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Questions bibliques sur le livre du Deutéronome


Q: En Dt 1-34, quel est le point principal de ce livre ?

R: Le livre du Deutéronome est l'un des quatre livres les plus fréquemment cités dans le Nouveau Testament. Il est le dernier des cinq livres de la Loi, appelés la Torah. Il fut spécifiquement ordonné aux rois de lire (et de relire) ce livre, selon Deutéronome 17.14. Le mot français « Deutéronome » vient du grec signifiant « seconde loi », ou « répétition de la loi ». Il ne s'agit cependant pas d'une seconde loi, mais d'une reformulation et d'un résumé partiel des lois de l'Exode, du Lévitique et des Nombres. L'ouvrage s'adresse en particulier aux non-lévites, spécialement pour leur rappeler certaines choses avant leur entrée en Terre promise. Il ne s'agit pas d'un résumé exhaustif ; par exemple, il n'entre guère dans le détail des lois sociales particulières, de la circoncision, etc. Dieu chargea plutôt Moïse de prononcer ces discours afin d'indiquer ce sur quoi le peuple devait se concentrer à la veille d'entrer dans la Terre promise : par exemple, la répétition des dix commandements et d'autres lois, l'instauration de villes de refuge, et l'existence d'un seul lieu central pour les sacrifices. Ce centre se déplaça, du mont Ébal (Deutéronome 27.1-8 ; Josué 8.30-35) à Sichem (Josué 24.1-28), puis à Silo (Josué 18.1 ; Juges 21.19), avant de se fixer à Jérusalem.

Le Deutéronome fut donné par Dieu par l'intermédiaire d'un homme à qui Dieu avait annoncé qu'il mourrait bientôt sans être entré dans la Terre promise. Au terme de ces longues années d'errance, Moïse, dans ce discours d'adieu, dit essentiellement au peuple : à mesure que vous rencontrerez les bénédictions matérielles, ainsi que les influences païennes, « souvenez-vous en particulier de ces choses ».


Q: En Dt 1-34, quelles sont quelques expressions clés de ce livre ?

R: Parmi les expressions clés du Deutéronome figurent « l'Éternel, ton Dieu » (280 occurrences), « prendre possession » (18 occurrences), « le pays » ou « la terre » (200 occurrences), et « ne crains point » (9 occurrences).


Q: En Dt 1-34, pourquoi devrions-nous étudier ce livre ?

R: Il existe au moins quatre raisons. Premièrement, toute l'Écriture (et non pas seulement une partie) est utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger et pour instruire dans la justice, selon 2 Timothée 3.16. Deuxièmement, comme le montre le tableau ci-dessous, le Deutéronome occupait fréquemment l'esprit de Jésus et des auteurs du Nouveau Testament. Lorsque Jésus fut tenté dans le désert, Il répondit à Satan les trois fois en citant le Deutéronome. Troisièmement, nous avons besoin d'une vision équilibrée de Dieu : sa grâce, sa colère, ainsi que son mystère et sa majesté redoutable. Quatrièmement, nous pouvons apprendre spécifiquement à quel point Dieu désire que nous soyons intentionnels et organisés dans notre poursuite de la sainteté. Nous pouvons également nous souvenir de l'importance de la responsabilité communautaire, du témoignage envers notre prochain, du matérialisme, d'un leadership efficace malgré l'épuisement causé par des plaintes incessantes, et de l'enseignement transmis à la génération suivante.


Q: En Dt 1-34, quel est un plan de ce livre ?

R: Des spécialistes, dont Kenneth A. Kitchen, ont relevé un certain nombre de similitudes entre l'organisation du Deutéronome et les traités de suzeraineté politique hittites du deuxième millénaire av. J.-C. Peter Craigie a également relevé quelques similitudes avec les contrats de travail égyptiens.

L'essentiel du Deutéronome s'organise autour de trois longs discours de Moïse.

1-4 Premier discours : Prologue

  1.1-5 Préambule

  1.6 - 3.29 Introduction historique

  4.1-40 Stipulations fondamentales

5.1 - 11.32 Deuxième discours : Termes et conditions de l'alliance

12.1 - 26.29 Application

27-30 Troisième discours

  28.1-14 Avantages / bénédictions liés au respect du traité

  28.15-38 Châtiments / malédictions liés à sa violation

  29.1 - 30.30 Récapitulation

31-34 Remarques finales

Les traités de suzeraineté évoquaient fréquemment l'amour du vassal pour son maître. Il existait cependant une différence majeure entre les traités de suzeraineté hittites et la structure du Deutéronome : les traités de suzeraineté appelaient généralement de nombreux dieux à témoigner du traité, ce qui est totalement absent du Deutéronome.


Q: Où le Deutéronome est-il cité ou évoqué dans le Nouveau Testament ?

R: Il y est référencé en de nombreux endroits.

Verset du Deutéronome — Verset du Nouveau Testament

Dt 1.17 — 1 Tm 5.21 « Car Moïse écrit »

Dt 1.17 (la partialité) — Jc 2.9 (allusion anonyme)

Ex 20.12 ; Dt 5.16 — Mc 7.10 « Car Moïse a dit »

Ex 20.12-16, Lv 19.18, et Dt 5.16-20 — Mt 19.19 (allusion anonyme)

Ex 20.13 et Dt 5.17 — Mt 5.21 « Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens »

Ex 20.13 ; Dt 5.17 — Jc 2.11 s. (allusion anonyme)

Ex 20.13-15 ; Dt 5.17-19 — Rm 13.9 « les commandements »

Ex 20.14 et Dt 5.18 — Mt 5.27 « Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens »

Ex 20.14 ; Dt 5.18 — Jc 2.11a (allusion anonyme)

Dt 6.4-5 — Mc 12.29 « Le premier de tous les commandements est »

Dt 6.5 — Mt 22.37 « le grand commandement de la loi »

Dt 6.5 et Lv 19.18 — Lc 10.27 « ce qui est écrit dans la loi », un docteur de la loi parle ici

Dt 6.8 — Mt 23.5 (allusion anonyme)

Dt 6.13 — Mt 4.10 « car il est écrit »

Dt 6.13 — Lc 4.8 (allusion anonyme)

Dt 6.16 — Mt 4.4 « Jésus lui dit »

Dt 6.16 — Lc 4.12 (allusion anonyme)

Dt 7.1 — Ac 13.19 (allusion anonyme)

Dt 7.6-8 — Ac 13.17 (allusion anonyme)

Dt 8.3 — Mt 4.4 Jésus dit : « Il est écrit »

Dt 8.3 — Lc 4.4 (allusion anonyme)

Dt 8.5 — Hé 12.7 (allusion anonyme)

Ex 32.2-4 ; Dt 9.16 — Ac 7.41 (allusion anonyme)

Dt 9.19 — Hé 12.21 « Moïse dit »

Dt 10.17 — Rm 2.11 (allusion anonyme)

Dt 15.11 — Mc 14.7 (allusion anonyme)

Dt 16.16 — Jn 5.1, mention d'une fête des Juifs

Dt 17.7 — Jn 8.7 (allusion anonyme)

Dt 17.6 — Jn 8.17 « Il est aussi écrit dans votre loi »

Dt 18.15,18 — Jn 5.36 (allusion) « il [Moïse] a écrit à mon sujet »

Dt 18.15,18,19 — Ac 3.22-23 « Moïse a dit »

Dt 18.15,18,19 — Ac 7.37 « par Moïse »

Dt 18.18 — Jn 12.39 (allusion anonyme)

Dt 18.18 — Jn 17.8 (allusion anonyme)

Dt 19.15 — Mt 18.16 (allusion anonyme)

Dt 19.15 — 2 Co 13.1 « Car Moïse écrit »

Ex 21.24 ; Lv 24.20 ; Dt 19.21 — Mt 5.38 « Vous avez entendu qu'il a été dit »

Dt 21.23 — Ga 3.13 « il est écrit »

Dt 24.1-4 — Mt 19.7-8 « Moïse a ordonné »

Dt 24.1-4 — Mc 10.4 « Moïse a permis » (allusion)

Lv 14.2-14 et Dt 24.8 — Mt 8.4 (allusion anonyme)

Lv 14.2-14 et Dt 24.8 — Mc 1.44 « ce que Moïse a ordonné »

Dt 25.2 — Lc 12.47 (allusion anonyme)

Dt 25.4 — 1 Co 9.9 « écrit dans la loi de Moïse »

Dt 25.5 — Mt 22.24 « Moïse a dit »

Dt 25.5 — Mc 12.19 « Moïse a écrit »

Dt 25.5-6 — Lc 20.28 « Moïse a écrit », un sadducéen parle ici

Dt 27.26 — Ga 3.10 « il est écrit »

Dt 29.4 — Rm 11.8 « selon qu'il est écrit »

Dt 29.18 — Hé 12.15 (allusion anonyme)

Dt 30.12 — Rm 10.6 « Car Moïse écrit »

Dt 32.12 — Rm 10.7 « Car Moïse écrit »

Dt 30.14 — Rm 10.8 « Car Moïse écrit »

Dt 31.6 ; Jos 1.5 — Hé 13.5 « Car Lui-même [Dieu] a dit »

Dt 32.4 — Rm 9.14 (allusion anonyme)

Dt 32.8 — Ac 17.26 (allusion anonyme), Paul parle ici

Lv 17.7 ; Dt 32.17 — 1 Co 10.20 (allusion anonyme)

Dt 32.21 — Rm 10.19 « Moïse dit »

Dt 32.35 — Rm 12.19 « car il est écrit »

Dt 32.35 — Hé 10.30a « dit le Seigneur »

Dt 32.36 — Hé 10.30b « dit le Seigneur … et »

Dt 32.43 — Rm 15.10 « il est dit encore »

Dt 32.43 — Hé 1.9 « Et à l'égard des anges Il [Dieu] dit »


Q: En Dt 1.1, combien de temps les Israélites étaient-ils censés passer dans le désert ?

R: Deutéronome 1.2 nous rappelle que le trajet vers le sud-ouest de Canaan devait durer environ onze jours. Cependant, comme ils désobéirent en refusant de suivre Dieu vers ce pays après le mauvais rapport de dix des douze espions, cela dura en réalité de 38 à 40 ans. Les Israélites furent disciplinés, mais non abandonnés. Or la discipline n'est pas éternelle. On peut répondre à la discipline en en faisant un temps de dévotion particulière.

Raymond Brown écrit : « Les rebelles vaincus et abattus furent refoulés dans le désert austère. Une sombre accumulation de péchés étroitement liés — l'oubli, la désobéissance, la perversité et la présomption — les avait privés de choses meilleures. Tout aurait pu être si différent… Au cours des années qui suivirent, des centaines de ces tristes incrédules furent portés en terre. Chaque funérailles constituait un nouveau témoignage de la gravité du péché. Pourtant, leur amère défaite face aux Amorites devint peu à peu un souvenir qui s'estompait. Progressivement, un jour nouveau se leva. Il était temps de recommencer. »


Q: En Dt 1.6,9,14 ; Dt 15.2,5 (Dt 1.35 ?) ; Dt 11.2,7, pourquoi Moïse dit-il au peuple qu'il était témoin de ce qui s'était passé avant les quarante années d'errance, alors que Nb 14.29-30 et Nb 26.64-65 disent que tous mourraient dans le désert ?

R: Quatre points sont à considérer pour la réponse.

Le peuple était déjà dans le désert depuis environ sept ans avant que la malédiction des quarante ans d'errance ne soit prononcée.

Nombres 26.64-65 dit seulement que tous ceux recensés dans le dénombrement militaire précédent n'étaient plus en vie.

Nombres 14.29-30 promettait seulement que les hommes recensés dans le précédent dénombrement mourraient tous avant d'atteindre la Terre promise, à l'exception de Josué et Caleb.

Étaient donc exclus de cette malédiction tous les hommes de moins de vingt ans (non recensés), les lévites de tout âge, ainsi que toutes les femmes. Un grand nombre d'entre eux étaient donc encore en vie et pouvaient témoigner personnellement des événements passés. Ceux nés après le début des quarante années n'en seraient que des témoins indirects, l'ayant appris de leurs parents et de la communauté.


Q: En Dt 1.6-18, quelles caractéristiques peut-on discerner dans le leadership de Moïse ?

R: Moïse manifesta au moins six caractéristiques.

La soumission : la vie de Moïse traversa des saisons très diverses, de favori de la cour à hors-la-loi, de libérateur audacieux à juge accablé, jusqu'à faiseur de miracles mystérieux. Mais une constante demeura : la soumission de Moïse à Dieu.

Le réalisme : Moïse était réaliste sur lui-même comme sur les autres. Il reconnaissait ses propres limites et savait qu'il ne pouvait porter seul ce fardeau. Il ne se contentait donc pas de se heurter en vain à ses propres échecs, incapable d'accomplir seul toute la tâche ; il agit concrètement et trouva des personnes pour l'aider. Moïse ne pouvait conduire le peuple depuis l'endroit où il aurait souhaité qu'il se trouvât ; il devait le conduire depuis là où il se trouvait réellement.

La confiance en Dieu : Moïse était un homme d'une grande assurance, mais cette assurance ne reposait pas sur lui-même, en particulier concernant ses capacités oratoires et son aptitude à diriger. Elle reposait sur les capacités de Dieu, et sur la certitude que Dieu se servirait de lui, quelles que soient ses propres carences.

Le sacrifice de soi : les partisans de Moïse étaient loin d'être idéaux. Au lieu de collaborer harmonieusement, Moïse dut sans cesse composer avec les murmures et les disputes. À l'exception d'un bref moment à Meriba, Moïse ne les abandonna jamais. Il n'était pas un chef isolé dans le vide ; il était un chef pour eux.

Le partage des responsabilités : Moïse délégua de nombreuses décisions quotidiennes à soixante-dix anciens. Il ne se contenta pas de leur déléguer une tâche, mais leur confia la responsabilité d'agir avec justice et sagesse.

La vulnérabilité : Moïse mentionna trois faiblesses dont tout dirigeant doit se garder : le favoritisme, la peur et la solitude.


Q: En Dt 1.8-12, le « je » qui s'exprime ici est-il Moïse, ou Dieu ?

R: En Deutéronome 1.6, Moïse rapporte : « Voici ce que Dieu a dit » ; le « je » du verset 8 désigne donc Dieu. Une fois que Moïse eut fini de rapporter les paroles de Dieu, à la fin du verset 8, le « je » se rapporte à Moïse à partir du verset 9.


Q: En Dt 1.8, puisque les Israélites devaient posséder ce pays, pourquoi furent-ils par la suite exilés sous les Assyriens et les Babyloniens ?

R: Ils entrèrent effectivement en possession du pays. Cependant, par leur désobéissance, ils ne conservèrent pas ce qu'ils possédaient, et le perdirent pendant soixante-dix ans. Deutéronome 4.25-31 ; 28.20-28 ; 29.22-28 ; 30.1-10 ; 32.23-43 avertissaient tous que cela pourrait se produire. Dieu peut également nous faire des promesses et nous accorder des bénédictions ; mais si nous n'en prenons jamais possession, il se peut que nous ne les obtenions jamais. Cependant, le fait que Dieu leur ait donné le pays ne signifiait pas qu'ils pouvaient agir à leur guise tout en continuant d'y demeurer. Eux, comme nous aujourd'hui, pouvaient également perdre ces bénédictions par leur désobéissance.


Q: En Dt 1.13,16, le peuple choisit-il lui-même ses juges, ou fut-ce Moïse qui les désigna, comme en Ex 18.25 ?

R: Une analogie pourrait ici être utile. Est-ce le Président des États-Unis qui nomme les personnes aux postes ministériels, ou est-ce le Sénat qui les confirme ?

Les deux affirmations sont vraies. Dans la Bible, le peuple proposa des hommes pour devenir juges, et Moïse choisit parmi eux. Il se peut que Moïse ait retenu chaque personne proposée, mais rien ne l'y obligeait nécessairement.


Q: En Dt 1.22-23, pourquoi les fidèles d'un Dieu omniscient auraient-ils eu besoin d'envoyer des espions à travers le pays ?

R: Deux points distincts sont à considérer pour la réponse.

1. Moïse jugea probablement cela une bonne idée, car Dieu nous permet souvent d'apprendre certaines choses par nous-mêmes. Les espions pouvaient explorer Canaan afin de connaître la meilleure voie d'accès, ainsi que la force relative des armées adverses.

2. Cependant, Dieu n'ordonna jamais d'envoyer ces espions. Ce fut le peuple qui vint proposer cette idée à Moïse, et celui-ci la jugea simplement bonne, au verset 23. Cela se révéla toutefois catastrophique, car dès qu'ils rencontrèrent quelques difficultés, ils perdirent la foi. Ils ne perdirent pas la foi en l'existence de Dieu, mais en sa volonté de les protéger.

Il y a là deux leçons essentielles pour les chrétiens d'aujourd'hui. Premièrement, analyser une situation est généralement une bonne chose. Cependant, si l'un des objectifs de cette analyse est de décider si l'on doit ou non faire confiance à Dieu, ou si l'on doit ou non Lui obéir, l'analyse elle-même devient mauvaise, car elle procède de mauvaises motivations.

La seconde leçon essentielle concerne le leadership. Moïse n'avait ici aucune mauvaise intention, et il ignorait probablement que, chez certains de ceux qui demandaient l'envoi d'espions, se cachait le désir secret de décider s'ils voulaient obéir ou non. Lorsque quelqu'un nous adresse une requête étrange en apparence inoffensive, plutôt que de l'accorder ou de la refuser impulsivement, il vaut mieux en comprendre d'abord la raison.


Q: En Dt 1.26-43, puisque Dieu voulait que les Israélites entrent immédiatement en Canaan, et qu'après leur premier refus ils décidèrent finalement d'y aller, pourquoi Dieu fut-Il en colère contre eux lorsqu'ils s'y résolurent ?

R: Romains 14.23 énonce explicitement le principe illustré en Deutéronome 1.26-43 : « tout ce qui n'est pas le produit d'une conviction est péché ». Dans un premier temps, les Israélites refusèrent d'y aller par manque de confiance en Dieu. Plus tard, ils décidèrent d'y aller parce qu'ils se faisaient confiance à eux-mêmes. Dieu se souciait moins du fait qu'ils y aillent ou non à tel moment précis, que de leur obéissance envers Lui.

Si cette question vous a semblé difficile avant de lire la réponse, il peut être utile de retenir ce qui suit. Certains se concentrent sur ce qu'il faut faire, ou ne pas faire, pour être en règle avec Dieu. C'est passer à côté de l'essentiel. Dieu ne veut pas seulement que nous tentions de Lui obéir à distance, mais que nous fassions appel à Lui, que nous nous approchions de Lui et que nous Lui obéissions. Lire Romains 14 offre des exemples que l'on ne peut vraiment comprendre qu'en saisissant ce principe.


Q: En Dt 1.27, que révèle ce verset au sujet des Israélites ?

R: Leurs craintes les conduisirent à une compréhension erronée, malgré les preuves contraires qu'ils avaient sous les yeux. Ils oublièrent les manières miraculeuses par lesquelles Dieu les avait déjà sauvés par le passé : la mer Rouge, la manne, les cailles. Même à l'avenir, Dieu enverrait de grosses pierres contre les Cananéens du sud. Ils pensaient que le Dieu qui les avait fait traverser la mer Rouge ne pourrait pas les sauver des Amorites. Ils croyaient que Dieu les haïssait et voulait les détruire, alors même qu'Il leur proposait un nouveau défi à relever. Ils pensaient que les ordres de Dieu avaient une portée plus grande que sa grâce et sa puissance. Ils ne voyaient que le court terme et leurs propres capacités, et non ce que Dieu pouvait accomplir.


Q: En Dt 1.28, Dt 2.10, Dt 9.2, qui sont les fils d'Anaq (Anakim), les Émim et les Rephaïm ?

R: Les Anakim descendaient d'un homme nommé Anaq. Il s'agissait d'une tribu dont les hommes étaient de redoutables guerriers, probablement en raison de leur taille et de leur force. Puisque les arcs n'étaient pas alors très puissants, et qu'une grande envergure ainsi que la force constituaient des qualités précieuses au combat à l'épée ou à la massue, ces trois clans apparentés produisirent de nombreux guerriers redoutés. Voir la discussion sur Deutéronome 31.3 pour plus de détails.


Q: En Dt 1.34-46 et Dt 1.2 [ou 2.14 ?], comment les gens réagissent-ils après avoir gâché une grande occasion que Dieu leur avait offerte ?

R: Ils peuvent réagir en recommençant à obéir. Cela peut certes être plus difficile à accomplir que si cela avait pu se faire plus facilement dès le départ, mais Dieu continue de vouloir que nous accomplissions ces choses. D'un autre côté, quelqu'un pourrait se révolter complètement et ne jamais revenir. En un sens, ces personnes s'en prennent alors à elles-mêmes, et non à Dieu.

 

Q: En Dt 1.39, que faut-il entendre par la connaissance de Dieu et l'âge de responsabilité morale ?

R: L'âge de responsabilité morale est le concept selon lequel les enfants atteignent un âge avant lequel ils ne sont pas tenus responsables devant Dieu de leurs choix. Aucun verset n'indique que cet âge soit identique pour chaque enfant. Trois principes de la justice de Dieu sont illustrés dans ce passage.

1. Dieu juge selon ce que les gens savent, et les jeunes enfants, qui ne choisissent pas ce qui est juste par simple ignorance, ne sont pas jugés pour cela. Le péché n'est pas imputé là où il n'y a point de loi (Romains 4.15 ; 5.12).

2. Dieu ne juge pas les hommes pour ce qu'ils n'ont pas pu choisir. Une femme violée à la campagne, où ses cris ne pouvaient être entendus, n'était pas punie pour péché sexuel (Deutéronome 22.25-27). De même, même les adolescents qui distinguaient déjà le bien du mal, mais qui n'avaient aucune voix dans l'assemblée ni dans ses décisions, ne tombèrent pas sous le châtiment de la mort dans le désert.

3. Néanmoins, dans cette vie, les hommes subissent souvent les conséquences du mal commis par d'autres. Les enfants durent tout de même vivre quarante ans dans le désert. Cependant, Dieu rendra toute chose juste au jour du jugement.


Q: En Dt 1.30-46 [ou 1.41-46], pourquoi les Israélites eurent-ils tort d'obéir tardivement à Dieu en combattant les Amorites ?

R: Dans l'esprit de la plupart des Israélites, la question fondamentale était de savoir s'il fallait combattre les Amorites ou non. Ils se trompaient. La véritable question fondamentale était de savoir s'il fallait obéir à Dieu ou non. Ils raisonnaient en fonction du résultat, et non de l'obéissance. Lorsque Dieu leur dit qu'ils ne pouvaient plus, à ce moment-là, aller combattre les Amorites, leur désobéissance présente ne différait en rien de celle dont ils avaient fait preuve en refusant d'y aller auparavant.


Q: En Dt 2.4-8, pourquoi les Israélites furent-ils incapables de vaincre les Édomites, alors qu'ils étaient bien plus puissants qu'eux ?

R: Les Israélites ne les combattirent jamais, et l'on ne vainc pas une nation plus faible que l'on refuse de combattre. Rien n'indique nulle part qu'ils auraient été incapables de vaincre les Édomites. Dieu leur ordonna simplement de ne pas les combattre, et ils obéirent.

Voir https://www.thetorah.com/article/ar-moab pour davantage de précisions.


Q: En Dt 2.4-7, pourquoi Dieu dit-Il aux Israélites qu'ils étaient sur le point de traverser Édom, alors que Nb 20.14-21 et Dt 2.8 montrent qu'ils ne le firent jamais ? Dieu ne le savait-Il pas à l'avance ?

R: Trois points sont à considérer pour la réponse.

1. Dieu connaît d'avance tout ce qui doit nous arriver (Psaume 139.16 ; Ésaïe 46.10 ; 41.22-23 ; 42.9 ; 44.7 ; 1 Jean 3.20).

2. Dieu ordonna à Moïse de donner ces instructions aux Israélites. Une route habituelle traversant le centre de Moab, appelée la route royale, aurait pu constituer le trajet le plus commode.

3. Ils étaient effectivement « sur le point » de traverser l'intérieur d'Édom, et ils l'auraient fait si les Édomites les y avaient autorisés. Mais puisque ceux-ci le leur refusèrent, ils ne firent que longer la frange extérieure d'Édom.

Par ailleurs, The Bible Knowledge Commentary : Old Testament (p. 265) indique que cette région ne reçoit aujourd'hui qu'environ douze centimètres de pluie par an (bien que, jadis, les précipitations aient probablement été un peu plus abondantes). Les Édomites craignaient peut-être qu'un peuple aussi nombreux n'épuise toute l'eau disponible.

Comme le souligne Gleason Archer dans la question suivante, une autre réponse possible est qu'ils se trouvaient probablement déjà en Édom au moment où ils adressèrent leur requête aux Édomites, et qu'ils traversèrent effectivement les abords d'Édom ; ils auraient donc, en un sens, bel et bien traversé Édom.


Q: En Dt 2.4-7 et Nb 20.14-21, les Israélites contournèrent-ils Édom, ou traversèrent-ils Édom comme le suggère Dt 2.4-7 ?

R: Deutéronome 2.4-7 ne dit jamais qu'ils traversèrent Édom. Plutôt, avant même d'atteindre la frontière d'Édom, il fut dit aux Israélites qu'ils étaient sur le point de traverser Édom, et qu'ils devaient veiller à ne pas provoquer les Édomites à la guerre.

Nombres 20 montre que les Édomites refusèrent de les laisser passer par Édom, et mobilisèrent leur armée. Les Israélites n'empruntèrent donc pas la route habituelle, appelée la route royale, et contournèrent Édom.

Il arrive parfois que l'on soit sur le point de faire quelque chose, et que, lorsqu'une armée se dresse contre nous, l'on décide finalement d'agir autrement. Voir aussi la question suivante.

Gleason Archer propose une réponse différente. Si l'on suit leur itinéraire, ils se trouvaient probablement déjà en Édom au moment où ils discutaient avec les Édomites. Ils longèrent ensuite la frontière (non délimitée) d'Édom ; en un sens, ils traversèrent donc bel et bien ce territoire, quoique non par la route la plus aisée qu'ils auraient souhaité emprunter.


Q: En Dt 2.4-19 et Nb 20.14-21, comment gérer une situation où l'on doit emprunter un détour pour accomplir ce que l'on est censé faire, uniquement à cause de l'obstination d'autrui ?

R: Lorsque Dieu vous confie une tâche, croyez-vous que les démons, ou d'autres, ne susciteront jamais d'opposition ? Il arrive parfois que Dieu nous confie une tâche, et que nous devions emprunter un détour ; cela ne signifie pas qu'il faille abandonner, mais qu'il faut faire preuve de persévérance pour l'accomplir malgré tout. Lorsque vous rencontrez un tel détour, il convient de le gérer avec grâce, sans colère, sans haine ni pensée de revanche. Vous n'avez rien à prouver à qui que ce soit. Mais Dieu a déjà établi comment se déroulera votre vie de service envers Lui, et Il a sans nul doute déjà pris ce détour en compte. Lorsque vous êtes tentés de vous mettre en colère, ne vous mettez pas en colère : redoublez de détermination.


Q: En Dt 2.7, les Israélites ne manquaient-ils de rien, ou les conditions étaient-elles suffisamment mauvaises pour justifier les murmures, comme en Ex 16.2-3 et Nb 11.4-6 ?

R: Les conditions étaient tolérables, en ce sens que le peuple disposait de suffisamment de nourriture, d'eau et de vêtements. Cependant, tout comme aujourd'hui, le fait qu'une situation mérite ou non des murmures dépend autant de celui qui murmure que de la situation elle-même. Pour les croyants, Paul ordonne en Philippiens 2.14-15 que nous fassions toutes choses sans murmures ni hésitations.


Q: En Dt 2.9-12,22,37, pourquoi les Israélites ne conquirent-ils pas les Moabites et les Ammonites ?

R: Pour la simple raison que Dieu ordonna aux Israélites de ne pas les combattre. Les raisons probables d'un tel ordre sont que les Moabites et les Ammonites étaient apparentés aux Israélites, que ceux-ci devaient concentrer leurs efforts sur les Cananéens, et qu'il n'y avait aucun intérêt à faire mourir ne serait-ce qu'un seul combattant pour un territoire qu'il ne leur était de toute façon pas demandé de conquérir.

Notons, à titre indicatif, qu'Ar, en Moab, n'était pas une ville (du moins à cette époque), mais plutôt une « région habitée » (Nombres 21.14) parcourue de plusieurs cours d'eau.

Voir https://www.thetorah.com/article/ar-moab pour davantage de précisions. Le commentaire Keil-Delitzsch sur l'Ancien Testament, vol. 1, partie 3, p. 293, considère que la ville d'Ar existait également, mais que ce terme désignerait ici la région dans son ensemble.


Q: En Dt 2.10-12, en quel sens Canaan était-elle « le pays de leur possession », puisqu'ils n'y étaient pas encore entrés ?

R: Le territoire situé à l'ouest du Jourdain leur fut promis comme possession. De surcroît, le Deutéronome fut probablement rédigé en dernier, et les deux tribus et demie avaient déjà pris possession du territoire situé à l'est du Jourdain.

Voir When Critics Ask (p. 115-117) pour davantage de précisions, ainsi que d'intéressants contrastes entre la position de ceux qui reconnaissent l'autorité de l'Écriture et la position critique des chrétiens libéraux. (L'expression « chrétien libéral », soit dit en passant, se rapporte ici aux convictions religieuses, et non à la politique.)


Q: En Dt 2.19, Dieu n'a-t-Il pas donné le territoire ammonite aux Israélites, ou fut-ce Moïse qui le leur donna, en Jos 13.25 ?

R: Les deux affirmations sont vraies. Les Ammonites possédaient une partie ancestrale de leur royaume, ainsi qu'une partie acquise par conquête. Avant même ces deux versets, les Israélites occupaient déjà cette seconde partie. Ainsi, Deutéronome 2.19 fut spécifiquement rédigé afin d'indiquer aux Israélites de ne pas s'emparer du territoire que les Ammonites possédaient alors, et possédaient originellement.

Ajoutons à cela que le territoire situé sur la rive orientale du Jourdain ne faisait pas partie de Canaan proprement dite. Les Israélites la conquirent et l'occupèrent, mais Dieu ne la leur avait pas promise. Il nous arrive parfois aujourd'hui d'acquérir des choses que Dieu ne souhaite pas nous voir posséder, à notre plus grand regret futur.


Q: En Dt 2.30, pourquoi l'Éternel endurcit-Il le cœur de Sihon, roi de Hesbon ?

R: Probablement pour une raison semblable à celle pour laquelle Dieu endurcit le cœur de Pharaon. Le cœur de Sihon était déjà endurci contre Dieu et son peuple, et Dieu l'endurcit davantage encore. Quelqu'un a un jour comparé l'influence de Dieu à celle du soleil : le soleil ramollit la cire, mais durcit l'argile, bien qu'il s'agisse du même soleil.


Q: En Dt 2.31, Nb 21.23-26, pourquoi le peuple dut-il combattre Sihon et perdre des hommes, alors que Dieu avait déjà déclaré leur avoir donné possession du pays ?

R: Dieu leur donna la destinée de le conquérir ainsi que le droit de le conquérir, mais il leur restait encore à accomplir le travail effectif. Dieu peut aujourd'hui aussi nous accorder certaines bénédictions, mais si nous ne sommes pas disposés à travailler également pour en prendre possession, nous ne les obtiendrons pas.


Q: En Dt 3.11, qu'était le « lit » du roi Og de Basan, et quelle en était la longueur ?

R: Il mesurait environ quatre mètres. Le mot hébreu traduit par « lit » est ici ambigu. Il pourrait désigner le lit où il passait la nuit, ou bien un « lit funéraire » (en réalité un sarcophage ou un tombeau), où reposerait son corps. D'autres sarcophages de dimensions comparables ont été découverts, jusqu'en Phénicie.

Notons, à titre indicatif, que Basan se situait au nord du chemin qu'ils devaient emprunter pour entrer dans la Terre promise. Cependant, ils n'auraient guère souhaité envoyer la quasi-totalité de leurs troupes de l'autre côté du Jourdain, en laissant au nord un royaume hostile susceptible de ravager leurs familles, leurs troupeaux et leurs bêtes. Basan n'aurait donc probablement pas été conquis si ses habitants avaient surmonté leur désir, né de la peur, de combattre les Israélites, et s'étaient montrés pacifiques envers eux après que Moïse leur eut envoyé une délégation de paix, en Nombres 21.21-22.


Q: En Dt 3.11, comment le lit du roi Og pouvait-il être en fer, puisqu'ils ne disposaient pas d'une technologie métallurgique sophistiquée ?

R: Cela ne signifie pas nécessairement que le lit tout entier fût en fer (ce qui serait plutôt inconfortable). Il était plutôt bordé de fer. Les Égyptiens utilisaient le fer provenant de météorites pour fabriquer ornements et poignards depuis au moins 3000 av. J.-C. Mais même s'ils disposaient de fer météoritique, il leur était très difficile de purifier le minerai de fer, car cela requiert un feu de fonte bien plus chaud que celui nécessaire au bronze ou au laiton.


Q: En Dt 3.12-17, pourquoi les tribus de Gad, de Ruben, et la moitié de la tribu de Manassé vivaient-elles à l'est du Jourdain, alors que le peuple devait vivre en Canaan ?

R: Simplement parce qu'elles choisirent d'y vivre. L'Écriture rapporte ce choix sans l'approuver. L'histoire montre que ce choix ne fut pas sage. Ce territoire recevait peu de pluie, mais convenait bien à l'élevage du bétail.

Il arrive parfois, aujourd'hui encore, que des croyants souhaitent agir d'une manière qui, sans être ouvertement rebelle, ne correspond pas entièrement à la volonté de Dieu ; Dieu nous laisse alors la liberté de faire ce choix peu judicieux, et souvent d'en constater les conséquences.


Q: En Dt 3.21-22,28, comment Moïse prépara-t-il la passation du pouvoir ?

R: Les dirigeants efficaces peuvent éprouver une certaine réticence à transmettre leur ministère à d'autres en vieillissant ; ils doivent pourtant le faire malgré tout. Bien que cela ait sans doute été pénible pour Moïse, sachant qu'il allait bientôt mourir, il entreprit cette transmission plus tôt que tard, sans la remettre à plus tard. Moïse ne commença pas ici seulement ; il avait entrepris depuis longtemps la formation de Josué. Ce fut un processus graduel, attendu, qui ne constitua pas un choc majeur pour l'organisation lorsqu'il se produisit. Certains ministères chrétiens ont connu des difficultés en raison d'une mauvaise gestion de la transmission du pouvoir. Mais Dieu rappela à Moïse de continuer à former Josué, en Deutéronome 3.21-22,28.


Q: En Dt 3.23-25, quelles sont quelques caractéristiques de la prière de Moïse ?

R: Moïse commence par le verset 23, qui montre qu'il se soucie davantage d'exalter le nom de Dieu que de formuler une requête pour lui-même. Aux versets 24-25, Moïse demande à Dieu de revenir sur sa décision et de lui permettre d'entrer dans la Terre promise. Toute la vie de Moïse, durant les quarante dernières années, avait consisté à conduire le peuple vers la Terre promise, et il demandait à Dieu de voir se réaliser le plus grand rêve de sa vie. Dieu répondit non ; cela se réaliserait, mais Moïse ne le verrait pas de son vivant sur la terre.


Q: En Dt 4.1-4,40, comment l'expérience d'Israël avec ce pays reflète-t-elle ce que Dieu accomplit dans nos vies ?

R: Dieu donna, mais il leur fallut en prendre possession, et ils devaient désirer y demeurer longtemps. Dieu accorda le pays à Israël comme un don particulier ; ils n'avaient rien fait pour mériter cette promesse. Dans ce que Dieu leur avait donné, ils pouvaient croître, prospérer et, on l'espère, être une lumière pour les autres nations. Mais il leur fallait encore travailler dur pour en prendre effectivement possession. Comme le montre pourtant Deutéronome 4.43 [note : probablement un autre verset], certains pouvaient échouer à y entrer en raison de leur méchanceté. Cette méchanceté fut instiguée par d'autres (les Moabites et les Madianites, en Nombres 22 et 26), mais ils demeuraient néanmoins responsables de leur propre choix de s'y laisser entraîner. Comme le montre l'Exil, une fois établis dans le pays, Dieu pouvait les en chasser lorsqu'ils Lui tournaient le dos. Deutéronome 4.40 souligne que leur maintien dans le pays n'allait pas de soi ; ils devaient désirer prolonger leurs jours sur cette terre en suivant les commandements de Dieu.

Dieu nous a donné à chacun un ou plusieurs dons comme « possession ». Il peut s'agir de la capacité de gagner de l'argent, d'aider physiquement autrui grâce à une bonne santé, de relations, de compétences et d'expérience, ou de tout autre domaine que Dieu a pourvu — une « occasion privilégiée » ou une « sphère d'excellence » — où, en y demeurant, l'on prospère grandement et l'on peut bénir les autres. Mais rien ne garantit que vous y demeuriez toujours. Si vous tournez le dos à Dieu, Il peut vous en chasser. Vous pouvez également quitter votre « sphère d'excellence » par apathie, par amour du monde, ou en vous absorbant dans des occupations insignifiantes.


Q: En Dt 4.2, l'ordre de ne rien ajouter à la parole donnée par Dieu signifie-t-il qu'il ne devrait y avoir aucun livre biblique après le Deutéronome ?

R: Nullement. Ce verset constitue spécifiquement une restriction imposée au peuple, lui interdisant d'ajouter ou de retrancher quoi que ce soit aux commandements du livre du Deutéronome. Il ne s'agit en aucune façon d'une restriction imposée à Dieu Lui-même, L'empêchant d'envoyer une révélation ultérieure. D'une manière générale, les restrictions que Dieu établit dans la Bible ne restreignent pas Dieu Lui-même.


Q: En Dt 4.9, quel était l'objet précis que Moïse voulait qu'ils prennent grand soin de « garder » ?

R: Moïse semblait tout à fait « désespéré » à l'idée qu'ils s'en souviennent. Dieu avait apparemment révélé à Moïse certaines choses concernant l'avenir, en Deutéronome 4.27-30. Deutéronome 4.9-40 répond à la question de ce que Moïse voulait qu'ils retiennent. On peut résumer cela en quatre points.

Versets 8, 23 et suivants : prendre soin d'apprendre, de se souvenir et d'enseigner les stipulations et les promesses de la loi, tant positives que négatives.

Versets 6, 23 et suivants : prendre soin d'obéir à la loi, sans fabriquer d'images ni commettre d'autres actes qui l'enfreindraient.

Versets 7, 9, 33 et suivants : prendre soin d'apprendre, de se souvenir et d'enseigner les œuvres merveilleuses accomplies par Dieu parmi le peuple.

Versets 9, 25 : prendre soin de les enseigner tant à leurs enfants qu'à leurs petits-enfants.


Q: En Dt 4.9,25 ; 6.2, comment enseigner à ses petits-enfants la voie de Dieu, même sans vivre constamment auprès d'eux ?

R: Dans l'idéal, vous aurez bien instruit vos enfants, et ceux-ci se seront bien mariés, c'est-à-dire avec des croyants, et ils enseigneront eux aussi leurs propres enfants. Vous pouvez alors renforcer cet enseignement, être un bon exemple par vos actes et vos paroles, et donner l'exemple d'une confession sincère lorsque vous avez commis une faute.

Mais il arrive parfois que les enfants de chrétiens s'éloignent du Seigneur, ou épousent un conjoint qui ne Le connaît pas. La tâche devient alors plus délicate. Si les parents y sont favorables, emmenez les petits-enfants à l'église, à l'école biblique de vacances, aux programmes de Noël, et à d'autres activités organisées. Partagez également avec eux ce que le Christ représente pour vous, lors de moments non planifiés. Lorsque vous prenez des décisions fondées sur ce qui plaît à Dieu, partagez avec vos petits-enfants les options qui s'offraient à vous et les raisons de votre choix.


Q: En Dt 4.10-15, Dieu donna-t-Il à Moïse les dix commandements à Horeb, sur la montagne, ou sur le mont Sinaï, comme le dit Ex 19.11 ?

R: Deux réponses alternatives sont possibles.

Des synonymes : les deux noms furent employés de manière interchangeable, un peu comme le beau-père de Moïse était appelé à la fois Jéthro et Réuel. Les noms multiples sont fort courants dans les régions où coexistent plusieurs langues et cultures. En Alaska, par exemple, le mont Denali s'appelait autrefois le mont McKinley. The Believer's Bible Commentary (p. 205) laisse entendre cette explication.

Une région : Horeb pourrait désigner davantage que le seul mont Sinaï. Il pourrait s'agir du nom d'une région ou d'un plateau, et non du seul sommet.


Q: En Dt 4.12, le peuple ne vit-il aucune forme de Dieu, ou Moïse vit-il la forme de Dieu, comme en Nb 12.8 ?

R: Les deux sont vrais. Moïse eut le privilège de voir la forme de Dieu, probablement une apparition préincarnée du Christ. Le peuple, lui, ne vit aucune forme. Cela ressemble à Saul de Tarse, sur le chemin de Damas, entendant la voix de Jésus tandis que ses compagnons n'entendaient qu'un son.


Q: En Dt 4.13, pourquoi y avait-il deux tables de pierre ?

R: Bien que certains pensent que cinq commandements auraient pu être inscrits sur chacune, rien n'aurait empêché d'inscrire l'ensemble du texte sur une seule table. Une réponse plus probable réside dans le fait que, dans les traités de suzeraineté de l'époque de Moïse, deux copies du traité étaient également établies : une pour chaque partie. Ainsi, une copie fut placée à l'intérieur de l'arche, où personne ne la reverrait plus jamais, et l'autre demeurait exposée.


Q: En Dt 4.16-18, cet ordre interdisait-il toute représentation artistique d'êtres humains ou d'animaux ?

R: Manifestement pas, puisqu'il y avait des statues de chérubins au-dessus de l'arche, selon Exode 37.8-9. Moïse reçut également l'ordre de fabriquer un serpent d'airain, en Nombres 21.4-9. Dans le temple de Salomon, on trouvait également des chérubins, selon 1 Rois 6.23-27. De nombreuses autres représentations de chérubins furent sculptées dans le Temple, selon 1 Rois 6.29,32,35.

Ce qui est interdit, c'est l'usage d'images comme objets de culte, et ce de deux manières. Il leur était interdit d'adorer une divinité païenne au moyen d'une image, et il leur était également interdit d'adorer le vrai Dieu au moyen d'une image. Les païens, quant à eux, adoraient à la fois les statues elles-mêmes et leurs dieux à travers l'image de ces statues.


Q: En Dt 4.20, pourquoi l'Égypte était-elle une « fournaise » ?

R: Elle constituait une fournaise d'au moins trois manières différentes.

1. L'Égypte était un lieu sec et chaud, plus chaud que la Palestine.

2. Les fournaises peuvent consumer, brûler et détruire ce qui est périssable.

3. Les fournaises servent aussi à raffiner les métaux et à en ôter les scories.

Certaines expériences, aujourd'hui encore, ressemblent à des fournaises. Une même épreuve peut détruire une personne, tout en raffinant une autre, purifiant « l'or » de son cœur.


Q: En Dt 4.20, pourquoi l'Égypte était-elle comme une fournaise « de fer », alors que 1447 av. J.-C. se situe avant l'âge du fer, et qu'ils ne disposaient d'aucune fournaise faite de fer ?

R: L'archéologie montre que l'Égypte possédait des objets en fer dès 3000 av. J.-C. Cependant, le fer était difficile à travailler et fort coûteux, car il exigeait une température plus élevée que le bronze ou le cuivre. Ce verset ne désigne pas une fournaise composée de fer, mais plutôt une fournaise destinée à la fonte du fer.


Q: En Dt 4.24 ; 5.9 ; 6.15 ; Ex 20.5 ; 34.14 ; Jos 24.19 ; Na 1.2, en quel sens Dieu est-Il un Dieu jaloux ?

R: Dieu insiste sur cette exigence exclusive de son saint amour, expression fréquente dans l'Écriture. Tout comme un mari ou une épouse exige la fidélité à l'alliance conjugale, Dieu exige de nous un culte exclusif. Dieu nous a créés par amour, prend soin de nous, et demeurera éternellement avec ses enfants. Se détourner de Lui pour adorer quelqu'un ou quelque chose d'autre équivaut à un affront envers Lui. Dieu ne désire aucun culte rendu au statut social, ni à d'autres images. Dieu ne désire aucun culte rendu à quoi que ce soit d'autre, même sans image physique. Enfin, Dieu ne désire pas que nous rendions un culte à des images ou représentations, même si celles-ci prétendent Le représenter. Il faut comprendre cela avant de saisir pourquoi l'idolâtrie représentait une faute si grave aux yeux de Dieu, même lorsqu'elle s'accompagnait aussi d'un culte rendu au vrai Dieu.

Mais il leur était difficile d'y renoncer. Comme le disait Martin Luther : « Si un homme ne veut pas de Dieu, alors il lui faut des idoles. » (Raymond Brown, The Message of Deuteronomy, p. 69.)


Q: Puisque Dt 4.25-26 dit qu'ils périraient entièrement s'ils rendaient un culte aux idoles, et qu'ils rendirent effectivement un tel culte, pourquoi ne périrent-ils pas entièrement ?

R: On trouve la réponse dès le verset suivant : Deutéronome 4.27. Dieu détruirait les Juifs en tant que peuple, et les disperserait parmi les nations. Cependant, le terme traduit ici par « détruire » ne signifie pas « anéantir entièrement ». Deutéronome 4.28-29 nuance les versets 25-27 en précisant que, s'ils recherchaient alors l'Éternel, ceux qui le feraient reviendraient.

En observant les Juifs sous un angle culturel, on constate une différence majeure entre les Juifs d'avant l'exil à Babylone et ceux d'après leur retour de Babylone. Depuis leur retour de Babylone, malgré tous leurs défauts, ils ne succombèrent plus jamais à la tentation d'adorer des idoles. Lorsque rien d'autre n'y parvient, il faut parfois un événement catastrophique pour guérir une personne, ou tout un peuple, d'un péché.


Q: En Dt 4.41 ; 19.1-13 ; et Nb 35.10-34, pourquoi Moïse mit-il à part trois villes ?

R: Il mit particulièrement ces trois villes à part comme villes de refuge, où celui qui aurait accidentellement tué autrui pouvait fuir. Il n'était en sécurité face au vengeur du sang qu'à l'intérieur de cette ville. Mais à la mort du grand prêtre, il pouvait alors rentrer chez lui en toute sécurité.


Q: En Dt 4.41, l'expression hébraïque littérale « vers le soleil levant » signifie-t-elle que le soleil tourne autour de la terre ?

R: Non. Même les astronomes les plus savants d'aujourd'hui parlent encore de lever et de coucher du soleil. Le fait que Dieu ait employé une expression courante ne valide pas davantage une conception scientifique qu'un scientifique moderne ne se ferait exclure de sa discipline pour avoir dit qu'il apprécie les couchers de soleil.

Pour qu'un verset de la Bible confirme ou contredise une conception scientifique, il faudrait que ce verset affirme comme un fait quelque chose de précis concernant notre monde, comme le font certains versets de la Genèse.


Q: En Dt 5.1, quelle est l'importance du mot « observer » les lois ?

R: « Observer » signifie obéir en mettant en pratique. Permettez-moi d'illustrer cela par un exemple. Je connais fort bien les règles du basket-ball, mais j'envisageais de les étudier encore davantage. Je pensais alors tenter ma chance pour intégrer les Mavericks de Dallas. Je suis certain qu'ils me prendraient, en raison de ma grande connaissance du jeu. Me prendront-ils vraiment ? Ou recherchent-ils plutôt quelqu'un capable de « performer », de marquer des paniers, de faire de bonnes passes, de défendre, de contrer les tirs et de récupérer les rebonds ? Les règles peuvent s'enseigner, mais seuls certains savent réellement jouer. De même, tout Israélite pouvait grandir en connaissant la loi, mais Dieu exigeait qu'il la mette en pratique. Certes, il faut connaître la loi pour lui obéir, mais nulle part l'Ancien Testament ne promet de bénéfice à celui qui connaissait la loi sans lui obéir.


Q: En Dt 5.1-30, l'usage du pronom de la deuxième personne dans ce chapitre, « tu » / « vous », est-il singulier ou pluriel ?

R: Les formes singulières et plurielles semblent mêlées sans distinction précise dans ce chapitre. Kenneth A. Kitchen (Ancient Orient and Old Testament, p. 129) relève que ce phénomène est courant dans les documents sémitiques. On peut en déduire que ces lois s'appliquent non seulement aux individus, mais aussi au peuple tout entier.


Q: En Dt 5.2-3, qui sont ici les « pères » ?

R: Les avis divergent sur ce point.

Il ne peut s'agir des esclaves hébreux en Égypte, malgré ce qu'enseignait Calvin.

Dieu conclut une alliance avec la génération précédente, désormais presque entièrement disparue, comme l'enseignait Augustin.

Mais, antérieurement à cela, Dieu avait conclu une alliance avec les patriarches Abraham, Isaac et Jacob.


Q: En Dt 5.3, pourquoi ce texte dit-il que Dieu n'a pas conclu d'alliance avec leurs pères, alors que Dt 5.2 affirme que Dieu l'a fait ?

R: Moïse, dans son rôle de prophète de Dieu, souligne ici un point précis, que l'on résume parfois ainsi : « Dieu n'a pas de petits-enfants. »

Dieu conclut effectivement une alliance, par le passé, avec Abraham, Isaac et leurs descendants. Mais cela ne leur sera d'aucun secours à présent. Réaffirmer l'alliance est une démarche sérieuse : ils concluent eux-mêmes une alliance avec Dieu. Soit vous avez vous-même conclu une alliance avec Dieu, soit vous ne l'avez pas fait. Le fait que vos parents aient conclu une alliance avec Dieu ne vous aide en rien, si vous ne concluez pas vous-même cette alliance. Vous êtes soit enfant de Dieu, soit vous ne l'êtes pas. Ézéchiel 18 développe ce point de manière plus détaillée.


Q: En Dt 5.6-10, pourquoi les deux premiers commandements viennent-ils en premier ?

R: Les dix commandements ne commencent pas par des interdictions, mais par ce que Dieu est. Jésus déclara qu'aimer l'Éternel son Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée et de toute sa force constituait le plus grand commandement, et ces deux premiers commandements portaient précisément sur ce point. Ils constituent également le fondement de tous les autres. Si vous n'êtes pas fidèle à Dieu, alors les autres commandements importent bien peu. On peut être infidèle en poursuivant autre chose que l'on considère comme un dieu, ou encore en possédant une image, dont on sait pourtant qu'elle n'est pas elle-même un dieu, mais qui nous détourne du vrai Dieu invisible.

Notons, à titre indicatif, que l'enseignement catholique romain adopte un ordre différent des dix commandements par rapport aux protestants et aux Juifs. Certains enseignements catholiques romains considèrent Deutéronome 5.6-10 comme un seul et même commandement, et scindent en deux le dernier commandement, celui sur la convoitise. De 500 à 700 apr. J.-C. environ, lorsque l'Église catholique orthodoxe tenta d'établir des listes de péchés, mortels et véniels, le seul péché qui échappa alors à son attention fut précisément le culte des images.


Q: En Dt 5.6-21, pourquoi ce texte n'est-il qu'une paraphrase d'Ex 20.2-17, alors que ce dernier rapportait les paroles exactes de Dieu ?

R: La réponse brève est que Deutéronome 5.6-21 consigne un rappel adressé au peuple, et que Moïse en donna ici une paraphrase. Cela est probablement délibéré, afin de nous démontrer que c'est le sens qui importe, et non les mots exacts.

La réponse détaillée expose les différences et propose quatre points à considérer.

Différences entre l'Exode et le Deutéronome :

« Souviens-toi » (20.8) contre « Observe … comme l'Éternel, ton Dieu, te l'a ordonné » (5.12) ;

« ni ton bétail » (20.10) contre « ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes » (5.13) ;

[absent] (20.10) contre (5.14), qui ajoute « afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi » ;

l'ensemble du verset 20.11 contre l'ensemble du verset 5.15 ;

[absent] (20.12) contre « comme l'Éternel, ton Dieu, te l'a ordonné … afin que tu sois heureux » (5.16) ;

« maison … femme » (20.17) contre « femme … maison ou champ » (5.21).

Des commandements identiques : il n'existe absolument aucune différence quant à ce qu'il fallait observer.

Deutéronome 5.6-21 pourrait lui aussi être exact : le Deutéronome pourrait, lui aussi, rapporter des paroles exactes. Il pourrait s'agir des paroles exactes de la paraphrase de Moïse. Cependant, rien ne poserait problème si ce n'étaient pas là les paroles exactes de Moïse. Le concept antique de citation englobait à la fois les citations exactes et ce que nous appelons aujourd'hui des paraphrases.

Ce que nous pouvons en retenir : c'est bien le sens que Dieu voulait que le peuple retienne, davantage que les mots exacts.


Q: En Dt 5.9, puisque Dieu punit l'iniquité jusqu'à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui Le haïssent, Dieu est-Il juste ?

R: La Bible enseigne que toutes les voies de Dieu sont justes (Deutéronome 32.4 ; Psaume 99.4), mais avant de comprendre en quoi consiste la justice, il faut définir quatre termes.

La justice : Dieu accorde les récompenses promises pour les actes justes, et Dieu inflige le châtiment promis pour la désobéissance envers Lui. La justice de Dieu n'est pas une chose mystérieuse et incompréhensible ; elle est décrite dans sa parole, la Bible.

L'équité : l'équité signifierait que tous soient traités de façon exactement identique, et que Dieu traite toujours chacun de façon exactement identique. Or, Dieu n'est pas équitable, et la Bible ne prétend jamais qu'Il le soit, comme le montrent Matthieu 20.1-16, Deutéronome 5.9, Romains 9.10-18, et d'autres versets encore. Jean 19.11 et 2 Pierre 2.21 montrent que ceux qui possèdent davantage de connaissance sont jugés plus sévèrement. Cela indique implicitement que tous ne reçoivent pas la même quantité de connaissance, ce qui n'est pas équitable. Dieu demeure néanmoins juste, et Il en tient compte (Romains 4.15 ; 5.12). De nombreux êtres humains ont des conceptions très différentes de la justice ; si votre conception de la justice n'admet aucune part d'inéquité, souvenez-vous que Dieu n'a promis d'être juste que selon sa propre définition de la justice, telle qu'elle est révélée dans la Bible, et non selon une définition humaine particulière.

La culpabilité / la responsabilité : la culpabilité peut constituer une émotion humaine, mais ce n'est pas de ce type de culpabilité qu'il s'agit ici. Il s'agit ici de la responsabilité, au regard des exigences de la justice de Dieu, d'être exposé à sa colère. Il existe une culpabilité plus ou moins grande (Jean 19.11). Chaque personne est responsable de son propre péché ; nous ne sommes pas responsables des péchés de nos ancêtres (Ézéchiel 18 ; Deutéronome 24.16), et nous ne partageons pas non plus la culpabilité de nos enfants (Ézéchiel 18.20).

Les conséquences : de nombreuses bénédictions, malédictions et autres conséquences des actes d'une personne se transmettent et retombent sur d'autres. Lorsqu'une mère peut choisir de s'abstenir ou non de fumer, de boire, d'adopter une mauvaise alimentation, ou de consommer de la cocaïne et d'autres drogues, c'est l'enfant qui en subit les conséquences. Parmi les exemples de conséquences transmises, on peut citer une personne née de parents chrétiens, un bébé né avec des malformations congénitales dans une région très polluée, ou des enfants avortés ou tués après leur naissance.

Les conséquences peuvent sembler injustes, et paraîtraient rendre Dieu injuste si cette brève vie terrestre était tout ce qui existait. Un ancien rédacteur en chef de Scientific American, un agnostique nommé Martin Gardner, souligna un point profond dans son ouvrage The Whys of a Philosophical Scrivener. Il affirmait que, si l'on croit en la justice (ce qui était son cas), alors il faut nécessairement croire en une vie après la mort. Autrement dit, la vie sur cette terre est si injuste que, si chacun devait un jour recevoir justice, il doit exister un moment après la mort où la justice est rendue. Nous, chrétiens, appelons cela le jour du jugement. Des siècles auparavant, Lactance (v. 303-325 apr. J.-C.) formulait presque le même argument dans Les Institutions divines, livre 6, chapitre 9, p. 171-172.

Pour répondre maintenant à la question de la justice de Dieu en Deutéronome 5.9 [note : sans doute Dt 6.4 dans le texte original], Dieu est juste, mais Il n'est pas équitable. Les hommes peuvent hériter des conséquences, mais non de la culpabilité. Louons Dieu, cependant, non seulement d'être juste, mais aussi d'être miséricordieux.


Q: En Dt 5.11 et Ex 20.7, de quelles différentes manières peut-on prendre le nom de Dieu en vain ?

R: Le sens hébreu est ici très large. Il signifie littéralement rattacher le nom de Dieu au vide, à la vanité. Cela inclut l'usage du nom de Dieu comme juron, pour maudire quelqu'un, ou comme formule magique.


Q: En Dt 5.14, puisque les animaux ignorent tout de la loi de Moïse, pourquoi ne leur était-il pas permis de travailler ?

R: Bien que l'Écriture n'en précise pas la raison, on peut envisager plusieurs explications possibles.

Ils ne devaient pas procurer de bénéfice à leurs propriétaires en travaillant.

Il serait également plus sain pour l'animal de bénéficier lui aussi d'un jour de repos.

Nous ne devrions pas oublier (comme les Israélites eux-mêmes l'oublièrent) qu'ils devaient être une lumière et un exemple pour les autres nations, appelées à prendre très au sérieux le commandement de Dieu.


Q: En Dt 5.15, les Israélites devaient-ils observer le sabbat parce qu'ils avaient été esclaves en Égypte, ou Dieu l'ordonna-t-Il parce qu'Il créa les cieux et la terre en six jours, comme le dit Ex 20.11 ?

R: Les deux raisons sont vraies. La raison liée à l'imitation de l'œuvre de Dieu dans la Création est donnée en Exode 20.11. Une raison supplémentaire, liée à leur ancienne condition d'esclaves (privés de sabbat) en Égypte, est donnée en Deutéronome 5.15.

Il peut être utile de considérer un exemple humain de trois motivations distinctes pour un même acte. Nous pouvons dire à une première personne de ne pas médire parce que Dieu l'ordonne. Nous pouvons dire à une seconde personne de ne pas médire parce que cela manifeste son amour et son respect envers Dieu. Nous pouvons dire à une troisième personne de ne pas médire par amour pour autrui. Voir Bible Difficulties and Seeming Contradictions (p. 209-210) pour un autre exemple.

En généralisant ce principe, les chrétiens peuvent être motivés à bien agir en raison du caractère de Dieu, de leur expérience passée ou de celle d'autrui, de leur amour présent pour Dieu et pour autrui, ou encore de leur espérance future. La motivation la plus forte réunit probablement l'ensemble de ces éléments. When Critics Ask (p. 118) propose une réponse similaire, en indiquant qu'une même chose peut être commémorée pour deux raisons : l'une, « initiale », liée à la Création, et l'autre, « ultérieure », liée à la rédemption.


Q: Puisque Dt 5.17 et Ex 20.13 disent « tu ne tueras point », comment la peine capitale pouvait-elle exister ?

R: Dieu n'a jamais dit « tu ne tueras point » au sens absolu ; Il ordonna plutôt « tu ne commettras pas de meurtre » (Exode 20.13 ; Deutéronome 5.17). Cela ressort non seulement du texte hébreu, mais également du contexte lui-même, puisque les Israélites reçurent l'ordre d'exécuter certaines personnes pour des crimes déterminés, comme le montre Exode 21.12-17. De plus, dans l'Exode comme dans le Deutéronome, la guerre était justifiée dans certaines circonstances.

Dans le Nouveau Testament, il nous est demandé d'aimer nos ennemis (Luc 6.27-36 ; Matthieu 5.43-44), et, en tant qu'individus, nous ne devons pas nous venger, comme l'enseigne Romains 12.17-21. Cependant, en contrepoids à cela, le chapitre suivant enseigne que le gouvernement a la responsabilité, devant Dieu, de « porter l'épée comme un agent de la colère pour punir les malfaiteurs », comme le montre Romains 13.4.


Q: En Dt 5.19 et Ex 20.15, de quelles manières peut-on voler ?

R: La manière la plus évidente consiste à voler de l'argent ou des biens matériels, comme en Exode 22.2. Mais cela se réfère aussi au fait de voler des personnes, par le rapt ou la mise en esclavage, comme le montrent Deutéronome 24.7 et Exode 21.16. Cela peut également désigner le fait d'obtenir de l'argent de manière injuste, par fraude ou tromperie. On peut voler en utilisant illégalement des logiciels, des DVD ou des chansons. On peut voler du temps à son employeur. Le vol peut être illégal, ou bien il peut être accompli par le biais de lois mauvaises ; dans un cas comme dans l'autre, il demeure un mal aux yeux de Dieu.


Q: En Dt 5.20 et Ex 20.16, de quelles manières peut-on porter un faux témoignage ?

R: Outre le parjure devant un tribunal, cela peut également désigner le fait de mentir pour conclure une vente, pour détourner quelqu'un d'autre chose, ou pour tenter de se faire apprécier de quelqu'un. Dieu n'est pas glorifié si vous affirmez sciemment une chose fausse afin de persuader quelqu'un de devenir chrétien. En partageant l'Évangile, il nous arrive parfois d'avoir le choix entre « enjoliver la vérité » pour être plus persuasif, ou dire toute la vérité honnêtement, quitte à être moins convaincant. Chaque fois que vous vous trouverez dans une telle situation, sachez que la première option, « enjoliver la vérité », constitue pour nous une tentation de déplaire à Dieu. Choisissez toujours la seconde option.


Q: En Dt 5.21 et Ex 20.17, en quoi ce commandement diffère-t-il des neuf autres ?

R: Il existe une preuve extérieure et physique lorsque quelqu'un enfreint l'un quelconque des neuf premiers commandements, mais une personne peut convoiter intérieurement sans en manifester le moindre signe. On peut convoiter la richesse, le conjoint, la renommée, la popularité ou l'apparence d'autrui sans jamais agir en conséquence. Mais l'attitude intérieure de convoitise demeure un péché.


Q: Pourquoi Dt 5.21, le dernier des dix commandements, enseignerait-il [prétendument] que les épouses sont la propriété des hommes ? (Affirmation avancée par un musulman.)

R: Ce texte n'enseigne NULLEMENT que les épouses sont la propriété des hommes. Il dit qu'un homme ne doit pas convoiter la femme de son prochain, ni ses biens, mais cela ne signifie nullement que l'épouse constitue elle-même un bien.

D'autre part, je connais au moins un musulman qui, arrivé en Amérique et devant déclarer ses possessions, inscrivit son épouse sur la liste. Après avoir expliqué l'expression « les femmes que votre main droite possède », employée dans le Coran, il conviendrait peut-être d'expliquer également ce qui suit, tiré des hadiths sunnites.

Lorsqu'on reçoit une femme, un serviteur ou du bétail, il convient d'en saisir le front et de prier Allah (Ibn Madja, vol. 3, no 1918, p. 157).

Traitez bien les femmes, car elles sont [comme] des animaux domestiques (‘awan) à votre égard, et ne possèdent rien en propre (al-Tabari, vol. 9, p. 113 — d'autres érudits musulmans ne partageaient pas l'avis de Tabari selon lequel les femmes seraient interdites de posséder quoi que ce soit elles-mêmes).


Q: Pourquoi Dt 5.22 dit-il que Dieu n'ajouta rien de plus, alors qu'il existait d'autres commandements ?

R: Il existe ici un point mineur et un point majeur.

D'abord, au moment et à l'endroit précis où Dieu donna les dix commandements, Il n'en ajouta pas d'autres à ce moment-là.

Le point majeur est qu'à aucun autre moment Dieu n'établit un onzième commandement. Dieu donna de nombreux commandements — les Juifs en dénombrent 613 dans la Torah — mais ces dix-là demeurent les principaux, les « dix grands », sans qu'aucun autre ne s'y ajoute.


Q: En Dt 5.28-29, de quoi Dieu se déclare-t-Il ici précisément satisfait et digne d'éloge ?

R: Il ne loue pas ici leur obéissance aux dix commandements, puisque ceux-ci venaient tout juste de leur être donnés, et qu'à ce stade ils n'avaient encore aucun antécédent de fidélité à ce qui leur avait été confié. Dieu se réjouit plutôt de leur attitude de crainte révérencielle et de leur engagement sincère à y obéir. Mais Dieu, qui connaît l'avenir, révèle en Deutéronome 5.29 combien Il désirait — en vain — que le peuple demeurât toujours fidèle à son engagement de Lui plaire.


Q: En Dt 6.3, 11.9 ; 26.9,15 ; 27.3 ; 31.20 ; Ex 3.8,17 ; 13.5 ; 33.3 ; Lv 20.24 ; Nb 13.27 ; 14.8 ; 16.14 ; Jos 5.6 ; Jr 11.5 ; 32.22 ; et Éz 20.6,15, pourquoi l'Ancien Testament fait-il si fréquemment référence au pays où coulent le lait et le miel ?

R: Examinons d'abord le lait, puis le miel.

Le lait consommé provenait des vaches, des brebis, des chèvres et des chameaux. Les éleveurs ne pouvaient survivre d'une alimentation exclusivement carnée ; le lait compensait la plupart des autres nutriments. Après tout, le lait est la seule nourriture d'un petit animal nouveau-né. On trouvait donc du lait dans presque toutes les régions, mais davantage encore là où l'on pouvait élever davantage de bétail.

Le miel : le miel constituait une denrée de luxe, destinée à sucrer les mets. Pour produire beaucoup de miel, il faut de nombreuses fleurs, ce dont l'Égypte manquait généralement. Canaan, en revanche, était réputée pour son miel, selon PEQ 98 (juillet-décembre 1966). Vers 1950/1920 av. J.-C., le voyageur égyptien Sinouhé rapporta que Canaan regorgeait de miel et d'oliviers (ANET, p. 19-20). Le pharaon Thoutmôsis III (1483-1450 av. J.-C.) collecta des centaines de jarres de miel de Canaan à titre de tribut. Pourtant, les Israélites récriminateurs Dathan et Abiram appelèrent l'Égypte un pays où coulent le lait et le miel, en Nombres 16.13. À Ougarit (sur la côte nord-ouest de la Syrie actuelle), on écrivait, par hyperbole, à propos de Canaan : « Les cieux firent pleuvoir de l'huile, et les ruisseaux coulèrent de miel » (BA, 27, décembre 1965). Le miel était abondant, puisque Jonathan mangea du miel trouvé simplement au sol, selon 1 Samuel 14.29-43. Jean-Baptiste ne se nourrissait que de sauterelles et de miel sauvage, selon Matthieu 3.4. Le roi Ézéchias, quant à lui, possédait des ruches d'abeilles domestiquées.


Q: En Dt 6.4, puisque Dieu est « Un », qu'en est-il de la Trinité ?

R: Tout d'abord, dans de nombreux manuscrits hébreux, ce verset comporte des lettres surdimensionnées en fin de mot, appelées majuscula en latin comme en français. Voici quelques-uns des termes employés pour « un » dans l'Ancien Testament.

chad : signifie simplement « un » et est rarement employé.

‘ishshah : un, chacun, chaque, féminin.

‘ish : un homme ou un individu (terme très fréquent dans l'Ancien Testament).

‘echad : qui signifie « uni, semblable, seul, et tout entier » (terme très fréquent dans l'Ancien Testament).

Le mot employé en Deutéronome 6.4 est ‘echad. On pourrait donc traduire ce mot par « uni », bien que « un » demeure une traduction plus large et généralement préférée. Le même mot est également employé :

En Genèse 2.24, où l'on dit que le mari et la femme sont une seule chair.

En Deutéronome 6.4, où l'on dit qu'il n'y a qu'un seul Dieu.

En Genèse 1.5, où l'on dit : « il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le premier jour. »

Un exemple de ce mot désignant une unité composée de plusieurs éléments se trouve en Exode 26.6,11, où cinquante agrafes maintiennent ensemble les tapis (au pluriel), afin que la tente ne forme « qu'un seul tout ». Ézéchiel 37.17,19,22 évoque également deux bâtons réunis en « un seul », employant ce même mot.


Q: En Dt 6.4, pourquoi ce commandement, appelé le shema, mentionne-t-il le cœur, l'âme et la force ?

R: L'Écriture ne le précise pas, mais on peut observer ce qui suit.

1. Imaginez que la Bible n'eût demandé d'aimer Dieu que de notre âme. Nous Lui ferions confiance pour préserver notre vie, et nous voudrions peut-être garder notre âme pure, mais cela ne signifierait aucun engagement envers Dieu.

2. Imaginez que la Bible n'eût demandé d'aimer Dieu que de notre force. Nous accomplirions notre devoir envers Dieu, et travaillerions dur à son service, mais cet engagement n'impliquerait aucune affection ni tendresse envers Lui.

3. Imaginez que la Bible n'eût demandé d'aimer Dieu que de notre cœur. Nous éprouverions un profond désir d'une relation plus intime avec Dieu, sans pour autant cesser de nous fier à nous-mêmes, ni faire diligemment quoi que ce soit pour Lui obéir et Le servir.

Quels que soient nos efforts, nous ne pouvons aimer Dieu pleinement sans réunir ces trois éléments. Pour un quatrième élément, voir Marc 12.30.

Notons, à titre indicatif, que Deutéronome 6.4 peut être considéré comme un résumé de l'ensemble des chapitres 6 à 11 du Deutéronome. Le mot shema signifie littéralement « écoute ».


Q: En Dt 6.7,20, devrions-nous former nos enfants, ou simplement les laisser grandir pour décider par eux-mêmes ?

R: Enseigner n'est pas endoctriner ; et tout comme un parent négligerait son devoir en n'instruisant pas ses enfants sur la sécurité, les parents chrétiens manquent à leur devoir s'ils ne leur enseignent rien concernant Dieu. Nos enfants sont notre responsabilité. Nous ne sommes pas comptables devant Dieu des choix qu'ils exercent librement, mais nous sommes tenus responsables de la manière dont nous les avons élevés et de ce que nous leur avons enseigné. Proverbes 22.6 dit d'élever l'enfant selon la voie qu'il doit suivre. Éphésiens 6.4 ordonne aux pères d'élever leurs enfants en les instruisant et en les corrigeant selon le Seigneur. Jésus, en Matthieu 19.14, dit de laisser venir à Lui les petits enfants, et de ne pas les en empêcher.

Plutôt que de vous inquiéter uniquement de leur enseigner les bonnes choses, préoccupez-vous des mauvaises attitudes qu'ils pourraient adopter de leur entourage s'ils n'y prennent garde. Plutôt que de les laisser livrés à eux-mêmes, priez pour eux, et priez avec eux, chaque jour. C'est la famille qui porte la responsabilité première d'enseigner aux enfants ce qui concerne Dieu, l'Église n'ayant qu'un rôle secondaire, et non l'inverse.


Q: En Dt 6.8-9, les croyants devraient-ils porter le shema (Dt 6.4) sur leur front et sur leurs mains ?

R: Voir la question suivante pour savoir comment discerner si l'on interprète un texte de manière hyper-littérale et légaliste.

Rien n'indique que quiconque en Israël ait compris ce passage de manière hyper-littérale avant l'époque des pharisiens. Nous ne disposons d'aucune trace montrant que Moïse ou Josué eux-mêmes aient agi ainsi.

D'un autre côté, les chrétiens d'aujourd'hui ornent souvent leur foyer de versets bibliques. Cela ne procède pas d'un légalisme, mais du désir de garder la parole de Dieu présente au cœur.


Q: En Dt 6.8-9, puisque les croyants n'ont pas besoin de porter des versets bibliques sur leur front, comment savoir si l'on interprète un passage de manière hyper-littérale ?

R: Si vous entendez interpréter ce passage de manière hyper-littérale, il conviendrait, par cohérence, d'interpréter l'ensemble du passage de la même façon. Deutéronome 6.6 dit que ces paroles doivent être sur notre cœur, et puisque la chirurgie à cœur ouvert se pratique aujourd'hui…

Plus sérieusement, avant de chercher la réponse quant à l'interprétation d'un passage, il importe de poser d'abord, dans la prière, la bonne question. La bonne question est : « Comment Dieu et l'auteur humain voulaient-ils que les croyants interprètent ce passage ? » Il existe un test en cinq points que vous devriez appliquer à votre interprétation de tout passage, afin de répondre à cette question.

1. Mon interprétation est-elle cohérente, ou est-ce que j'interprète une partie du passage d'une manière et une autre partie d'une manière différente ?

2. Mon interprétation rend-elle certaines parties du passage dépourvues de sens ? Si tel est le cas, il y a un problème dans mon interprétation.

3. Mon interprétation a-t-elle un sens au regard du contexte des versets qui précèdent et qui suivent le passage ?

4. Mon interprétation est-elle cohérente avec ce que Dieu a dit ailleurs dans l'Écriture concernant ces vérités et ce passage ? Gardez toutefois à l'esprit qu'un passage peut contenir plus d'une vérité.

5. Enfin, il existe un test d'importance moindre : observer comment Dieu a conduit les chrétiens fidèles à l'Écriture, tant anciens que modernes, à interpréter ce passage.


Q: En Dt 6.10-13, lorsque des personnes pieuses accèdent à la prospérité ou voient leur santé s'améliorer, quels facteurs tendent à faire que certaines demeurent reconnaissantes et proches de Dieu, tandis que d'autres s'en éloignent, n'ayant désormais plus de besoin immédiat ?

R: Les croyants peuvent réagir de manières très diverses à la tentation de s'éloigner de Dieu en raison de la richesse, pour une combinaison de plusieurs raisons.

Certains ne perçoivent même pas la tentation de s'éloigner, avant d'y avoir déjà succombé.

L'ingratitude.

L'enlisement dans l'amour du monde (1 Jean 2.15).

La perte du sentiment d'émerveillement révérenciel envers la nature de Dieu (Psaume 50.21).

L'orgueil, en s'imaginant y être parvenus par leurs propres moyens (Psaume 115.1).

La conviction de ne plus avoir besoin que Dieu fasse quoi que ce soit d'autre pour eux désormais (Proverbes 30.7-9).

L'emprise de l'argent : le désir d'en gagner davantage, la peur de tout perdre, ou encore la peur de laisser passer une occasion. (1 Timothée 6.9-11)

La séduction exercée par leurs nouvelles fréquentations.

L'oubli des précieuses promesses que Dieu leur a faites.


Q: En Dt 6.16, quelle est la signification particulière de Massa ?

R: En hébreu, Massa signifie « épreuve ». C'est le nom que le peuple donna au lieu où il murmura contre Dieu par manque d'eau. Ils oublièrent comment Dieu avait pris soin d'eux auparavant, à travers le danger de l'armée de Pharaon et leurs précédents voyages dans le désert, et ils commencèrent à douter que Dieu continuerait de veiller sur eux.

Jésus cita ce verset en Matthieu 4.7 et Luc 4.12, lorsque Satan Le tenta en Lui demandant de se jeter du haut du temple. De même, nous ne devrions rien entreprendre d'insensé dans le seul but de vérifier si Dieu nous protégera.

Les chrétiens peuvent traverser, dans leur vie, des périodes difficiles où ils commencent à douter que Dieu continuera de prendre soin d'eux. Cela peut constituer, pour nous, un lieu nommé Massa. Lorsque nous nous trouvons en un tel lieu, continuons néanmoins à louer Dieu, à nous souvenir de la manière dont Il a pris soin de nous par le passé, et à garder l'espérance qu'Il continuera de veiller sur nous sur cette terre, jusqu'au jour où il nous sera donné de rentrer au ciel.


Q: En Dt 6.20, quelle intention se cache derrière l'enseignement mentionné ici ?

R: Les parents étaient censés instruire leurs enfants jour après jour. Lorsqu'un enfant posait une question, en particulier une question importante comme celle-ci, les parents n'étaient pas censés s'éloigner pour préparer une réponse. Nous devrions être capables de répondre immédiatement, parce que nous avons déjà une réponse toute prête. Nous devrions pouvoir enseigner autant que l'enfant le souhaite, au niveau qui convient à son âge.


Q: En Dt 6.20, pourquoi les filles ne sont-elles pas mentionnées ?

R: Ils devaient instruire tous leurs enfants, garçons comme filles, selon Deutéronome 6.7. En hébreu, le terme désignant l'homme peut renvoyer aux êtres humains en général, et le terme désignant les fils peut renvoyer aux enfants en général. Selon un article de Christianity Today du 27 octobre 1997 (p. 35), il n'existe pas de mot hébreu spécifique pour « enfants », mais seulement un mot pour « fils » et un mot pour « filles ». Lorsqu'un locuteur hébreu voulait désigner à la fois les fils et les filles, c'est le mot « fils » qui était employé.


Q: En Dt 7.1, quelle était la population estimée des sept nations de Canaan, plus nombreuses que les Israélites ?

R: Non [ce n'est pas le point essentiel]. L'essentiel est que, lorsque les Israélites considéraient leur identité en tant que nation et peuple saint, ils n'avaient pas besoin de perdre leur temps à réfléchir à leur puissance militaire, car Dieu leur avait dit que, comparée à celle des Cananéens, elle n'était pas si grande. La réponse comporte trois volets.

1. Les Israélites étaient moins nombreux que l'ensemble de la population cananéenne réunie.

2. Les précipitations étaient alors plus abondantes en Palestine, de sorte que le pays pouvait nourrir davantage de monde. Les 2,5 millions d'Israélites de l'époque biblique demeurent d'ailleurs inférieurs aux 5 millions d'Israéliens d'aujourd'hui.

3. Voici les chiffres de population estimés à l'époque de Josué, avec une marge d'erreur de 40 %.

Région — Population

Canaan du Nord (Phéniciens exclus) — 800 000

Phéniciens de l'Asher occidental — 315 000

Canaan du Sud (Amalécites exclus) — 888 000

Amalécites — 110 000

Amorites de Transjordanie — 340 000

Ammonites + Moabites + Édomites — 209 000

Voir la question suivante pour la source de ces chiffres.


Q: En Dt 7.1, quelle est la source des chiffres de population mentionnés dans la question précédente ?

R: Je n'ai trouvé aucun ouvrage détaillant la population ancienne à ce niveau de précision ; ce qui précède constitue donc un résumé de mes propres estimations. Voici mes chiffres. Rappelons que le nombre indiqué à côté d'une ville donnée ne correspond pas à la population vivant à l'intérieur de cette ville, mais à la population de la ville ajoutée à celle de la campagne environnante.

CANAAN DU NORD — 1 155

… PHÉNICIENS (ASHER OCCIDENTAL) — 315

Abdôn 10 ; Irqata 10 ; Akko [port] 15 ; Kanah 15 ; Akshaph 15 ; Misrephoth-Maïm 10 ; Akzib 15 ; Nahariya [port] 10 ; Ahlab 10 ; Grand Sidon (4000 av. J.-C.) 30 ; Ambi 10 ; Petit Sidon [port] 15 ; Ardata 10 ; Simyra 10 ; Batruna 10 ; Tripoli [port] 15 ; Beth-Émek 10 ; Tyr [port] (1900 av. J.-C.) 10 ; Beryte (Beyrouth) [port] 20 ; Ullaza (Orthosia) 10 ; Byblos (7000 av. J.-C.) 20 ; Uzu 10 ; Hammon 10 ; Sarepta (1600 av. J.-C.) 15.

… TERRITOIRE D'ASHER ORIENTAL — 85

Aphek 10 ; Karmel 10 ; Arruboth 5 ; Rehob (3150 av. J.-C.) 10 ; Beten 10 ; Sharon 5 ; Dor 15 ; Shiqmona 5 ; Helkath 5 ; Zeror 5 ; Kaboul 5.

… TERRITOIRE DE NEPHTALI — 180

Abel-Beth-Maaca 10 ; Yanoah 10 ; Adami-Néqeb 10 ; Qadesh 10 ; Beth-Anath 10 ; Kinnereth (3000 av. J.-C.) 10 ; Beth-Shémesh (nord) 10 ; Madon 5 ; En-Hatsor 5 ; Merom 10 ; Hammath 10 ; Meroz 5 ; Hatsor (70 hectares) 40 ; Rama 10 ; Hukkok 10 ; Tser 5 ; Iron 10.

… TERRITOIRE DE ZABULON — 115

Bethléem (nord) 10 ; Gath-Hépher 15 ; Kisloth 10 ; Nahalal 10 ; Dabérath 10 ; Sarid 10 ; Hannathon 15 ; Rimmon 10 ; Harosheth 10 ; Shimron 15.

… HIVVITES DE L'HERMON — 35

Baal-Gad 10 ; Laïsh 15 ; Ijon 5 ; Mitspa 5.

… BASAN DU NORD — 50

Aphek 10 ; Golan 15 ; Ashtaroth 10 ; Qarnaïm 15.

… TERRITOIRE D'ISSACAR — 115

Beth-Shéan 25 ; Jizreel 10 ; Beth-Haggan 10 ; Yoqnéam 10 ; Endor 10 ; Ophra 10 ; Harod 10 ; Sunem 15 ; Yabnéel 15.

… TERRITOIRE DE MANASSÉ OCCIDENTAL — 128

Abel-Mehola 5 ; Silo 10 ; Bézeq 10 ; Zeror 5 ; Dothan 15 ; Taanach (v. 1500 av. J.-C.) 10 ; Yibleam 15 ; Thébets 10 ; Qedesh 5 ; Tirtsa 10 ; Meguiddo (3500 av. J.-C.) 18 ; Tsaananim 5 ; Sichem (v. 1800 av. J.-C.) 10.

… TERRITOIRE D'ÉPHRAÏM — 132

Aphek 10 ; Naaroth 10 ; Ataroth 15 ; Pirathon 5 ; Baal-Hatsor 5 ; Shaalbim 5 ; Beth-Horon (bas) 12 ; Silo 10 ; Guézer (3000 av. J.-C., 12 hectares) 15 ; Tappuah 10 ; Lébona 10 ; Timna-Sérah 10 ; Micmethath 5 ; Tsérétan 10.

CANAAN DU SUD — 983

… TERRITOIRE DE BENJAMIN — 172

Aï 12 ; Jéricho (v. 7000 av. J.-C.) 10 ; Anathoth 5 ; Jérusalem (v. 3000 av. J.-C.) 25 ; Bahurim 5 ; Kephira 5 ; Beéroth 5 ; Qiryath-Yéarim 10 ; Beth-Hogla 5 ; Micmash 5 ; Beth-Horon (bas) 5 ; Mitspa 10 ; Béthel (2000 av. J.-C.) 10 ; Nob 5 ; En-Roguel 5 ; Ophra 5 ; En-Shémesh 5 ; Rama 5 ; Guéba 5 ; Ramataïm 5 ; Guibea 10 ; Shalisha 5 ; Gabaon 20.

… TERRITOIRE DE DAN — 230

Amarna 10 ; Guibbethon 10 ; Antipatris (3000 av. J.-C.) 10 ; Yabné (Yabnéel) 10 ; Béné-Beraq 10 ; Jaffa (Joppé) (4472 av. J.-C.) 10 ; Beth-Shémesh (2200 av. J.-C., sud) 20 ; Lod 10 ; Kesalon 10 ; Ono 10 ; Éqrôn (20 hectares) 40 ; Tappuah 10 ; Eltéqé 10 ; Timna 10 ; Eshtaol 10 ; Yavné 10 ; Gath-Rimmon 10 ; Tsoréa 10 ; Guéolérôth 10.

… ROYAUMES AMORITES — 120

Azéqa 10 ; Yarmuth 2 ; Debir (2350 av. J.-C.) 15 ; Lakish (v. 3100 av. J.-C.) 23 ; Eglon 25 ; Libna 15 ; Hébron 20 ; Maqqéda 10.

… PARTIE DE JUDA / SIMÉON — 352

Adullam 5 ; Hatsar-Shual 5 ; Anab 5 ; Yoqtéel 5 ; Aphek 10 ; Yattir 5 ; Ashan 2 ; Yutta 5 ; Asdod 15 ; Kaïn 5 ; Ashkelôn (v. 2850 av. J.-C.) 25 ; Kabtséel 5 ; Baala 2 ; Kéïla 5 ; Beer-Shéba 10 ; Léhi 5 ; Bethléem (sud) 1 ; Madmanna 5 ; Beth-Eglaïm (2200 av. J.-C.) 15 ; Maon 5 ; Beth-Pélet 5 ; Massada 5 ; Beth-Tsour (1750 av. J.-C.) 10 ; Micmethath 5 ; Bethoul 5 ; Mitspé 5 ; Carmel 5 ; Molada 5 ; Ville du Sel (Qumrân) 5 ; Netopha 5 ; Eltolad 5 ; Rama 5 ; Étsem 5 ; Raphia 5 ; En-Guédi 5 ; Sharuhen 10 ; En-Rimmon 5 ; Sokoh 5 ; Eshtemoa 5 ; Tamar 5 ; Étam 5 ; Teqoa 5 ; Gath 25 ; Tell Aboû Matar 2 ; Gaza 25 ; Zanoah 5 ; Guedor 5 ; Zenan 5 ; Guérar 5 ; Tsiqlag 10 ; Guibea 5 ; Ziph 5.

… AMALÉCITES — 110

Abrona [oasis] 5 ; Yotbatha [oasis] 5 ; Arad 10 ; Qadesh-Barnéa 15 ; Aroër 10 ; Moséroth 5 ; Béné-Yaaqan [oasis] 5 ; mont Séir 10 ; Beth-Pélet 10 ; Rehoboth 5 ; Etsyon-Guéber [oasis] 5 ; Tamar 5 ; Hor-Haguidgad [oasis] 5 ; Timna près d'Élath [oasis] 5 ; Horma 10.


Q: En Dt 7.1, qui étaient les Guirgashites ?

R: Nous ignorons aujourd'hui qui ils étaient précisément. Cependant, en dehors de la Bible, les écrits d'Ougarit les mentionnent, selon G. Douglas Young, Concordance of Ugaritic, p. 14, et C. H. Gordon, UT, p. 381.


Q: En Dt 7.1, comment Moïse pouvait-il dire qu'ils traverseraient le Jourdain « ce jour », alors qu'il s'écoula très probablement plus de vingt-quatre heures avant cela ?

R: Le mot hébreu pour « jour », yom, peut également désigner une période de temps, comme dans l'expression « le jour de l'Éternel ». Un autre exemple est le « jour de l'Éternel » à venir, précédant immédiatement le retour du Christ, qui durera lui aussi plus de vingt-quatre heures. Bien entendu, il leur aurait également été possible de traverser le Jourdain en vingt-quatre heures, si la colonne du peuple en train de traverser était suffisamment large.


Q: En Dt 7.1-5, quel était le véritable danger que les Israélites étaient sur le point d'affronter ?

R: Humainement parlant, il pourrait sembler que le véritable danger résidait dans le fait d'entrer dans un pays où leurs ennemis étaient mieux armés et plus nombreux que les Israélites. Mais ce n'était pas là le véritable danger ; Dieu pouvait y faire face, même s'il Lui fallait envoyer des pierres du ciel pour combattre à leur place, ce qu'Il fit d'ailleurs. Il existait cependant un danger bien réel, et bien plus grand : celui de cesser de combattre et de composer avec le mal. Ils en viendraient à respecter leurs dieux, à contracter des mariages mixtes, à permettre à leurs enfants d'épouser des étrangers. Dès qu'ils commencèrent à respecter les dieux cananéens, Dieu leur retira son aide face au danger visible que représentaient les armées cananéennes et philistines.

L'avenir s'annonçait radieux, riche de promesses, mais aussi lourd de dangers. Ils se dirigeaient vers un magnifique pays où coulaient le lait et le miel, mais ils s'apprêtaient aussi à traverser de profonds bouleversements. Il nous arrive parfois, lorsque Dieu nous accorde de bonnes choses, de négliger le fait que nous devrons également changer, ou que de grands bouleversements surviendront dans notre vie.

Un petit détail mérite d'être relevé : la question n'était pas de se détourner du seul vrai Dieu. La question était de se tourner vers d'autres dieux, qu'ils continuent ou non, par ailleurs, de rendre hommage du bout des lèvres au seul vrai Dieu.


Q: En Dt 7.2-5, de quelles manières sommes-nous, aujourd'hui, appelés à « ne conclure aucune alliance » avec d'autres choses, lorsque la tentation s'en présente ?

R: Pourquoi, sinon, un chrétien s'adonnerait-il à l'astrologie, à l'ivresse, à la marijuana ou à d'autres drogues ? Bien manger est excellent, mais pourquoi une personne crédule, chrétienne ou non, voudrait-elle payer pour le pouvoir guérisseur des cristaux ? Les démons disposent d'un nombre presque infini de choses avec lesquelles ils peuvent tenter les chrétiens de s'adonner, ou de partager leur allégeance : les mouvements LGBTQ+, l'avortement, la combinaison du christianisme avec l'islam, la combinaison du christianisme avec l'hindouisme, la mythologie gréco-romaine classique, la combinaison du christianisme avec la psychologie séculière, la combinaison du christianisme avec la philosophie séculière. Mais on peut ranger tout cela en quelques catégories.

Le plaisir ou l'intérêt personnel (l'Évangile de la prospérité).

1896-1911 : Wallace Wattles, écrivain socialiste de la Nouvelle Pensée. Il écrivit The Science of Getting Rich et fut excommunié par les méthodistes.

1879-1925 : Russell H. Conwell, pasteur baptiste de Philadelphie, dirigea alors la plus grande église des États-Unis. Il enseignait que l'on pouvait trouver des diamants dans son propre jardin, pour peu que l'on sache chercher (World Christian Trends AD 30-AD 2200, p. 143).

L'innovation par de nouvelles idées (les oreilles qui cherchent du nouveau).

1831-1844 : le pasteur baptiste laïc William Miller, dans le nord-est de l'État de New York, fonda le mouvement millérite. Il annonça que le Christ reviendrait entre le 21 mars 1843 et le 21 mars 1844, rassemblant de 50 000 à 100 000 disciples. Puis vint le 22 octobre 1844, connu par la suite sous le nom de « Grande Déception ». Ce mouvement donna naissance aux Témoins de Jéhovah (environ 8,8 millions aujourd'hui), aux Christadelphiens (60 000 seulement aujourd'hui) et aux Adventistes du septième jour (environ 21 millions).

1843-1864 : Hong Xiuquan se présentait comme le « frère de Jésus ». Il déclencha la révolte des Taiping, au cours de laquelle 35 millions de personnes périrent, alors qu'il tentait de fonder le « Grand Royaume céleste de paix ». Bien que peu d'Occidentaux le sachent, cet événement se produisit à peu près à la même époque que la guerre de Sécession américaine, et fait paraître celle-ci comme une simple escarmouche en comparaison.

1783-1872 : N. F. S. Grundtvig souhaitait intégrer la mythologie nordique au sein du luthéranisme.

1867 : première réunion nationale de camp de sainteté à Vinland, dans le New Jersey. On y pratiquait cris, danses dans l'Esprit, rire saint et roulements saints, selon World Christian Trends AD 30-AD 2200, p. 142.

1855-1900 : un grand nombre d'insulaires du Pacifique se convertissent du christianisme au mormonisme. Le temple mormon d'Hawaï fut consacré en 1909.

1907- : « l'Ère du Verseau ». L. H. Dowling rédigea l'Évangile aquarien de Jésus-Christ, affirmant que Jésus avait étudié l'hindouisme auprès de gourous.

1919- : Lê Văn Trung fonde l'Église missionnaire caodaïste au Viêt Nam, mêlant bouddhisme, éthique confucéenne, culte des ancêtres et organisation de type catholique.

1954- : Sun Myung Moon, se croyant Christ (et non Jésus) revenu, rédigea Le Principe divin et fonda l'Église de l'Unification.

1933-1959 : Victor et Florence Houteff quittèrent les Adventistes du septième jour pour fonder les Davidiens Adventistes du septième jour, annonçant que Dieu tuerait les Adventistes du septième jour restés impies le 22 avril 1959. Le mouvement se scinda ensuite, l'un des groupes devenant les Davidiens de la Branche.

1964- : l'Église de Dieu de la Mission mondiale (=Église d'Ahnsahnghong, =Élohistes) (2 millions de membres) croit en un Père céleste et une Mère céleste. Fondée par Ahnsahnghong, qui se disait l'incarnation du Père céleste. Ils observent les fêtes de l'Ancien Testament.

-1978 : Jim Jones et le Jonestown, en Guyana, où 925 personnes moururent, ayant reçu du Kool-Aid rouge additionné de cyanure.

1985- : Apollo Quiboloy, évangéliste philippin unitarien, se disant « Fils désigné de Dieu », décidant qui accède au ciel.

1931-1986 : Herbert W. Armstrong fonde l'Église universelle de Dieu, annonçant l'enlèvement pour 1986. Il enseignait l'israélisme britannique et observait les lois alimentaires mosaïques ; il jugeait la Trinité satanique. Après sa mort, le mouvement se divisa, et l'un des groupes finit par accepter la Trinité.

1941-2000 : George Hunston Williams, historien hérétique unitarien des unitariens sociniens.

1985-2014 : Andrew B. Murray et la Shepherd's Chapel : modalisme, doctrine de la « semence du serpent », préexistence des âmes, israélisme britannique, mouvement de l'Identité chrétienne, rejet de l'enlèvement, annihilationnisme.

La capacité de toucher davantage de personnes avec son message.

Je n'écris pas « les toucher avec l'Évangile », car il leur faut souvent « vider l'Évangile de sa substance », et ils ne touchent alors les gens qu'avec une version tronquée de celui-ci. En voici quelques exemples.

Les traducteurs de la Bible Wycliffe réalisèrent une traduction biblique en arabe, ainsi qu'en turc, où les mots « Fils » et « Père », lorsqu'ils se rapportent à Dieu, furent remplacés.

Andy Stanley, acceptant les personnes LGBTQ+ pratiquantes sans leur signifier qu'elles doivent se repentir et renoncer à leur mode de vie.

Rick Warren (auteur de Une vie motivée par l'essentiel) enseignant que les musulmans croyaient au même Dieu.

La volonté de se fondre dans son environnement ou d'éviter la persécution.

Cela peut consister à emprunter des éléments d'autres religions pour les combiner au christianisme.

130- : une trentaine de sectes gnostiques, dans les premiers siècles du christianisme, agirent ainsi, en particulier les gnostiques hermétiques, selon lesquels Dieu aurait envoyé Adam, puis Moïse, puis Hercule, puis Jésus.

1870- : le Mouvement de l'intérieur (Insider Movement) auprès des hindous fut lancé en 1870 par Kali Chan Banurji.

1875/1879- : Mary Baker Eddy voulut intégrer des « principes scientifiques » au christianisme, sous le nom de « Science chrétienne » (de 100 000 à 400 000 membres aujourd'hui, après un déclin antérieur).

1899- : Charles Fillmore fut l'un des fondateurs de l'École de l'Unité du christianisme (1 million de membres).

Années 1870 : le « Chrislam », religion syncrétiste au Nigeria.

Années 1970- : le Mouvement de l'intérieur (C5) auprès des musulmans, affirmant que le Coran et Mahomet proviennent également de Dieu, et rejetant généralement la Trinité. Ses membres refusent d'être appelés chrétiens (sauf lorsqu'ils sollicitent des fonds auprès des Églises occidentales).

Le compromis chrétien libéral avec le monde.

1930-1945 : le luthérien Dietrich Bonhoeffer, adepte de l'Évangile social, niait la résurrection physique du Christ. Il participa à un complot visant à assassiner Hitler, et fut exécuté juste avant la capitulation de l'Allemagne.

1848- : le Conseil œcuménique des Églises (COE), qui comptait 404 millions de membres en 1990, soutint les guérillas marxistes en Rhodésie/Zimbabwe, lesquelles tuèrent des missionnaires chrétiens.

1951-1963 : le théologien libéral Paul Tillich, selon qui « Dieu = amour », donc « l'amour = Dieu ».

1901-1965 : Albert Schweitzer, chrétien libéral et médecin missionnaire, auteur d'ouvrages sur la quête du Jésus historique.

1955-1968 : Martin Luther King Jr., pasteur baptiste américain, figure marquante du mouvement non violent des droits civiques, qui niait la résurrection corporelle de Jésus et eut de nombreuses liaisons extraconjugales.

1944-1969 : James Pike, agnostique puis prêtre épiscopalien, menacé plus tard d'exclusion. Ses séances de spiritisme remettaient en cause la naissance virginale, l'enfer et la Trinité. L'un des premiers à la radio, son émission dépassait en popularité celle de Fulton J. Sheen. Diplômé de l'Union Theological Seminary.

1915-1973 : C. H. Dodd dirigea la traduction de la New English Bible. Il croyait en des « réalités présentes » plutôt qu'en un avenir apocalyptique, et estimait que Paul se trompait sur certains points.

1966-2021 : Desmond Tutu, prêtre anglican sud-africain, prix Nobel de la paix, devenu ensuite homme politique. Opposé à l'apartheid et à la ségrégation, favorable au mariage religieux entre personnes de même sexe et à la théologie de la libération, à l'exclusion de sa dimension violente.

H. Richard Niebuhr, théologien post-libéral d'inspiration barthienne (1924-1962), résuma fort justement la théologie libérale ainsi : « Un dieu sans colère conduisit des hommes sans péché dans un royaume sans jugement, par le ministère d'un Christ sans croix. »

Le compromis avec l'agnosticisme ou l'athéisme.

1950-1979 : Mère Teresa de Calcutta, en Inde, prix Nobel de la paix, fondatrice des Sœurs de la Charité en Inde. Catholique romaine, opposée à l'avortement, elle vint en aide aux pauvres. Plutôt que de chercher à soulager la douleur, elle estimait que celle-ci glorifiait Dieu.

Le compromis avec le marxisme.

1964- : Leonardo Boff, théologien de la libération, ancien prêtre catholique, qualifia le pape Benoît XVI (Ratzinger) de dirigeant du terrorisme religieux.

1954-1966 : Camilo Torres Restrepo, prêtre catholique marxiste-léniniste favorable à la théologie de la libération, mort au combat en luttant pour la guérilla de l'ELN contre le gouvernement colombien. Sa citation la plus célèbre demeure : « Si Jésus vivait aujourd'hui, Il serait guérillero. »

Années 1950-1971 : Gustavo Gutiérrez fut l'un des fondateurs de la théologie de la libération.

1981 : apparition mRobotoe de Medjugorje, en Bosnie. Entre autres choses, elle aurait demandé aux gens d'étudier l'ouvrage Le Poème de l'Homme-Dieu, inscrit sur la liste catholique des livres interdits en raison de sa doctrine hérétique. L'Église catholique n'approuva ces apparitions qu'en 2019, sous le pape François.

1962-2003 : Canaan Banana, ancien pasteur méthodiste et premier président du Zimbabwe, auteur de The Gospel According to the Ghetto. Sur sa conception de la théologie de la libération : « Quand je vois un guérillero, je vois Jésus. » Il purgea six mois de prison pour homosexualité. Il fut actif au sein du Conseil œcuménique des Églises et de l'Organisation de l'unité africaine.

En résumé, l'essentiel n'est pas que toutes ces choses soient mauvaises (bien qu'elles le soient), mais que les chrétiens aient tort d'accepter l'une quelconque d'entre elles comme chrétienne. Certes, il existe de véritables chrétiens au sein de certains de ces mouvements, et certains ont même été nommés ici. Mais nous ne devrions pas accepter ces erreurs comme relevant du christianisme. En Apocalypse 2.20-23, si l'on y regarde de près, ce n'est pas la fausse prophétesse Jézabel elle-même qui est ici réprimandée, mais bien l'Église qui la tolère et l'accepte. Ceci fait partie d'un thème ancien, entamé chez Jérémie et poursuivi jusqu'à l'Apocalypse, appelant à « fuir Babylone », à en sortir et à s'en séparer.

Avez-vous l'impression que des forces démoniaques « bombardent l'Église de tromperies » ? Or les démons sont fort habiles en leur art, et fort occupés. C'est presque comme la métaphore d'une armée de chrétiens avançant pour prêcher l'Évangile et servir Dieu, tandis que nos compagnons d'armes se font abattre de tous côtés par les mensonges démoniaques. Mais en parcourant cette liste de ce que divers chrétiens ont accepté, gardez-vous de céder à la tentation de croire que les chrétiens seraient d'incroyables naïfs, faciles à berner. Cela ne concerne que certains d'entre eux (bien qu'il puisse s'agir d'une majorité) de ceux qui se disent chrétiens, non de tous. Alors, que penser lorsqu'un pasteur chrétien fait l'éloge de Mère Teresa, de Dietrich Bonhoeffer, de Martin Luther King Jr., de Desmond Tutu, ou du Conseil œcuménique des Églises ?


Q: En Dt 7.6-8, pourquoi Dieu choisit-Il les Israélites ?

R: Une partie de la réponse se trouve en Deutéronome 7.7-9. Ce n'était pas parce qu'ils constituaient un peuple puissant ou remarquable. C'était plutôt en raison de l'amour de Dieu et de son choix en faveur d'Abraham, puis d'Isaac et de Jacob. Il arrive souvent que des personnes bénéficient de conséquences heureuses en raison de ce que d'autres, avant elles, ont accompli. D'autres bénéficieront-ils, à leur tour, de conséquences heureuses grâce à ce que vous accomplissez vous-même ?


Q: En Dt 7.10, pourquoi Dieu ressent-Il le besoin de rétribuer certaines personnes, alors que nous ne sommes pas censés nous venger nous-mêmes ?

R: Il ne nous appartient pas de nous venger, non parce que les autres ne le méritent jamais, mais parce que Dieu est le juge qui rend le châtiment approprié. Si Dieu punissait certains coupables d'une faute, tout en ignorant purement et simplement d'autres coupables de la même faute, ou d'autres fautes tout aussi graves, cela serait incohérent avec ce que la Bible révèle de sa justice. Voir aussi la question suivante.


Q: En Dt 7.10, puisque Dieu doit rendre son châtiment avec justice, pourquoi Dieu souhaite-t-Il rendre un quelconque châtiment ?

R: Dieu devrait-Il laisser chacun s'en tirer impunément et accéder tout de même au ciel ? Que dire de ceux qui, précisément, n'auraient pas voulu se trouver au ciel, ni vivre pour l'éternité auprès de Dieu ? Et quel genre de ciel serait-ce alors ?

Imaginez Hitler, Tamerlan, Staline, Idi Amin, ou d'autres « grands » meurtriers, impénitents, se retrouvant tout de même au ciel : quel genre de lieu pur serait-ce là ? Si la plus grande joie du ciel consiste à adorer Dieu, imaginez-vous Dieu contraignant des gens à demeurer au ciel pour l'éternité contre leur gré ? Je ne le puis.


Q: En Dt 7.14, puisque Dieu devait ôter la stérilité des femmes israélites, qu'en est-il de Mical (2 S 6.20-23), d'Anne (1 S 1.2,5-8), et d'Élisabeth (Lc 1.7) ?

R: Mical n'était pas nécessairement stérile ; il est plus probable que David n'entretenait plus avec elle de relations conjugales. Anne et Élisabeth furent, quant à elles, stériles durant une partie de leur vie, mais Dieu prit cette stérilité et en fit une bénédiction particulière. Il arrive parfois que, sur le point de nous accorder quelque chose de merveilleux, comme des enfants, Dieu nous demande d'attendre son propre moment.


Q: En Dt 7.15, pourquoi ce texte mentionne-t-il spécifiquement, non pas simplement la maladie, mais les « maladies d'Égypte » ?

R: L'Égypte était infestée de moustiques des sables, et la rive occidentale du Nil connaissait le virus du Nil occidental ; mais, se trouvant dans une région marécageuse, l'Égypte connaissait également le paludisme. En raison du Nil et de ses eaux stagnantes, les maladies y étaient plus nombreuses que dans une région peu arrosée. L'historien Pline l'Ancien, après avoir évoqué diverses maladies d'Égypte, qualifia ce pays de « mère des maladies ».


Q: En Dt 7.19, Ex 13.14, Ex 15.8,12,16, Ex 31.8 ; Ps 91.4 ; Hé 4.13, ces versets prouvent-ils que Dieu possède des doigts, des mains, des bras, des narines, des ailes, des plumes et des yeux ?

R: Non. Il s'agit là d'une expression anthropomorphique. Voir la discussion sur Exode 8.19 pour la réponse.


Q: En Dt 7.22, pourquoi Dieu chasse-t-Il parfois certaines choses de nos vies peu à peu, plutôt que d'un seul coup ?

R: Dieu voit parfois ses desseins mieux accomplis de façon graduelle. William Carey travailla sept années comme missionnaire en Inde avant de voir la première personne venir à connaître le Seigneur. Parfois, le délai s'explique par une préparation nécessaire dans votre propre vie. Mais bien souvent, la raison de ce délai n'a strictement rien à voir avec vous : il peut s'agir de préparer des événements mondiaux, de préparer le cœur de non-croyants, ou de recevoir l'aide nécessaire d'autres croyants. Il sera merveilleux, au ciel, de voir comment Dieu a su relier tant de fils, apparemment sans lien immédiat entre eux, pour accomplir une seule et même tâche. Mais bien que nous ne comprenions pas toujours, nous devrions faire preuve de patience quant à la manière dont Dieu agit.

Il existe une parabole d'un roi fortuné et de son fils bien-aimé, le prince. Une fois par an, le fils venait trouver son père pour lui demander sa pension, que le père accordait. Puis le père ne revoyait presque plus son fils pendant toute une année. Or ce roi n'était pas seulement fortuné, mais aussi sage. Ainsi, la fois suivante, lorsque le fils vint demander sa pension, le père ne lui donna que ce qui suffisait pour ce seul jour. Ainsi, le fils devait venir s'entretenir avec son père chaque jour, s'il voulait sa pension. Vous arrive-t-il parfois de traiter votre Père céleste comme le prince traitait initialement le sien ?

J'ai lu l'histoire de deux jeunes Écossais, amis, tous deux alcooliques. Ils finirent par suivre des chemins séparés, puis devinrent tous deux chrétiens. Ils se retrouvèrent et partagèrent leur cheminement de foi. L'un raconta comment, dès sa conversion, Dieu lui avait miraculeusement ôté tout désir d'alcool. Le second raconta comment il avait été, à maintes reprises, cruellement tenté de céder et de boire à nouveau, mais n'avait jamais cédé. Il arrive que Dieu œuvre dans la vie des uns pour les sanctifier de leur péché d'une manière, et dans celle des autres, d'une manière différente. Dans le second cas, l'homme devait invoquer chaque jour l'aide de Dieu face à la tentation. Les deux voies glorifient Dieu ; qui pourrait affirmer que la seconde Le glorifie moins que la première ?

Ainsi, certaines choses demandent du temps afin que nous puissions cultiver une relation intime avec Dieu. Mais d'autres choses demandent simplement du temps pour que nous puissions les saisir et les apprendre. Même le meilleur enseignant du monde mit trois années à former ses douze disciples. Même ainsi, il y eut bien des déceptions, et l'un d'eux fut un échec total.


Q: En Dt 7.25-26, quand ne devrions-nous pas tirer profit de ce qui a été accompli par des personnes avec lesquelles nous ne devrions conclure aucune alliance, et quand le pourrions-nous, comme en Ex 11.2-3 ; 12.35-36 ?

R: Dans ces cas précis, la réponse brève est : lorsque Dieu vous dit de ne pas le faire, et lorsque Dieu vous dit que cela est permis. En généralisant néanmoins, on observe qu'il était permis aux Israélites de commercer et de conclure des traités avec d'autres peuples païens, à l'exception des Cananéens. Ainsi, aujourd'hui, nous pouvons conclure des accords et faire des affaires avec des personnes en général, quelles que soient leurs convictions religieuses. Cependant, si une organisation existe pour s'opposer aux chrétiens, ou pour mener des activités immorales, nous ne devrions avoir aucun rapport avec elle. Ainsi, par exemple, tenir la comptabilité de gangsters, ou jouer du piano dans une maison close, ne sauraient convenir à des croyants.


Q: En Dt 8.1, pourquoi cette période est-elle généralement désignée comme un passage « dans le désert » ?

R: Il ne s'agissait pas d'un désert comparable au Sahara ou au Quart Vide arabique. Ce territoire ne disposait pas d'assez d'eau pour cultiver, mais suffisamment de végétation pour le pâturage. Abraham se trouvait dans le désert. David s'y trouva également, tout comme Jean-Baptiste. Jésus passa quarante jours dans le désert. La femme d'Apocalypse 12 y sera protégée. Comme le souligne le New International Bible Commentary (p. 265), à travers toute l'Écriture, « le désert est un lieu où Dieu rencontre l'homme dans la discipline et la délivrance ». Le désert est un lieu de protection, un lieu de croissance, en particulier dans l'obéissance, la foi et l'intimité avec Dieu. Ils devaient se confier en Dieu dans le désert ; quelle autre option avaient-ils ? Le désert n'est cependant pas toujours un lieu agréable à habiter.


Q: En Dt 8.1, en quoi de grands changements étaient-ils sur le point de survenir ?

R: Ils allaient quitter le désert pour entrer dans un pays de prospérité et de tentation. Ils passeraient du statut d'habitants nomades sous des tentes à celui de résidents de bourgs et de villes. Ils passeraient d'une dépendance à la manne, la même nourriture pendant quarante ans, à une alimentation variée et plus savoureuse, comprenant miel, raisins, olives, figues, grenades, pommes, baies, blé et orge. Il leur fallait veiller à ne pas oublier leur premier amour : Dieu.


Q: En Dt 8.1, comment gérer la situation lorsque l'on perçoit que de grands changements s'annoncent dans notre vie ?

R: Les circonstances peuvent beaucoup changer, mais c'est toujours le même Dieu. Vous étiez censés glorifier Dieu, vous réjouir, obéir et prospérer dans vos circonstances précédentes. À présent, vous êtes appelés à faire de même dans vos nouvelles circonstances.


Q: En Dt 8.2, Dieu est-Il réellement omniscient ?

R: Oui. Rien de ce qui s'est produit, se produit, ou se produira jamais n'échappe à Dieu. Dieu connaît la fin dès le commencement (Ésaïe 46.10). Chaque jour de notre vie était inscrit dans le livre de Dieu avant même qu'aucun d'eux n'existât (Psaume 139.16). Ceux qui seraient sauvés étaient connus avant même que nous existions (Romains 9.10-23 ; 8.29 ; Éphésiens 1.4). Dieu examine tous nos chemins (Proverbes 5.21).

En Jean 21.17, Pierre dit à Jésus que celui-ci connaissait toutes choses, et Jésus ne corrigea pas cette affirmation. 1 Jean 3.20 dit que Dieu connaît tout. Cependant, une hypothèse n'est pas nécessairement une réalité. Par exemple, si les cochons pouvaient voler, le ciel serait-il vert ? L'Écriture demeure silencieuse quant à Dieu et à une « méta-connaissance », c'est-à-dire quant au fait que Dieu connaîtrait chaque détail hypothétique de chaque possibilité. Cette conception, selon laquelle Dieu connaîtrait la méta-connaissance de chaque possibilité, est également appelée molinisme.


Q: En Dt 8.3, en quoi manger la manne constituait-il une humiliation ?

R: C'était un rappel, pour le peuple, du fait que, durant quarante ans, il ne se nourrissait pas principalement de sa propre production. Chaque matin, ils se contentaient de ramasser la manne que Dieu avait fournie.


Q: En Dt 8.4 ; 29.5, comment les vêtements et les sandales des Israélites purent-ils ne pas s'user ?

R: Il n'est pas naturel que des vêtements et des sandales durent quarante ans sous le soleil du désert. Cela illustre une manière dont Dieu accorde des bénédictions surnaturelles. Il est merveilleux de constater que Dieu n'accomplit pas seulement quelques grands miracles, mais qu'Il peut aussi accomplir des millions de petits miracles similaires.


Q: En Dt 8.7, la Palestine est-elle aujourd'hui plus sèche qu'à l'époque de Moïse ?

R: Oui. Au fil de l'histoire, le climat a considérablement varié. Ainsi, les climatologues évoquent une « période chaude médiévale » vers la fin du Moyen Âge. Ils en ont même trouvé des traces dans une sécheresse survenue en Californie en 1340 apr. J.-C. (Natural History, septembre 1996). On cultivait l'orge au Groenland après l'an 1000 apr. J.-C. Autre exemple : les climatologues estiment que le Sahara n'était pas un désert avant environ 4000 av. J.-C.


Q: En Dt 8.9, où se trouvaient les collines contenant le cuivre promis aux Israélites ?

R: De nombreux fourneaux et scories de cuivre ont été découverts à trente-trois kilomètres au sud de la mer Morte. Certains gisements de cuivre demeurent encore visibles en surface aujourd'hui.

The Expositor's Bible Commentary, vol. 3, p. 75, mentionne également les célèbres mines de cuivre de Salomon, à Etsyon-Guéber.

The New International Dictionary of the Bible (p. 1124) indique que des ouvriers du cuivre vivaient déjà à Beer-Shéba dès l'âge chalcolithique (4500-3100 av. J.-C.), le minerai provenant d'une région située à cent kilomètres au sud. Le plus ancien objet de cuivre découvert en Palestine provient de Jéricho, et date de 4500 à 4400 av. J.-C.


Q: En Dt 8.16-20, quels sont les deux points essentiels à retenir ici ?

R: Face à la tentation de la prospérité, ils devaient se souvenir de deux choses.

Ne pas s'attribuer à eux-mêmes, ni à leurs propres capacités, la gloire qui revient légitimement à Dieu.

Puisqu'ils avaient conclu une alliance avec l'Éternel, ne laisser aucune autre idole « dérober » la dévotion qui Lui revenait de droit. Dieu les avertit ici que, s'ils agissent comme les Cananéens, Il les traitera comme les Cananéens.


Q: En Dt 8.16-20, lorsque la prospérité vous tente de « mettre Dieu de côté » et de vous fier à vous-même, que pouvez-vous faire pour vous réorienter vers le juste chemin de la dépendance envers Dieu ?

R: Tournez votre regard vers Dieu et souvenez-vous. Il n'existe rien que vous puissiez posséder — biens matériels, relations, santé, votre vie même — qui ne puisse vous être retiré en un instant. Veillez à dire aujourd'hui à votre famille que vous l'aimez, car vous ne savez pas avec certitude si vous pourrez le lui dire demain. Mais si vous ignorez ce que demain vous réserve, vous savez, en revanche, Qui tient demain entre ses mains. Ainsi, en cet instant même, réjouissez-vous, et puisez auprès du Seigneur la paix et le contentement.


Q: En Dt 9.1, à quel moment traversèrent-ils le Jourdain ?

R: « Ce jour » signifie « en ce temps-là », et non une période précise de vingt-quatre heures, selon The Expositor's Bible Commentary, vol. 3, p. 78. La NIV traduit cette expression par « maintenant ». En réalité, cela se produisit environ un mois avant qu'ils ne traversent effectivement le Jourdain.

En Zacharie 14.7, l'expression « un jour » (yom ‘ehad) reprend le même mot qu'en Genèse 1. Rien n'y précise s'il s'agit exactement de vingt-quatre heures ou non.


Q: En Dt 9.3-6, les Cananéens furent-ils détruits rapidement, ou furent-ils détruits progressivement, comme en Dt 7.22 ?

R: Les Israélites occupèrent Canaan à une vitesse fulgurante. C'est que Dieu détruisit effectivement, et rapidement, les Cananéens devant Israël à plusieurs reprises, notamment à Jéricho et dans la vallée d'Ajalon. Deutéronome 9.3 prophétise précisément que Dieu agirait ainsi. Le danger, en les détruisant tous d'un seul coup, était qu'ils pourraient s'imaginer avoir accompli cela par leur propre force, et se fier à eux-mêmes.

Cependant, bien que certains peuples cananéens aient été totalement anéantis, Deutéronome 9.3 ne dit pas que toutes les nations cananéennes seraient rapidement anéanties à 100 %. En réalité, quiconque lit ce livre attentivement constatera que Deutéronome 7.22 vient nuancer Deutéronome 9.3, en précisant que tous les Cananéens ne seraient pas détruits rapidement.


Q: En Dt 9.3, quelle différence existe-t-il entre le fait que Dieu soit avec eux ou parmi eux, et le fait que Dieu marche devant eux ?

R: Nous aurions tendance à confondre ces deux réalités, car toutes deux sont vraies, mais elles demeurent en réalité distinctes. Dieu était parmi eux, et ils pouvaient voir la provision de la manne et des cailles, la nuée le jour, et la colonne de feu la nuit. Mais Dieu marchait également devant eux, afin de préparer leur chemin. Ainsi, aujourd'hui encore, nous pouvons louer Dieu d'être avec nous, mais aussi Le louer de marcher devant nous.


Q: En Dt 9.4-6, pourquoi les hommes sont-ils souvent si réticents à reconnaître un don comme un don, mais si prompts à s'en attribuer le mérite ?

R: Une fois l'œuvre ou la bénédiction déjà accomplie, nous voulons parfois nous en attribuer le mérite, affirmant aux autres que cela tient à notre bonté ou à notre force, alors que ce n'était en réalité pas entièrement notre propre effort, ou n'était parfois que secondairement le nôtre. De plus, nous voulons nous convaincre nous-mêmes de cela, car notre estime de soi et notre fierté reposent parfois, du moins en partie, sur ce que NOUS avons accompli.


Q: En Dt 9.7-12,20-24, pourquoi Moïse insista-t-il sur l'aspect négatif des grands péchés qu'ils avaient commis, plutôt que d'insister sur l'aspect positif ?

R: Il existe un temps et une place pour l'un comme pour l'autre. Moïse évoqua cela afin qu'ils ne deviennent pas arrogants, mais qu'ils s'efforcent de faire mieux et de redoubler d'efforts pour obéir à Dieu. Aujourd'hui encore, si un employé, un élève, un enfant ou un ami a véritablement « manqué à sa tâche », on ne souhaite pas lui dire faussement qu'il a bien travaillé, ni prétendre que cela n'avait finalement pas d'importance alors que c'était bien le cas, ni le laisser croire qu'aucun changement n'est nécessaire. La théologie de nombreux cantiques chrétiens est généralement bonne, mais j'ai entendu une exception la semaine dernière : ce cantique affirmait que Dieu vous aime tel que vous êtes et ne souhaite rien changer en vous. En réalité, en tant que croyants, Dieu nous aime tels que nous sommes, mais Il nous aime trop pour vouloir que nous le demeurions ainsi.

Afin de les empêcher de s'enorgueillir de leur propre justice, Moïse leur déclara qu'ils étaient onze choses : arrogants (9.4), obstinés (9.6,13,27), rebelles (9.7,23-24), provocateurs (9.8,18), corrompus (9.12), idolâtres (9.12,16), pécheurs (9.16), mauvais (9.18), incrédules (9.23), désobéissants (9.23), et méchants (9.27). On pourrait presque considérer Deutéronome 9.7-24 comme une seule grande question. Dieu demande, en somme : après tous ces épisodes de révolte, avez-vous suffisamment appris pour me faire confiance à présent ?

Il existe un temps pour être négatif. Mais, d'un autre côté, nous ne devons pas exaspérer nos enfants (Éphésiens 6.4), ni autrui. Ne les décourageons pas, mais montrons-leur, même dans la réprimande, une image de ce qu'ils peuvent devenir, en leur laissant l'espérance.


Q: En Dt 9.13-18,25-29, pourquoi Moïse refusa-t-il l'offre de Dieu de faire de lui une grande nation ?

R: Cela révéla le cœur de Moïse. Se souciait-il davantage de son propre pouvoir et de sa propre renommée, ou davantage du peuple ? Comme tout véritable dirigeant, il se souciait davantage de l'honneur de Dieu et du bien du peuple. Les dirigeants d'Église, aujourd'hui, devraient faire de même.

L'argument de Moïse, en Deutéronome 9.25-29, est que si le peuple venait à être détruit, on pourrait alors dire que Dieu avait été incapable de prendre soin de son peuple et de le préserver. Il arrive parfois que Dieu soit, en quelque sorte, « pris entre deux feux », car Il tient compte de toutes les implications de ses propres actes.

Raymond Brown, dans The Message of Deuteronomy (p. 129-133), propose une belle réflexion sur les caractéristiques d'un dirigeant pieux tel que Moïse. Il était soumis (9.18,25), persévérant (9.18,25), sacrificiel (9.18), précis (9.14), compatissant (9.20), exhaustif (9.26,28-29), et finalement efficace. Moïse passa davantage de temps à prier pour eux qu'à raisonner avec eux.


Q: En Dt 9.25-29, Ex 32.9-14, qu'y a-t-il d'important dans cette prière ?

R: Il s'agissait là d'une prière d'intercession cruciale pour le peuple. Je suis certain qu'Aaron, lui aussi, se réjouit que Moïse ait prié pour lui. Moïse n'avait pas prié pour Dathan et Abiram. Notons que, dans cette prière, Moïse ne parla pas du peuple comme « mon » peuple, mais s'adressa à Dieu en disant « ton » peuple, soulignant ainsi non seulement leur relation avec Dieu, mais aussi la conduite de Dieu à leur égard.

Une autre prière d'intercession cruciale fut celle de Samuel à Mitspa, en 1 Samuel 7.5-9.


Q: En Dt 9.18, Moïse jeûna-t-il réellement, sans même boire d'eau, pendant quarante jours et quarante nuits ?

R: Il ne s'agissait pas là d'un jeûne ordinaire, un tel exploit étant naturellement impossible. Cependant, tout comme nous n'aurons, une fois au ciel, plus besoin d'aucune nourriture terrestre, Dieu était tout aussi capable de maintenir Moïse en vie sans manger, tandis qu'il se trouvait en sa présence.


Q: En Dt 9.28, Ex 32.31-35, et Nb 14.11-19, Moïse avait-il un argument valable ?

R: Oui. Dieu s'adressa ainsi à Moïse afin que celui-ci puisse démontrer sa juste compréhension du caractère de Dieu, de deux manières.

1. Moïse prit les paroles de Dieu très au sérieux, sachant que, connaissant Dieu, celui-ci avait, en toute justice, parfaitement le droit de détruire entièrement les Israélites.

2. Moïse connaissait suffisamment les promesses et la fidélité de Dieu pour Lui « rappeler » qu'Il ne détruirait pas ce peuple à la nuque raide.

Il y a là un point à retenir concernant notre propre dialogue avec Dieu. Dans nos prières, il est tout à fait légitime de nous appuyer sur les promesses que Dieu a faites.


Q: En Dt 10.1-3 et Ex 34.1-3, quelle est la portée du fait que les secondes tables soient semblables aux premières ?

R: Lorsque Moïse redescendit de la montagne avec les premières tables, il les brisa en voyant les Israélites organiser une grande fête autour du veau d'or. Après que Dieu eut réglé cette situation, Moïse remonta sur la montagne et rapporta un nouveau jeu de tables de pierre. Après la désobéissance des Israélites, leur châtiment et leur repentance, tout redevint exactement comme auparavant. Il existait quelques différences, comme le fait que Dieu Lui-même avait fabriqué le premier jeu de tables de pierre (Exode 32.15-16), tandis que Moïse dut lui-même tailler le second (Exode 34.1). Mais Dieu…

De même, lorsque nous désobéissons puis nous repentons, notre relation avec Dieu peut redevenir exactement ce qu'elle était auparavant. Dieu inscrivit les dix commandements sur les nouvelles tables de pierre tout comme sur les anciennes, et ils reprirent leur route comme si leur relation n'avait jamais été rompue.


Q: En Dt 10.3, l'arche fut-elle fabriquée après les quarante années d'errance dans le désert, ou avant ces quarante années, comme le suggèrent Ex 25.10 ; 35.12 ; et 37.1 ?

R: Deux questions distinctes se posent ici.

1. Le Deutéronome, en général, y compris le chapitre 10, constitue un résumé condensé de leurs pérégrinations. Il indique que l'arche fut fabriquée avant le second jeu de tables de pierre, sans préciser combien de temps auparavant elle avait été fabriquée.

2. L'arche fut fabriquée après le premier séjour au mont Sinaï, relaté en Exode 19. The Expositor's Bible Commentary, vol. 3, p. 83, note que, lorsque Deutéronome 10.1 dit « en ce temps-là », cela se réfère au moment de la prière rapportée en Deutéronome 9.25-29, et non au moment ultérieur où le chapitre 10 fut consigné par écrit.


Q: En Dt 10.3, Moïse fabriqua-t-il lui-même l'arche de l'alliance, ou fut-ce Betsaléel qui la fabriqua, en Ex 37.1-9 ?

R: Moïse dirigea de près la fabrication de l'arche par Betsaléel. Il n'est pas rare qu'un dirigeant affirme avoir accompli une chose (comme construire une pyramide ou collecter des impôts) alors qu'elle fut réalisée par des ouvriers sous sa direction. Le Deutéronome constitue un résumé de la loi ; c'est dans l'Exode, le Lévitique et les Nombres que l'on trouve les détails.


Q: En Dt 10.3, l'arche fut-elle construite après que Moïse fut redescendu de la montagne, ou avant, comme le montre Ex 37.1-9 ?

R: Elle fut construite auparavant, par Betsaléel. Deutéronome 10.3 dit qu'elle fut fabriquée, mais les événements ne sont pas nécessairement rapportés ici dans l'ordre chronologique. Cependant, tant dans l'Exode que dans le Deutéronome, l'arche ne servit à conserver les dix commandements qu'après coup. Habituellement, dans un traité de suzeraineté, deux copies étaient établies ; chacune des deux parties en conservait une.


Q: En Dt 10.6, Aaron mourut-il à Moséra, ou au sommet du mont Hor, comme le disent Nb 20.22-29, Nb 33.37-39, et Dt 32.50 ?

R: Deux réponses différentes sont possibles.

La région de Moséra : il n'est fait mention d'aucun « mont » Moséra, mais simplement de Moséra et du mont Hor. Bien qu'Aaron soit mort précisément au mont Hor, celui-ci se trouvait dans la région de Moséra.

Plusieurs lieux nommés « amertume » : le mot Moséra signifie « amertume », et l'on ne connaît pas ce nom comme toponyme en dehors de la Bible. Il pourrait s'agir d'une région sans nom propre, et il est fort possible que les Israélites aient nommé plus d'un lieu Moséra. À titre d'exemple, il existe en Arabie deux lieux assez proches l'un de l'autre nommés Nakhla — l'un près de La Mecque, en direction de Ta'if, et l'autre une vallée près de La Mecque, en direction de l'Irak. En Israël, il existait de même deux localités portant chacune le nom de Beth-Shémesh, et deux portant le nom de Bethléem.


Q: En Dt 10.6, les Israélites campèrent-ils à Béné-Yaaqan puis à Moséra, ou à Moséroth puis à Béné-Yaaqan, comme le dit Nb 33.37-38 ?

R: Les chrétiens apportent deux réponses différentes.

Deux lieux distincts : Moséra et Moséroth seraient deux lieux différents. Les noms se ressemblent, mais les consonnes diffèrent en hébreu. Nombres 33 et Deutéronome 10 relateraient des moments différents de l'Exode, où le peuple serait revenu dans une même région générale.

Un lieu et une région : Moséra désignerait la région, et Moséroth le lieu précis. Bien qu'Aaron soit mort précisément au mont Hor, celui-ci se trouvait dans la région de Moséra.


Q: En Dt 10.12, que signifie « marcher dans les voies de Dieu » ?

R: Cela signifie, en partie, obéir aux lois de Dieu, faire explicitement ce que Dieu ordonne de faire, et ne pas faire ce qu'Il ordonne explicitement de ne pas faire. Cependant, cela signifie bien davantage encore. Nous sommes appelés à rechercher la connaissance de Dieu, à nous approcher de Lui, et à découvrir ce qui Lui plaît.

Marcher dans les voies de Dieu est chose si simple qu'un enfant peut la pratiquer, et pourtant si exigeante que l'adulte le plus juste et le plus sage y trouve encore un défi.


Q: En Dt 10.12-13, quel rôle nous revient-il aujourd'hui de dire aux gens que Dieu « exige » et nous commande d'accomplir certaines choses ?

R: Si nous ne le faisons pas, alors nous ne partageons pas l'Évangile dans son intégralité. Chacun doit prendre une décision : accepter Jésus comme Seigneur et accomplir ces choses, ou bien s'y refuser. Ils devaient eux aussi prendre une décision, et Dieu exigeait leur réponse, tant en paroles qu'en actes.


Q: En Dt 10.12-16, que penser de l'affirmation selon laquelle le Dieu de l'Ancien Testament se souciait des actions extérieures, tandis que le Dieu du Nouveau Testament se soucierait du cœur intérieur ?

R: Cette affirmation n'est pas simplement fausse, mais doublement fausse. Par exemple, en Deutéronome 10.12-16,19, ce qui primait avant tout, c'était la crainte de l'Éternel. Les Israélites devaient « circoncire leur cœur ». Certes, l'Ancien Testament insiste également sur les actes, comme le montre Deutéronome 10.13,19. Et certes, dans le Nouveau Testament, nous possédons le Saint-Esprit demeurant en nous. Mais nous devons aussi éviter les personnes impénitentes qui se disent chrétiennes tout en étant immorales, cupides, escrocs ou idolâtres, ou en s'adonnant habituellement à la boisson, comme l'ordonne 1 Corinthiens 5.11-12.


Q: En Dt 10.17, puisque Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, pourrait-il exister plusieurs dieux ?

R: Non, et oui. Non, en ce sens qu'il n'y a jamais eu, n'y a, et n'y aura jamais qu'un seul vrai Dieu. Oui, en ce sens qu'en dehors de ce seul vrai Dieu, il existe de nombreux faux dieux contrefaits. Alors que les nations voisines adoraient de nombreuses idoles nationales et autres, le Dieu d'Israël ne leur était nullement comparable. Il était le Dieu au-dessus de toutes les nations, de toutes les idoles et de toutes les superstitions. Par ailleurs, si quelqu'un craint jamais une idole, ou un esprit mauvais, qu'il sache que cet esprit mauvais a bien davantage à craindre du seul vrai Dieu, qu'un croyant n'a lui-même à craindre de cet esprit mauvais.


Q: En Dt 10.17 et suivants, jusqu'au verset 18, comment Dieu peut-Il, paradoxalement, être à la fois impartial, juste, et manifester miséricorde et amour ?

R: Cela relevait peut-être du mystère à l'époque de l'Ancien Testament, mais nous pouvons aujourd'hui en discerner la réponse tout aussi bien. Dieu récompense ceux qui L'aiment et Le suivent, mais Il punit tout péché avec impartialité. Le ciel est un lieu merveilleux, mais si seuls les parfaits pouvaient y accéder, le ciel serait-il alors vide de tout habitant ? Nous savons que Dieu a satisfait les exigences de la justice, tout en étendant néanmoins sa grâce et sa miséricorde, par le fait que Jésus-Christ a pris sur Lui le châtiment de nos péchés. Notre salut n'est pas gratuit en soi : Dieu l'a rendu gratuit pour nous, mais il fut acquis à un prix très élevé — celui de la mort du Fils de Dieu.


Q: En Dt 11.2-9, qu'y a-t-il d'inhabituel ici ?

R: Bien que l'Ancien Testament ne comportât originellement aucune ponctuation, Deutéronome 11.2-9 semble ne former qu'une seule et même phrase. On trouve également de longues phrases dans les épîtres de Paul. L'exigence « stricte » de ne pas écrire de longues phrases relève de l'usage moderne de l'anglais, et non de l'hébreu ou du grec antiques.

Moïse n'avait probablement pas conscience de la manière dont il s'exprimait, car il était ici particulièrement préoccupé. Le peuple sorti du désert avait obéi à Dieu, traversant les épreuves et étant témoin de ses miracles et de ses jugements. Mais dans quelle mesure la génération future obéirait-elle, elle qui n'avait pas vécu ces choses ?


Q: En Dt 11.6-7, Ex 16.1-35, qu'ont fait de mal Dathan et Abiram, ainsi que leur famille ?

R: Ils commirent le mal en déclenchant une mutinerie contre Moïse, et contre l'autorité de Dieu. Leur esprit n'était pas simplement paresseux ou indifférent ; ils rejetèrent activement la voie de Dieu, et voulurent abandonner Moïse pour retourner en Égypte. Leur cœur même n'était pas à la bonne place, non seulement parce qu'ils prétendaient présomptueusement être les égaux de Moïse, mais aussi parce qu'ils aspiraient au « pays où coulent le lait et le miel », déclarant qu'il s'agissait de l'Égypte, en Exode 16.13. Moïse comprit qu'il n'y avait rien qu'il pût dire ou faire, sinon leur ordonner de se présenter devant l'Éternel, ce que Moïse fit également lui-même.

Il nous arrive parfois, dans nos vies, de rencontrer des difficultés dont nous ne voyons pas comment nous pourrions venir à bout. Mais il nous reste toujours une chose à faire : les remettre entre les mains du Seigneur.


Q: En Dt 11.6, la terre est-elle de sexe féminin, puisqu'elle ouvrit « sa » bouche ?

R: Non. La version du roi Jacques (King James Version) a simplement traduit littéralement le genre grammatical du pronom hébreu. Aujourd'hui encore, nous parlons des navires en mer en employant le pronom féminin, et nous nommons les ouragans et typhons de noms d'hommes et de femmes, sans que cela signifie qu'ils soient eux-mêmes masculins ou féminins.


Q: En Dt 11.10-12, que signifie l'expression « arrosé avec le pied » ?

R: L'Égypte constituait le grenier à blé du monde méditerranéen, grâce au vaste Nil et à l'irrigation. Cette expression désigne apparemment une pompe d'irrigation actionnée par une sorte de pédales. Ils n'auraient pas besoin d'un tel procédé dans la Terre promise.


Q: En Dt 11.18-22, quelle responsabilité avons-nous d'enseigner nos propres enfants, ainsi que ceux d'autrui ?

R: La parole de Dieu doit être apprise, partagée et mise en pratique. Ces versets donnent l'impression que Dieu s'adresse en même temps aux parents et aux enfants. Nous devrions nous soucier de nos enfants, et de leur âme, tout autant que de nous-mêmes. La vérité de Dieu devrait leur être offerte librement, à leur niveau. La vérité de Dieu devrait être enseignée par nos paroles, et démontrée par notre vie.

Si un enfant n'a pas de parents chrétiens et ne fréquente pas l'église, le défi consiste alors à trouver comment lui partager la vérité. En Amérique, l'une des solutions consiste en des « Backyard Bible Clubs » (clubs bibliques de jardin), où les enfants du voisinage se rassemblent, cinq jours par semaine, pendant quatre-vingt-dix minutes chaque jour, pour apprendre tout en s'amusant.


Q: En Dt 11.24, à quel moment Israël contrôla-t-il un territoire aussi vaste, s'étendant jusqu'à l'Euphrate ?

R: Israël connut son territoire de contrôle le plus étendu, incluant même Damas, à l'époque de David et de Salomon. Ils ne vivaient cependant pas en Syrie jusqu'à l'Euphrate ; ces territoires leur payaient plutôt un tribut. Mais cela s'accomplira pleinement durant le Millénium.


Q: En Dt 11.25, puisque nul ne devait tenir tête aux Israélites en raison de la terreur que Dieu inspirerait à leurs ennemis, comment se fait-il que les ennemis d'Israël l'aient parfois vaincu ?

R: Deutéronome 11.22 commence par un mot très important, « si », et l'ensemble du passage de Deutéronome 11.23-25 débute par un autre mot important, « alors ». Il s'agit là de l'un des nombreux exemples de promesse conditionnelle ; et lorsque les conditions ne sont pas remplies, rien ne garantit l'accomplissement de la promesse.

En résumé, le premier passage se situait dans le cadre d'une promesse conditionnelle de Dieu. Lorsque les conditions n'étaient pas remplies, la promesse n'était plus contraignante.


Q: En Dt 11.26-28, pourquoi Dieu plaça-t-Il devant eux une malédiction, alors qu'Il les aimait ?

R: Dieu emploie les malédictions de diverses manières. Elles peuvent servir de rappel, pour attirer l'attention des hommes, comme discipline, comme châtiment, et pour détruire. Puisque toute parole prononcée par Dieu s'accomplit, les malédictions constituent également, pour Dieu, un moyen d'exercer sa discipline, son châtiment, son jugement et sa colère.


Q: En Dt 11.26-32, puisque l'alliance pouvait être à la fois bénédiction et malédiction, quelles sont, aujourd'hui, quelques réalités susceptibles de constituer soit une bénédiction, soit une malédiction ?

R: Parmi les choses qui peuvent servir au bien comme au mal figurent les relations, l'argent, l'influence, ou la renommée.

Les relations : si, au sein d'une relation (ou d'une église), vous-même et ceux qui vous entourent vous rapprochez de Dieu grâce à votre influence, cela est bon. Mais si tel n'est pas le cas, et que vous vous en éloignez au contraire, il est peut-être temps de passer à autre chose.

L'argent : un chrétien (dans l'Arkansas, si mes souvenirs sont exacts) gagna une grosse somme à la loterie. Il en donna aussitôt dix pour cent à son église, conservant le reste sans savoir qu'en faire. Il se mit à fréquenter davantage les bars, puis les clubs de striptease, et se fit dévaliser à plusieurs reprises en se rendant à sa voiture ou à ces clubs. Sa vie sombra, et il finit par déclarer : « J'aurais préféré ne jamais gagner à la loterie. »

L'influence : l'Amérique fut autrefois une « ville sur la montagne », encourageant la démocratie et les droits de l'homme (en particulier sous Jimmy Carter). Depuis lors, cependant, l'Amérique a financé des avortements à travers le monde, et exercé des pressions sur d'autres pays afin qu'ils autorisent l'avortement. Nos impôts, y compris ceux versés par des chrétiens, ont servi à encourager et à financer des choses qui indignent Dieu.

La renommée : de nombreuses personnes semblent avoir été, au départ, des gens honorables, mais commencèrent à mal traiter autrui dès qu'elles devinrent célèbres. Il eût mieux valu, pour elles, ne jamais connaître la célébrité.

Un facteur commun à tout cela est que, dès lors que quelqu'un désirait une relation plus que tout, ou désirait posséder de l'argent, de l'influence ou la renommée, c'est finalement lui qui finissait possédé par ces choses.


Q: En Dt 11.26-32, où se trouve la « troisième montagne » représentant un entre-deux ?

R: Il n'existait aucun terrain d'entente ; il n'existait aucune troisième montagne, où l'on pourrait se contenter de recevoir les bénédictions de Dieu tout en s'affranchissant des responsabilités. Soit l'on obéissait à l'alliance, soit on ne lui obéissait pas. Aujourd'hui, la question est de savoir si vous êtes disposé à remettre votre vie entre les mains de Jésus, comme votre Seigneur et Sauveur.


Q: Dans Deutéronome 12.1-13.18, quel est un plan de ce passage ?

R: Sur le plan thématique, ce passage traite d'un culte acceptable, unificateur, sacrificiel, joyeux, compatissant et cohérent. Sur le plan structurel, le passage comporte de nombreuses répétitions. Moïse ne leur apprend guère de choses nouvelles ici ; il répète plutôt délibérément, afin qu'ils s'en souviennent lorsqu'ils entreront dans la Terre promise et seront tentés. Voici un plan approximatif.

Dt 12.1-4 : contre les idoles.

Dt 12.5-14 : un culte et des sacrifices ordonnés, au lieu approprié.

  Dt 12.15-16 : vous pouvez manger de la viande non sacrificielle où bon vous semble ; le sang, cependant, demeure interdit.

Dt 12.17-18 : mais les offrandes doivent être consommées au lieu désigné.

Dt 12.19 : n'oubliez pas de subvenir aux besoins des lévites.

Dt 12.20 : mangez de la viande où bon vous semble.

Dt 12.21 : si le lieu de culte est trop éloigné, vendez alors votre offrande contre de l'argent, rendez-vous là-bas avec cet argent, et achetez sur place ce qui est nécessaire.

Dt 12.22-25 : vous pouvez manger toute viande pure que vous souhaitez, à condition qu'elle ne soit pas destinée à l'offrande ; le sang demeure toutefois interdit.

Dt 12.26-28 : veillez à obéir, en ne mangeant les sacrifices qu'au lieu prescrit [et non dans les lieux cananéens].

Dt 12.28 - 13.18 : n'adorez que Dieu seul ; le culte cananéen est répugnant.

Dt 13.1-11 : la communauté doit mettre à mort tout individu se révélant faux prophète, même s'il s'agit d'un proche parent.

Dt 13.12-18 : la nation doit détruire entièrement toute ville qui se serait tournée en bloc vers de faux dieux.

En définitive, lorsque vous rendez un culte, pour qui le rendez-vous principalement ? Est-ce avant tout pour vous-même, en exemple pour les autres, ou pour Dieu ?


Q: En Dt 12.1-13.18, pourquoi cet enseignement n'était-il pas un peu plus captivant ou palpitant ?

R: La prédication, en général, n'a pas d'abord pour but d'être entendue ; elle a d'abord pour but d'être mise en pratique. Il était une fois un jeune pasteur, fraîchement sorti du séminaire, qui reçut son premier appel pastoral dans une petite église de campagne, au bord d'une rivière. En faisant connaissance avec la ville, il apprit que des compagnies forestières, en amont, abattaient des arbres, les faisaient flotter sur la rivière, et les récupéraient à la scierie en aval. Afin de savoir à qui appartenait chaque bille de bois, on marquait les extrémités des rondins d'un symbole propre à chaque compagnie. Il arrivait souvent que des habitants de la ville prélèvent quelques rondins, en tranchent les extrémités marquées, et les utilisent à leurs propres fins. L'un des premiers sermons du pasteur porta donc sur « tu ne voleras point ». Après le culte, de nombreuses personnes le complimentèrent sur son sermon. Mais, cette semaine-là, il constata qu'on continuait à voler du bois dans la rivière. La semaine suivante, il prêcha exactement le même sermon, sauf qu'à chaque endroit où il avait employé le mot « voler », il le remplaça par « prélever des rondins de la rivière et en trancher les extrémités ». Il parvint enfin à s'exprimer d'une manière qui touchait sa congrégation. J'ignore, en revanche, combien de temps il demeura pasteur de cette paroisse par la suite.


Q: En Dt 12.1, le pays constituait un don que Dieu fit aux Israélites. Comment nous aider à nous souvenir que notre maison ou notre appartement, notre emploi, nos moyens de transport, notre nourriture, notre famille et nos amis constituent tous un don qui nous est fait (et non un dû) ?

R: Premièrement, remerciez Dieu chaque jour pour ces choses. Remerciez-Le également pour notre santé, pour les dangers évités de justesse, et même pour les moments difficiles qui furent pour nous des occasions d'apprentissage : ce sont aussi des dons de Dieu. Deuxièmement, témoignez aux autres de la bonté de Dieu envers vous, et envers eux.


Q: En Dt 12.3, pourquoi devaient-ils brûler les bosquets sacrés d'arbres ?

R: Les arbres, en eux-mêmes, ne sont ni bons ni mauvais. Cependant, lorsqu'ils sont utilisés dans un culte idolâtre, ils deviennent, pour ceux qui les emploient ainsi, un instrument à des fins mauvaises. Les Cananéens possédaient non seulement des arbres isolés, mais aussi des bosquets sacrés. Dieu ne voulait pas que les Israélites se mêlent à d'autres religions.


Q: En Dt 12.5-14 et Lv 7.3-4, quelle est la portée du fait que les futurs sacrifices ne devaient avoir lieu qu'en un seul endroit — d'abord Silo, puis Jérusalem ?

R: L'Écriture n'en précise pas la raison, mais on peut discerner au moins trois motifs.

a) Les Cananéens sacrifiaient à leurs divinités païennes sous des arbres. Comment aurait-on pu distinguer un sacrifice offert au vrai Dieu de ceux-là ? Pourquoi ne pas simplement offrir les deux types de sacrifices au même endroit ? Non, car Dieu est saint, et Il ne voulait pas que son peuple saint se mêle au culte de faux dieux.

b) Cela favoriserait la communion entre les Israélites eux-mêmes. Ils rencontreraient ainsi des membres d'autres villes et d'autres tribus, renforçant leur sentiment d'appartenance à un seul et même peuple.

c) Cela contribuerait à prévenir les divisions, en les faisant rendre leur culte ensemble. On le constate lorsque le roi rebelle Jéroboam entraîna les tribus du Nord dans la sécession : il souhaitait délibérément semer la division, et leur fit donc rendre leur culte en un lieu séparé. Certains ont pu y voir un culte du vrai Dieu en un autre lieu, mais il s'agissait en réalité d'un culte idolâtre rendu à des veaux d'or.

Bien entendu, les Israélites pouvaient consommer de la viande non sacrificielle où bon leur semblait, et ils disposaient de nombreux lieux de rassemblement locaux, appelés synagogues, pour l'étude de la Torah. Métaphoriquement parlant, nous pouvons, nous aussi, prier et rendre notre culte n'importe où.


Q: En Dt 12.5-14, quel rapport le culte rendu en un « lieu saint » entretient-il avec nous aujourd'hui ?

R: On pourrait dire que nous adorons Dieu dans une « maison spirituelle », mais 1 Pierre 2.5 dit que nous-mêmes constituons cette maison spirituelle. Que penseriez-vous de louer une mosquée pour y tenir des cultes chrétiens, ou un temple bouddhiste ? Que penser du fait de procurer un peu de revenus supplémentaires à une église en la louant pour des cérémonies hindoues ou musulmanes ? Deutéronome 12.5-14 révèle le cœur de Dieu, et le fait que son culte doit demeurer distinct. En revanche, utiliser un bâtiment non religieux, tel qu'une maison ou un édifice public quelconque, ne poserait aucun problème.

De même, nous ne devrions pas organiser de cultes communs avec des hindous, des musulmans, ni même, d'ailleurs, avec des satanistes.

Dans notre église, il arriva un jour que des musulmans viennent demander s'ils pouvaient utiliser une salle, chaque semaine, pour prier. L'une des solutions consista à installer une croix dans cette salle. Les hadiths musulmans affirment en effet qu'il est permis de se rendre dans une église, à condition qu'il n'y ait ni image ni croix.

Mais il est bon de rendre son culte ensemble, dans l'unité, avec d'autres croyants authentiques, que ce soit dans leur lieu de culte, dans le nôtre, ou ailleurs — même s'ils diffèrent de nous sur des points secondaires et mineurs, pourvu qu'ils s'accordent sur l'essentiel.


Q: En Dt 12.10, Ésaïe 11.10 ; 28.12 ; 32.18 ; 66.1, que signifie le fait que Dieu leur accorde le repos ?

R: En un sens, 1 Rois 8.56 dit qu'ils connurent le repos une fois établis dans la Terre promise. Mais, en un autre sens, le peuple de Dieu ne connaîtra le repos complet qu'au retour de Jésus. Psaume 95.11 [référence probable] dit que ceux qui moururent durant les quarante ans d'errance n'entreraient pas dans le repos de Dieu. De même, Hébreux 4.3,5 dit que ceux qui s'égarent n'entreront pas dans ce repos, et Hébreux 4.11 exhorte à tout mettre en œuvre pour y entrer. Hébreux 4.8 dit que Josué ne leur avait pas donné ce repos. Michée 2.10 dit que le lieu où ils se trouvent n'est pas leur lieu de repos.


Q: En Dt 12.13-14, de quelles manières ceux qui, aujourd'hui, sont appelés du nom de Dieu, pourraient-ils offrir des sacrifices à d'autres dieux ?

R: Cela peut se faire de manière subtile ; non pas en se détournant ouvertement de Dieu, mais en entretenant également une autre religion « en parallèle ». Tout chrétien s'adonnant à l'astrologie, au tarot ou à l'occultisme agit ainsi. Ceux qui tentent de combiner le culte du seul Dieu trine avec l'hindouisme, l'islam, ou toute autre croyance niant explicitement l'unicité de Dieu ou la divinité de Jésus, agissent manifestement de même. Des choses plus subtiles incluent la franc-maçonnerie, le yoga, la méditation transcendantale, certaines formes de psychologie, ainsi que toute loyauté religieuse échappant à l'autorité de Dieu. Mais nous pouvons également commettre cette faute si, tout en nous confiant en Dieu, nous plaçons simultanément notre confiance dans la chance, l'argent, ou même l'éducation, ce qui peut alors constituer une forme d'inclination devant un autre dieu.


Q: Dt 12.15,22 dit-il que les Israélites pouvaient parfois manger des animaux impurs aussi bien que purs ?

R: Non. Ce verset dit plutôt que des personnes rituellement pures ou impures pouvaient toutes deux manger des animaux purs.


Q: En Dt 12.15-19, comment pouvaient-ils égorger un bœuf, une brebis ou une chèvre n'importe où, alors que Lv 17.3-6 exigeait que cela se fasse au tabernacle ?

R: Lévitique 17.3-6 s'appliquait aux quarante années passées dans le désert. Mais ils entraient désormais dans un mode de vie différent, sédentaire, dans la Terre promise, et la manne cesserait. Il n'aurait guère été pratique d'exiger que l'ensemble du peuple, dispersé dans tout le pays, se rende à Silo ou à Jérusalem chaque fois qu'il mangeait de la viande.


Q: En Dt 12.16,23-25 et Gn 9.4 ; Lv 7.26-27 ; 17.10-14 ; 19.26, pourquoi l'interdiction de consommer du sang revêtait-elle une telle importance à cette époque, et cette interdiction s'applique-t-elle encore aujourd'hui ?

R: Dieu semble accorder au sang un caractère sacré tout particulier. Il ne s'agit pas tant du fait que Caïn ait versé le sang d'Abel, mais, en regardant vers l'avenir, du fait que le Christ verserait son propre sang pour nous sur la croix. Bien que l'interdiction de consommer du sang figure dans la loi de Moïse, elle précède en réalité cette loi, remontant jusqu'à Noé, en Genèse 9.4. Lorsque Actes 10.11-16 déclara purs tous les aliments, cela ne s'appliquait pas au sang, celui-ci n'étant pas considéré comme un aliment. Si le sang avait été considéré comme un « aliment » désormais pur, les apôtres n'auraient pas continué d'en interdire la consommation (ou la boisson) en Actes 15.20,28-29. Par ailleurs, l'Église primitive, apostolique, enseignait effectivement que les chrétiens devaient s'abstenir de sang. Bien entendu, des quantités infimes de sang demeuraient tolérées, puisqu'il était permis aux Juifs de manger le gibier qu'ils avaient chassé et [rapidement] vidé de son sang sur place, selon Lévitique 17.13.


Q: En Dt 13.1-18, quelles sont les trois sources de tentation qu'emploient les démons ?

R: Ils en emploient au moins trois, et plusieurs peuvent être utilisées simultanément.

L'influence religieuse (un faux prophète), en Deutéronome 13.1-5.

Les influences familiales et sociales, en Deutéronome 13.6-11.

L'influence communautaire et gouvernementale, en Deutéronome 13.12-18.


Q: En Dt 13.1-16 et Dt 18.10-12, devrions-nous, aujourd'hui, mettre à mort les enchanteurs, les nécromanciens, et tous ceux que l'Ancien Testament ordonne de tuer ?

R: Non. Trois points sont à considérer pour la réponse.

1. Une enquête gouvernementale : même à cette époque, il n'était pas permis de se faire justice soi-même en tuant personnellement quelqu'un que l'on soupçonnait de telles pratiques. Deutéronome 13.14 précise que la ville devait mener une enquête approfondie (et vraisemblablement officielle) au préalable.

2. Uniquement sous la théocratie : les Israélites vivaient sous une « théocratie », où ceux qui habitaient le pays avaient conclu une alliance avec Dieu, et où la Torah faisait office de code légal. Lorsque des Juifs pieux, tels que Daniel, Jonas, Ézéchiel et Néhémie, vécurent et voyagèrent en dehors d'Israël, là où ils ne se trouvaient plus sous une théocratie, ils ne firent aucun effort pour nuire aux enchanteurs, aux idolâtres, ou à d'autres.

3. Aujourd'hui, nous ne vivons pas sous une « théocratie ». Bien que certains, comme les puritains, aient tenté d'en établir une, rien dans le Nouveau Testament ne nous indique que nous devrions tenter de le faire. Ainsi, les chrétiens d'aujourd'hui ne devraient nuire ni aux hétérosexuels immoraux, ni aux homosexuels pratiquants, ni aux idolâtres, ni aux adeptes de sectes, et ainsi de suite. Si le meurtre, le vol et d'autres crimes doivent encore être punis aujourd'hui, cela relève d'une fonction gouvernementale ; il ne devrait exister aucune justice expéditive de la part des chrétiens. Cependant, même aujourd'hui, nous ne devrions pas accomplir de telles choses nous-mêmes.

Comme le souligne The Tony Evans Bible Commentary (p. 222) : « l'épreuve d'un vrai prophète ne réside pas dans sa magie, mais dans son message » (italiques dans l'original).


Q: En Dt 13.5, que faut-il en conclure au sujet de la peine de mort ?

R: Tout argument contre la peine de mort qui se réclame de la Bible se heurte à ce verset. L'argument le plus solide contre la peine de mort est simplement qu'il arrive que des personnes soient condamnées à tort, en raison d'un faux témoignage ou d'une négligence policière. Mais il existe également un remède à cela. Si quelqu'un accuse sciemment et faussement autrui, alors il devrait subir lui-même la peine qu'il a sciemment cherché à infliger à un innocent.

Voici les crimes qui entraînaient la peine de mort dans l'Ancien Testament.

Le meurtre intentionnel — Genèse 9.6 ; Exode 21.12-14,22,23.

L'enlèvement — Exode 21.16 ; Deutéronome 24.7.

Frapper ou maudire ses parents — Exode 21.15 ; Lévitique 20.9 ; Proverbes 20.20.

La magie ou les pratiques occultes — Exode 22.18.

Les relations sexuelles avec un animal — Exode 22.18 ; Lévitique 20.15,16.

Le sacrifice à de faux dieux — Exode 22.20.

La violation du sabbat — Exode 35.2 ; Nombres 15.32-36.

Le sacrifice humain — Lévitique 20.2.

L'adultère — Lévitique 20.10 ; Deutéronome 22.22.

L'inceste (relations avec un membre de sa famille autre que son conjoint) — Lévitique 20.11,12,14.

L'homosexualité — Lévitique 20.13.

Le blasphème — Lévitique 24.11-14,16,23.

La fausse prophétie — Deutéronome 13.1-10.

La rébellion impénitente — Deutéronome 17.12 ; 21.18-21.

La fornication — Deutéronome 22.20-21.

Le viol d'une vierge fiancée — Deutéronome 22.23-27.

D'après The MacArthur Study Bible, 1977, p. 270.


Q: En Dt 13.5, que nous enseigne ce verset au sujet des faux prophètes au sein de l'Église ?

R: Bien que Deutéronome 13.5 souligne la gravité des faux prophètes et du faux enseignement, il ne nous appartient pas, à l'époque du Nouveau Testament, de mettre à mort ceux qui enseignent faussement. Cela n'atténue cependant en rien la gravité de leurs actes, et il importe qu'ils soient exclus de l'Église, comme le montrent 2 Timothée 3.5 ; 2 Jean 9-11 ; et Apocalypse 2.20-23. De même, nous devrions éviter ceux qui persistent dans le péché, selon 1 Corinthiens 5.5-13 et Matthieu 18.17.

Dieu se montre extrêmement sérieux quant à notre croyance et à notre pratique dans le culte que nous Lui rendons, comme le montrent Deutéronome 17.7,12 ; 19.19 ; 21.21 ; 22.21-22,24 ; 24.7.


Q: En Dt 14.1, pourquoi quelqu'un se rasait-il la tête, puis se lacérait-il la peau, en signe de deuil pour un défunt ?

R: Même si cela semble dénué de sens, cela en avait un pour les anciens habitants d'Ougarit, sur la côte de Syrie. Ils se rasaient la tête, selon Craigie (p. 229-230) et S. R. Driver, Deuteronomy (p. 155 et suivantes). Ils se lacéraient également la peau en signe de deuil, selon Coogan (p. 45-46). Voici le texte ougaritique : « Il se lacère les joues et le menton, entaille ses avant-bras. Il laboure sa poitrine comme un jardin ; comme une vallée, il lacère son dos. » (Ugaritic Textbook, tablette 67 VI, lignes 20-22, cité par Elmer B. Smick, « Israel's Struggle with the Religion of Canaan », dans W. Robert Godfrey et Jesse L. Boyd III, Through Christ's Word: A Festschrift for Dr Philip E. Hughes, p. 117.)

Malheureusement, certains Israélites se lacérèrent également la peau pour un défunt, selon Jérémie 41.5.

Plus récemment, un petit nombre de musulmans chiites duodécimains, notamment en Iran, au Pakistan et en Inde, se servent de fouets munis de métal, qu'ils font passer par-dessus leur épaule pour se lacérer le dos lors de la fête de l'Achoura, en deuil de Husayn, tué par les sunnites pour avoir refusé de se soumettre au calife sunnite Muʿawiya Ier. Certains habitants de Nouvelle-Guinée s'amputent une phalange en signe de deuil. Dans les pays occidentaux, ne s'interroge-t-on pas sur le coût de certaines funérailles ? Cet argent n'aurait-il pas pu servir aux pauvres, ou à diffuser l'Évangile ?

Bien qu'un petit nombre de moines catholiques romains aient pratiqué l'auto-flagellation, celle-ci visait à expier leurs propres péchés, et non à pleurer un défunt ; elle n'était d'ailleurs pas encouragée par leur Église.

Dans le Nouveau Testament, 1 Thessaloniciens 4.13 dit que nous ne devons pas nous affliger comme le reste du monde, qui n'a point d'espérance.


Q: En Dt 14.2, pourquoi Dieu rappelait-Il si fréquemment aux Israélites qu'ils constituaient son peuple particulier et saint ?

R: Combien de fois Dieu le leur rappela-t-Il dans l'Ancien Testament ? Plus de 250 fois, selon The MacArthur Bible Commentary (p. 216-217). Au-delà du simple rappel de « fais ceci » et « ne fais pas cela », Dieu leur rappelait également la motivation de leur obéissance : elle tenait à leur identité même. Aujourd'hui, lorsque vous êtes tentés de pécher, lisez l'Écriture afin que Dieu vous rappelle « qui vous êtes » et « Qui vous connaissez ».


Q: En Dt 14.3-20, pourquoi ces animaux étaient-ils considérés comme impurs, et non les autres ?

R: L'Écriture ne le précise pas. Ces animaux étaient regroupés en animaux terrestres, aquatiques et aériens.

On peut constater qu'il était « hygiéniquement judicieux » de ne pas consommer certains de ces animaux. Le porc mal cuit peut transmettre la trichinose, la viande de lapin mal cuite peut transmettre la tularémie, les créatures marines qui se nourrissent au fond de l'eau, telles que crevettes et crabes, peuvent héberger des parasites, et les oiseaux charognards peuvent transmettre davantage de maladies. Nous savons également que certains de ces animaux étaient employés dans des rituels païens. Les porcs étaient égorgés lors de rituels religieux chez les Cananéens, les Syriens et les Hittites. Certains Arabes tenaient les corbeaux pour sacrés. Cependant, bovins et ovins étaient également très employés dans les rituels païens, et il leur était pourtant permis d'en consommer. Certains ont tenté de trouver un symbolisme dans ces animaux — par exemple, que ruminer symboliserait l'étude de la loi, que le porc symboliserait la saleté, etc. Il convient toutefois de se garder d'attribuer un symbolisme à ce que Dieu Lui-même n'a pas précisé. La seule réponse certaine est que Dieu ne nous l'a pas révélé ; en réalité, Dieu n'avait pas besoin de nous le révéler. Nous devrions néanmoins Lui obéir, même lorsque nous en ignorons la raison.


Q: En Dt 14.21, puisqu'il était mal de manger un animal déjà mort, pourquoi était-il permis de le vendre à des étrangers ? Même les non-Israélites vivant en Israël ne pouvaient consommer de sang, selon Lv 17.10,12.

R: Les animaux morts de mort naturelle n'avaient pas été vidés de leur sang. Manger un animal mort sans avoir été vidé de son sang constituait une faute moins grave que consommer du sang lui-même. Alors que Lévitique 17.10,12 déclare que celui qui mange du sang doit être mis à mort, Lévitique 17.15 dit que celui qui mange un animal mort non vidé de son sang doit se laver, lui et ses vêtements, et demeurera impur jusqu'au soir. D'un point de vue hygiénique, si un animal mourait de lui-même, par exemple de maladie, les gens couraient moins de risques de contracter cette maladie s'ils n'en consommaient pas la chair.

En apparence, ces versets peuvent sembler archaïques, mais ils recèlent un enseignement pertinent aujourd'hui encore. Les chrétiens devraient souhaiter que des lois interdisent à tous certaines pratiques : le meurtre, le vol, le viol, etc. Cependant, bien que d'autres choses soient elles aussi des péchés, il peut être acceptable de permettre à ceux qui souhaitent commettre ce péché de le faire. Ainsi, par exemple, bien que boire de l'alcool ne soit pas en soi un péché, et que s'enivrer en soit un, il est acceptable pour un chrétien de travailler pour une chaîne d'épicerie qui vend de l'alcool.


Q: En Dt 14.21, Ex 23.19 ; 34.26, pourquoi ne pouvaient-ils faire cuire un chevreau dans le lait de sa mère ?

R: Il s'agissait là d'une image malsaine : prendre le lait d'une mère, produit pour nourrir ses petits, et y faire cuire son propre petit.

Certains éléments indiquent également qu'il s'agissait d'une pratique religieuse cananéenne, ougaritique ou syrienne, remontant au moins au quinzième siècle av. J.-C. Le texte ougaritique appuyant cette hypothèse demeure toutefois conjectural. Sur une note moins importante, la viande accompagnée de crème se gâte également plus rapidement.


Q: En Dt 14.22-25, pouvaient-ils racheter les animaux premiers-nés avec de l'argent, ou ne le pouvaient-ils pas, comme le dit Nb 18.17 ?

R: Cinq points sont à considérer pour la réponse.

1. Nombres 18.14 dit que tout premier-né, quelle que soit son espèce, doit être mis à part ou racheté avec de l'argent.

2. « Racheter avec de l'argent » signifie payer une somme afin de conserver l'animal.

3. Nombres 18.17 nuance cela en précisant que le premier-né d'un bœuf, d'une brebis, ou d'une chèvre, ne peut être racheté avec de l'argent.

4. Le Deutéronome ne dit pas non plus qu'un bœuf, une brebis, ou une chèvre pourrait être racheté avec de l'argent.

5. Deutéronome 14.24-25 dit que, si la distance était trop grande, on pouvait « échanger l'animal », c'est-à-dire le vendre contre de l'argent, se rendre à Jérusalem, et utiliser cet argent pour acheter un animal équivalent.


Q: En Dt 14.22-27, comment les Israélites ordinaires pouvaient-ils manger leurs propres dîmes, alors que celles-ci étaient données aux lévites pour leur subsistance ?

R: Il existait deux dîmes. La première dîme, de dix pour cent, était destinée aux lévites et à leurs familles, pour leur subsistance. La seconde dîme, appelée dîme de fête, représentait environ trois pour cent selon une source, ou dix pour cent des quatre-vingt-dix pour cent restants tous les trois ans, selon The Bible Knowledge Commentary : Old Testament (p. 289-290). Ces deux modes de calcul aboutissent, dans l'ensemble, à un montant assez semblable. Cette seconde dîme pouvait être consommée aussi bien par les adorateurs que par les lévites. La troisième année, les veuves, les orphelins et même les étrangers (c'est-à-dire les non-Israélites) pouvaient également en manger, selon Deutéronome 14.28-29.

Flavius Josèphe et certains rabbins virent à tort dans ce texte l'indication d'une « troisième dîme », alors qu'il ne s'agit en réalité que d'une application particulière de la seconde dîme.


Q: En Dt 14.26 et Ex 29.40, la boisson forte alcoolisée est-elle acceptable, ou est-elle réservée, comme le suggère Pr 20.1, à ce qui n'est pas destiné aux rois, et, selon Pr 31.4-7, seulement à ceux qui sont proches de la mort ?

R: Puisqu'il était permis de boire de l'alcool, sans toutefois s'enivrer, en temps ordinaire, à combien plus forte raison en serait-il approprié comme sédatif pour les mourants. L'alcool était interdit aux prêtres lorsqu'ils entraient dans la tente de la Rencontre (Lévitique 10.8-10), et les rois devaient viser un idéal plus élevé encore, comme le suggère Proverbes 20.1.


Q: En Dt 15.1-3, pourquoi les gens s'endettaient-ils dans l'Antiquité ?

R: Bien que cela pût provenir de dépenses excessives en alcool, en produits de luxe, etc., ce facteur jouait probablement un rôle moindre dans l'Antiquité qu'aujourd'hui. Il y avait probablement moins de dépensiers excessifs, car les gens voyaient souvent ce qu'il advenait des autres. En l'absence d'assurance maladie, d'assurance vie, d'aide sociale gouvernementale, de soins médicaux, ou d'autres filets de sécurité financière, une maladie, un accident empêchant quelqu'un de travailler, ou la mort du chef de famille pouvaient plonger toute une famille dans les dettes. De mauvaises récoltes, la guerre, ou même des impôts excessifs imposés par des dirigeants oppressifs, pouvaient de même causer un endettement dont beaucoup ne pouvaient se libérer. Étant donné que beaucoup se trouvaient souvent incapables de rembourser leurs dettes, les taux d'intérêt pouvaient être élevés. Dans les tablettes de Nuzi, en Syrie, rédigées au quinzième siècle av. J.-C., les taux d'intérêt pouvaient atteindre 50 %.


Q: En Dt 15.1-3, puisqu'il fallait annuler tous les prêts accordés aux autres Israélites tous les sept ans, pourquoi ne pas également annuler les prêts accordés aux non-Israélites ?

R: Les prêts consentis aux autres Israélites étaient annulés par compassion. L'Écriture ne précise pas pourquoi les prêts consentis aux non-Israélites n'étaient pas annulés, mais il n'est pas difficile d'en discerner la raison.

Puisque les Israélites étaient destinés à posséder eux-mêmes la terre d'Israël, les étrangers endettés qui s'y trouvaient y résidaient à des fins commerciales ou comme travailleurs salariés. Ces étrangers pouvaient toujours retourner auprès de leur propre peuple.


Q: En Dt 15, comment l'Ancien Testament se compare-t-il à d'autres lois anciennes ?

R: Alors qu'un esclave devait être libéré au bout de six ans dans le Deutéronome, le code d'Hammurabi permettait de libérer un esclave après trois ans. Le code babylonien de Lipit-Ishtar précise qu'un esclave pouvait être libéré après avoir servi le double de sa dette, ou le double de son prix d'achat. Cela semble décidément avantager le propriétaire de l'esclave.


Q: Comment Dt 15.1-11 se rapporte-t-il à Ex 23.10-11 ?

R: La « septième année », ou année du jubilé, est identique dans les deux cas. C'était l'année où les champs ne devaient pas être labourés, où les dettes étaient annulées, et où les esclaves étaient affranchis.


Q: En Dt 15.4, pourquoi ne devrait-il exister aucun pauvre parmi les Israélites, alors que Dt 15.11 dit que les pauvres seront toujours parmi eux ?

R: Dieu leur imposa l'obligation de prendre soin de tous les pauvres parmi les Israélites. Cependant, Dieu savait que tous ne s'acquitteraient pas de cette obligation, et qu'il y aurait donc toujours des pauvres parmi eux.

La Bible est à la fois un livre d'objectifs idéaux et de réalisme ; nous devons entretenir à la fois des idéaux élevés et un sens du réel. Celui qui a des objectifs mais qui perd contact avec la réalité voit son idéalisme perdre toute utilité. Voir la réalité sans avoir d'idéaux n'est guère plus utile non plus.


Q: En Dt 15.12-13, pourquoi la Bible semble-t-elle si masculiniste, employant toujours « il » ?

R: En hébreu, on n'employait jamais « il/elle » comme on le fait parfois en français. Comme en français, on utilisait parfois « il » pour désigner aussi bien « il » que « elle ». Un exemple, en hébreu comme en français, se trouve en Deutéronome 15.13, qui dit « il », alors que le contexte, en Deutéronome 15.12, concerne clairement aussi bien un homme qu'une femme.


Q: Dt 15.12-18 contredit-il Ex 21.26 ?

R: Non. Exode 21.26 dit que tout esclave avait droit à sa liberté si son maître lui avait crevé l'œil ou fait tomber une dent. Deutéronome 15.12-18 dit que les esclaves hébreux devaient être libérés tous les sept ans, lors de l'année du jubilé. La seule exception concernait les esclaves hébreux qui aimaient leur maître et avaient volontairement choisi de demeurer ses esclaves à vie.

Si le maître venait, par la suite, à crever accidentellement l'œil de l'esclave ou à lui faire tomber une dent, celui-ci avait le droit de partir libre, sans toutefois y être contraint.

Cette loi est intéressante en ce que, bien que le châtiment infligé au maître paraisse léger, il demeurait néanmoins efficace pour ôter toute incitation à maltraiter les esclaves.


Q: En Dt 16.5, l'agneau pascal devait-il être immolé au sanctuaire, ou à la maison, comme le dit Ex 12.7 ?

R: En Égypte, avant qu'il n'existât de sanctuaire ni de temple, l'agneau pascal devait être immolé à la maison. Une fois le sanctuaire établi, l'agneau devait y être immolé. Plus tard, une fois installés dans la Terre promise, les Juifs célébrèrent la Pâque à Jérusalem.


Q: En Dt 16.16-17, pourquoi les hommes devaient-ils se présenter, sans mention des femmes ni des enfants ?

R: Deutéronome 16.16-17 dit que chaque homme devait se présenter, sans les mains vides. En d'autres termes, aucun homme, en tant que chef de famille, n'était exempté d'apporter les dîmes et offrandes requises.


Q: En Dt 16.21, pourquoi les Juifs ne pouvaient-ils planter d'arbre à des fins religieuses ?

R: Trois bonnes raisons se dégagent.

1. Deutéronome 16.21 se contente de l'interdire, et ils devaient obéir à ce que Dieu leur ordonnait.

2. Les arbres n'ont jamais fait partie d'un sacrifice offert au vrai Dieu.

3. Deutéronome 12.3 montre que les bosquets sacrés d'arbres faisaient partie du culte rendu à d'autres dieux. Les arbres tenaient une place importante dans le culte de Baal et de certains dieux grecs.

Cette troisième raison revêt une importance toute particulière. Si une activité fait partie d'une religion païenne, et qu'elle risque :

a) de vous tenter d'adorer les dieux païens,

b) de tenter d'autres personnes d'adorer les dieux païens, ou

c) de donner l'apparence que vous adorez des dieux païens,

alors il convient de s'en abstenir.


Q: En Dt 17.6, Dt 19.15, et Nb 35.30, est-il erroné de condamner quelqu'un pour meurtre à moins que deux témoins humains, ou davantage, ne soient présents ?

R: L'exigence de deux témoins s'appliquait à l'adultère et au vol, tout autant qu'au meurtre, et il est rare que deux témoins oculaires assistent à un adultère ou à un vol. Deux points méritent d'être développés quant à l'usage du terme hébreu pour « témoin ».

1. Lévitique 5.1 montre qu'un témoin n'est pas uniquement celui qui a assisté au crime de ses propres yeux. Un témoin désigne également quiconque possède une connaissance susceptible de prouver l'innocence ou la culpabilité d'une personne.

2. Le mot traduit par « témoin » peut également désigner une preuve matérielle, et non uniquement une personne. Ainsi, en Exode 22.13, les restes d'un animal mort peuvent eux aussi constituer un « témoin ».


Q: En Dt 18.10, que signifie l'interdiction de « faire passer ses enfants par le feu » ?

R: Il s'agissait d'une coutume cananéenne consistant à sacrifier ses premiers-nés en les brûlant vifs, comme l'explique Deutéronome 12.31.


Q: En Dt 18.10, pourquoi ne pas laisser vivre les enchanteurs et les nécromanciens ?

R: Pour certains, cela peut sembler une punition sévère infligée à des personnes qui ne causent aucun tort physique à autrui. Cependant, ils causent un tort spirituel à autrui en les conduisant vers l'enfer. Ainsi, sous le gouvernement théocratique de l'Ancien Testament, le châtiment était identique à celui infligé aux idolâtres.


Q: En Dt 18.10, l'interdiction de tout contact avec le surnaturel contredit-elle la présence de prophètes dans la Bible, comme l'a affirmé un athée ?

R: Non. Cette affirmation est absurde, pour deux raisons.

1. Même s'il avait existé une interdiction de « tout » contact surnaturel, aucun étudiant sérieux de la parole de Dieu n'aurait certainement compris que Dieu interdisait ainsi toute prière qui Lui serait adressée.

2. Il n'a jamais existé d'interdiction de tout contact surnaturel, comme semble se l'imaginer cet athée. L'interdiction porte plutôt sur la divination et la sorcellerie. Il est interdit de tenter d'entrer en contact avec les esprits des morts, avec des démons, ou avec des anges. Bien que des anges soient par la suite apparus à des personnes pieuses, telles que Daniel, c'était toujours l'ange qui prenait l'initiative du contact, et non l'être humain.


Q: En Dt 18.17-19 ; Dt 33.1-2 ; et Dt 34.10-11, Mahomet y était-il prophétisé, comme certains musulmans l'affirment ?

R: Non. Deutéronome 18.15-18 dit que Dieu suscitera un prophète, qu'ils écouteront, semblable à Moïse, issu de leur sein, du milieu de leurs frères. Jésus était-il prophète ? De nombreux Juifs L'ont-ils entendu ? Jésus se trouvait-il parmi les Juifs ? Jésus était-il Lui-même juif ? Les musulmans ne devraient avoir aucune difficulté à reconnaître que ce verset correspond davantage à Jésus qu'à Mahomet. Voici quelques points supplémentaires.

a. Deutéronome 33.1-2 dit « l'Éternel », et les musulmans n'appellent pas Mahomet leur « Seigneur » (les musulmans alaouites et d'autres groupes ghulat considèrent Mahomet comme Dieu, mais il s'agit là d'exceptions).

b. Deutéronome 34.10 dit que « depuis, il n'a plus paru en Israël de prophète semblable à Moïse ». Cette épitaphe fut écrite, probablement par Josué, longtemps avant la venue de Jésus.

c. Deutéronome 34.10 mentionne « face à face », alors que Mahomet n'a jamais affirmé recevoir ses paroles directement d'Allah, mais par l'intermédiaire d'anges (sourate 2.97). Jésus, en revanche, communiquait directement avec Dieu le Père, selon Jean 1.18 et d'autres passages.

d. Le verset suivant, 34.11, dit qu'aucun autre prophète n'accomplit les prodiges redoutables que Moïse accomplit. Mahomet, dans le Coran, n'accomplit généralement aucun miracle, hormis sa visite alléguée à la mosquée de Jérusalem (dont on peut démontrer qu'elle n'existait pas encore à cette époque), et le fendage de la lune en deux (que personne d'autre ne vit).

e. Dans le Coran lui-même, la sourate 29.27 dit que la prophétie passa par Isaac et Jacob. Dans la traduction du Coran par Yusuf Ali, on lit : « Et Nous donnâmes à (Abraham) Isaac et Jacob, et établîmes parmi sa descendance la prophétie et la Révélation… » Bien que les parenthèses autour d'« Abraham » figurent dans la traduction de Yusuf Ali, le mot « Abraham » lui-même est absent du texte arabe, et Yusuf Ali a jugé nécessaire de l'ajouter à ce que les musulmans considèrent pourtant comme la parole de Dieu.

f. Enfin, l'apôtre Pierre, disciple de Jésus, déclara que cette prophétie s'était accomplie en Jésus, selon Actes 3.22-26. L'apôtre Pierre se trouvait particulièrement bien placé pour le savoir.

1. Soit Jésus commit une lourde erreur en laissant un trompeur tel que Pierre égarer, durant près de deux mille ans, tous ceux qui cherchaient à suivre Dieu, sans que Dieu ne lève le petit doigt pour révéler la vérité aux hommes.

2. Soit Jésus savait exactement ce qu'Il faisait en choisissant Pierre, et Dieu n'a pas corrigé ce qui n'avait nul besoin de l'être.

3. Soit Pierre n'a jamais tenu de tels propos, et le livre des Actes fut corrompu avant la toute première mention extra-biblique que nous en possédions, appliquant ce texte au Christ, datée d'environ 138 apr. J.-C.

Voici les plus anciens manuscrits grecs que nous possédons d'Actes 3.22-26, avec leur datation.

Vaticanus [B], 325-350 apr. J.-C.

Sinaïticus [Si], 340-350 apr. J.-C.

Copte bohaïrique [Boh], IIIe/IVe siècle.

Alexandrinus [A], v. 450 apr. J.-C.

Copte sahidique [Sah], IIIe/IVe siècle.

Ephraemi Rescriptus [C], Ve siècle.

Bezae Cantabrigiensis [D], Ve-VIe siècle.

Voici les traductions que nous possédons dans d'autres langues de ces versets.

Arménien [Arm], Ve siècle.

Géorgien [Geo], Ve siècle.

Vulgate latine [Vg], IVe-Ve siècle.

Éthiopien [Eth], VIe siècle.

Peshitta syriaque [SyrP], IVe-VIIe siècle.

Les auteurs chrétiens des premiers siècles mentionnaient déjà ce verset comme se rapportant à Jésus. Parmi eux figurent :

Justin Martyr, né vers 114 apr. J.-C. (certains pensent 110 apr. J.-C.). Sa Première Apologie fut rédigée entre 138 apr. J.-C. et sa mort, en 165 apr. J.-C. Il avait manifestement déjà pris connaissance de cette prophétie se rapportant au Christ avant de la consigner par écrit.

Irénée, qui écrivit entre 182 et 188 apr. J.-C.

Tertullien, vers 207-220 apr. J.-C.

Origène, entre 225 et 254 apr. J.-C.

Archélaüs (262-278 apr. J.-C.), qui traite également de Deutéronome 18.15, montrant qu'il se rapporte à Jésus-Christ, dans Disputation avec Manès, chapitre 43, p. 219.

Jean Chrysostome, en 407 apr. J.-C.

Un musulman devrait donc affirmer non seulement que Justin se trompait, mais que tous les manuscrits du Nouveau Testament ont rapporté incorrectement les paroles de Pierre.

Ajoutons que les traductions en d'autres langues furent réalisées très tôt ; les dates mentionnées ci-dessus ne correspondent pas aux premières traductions elles-mêmes, mais seulement aux plus anciens manuscrits qui nous soient parvenus aujourd'hui. Ces traductions ont une grande valeur, car elles constituent une chaîne de transmission indépendante, permettant un contrôle croisé avec les manuscrits grecs. La chaîne de transmission de ces manuscrits, de l'Afrique à l'Asie, s'accorde unanimement à dire que Pierre affirma que ce texte se rapportait à Jésus.


Q: En Dt 18.20-22, comment reconnaître un faux prophète ?

R: La Bible donne deux critères et précise deux conditions préalables.

1. Si le prophète prône le culte d'autres dieux, ou prophétise ou enseigne, au sujet de Dieu, des choses que Dieu n'a pas ordonnées. Deutéronome 18.20-21 ; 1 Jean 4.1-3 ; Jérémie 6.13.

Première condition préalable : si un prophète exprime simplement son opinion personnelle sur ce que le vrai Dieu désire, sans prophétiser à proprement parler, cette opinion peut se tromper, tout comme celle de n'importe qui d'autre. Voir, par exemple, les paroles de Nathan à David en 1 Chroniques 17.2-4.

2. Si le prophète formule une prédiction qui se révèle fausse. Deutéronome 18.21-22.

Seconde condition préalable : si le prophète formule une prophétie conditionnelle, et que les conditions ne sont pas réunies. Les prophéties de jugement et de destruction sont toujours conditionnées à l'absence de repentance de la personne ou de la nation concernée. Voir, par exemple, Jonas 3.1-10.


Q: En Dt 19.1-6, comment devrions-nous traiter le cas d'une personne qui en blesse une autre sans intention de le faire ?

R: D'un côté, cela ne devrait pas être traité de la même manière qu'un acte intentionnel, puisqu'il n'y avait ni malice ni volonté de nuire. D'un autre côté, cette personne n'est peut-être pas totalement innocente, car elle a pu manquer de prudence. Qu'en est-il, par exemple, du jeune conducteur qui tue accidentellement un piéton traversant la rue, alors qu'il faisait une course de rue ? Ou de celui qui, sachant être ivre, croit néanmoins pouvoir « compenser » et prend tout de même le volant ? Dans un pays européen, il fut un temps où, si l'on était surpris à conduire en état d'ivresse, on perdait son permis — définitivement.

J'ai un jour demandé à un groupe d'adolescents, à l'école du dimanche, si un enfant renversant accidentellement une lampe et la brisant méritait une fessée. Environ la moitié répondit oui, l'autre moitié non. La bonne réponse est peut-être : « il nous faut davantage de précisions ». Si l'enfant s'est montré trop négligent, ou chahutait, ou courait dans la maison avec ses frères et sœurs, alors oui. Mais s'il a simplement trébuché par accident, ou a été poussé, alors non.

Il est intéressant de noter qu'en hébreu, le mot désignant le proche parent rédempteur dans le mariage, dans le livre de Ruth, est go'el. Le mot hébreu désignant le vengeur du sang est go'el haddam, c'est-à-dire, en un sens, un proche parent rédempteur de la justice, pour la victime d'un meurtre.


Q: En Dt 19.14 ; 27.17 ; Jb 24.2 ; Pr 22.28 ; 23.10 ; Ésaïe 5.8 et Osée 5.10, comment les hommes peuvent-ils, aujourd'hui, « déplacer les bornes » ?

R: Il y a quelques décennies, au Texas, certaines personnes fabriquaient de fausses cessions de propriété, se donnant ainsi un titre de propriété sur des terrains. Un usage détourné de la loi, y compris par des documents frauduleux, de faux témoignages, et des pots-de-vin, peut donner une apparence « légale » au vol du bien d'autrui.

Notons, à titre indicatif, que dans le droit romain postérieur, la peine encourue pour avoir déplacé une borne était la mort, selon le commentaire Keil-Delitzsch sur l'Ancien Testament, vol. 1, partie 3, p. 399.


Q: En Dt 19.16, comment un seul témoin pouvait-il accuser quelqu'un, alors que Nb 35.30 ; Dt 17.6 ; Dt 19.15 et d'autres passages disent que tout devait être établi sur la parole de deux ou trois témoins ?

R: Dans l'idéal, tout devait effectivement être établi sur la parole de deux ou trois témoins, en reconnaissant qu'un témoin peut désigner une preuve matérielle, et non uniquement une personne. Cependant, Deutéronome 19.16 prévoit aussi le cas d'une seule personne accusant quelqu'un. Autrement dit, l'accusé ne devait pas être libéré simplement parce qu'il n'existait qu'un seul témoin, mais ce témoin unique, qui pouvait mentir, ne devait pas non plus être cru systématiquement. Il fallait plutôt mener une enquête approfondie, afin de recueillir davantage de preuves ou de témoins humains.


Q: En Dt 19.19, n'est-il pas sévère de punir un faux témoin de la même peine que celle qu'aurait subie l'accusé faussement condamné ?

R: Pas du tout. On peut tuer par ses paroles aussi facilement que par ses mains. Qu'il s'agisse de ses propres mains, ou d'une tromperie malveillante utilisant le système judiciaire, l'accusé faussement condamné aurait tout aussi bien fini mort. Au moins, dans le cas d'un meurtre commis de sa propre main, la réputation de la victime demeure intacte. Un meurtre commis par la parole détruit à la fois la réputation de la personne et son corps.

À titre de référence, le code babylonien de Hammurabi prévoit également que quiconque accuse faussement autrui de meurtre doit être mis à mort.


Q: En Dt 19.21, Lv 24.20, et Ex 21.22-24, pourquoi la Bible dit-elle « œil pour œil » ?

R: Ces trois références de l'Ancien Testament s'inscrivent dans le cadre de la loi judiciaire. La compensation versée, et le châtiment infligé, devaient correspondre exactement au crime commis : ni plus, ni moins. Dans l'unique verset néotestamentaire concerné, Jésus demande aux croyants de pratiquer le pardon et la miséricorde, plutôt que la loi du talion. Voici les quatre passages concernés.

Exode 21.22-24 évoque des jugements légaux, comportant un tribunal, dans le cas où un homme frapperait une femme au point de provoquer un accouchement prématuré.

Lévitique 24.20 évoque le jugement encouru pour avoir blessé ou tué autrui. Cependant, les villes de refuge demeuraient accessibles en cas de meurtre involontaire, et vraisemblablement de préjudice involontaire.

Deutéronome 19.21 traite du faux témoin, à qui l'on devait infliger ce que ses mensonges auraient causé à autrui.

Jésus déclara, en Matthieu 5.38, que, bien qu'il eût été dit « œil pour œil… », nous ne devions pas résister au méchant, mais tendre l'autre joue.

Tertullien, dans Cinq livres contre Marcion, livre 2, chapitre 18 (207/208 apr. J.-C.), fut le premier auteur connu à répondre à cette question, rappelant à ses lecteurs que cette loi avait pour but de contenir la violence. What You Know Might Not Be So: 220 Misinterpretations of Bible Texts Explained (p. 62-63) indique que cette loi limite la vengeance. Dans une société dépourvue de police, la vengeance ne devait pas être plus sévère que l'acte originel. Le châtiment d'un crime commis contre un pauvre devait être identique à celui d'un crime commis contre un riche.

Par ailleurs, le peuple devait d'abord apprendre ce qu'était la justice, avant de pouvoir apprendre ce qu'étaient la miséricorde et le pardon.


Q: En Dt 19.21, pourquoi la Bible semble-t-elle si dépourvue d'amour, en enseignant « œil pour œil » ?

R: Bien que ce texte relève de la justice, et non de l'amour, il faut comprendre la justice avant de pouvoir apprécier la miséricorde. Si l'on ne prend pas conscience que les fautes graves entraînent des châtiments sérieux, il devient impossible d'apprécier le pardon accordé pour ces mêmes fautes. Voir la question précédente pour la raison de ce commandement.

Imaginons un instant que personne n'ait jamais entendu parler du principe « œil pour œil », et que les trois passages de l'Ancien Testament où il est mentionné n'existent pas.

En Exode 21.22-24, il ne serait alors pas grave de tuer des nourrissons, ou de pratiquer l'avortement.

En Lévitique 24.20, blesser malicieusement un adulte ne constituerait qu'un problème mineur.

En Deutéronome 19.21, un témoin ayant menti pour faire punir injustement autrui demeurerait impuni.

Une société qui possède à la fois la justice et l'amour se révèle en réalité plus aimante qu'une société qui tente (en vain) de posséder l'amour sans aucune notion de justice. Malheureusement, c'est cette dernière conception que certains imaginent pouvoir appliquer à la société.


Q: En Dt 20.1-15, pourquoi Dieu permit-Il la guerre offensive ?

R: Ce passage ne distingue pas Cananéens et non-Cananéens. Les Israélites devaient combattre pour renverser l'oppression des Madianites, des Ammonites, des Syriens, et d'autres peuples encore.

Cela démontre que Dieu n'était pas pacifiste dans l'Ancien Testament, et qu'Il ne s'oppose pas non plus, dans le Nouveau Testament, à toute forme de mise à mort, telles que les exécutions légitimement motivées, comme le montre Romains 13.4.


Q: En Dt 20.16-18, les Israélites devaient-ils tuer tous leurs ennemis, ou en épargner certains, comme le dit Dt 20.11-14 ?

R: Entre les versets 11-14 et les versets 16-18 se trouve le verset 15. Ce verset précise que les versets qui précèdent concernaient les villes situées loin de l'endroit où ils habiteraient. Le verset 16, quant à lui, précise que ce qui suit s'applique aux villes cananéennes situées à l'intérieur de la Terre promise.


Q: En Dt 20.17, puisque Dieu savait que les Hittites (=Gabaonites) de Palestine deviendraient ses fidèles serviteurs du temple, pourquoi Dieu ordonna-t-Il ici de les exterminer ?

R: Voici un cas intéressant où la volonté révélée de Dieu diffère de sa volonté véritablement désirée, sans pour autant que l'ordre révélé de Dieu n'ait empêché l'accomplissement de sa volonté désirée.

1. Ni les Hittites ni les Israélites ne furent avertis : « ne vous inquiétez pas, les Hittites seront épargnés. » Les Gabaonites éprouvaient les mêmes craintes que les autres Cananéens, mais ils agirent en fonction de cette anxiété en recherchant la paix avec les Israélites.

2. La providence de Dieu, se manifestant à travers une erreur commise par les chefs israélites, les amena ensuite à épargner les Gabaonites.

3. Les Gabaonites eurent recours à la tromperie et au mensonge, mais Dieu n'est pas limité à n'utiliser que de bons moyens pour accomplir sa volonté.

4. Plus tard dans l'histoire, les Gabaonites devinrent de fidèles serviteurs du Temple.

Un second cas, fort semblable, devrait nous être familier aujourd'hui. Dieu désire que tous soient sauvés. Dieu sait qui sont les élus. Pourtant, Dieu avertit chacun (en toute vérité) qu'il ira en enfer s'il rejette Jésus. D'un côté, les élus n'ont rien à craindre, puisqu'ils deviendront enfants de Dieu. D'un autre côté, Dieu n'a pas révélé qui étaient précisément les élus.

Une réflexion à méditer, concernant l'élection et le libre arbitre, est que rien n'empêchait tous les autres Cananéens d'agir comme les Gabaonites l'ont fait. Pourtant, rien n'indique qu'aucun autre Cananéen ait tenté d'agir ainsi, ni même ait seulement souhaité l'essayer.

Voir la discussion sur Genèse 20.3-6, Deutéronome 20.17, Jérémie 15.6, Jonas 3-4, Jonas 3.10, et Jonas 4.1-2, pour davantage de précisions.


Q: En Dt 21.15-16, puisqu'un père ne devait pas accorder son héritage à un fils cadet en délaissant l'aîné, pourquoi Abraham, Isaac et Jacob agirent-ils ainsi ? Pourquoi David désigna-t-il Salomon, et non Adonija, comme prochain roi ?

R: S'agissant d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, l'ordre donné en Deutéronome 21.15-16 fut promulgué après leur mort. Nul n'est tenu d'observer un commandement que Dieu n'avait pas encore donné.

Dans le cas de David, cette loi s'appliquait aux biens personnels, et un royaume ne constitue pas un bien personnel — bien que certains empereurs et rois, au fil de l'histoire, aient pu le penser.


Q: En Dt 21.15, pourquoi Dieu enseignerait-Il [prétendument] qu'un homme doit aimer une épouse et en haïr une autre ? Est-ce là de la justice de la part d'un Dieu biblique ? (Affirmation avancée par un musulman.)

R: Ce texte n'enseigne rien de tel. Deutéronome 21.15-16 dit en réalité : « Supposons qu'un homme ait deux épouses, l'une qu'il aime davantage que l'autre, et que toutes deux lui donnent des fils, le premier-né étant l'enfant de l'épouse la moins aimée. Le jour où il partage son héritage, il ne doit pas désigner comme premier-né le fils de l'épouse préférée, à la place du fils de l'autre épouse, qui est réellement le premier-né. » Ainsi, si un homme aime une épouse plus que l'autre, il ne peut pas accorder au fils qui n'est pas le premier-né les droits du premier-né. Dieu n'affirme NULLEMENT qu'un homme polygame devrait aimer une épouse plus qu'une autre. Peut-être ce musulman pourrait-il, en revanche, expliquer le comportement de Mahomet à ce sujet.

Lorsque Sawda avança en âge, elle craignit que Mahomet ne la répudie ; elle céda donc son tour à Aïcha (Abou Dawoud, vol. 2, no 2130, p. 572).

Un autre musulman fit de même. Un homme avait une épouse depuis de nombreuses années, qui lui avait donné de nombreux enfants. Il envisageait de « l'échanger » (selon les termes employés par Ibn Madja), mais il la garda lorsqu'elle accepta de renoncer à son tour auprès de lui (Ibn Madja, vol. 3, no 1914, p. 188).


Q: En Dt 21.15-17, puisque le droit d'aînesse appartient au fils premier-né, pourquoi Jacob, et non Ésaü, reçut-il le droit d'aînesse, en Genèse 27 ?

R: Voici d'abord deux faits qui ne font pas partie de la réponse, puis la réponse elle-même. Jacob avait acheté le droit d'aînesse en Genèse 25.29-34. Par ailleurs, Jacob eut tort de tromper son père Isaac pour le lui faire donner, en Genèse 27.

La réponse est que Jacob et Ésaü vécurent plus de quatre cents ans avant que Dieu ne donne ce commandement, en Deutéronome 21.15-17.


Q: En Dt 21.18-21, pourquoi la loi était-elle assez sévère pour permettre à un père de faire lapider son fils pour désobéissance ?

R: Il ne s'agissait pas d'une simple désobéissance ponctuelle, mais d'un refus obstiné et permanent d'obéir. Cette loi montre à quel point Dieu tenait sérieusement à ce que les enfants obéissent à leurs parents. Cependant, aussi stricte que fût cette mise en garde légale, rien n'indique que cette sentence ait jamais été effectivement exécutée.


Q: En Dt 22.5, pourquoi un homme ne devrait-il pas porter des vêtements de femme, et réciproquement ?

R: L'Écriture ne le précise pas. Étant donné les nombreux autres principes présents dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, la raison semble être que Dieu ne veut pas que nous oubliions que les hommes et les femmes tiennent des rôles distincts au sein de la famille.


Q: En Dt 22.5, est-il acceptable que les femmes portent des jeans, et que les deux sexes portent des tee-shirts ?

R: Un petit nombre de chrétiens sincères estiment que cela ne convient pas. Cependant, la plupart des chrétiens n'y voient aucun problème. Dans la Bible, hommes et femmes portaient tous deux des manteaux et des sandales. Aujourd'hui, jeans et tee-shirts ne sont exclusivement ni masculins ni féminins.


Q: En Dt 22.6-7, pourquoi ne pouvaient-ils prendre un oiseau femelle avec ses petits ?

R: L'Écriture n'en précise pas la raison, si ce n'est que Dieu l'ordonnait ainsi. Si l'on prenait les petits ou les œufs pour se nourrir, tout en laissant la mère, on pouvait espérer avoir encore des petits ou des œufs l'année suivante.


Q: En Dt 22.8, pourquoi devaient-ils construire un parapet ? (Un sceptique y voyait un problème.)

R: Sur une note plus légère, cela n'a rien à voir avec « la chute de l'homme ». Plus sérieusement, il existe ici un concept juridique de culpabilité pour homicide involontaire dû à l'imprudence. C'est la faute de la personne imprudente si elle se blesse ou meurt en tombant d'un toit, mais le propriétaire est également fautif s'il s'est montré négligent en omettant des précautions de sécurité raisonnables.


Q: En Dt 22.9, pourquoi ne pas semer diverses sortes de semences ensemble ?

R: L'Écriture ne le précise pas. Cependant, lorsqu'on cultive la même récolte année après année, les insectes et champignons nuisibles à cette culture prolifèrent. En pratiquant la rotation des cultures, on réduit l'attaque de ces mêmes nuisibles, et l'on évite d'épuiser les nutriments du sol.


Q: En Dt 22.10, pourquoi ne pas atteler ensemble un bœuf et un âne ?

R: L'Écriture ne le précise pas. Cependant, ces deux animaux ont souvent des forces différentes et marchent à un rythme différent. Ce commandement, à l'instar de Proverbes 12.10, se rapporte donc à la bienveillance envers les animaux.


Q: En Dt 22.11, pourquoi ne pas porter ensemble de la laine et du lin ?

R: L'Écriture ne le précise pas. Sur le plan pratique, la laine constitue un excellent isolant, peu affecté par l'humidité. Une raison possible serait qu'entrelacer laine et lin nuirait à la valeur isolante du vêtement.


Q: En Dt 22.11, pouvons-nous aujourd'hui porter ensemble laine et lin ?

R: Oui. Nous servons désormais dans le régime nouveau de l'Esprit, et non dans le régime ancien de la lettre (Romains 7.6 ; 2 Corinthiens 3.6-7 ; cf. Romains 2.29). Si nous demeurons soumis aux exigences morales de la loi, nous ne sommes plus soumis à ses règles cérémonielles, alimentaires, ni vestimentaires.


Q: En Dt 22.13-21, l'épreuve permettant de vérifier la virginité d'une femme reposait-elle sur le drap de la nuit de noces, ou l'épreuve de l'épouse infidèle consistait-elle à boire l'eau amère, comme le dit Nb 5.13-22 ?

R: Les deux sont vrais, mais dans des circonstances différentes. Deutéronome 22.13-21 traite de la période précédant le mariage, tandis que Nombres 5.13-22 traite de la période suivant le mariage.


Q: En Dt 23.1, pourquoi les hommes castrés ne pouvaient-ils entrer dans l'assemblée ?

R: L'Écriture ne le précise pas. Mais nous savons que certains prêtres de dieux païens étaient castrés, cela constituant une exigence de leur sacerdoce. D'autres étaient émasculés pour servir dans les palais, en particulier auprès des femmes. Plus tard, les musulmans qui transportaient des esclaves depuis Zanzibar et d'autres régions d'Afrique de l'Est castraient fréquemment leurs esclaves mâles.

Ce texte ne dit pas que les hommes castrés ne pouvaient servir ou adorer Dieu, seulement qu'ils ne pouvaient entrer dans l'assemblée, c'est-à-dire le tabernacle, et plus tard le Temple. Il s'agissait là d'une mutilation de la nature de l'homme telle que Dieu l'avait créée.

Mais à l'époque du Nouveau Testament, aucune interdiction de ce genre ne subsiste. Tous, quelles qu'aient pu être vos interventions chirurgicales, volontaires ou non, et quel que soit votre passé, sont invités. Les seules exceptions concernent ceux qui enseignent des croyances hérétiques (2 Jean 9-11), et ceux qui persistent, impénitents, dans le péché et le mal (1 Corinthiens 5.2-5,9-13 ; 2 Timothée 3.5 ; Apocalypse 2.20-23).


Q: En Dt 23.2, pourquoi le descendant d'un enfant illégitime ne pouvait-il entrer dans l'assemblée, jusqu'à la dixième génération ?

R: Le mot hébreu demeure incertain. Il pourrait désigner un enfant né hors mariage, ou un enfant né d'une union interdite, comme l'inceste, ou les deux à la fois. Lévitique 18.16-20 ; 20.10-12,14,17-21 énumère les types d'unions interdites. Quoi qu'il en soit, Dieu a le droit de choisir qui bon Lui semble pour entrer dans son assemblée. L'Écriture n'énonce pas directement les raisons de Dieu, mais quatre points nous en donnent une indication.

1. Ce verset, ainsi que d'autres, semblent suivre un schéma récurrent. Ceux considérés comme impurs ne pouvaient entrer dans l'assemblée. Cela incluait ceux ayant touché un cadavre, ainsi que ceux atteints de maladies de peau contagieuses. Cela ne signifiait pas qu'ils avaient commis une faute morale, mais seulement qu'ils étaient rituellement impurs.

2. Être impur ne signifiait pas que la personne péchait, était plus pécheresse que d'autres, ou « trop pécheresse » pour entrer dans l'assemblée. Ainsi, les prêtres (à l'exception du grand prêtre) devaient enterrer leurs proches parents, ce qui les rendait impurs. Le jour des Expiations, celui qui conduisait le bouc émissaire dans le désert devenait impur pour l'avoir fait, alors même qu'il accomplissait ce que Dieu ordonnait.

3. Ne pas pouvoir entrer dans l'assemblée constituait un opprobre, non pour l'enfant, mais pour ses parents. Être un enfant illégitime n'empêchait nullement Dieu de se servir de cette personne. Pérets, ancêtre de Jésus, était le fils illégitime de Juda. Dans le livre des Juges, le juge Jephté le Galaadite fut employé par Dieu pour vaincre les Ammonites. Les origines de la mère de Jephté lui causèrent des difficultés avec ses demi-frères, mais elles ne posèrent aucun problème à Dieu pour se servir de lui.

4. Cette règle ne concernait que les assemblées des Israélites, dans l'Ancien Testament. À l'époque du Nouveau Testament, tous ceux qui recherchent Dieu, quelle que soit leur nationalité ou les circonstances de leur naissance, sont accueillis dans les Églises de Dieu.


Q: En Dt 23.3, pourquoi un Ammonite ou un Moabite ne pouvait-il entrer dans l'assemblée, jusqu'à la dixième génération ?

R: Nul issu d'une union interdite ne le pouvait, jusqu'à la dixième génération, selon Deutéronome 23.2.

La raison en est qu'un enfant était considéré comme « illégitime » non seulement s'il naissait hors mariage, mais aussi s'il naissait d'un mariage « illégal ». Dieu avait ordonné aux Israélites de ne pas se marier en dehors d'Israël. Voir la discussion sur Deutéronome 23.2 pour comprendre pourquoi les enfants illégitimes étaient exclus de l'assemblée.

Si une personne était ammonite ou moabite, ce n'était pas parce que ces peuples provenaient à l'origine de l'union de Lot et de ses filles, mais bien en raison de l'hostilité qu'ils manifestaient envers Israël. C'était principalement dû à ce que les Ammonites n'avaient pas fait, et à ce que les Moabites avaient fait. Les Ammonites ne leur avaient apporté aucune aide ni nourriture lors de leur passage. Rappelons que le roi Balaq de Moab engagea Balaam pour maudire les Israélites, en Nombres 22-24. Balaam conseilla à Balaq de faire coucher des femmes moabites avec des hommes israélites, afin de rendre les Israélites une puanteur aux yeux de Dieu.

Bien entendu, si une personne était considérée comme « un étranger qui s'est attaché à l'Éternel » (Ésaïe 56.6), comme Ruth, alors « ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu » (Ruth 1.16). Rien n'indique que les Israélites n'aient pas pleinement accepté la conversion et le changement de nationalité de Ruth. En réalité, le roi David était l'arrière-petit-fils de Ruth, selon Ruth 4.21-22, Matthieu 1.5-6 et Luc 3.31-32. De même, Ésaïe 56.3 dit également que les étrangers qui se sont attachés à l'Éternel ne seront pas exclus du peuple de Dieu, bien que certains interprètent Ésaïe 56.3 comme se rapportant aux temps de la fin.


Q: En Dt 23.3, la « dixième génération » désignait-elle la dixième génération à partir du mariage interdit, ou la dixième génération à partir de l'entrée en Terre promise ?

R: Les deux interprétations sont possibles. Cependant, il est plus probable qu'il s'agisse de la dixième génération à partir du mariage interdit lui-même.


Q: En Dt 23.7-8, pourquoi un Édomite ou un Égyptien ne pouvait-il entrer dans l'assemblée, jusqu'à la troisième génération seulement ?

R: Probablement pour des raisons semblables à celles empêchant les Ammonites et les Moabites d'y entrer avant la dixième génération. L'Écriture se contente de rapporter cette règle, sans préciser pourquoi le Dieu omniscient l'a établie ainsi. On peut néanmoins supposer que les Édomites étaient plus étroitement apparentés à Israël, et que les Égyptiens avaient à l'origine bien traité les Israélites.


Q: En Dt 23.15-16, en quoi le fait de ne pas rendre un esclave évadé à son maître constitue-t-il un enjeu à l'arrière-plan de la guerre de Sécession américaine ?

R: Un esclave nommé Dred Scott s'échappa de son maître et se réfugia dans le Missouri, un État libre. Son maître exigea qu'on le lui rende. La Cour suprême des États-Unis, présidée par le juge en chef Taney, décida que les esclaves ayant fui vers des États libres devaient être rendus à leurs maîtres dans les États esclavagistes, indépendamment de la loi de l'État libre concerné. La guerre de Sécession opposait les États esclavagistes, désireux de conserver le droit de posséder des esclaves, à d'autres droits des États, tels que le refus de soutenir l'esclavage.

Dans le code d'Hammurabi, lois 15 à 19, quiconque hébergeait un esclave en fuite pouvait être exécuté.

Aujourd'hui encore, même si nous n'opprimons pas nous-mêmes autrui ni ne commettons d'autres maux, nous ne devrions ni soutenir, ni contraindre autrui à soutenir, ceux qui le font.


Q: En Dt 23.17, qu'est-ce qu'un « sodomite » ?

R: Ce terme désigne un prostitué masculin, selon la Concordance de Strong, la NIV, et la NET Bible. La New King James traduit cela par « personne pervertie », tandis que The Interlinear Bible (Jay P. Green) le traduit par « homosexuel ».


Q: En Dt 23.17, l'homosexualité fut-elle condamnée uniquement parce qu'elle était associée à l'idolâtrie, comme l'affirment certains adeptes du Nouvel Âge ?

R: Non. Tout comme le sacrifice d'enfants et la prostitution, l'homosexualité fut condamnée de manière absolue, indépendamment du contexte. Il ne s'agit pas là d'un verset isolé, puisque Lévitique 18.22,24 ; Lévitique 20.13 ; Romains 1.26-27, et 1 Corinthiens 6.9-10 condamnent également l'homosexualité. Voir la discussion sur Romains 1.26-27 pour davantage de précisions.


Q: En Dt 23.18, pourquoi les gains de certains ne devaient-ils pas être apportés à la maison de Dieu pour l'acquittement de vœux ?

R: Dieu ne se laisse pas impressionner par ceux qui Lui offrent de l'argent qui ne leur appartenait pas, et qu'ils avaient dérobé à autrui. Apparemment, le mot « chien » constituait un terme argotique désignant un prostitué masculin. La prostitution, des deux sexes, était courante à Canaan dans le culte rendu à Astarté. Mais même si une pratique est courante, cela ne la rend pas moins détestable. De façon comparable, David aurait pu obtenir gratuitement le terrain où serait construit le Temple, mais il insista pour le payer. De même, l'argent « gagné » (si l'on peut dire), ou acquis par des actes mauvais, ne convenait pas comme offrande à la maison de Dieu.

En Luc 19.1-10, lorsque Zachée, le collecteur d'impôts corrompu, crut en Jésus, il décida de rembourser ceux qu'il avait fraudés, et de donner la moitié de ses biens (acquis en grande partie par la fraude) aux pauvres.


Q: Comment Dt 24.1-22 se compare-t-il aux autres lois de l'époque ?

R: Le code babylonien de Hammurabi (1755-1750 av. J.-C.), lois 14 et 22, punissait de mort l'enlèvement et le vol. Dans la loi hittite, les droits du travailleur n'étaient pas pris en considération.


Q: En Dt 24.1-4, pourquoi cet enseignement sur le divorce diffère-t-il indéniablement de Mc 10.2-12 et de 1 Co 7.10-16 ?

R: Jésus répondit à cette question en Marc 10.5 : Dieu permit le divorce en raison de la dureté de leur cœur. Dans l'Ancien Testament (Malachie 2.16), Dieu déclare haïr le divorce.

Lorsque nous parvenons à justifier une chose comme n'étant pas contraire à la Bible, tout en sachant que Dieu en demeure néanmoins mécontent, nous ne devrions pas la faire. Romains 14.23 dit que tout ce qui ne procède pas d'une conviction est péché, et Jacques 5.17 [note : probablement Jacques 4.17] dit que celui qui sait faire le bien et ne le fait pas commet un péché.


Q: En Dt 24.1-5, pourquoi un couple ne pouvait-il se remarier après un divorce, si la femme avait entre-temps épousé quelqu'un d'autre ?

R: L'Écriture n'en précise pas la raison, mais les versets de ce chapitre se rattachent tous au maintien d'une exigence de sainteté au sein du peuple. Le divorce, bien qu'autorisé à l'époque de l'Ancien Testament, n'était pas chose à prendre à la légère. Si une femme allait et venait ainsi entre deux maris, cela n'aurait guère paru conforme à la sainteté. Cela soulignait également la gravité du divorce.

Ceci constitue presque l'exact opposé de l'islam, où un divorce peut se réduire à ce que l'homme prononce trois fois « je te répudie ». Et si le couple divorcé souhaitait se remarier, en islam, cela lui était impossible tant que la femme n'avait pas consommé un mariage avec un autre homme, mariage ensuite dissous (par divorce ou par le décès de cet homme). Dans le monde islamique, certains hommes « exerçaient » la fonction de mustahill, une sorte de prostitué matrimonial masculin. Si un couple divorcé souhaitait se remarier, il rémunérait un mustahill pour contracter un mariage temporaire d'un jour avec la femme, après quoi le couple pouvait se réunir. Pour ceux qui se le demanderaient, aucune règle équivalente n'existe pour un homme. Ainsi, si vous cherchez une carrière ou un second emploi, certains choix de carrière demeurent fermés aux hommes chrétiens, quoiqu'un homme musulman pût les envisager. Pour la documentation relative aux mustahills dans le droit de la charia, voir Abou Dawoud, vol. 2, no 2192, p. 592-593 ; vol. 2, no 2302, p. 629 ; al-Bukhari, vol. 7, livre 63, no 186,187, p. 136 ; Ibn Madja, vol. 3, no 1933-1936, p. 165-168.


Q: En Dt 24.15, devrions-nous rémunérer nos employés à la fin de chaque journée ?

R: En principe, les employeurs chrétiens n'ont pas besoin de le faire. Dans le cadre de la loi de l'Ancien Testament, Deutéronome 24.15 ne demande pas de payer tous les travailleurs chaque jour, mais uniquement les travailleurs pauvres et nécessiteux qui en ont besoin. Nous devrions néanmoins rémunérer nos employés au moment convenu de leur paye, sans retenir cet argent. Mais une application importante, aujourd'hui, consiste à payer les gens ce que nous leur avons promis et devons, au moment promis ; les faire attendre revient à les léser.

En combinant cet enseignement avec l'interdiction d'opprimer les pauvres (Jacques 5.4), ainsi qu'avec l'esclavage limité à sept ans, assorti d'un don au terme de cette période, on constate qu'il s'agissait d'une société où l'on s'attendait à ce qu'un pauvre puisse, par son propre travail, se sortir de la pauvreté. Dans de nombreuses sociétés, depuis lors et jusqu'à aujourd'hui, cela demeure impossible.


Q: En Dt 24.16, pourquoi ce texte dit-il que les enfants ne doivent pas être mis à mort pour les péchés de leurs pères, alors qu'ils furent effectivement mis à mort pour les péchés de leurs pères, comme les fils de Saül en 2 S 21.5-9, et l'enfant de David et Bath-Shéba en 2 S 12.15-18 ?

R: Les fils de Saül étaient eux aussi coupables. Après la mort de Saül et de Jonathan, 2 Samuel 3.1 dit que la guerre entre la maison de Saül (c'est-à-dire ses fils) et David dura longtemps. On peut en apprendre davantage en lisant 2 Samuel 3 et 4.

En 2 Samuel 21.5-9, les sept fils de Saül étaient les deux fils de Saül et d'Aja, ainsi que les cinq fils de Mérab, fille de Saül. (Notons qu'il existait deux princes nommés Mephibosheth : le fils de Jonathan fut épargné, tandis que le fils de Saül et d'Aja ne le fut pas.) Saül avait trente ans lorsqu'il commença à régner, et régna quarante-deux ans, selon 1 Samuel 13.1.

Quant à l'enfant né de Bath-Shéba, ce passage, tout comme l'expérience moderne, montre que les jeunes enfants subissent souvent les conséquences du mal commis par d'autres. Dieu peut ôter la vie comme Il le décide, mais Deutéronome 24.16 dit que les enfants ne doivent pas être exécutés pour les péchés de leurs pères.

En revanche, dans le code babylonien de Hammurabi, la loi 230 prévoyait parfois qu'un fils soit mis à mort à la place de son père. Ainsi, si la négligence d'un bâtisseur causait la mort du fils du propriétaire, le fils du bâtisseur était mis à mort en guise de châtiment. Les Perses, les Macédoniens et d'autres peuples encore tuaient également les fils à la place des pères.


Q: En Dt 25.3, pourquoi la limite de quarante coups fut-elle prescrite ?

R: L'Écriture ne le précise pas, mais sans limite, une personne aurait pu être battue jusqu'à la mort. En réalité, à l'époque romaine, certains criminels condamnés à la crucifixion n'y furent finalement pas soumis, les coups reçus étant si sévères qu'ils moururent avant même d'y parvenir. En comparaison, le code babylonien de Hammurabi, loi 200, fixait un maximum de soixante coups. Les Assyriens, plus tard, en infligeaient entre quarante et cinquante. En 2 Corinthiens 11.24, les Juifs infligeaient trente-neuf coups, en se fondant sur ce verset : celui-ci mentionne quarante coups, mais les Juifs s'en tenaient à trente-neuf, par précaution, au cas où ils se seraient trompés dans le décompte. Lorsque Jésus fut flagellé, ce furent des Romains, et non des Juifs, qui Le flagellèrent ; nous ignorons donc combien de coups Jésus reçut réellement.

À l'époque de Moïse, les coups étaient probablement administrés à la manière égyptienne, à l'aide d'un bâton plutôt que d'un fouet, le coupable étant étendu à plat au sol et maintenu par les mains et les pieds.


Q: En Dt 25.4, pourquoi ne pouvaient-ils museler le bœuf pendant qu'il foulait le grain ?

R: La réponse comporte deux volets.

Spécifiquement, cela manifestait de la bonté envers l'animal. Un agriculteur pourrait songer à museler le bœuf afin de l'empêcher de manger du grain. Mais le principe ici est que, puisque l'agriculteur profite du travail du bœuf, celui-ci devrait aussi bénéficier, dans une certaine mesure, de ce travail.

Plus généralement, si une personne ou un animal œuvre à produire un bénéfice, il convient de lui permettre de partager ce bénéfice. 1 Corinthiens 9.9 et 1 Timothée 5.18 citent tous deux ce verset dans le contexte du soutien apporté par l'Église à ses pasteurs, qui œuvrent à son profit.


Q: En Dt 25.5-10, pourquoi le frère d'un mari défunt devait-il épouser la veuve ?

R: Cela n'était pas obligatoire, car un homme pouvait refuser, s'exposant alors à l'humiliation de devenir « l'homme déchaussé ». Bien entendu, avoir des relations sexuelles avec le frère de son mari du vivant de celui-ci constituait un adultère, comme Lévitique 18.16 et 20.21 le mettent explicitement en garde. Ce type d'union est appelé « mariage lévirat », du mot latin levir, signifiant beau-frère. Cette pratique matrimoniale existait dans cette société pour plusieurs raisons.

Le mot hébreu traduit ici par « fils », ben, peut signifier « fils » ou « enfant » selon le contexte. La Septante grecque, Flavius Josèphe, et de nombreux rabbins juifs l'interprétèrent comme « enfant », bien que certains rabbins juifs l'aient interprété comme « fils ». Les filles héritaient en l'absence de fils, dans le cas des filles de Tselophehad, en Nombres 27.4-8. « Enfant », plutôt que « fils », semble également être le sens voulu en Genèse 38.8-10 et en Ruth 4.1-17.

Deutéronome 25.5-10 enseigne que, si un homme mourait sans enfant, il incombait à son frère d'épouser la veuve, le premier fils devant perpétuer le nom du frère défunt. Voir, par exemple, Genèse 38.8-10, Ruth 1.11-13, et Ruth 3.12-4.10. Boaz ne se souciait pas seulement d'agir avec droiture, mais aussi de le faire selon les règles.

Bien plus tard, à la fin du seizième siècle, un couple fortuné mais sans enfant, dans les colonies, adopta un jeune homme appelé à hériter de sa fortune, à la condition qu'il change son nom de famille pour le leur : Pemberton.

Pour la femme, on s'assurait ainsi qu'elle serait financièrement soutenue par son nouveau mari, puis plus tard par l'enfant. Dans la société de cette époque, il n'existait aucune prise en charge officielle des personnes âgées par l'État.

Dans le Proche-Orient ancien, en dehors de la Bible, les tablettes de Nuzi indiquent également que, lorsqu'un père procurait une épouse à son fils, si celui-ci venait à mourir, la jeune femme épousait un autre fils. D'autres cultures anciennes, comme les Hittites et les Assyriens, pratiquaient des lois semblables, à ceci près que les Assyriens y ajoutaient une variante : si une femme était simplement fiancée, et que son fiancé mourait, le frère du fiancé devait alors l'épouser. Le mariage lévirat semble fort étrange aux Occidentaux, mais de nombreuses autres cultures le considéraient comme naturel. Wikipédia rapporte que cette coutume fut pratiquée par les Scythes, plus tard par les Kurdes, les Xiongnu de Chine, les Huns, les Kirghizes, le peuple Karo d'Indonésie, de nombreux Somaliens, la tribu Mambila du Nigeria et du nord du Cameroun, certaines régions du Nigeria, la tribu Marogoli de l'ouest du Kenya, les Zoulous, les Shonas du Zimbabwe, et les tribus Dinka et Nuer du Soudan du Sud.

Depuis l'époque du Nouveau Testament, on comprend que les croyants doivent prendre soin de leur famille, y compris de leur famille élargie, étant donné la rigueur du commandement de 1 Timothée 5.8. Bien qu'il n'existe plus de mariage lévirat pour les chrétiens d'aujourd'hui, nous devrions néanmoins continuer à aider financièrement notre famille élargie.


Q: Pourquoi la loi énoncée en Dt 25.5-10 diffère-t-elle de ce qui était attendu de Juda, Onân et Tamar, en Genèse 38 ?

R: Rappelons que la loi de Moïse n'avait pas encore été donnée à l'époque de Juda. Juda croyait avoir une obligation envers Tamar, et il alla à l'encontre de sa propre conscience en choisissant de ne pas s'en acquitter.


Q: En Dt 25.11-12, pourquoi la loi prescrit-elle qu'on coupe la main de la femme ?

R: Le verbe hébreu employé ici indique un acte violent, et non un geste accidentel. L'Ancien Testament accorde une grande place à la dignité des deux sexes. Ainsi, les femmes captives ne pouvaient être exploitées, selon Deutéronome 21.10-14, et une épouse tombée en disgrâce auprès de son mari ne devait pas voir les droits d'héritage de ses enfants diminués. Il existe des responsabilités, tout comme des privilèges. Même au combat, il existe des limites à ne pas franchir. Un tel geste pourrait causer un dommage permanent à un homme, affectant sa capacité à avoir des enfants ainsi que ses relations conjugales.

Il s'agit ici du seul passage de la Torah où l'on prescrit d'amputer quoi que ce soit. En comparaison, d'autres lois du Proche-Orient ancien, ainsi que la charia islamique ultérieure, prévoyaient d'autres motifs de mutilation. Ainsi, en Assyrie, si un homme embrassait dans la rue une femme qui n'était pas son épouse, on lui coupait la lèvre.


Q: En Dt 25.13-15, Pr 11.1 ; 20.10,23 et Lv 19.35-36, pourquoi ne devaient-ils pas posséder des poids différents ?

R: Ce texte se réfère à la pratique malhonnête consistant à peser le grain ou d'autres marchandises avec un poids plus léger lorsque le commerçant vend, et un poids légèrement plus lourd lorsqu'il achète. Certes, cela était fort grave si l'on se faisait prendre, mais cela demeurait tout aussi grave aux yeux de Dieu même sans se faire prendre. Il glorifie Dieu de demeurer honnête, même lorsque personne sur terre ne peut le constater. Ce problème semblait encore d'actualité à l'époque d'Amos, selon Amos 8.5.


Q: En Dt 25.17-19, pourquoi devaient-ils effacer le souvenir des Amalécites ?

R: Les Amalécites descendaient d'Éliphaz, lui-même petit-fils d'Ésaü, selon Genèse 36.12. Les Amalécites avaient attaqué Israël par surprise, selon Deutéronome 25.17-19, tuant les vieillards et les faibles restés à la traîne. Les Israélites les combattirent en Exode 17.8-16 et en Nombres 14.39-45. Saül les combattit en 1 Samuel 15.1-3, et David en 2 Samuel 1.1. Ils réapparaissent en 1 Chroniques 4.41-43, à l'époque d'Ézéchias.


Q: En Dt 26.1-4, le peuple devait considérer sa terre comme un héritage. Quelles sortes de choses constituent, aujourd'hui, un héritage pour nous ?

R: Un héritage est une chose que l'on n'a pas méritée, mais qui nous a été transmise par nos parents ou par d'autres. Il peut s'agir de notre pays, de nos lois, de notre terre, de notre richesse, de notre temps, de notre santé, de notre église, ou de notre voisinage. Nous pouvons le chérir, nous devrions en prendre soin, mais nous ne devrions pas nous montrer arrogants en pensant l'avoir davantage mérité que d'autres.

Comme le montre Deutéronome 26.2-4, nous devrions en être reconnaissants envers Dieu. Nous devrions également faire preuve d'amour et le partager avec autrui.


Q: En Dt 26.2, de quelles manières pouvons-nous, aujourd'hui, non seulement donner à Dieu, mais Lui offrir précisément les prémices ?

R: Si vous étiez au chômage et que vous venez tout juste de trouver un nouvel emploi, attendez-vous de retomber sur vos pieds et de disposer d'une somme confortable en banque avant de donner à Dieu, ou Lui offrez-vous immédiatement une part ? À l'inverse, lorsque vous disposez d'un bon placement, tel qu'une action en bourse, mettez-vous tout dedans, en vous disant que vous laisserez d'abord fructifier avant de donner quoi que ce soit à Dieu, ou Lui donnez-vous immédiatement ? Bien entendu, il est tout à fait acceptable de faire don directement des actions elles-mêmes, plutôt que d'en revendre une partie pour en donner ensuite le produit en espèces.

Vous pouvez également offrir à Dieu les prémices de votre temps, et non simplement le temps qu'il vous reste une fois épuisé.


Q: En Dt 26.5-10, pourquoi les Israélites devaient-ils prononcer ces paroles en apportant leurs prémices ?

R: Apporter une offrande, qu'il s'agisse des prémices ou de la dîme, ne devait pas se réduire à une simple transaction commerciale ; il s'agissait d'un acte de culte. Ils devaient prononcer ces paroles et y réfléchir dans leur cœur en apportant leurs offrandes. Ils devaient se souvenir de ce qu'ils étaient, et d'où ils venaient. C'était également un acte de culte communautaire : le peuple était rassemblé, et chacun pouvait entendre les autres prononcer ces paroles.


Q: En Dt 26.13-16, pourquoi les gens devaient-ils témoigner devant Dieu qu'ils n'avaient eux-mêmes consommé aucune part de leur dîme ?

R: Bien entendu, Dieu savait déjà parfaitement ce qu'ils avaient fait ou non. Mais ce témoignage solennel devant Dieu serait entendu par autrui, et alourdirait la culpabilité de celui qui aurait menti devant Dieu à ce sujet.


Q: En Dt 26.16-19, quel est le point essentiel de ce passage ?

R: Ce passage conclut l'ensemble de la section des stipulations du Deutéronome, de 12.1 à 26.19. Il résume, à un haut niveau, les bénédictions accordées par Dieu au peuple, ainsi que les responsabilités du peuple envers Dieu au titre de cette alliance qu'ils avaient conclue.


Q: En Dt 27.1, pourquoi les anciens, tout autant que Moïse, donnaient-ils des ordres au peuple ?

R: C'est le seul passage du Deutéronome où les anciens, tout autant que Moïse, donnent des ordres au peuple. Moïse est âgé et sur le point de mourir ; il ne sera pas présent lors de la cérémonie. Le peuple reçoit ici des instructions sur ce qu'il devra faire au mont Garizim et au mont Ébal après son entrée en Terre promise, alors que Moïse avait été informé qu'il mourrait avant cette entrée. Notons, à titre indicatif, que Moïse est mentionné à la troisième personne au début du premier discours, en Deutéronome 1.1,5, à la fin du premier discours, en Deutéronome 4.41,44, au début du second discours, en Deutéronome 5.1, et au début du troisième discours, ici même, en Deutéronome 27.1.


Q: En Dt 27.2-8, pourquoi ces paroles devaient-elles être inscrites de façon si visible ?

R: Les premiers à accomplir ce geste pouvaient entendre ces paroles, mais celles-ci devaient également être clairement affichées, afin que chacun puisse les lire, alors comme à l'avenir.


Q: En Dt 27.4-14, pourquoi organisèrent-ils ici un renouvellement d'engagement ?

R: Il s'agit d'un très vaste rassemblement, qui n'eut lieu qu'une seule fois, et où ils ne concluaient d'ailleurs pas une nouvelle alliance, mais renouvelaient une alliance déjà existante. Cela ressemble à un couple âgé décidant d'organiser une seconde cérémonie de mariage afin de renouveler ses vœux. D'autres exemples de renouvellement (et non de conclusion) d'une alliance incluent Josué, fils de Noun, réaffirmant sa position de chef en Josué 24 et en 1 Samuel 12, la dédicace du Temple de Salomon en 1 Rois 8 et 2 Chroniques 5, et, dans une certaine mesure, la grande célébration de la Pâque sous Ézéchias, en 2 Chroniques 30. Cette dernière ne constituait pas un événement de renouvellement séparé, mais donna lieu à de nombreux sacrifices supplémentaires, et fut célébrée sept jours de plus qu'à l'accoutumée.


Q: En Dt 27.4-14, à quel moment devrions-nous, nous aussi, renouveler notre engagement ?

R: Bien qu'un renouvellement d'engagement ne soit pas obligatoire, il est généralement bon d'en organiser un, afin de rappeler à ceux que vous dirigez, ainsi qu'à vous-même, votre engagement antérieur à servir Dieu de tout votre cœur. Plus précisément, en Deutéronome 27, nous voyons un renouvellement d'engagement survenir juste avant d'entreprendre une œuvre d'importance majeure, où la tentation de composer et de courir après d'autres dieux, ou de se relâcher et de servir Dieu à moitié, serait grande. Comme en 1 Rois 8 et en 2 Chroniques 5, lors d'une dédicace de temple, nous devrions renouveler notre engagement en consacrant un bâtiment, ou un enfant, au Seigneur. Comme Ézéchias en 2 Chroniques 30, nous pouvons opérer un renouvellement lorsque nous-mêmes, ou ceux que nous dirigeons, avons cessé d'être fidèlement engagés à suivre Dieu, mais que nous nous sommes repentis et souhaitons nous engager à nouveau à Le suivre pleinement.


Q: En Dt 27.5, pourquoi ne pouvaient-ils utiliser d'outils en fer pour construire un autel, alors que des outils en fer auraient produit des pierres plus esthétiques, mieux taillées, que la pierre brute, des métaux plus tendres, ou l'absence d'outils ?

R: L'Écriture n'en précise pas la raison, mais on peut en discerner deux. Premièrement, les Hébreux ne possédaient pas d'outils en fer, et auraient dû, pour s'en procurer, dépendre des nations environnantes. Cette époque précédait l'âge du fer au Proche-Orient. Les Égyptiens possédaient des outils de fer de luxe depuis un millénaire déjà, mais ceux-ci demeuraient rares en Égypte, car ils ne provenaient que de fer météoritique martelé. Ils connaissaient donc le fer, mais très peu d'outils en étaient fabriqués, car (à l'exception des Hittites) la plupart des cultures ignoraient comment construire des fourneaux assez chauds pour fondre le fer. Deuxièmement, les outils en fer (et non en acier) auraient donné, au départ, un résultat esthétique, mais si un peu de fer demeurait sur la pierre, il rouillerait par la suite, teintant la pierre d'un vilain brun.

Il y a là, pour nous aujourd'hui, une métaphore. Lorsque nous accomplissons des choses pour Dieu, soit par des motivations égoïstes, soit en employant des moyens contraires à l'éthique ou à la piété, le résultat peut certes subsister, mais il en conserve une certaine laideur : le paradoxe de l'effort humain cherchant à agir pour Dieu sans sa direction, ni même son désir. Songez à des conquérants prétendant conquérir des royaumes ou réduire des peuples en captivité, ou même à l'Inquisition catholique romaine, prétendant agir « pour le Seigneur ». Il arrive parfois que Dieu préfère qu'une personne demeure simplement inactive, plutôt qu'elle commette le mal en prétendant agir pour Lui.


Q: En Dt 27.9, en quoi est-il significatif que les Israélites deviennent un peuple de l'Éternel ?

R: Cela comporte deux aspects, tous deux exposés en Deutéronome 27.12-13. Puisque ce peuple était particulier aux yeux de l'Éternel, Dieu bénirait tout spécialement son obéissance. D'un autre côté, ce peuple serait maudit pour sa désobéissance envers Dieu, plus sévèrement encore que les autres peuples. Rappelons que les Israélites connaissaient la volonté de Dieu bien mieux que les autres peuples de leur temps, et qu'ils étaient tenus responsables tant de ce qu'ils savaient que de leur engagement à être un peuple de Dieu.

Pour les croyants du Nouveau Testament, Jacques 3.1 dit que beaucoup ne devraient pas devenir docteurs, car les docteurs seront jugés plus sévèrement. Pour les incroyants, 2 Pierre 2.21 dit qu'il vaudrait mieux pour une personne ne pas connaître la voie de la justice, que de la connaître et de la rejeter.


Q: En Dt 27.12, pourquoi le mont Garizim et le mont Ébal ?

R: L'Écriture n'en précise pas la raison, mais on constate que ces deux montagnes se trouvaient précisément au centre du pays, avec la ville de Sichem entre elles. Le mont Garizim se situait à environ quarante-cinq kilomètres, et le mont Ébal à environ soixante-quatre kilomètres, au nord de Jérusalem. Ils se trouvaient tous deux à environ trente-neuf et vingt-neuf kilomètres à l'ouest du Jourdain, séparés par un col ; Sichem se trouvait du côté oriental de cet étroit col, à environ vingt-neuf kilomètres du Jourdain. Les lévites se tenaient entre les deux, à Sichem, selon Josué 8.33.

Quelle montagne, Ébal ou Garizim, gravirez-vous ?


Q: En Dt 27.15-26, pourquoi tout le peuple devait-il prononcer « amen » ici ?

R: Cela ne signifie NULLEMENT qu'ils trouvaient simplement l'idée bonne, ou qu'ils étaient d'accord. Il s'agissait plutôt de se placer eux-mêmes sous serment, en se soumettant volontairement à cette loi et à ses conséquences. Ils ratifiaient ainsi l'alliance, tant pour eux-mêmes que pour leurs descendants.

De manière comparable, le terme « amen » servait à placer sous serment le signataire d'un traité dans le traité de Nimroud d'Assarhaddon, ainsi que dans une réponse de soldats hittites. Voir Wiseman, Vassal-Treaties, p. 26, et Ancient Near East Texts, p. 353-354.


Q: En Dt 27.19, pourquoi quelqu'un serait-il maudit en raison de ses relations envers les étrangers, les orphelins et les veuves ?

R: Cela s'inscrit dans une section, Deutéronome 27.16-19, portant sur les mauvais traitements infligés à autrui. Cette malédiction vise ceux qui exploitent, ou nuisent sans raison, aux étrangers résidant dans le pays, ou à d'autres personnes incapables de se défendre ou de faire entendre leur voix. L'Écriture ne précise pas ici un motif particulier pour agir ainsi ; il pourrait s'agir de cupidité, d'hostilité envers les pauvres ou les non-citoyens, ou simplement d'un plaisir sadique : quel qu'en soit le motif, cela demeure mal. L'Écriture demeure ici extrêmement vague quant à ce qui est précisément interdit. Nul besoin de davantage de détails, car cela couvre tout ce que l'on pourrait accomplir d'injuste ou de cruel envers les sans-défense. C'est là l'envers de la règle : « fais à autrui ce que tu voudrais qu'il te fasse ».


Q: En Dt 27.21, pourquoi cette malédiction contre ceux qui ont des relations sexuelles avec des animaux ?

R: Selon Raymond Brown, The Message of Deuteronomy (p. 266), il s'agissait là d'un aspect par lequel l'adorateur se faisait un avec les dieux hittites.


Q: En Dt 27.24, pourquoi une attaque secrète est-elle maudite ?

R: Il serait insensé, pour un meurtrier ou un bandit, d'attaquer ouvertement, car il se ferait alors prendre. Mais le point essentiel, ici, est que, même si l'acte demeure secret, et si secret que personne sur terre ne l'apprend jamais, Dieu, Lui, le sait toujours. Ne poignardez jamais autrui dans le dos.


Q: En Dt 28.1-14, quelles sont les grandes catégories de ces bénédictions ?

R: Elles incluent l'agriculture (28.8,11a,11c,12a), la famille (28.11b), les finances (28.12b), le domaine militaire (28.7,10,13), et le domaine spirituel (28.9).


Q: En Dt 28, pourquoi le livre des Lamentations ressemble-t-il autant à ce chapitre ?

R: Ces deux textes diffèrent grandement par le style, les Lamentations ayant été rédigées mille ans plus tard, dans une forme poétique et précise. Cependant, The Bible Knowledge Commentary : Old Testament (p. 1209) relève quinze similitudes de contenu. Cela s'explique probablement par le fait que l'auteur des Lamentations (très probablement Jérémie) cherchait délibérément à montrer que le désastre survenu n'était pas un événement fortuit, mais l'accomplissement délibéré, par Dieu, des malédictions prophétiques énoncées en Deutéronome 28.

L'ensemble du livre des Lamentations peut être considéré comme une réponse à la question posée en Deutéronome 29.24 [note : référence probable].


Q: En Dt 28.15-68, pourquoi les malédictions sont-elles quatre fois plus longues que les bénédictions de Dt 28.1-14 ?

R: Il était courant, dans les traités de suzeraineté antiques, de placer bénédictions et malédictions à la fin du document. Il était également courant que les malédictions liées à la rupture du traité soient plus nombreuses que les bénédictions. Paul évoquait le fait que ceux qui étaient sous la loi se trouvaient sous une malédiction ; et cela se vérifiait dès lors qu'ils enfreignaient la loi. Cependant, contrairement au Deutéronome, les traités de suzeraineté ne prévoyaient aucune disposition en matière de pardon.


Q: En Dt 28.20, quelle est la « confusion » prophétisée ici ?

R: Ce mot se traduit mieux par « panique ». On peut se le représenter comme une panique envoyée par Dieu Lui-même. Ce même mot est employé pour décrire la noyade des Égyptiens dans la mer Rouge, en Exode 14.23-28.


Q: Comment Dt 28.28-40 se rapporte-t-il aux exemptions militaires de Dt 20.5-8 ?

R: Les trois exemptions militaires concernaient l'homme qui venait de planter une vigne, celui qui venait de se fiancer, ou celui qui craignait d'aller au combat. Deutéronome 28.30 en mentionne deux : se fiancer et planter une vigne. Deutéronome 28.39-40 maudit le peuple désobéissant en lui faisant planter des vignes sans pouvoir en jouir. Deutéronome 28.28,34,65 évoque une folie, un tremblement, une panique (une confusion) qui les affligera.


Q: En Dt 28.55-58, pourquoi Dieu décida-t-Il que les Israélites désobéissants deviendraient cannibales, allant jusqu'à manger leurs propres enfants ?

R: Dieu ne désirait nullement cela, mais Il les avertit que leur châtiment pour désobéissance consisterait en un siège de Jérusalem si sévère qu'Il prévoyait que cela se produirait. Malheureusement, cela se produisit effectivement, selon 2 Rois 6.24-29 et Lamentations 2.20 ; 4.10.


Q: En Dt 28.64 et Dt 3.27 [référence incertaine], pourquoi l'exil fut-il prophétisé ?

R: Cela se réalisa pour le royaume du Nord lorsque les Assyriens le conquirent en 722 av. J.-C., et pour le royaume du Sud lorsque les Babyloniens le conquirent en 586 av. J.-C. Cela n'aurait cependant guère paru choquant aux premiers lecteurs, car, en dehors de la Bible, on sait qu'un conquérant exilant les habitants d'un peuple vaincu était déjà pratiqué vers 1800 av. J.-C., comme le mentionne Kenneth A. Kitchen dans J. B. Payne, New Perspectives on the Old Testament, p. 507, ainsi que dans The Bible de Kitchen, p. 120-122.


Q: Dt 28.68 prophétise-t-il une seconde servitude en Égypte, comme l'affirme le musulman Ahmed Deedat ?

R: Il s'agit là d'une prophétie conditionnelle, applicable s'ils persistaient dans leur rébellion. Ce texte ne prophétise pas une captivité en Égypte, mais plutôt le fait qu'ils fuiraient volontairement vers l'Égypte. Après que les Babyloniens eurent exilé la plupart des Juifs à Babylone, nombre de ceux qui restèrent choisirent de fuir en Égypte, entraînant avec eux un Jérémie réticent. Jérémie 41.11 à 44.30 relate en détail ce qui se produisit alors.

Plus tard, lorsque les Romains écrasèrent la révolte juive en 70 apr. J.-C., après avoir pris Jérusalem, ils envoyèrent dix-sept mille Juifs adultes en Égypte pour y effectuer des travaux forcés, et vendirent comme esclaves tous ceux qui avaient moins de dix-sept ans, selon La Guerre des Juifs de Flavius Josèphe, livre 6, chapitre 9.2. Vers 135 apr. J.-C., l'empereur romain Hadrien vendit également de nombreux Juifs comme esclaves, selon la lettre de Jérôme à Jérémie 31.


Q: Dt 29.1-29 constitue-t-il un résumé de Dt 28, ou une introduction à Dt 30 ?

R: Les deux à la fois, car ce passage peut être considéré comme une transition. Il récapitule ce qui précède, tout en introduisant ce qui suit. Les Bibles juives numérotent d'ailleurs Deutéronome 29.1 comme Deutéronome 28.69.


Q: En Dt 29.3-4, pourquoi des signes et des prodiges miraculeux ne peuvent-ils, à eux seuls, conduire à la foi en Dieu ?

R: En raison de la nature pécheresse des hommes, et de leur habileté à trouver des explications alternatives, l'auto-révélation de Dieu demeure nécessaire. Le peuple de Dieu, à cette époque, en fut témoin, et le rapporta à ses enfants et petits-enfants, qui le rapportèrent eux-mêmes à leurs descendants. Cependant, bien souvent, les enfants n'apprennent pas des épreuves vécues par leurs parents ; ils s'obstinent à vouloir apprendre eux-mêmes de leurs propres épreuves. Jean 2.18-21 ; 6.30 ; 9.40-41 ; 10.38 ; 13.7, et d'autres versets encore, illustrent la même réalité.


Q: En Dt 29.16-18, comment certains fidèles d'église tentent-ils de « se soustraire » à l'obéissance envers Dieu ?

R: Ils peuvent agir extérieurement de manière irréprochable, et obéir à Dieu dans de nombreux domaines, tout en s'imaginant, à tort, dans un ou deux domaines précis, que « le commandement de Dieu ne s'applique pas à moi, ici ». Cela peut prendre la forme d'une rationalisation : devoir mentir pour conclure des ventes, s'égarer sexuellement parce qu'ils s'estiment pris dans un mauvais mariage, devoir voler parce que Dieu ne pourvoit pas suffisamment à leurs besoins autrement, considérer leur mauvais caractère ou leur langage grossier comme acceptables puisque cela relèverait simplement de leur personnalité, ou encore s'autoriser un acte secret parce que personne ne le découvrira jamais. Mais Dieu, Lui, le sait, et Il n'a « exempté » personne de la poursuite de la sainteté en Lui. Le Christ n'est pas venu se ranger de notre côté. Il est plutôt venu afin que nous devenions siens, et que nous nous rangions de son côté.


Q: En Dt 29.18 et Hé 12.15, qu'est-ce que la « racine d'amertume » évoquée ici ?

R: Les hommes, même croyants, peuvent devenir amers pour de multiples raisons : les épreuves présentes, l'envie envers autrui, ou, plus généralement, un refus d'accepter ce que Dieu accomplit. Cela peut conduire à poursuivre une autre idole, ou à faire tomber une barrière contre le péché, si l'on estime que Dieu ne se soucie pas de nous, ou que l'on Lui en veut. Les principales causes en sont l'abandon de Dieu (28.20), les actes de désobéissance (28.15,20,45,58), l'ingratitude envers Dieu (28.47), et une conséquence du culte rendu à d'autres dieux (28.64 ; 29.16-17).

Cependant, au lieu de la simple « amertume », l'hébreu et le grec disent en réalité « racine d'amertume ». L'image est celle d'une plante nuisible, qui croît davantage avec le temps, nourrie par un environnement hostile.


Q: En Dt 29.18 et Hé 12.15, comment certaines personnes deviennent-elles amères aujourd'hui, et que pouvons-nous faire pour nous en préserver ?

R: Premièrement, reconnaissez le danger. Deuxièmement, priez Dieu de vous en préserver. Troisièmement, résolvez de « tracer une ligne dans le sable », et décidez de ne pas devenir ainsi. Quatrièmement, gardez les yeux fixés sur Dieu et sur ses promesses. Enfin, souvenez-vous que ce monde n'est de toute façon que passager, et que les épreuves que nous traversons aujourd'hui ne sont rien en comparaison des joies qui nous attendent au ciel, comme le dit 2 Corinthiens 4.17.


Q: En Dt 29.28, pourquoi Dieu déracinerait-Il son peuple désobéissant et le chasserait-Il vers un autre pays ?

R: Retournons la question. S'ils désobéissaient à Dieu, pourquoi s'imagineraient-ils que Dieu voudrait néanmoins les laisser jouir du pays qu'Il leur avait donné ? Si le peuple choisissait de se détourner de Dieu, Dieu pouvait Se détourner d'eux à son tour. Cela se produisit lors de l'exil. En un autre sens, nous sommes tous des exilés, puisque l'humanité tout entière fut chassée du jardin d'Éden.


Q: En Dt 29.29, que signifie l'affirmation selon laquelle les choses secrètes appartiennent à Dieu, tandis que les choses qu'Il a révélées nous appartiennent, à nous et à nos enfants, pour toujours ?

R: Deux types de connaissance sont ici distingués.

1. Les choses secrètes (voilées), que Dieu ne nous a pas révélées. Nous ne sommes pas tenus de les connaître ni de leur obéir. Certaines de ces choses ne nous seront peut-être révélées qu'au ciel, et d'autres, nous ne les connaîtrons peut-être jamais. Cela demeure toutefois acceptable : les pensées et les voies de Dieu sont plus élevées que les nôtres, comme le dit Ésaïe 55.8-9.

2. Les choses révélées (dévoilées), que Dieu nous a fait connaître, et que nous sommes tenus de connaître, d'observer, et d'enseigner à nos enfants et à autrui.


Q: En Dt 30.1-2, on pourrait juger les Israélites extrêmement insensés d'avoir été témoins de tout cela pour ensuite se détourner de Dieu. Mais quelles réalités, aujourd'hui, les hommes constatent-ils au sujet de Dieu, sans pour autant en tirer de leçon ?

R: La discipline n'aide pas nécessairement quiconque ; tout dépend si la personne l'accepte et se repent. Elle peut parfois rendre les gens plus entêtés encore. Existe-t-il des péchés que certains continuent de commettre, même après en avoir constaté de graves conséquences négatives ? Non seulement la drogue et l'alcool, mais aussi le manque de pureté, d'honnêteté, ou de bienveillance envers autrui. Acan et Judas recherchèrent un gain matériel. Gédéon et Samson, quant à eux, se vouèrent essentiellement un culte à eux-mêmes.


Q: En Dt 30.6, est-ce Dieu qui circoncit le cœur des Israélites, ou les Israélites eux-mêmes devaient-ils le faire, comme le dit Dt 10.16 ?

R: Cela revient à demander si nous sommes responsables de notre foi, ou si Dieu nous accorde la foi. La bonne réponse est : les deux à la fois, car, qu'il s'agisse du salut ou de la consécration à Dieu, il existe toujours une interaction entre Dieu et la personne. Le fait que Dieu circoncise nos cœurs est également évoqué en Colossiens 2.11.


Q: En Dt 30.11-14 et Rm 10.8, comment répondre à quelqu'un qui affirme que l'Écriture est trop difficile à comprendre ?

R: Il peut parfois s'agir simplement d'un prétexte : « tant que je ne peux pas tout comprendre, je n'ai pas à en suivre quoi que ce soit ». Mais pour ceux qui formulent ici une objection sincère, la réponse comporte trois points.

Premièrement, la Bible se comprend à plusieurs niveaux. Certaines parties sont si simples qu'un enfant de primaire peut parfaitement les comprendre. Même un élève de CE2 peut choisir de vouloir devenir un « bon » ou un « mauvais » plus tard. Chacun peut comprendre que Dieu a créé toutes choses, que nous avons tous péché, que Jésus est mort sur la croix pour nous, et qu'Il est ressuscité d'entre les morts ; nous devons nous repentir et croire en Lui. D'autres parties sont fort complexes, et des théologiens hautement qualifiés s'efforcent d'en démêler les implications doctrinales. Par exemple : quelle est l'étendue de la méta-connaissance de Dieu (concernant les hypothèses) ? Comment naissons-nous avec une nature pécheresse ? Lorsque Satan tenta Jésus, celui-ci était-Il impeccable ? Lors de la résurrection, en quoi nos corps ressembleront-ils au corps de Jésus, tout en en différant ? De plus, il arrive qu'un même passage puisse se lire et se comprendre à différents niveaux : un niveau simple (mais véridique), et un niveau plus profond (également véridique).

Deuxièmement, les croyants devraient prier pour recevoir la compréhension du Saint-Esprit. Celui-ci peut nous guider afin de discerner quelles interprétations sont correctes, et lesquelles sont erronées. Paul y fait allusion lorsqu'il cite Deutéronome 30.14 [note : et non 11.14] en Romains 10.8.

Enfin, nous nous avons les uns les autres : d'autres croyants, qu'ils vivent à notre époque ou qu'ils aient consigné leurs réflexions et leur sagesse voici bien longtemps.


Q: En Dt 30.15-20, Moïse affirme-t-il qu'avant le Christ, une personne était justifiée par l'obéissance à la loi ?

R: En réalité, ni Moïse ni la Bible n'affirment jamais cela. Ce passage expose les bénédictions et la communion avec Dieu qu'apportait l'obéissance à la loi, ainsi que les malédictions encourues par le peuple de l'alliance en cas de désobéissance ; mais la loi elle-même ne sauvait pas. Jésus-Christ a apporté la justification à tous ceux qui ont cru, que ce soit avant ou après sa venue.


Q: En Dt 30.19 ; Jos 24.15-18, pourquoi cette insistance sur le fait de choisir ?

R: Il ne leur suffisait pas d'écouter et d'acquiescer intellectuellement ; ils devaient choisir de vivre leur vie selon la piété, ce qui incluait de refuser les choses impies. C'est l'exact opposé de ce que Paul évoque en 2 Timothée 3.7, au sujet de personnes toujours en train d'apprendre, sans jamais parvenir à reconnaître la vérité. S'agissant de l'Évangile, il faut effectivement faire un choix.


Q : En Dt 31.1-3,7-8, comment éviter de penser que le succès d'un ministère dépend entièrement d'une seule personne ?

R : Dieu résolut ce problème en retirant Moïse. Mais avant cela, Moïse avait déjà formé Josué pour lui succéder. Aujourd'hui encore, lorsqu'un groupe de personnes assure ensemble la direction, le retrait soudain de l'une d'elles ne provoque pas de choc brutal. Nous devrions également réfléchir à notre propre succession, et à qui prendra notre relève. Enfin, une organisation dirigée par un collège d'anciens se révèle plus résiliente qu'une organisation reposant sur un unique dirigeant.


Q : En Dt 31.3, à quoi ressemblaient les peuples de Canaan, et existe-t-il aujourd'hui des peuples qui leur ressemblent ?

R : De nombreux peuples habitaient le pays de Canaan. Des colonies hittites et amorites provenaient d'Asie Mineure. Quelques Philistins et Peuples de la mer arrivèrent à cette époque du nord-ouest. L'un des peuples les plus singuliers était celui des Anakim. Des ossements découverts montrent que certains d'entre eux mesuraient jusqu'à trois mètres vingt. La plupart des Cananéens, en revanche, seraient venus du nord de l'Arabie. Un peuple vivant aujourd'hui serait considéré comme « cousin » des Cananéens : il habite l'actuel État du Qatar.

Canaan était gouvernée par un grand nombre de petites cités-États, rompues à la guerre les unes contre les autres. Leurs murailles urbaines étaient plus épaisses que celles des villes israélites, bâties des siècles plus tard. Les parties nord et sud de Canaan payaient toutes deux tribut à l'Égypte. Josué vainquit trente et un rois dans ces deux régions. Les plaines, cependant, ne furent pas conquises, car les Cananéens y employaient des chars, armes fort efficaces en terrain plat.

La religion des Cananéens était à la fois décadente et cruelle. Chaque région rendait un culte à un seigneur local, un baal. Les Cananéens vénéraient également la déesse Astarté (ou Ishtar), déesse de la sexualité et de la guerre. Selon une légende, elle envoya son propre mari, le dieu Tammouz, en enfer (charmante personne !). Trois éléments « séduisants » caractérisaient cette religion : la sexualité, la violence et le matérialisme. Ils sacrifiaient non seulement des animaux, mais leurs propres premiers-nés devaient également « passer par le feu ». Chaque temple assurait sa subsistance grâce aux sacrifices, et en partie grâce à la prostitution « sacrée » de ses prêtresses. Puisque les Cananéens possédaient une civilisation plus raffinée, et que leur religion flattait sans conteste la chair bien davantage que le culte de Dieu, elle représentait pour les Israélites une puissante tentation de se détourner du Dieu vivant.

Il est facile, en considérant le meurtre des enfants et la prostitution, de ne pas percevoir un autre mal, plus profond encore. Dans la plupart des cultures, seule une minorité commet des meurtres ou se prostitue ; mais voici le grand mal : si un Cananéen avait sincèrement désiré rechercher le Créateur et mener une vie bonne et morale, on lui aurait enseigné que la seule voie possible consistait à tuer son premier-né et à se livrer à la fornication. Imaginez à quel point il serait devenu quasiment impossible de rechercher un Dieu moral, si la seule voie connue passait par de tels actes impies.

En raison du grand péché des Cananéens (Genèse 15.16), et à cause du danger de tentation qu'ils représentaient (Deutéronome 7.16), Dieu ordonna leur destruction totale (Deutéronome 20.16-18). Nous pouvons méditer sur le degré de gravité qu'un péché doit atteindre avant que Dieu n'extermine un peuple tout entier, mais nous ne saurions véritablement contester le droit de Dieu à disposer de sa propre création comme Il l'entend.


Q : En Dt 31.6, 31.7 ; et Jos 1.6-7,8-18, pourquoi cette insistance sur la force et le courage ?

R : Cela pourrait tenir au fait que certains d'entre nous ont naturellement tendance à la faiblesse et à la peur. Il ne s'agit pas d'une confiance arrogante en nous-mêmes, mais d'une confiance en ce que Dieu peut accomplir à travers nous. Il existe cependant une seconde raison. Plutôt que de céder à la peur et à la panique, bien des gens préféreraient jouer la prudence et ne pas faire de vagues. Face à ces deux tentations, les croyants devraient se montrer forts et courageux.


Q : En Dt 31.7-8,23 ; 32.44 ; 34.9, comment choisir sagement son successeur ?

R : Il faut d'abord prendre conscience de la nécessité de choisir un successeur. Priez ensuite et demandez à Dieu de vous guider. Cependant, il vous faut également examiner la personne et exercer votre propre discernement. Josué avait passé beaucoup de temps auprès de Moïse et dans le tabernacle. Il avait fait ses preuves lorsque, avec Caleb, il fut l'un des deux seuls espions à rapporter un témoignage favorable, empreint de foi en la possibilité d'entrer dans le pays. Moïse avait souvent Josué à ses côtés, et put ainsi le former jour après jour. Aussi, non seulement Josué fut-il choisi, mais il fut également préparé. Lorsque Moïse le désigna publiquement ici, personne n'en fut surpris.


Q : En Dt 31.24-26, pourquoi cette loi ne fut-elle pas placée à l'intérieur de l'arche ?

R : Cette loi, c'est-à-dire le livre du Deutéronome, fut placée à côté de l'arche. Seuls trois objets se trouvaient à l'intérieur de l'arche elle-même : les dix commandements, le bâton d'Aaron qui avait fleuri, et un vase de manne. Ce livre était destiné à être lu par le peuple, en particulier par les rois. Les prêtres devaient le lire au peuple tous les sept ans, selon Deutéronome 31.9-10, lors de la fête des Tabernacles. Combien de gens, aujourd'hui, lisent-ils l'ensemble de l'Écriture au moins une fois tous les sept ans ? On pourrait penser que la tâche principale des prêtres consistait simplement à lire l'Écriture, mais ce serait passer à côté de l'essentiel. Les prêtres devaient plutôt exhorter le peuple, tant par l'encouragement que par l'exemple, à lire et connaître la loi de Dieu ; la lecture du Deutéronome tous les sept ans en constituait une part. The MacArthur Bible Commentary (p. 238-239) estime toutefois qu'il s'agissait de l'ensemble de la Torah, et non du seul Deutéronome.


Q : En Dt 32.1-44, qu'y a-t-il d'intéressant dans ce cantique ?

R : Il s'agit ici d'un « apprentissage par le chant ». Ce n'est pas avant tout un chant de louange, ni de lamentation, mais bien un cantique d'enseignement et de prophétie, comportant néanmoins quelques versets (32.3-4,8) qui louent le caractère de Dieu. Ce ne sont pas de simples paroles harmonieuses ; c'est l'expression de la volonté de Dieu, et un guide de vie et de mort pour le peuple de Dieu. Quiconque mémorisait ce cantique disposait ainsi d'un résumé de l'importance de la loi. Contrairement aux testaments modernes, un dernier testament établi en ces temps-là demeurait irrévocable.


Q : En Dt 32.1-4, pourquoi une telle insistance sur la louange de Dieu ?

R : Cela glorifie Dieu, mais nous concerne également. Comme le disait C. S. Lewis (dans Réflexions sur les psaumes, p. 94-95), il ne saurait exister de véritable jouissance d'une chose sans en apprécier la valeur.


Q : En Dt 32.5, pourquoi ce texte mentionne-t-il une génération perverse et tortueuse ?

R : Il s'agirait d'une génération ayant rejeté le Messie de Dieu. Jésus qualifia ainsi la génération de son temps, en Matthieu 17.17. Pierre et Paul emploient également cette expression, en Actes 2.40 et en Philippiens 2.15.


Q : En Dt 32.8 et suivants, comment la traduction de la Septante a-t-elle influencé la compréhension de ce passage ?

R : La Septante dit : « Lorsque le Très-Haut partagea les nations, lorsqu'il sépara les fils d'Adam, il fixa les frontières des nations selon le nombre des fils/anges de Dieu ».


Q : En Dt 32.10 ; Ps 17.8 ; Za 2.8, qu'est-ce que la « prunelle de l'œil » ?

R : Cette expression désigne la pupille, le centre de l'œil. Elle signifie quelque chose de particulièrement précieux, auquel on tient tout spécialement.


Q : En Dt 32.11a, comment l'aigle « agite-t-il » le nid ?

R : Il faudrait avoir longuement observé les aigles pour le savoir. L'aiglon jouit d'une vie plutôt confortable dans son nid : il n'a rien à faire, et reçoit constamment de la nourriture gratuite. Il en a conscience, et ne souhaite généralement pas quitter une situation si avantageuse. Mais la mère se met à détruire le nid où se trouve l'aiglon, contraignant ainsi le jeune aigle à commencer à voler et à se débrouiller par lui-même. Il arrive parfois que l'aigle tente de voler, plonge jusqu'au sol, et s'y retrouve coincé un certain temps. Cela ne pose aucun problème : les parents continueront d'apporter de la nourriture à l'aigle resté au sol, jusqu'à ce qu'il puisse voler par lui-même.


Q : En Dt 32.11 et suivants, quels oiseaux portent leurs petits sur leurs ailes ?

R : Seuls les oiseaux de proie (la Palestine en compte quarante-quatre espèces) possèdent des ailes assez puissantes pour cela. L'un d'eux, au moins, l'aigle royal, est connu pour attraper ses petits dans ses ailes. Ils plongent sous les aiglons et s'envolent avec eux sur le dos, lorsque ceux-ci apprennent à voler, selon le numéro d'avril 2001 du National Geographic.

Voir https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_birds_of_Palestine (consulté le 29 juin 2025) pour davantage de précisions.


Q : En Dt 32.15 ; 33.5 ; 33.26 ; et Ésaïe 44.2, qui est Yeshouroun ?

R : Il s'agit d'une métaphore ; Yeshouroun est un surnom affectueux donné à Israël, signifiant « le droit » ou « le juste ». L'idée est qu'Israël, à l'origine, plaisait au Seigneur. Mais tout comme un animal bien nourri pourrait ruer contre le maître qui le nourrit, il s'agit ici d'une prophétie poétique annonçant que le peuple de Dieu, Israël, se rebellerait contre Lui. Il rendrait un culte à d'autres dieux, qui n'étaient en réalité que des démons, selon Deutéronome 32.16-17.


Q : En Dt 32.15, pourquoi certains enfants de croyants, en grandissant, se détournent-ils de Dieu ?

R : Il peut exister diverses raisons.

L'attrait exercé par d'autres choses, y compris un ami sentimental, un conjoint, ou d'autres membres de la famille.

Le matérialisme.

L'orgueil et l'arrogance.

L'inconstance et l'hypocrisie constatées chez des croyants.

La peur et la persécution.

L'indifférence née de la prospérité. Il y a là une leçon à retenir : la prospérité peut constituer une épreuve plus dangereuse encore que les temps difficiles.

Sous-jacentes à la plupart de ces raisons se trouvent deux questions auxquelles ces personnes répondent, en réalité, par l'affirmative : Dieu suffit-Il vraiment ? Et la voie de Dieu est-elle réellement la meilleure ?


Q : En Dt 32.12,16, pourquoi l'Éternel est-Il si irrité par les dieux étrangers ?

R : Deutéronome 32.16 dit que cela provoque la jalousie de Dieu. Tout comme un époux ou une épouse pourrait ressentir de la jalousie face à l'infidélité de son conjoint, Dieu éprouve également de la jalousie lorsque les hommes se tournent vers d'autres dieux. Toujours au verset 16, Dieu qualifie ce culte d'abomination. En un sens, la terre constitue un champ de bataille où les démons combattent Dieu. L'enjeu, ou le « prix » recherché, consiste à s'attacher des hommes loyaux envers les démons, qui croient en eux, les suivent, ou leur rendent un culte.

Un jour, alors que je jouais dans l'équipe de basket-ball de mon école, je marquai le panier décisif de la rencontre. Il s'agissait d'un entre-deux, et l'arbitre nous plaça malencontreusement dos à dos, dans le mauvais sens. Je touchai le ballon, le récupérai, et tirai. Le ballon rentra — mais malheureusement, je l'avais marqué dans le panier de l'équipe adverse. Pire encore, nous perdîmes le match d'un seul point. J'en fus profondément humilié. L'une des règles tacites du basket-ball est de ne jamais marquer de points pour l'équipe adverse. Voilà, en quelque sorte, ce que représente le culte rendu à des dieux étrangers.


Q : En Dt 32.21, le « peuple insensé » évoqué ici désigne-t-il les Arabes préislamiques, comme l'affirme le musulman Ahmed Deedat ?

R : On peut également traduire cette expression par « peuple lent à apprendre » ; quoi qu'il en soit, rien n'indique que ce texte désigne davantage les Arabes que les païens en général. Précisément, les premiers chrétiens d'origine non juive étaient, pour l'essentiel, des païens issus de l'Empire romain. Les Arabes ne constituaient pas alors un peuple particulièrement nombreux.


Q : En Dt 32.28-33, en quoi un discernement défaillant constitue-t-il un péché conduisant à la ruine ?

R : Lorsqu'on est incapable de distinguer le bien du mal, que ce soit par crainte, par pression, ou par crainte d'une perte potentielle, on ne peut alors guider autrui. Lorsqu'on ignore soi-même ce qui est bien ou mal, on devient susceptible de tomber dans n'importe quel piège. Toute ignorance n'est pas innocente : certaines résultent d'un effort délibéré pour ne pas se soucier de savoir si une chose est bonne ou mauvaise.

Métaphoriquement, les méchants disposaient d'abondance de vin, mais ils ne réalisaient pas eux-mêmes — ou bien ils le réalisaient, sans s'en soucier — que leur vin était en réalité un venin de serpent. Aujourd'hui encore, certains s'adonnent à la drogue, à l'ivresse, au tabac, empoisonnant ainsi eux-mêmes leur propre corps.


Q : En Dt 32.48, la colère de Moïse constitua-t-elle un « péché conduisant à la mort », tel que mentionné en 1 Jn 5.16,17, puisqu'il fut puni en mourant avant d'entrer dans la Terre promise ?

R : Non, ce cas diffère fondamentalement de celui d'Ananias et de Saphira (Actes 5.1-11), de certains croyants ayant pris à la légère la sainte Cène (1 Corinthiens 11.31,32), de la révolte de Coré (Nombres 16), ou du péché d'Acan (Josué 7.16-26). Ces derniers moururent immédiatement, tandis que Moïse vécut encore de nombreuses années avant de mourir. Le péché de Moïse ne fut « un péché conduisant à la mort » qu'au sens où Adam, Ève, et nous tous, mourrons en conséquence du péché.


Q : En Dt 32.49, jusqu'où Moïse pouvait-il voir depuis le mont Nébo ?

R : Le mont Nébo s'élevait à environ 823 mètres au-dessus du niveau de la mer, et à environ 1 220 mètres au-dessus de la mer Morte. Par temps clair, on peut, de là, apercevoir la région située au nord de la mer de Galilée et au sud de la mer Morte.


Q : En Dt 32.50, puisqu'il existe une vie après la mort, que signifie l'expression « réuni à son peuple » ?

R : Cela signifie simplement que Moïse rejoignit les Israélites déjà décédés. Autrement dit, Moïse mourut.


Q : En Dt 33.1-29, quand et comment devrions-nous, aujourd'hui, prononcer des paroles de bénédiction sur autrui ?

R : Nous devrions bénir autrui en prenant soin de ces personnes et en accomplissant pour elles des actes d'amour, mais ce n'est pas ce dont il est question ici. Il existe trois manières de procéder.

Prier pour eux (en leur absence) : à quelle fréquence priez-vous pour votre famille, pour les membres de votre église, et pour les non-croyants ?

Leur adresser des paroles d'encouragement : édifiez-les en leur transmettant une vision de ce qu'ils pourraient devenir, et, on l'espère, de ce qu'ils sont en train de devenir. Encouragez-les à persévérer, et à viser le centre même de la volonté de Dieu, plutôt que d'en effleurer simplement les bords. Rappelez-leur que la voie de Dieu demeure toujours la meilleure. En définitive, il n'existe rien de tel qu'un « péché couronné de succès ». Les bénédictions de Moïse combinaient prières, louanges, prophéties et commandements.

Prier pour eux en leur présence : au-delà de prier avec eux, priez également sur eux, afin que Dieu les bénisse des choses véritablement essentielles — la connaissance de Lui-même, une foi solidement bâtie, et un amour de Dieu débordant dans leur vie.


Q : En Dt 33.2, le fait que Dieu resplendisse avec dix mille saints se rapporte-t-il à la conquête de La Mecque par Mahomet, comme l'affirme le musulman Ahmed Deedat ?

R : Non. Bien que l'armée venue de Médine ait compté environ dix mille hommes, il s'agit là de la seule similitude. Parân se situait en Édom, dans l'actuelle Jordanie, et n'occupait aucune place prépondérante dans la Bible. La Mecque comme Médine se trouvent toutes deux très loin au sud de Parân ; il s'agit donc là, pour le moins, d'un rapprochement forcé, distant de plusieurs centaines de kilomètres.


Q : En Dt 33.6-27, pourquoi Siméon n'est-il pas mentionné dans cette prophétie ?

R : L'Écriture ne le précise pas, mais, à l'avenir, Siméon fusionnerait avec Juda et perdrait son identité de tribu disposant d'un territoire propre et indépendant, selon 1 Chroniques 4.24-42.


Q : En Dt 33.6, le texte hébreu dit-il « que » ses hommes soient peu nombreux, ou « que » ses hommes ne soient PAS peu nombreux ?

R : Les deux traductions demeurent possibles. La Septante, traduction grecque plutôt fiable pour les cinq premiers livres, comprit ce passage comme signifiant : « qu'il soit nombreux ».


Q : En Dt 33.6, pourquoi Moïse ne prononce-t-il, pour la seule tribu de Ruben, le souhait que son peuple ne soit pas peu nombreux ?

R : De nombreuses prophéties de prospérité furent accordées à d'autres tribus, mais non à Ruben. L'Écriture n'en précise pas la raison, mais on peut en discerner une. Les tribus de Ruben, de Gad, et la demi-tribu de Manassé demandèrent un territoire en dehors de Canaan, à l'est du Jourdain ; Ruben occupait la portion la plus méridionale de ce territoire oriental. On leur accorda ce qu'ils demandaient, à condition qu'ils s'engagent à aider les autres tribus à s'emparer de leur propre territoire. Pour autant que l'on sache, ces tribus tinrent leur promesse. Mais le Jourdain constituait naturellement, une bonne partie de l'année, un obstacle difficile à franchir, et les tribus orientales demeuraient exposées aux Édomites, aux Moabites, aux Ammonites, aux Syriens, et aux Arabes. Il existait pourtant suffisamment de terre en Canaan même, et ces tribus ne firent pas preuve de sagesse en réclamant un territoire plus difficile à défendre, en dehors de Canaan. Peut-être, une fois assurées de pouvoir vivre sur cette terre, se demandèrent-elles : « pourquoi aller plus loin ? »

Nombreux, aujourd'hui encore, sont ceux qui, constatant qu'une chose n'est pas mauvaise en soi, se demandent également : « pourquoi aller plus loin ? » Si vous ne vous trouvez pas manifestement hors de la volonté de Dieu, préférez-vous demeurer dans cet état de « pourquoi aller plus loin », ou souhaitez-vous vous tenir au tout centre de la volonté de Dieu pour vous ? Une bonne raison d'aller plus loin résidait précisément dans leur vulnérabilité à être balayés, tant militairement que spirituellement. De fait, dès l'époque de David, on n'entend plus parler des deux tribus et demie de l'est. De même, si vous marchez avec Dieu tout en vous trouvant dans une position vulnérable, peut-être en raison d'une tentation, plutôt que de vous demander « pourquoi aller plus loin », changez vos circonstances, ou quittez ce lieu.


Q : En Dt 33.7, que dit cette bénédiction au sujet de Juda ?

R : Il s'agissait là d'une bénédiction liée à la puissance, mais elle diffère des bénédictions de puissance accordées à Gad et à Dan en Deutéronome 33.20-22. Cette bénédiction sur Juda porte exclusivement sur le fait que Dieu lui accorderait puissance et secours pour protéger son peuple.


Q : En Dt 33.7, puisque la royauté de Juda n'y est pas mentionnée, cela démontre-t-il que ce texte fut composé après la scission des tribus du Nord, comme l'affirme l'ouvrage sceptique Asimov's Guide to the Bible (p. 206) ?

R : Non ; il serait tout aussi valable d'affirmer que l'absence de mention de la royauté de Juda indique que ce texte précède David et le royaume unifié, que d'affirmer qu'il lui est postérieur. En réalité, puisqu'il s'agissait des bénédictions prononcées par Moïse, il n'y avait nul besoin de mentionner, ou de ne pas mentionner, la royauté de Juda.


Q : En Dt 33.8-11, que nous enseigne ce passage sur Lévi et la loyauté ?

R : Après que les Madianites eurent tenté Israël, les lévites prirent l'épée, en obéissance au commandement de Dieu, et tuèrent leurs propres compatriotes. La loyauté envers Dieu et la loyauté envers les autres Israélites coïncidaient normalement, mais lorsqu'elles divergèrent, les lévites choisirent de demeurer loyaux envers Dieu. Lévi fut maudit d'être dispersé en Israël. Il s'agit là, cependant, d'un exemple de malédiction transformée en bénédiction.

Nous pouvons être loyaux envers Dieu, notre pays, un président, notre église, notre famille, une entreprise, des amis, etc. Espérons qu'aucun conflit ni contradiction ne surgisse entre ces diverses loyautés. Mais lorsque tel est le cas, nous devons veiller à ce que notre loyauté suprême demeure envers Dieu, au-dessus de notre pays, de notre église, de notre famille, de notre entreprise, ou de nos amis.


Q : En Dt 33.12, que nous enseigne ce passage sur Benjamin et la sécurité ?

R : Certains pensent constamment à la sécurité. Certains vivent dans des régions où ils doivent y songer la plupart du temps, comme dans un pays ravagé par la guerre. Mais vous pouvez trouver le repos en sachant que Dieu veille sur vous. Rien ne garantit que les chrétiens ne souffriront jamais ni ne seront jamais tués. Mais vous ne mourrez pas avant que Dieu ne décide de vous rappeler à Lui.

On raconte l'histoire d'un avion pris dans une tempête, où le vol se déroulait fort difficilement. Tous semblaient effrayés, à l'exception d'une vieille dame. On lui demanda pourquoi elle n'avait pas peur, et elle répondit qu'elle savait qu'elle allait revoir son fils. Ce fils se trouvait dans la ville où l'avion devait atterrir. Mais elle avait un autre fils, croyant, déjà décédé. Elle déclara ignorer si l'avion atterrirait en toute sécurité ou non, mais elle savait que, dans un cas comme dans l'autre, elle reverrait son fils.


Q : En Dt 33.16, faut-il comprendre la faveur de Dieu qui se trouvait au « Sinaï » ou « dans le buisson » ?

R : Puisque les voyelles n'étaient pas écrites à l'origine, les consonnes « S-N » pourraient renvoyer soit au mont Sinaï, soit au buisson (comme dans le buisson ardent). Quoi qu'il en soit, le sens demeure le même : regarder vers Dieu, qui s'est manifesté surnaturellement, que ce soit dans le buisson ardent ou au mont Sinaï.


Q : En Dt 33.25, que signifie la promesse faite à Asher, « ta force égalera tes jours » ?

R : Asher achèvera bien sa course : la tribu demeurera forte aussi longtemps qu'elle subsistera sur la terre, plutôt que de s'affaiblir sans cesse davantage. Les chrétiens d'aujourd'hui font face à un choix en vieillissant : ils pourront s'affaiblir physiquement et mentalement. Mais espérons que nous connaîtrons tous une « force égale à nos jours » sur le plan spirituel. Nous devrions nous efforcer de « bien achever notre course », plutôt que de nous affaiblir spirituellement à mesure que changent notre environnement et nos circonstances. Nous devons veiller intentionnellement à laisser un héritage, et à bien terminer notre course.


Q : En Dt 33.18-19, quel genre de bénédiction représente ce passage pour Zabulon et Issacar ?

R : Ces deux tribus se trouvaient tout au nord, et Asher se situait juste le long de la côte, depuis juste au nord de Tyr jusqu'à l'actuelle Tel-Aviv. La montagne mentionnée est probablement le mont Thabor, qui sépare Zabulon et Issacar. Outre l'offrande de sacrifices justes, cette bénédiction concernait la prospérité matérielle. Entre les forêts du Liban et leur assimilation progressive aux Phéniciens, ces tribus devinrent fort prospères, mais au détriment de leur vie spirituelle. À l'époque de David, on n'entend plus parler d'Asher ni de Zabulon, une grande partie de la tribu ayant été absorbée par la Phénicie. En réalité, l'architecte du temple de Salomon, Hiram, en 1 Rois 7.13, était originaire de Nephtali du côté de sa mère, et de Tyr du côté de son père. De fait, en 1 Rois 9.10-12, Salomon céda vingt villages de Galilée à Hiram, roi de Tyr. On pourrait objecter qu'il ne s'agissait que de vingt villages, mais il n'aurait dû en céder aucun. Salomon bâtit son temple en s'appuyant sur une précieuse amitié avec le monde extérieur. Cette amitié eut un coût : céder vingt villes du peuple de Dieu à un roi païen. Il eût mieux valu que le temple parût moins somptueux, plutôt que de livrer le peuple de Dieu au paganisme.


Q : En Dt 33.20-23, que signifie cette prophétie concernant les tribus de Gad et de Dan, et la puissance comparable à celle d'un lion ?

R : Ces tribus étaient combattantes, et il fut prophétisé qu'elles deviendraient de puissants guerriers. Notons, à titre indicatif, que « Basan » désigne la région fertile au nord-est de Canaan, vers laquelle Dan migra. Ce nom se rattache également au mot ougaritique basan, signifiant vipère. Cette prophétie diffère grandement de la prophétie de prospérité accordée à Zabulon et à Issacar, mentionnés juste avant, ou à Asher, mentionné juste après. Dieu accorderait le succès à Gad et à Dan. Cependant, ces tribus ne subsistèrent pas, mais furent assimilées. Il ne suffit pas d'être un bon combattant ; il faut également veiller à la cause pour laquelle on combat. On a pu dire que la Seconde Guerre mondiale fut remportée grâce à la détermination de l'Europe occidentale, à l'acier américain, et au sang russe, la Russie ayant relativement subi bien plus de pertes que l'Amérique ou l'Occident. Mais peut-être n'y aurait-il pas eu tant de pertes si ces nations n'avaient pas, au départ, choisi le mauvais camp, en aidant l'Allemagne nazie.


Q : En Dt 34.1-12, comment le Deutéronome pourrait-il avoir été écrit par Moïse, puisqu'on y mentionne sa propre mort ?

R : La plupart des chrétiens estiment que les deux derniers chapitres du Deutéronome furent consignés après la mort de Moïse. Il est fort peu probable que Moïse ait lui-même écrit sur les événements suivant sa propre mort, d'autant que Deutéronome 33 emploie la troisième personne, « il dit », en Deutéronome 33.2,7,8,12,13,18,20,22,23,24. Il était cependant courant, dans l'Antiquité, que des auteurs écrivent sur eux-mêmes à la troisième personne. Quoi qu'il en soit, le chapitre 34, tout au moins, fut probablement rédigé par l'auteur du livre de Josué, ou par Josué lui-même.


Q : En Dt 34.1-2, comment Moïse put-il voir « tout » le pays ?

R : Lorsque quelqu'un recevait la possession d'un terrain, par exemple par achat, il en faisait formellement le « tour du regard » avant d'en prendre possession. Le mot « tout », ici, ne signifie pas chaque parcelle précise de terrain (y compris le versant opposé de chaque montagne ou de chaque bâtiment). Il signifie plutôt que Moïse vit le pays dans son ensemble.


Q : En Dt 34.4, comment réagir lorsque Dieu nous permet d'apercevoir une chose de loin, sans pour autant y prendre part ?

R : Il arrive que Dieu agisse ainsi à des fins disciplinaires, parfois pour notre protection, parfois par simple délai, et parfois nous n'en saisissons pas la raison. Il arrive que Dieu nous accorde une chose, comme un héritage, sans que nous en prenions possession avant plus tard, même si nous souhaiterions tout obtenir immédiatement. Quoi qu'il en soit, nous ne devrions pas devenir amers, mais reconnaître que l'action de Dieu vise toujours ce qui sert le mieux sa propre gloire.

Comme nous, Moïse pouvait porter un regard sur sa propre vie, et sur le peuple, mêlant accomplissement et déception, satisfaction joyeuse et douleur.

Est-il donc vrai que Moïse ne soit jamais entré dans le pays de Canaan ? Peut-être pas entièrement, car Moïse et Élie s'entretinrent avec Jésus sur la montagne de la Transfiguration, en Matthieu 17.1-3. Bien que cette montagne ne soit pas précisément identifiée, si elle se trouvait effectivement en Canaan, alors Moïse y parvint bel et bien, en fin de compte.


Q : En Dt 34.5, pourquoi Moïse fut-il enseveli en un lieu tenu secret ?

R : Moïse gravit seul le mont Nébo, de sorte qu'aucun être humain ne fut témoin du lieu de sa mort. L'Écriture n'en précise pas la raison, mais deux hypothèses ont été formulées.

Flavius Josèphe, l'historien juif, affirmait que, si le lieu avait été connu, les Israélites auraient pu en venir à faire du corps de Moïse une idole. Voir 1001 Bible Questions Answered, p. 311, à ce sujet.

Jude 9 dit que l'archange Michel et Satan se disputèrent au sujet du corps de Moïse. Cela pourrait avoir un rapport avec ce fait, ou avec l'apparition ultérieure de Moïse auprès de Jésus lors de la Transfiguration.


Q : En Dt 34.7, comment Moïse, à l'âge de cent vingt ans, pouvait-il demeurer vigoureux, avec une bonne vue ?

R : Dieu peut préserver la jeunesse, et Dieu peut même restaurer la jeunesse, comme le montrent Job 33.25, Psaume 103.5, et peut-être Psaume 110.3.


Q : En Dt 34.7, Moïse demeurait-il aussi vigoureux que dans sa jeunesse, ou ne pouvait-il plus « aller et venir », comme le dit Dt 31.2 ?

R : Moïse demeurait vigoureux, comme dans sa jeunesse. Mais, comme le précise également Deutéronome 31.2, Moïse avait perdu une partie de sa mobilité, ne pouvant plus désormais « sortir et entrer ». Cependant, en Deutéronome 34.1, Moïse put encore gravir le mont Nébo, car « il avait des funérailles à honorer » — les siennes propres. La véritable raison pour laquelle Moïse ne pouvait entrer dans la Terre promise est donnée en Deutéronome 31.3, où Moïse déclare au peuple que Dieu lui avait annoncé qu'il mourrait juste avant d'y parvenir. C'est pourquoi Moïse remit la direction du peuple à Josué, en Deutéronome 31.1-8.


Q : En Dt 34.9, où ailleurs, dans l'Ancien Testament, l'Esprit de l'Éternel reposa-t-il sur des hommes ?

R : Voici une liste tirée de The MacArthur Bible Commentary (p. 245).

Exode 31.3 ; 35.30,31 — Betsaléel, afin de lui donner l'habileté nécessaire.

Nombres 11.17 — Moïse.

Nombres 11.25 — Les soixante-dix anciens.

Nombres 24.2 — Balaam, lorsqu'il prophétisa au sujet d'Israël.

Deutéronome 34.9 — Josué, pour succéder à Moïse.

Juges 3.10 — Othniel.

Juges 6.34 — Gédéon.

Juges 11.29 — Jephté.

Juges 14.6,19 ; 15.14 — Samson.

1 Samuel 10.10 ; 11.6 ; 19.23 — Saül.

1 Samuel 16.13 — David.

1 Samuel 19.20 — Les messagers du roi Saül.

1 Chroniques 12.18 — Amasaï.

2 Chroniques 24.20 — Zacharie.

Ésaïe 61.1 — Ésaïe.

Ézéchiel 3.24 ; 11.5 — Ézéchiel.

Exode 28.3 — un esprit de sagesse donné à ceux qui confectionnèrent les vêtements sacerdotaux.


Q : En Dt 34.10, comment Moïse aurait-il pu écrire qu'il fut un plus grand prophète que Jésus ? (Question posée par un athée.)

R : De nombreux chrétiens conservateurs ne croient pas que Moïse ait lui-même rédigé l'épilogue du Deutéronome après sa propre mort. Je dois avouer que c'est la première fois que j'entends un athée avancer l'idée que Moïse aurait écrit après sa propre mort. Quoi qu'il en soit, la réponse demeure identique.

Deutéronome 34.10 précise qu'il ne s'était pas levé de prophète semblable « jusqu'à ce jour ». L'auteur de l'épilogue du Deutéronome disait ici l'exacte vérité, puisque ce texte fut rédigé bien avant la venue de Jésus.

Il faut néanmoins reconnaître aux athées leur assiduité à passer la Bible au peigne fin, ainsi que leur habileté à y déceler des difficultés que personne d'autre n'y remarque.


Q : Qui, en réalité, écrivit le livre du Deutéronome ?

R : Le Deutéronome fut prononcé oralement par Moïse (Dt 1.1-5 ; 4.1 ; 4.44-46 ; 5.1 ; 29.1-2), ou consigné par écrit par lui (31.9 ; 31.22,24-26). Cela se situe vers 1406 av. J.-C., bien que le passage relatif à la mort de Moïse ait probablement été rédigé peu après. Les « hautes critiques » libérales ont prétendu que ce livre fut rédigé par quelqu'un d'autre, soit en 701 av. J.-C., soit entre 520 et 400 av. J.-C., soit encore lors de la réforme de Josias. Voici quelques arguments en faveur de la position traditionnelle, attribuant ce livre à Moïse.

1) L'un des éléments essentiels de la réforme de Josias consistait à n'autoriser aucun sacrifice ailleurs qu'à Jérusalem ; il serait donc étrange qu'un ouvrage rédigé tardivement mentionne des sacrifices à Sichem, au mont Ébal, et au mont Garizim, sans jamais mentionner Jérusalem. Jérusalem est mentionnée dans les tablettes d'Ebla, dès le vingt-quatrième siècle av. J.-C. ; on s'attendrait donc à ce qu'un écrit datant de l'époque de Josias (v. 620 av. J.-C.) mentionne au moins une fois le temple de Jérusalem.

2) Les Amalécites sont mentionnés en Deutéronome 25.17-19. Bien qu'ils fussent un adversaire redoutable à l'époque de Moïse, et encore présents à l'époque de David, ils avaient depuis longtemps disparu à une époque plus tardive.

3) En Deutéronome 17.14-20, il semblerait étrange d'annoncer qu'un jour ils auraient un roi, s'ils en avaient déjà connu depuis plusieurs siècles.

4) Les détails géographiques précis présents en Deutéronome 2.8,10,13,36 ; 3.14,17 seraient, au mieux, sans grand intérêt, et plus vraisemblablement inconnus, d'un auteur plus tardif.

5) En Deutéronome 3.17, pourquoi ce texte évoque-t-il Kinnéreth ? Il s'agissait là du nom de la mer de Galilée à l'arrivée des Israélites, mais non par la suite.

6) Comme déjà mentionné, ce livre correspond aux traités de suzeraineté datant de 2000 à 1000 av. J.-C., mais non à une époque postérieure.


Q : Comment savons-nous que le texte dont nous disposons correspond à ce qui fut originellement écrit, d'après le témoignage de Philon le Juif ?

R : En tant que chrétiens, nous faisons confiance au fait que le Christ ait validé l'Ancien Testament tel que nous le possédons. D'ailleurs, pour les musulmans, leur propre Coran affirme que Jésus reçut la Torah, en sourate 5.46. Nous disposons de manuscrits anciens datant de l'époque du Christ, sujet abordé dans la question suivante. Il existe cependant une source de témoignage supplémentaire. Philon d'Alexandrie fut un érudit juif ayant vécu de 15/20 av. J.-C. à 50 apr. J.-C. Il écrivait en grec, mais il est curieux que ses citations grecques de l'Ancien Testament concordent davantage avec le texte massorétique hébreu qu'avec la Septante grecque. Il développa en grand détail la signification de divers versets. Voici les versets du Deutéronome auxquels il fait référence :

1.17,31,43 ; 4.1,4,6,12,19,29,39 ; 5.16,27,31 ; 6.7,10,11,13 ; 7.1,7 ; 8.2,3,12,14,15,17,18 ; 9.5 ; 10.9,10,16,17,18,20-22 ; 11.8 ; 12.28,31 ; 13.1,4,6 ; 14.1,4,10 ; 15.1,6,8,12,16 ; 16.3,19-22 ; 17.6,15,18 ; 18.18 ; 19.14-17,19 ; 20.1,5,10,19,20 ; 21.10,14,15,17-21,23 ; 22.8,10,13,27 ; 23.1-5,12-14,16,18,19,21 ; 24.4,7,10,15,19,20 ; 25.4,11-13,17,18 ; 26.1,13 ; 27.2,3,9,15,17,19 ; 28.12,15,23,28,33,65 ; 29.4 ; 30.4,9-12,14-15,20 ; 32.4,5,7,8,13,15,18,32,34,39 ; 33.1,4,6,9 ; 34.4-6,10.


Q : Quels sont, pour le Deutéronome, les manuscrits les plus anciens qui subsistent encore aujourd'hui ?

R : Voici les plus anciens d'entre eux.

Manuscrits antérieurs au concile de Nicée pour le Deutéronome :

Les rouleaux de Ketef Hinnom (650-587 av. J.-C.), gravés sur argent (ce qui explique leur conservation), contiennent des fragments d'Exode 20.6, de Nombres 6.24-26, de Deutéronome 5.10 et 7.9, de Néhémie 1.5, et de Daniel 9.4.

Les manuscrits de la mer Morte (200 av. J.-C. à 68 apr. J.-C.) : vingt-neuf copies distinctes, soit 620,5 des 959 versets du Deutéronome (64,7 %).

De nombreuses phylactères et mezouzot (portées respectivement sur le front et sur les bras) figurent parmi les manuscrits de la mer Morte.

Le papyrus Nash (150 av. J.-C.) contient Exode 20.2-17 et Deutéronome 5.6 à 6.4 et suivants.

La Septante grecque (le plus ancien exemplaire datant de 200-100 av. J.-C.) : plusieurs centaines de copies et fragments.

Les papyrus Fouad Inv. 266 (100-1 av. J.-C.) comportent plus d'une centaine de fragments de Deutéronome 17-33, en grec.

Nahal Hever (50 av. J.-C. à 50 apr. J.-C.).

Le rouleau de Massada Mas1C (avant 69 apr. J.-C.) contient Dt 33.17-21 et 34.2-6.

Le rouleau de Wadi Murabba'at (Mur XII) (v. 132 apr. J.-C.).

La recension lucianique (312 apr. J.-C.), copie de la Septante réalisée par Lucien d'Antioche.

Le Vaticanus (=B) (325-350 apr. J.-C.).

Le Sinaïticus (Si) (340-350 apr. J.-C.).

L'Alexandrinus (=A) (v. 450 apr. J.-C.).

Les Samaritains réalisèrent leur propre copie entre 200 et 100 av. J.-C., bien que la plus ancienne copie samaritaine conservée ne remonte qu'au Moyen Âge.

Les rouleaux de Ketef Hinnom datent de 650 à 587 av. J.-C., gravés sur argent (ce qui explique leur conservation), et contiennent des fragments d'Exode 20.6, de Nombres 6.24-26, de Deutéronome 5.10 et 7.9, de Néhémie 1.5, et de Daniel 9.4.

Les manuscrits de la mer Morte (antérieurs au Christ) : vingt-neuf manuscrits distincts (The Dead Sea Scrolls Today, p. 30). Selon The Dead Sea Scrolls Translated: The Qumran Texts in English, 2e éd., et The Dead Sea Scrolls in English, 4e éd., il s'agit des manuscrits suivants :

4QPaléo-Deutéronome[r] contient Dt 19.2-3.

1Q4, 1Q5, 2Q10, 2Q11, 2Q12.

4Q28 (=4QDeutéronome a) (Deutéronome 23.36 ? ; 24.1-8) (175-150 av. J.-C.).

4Q29 (=4QDeutéronome b) (Deutéronome 29.24-27 ; 30.3-14 ; 31.9-17,24 - 32.3), qui présente des affinités avec le texte hébreu sous-jacent à la Septante (daté de 150-100 av. J.-C.).

4Q30 (=4QDeutéronome c) (120 versets issus de 19 chapitres, y compris 31.16-19) (v. 150-100 av. J.-C.) : Dt 3.25-26 ; 4.13-17,31-32 ; 7.3-4 ; 8.1-5 ; 9.11-12,17-19,29 ; 10.1-2,5-8 ; 10.8-12 ; 11.3,9-13,18 ; 12.18-19,26,31 ; 15.1-4,15-19 ; 16.2-3,6-11,21-22 ; 17.1-5,7,15-20 ; 18.1 ; 26.19 ; 28.1-14,20,22-25,29-30,48-50,61 ; 29.17-19 ; 31.16-19 ; 32.3.

4Q31 (=4QDeutéronome d) (Deutéronome 2.26-33 ; 3.14-29 ; 4.1).

4Q32 (fragments des chapitres 3 et 8).

4Q33 (=4QDeutéronome f), fragments de 93 versets : Dt 4.24-26 ; 7.22-25 ; 8.2-14 ; 9.6-7 ; 17.17-18 ; 18.6-10,18-22 ; 19.17-21 ; 20.1-6 ; 21.4-12 ; 22.12-19 ; 23.21-26 ; 24.2-7 ; 25.3-9 ; 26.18-19 ; 27.1-10.

4Q34, qui « s'avère quasiment identique à la tradition sous-jacente au texte massorétique, tant pour l'orthographe que pour la division en paragraphes et le contenu » (The Encyclopedia of the Dead Sea Scrolls, vol. 1, p. 199).

4Q35 (Deutéronome 1-2, 31, 33, dans la Septante grecque).

4Q36.

4Q37 (=Deutéronome j) (comprend le Deutéronome 37 [note : probablement un chapitre du Deutéronome] et Exode 12.43 à 13.5).

4Q38 (onze fragments de Deutéronome 5, 11, 19, 20, 23, 25, 26, 32), appartenant vraisemblablement à deux manuscrits distincts.

4Q39, 4Q40, 4Q41, 4Q42.

4Q43 (=4QDt p), contenant Dt 6.4-11.

4Q44, dont Deutéronome 32.37-43 concorde avec l'hébreu sous-jacent à la Septante.

4Q45, quatre-vingt-douze versets.

4Q46, paléo-Deutéronome (250-200 av. J.-C.), Deutéronome 26.14-15.

4Q122 (Septante grecque).

5Q1 (v. 200-165 av. J.-C.), chapitres 7, 8, et début du chapitre 9.

6Q3 (quelques lettres de Deutéronome 26.19).

11Q3 (=11QDeutéronome), Deutéronome 1.4-5.

Le Wycliffe Bible Dictionary (p. 436-438) mentionne vingt-cinq copies, bien qu'il ne comptabilise peut-être pas les fragments de la Septante. The New International Dictionary of the Bible (p. 261) recense au moins quatorze manuscrits distincts du Deutéronome dans la seule grotte 4.

De nombreuses phylactères et mezouzot (portées respectivement sur le front et sur les bras) contenant des passages de l'Exode et du Deutéronome figurent parmi les manuscrits de la mer Morte, selon The Dead Sea Scrolls Today (p. 33).

Le papyrus Nash, daté de 150 av. J.-C., contient les dix commandements, combinant Exode 20.2-17 et Deutéronome 5.6 à 6.4 et suivants. Ce fut le plus ancien texte biblique connu jusqu'à la découverte des manuscrits de la mer Morte. Une photographie en figure dans The New International Dictionary of the Bible (p. 228).

La Septante constitue une traduction grecque de l'Ancien Testament et des apocryphes. Selon The Encyclopedia of Religious Knowledge (p. 746), nous possédons des fragments de la Septante pour le Deutéronome remontant au deuxième siècle av. J.-C.

Manuscripts of the Greek Bible (p. 34) indique qu'il existe plus d'une centaine de copies conservées du texte grec de Deutéronome 17-33. La plus ancienne copie date du deuxième siècle av. J.-C. (fragment B du papyrus Rylands 458), et contient Deutéronome 25.1-3 ; elle se trouve à la bibliothèque John Rylands, à Manchester, en Angleterre. Un autre fragment, contenant Deutéronome 31.28-30 et 32.1-7, date du premier siècle av. J.-C. On peut voir des reproductions de ces fragments, accompagnées d'analyses plus approfondies, dans Manuscripts of the Greek Bible (p. 60-61). À la galerie Freer, à Washington, se trouve une copie du Deutéronome et de Josué datant du cinquième siècle apr. J.-C. Une reproduction d'un feuillet, Deutéronome 10.6-15 en grec, figure dans Greek Manuscripts of the Bible (p. 84-85).

Les papyrus Fouad Inv. 266 comptent plus d'une centaine de fragments de Deutéronome 17-33, en grec, datant du premier siècle av. J.-C. Ils contiennent, entre autres passages, Deutéronome 31.28-30 et 32.1-7.

Nahal Hever (50 av. J.-C. à 50 apr. J.-C.) a livré le fragment XHev/Se3, contenant Deutéronome 9.5-6,21-23.

À Massada (avant 69 apr. J.-C.) fut découvert le fragment Mas1C, contenant Deutéronome 33.17-21 et 34.2-6.

Le site de Wadi Murabba'at (v. 132 apr. J.-C.) a conservé Deutéronome 10.1-3 ; 11.2-3 ; 12.25-26 ; 14.29 ; 15.1 ou 2, désigné sous le nom de Mur 2.

Dans l'ensemble, les manuscrits de la mer Morte, de Massada, de Nahal Hever et de Wadi Murabba'at conservent les 620,5 versets hébreux suivants, sur les 959 versets du Deutéronome (64,7 %) :

1.1-17,22-25,29-39,41,43-46 ; 2.1-6,8,24-36 ; 3.14-29 ; 4.1,13-17,24-26,30-34,47-49 ; 5.1-33 ; 6.1-11 ; 7.2-7,12-26 ; 8.1-20 ; 9.1-2,5-7,10-14,17-19,21-23,27-29 ; 10.1-3,5-12,14-15 ; 11.2-4,6-13,18,27-32 ; 12.1-5,11-12,18-19,22,25-26,31 ; 13.1-14,16,19 ; 14.1-4,19-22,24-29 ; 15.1-6,8-10,14-19 ; 16.2-4,6-11,21-22 ; 17.1-5,6?,7,12-20 ; 18.1,6-10,18-22 ; 19.2-3,8-21 ; 20.1-19 ; 21.4-12,16?,23 ; 22.1-9,11-19 ; 23.6-8,12-16,22-26 ; 24.1-8,10-22 ; 25.1-9,14-19 ; 26.1-5,14-15,18-19 ; 27.1-10,24-26 ; 28.1-18,20,22-25,29-30,44-50,61,67-68 ; 29.2-5,9-20,22-27 ; 30.3-14,16-20 ; 31.1-19,24-30 ; 32.1-3,6-11,13-14,17-29,33-35,37-43 ; 33.1-24,29 ; 34.1-6,8?.

Le manuscrit copte sahidique du British Museum, Oriental 7594, contient Dt 1.39 - 2.19 ; 4.49 - 8.3 ; 9.7 - 13.17 ; 14.18 - 18.10 ; 19.1 - 20.6 ; 22.3 - 26.10 ; 28.1-6,9-12 ; 28.14 - 31.10 ; 31.12 - 34.2, ainsi que le livre de Jonas et de larges portions des Actes des Apôtres.

Les manuscrits bibliques chrétiens, à partir d'environ 350 apr. J.-C., contiennent la Septante de l'Ancien Testament, y compris le Deutéronome. Selon The Encyclopedia of Religious Knowledge (p. 746), les papyrus Chester Beatty (IIe-IVe siècle apr. J.-C.) contiennent le Deutéronome. Le codex Freer de Washington (IVe/Ve siècle) contient Deutéronome 10.6-15.

La recension lucianique constitue une copie de la Septante réalisée par Lucien, prêtre et martyr (312 apr. J.-C.), originaire d'Antioche, qui en corrigea la grammaire et le style grecs. Cette recension nous est parvenue à travers le papyrus grec John Rylands 458, contenant Deutéronome 23.24 - 24.3 ; 25.1-3 ; 26.12,17-19 ; 28.31-33.

Le Vaticanus (325-350 apr. J.-C.) contient l'intégralité du Deutéronome.

Le Sinaïticus (340-350 apr. J.-C.) contient des feuillets de Deutéronome 3.8 - 4.21 ; 28.68 - 30.16.

L'Alexandrinus (v. 450 apr. J.-C.) contient l'intégralité du Deutéronome.

Les Samaritains réalisèrent leur propre copie de la Torah au deuxième siècle av. J.-C., bien que les plus anciennes copies samaritaines conservées ne remontent qu'au Moyen Âge (The Dead Sea Scrolls Today, p. 125-126).

Une traduction syriaque de la Septante fut réalisée par l'évêque Paul de Tella (616-617 apr. J.-C.), que nous possédons encore aujourd'hui, selon Manuscripts of the Greek Bible (p. 35, note).

Les auteurs chrétiens des premiers siècles reconnaissaient le Deutéronome comme faisant partie de la Bible. Voir la question suivante pour une liste complète des auteurs antérieurs au concile de Nicée.


Q : Quels auteurs anciens firent référence au Deutéronome ?

R : Voici les auteurs antérieurs au concile de Nicée ayant cité ou évoqué des versets du Deutéronome (ceux qui affirment explicitement que Moïse en fut l'auteur sont signalés).

Philon le Juif (15 av. J.-C. - 50 apr. J.-C.) ; le Traité contre Novatien (250-257 apr. J.-C.) ; Clément de Rome (96-98 apr. J.-C.) ; Cyprien de Carthage (v. 246-258 apr. J.-C.) ; l'Épître de Barnabé (v. 70-130 apr. J.-C.) ; Grégoire le Thaumaturge (240-265 apr. J.-C.) ; Justin Martyr (v. 138-165 apr. J.-C.) ; Denys d'Alexandrie (246-256 apr. J.-C.) ; Méliton de Sardes (160-177/180 apr. J.-C.) ; Denys de Rome (259-260 apr. J.-C.) ; Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) ; Adamance (v. 300 apr. J.-C.) ; Clément d'Alexandrie (193-202 apr. J.-C.) ; Victorin de Poetovio (martyrisé en 304 apr. J.-C., par simple allusion) ; Tertullien (207/208 apr. J.-C.) ; Méthode (v. 260-312 apr. J.-C.) ; Théodote, probable montaniste (v. 240 apr. J.-C.) ; Athanase d'Alexandrie (318 apr. J.-C.) ; Hippolyte (225-235/236 apr. J.-C.) ; Lactance (v. 303-325 apr. J.-C.) ; Origène (240 apr. J.-C.) ; Eusèbe de Césarée (v. 318-325 apr. J.-C.) ; Novatien (250-257 apr. J.-C.).

Clément de Rome (96-98 apr. J.-C.) cite Deutéronome 13.8-9 dans 1 Clément, chapitre 29, vol. 1, p. 12-13.

L'Épître de Barnabé (v. 70-130 apr. J.-C.), chapitre 8, p. 142, cite Deutéronome 10.16.

Justin Martyr (v. 138-165 apr. J.-C.) cite Deutéronome 32.15 en le rattachant à Moïse, dans le Dialogue avec le Juif Tryphon, chapitre 20, p. 204. Il cite également Deutéronome 10.16 en le rattachant à Moïse, dans le même ouvrage, chapitre 126, p. 262.

Méliton de Sardes (170-177/180 apr. J.-C.) énumère le Deutéronome parmi les livres de l'Ancien Testament, dans sa lettre à Onésime (Sur la Pâque, p. 72), conservée dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe, livre 4, chapitre 26.

Irénée de Lyon (182-188 apr. J.-C.) cite Deutéronome 5.8, l'attribuant à Moïse (Irénée, Contre les hérésies, livre 3, chapitre 6.5, p. 420).

Clément d'Alexandrie (193-217/220 apr. J.-C.) cite le Deutéronome à de nombreuses reprises, notamment Deutéronome 6.4, l'attribuant à Moïse, dans l'Exhortation aux Gentils, chapitre 8, p. 195, ainsi que le même verset dans les Stromates (193-202 apr. J.-C.), livre 5, chapitre 14, p. 471.

Tertullien (198-220 apr. J.-C.) écrit : « De même, dans le Deutéronome », puis cite Deutéronome 6.4,12,27 ; 12.2,3,30 ; 13.1,6,16 ; 27.15 (Scorpiace, chapitre 2, p. 635).

Théodote, probable montaniste (v. 240 apr. J.-C.), cite la moitié de Deutéronome 17.6 dans les Extraits de Théodote, chapitre 13, p. 44.

Hippolyte (222-235/236 apr. J.-C.) cite Dt 9.3, l'attribuant à Moïse (Réfutation de toutes les hérésies, livre 6, chapitre 27, p. 88). Il traite également de Dt 5.22, écrivant : « Moïse ne s'est pas tu à ce sujet, lorsqu'il dit qu'il y eut trois paroles de Dieu : ‘ténèbres, obscurité, tempête', et qu'il n'en ajouta pas davantage » (Réfutation de toutes les hérésies, livre 8, chapitre 1, p. 118).

Origène (240 apr. J.-C.) mentionne le Deutéronome par son nom (Commentaire sur le Cantique des cantiques, livre 3, chapitre 6, p. 187).

Novatien (250/254-256/7 apr. J.-C.) cite Deutéronome 8.3 comme « la parole de la loi », dans Des aliments juifs, chapitre 5, p. 648.

Novatien (250/254-256/7 apr. J.-C.) cite Deutéronome 32.8 en le rattachant au « Deutéronome », dans le Traité sur la Trinité, chapitre 17, p. 627.

Le Traité contre Novatien (250/4-256/7 apr. J.-C.) cite Dt 1.17 en le rattachant au Deutéronome.

Cyprien de Carthage (v. 246-258 apr. J.-C.) cite le « Deutéronome » dans le Traité 12, troisième livre, 18.

Cyprien de Carthage (v. 246-258 apr. J.-C.) écrit : « En Ésaïe… au psaume 117… De même en Zacharie… De même dans le Deutéronome… De même en Jésus [Josué] fils de Nun » (Traités de Cyprien, Traité 12, chapitre 2.16).

Grégoire le Thaumaturge (240-265 apr. J.-C.) cite Deutéronome 22.26,27 en le rattachant au Deutéronome (Épître canonique, canon 1, p. 18).

Denys d'Alexandrie (246-256 apr. J.-C.) cite Dt 19.14 dans l'Épître 7 à Philémon, un presbytre, p. 102.

Denys de Rome (259-269 apr. J.-C.) évoque « Moïse, dans le grand cantique du Deutéronome » (Contre les Sabelliens, chapitre 2, p. 365).

Adamance (v. 300 apr. J.-C.) cite implicitement Deutéronome 25.4 comme provenant de la loi de Moïse (Dialogue sur la vraie foi, première partie, chapitre 22b, p. 65).

Victorin de Poetovio (martyrisé en 304 apr. J.-C.) fait allusion à Deutéronome 32.8, le désignant comme « la Loi » (Commentaire sur l'Apocalypse, à partir du neuvième chapitre, 13-14, p. 352).

Méthode d'Olympe et de Patara (270-311/312 apr. J.-C.) cite Deutéronome 32.32,33 en l'attribuant à Moïse (Le Banquet des dix vierges, discours 5, p. 327).

Athanase d'Alexandrie (318 apr. J.-C.) cite une partie de Deutéronome 30.14 en l'attribuant à Moïse (Contre les païens, chapitre 30.1, p. 29).

Lactance (v. 303-v. 325 apr. J.-C.) écrit : « Moïse dit également, dans le Deutéronome », et cite Deutéronome 28.66 (Abrégé des Institutions divines, chapitre 46, p. 241).

Après le concile de Nicée, d'autres auteurs firent référence au Deutéronome, notamment : Eusèbe de Césarée (318-339/340 apr. J.-C.) ; Aphraate le Syrien (337-345 apr. J.-C.) ; Hégémonius de Sirmium (v. 351 apr. J.-C.), citant Archélaüs (262-278 apr. J.-C.), qui se réfère à Deutéronome 18.15 en l'attribuant à Moïse (Disputation avec Manès, chapitre 42, p. 217) ; Hilaire de Poitiers (355-367/368 apr. J.-C.) ; Athanase (325-373 apr. J.-C.) ; Éphrem le Syrien (350-378 apr. J.-C.) ; Basile de Césarée (357-378/379 apr. J.-C.) ; Cyrille de Jérusalem (v. 349-386 apr. J.-C.) ; Pacien de Barcelone (342-379/392 apr. J.-C.), qui cite Dt 13.6 ; 13.8-9 (Septante), en l'attribuant à « Moïse » et au « Livre du Deutéronome » (Lettre 3, chapitre 17.1, p. 58) ; Didyme l'Aveugle (398 apr. J.-C.), qui cite Dt 32.8 en le rattachant au Deutéronome (Commentaire sur Zacharie, 11, p. 272) ; le Livre syriaque des degrés (Liber Graduum) (350-400 apr. J.-C.), qui cite Deutéronome 27.24, l'attribuant à « ce qui est dit dans la Loi » (Memra 22, chapitre 10, p. 259), et cite également Deutéronome 5.16-22 ; 6.4 ; et 32.15, tout en faisant allusion à Deutéronome 6.5 ; 19.14,21 ; 22.1 ; 32.4 ; Rufin (374-406 apr. J.-C.) ; Jean Chrysostome (mort en 407 apr. J.-C.) ; le concile de Carthage (393-419 apr. J.-C.) ; Jérôme (373-420 apr. J.-C.), qui traite des livres de l'Ancien Testament, évoquant en particulier la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome, la Torah, Job, Jésus fils de Navé [Josué], les Juges, Ruth, Samuel, les Rois (deux livres), les douze petits prophètes, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahoum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Esther, Esdras et Néhémie (Lettre 53, chapitres 7-8, p. 99-101) ; le pélagien Théodore de Mopsueste (392-423/429 apr. J.-C.), qui se réfère à Dt 24.1-2 (Commentaire sur Malachie, chapitre 2, p. 412), et à Dt 29.23 (Commentaire sur Osée, chapitre 11, p. 87) ; Augustin d'Hippone (388-430 apr. J.-C.) ; Jean Cassien (419-430 apr. J.-C.) ; et Théodoret de Cyr (423-458 apr. J.-C.).


Q : Quelles sont certaines des différences de traduction, dans le Deutéronome, entre le texte hébreu, la Septante grecque, et d'autres versions ?

R : En voici quelques-unes, parmi les 959 versets du Deutéronome. Sauf indication contraire, la première expression correspond au texte massorétique (TM), et la seconde à la Septante (LXX).

Dt 1.1 : « l'Araba » contre « la mer Rouge » (un manuscrit de la Septante, le Targoum, la Vulgate).

Dt 1.4 : « à Édréï » contre « et à Édréï » (Septante, syriaque, Vulgate).

Dt 1.8 : « l'Éternel » contre « moi » (Pentateuque samaritain, Septante).

Dt 2.5 : « je ne vous donnerai rien de leur pays, pas même de quoi poser la plante du pied, car j'ai donné la montagne de Séir en possession à Ésaü » contre « je ne vous donnerai rien de leur pays, pas même de quoi y poser le pied, car j'ai donné la montagne de Séir en héritage aux enfants d'Ésaü » (Septante).

Dt 2.8 et 10.6-7 se fondent, dans le Pentateuque samaritain, sur Nombres 20.17-18 et Nombres 33.31-38a (The Anchor Bible Dictionary, vol. 5, p. 937).

Dt 2.37 : « et tout » contre « même tout / tout comme » (Septante, Targoum).

Dt 3.9 et Dt 4.48 : « Sion » contre « Sirion » (Septante) contre « Sirion » (syriaque).

Dt 3.12 : « depuis les gorges de l'Arnon » contre « sur le bord des gorges de l'Arnon ».

Dt 5.5 : « parole » contre « paroles » (manuscrits de la mer Morte, Pentateuque samaritain, Septante, syriaque, Vulgate, Targoum).

Dt 5.15 : « Souviens-toi » (TM) contre « Et tu te souviendras » (manuscrits de la mer Morte) (The Meaning of the Dead Sea Scrolls, p. 112).

Dt 5.15 : « le jour du sabbat » (TM, PS, LXX) contre « le jour du sabbat pour le sanctifier. Car en six jours l'Éternel fit les cieux et la terre, la mer, et tout ce qui s'y trouve, et il se reposa le septième jour ; c'est pourquoi l'Éternel bénit le jour du sabbat et le sanctifia » (manuscrit de la mer Morte 4QDt41) (The Meaning of the Dead Sea Scrolls, p. 112).

Dt 5.21 est immédiatement suivi de Dt 27.2-7 dans le Pentateuque samaritain (The Anchor Bible Dictionary, vol. 5, p. 937).

Dt 8.4 : « ampoules » contre « callosités » (Septante).

Dt 9.24 : « j'ai su » contre « il a su » (Pentateuque samaritain, Septante).

Dt 9.28 : « de peur que le pays » contre « de peur que le peuple du pays » (Septante, Pentateuque samaritain).

Dt 10.13 : « l'Éternel » contre « l'Éternel, ton Dieu » (manuscrits de la mer Morte, Septante, syriaque).

Dt 11.13 : « mes commandements » contre « tout commandement » (Septante).

Dt 11.14 : « je » contre « il » (Pentateuque samaritain, une partie de la Septante, Vulgate, citation d'une mezouza issue des manuscrits de la mer Morte).

Dt 11.30 : « chênes ou térébinthes » contre « chêne » (Septante, syriaque).

Dt 11.30 : « Moré » (TM, Septante) contre « Moré, en face de Sichem » (Pentateuque samaritain).

Dt 12.5 : « le lieu que l'Éternel votre Dieu choisira » (TM, Septante) contre « le lieu que l'Éternel a choisi » (Pentateuque samaritain).

Dt 12.14 : « au lieu que l'Éternel choisira » (TM, Septante) contre « au lieu que l'Éternel a choisi » (Pentateuque samaritain ; The Meaning of the Dead Sea Scrolls, p. 95).

Dt 12.28 : « je te commande » contre « je te commande aujourd'hui » (Pentateuque samaritain, syriaque) (une note de la NRSV indique que « aujourd'hui » figure dans le grec, mais la version de la Septante par Brenton ne le montre pas).

Dt 13.6 : « le fils de ta mère » contre « le fils de ton père ou le fils de ta mère » (Pentateuque samaritain, Septante, Targoum) (aucun changement de sens dans ce contexte).

Dt 14.13 : « milan noir » contre « vautour/faucon milan noir » (Septante, Pentateuque samaritain, et certains manuscrits hébreux).

Dt 15.2 : « l'exiger de son prochain et de son frère » (TM, Pentateuque samaritain) contre « l'exiger de son prochain » (Septante) contre « l'exiger » (4QDeutéronome c).

Dt 18.15,18-19 : « … un prophète du milieu de toi, d'entre tes frères. Tu l'écouteras, comme moi… je leur susciterai un prophète comme toi, du milieu de leurs frères ; je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai. Et quiconque n'écoutera pas mes paroles qu'il dira en mon nom, je lui en demanderai compte » (texte massorétique) contre « … un prophète d'entre tes frères, comme moi ; vous l'écouterez (au pluriel)… je te susciterai un prophète d'entre tes frères, comme toi ; je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur parlera comme je le lui commanderai. Et toute parole que ce prophète prononcera en mon nom, je tirerai vengeance de lui » (Septante) contre « … un prophète comme moi, d'entre vos frères. Vous l'écouterez en toutes choses, quoi qu'il vous dise. Et il arrivera que toute âme qui n'écoutera pas ce prophète sera entièrement retranchée du milieu du peuple » (Qumrân 4QTest, Actes 3.22-23) (The Expositor's Bible Commentary, vol. 9, p. 299-300).

Dt 18.19 : « je lui en demanderai compte » (TM) contre « je tirerai vengeance de lui » (LXX, Eusèbe de Césarée).

Dt 20.8 : « officiers » (TM, Pentateuque samaritain, Septante) contre « juges » (4QDeutéronome k2) (The Dead Sea Scrolls Bible, p. 174).

Dt 20.8 : « de peur que le cœur de ses frères ne défaille » (TM, Targoum) contre « de peur qu'il ne fasse défaillir le cœur de son frère » (Pentateuque samaritain, Septante, syriaque, Vulgate).

Dt 20.19 : « l'homme est-il l'arbre des champs » contre « les arbres des champs sont-ils des hommes » (différence d'une seule lettre).

Dt 23.2 : « l'assemblée de l'Éternel ; même jusqu'à la dixième génération, aucun des siens n'entrera dans l'assemblée de l'Éternel » contre « l'assemblée du Seigneur ».

Dt 25.11 : « ses parties intimes » contre « sa chair » (Pentateuque samaritain).

Dt 26.3 : « je déclare aujourd'hui à l'Éternel ton Dieu » contre « je déclare aujourd'hui à l'Éternel mon Dieu » (Septante).

Dt 27.4 : « le mont Ébal » (TM, Septante) contre « le mont Garizim » (Pentateuque samaritain et vieille latine/italique) [les Samaritains modifièrent probablement ce texte afin d'appuyer leur prétention selon laquelle Garizim, et non Jérusalem, était la montagne où il convenait de rendre un culte].

Dt 28.30 modifie « saisit ses parties intimes » (sgl) en « saisit sa chair » (yshbn) dans le Pentateuque samaritain.

Dt 28.11 : « bétail … sol » (TM, une partie de la Septante, Pentateuque samaritain) contre « s[ol, … b]étail » (4QDeutéronome c, une partie de la Septante).

Dt 29.10 : « vos chefs, vos tribus, vos anciens » contre « les chefs de vos tribus, vos anciens » (Septante, selon Brenton) contre « vos tribus, vos anciens » (syriaque, grec selon la note de la NRSV).

Dt 29.11 : « vos enfants, vos femmes » (TM) contre « vos femmes et vos enfants » (Septante) contre « vos enfants, et [vos] f[emmes] » (1QDeutéronome b) (The Dead Sea Scrolls Bible, p. 186).

Dt 30.9 : « bétail … sol » (TM) contre « sol … bétail » (4QDeutéronome b, Pentateuque samaritain, Septante) (The Dead Sea Scrolls Bible, p. 187).

Dt 30.11 : « trop loin » (TM) contre « trop loin de toi » (4QDeutéronome b, Septante) (The Dead Sea Scrolls Bible, p. 187).

Dt 30.16 : « que je te commande » contre « si tu obéis aux commandements de l'Éternel ton Dieu que je te commande » (Septante).

Dt 30.28 [référence incertaine] : « à nous et à nos enfants » comporte des points spéciaux au-dessus du texte.

Dt 31.1 : « alla et parla » contre « eut achevé de prononcer toutes ces paroles » (manuscrits de la mer Morte, Septante).

Dt 31.7 : « tu entreras » contre « tu (les) feras entrer » (certains textes massorétiques, Pentateuque samaritain, Vulgate).

Dt 32.6 : « il se repentit » contre « il pardonna » (Pentateuque samaritain) (The Anchor Bible Dictionary, vol. 5, p. 938).

Dt 32.8 : « il fixa les limites des peuples selon le nombre des enfants/fils d'Israël » (TM) contre « il fixa les limites des nations selon le nombre des anges de Dieu » (Septante, manuscrits de la mer Morte, Clément de Rome, Justin Martyr, Clément d'Alexandrie, Origène, Novatien, Victorin de Poetovio) contre « fils de Dieu » (manuscrit de la mer Morte 4Q37, Symmaque, latin) contre « fils d'Adam ».

Dt 32.10 : « le trouva » contre « le soutint » (Pentateuque samaritain, Septante).

Dt 32.13 : « il mangea » contre « il le nourrit de » (Pentateuque samaritain, Septante, syriaque).

Dt 32.15 : « Yeshouroun » contre « Jacob mangea à satiété ; Yeshouroun » (manuscrits de la mer Morte, Pentateuque samaritain, Septante).

Dt 32.19 : « le vit » contre « le vit et en fut jaloux » (manuscrits de la mer Morte, Septante).

Dt 32.43 : « nations » contre « cieux » (manuscrit de la mer Morte 4Q44, Septante).

Dt 32.43 : absent (TM) contre « Que tous les anges de Dieu l'adorent » (Septante, Hébreux 1.6, et manuscrit de la mer Morte 4Q44 [=4QDeutéronome q]; Jean Chrysostome, mort en 407 apr. J.-C., Homélies sur l'Épître aux Hébreux, homélie 4, no 2, p. 382-383).

Dt 32.43 : « serviteurs » contre « enfants » (manuscrit de la mer Morte 4Q44 [=4QDeutéronome q], Septante).

Dt 32.43 : absent contre « il rendra la pareille à ceux qui le haïssent » (manuscrit de la mer Morte 4Q44 [=4QDeutéronome q], Septante).

Dt 32.43 : « purifie sa terre, son peuple » contre « purifie la terre pour son peuple » (manuscrit de la mer Morte 4Q44 [=4QDeutéronome q], Pentateuque samaritain, Septante, Vulgate).

Dt 32.44 : « Hoshéa » (TM) contre « Josué » (Pentateuque samaritain, Septante, syriaque, Vulgate) ; Hoshéa était le nom de Josué avant que Moïse ne le renomme.

Dt 33.2 : « sur/à eux » contre « sur/à nous » (Septante, syriaque, Vulgate).

Dt 33.2 : « il vint de Ribéboth-Qodesh » contre « avec lui se trouvaient des myriades de saints » (Pentateuque samaritain, Septante, syriaque, Vulgate).

Dt 33.8 : « ton Toummim » contre « Donne à Lévi ton Toummim » (manuscrits de la mer Morte, Septante).

Dt 33.12 : « demeurera en sécurité sur lui » (TM) contre « demeurera en sécurité » (Pentateuque samaritain) contre « sur Dieu » (Septante, manuscrit de la mer Morte 4Q35).

Dt 33.17 : « son taureau premier-né » contre « un taureau premier-né » (manuscrits de la mer Morte, Septante, syriaque, Vulgate).

Dt 34.10 : « il ne s'est plus levé de prophète comme Moïse en Israël » contre « il ne s'en lèvera plus » (Pentateuque samaritain) (The Anchor Bible Dictionary, vol. 5, p. 938).

Bibliographie pour cette question : la traduction hébraïque provient de la Literal Translation de Jay P. Green, et le rendu de la Septante, de la traduction de sir Lancelot C. L. Brenton, The Septuagint: Greek and English (certaines traductions grecques provenaient également de diverses notes bibliques). Ont également été utilisés The Expositor's Bible Commentary, General Introduction to the Bible, Mystery and Meaning of the Dead Sea Scrolls (p. 151-152), The Anchor Bible Dictionary, vol. 5, ainsi que les notes des Bibles NASB, NIV, NKJV et NRSV.