà comment la question est parfois formulée par ceux qui ne lisent pas assez la Bible. Si Dieu manifeste une certaine miséricorde envers tous, la lecture de l’Apocalypse 21, 11-15, de Romains 11, 22 ou d’innombrables autres passages devrait vous convaincre que le Dieu de la Bible n’est pas tout-aimant, à l’exclusion de ses autres attributs.

 

Une seconde tentative

 

« Si Dieu est tout-puissant, omniscient et très aimant, alors... »

 

•     Pourquoi Dieu laisse-t-Il les hommes pécher ?

•     Pourquoi Dieu laisse-t-Il les méchants faire du mal à autrui ?

•     Pourquoi de mauvaises choses arrivent-elles aux gens pieux ?

•     Pourquoi les hommes peuvent-ils rejeter Jésus et aller en enfer ?

•     Pourquoi Dieu permet-Il le mal dans un monde déchu ?

 

Ce sont là des questions que les chrétiens se posent couramment. Le présent article s’appuie sur des observations bibliques, complétées d’une part d’interprétation, pour tenter d’esquisser des réponses complètes. Que vous soyez d’accord ou non, il vous encouragera, je l’espère, à étudier vous-même la Parole de Dieu pour y trouver des réponses.

 

Quelques versets décrivant Dieu

 

Tout-puissant

Dieu est tout-puissant. Luc 1, 37 ; Jérémie 32, 27 ; Ésaïe 1, 9

Tout ce que Dieu décrète s’accomplit. Ésaïe 14, 24 et 27 ; 43, 13 ; 55, 11 ; Jean 10, 26-28. Dieu est souverain sur toutes choses. Ésaïe 6, 5 ; Psaume 103, 14

Il agit comme il Lui plaît. Matthieu 20, 15 ; Psaume 115, 3 ; 135, 6 ; Romains 9, 20

Rien n’est trop difficile pour Dieu. Genèse 18, 14 ; Job 42, 2 ; Jérémie 32, 17 ; Matthieu 19, 26

Dieu ne peut se renier Lui-même (2 Timothée 2, 13), ni mentir (Hébreux 6, 18 ; 1 Samuel 15, 29), ni être tenté par le mal (Jacques 1, 13).

Rien n’arrive que Dieu ne permette. Job 1, 12 ; 2, 6 ; Jacques 4, 15

Toute « décision du sort » vient du Seigneur. Proverbes 16, 33

Toutes choses concourent à l’accomplissement de sa volonté. Romains 8, 28 ; Éphésiens 1, 11

Nul ne peut faire échouer les décrets de Dieu. Ésaïe 43, 13 ; Romains 11, 29

Beaucoup « réussissent » à résister à la volonté que Dieu commande et désire. Actes 7, 39 et 51 ; 4, 11 ; 13, 46 ; 14, 2 ; 2 Corinthiens 6, 1

Nous pouvons accomplir certaines choses de notre propre initiative. 2 Corinthiens 8, 17

 

En résumé, la puissance de Dieu n’a d’autres bornes que Lui-même. Tout ce que Dieu commande s’accomplit. Rien n’arrive que Dieu ne permette. Dieu peut choisir de déléguer pour un temps sa souveraineté et de permettre certaines choses qui Lui brisent le cœur, mais, en définitive, tout s’entrelace dans son plan.

 

Omniscient

Il connaît et voit tout, y compris l’avenir. 1 Jean 3, 20 ; Jean 21, 17 ; Psaume 139 ; Proverbes 5, 21 ; 15, 3 ; Hébreux 4, 13 ; Ésaïe 46, 10

 

En résumé, toute connaissance, passée, présente ou future, est accessible à Dieu. L’Écriture demeure toutefois silencieuse quant à la connaissance qu’aurait Dieu du moindre détail de toutes les situations hypothétiques.

 

Très aimant

Dieu est aimant (et non tout-aimant). 1 Jean 4, 16 ; Exode 20, 6 ; etc.

Dieu est bon envers tous, et sa tendre miséricorde s’étend sur toutes ses œuvres. (Psaume 145, 9 et 17)

 

En résumé, Dieu a compassion de tous ; nous ne saurions sonder la profondeur du grand amour de Dieu pour ses élus, mais la colère de Dieu contre ceux qui Le rejettent est terrible.

 

Pourquoi Dieu laisse-t-Il les hommes pécher ?

 

Cette question tourmente les hommes depuis les temps anciens, et elle est d’importance, puisque la Bible rapporte qu’Habaquq l’a posée à Dieu en Habaquq 1, 1-4.

 

Dieu répond à cette question en deux temps, en brossant un tableau de l’avenir. Le premier temps, Habaquq 1, 5-11, montre que leur bonheur sera de courte durée, car un peuple plus impitoyable encore les soumettra bientôt. La tolérance de Dieu à l’égard du péché sur la terre n’est que temporaire. Si seulement nous prenions à cœur le Psaume 39, 4-5, et nous demandions quelle durée paraîtra avoir la vie terrestre dans des millions d’années, cette réponse nous apparaîtrait avec une parfaite clarté. Le second temps de la réponse, Habaquq 2, 1-16, est examiné ci-après.

 

Pourquoi Dieu laisse-t-Il les méchants faire du mal à autrui ?

 

Dieu a permis les sacrifices d’enfants à Baal en Jérémie 19, 5, alors même que « cela n’était jamais venu à la pensée de Dieu ». Dieu a laissé mettre à mort des personnes qui n’auraient pas dû l’être, en Ézéchiel 13, 19. Dieu permet même que l’on encourage le méchant à ne pas se détourner du mal pour être sauvé, en Ézéchiel 13, 22.

 

D’aucuns jugeront cette question irrespectueuse envers Dieu. Habaquq l’a pourtant posée avec respect en 1, 13-17. Dans la prière et le respect, il est permis de poser à Dieu même de telles questions, et d’en attendre patiemment la réponse.

 

Dieu répond à cette question en brossant un tableau en paroles. Le premier volet de la réponse, en Habaquq 2, 2-20, détaille les péchés des oppresseurs et le sort qui les attend en cette vie. Habaquq écrit fort justement qu’ils élargissent leurs désirs comme le séjour des morts, en Habaquq 2, 5. Non seulement ils courent à leur ruine, mais, comme ils se fatiguent en vain à alimenter le feu, en Habaquq 2, 13, leurs espoirs et leurs travaux n’aboutiront à rien.

 

Le second volet de la réponse, en Habaquq 2, 1-16, déplace le regard vers « un temps fixé », en Habaquq 2, 3, c’est-à-dire vers les derniers temps et le jugement dernier. Beaucoup de méchants semblent effectivement vivre dans l’aisance toute leur vie durant, et la vie ne paraît juste que si notre regard embrasse la vie éternelle, ainsi que le montre le Psaume 37.

 

David exposa à Dieu, dans le Psaume 73, sa propre amertume envers les violents et les riches. Une fois entré dans le sanctuaire, au Psaume 73, 17, il vit clairement la même réponse qu’avait vue Habaquq. Il est certain que Dieu châtiera sévèrement leur péché, mais il appartient à Dieu de choisir le moment de ce châtiment. Comme le laisse entendre 1 Timothée 5, 24-25, certaines conséquences du péché surviennent plus tôt, tandis que d’autres sont différées jusqu’au jour du jugement.

 

Lorsque Corrie ten Boom était internée dans un camp de concentration nazi, une ancienne violoniste juive, dont les doigts avaient été déformés par la torture nazie, lui demanda comment son Dieu pouvait permettre pareille chose. Cette femme n’était nullement disposée à un débat théologique. Corrie lui répondit qu’elle l’ignorait. Mais elle savait que son Sauveur était venu sur la terre, qu’Il avait Lui aussi été torturé injustement, qu’Il avait éprouvé ce qu’elle éprouvait et qu’Il comprenait sa douleur. Amen !

 

Pourquoi de mauvaises choses arrivent-elles aux gens pieux ?

 

Il nous arrive de discerner les raisons des malheurs qui frappent les chrétiens. Paul prêcha aux Galates pour la première fois à cause d’une maladie, en Galates 4, 13. Une écharde fut infligée à Paul, en 2 Corinthiens 12, 7-10, afin qu’il ne s’enorgueillît point. Des chrétiens qui prenaient à la légère la coupe du Seigneur furent châtiés par la maladie et par la mort, en 1 Corinthiens 11, 29-32. Des chrétiens, tels Paul (2 Timothée 3, 10-12) et Jean (Apocalypse 1, 9), subirent la persécution à cause de l’Évangile.

 

Le plus souvent, pourtant, nous ne discernons pas les raisons des épreuves qui frappent les gens pieux. Nous devons nous contenter d’attendre le Ciel pour connaître la raison de bien des choses. Nous pouvons néanmoins affirmer, de façon générale, que les épreuves produisent la persévérance (Jacques 1, 2-4). Toutes choses, même les mauvaises, concourent au bien de ceux qui L’aiment (Romains 8, 28).

 

Tout un livre de la Bible, celui de Job, explore cette question. En laissant de côté les nombreuses vérités subtiles qu’il renferme, on peut dire ceci :

 

•     Si la souffrance fut suscitée par Satan, Dieu la permit et s’en servit pour sa gloire.

•     Une fois l’épreuve passée, il en résulta, secondairement, que Job connut Dieu d’une manière beaucoup plus personnelle et intime.

•     Durant toute l’épreuve, Job ignora totalement pourquoi cela lui arrivait. En un sens, cela même faisait partie de l’épreuve.

•     Les trois amis de Job avaient réponse à tout ; malheureusement, leurs réponses étaient les mauvaises.

 

En résumé : 1. Dieu peut permettre ce qu’Il veut ; 2. bien des choses, aujourd’hui, ne sont pas comme elles devraient être ; 3. lorsque viendra le jour du jugement, tout sera rétabli.

 

Pourquoi les hommes peuvent-ils rejeter Jésus et aller en enfer ?

 

Pourquoi Dieu nous a-t-Il confié cette responsabilité, à la fois magnifique et redoutable, de choisir d’accepter ou de rejeter Jésus, et de voir notre destinée éternelle fixée en conséquence ? La réponse tient peut-être au prix que Dieu attache à nous. Dieu nous a créés à son image, et non comme des automates. Il fait tant de cas de notre libre arbitre qu’Il nous laisse choisir notre destinée et vivre avec notre choix. Il permit à Adam et Ève d’en faire autant, avec les terribles conséquences que l’on sait pour eux et pour leur descendance. Dieu aurait peut-être pu remonter le temps et « décréer » Adam et Ève, mais, pour des raisons qui Lui appartiennent, Il a choisi de ne pas le faire et a laissé subsister les choix de l’homme.

 

Pourquoi Dieu permet-Il le mal dans un monde déchu ?

 

Le journal comme la Bible montrent que le monde contient du mal aussi bien que du bien. D’après Jean 9, 1-3, cet homme n’était pas né aveugle à cause de son péché ni de celui de ses parents. En Luc 13, 1-5, les Galiléens assassinés, ainsi que ceux sur qui la tour de Siloé s’était écroulée, méritaient peut-être ce sort, mais ils ne le méritaient pas plus que quiconque.

 

Romains 8, 19-22 montre qu’après la Chute, Dieu a soumis la création à la corruption. Il n’était pas permis à l’homme corrompu d’habiter une création incorrompue. Nous connaissons les catastrophes naturelles, l’injustice temporaire et l’inhumanité de l’homme envers l’homme. Depuis la Chute, 1 Jean 5, 19 déclare que le monde entier est sous l’empire du Malin. Le dieu de ce siècle est Satan, en 2 Corinthiens 4, 4. Satan est le prince de ce monde, en Jean 12, 31 ; 14, 30 ; 16, 11 ; Éphésiens 6, 12 ; Colossiens 1, 13. Dès lors que Dieu permet le mal et que Satan est le prince de ce monde, à quoi vous attendiez-vous ? Mais pourquoi Dieu a-t-Il permis le mal en premier lieu ? Tel est le sujet suivant.


 

Pourquoi Dieu permet-Il le mal ?

 

Bien des questions, telles que « Pourquoi Dieu laisse-t-Il les hommes pécher ? », « Pourquoi les hommes font-ils du mal à autrui ? » et « Pourquoi de mauvaises choses arrivent-elles aux gens pieux comme aux impies ? », peuvent toutes recevoir un même début de réponse : parce que Dieu permet au mal d’exister. Plus fondamentalement, pourquoi Dieu a-t-Il permis que le mal existât ? — et qu’est-ce donc que le mal ?

 

Le présent article s’efforce de répondre aux questions suivantes :

 

•     Qu’est-ce que le mal, au juste ?

•     Dieu a-t-Il créé le mal et, dans la négative, pourquoi celui-ci existe-t-il ?

•     Ce monde est-il le meilleur des mondes possibles ?

•     Pourquoi éprouvons-nous tous tant de souffrance ?

 

Qu’est-ce que le mal, au juste ?

 

Augustin d’Hippone et Thomas d’Aquin ont longuement médité cette question, et ils ont avancé que le mal est une privation, un manque de bien. Qu’un nourrisson soit incapable de marcher ou de comprendre la vérité et la beauté n’est pas un mal, car un nourrisson n’a pas été créé dans le but d’accomplir cela alors qu’il est encore nourrisson. En revanche, si un adulte en est incapable, nous tiendrons généralement cette imperfection pour un mal, en un sens dit « métaphysique ».

 

Plus généralement, le mal consiste à ne pas accomplir pleinement ce que Dieu désire pour vous. Tous participent au plan de Dieu, de gré ou de force. Il est cependant mauvais de ne pas faire ce qui plaît à Celui qui nous a créés, et qui est aussi Celui pour qui nous avons été créés.

 

Dieu n’a-t-Il pas créé le mal ?

 

Dans la version King James de la Bible, Ésaïe 45, 7 déclare : « Je forme la lumière et je crée les ténèbres ; je fais la paix et je crée le mal : moi, l’ÉTERNEL, je fais toutes ces choses. » Les traductions modernes emploient, au lieu de « mal », les termes « calamité » (NKJV, NASB), « désastre » (NIV) ou « malheur » (NRSV). Toutes sont grammaticalement recevables pour le mot hébreu ra’, et toutes soulèvent le même dilemme. Dieu entend-Il dire qu’Il crée 1) le mal physique, c’est-à-dire la calamité, 2) le mal moral, ou 3) les deux ? Tous s’accordent à reconnaître que Dieu peut faire venir la calamité ; mais Dieu « fait-Il venir » également le mal moral ?

 

Dieu n’est pas l’auteur du mal.

Psaume 77, 13 : « Ô Dieu, tes voies sont saintes. » Voir également 1 Pierre 1, 15.

Dieu ne crée pas directement le mal et les ténèbres ; ceux-ci sont plutôt créés indirectement, comme un manque de bonté et de lumière.

Le Psaume 5, 4 déclare que Dieu ne prend point plaisir au mal, et que le méchant ne peut séjourner auprès de Lui.

Jacques 1, 13 déclare que Dieu ne tente personne.

 

Toutefois, Dieu se sert du mal comme d’un instrument.

Ainsi qu’il a été dit dans un article précédent, l’acte mauvais de Judas fut intégré au plan de Dieu.

Ainsi qu’il a été dit dans « Si le Tout-Puissant est omniscient... », Dieu a délibérément et intentionnellement lancé les impitoyables (et mauvais) Babyloniens contre Juda.

Comme Joseph le dit franchement à ses frères en Genèse 50, 20 : « Vous aviez médité de me faire du mal, mais Dieu l’a changé en bien... »

En Romains 9, 17 et en Exode 9, 16, Dieu a suscité Pharaon, sachant qui il serait, afin de manifester sa puissance.

En Romains 9, 22, Dieu a fait de certains, les Babyloniens compris, des objets de colère.

 

On pourrait poursuivre, mais il s’agit ici d’un concept appelé la concurrence divine. Si Dieu n’est ni l’auteur, ni l’instigateur, ni l’initiateur, ni le contraignant du mal, Il excelle à se servir souvent du mal d’autrui pour ses propres desseins. Comme le dit Romains 8, 28 : « Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu... »

 

Le mal est un instrument de châtiment et de discipline. Il est aussi un moyen de nous éprouver et de nous laisser le choix d’obéir à Dieu.

 

En résumé, on ne saurait dire que Dieu est l’auteur ou le créateur direct du mal, mais le mal d’autrui compte au nombre de ses instruments. Il n’a créé le mal qu’au sens où la lumière et les objets ont créé les ombres.

 

Ce monde est-il le meilleur des mondes possibles ?

 

Compte tenu de tous les mondes possibles, celui-ci est-il vraiment le meilleur que Dieu ait pu concevoir ? Le coïnventeur du calcul infinitésimal, Gottfried Leibniz (1646-1716), a beaucoup écrit pour tenter de le justifier. N’est-il pourtant pas possible d’imaginer un monde comportant moins de mal et moins de souffrance, et Dieu n’aurait-Il pas pu créer celui-là ? En tant que chrétien, comment défendre l’ouvrage de Dieu et prouver que ce monde est le meilleur des mondes possibles, mal compris ?

 

La mauvaise nouvelle est que vous ne le pouvez pas ; la bonne nouvelle est qu’il n’en est nul besoin. Dieu n’a jamais dit que ce monde était le meilleur des mondes possibles, ni même que cette planète déchue fût un monde admirable. C’est plutôt le Ciel, ou, plus exactement, le nouveau ciel et la nouvelle terre, qui constituent le meilleur des mondes possibles. Comme l’a dit Norman Geisler dans The Roots of Evil, ce monde n’est pas le meilleur des mondes possibles, mais le meilleur chemin vers le meilleur des mondes possibles. Le rocher sphérique sur lequel nous vivons tous n’est, pour nous, qu’une pierre de gué dans l’espace vers le meilleur des mondes possibles. Pour d’autres, la terre est un havre offrant d’innombrables secondes chances, la dernière halte avant la chute définitive dans le lieu où il n’y a plus de seconde chance.

 

Le meilleur des mondes possibles, tel que je puis me le représenter, est un lieu où nous disposons du libre arbitre de faire le bien ou le mal, mais où chacun fera le bien, sans crainte de chuter. Nous pourrons librement choisir d’aimer Dieu ou de ne pas L’aimer, mais nous choisirons tous, en toute liberté, de L’aimer. C’est un lieu de justice parfaite, ce qui serait pour nous, créatures pécheresses, un lieu parfaitement redoutable ; et pourtant, nous n’aurons nulle crainte à éprouver. Nous saurons apprécier, comme aucun ange ne le peut, la richesse du pardon de nos péchés, alors même que nous serons sans péché. Ayant fait l’expérience de l’impureté, nous chérirons d’autant plus la sainteté qui nous est donnée, ainsi que l’amour véritable que nous nous portons les uns aux autres. Mais le plus grand bonheur de tous sera de contempler, face à face, la merveilleuse source de la bonté, de la beauté et de la lumière.

 

Notre imagination est-elle à même de décrire le Ciel ? Comme le dit 1 Corinthiens 2, 9 : « ... Ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui L’aiment — mais Dieu nous les a révélées par son Esprit. » Comme le dit 1 Corinthiens 13, 12 : « Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure ; mais alors nous verrons face à face. Aujourd’hui je connais en partie ; mais alors je connaîtrai pleinement, comme j’ai été pleinement connu. »

 

Pourquoi éprouvons-nous tous tant de souffrance ?

 

Malgré tout ce qui vient d’être dit, pourquoi y a-t-il encore tant de souffrance ? Pour certains, la question est très grave. En Job 3, 11-14, la souffrance de Job était telle qu’il demanda pourquoi il était né vivant ; il eût préféré être mort-né. On peut se demander pourquoi notre souffrance n’est pas moindre. Je suppose que l’on pourrait tout aussi bien se demander pourquoi elle n’est pas plus grande.

 

Depuis la Chute, Dieu aurait pu faire que chacun n’éprouvât que la moitié de la souffrance ressentie, ou bien le double ; mais ce qu’Il a choisi est ce que nous avons. Certes, la souffrance que nous éprouvons sur la terre est bien brève au regard de l’éternité ; mais pourquoi éprouvons-nous la souffrance que nous éprouvons ? Si toute souffrance était insupportable, nous ne pourrions nous concentrer sur rien d’autre qu’elle. S’il n’y avait presque aucune souffrance, nous serions fort à l’aise sur la terre, bien trop à l’aise en vérité. La souffrance nous rappelle que la terre n’est qu’un séjour temporaire dont nous ne devons pas nous satisfaire. Elle nous montre que tout ne va pas bien dans ce monde et qu’il nous faut en chercher un meilleur.

 

Le nôtre est un monde à l’envers. Pourquoi des vedettes de cinéma se donnent-elles la mort, tandis que des enfants sous-alimentés savent encore rire et jouer ? Pourquoi certains étudiants souffrent-ils tant de devoir conduire une Toyota au lieu d’une Porsche ? Et comment des dizaines de milliers de chrétiens des premiers siècles ont-ils pu préférer un martyre atroce à l’adoration de César aux côtés du Christ ?

 

Philippiens 3, 20 et 1 Pierre 2, 11 nous montrent que nous ne sommes qu’étrangers et voyageurs en ce monde ; nous ne faisons qu’y passer. Cela dit, il n’est que juste de faire observer que le meilleur chemin vers le meilleur des mondes possibles n’est assurément pas le plus confortable. Mais, vu la brièveté de notre séjour ici-bas et les gloires du Ciel, cela n’a rien de grave.

 

C. S. Lewis a consacré tout un ouvrage au Problème de la souffrance. L’une de ses phrases les plus célèbres est celle-ci : « Dieu nous chuchote dans nos plaisirs, parle dans notre conscience, mais crie dans nos douleurs : c’est là son porte-voix pour réveiller un monde sourd. » (p. 93)

 

La seule conclusion que nous puissions tirer de notre souffrance est celle-ci : « Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire. » 2 Corinthiens 4, 17

 

Résumé

 

Le mal est une imitation, un manque et une ombre du bien.

Dieu est bon, et il n’y a en Lui aucun mal.

Dieu n’est ni le créateur direct ni l’auteur du mal ; celui-ci a été créé indirectement, comme un manque de bien.

Dieu se sert du mal comme d’un instrument, puisque toutes choses concourent au bien (Romains 8, 28).

Le mal est une situation temporaire dans le plan de Dieu.

Ce monde n’est pas le meilleur possible, mais il est le meilleur chemin vers le meilleur des mondes possibles.

La souffrance a de nombreuses fins, notamment la discipline et le châtiment. Plus que toute autre chose, la souffrance et l’injustice nous rappellent que ce monde présent est instable et ne saurait constituer notre demeure définitive.

 

Mais quel rapport la permission divine du mal entretient-elle avec la justice de Dieu ? La justice de Dieu constitue le sujet suivant.

 

www.BibleQuery.org. Versets bibliques tirés de la NIV.


 

La justice de Dieu

 

Dieu est-Il juste ?

 

Selon quelle norme posez-vous cette question ? Les êtres humains peuvent se faire des idées fort singulières de la justice. Ainsi, les souverains mongols de la dynastie Yuan, en Chine, appliquaient une « règle des neuf ». Lorsqu’une personne était reconnue coupable de trahison envers l’empereur, non seulement elle était mise à mort, mais tous ceux qui lui étaient directement liés par le sang ou par alliance l’étaient également. Tous ceux qui étaient liés à ces derniers par le sang ou par alliance étaient à leur tour mis à mort. Et ainsi de suite sur neuf degrés. La « règle des neuf » passait donc pour juste aux yeux des Mongols ; fort heureusement, Dieu n’est PAS juste selon les normes mongoles. Il n’est pas davantage tenu de l’être selon les normes de qui que ce soit d’autre.

 

Dieu est juste selon ses propres normes

 

Si l’homme ne saurait prétendre que Dieu doive satisfaire à nos normes, Dieu est en fait juste selon les siennes. Certains soutiennent que, Dieu étant infini, il nous faudrait être infinis pour comprendre quoi que ce soit de sa justice. Or, si nous ne pouvons tout comprendre, nous pouvons comprendre bien des choses touchant Dieu. Si nous, êtres finis, ne pouvions rien comprendre de la justice de Dieu, autant fermer nos Bibles sur-le-champ, car nous ne pourrions pas davantage comprendre l’amour, la colère, ni aucune révélation du Dieu infini.

 

Bien plutôt, Dieu, qui peut tout, est capable de communiquer, et Il a révélé bien des choses sur sa justice dans sa Parole, la Bible. Voici quelques-unes des choses qu’Il dit de Lui-même.

 

Nul n’est jugé pour le péché d’autrui. Chacun meurt plutôt pour son propre péché. Ézéchiel 18, 13-14 et 17-20

Dieu est juste et équitable envers ceux qui n’ont pas entendu l’Évangile. Romains 2, 2 et 6-16 ; 5, 13

Dieu a fermé les yeux sur certaines ignorances passées, mais tous doivent se repentir. Actes 10, 35 ; 17, 30 ; Romains 5, 13

Le péché existe, mais il n’est pas imputé lorsqu’il n’y a point de loi. Romains 5, 13 ; 4, 15 ; 3, 20

 

Juste ou équitable

 

Être équitable, c’est traiter tout le monde de la même manière. Beaucoup confondent être juste et être équitable, et croient que Dieu est tenu d’être équitable. Dieu traite différemment les nourrissons qui meurent, ceux qui ont peu de connaissance et ceux qui en ont beaucoup ; or rien dans la Bible ne dit qu’Il doive traiter tout le monde de la même manière. De fait, 2 Pierre 2, 20-22 déclare qu’il vaudrait mieux pour eux n’avoir jamais connu la voie de la vérité que de l’avoir connue pour ensuite lui tourner le dos. Jean 15, 22-24 montre également la gravité qu’il y a à connaître la vérité, puis à la rejeter.

 

Quant au salut, la parabole des ouvriers de la vigne, en Matthieu 20, 1-16, montre que Dieu est à la fois juste, en tenant chacune de ses paroles, et inéquitable, en se montrant plus généreux envers les uns qu’envers les autres.

 

La justice et l’au-delà

 

Habaquq 1, 2-3 demande combien de temps s’écoulera avant que Dieu n’agisse, puisque les Israélites étaient méchants et se conduisaient avec violence envers leurs propres frères. Dieu répond que cela ne tardera pas, car Il enverra les impitoyables Babyloniens pour les emmener. Habaquq perçoit alors un problème plus grand encore : combien de temps s’écoulera-t-il avant que Dieu ne châtie les Babyloniens, bien plus méchants que les Israélites ? Dieu répond qu’il faut simplement attendre la fin, le jour du jugement, où les Babyloniens et les autres recevront tout ce qu’ils méritent.

 

Aux temps bibliques comme aujourd’hui, certains hommes méchants ont vécu longtemps et dans l’opulence, mourant paisiblement après avoir causé la souffrance d’un grand nombre. Comment ces gens-là peuvent-ils recevoir justice ? Martin Gardner, agnostique et ancien rédacteur de la revue Scientific American, a exposé dans The Whys of a Philosophical Scrivener les raisons de sa croyance en un au-delà. Son argument était le suivant : si l’on croit que chacun recevra justice, et que beaucoup meurent sans avoir rien reçu qui s’en approche, il faut alors croire en un au-delà, où la justice sera rendue. Des siècles auparavant, Lactance (vers 303-325 apr. J.-C.) avait fait presque la même remarque dans les Institutions divines, livre 6, chapitre 9, p. 171-172.

 

La promesse divine de justice

 

Dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau, Dieu promet qu’Il viendra. Le Psaume 50, 3 dit : « Notre Dieu vient et ne gardera pas le silence ; devant Lui est un feu dévorant, autour de Lui une violente tempête. Il appelle les cieux en haut, et la terre, pour juger son peuple. »

 

Ne vous installez pourtant pas trop confortablement dans cette promesse ; ne soyez pas trop pressé de recevoir la justice que vous méritez. Il n’est personne qui ne pèche, selon le Psaume 143, 2 ; Romains 5, 12-19 ; Colossiens 1, 21 et l’Ecclésiaste 7, 20.

 

Quel degré de bonté faut-il donc atteindre pour aller au Ciel ? Deux vieux amis appartenant à des milieux différents prenaient ensemble leur petit-déjeuner. L’un dit qu’il avait rêvé, la nuit précédente, du paradis de l’autre : il était sale, surpeuplé, et fort peu agréable. L’autre répondit qu’il avait, lui aussi, rêvé du paradis de son ami : il était magnifique, d’une pureté parfaite, et entièrement vide !

 

Or nous ne voulons ni rats, ni cafards, ni autres saletés dans nos maisons. On a même vu des parents laver au jet d’eau, dehors, leurs enfants vraiment trop sales, avant de les laisser entrer. Si tel est notre sentiment à l’égard de nos maisons, que doit éprouver Dieu à l’égard de sa maison parfaitement sainte ? De même que nous avons le droit de ne laisser entrer chez nous que des personnes et des animaux raisonnablement propres, Dieu a le droit de laisser entrer dans son Ciel qui bon Lui semble.

 

Combien de personnes sont donc assez pures pour mériter d’aller au Ciel ? Romains 3, 23 déclare que tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Si chacun recevait ce qu’il mérite, le Ciel serait en fait vide d’hommes. — À une exception près.

 

Jésus-Christ, qui a vécu une vie sans péché (Hébreux 4, 15 ; 1 Pierre 2, 22), est devenu le chemin par lequel tous ceux qui le veulent peuvent aller au Ciel. Il a volontairement choisi l’injustice révoltante que représente la souffrance et la mort de l’innocent pour nos péchés, afin d’en acquitter le prix. Nous qui acceptons ce don gratuit, nous nous sommes soumis au procédé par lequel Dieu nous rend saints et purs pour le Ciel.

 

La justice ne saurait être arbitraire

 

Dieu est-Il arbitraire en pardonnant les péchés des uns et non ceux des autres ? Ou encore : pourquoi Dieu ne pourrait-Il pas être arbitraire, châtiant sévèrement les péchés de certains tout en fermant les yeux sur les mêmes péchés chez moi ? Si Dieu était arbitraire, châtiant certains péchés et non d’autres, ce ne serait pas la justice. Que Dieu pardonne aux uns et non aux autres n’est pas arbitraire, car Jésus-Christ a satisfait aux exigences de la justice de Dieu en subissant le châtiment de nos péchés.

 

Une adolescente comparut un jour devant un juge pour excès de vitesse. Le juge la déclara coupable et la condamna à une amende de plus de cent dollars. Puis il descendit de son siège, ôta sa robe, sortit son portefeuille et acquitta lui-même l’amende. Car ce juge était le père de la jeune fille. Le juge ne pouvait déclarer qu’une personne coupable n’avait pas commis l’infraction. Mais il pouvait payer lui-même pour cette infraction. Et c’est là ce que Dieu, admirablement, a fait pour nous.

 

Pour tous ceux qui accepteront ce don gratuit, nos péchés sont ôtés par le sang du Christ. Ce n’est pas un don à prendre à la légère : il a coûté fort cher, il a coûté la mort de Jésus. C’est un don à recevoir avec gratitude, puisqu’il nous est offert gratuitement.

 

Cela dit, il ne vous profite pas automatiquement. Supposons qu’un multimillionnaire vous annonce qu’il a ouvert à votre nom un compte en banque d’un million de dollars, et qu’il vous suffit de vous rendre à la banque et d’y décliner votre identité. Si vous ne le croyiez pas, vous pourriez rester sans le sou et mourir de faim, parce que vous auriez choisi de ne pas recevoir le million qui vous était réservé. De même, le Christ est mort pour le monde entier (1 Jean 2, 2), tout comme le monde entier est sous l’empire du Malin (1 Jean 5, 19). Pourtant, comme Jésus le dit aux pharisiens religieux : « si vous ne croyez pas que je suis celui que je prétends être, vous mourrez dans vos péchés. » (Jean 8, 24b, NIV)

 

Ainsi Dieu est juste, mais sa miséricorde triomphe de la justice (Jacques 2, 13b) par Jésus-Christ.

 

Pourquoi Dieu tarde-t-Il ?

 

Dieu a déclaré qu’Il ne tarde point, comme certains le pensent, mais qu’Il use de patience, ne voulant qu’aucun périsse (2 Pierre 3, 9). Si Dieu décidait de détruire tout le mal ce soir à minuit, où seriez-vous à minuit une minute ? Dieu tarde afin que tous ceux qui viendront à Lui en aient le temps. Cependant, 1 Thessaloniciens 2, 16 montre que la patience de Dieu a ses limites. Dieu nous accorde tant de secondes chances qu’il est facile d’oublier qu’un temps viendra où il n’y en aura plus.

 

Résumé

 

Dieu est donc juste selon les normes qu’Il a révélées, quelles que soient les opinions que les hommes puissent avoir sur la justice. La justice de Dieu est inéluctable, mais elle est souvent différée. De fait, la véritable justice ne se manifestera qu’au jour du jugement ; jusque-là, Dieu attend patiemment tous ceux qui viendront à Lui. La colère de Dieu est terrible, mais son amour pour les siens est plus grand encore.

 

Comme le dit Romains 11, 22 : « Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu... » Comment s’équilibrent l’amour, la justice et la colère de Dieu ? Tel est le sujet suivant.

 

www.biblequery.org. Versets bibliques tirés de la NIV.

Par Steven M. Morrison, Ph. D.

 

Notes

 

Une existence parasitaire n’est pas nécessairement une chose sombre ou mauvaise. Considérons par exemple le reflet du soleil sur un bassin d’eau immobile. Quelles sont la forme et la taille de ce reflet ? Cela dépend de la position du soleil à cet instant, en partie de la position de l’observateur, et, si l’air est chaud, le reflet peut miroiter. Deux personnes situées en deux endroits différents verront le reflet du soleil à des places différentes.

 

Il existe des degrés d’existence parasitaire. Ainsi, bien que différentes personnes, situées en différents endroits, voient l’image du soleil sur l’eau à des places différentes, ce qu’elles voient est « réel » en ce sens que de véritables photons, particules de lumière que notre atmosphère n’a pas interceptées, viennent frapper leur œil. Mais ces photons ne sont là qu’à cet instant : quelques microsecondes plus tard, ce sont tous d’autres photons. Et si le soleil venait à cesser de briller, il n’y aurait plus aucun photon sept minutes plus tard.

 

En un sens, nous avons une existence parasitaire à l’égard de Dieu. Non seulement Dieu nous a créés, mais Il nous soutient également. Si le soleil s’arrêtait, ou si la terre se dissolvait, où seraient nos corps ? En un sens, toute chose possède une forme d’existence parasitaire, hormis Dieu, car toute chose dépend de Dieu.