Questions bibliques tirées de la deuxième épître de Pierre
Q: En 2 P 1:1, quel est le plan de ce livre ?
R: La deuxième épître de Pierre se divise aisément en trois parties :
2 Pierre 1 — Connaissez votre salut
2 Pierre 2 — Connaissez votre adversaire
2 Pierre 3 — Connaissez la prophétie qui vous concerne
Q: En 2 P 1:1, pourquoi existe-t-il des ressemblances entre les livres de la deuxième épître de Pierre et de Jude ? (Par exemple, 2 P 2:17 et Jude 13, 2 P 2:1-18 et Jude 4-16.)
R: Ils traitaient de sujets semblables, et il se peut que Jude et Pierre aient discuté ensemble de ces questions. En outre, le Saint-Esprit les a mis à l’épreuve l’un et l’autre de manière analogue. Il est également possible que Jude eût lu la deuxième épître de Pierre, ou que Pierre eût lu celle de Jude. Parfois, les différences mettent davantage en relief les ressemblances ; ainsi, 2 Pierre 1 traite de notre salut, ce que Jude ne fait pas, mais Jude déclare qu’il aurait préféré traiter de notre salut commun, sauf que les sujets qu’il abordait étaient plus urgents.
Une question plus profonde consiste à savoir de quelle manière la Bible a été inspirée. La dictée mécanique serait la théorie selon laquelle Dieu aurait dicté verbalement aux rédacteurs humains chaque lettre de chaque mot à consigner. La Bible ne prétend nullement avoir été dictée de manière mécanique. Dieu a plutôt choisi ceux qui rédigeraient la Bible et leur a accordé les expériences et le savoir requis. Dans certains cas, mais non dans tous, Dieu leur a fourni les mots exacts à employer. Dans tous les cas, ceux qui tiennent la Bible pour inerrante croient qu’aucun mot ne s’est glissé dans les manuscrits originaux sans que Dieu ne l’eût voulu. Voir la question relative à 2 Pierre 1:21 pour un développement plus ample sur l’inspiration des Écritures.
Q: En 2 P 1:1, pourquoi le style de la première épître de Pierre diffère-t-il de celui de la deuxième ?
R: Pour deux raisons.
La première épître de Pierre fut consignée par un secrétaire : en 1 Pierre 5:12, Pierre indique qu’il a dicté cette lettre à un secrétaire nommé Silvain (Silas), lequel possédait vraisemblablement une grammaire grecque plus soignée. Jérôme (vers 404 apr. J.-C.) fut le premier à relever cette question et à y répondre en expliquant que la première épître de Pierre avait été consignée par le secrétaire Silvain.
Des sujets différents : la première épître de Pierre traite avant tout de la persévérance sous la pression, en tant que peuple saint de Dieu, tandis que la deuxième met en garde contre les faux docteurs. Toutefois, bien que les sujets des deux lettres soient différents, leur contenu présente de subtiles ressemblances. Par exemple, dans toute la Bible, seul Pierre (1 Pierre 3:20 et 2 Pierre 2:5) dénombre exactement huit âmes sauvées dans l’arche de Noé.
Q: En 2 P 1:1, en quoi notre foi est-elle précieuse ?
R: Notre foi nous est précieuse dès à présent, car elle est la source de notre espérance et de notre joie, ainsi que la force qui nous permet de vivre aujourd’hui, d’accomplir ce que nous savons devoir faire et de nous abstenir de ce que nous savons ne pas devoir faire. Notre foi nous est précieuse pour l’avenir, car notre salut par la foi (Éphésiens 2:6) nous donne la vie éternelle. La foi des autres croyants nous est précieuse, car nous contemplons leur caractère et nous nous réjouissons en Dieu de leur vie et de leur salut. Notre foi est précieuse aux yeux de Dieu, car elle Le glorifie, et Hébreux 11:5 déclare qu’elle est une condition indispensable pour Lui plaire.
Q: En 2 P 1:1, un athée trouvait fort étrange que la principale chose que Dieu nous demande soit de croire en Lui. Pourquoi Dieu s’en soucierait-il ? Qu’est-ce que cet athée n’avait pas compris ?
R: La foi est bien davantage que la simple adhésion à certains faits ou à certaines théories. La foi consiste à confier notre vie à Dieu. À une échelle moindre, nous avons foi que notre conjoint nous aime, même lorsque nous ne l’observons pas, et foi que continuer d’aimer notre conjoint, dans les bons comme dans les mauvais moments, est ce que nous désirons faire.
Q: En 2 P 1:3, comment Dieu nous donne-t-il tout ce qui est nécessaire à la vie et à la piété ?
R: Dieu nous a donné toute la connaissance requise pour venir au Christ et mener une vie d’obéissance agréable à notre Seigneur. Mais Dieu nous a aussi donné Son Saint-Esprit, qui demeure en nous, afin de nous conduire dans toute la vérité. Le Saint-Esprit nous fortifie et nous console, ainsi que Jésus l’enseigna en Jean 14:15-16 ; 25-26.
Non seulement Dieu pourrait ne pas nous accorder tout ce que nous désirons, mais Il ne nous accorde presque jamais tout ce que nous désirons. Comme quelqu’un l’a dit un jour, une corde d’instrument produit un bien meilleur son lorsqu’elle est tendue. Une corde entièrement relâchée ne peut produire aucune musique. De même, il se peut que nous ne soyons jamais pleinement satisfaits de la vie sur cette terre — et il ne le faut point. Nous ne faisons que passer, en chemin vers notre destination : le ciel.
Q: En 2 P 1:4, quelles sont, selon vous, les promesses les plus précieuses que Dieu nous ait faites ?
R: Bien des croyants diraient le salut par Jésus mourant sur la croix pour nos péchés, car sans cela nous sommes condamnés, sans espérance de vie éternelle. Mais quelle vie éternelle que celle-là ! Notre salut ne consiste pas seulement à vivre convenablement pour toujours sur la terre, ou seuls quelque part, mais à vivre éternellement dans une félicité parfaite auprès de Dieu. Aussi d’autres diraient-ils que c’est la vie éternelle en Christ, dont notre salut est le premier pas. La plus grande promesse est donc les deux à la fois : le commencement d’une joie sans fin et la grandeur de cette joie sans fin elle-même.
Q: En 2 P 1:4, puisque nous participons à la nature divine, devenons-nous des dieux ?
R: Non. Nous ne devenons pas tout-puissants, nous ne créons pas d’anges, nous ne recevons pas légitimement l’adoration, et nous ne possédons pas bien d’autres attributs de Dieu. Ce verset signifie que Dieu nous accorde, et continue de soutenir en nous, certains aspects de la nature divine, tels que la vie éternelle, la sainteté et la capacité de demeurer auprès de Lui.
Q: En 2 P 1:4, comment participons-nous à la nature divine ?
R: Jésus nous a appelés Ses frères et Ses sœurs (Marc 3:35), et nous sommes assis avec le Christ sur Son trône (Éphésiens 2:6). Nous ne devenons ni de petits dieux, ni le Dieu unique et véritable Lui-même, mais nous participons à la nature divine parce que le Christ vit en nous par Son Saint-Esprit (Jean 14:23 ; 1 Jean 4:12,15 ; Romains 9:10-18 ; 1 Corinthiens 6:19).
Q: En 2 P 1:4, comment le monde corrompt-il les hommes ?
R: Le monde corrompt notre esprit en ce que les hommes croient des mensonges et ne parviennent plus à discerner le vrai du faux. Nous possédons tous une conscience qui sert de guide fondamental pour distinguer le bien du mal, et le monde émousse la conscience des hommes. Le monde corrompt notre cœur en ce que nous ne désirons plus ce qui est droit et ne recherchons plus la meilleure voie.
En guise de métaphore, considérez le toxicomane parvenu au stade le plus grave de sa dépendance. Au début, il trouvait la drogue enivrante, puis il se persuade qu’elle ne lui fait aucun tort, et enfin, bien qu’il puisse constater clairement qu’elle a ruiné sa vie, il ne s’en soucie même plus.
Q: En 2 P 1:6, l’un des secrets de la maîtrise de soi est qu’elle procède en partie de la connaissance. Comment la maîtrise de soi procède-t-elle de la connaissance ?
R: Certes, la connaissance vous indique ce que vous devez et ne devez pas faire, mais ce n’est pas ce dont il est question ici, car la maîtrise de soi ne consiste pas à déterminer ce qu’il convient de faire, mais à choisir d’être discipliné et d’accomplir ce que l’on sait être juste. La connaissance donne de la clairvoyance. Grâce à elle, vous pouvez percevoir les conséquences de la maîtrise de soi, ainsi, souvent, que les conséquences éventuelles de son absence. Parfois, lorsque vous êtes tenté d’être malhonnête ou de commettre quelque autre péché, vous pouvez décider de ne point pécher pour la seule raison que vous ne le désirez pas. Vous ne le désirez pas parce que vous en percevez les conséquences, dans la vie d’autrui comme dans la vôtre.
Q: En 2 P 1:6, quel rapport la persévérance entretient-elle avec la maîtrise de soi ?
R: Si l’on compare la vie chrétienne à une course, elle tient davantage du marathon que du sprint. La maîtrise de soi n’est guère utile si elle ne dure pas. Il est bon de dire : « Je ne pécherai pas aujourd’hui » ; mais si l’on entend en réalité : « J’y reviendrai demain », cela ne vaut pas autant que de dire : « Je ne veux plus jamais commettre ce péché. » Différer une défaite éventuelle ne vaut pas la victoire remportée sur un péché.
Q: En 2 P 1:6, comment la piété procède-t-elle de la persévérance ?
R: La piété présuppose la constance. Qu’une personne soit parfois honnête, parfois pure, ou s’abstienne parfois de quelque péché, cela est loin de valoir autant que d’être quelqu’un sur qui l’on peut compter pour accomplir ces choses.
Q: En 2 P 1:7, comment la bonté fraternelle procède-t-elle de la véritable piété ? Pourquoi certaines formes de religiosité ne conduisent-elles nullement à la bonté fraternelle ?
R: Dieu veut que nous aimions autrui comme nous-mêmes. Si nous prenons au sérieux la piété, cela signifie obéir aux commandements de Dieu, et Dieu nous commande d’aimer autrui. Or, il se peut que nous n’ayons pas en nous-mêmes l’amour nécessaire pour le faire. Mais, avec l’amour de Dieu qui coule à travers nous, nous pouvons aimer autrui.
Q: En 2 P 1:8, on comprend aisément comment l’amour conduit à la bonté fraternelle, mais comment la bonté fraternelle conduit-elle à l’amour ?
R: Si nous nous appliquons délibérément à témoigner de la bonté à autrui, il nous devient aisé de l’aimer. En un sens, choisir d’être bon envers quelqu’un revient à choisir de l’aimer.
Q: En 2 P 1:9, comment des personnes peuvent-elles oublier qu’elles ont été purifiées de leurs péchés passés ?
R: Comment de jeunes enfants peuvent-ils oublier qu’ils viennent de prendre un bain et aller jouer dans la boue ? — Ils le peuvent. Hélas, en tant qu’enfants de Dieu, nous pouvons être tout aussi insensés.
Q: En 2 P 1:10, comment pouvons-nous affermir notre élection ?
R: L’élection d’une personne (ou sa non-élection) ne saurait être rendue plus certaine aux yeux d’un Dieu qui est hors du temps. Elle peut néanmoins être rendue plus assurée à nos propres yeux.
Puisque l’obéissance à Jésus est une marque de la personne sauvée, si un croyant ne mène pas une vie obéissante au Christ, cette marque fait défaut (du moins pour un temps), et il est légitime de se demander si cette personne est réellement sauvée ou non. Il se peut qu’elle n’aille pas au ciel, ainsi que le montre 2 Pierre 2:19-22. Ou bien, il se peut qu’elle soit un chrétien désobéissant. Il n’y a toutefois pas une telle ambiguïté pour quelqu’un qui vit dans l’obéissance au Christ.
Q: En 2 P 1:11, comment un accueil riche et abondant est-il compatible avec une souffrance ardente et douloureuse des chrétiens au purgatoire ?
R: Cela n’est guère compatible. Le purgatoire est une doctrine catholique totalement absente de la Bible, et rien ne nous oblige à y croire. Voir le développement relatif à 1 Corinthiens 3:13-15 pour de plus amples précisions.
Q: En 2 P 1:12-15, pourquoi avons-nous besoin de « rappels » dans notre vie chrétienne ?
R: Pierre voyait la nécessité de consacrer beaucoup de temps à rappeler à son troupeau d’alors des choses qu’ils avaient déjà entendues. Nous avons besoin des mêmes rappels aujourd’hui. Nous en avons besoin pour plusieurs raisons. Notre esprit peut oublier une partie des informations apprises, mais ce n’est pas la raison principale. Le plus souvent, bien que nous nous souvenions des faits, nous avons besoin de méditer à nouveau sur l’importance et la portée de ce qui nous fut enseigné. Nous ne voulons pas abandonner notre premier amour, comme le fit l’Église d’Éphèse en Apocalypse 2:4-5. Enfin, nous avons besoin de rappels du but à atteindre, afin de nous affermir dans notre résolution d’agir avec droiture.
Q: En 2 P 1:16 et 1 Jn 1:1-2, pourquoi est-il si important que les apôtres aient été des témoins oculaires ?
R: Les apôtres et les prophètes sont le fondement de notre foi, selon Éphésiens 2:20, le Christ étant la pierre angulaire. Il est important qu’ils aient vu Jésus de leurs propres yeux.
Q: En 2 P 1:17, quand le Père dit-Il cela à Jésus, en présence de Pierre ?
R: Cela fut dit lors du baptême de Jésus, en Matthieu 3:17. Il est également possible que Pierre l’ait entendu lors de la transfiguration, ou en d’autres occasions non consignées dans les Écritures.
Q: 2 P 1:19 laisse-t-il entendre que certaines Écritures sont plus certaines que d’autres ?
R: Non. Ce qui est entièrement vrai ne saurait être rendu plus vrai. Cependant, des témoins oculaires supplémentaires peuvent rendre une chose plus certaine aux yeux des hommes, en fournissant davantage de preuves. L’ouvrage Hard Sayings of the Bible, p. 726-727, mentionne également que « rendue plus certaine » n’est pas nécessairement la meilleure traduction, car il s’agit d’un idiome grec signifiant « nous plaçons une confiance très ferme (ou plus ferme) en… ».
Q: En 2 P 1:20-21, puisque l’Écriture ne relève pas d’une interprétation particulière, pourquoi les hommes semblent-ils si empressés à l’interpréter à titre privé ?
R: Trois points à considérer dans la réponse.
1. L’interprétation privée ne doit pas être confondue avec l’étude individuelle. Tous les croyants sont appelés à étudier individuellement la parole de Dieu. Nous devons éprouver ce que nous entendons à la lumière de l’Écriture, comme le firent les nobles Béréens en Actes 17:11-12.
2. Cependant, chacun de nous a besoin des autres croyants dans l’Église, afin d’apprendre les uns des autres et de se corriger mutuellement. Proverbes 27:17 déclare que, de même que le fer aiguise le fer, ainsi un homme en aiguise un autre.
3. Ceux qui, en pleine conscience, s’isolent des autres croyants tombent parfois dans le travers de rejeter le sens évident de l’Écriture au profit de sens exquisément obscurs, entièrement étrangers à tous les chrétiens du Nouveau Testament dont le grec était la langue maternelle. Si votre théologie vous oblige à supposer que Dieu n’aurait apparemment pas réussi à communiquer le sens essentiel à un seul chrétien avant l’an 400 apr. J.-C., peut-être cette interprétation essentielle n’était-elle pas si essentielle, après tout.
Q: 2 P 1:20-21 montre-t-il que l’Église devrait se charger de toute l’interprétation ?
R: Non. Au vu des antécédents de l’Église catholique, voici quelques-uns de ses enseignements.
Elle a justifié la torture, même de véritables chrétiens.
Toutes les relations intimes, même au sein du mariage, seraient pécheresses.
Il faudrait tuer ceux qui ne se soumettent pas à l’Église.
Il faudrait verser de l’argent à l’Église lorsqu’on pèche (les indulgences).
Dans l’eucharistie, les laïcs ne devraient pas recevoir la coupe, réservée au seul clergé.
On devrait mettre à mort quiconque n’étant pas membre du clergé possédait une Bible.
Les membres du clergé qui se marient devraient être mis à mort.
Les membres du clergé qui ont des concubines et des enfants devraient payer une taxe, après quoi tout serait en règle.
2 Pierre 1:20-21 traite de deux sujets : les prophètes et le Saint-Esprit. Il porte sur la prophétie, et non sur la lecture ou l’interprétation de la Bible.
Q: En 2 P 1:21, de quelle manière précise les rédacteurs de la Bible furent-ils poussés par le Saint-Esprit ?
R: Le terme rendu par « poussés » est employé en Actes 27:15,17 pour désigner un navire emporté par le vent. Voici quatre points concernant l’inspiration de la Bible.
1. Les paroles de Dieu par l’intermédiaire des hommes
1a. La majeure partie de la révélation passe par les idées et les pensées des hommes que le Seigneur a spécialement choisis. Apocalypse 1:19 en donne un exemple. Rien n’en fut toutefois simple parole humaine (2 Pierre 1:19-21).
1b. Une partie de la révélation consista en paroles directes, comme en Jean 12:28, Ésaïe 6, Exode 3:4,5, et ainsi de suite.
1c. Dieu s’est servi du style propre à chaque auteur humain dans la rédaction. Rien ne fut consigné comme parole de Dieu que Dieu ne voulût pas voir écrit, ou qui ne fût vrai.
1d. La Bible n’est pas un livre de codes secrets. Le sens des mots n’est pas celui, arbitraire et moderne, que nous voudrions leur donner, mais le sens normatif que comprenaient les locuteurs natifs des langues de l’époque.
2. La capacité de Dieu à communiquer avec nous
2a. Nous ne pouvons tout comprendre d’un Dieu infini, transcendant et « autre » que nous. Néanmoins, nous avons la responsabilité d’apprendre et de comprendre ce que Dieu nous a révélé.
2b. Dieu communique de manières que nous comprenons. Il est libre de nous émouvoir par la poésie, de nous expliquer les choses par des analogies et de nous les simplifier par des expressions anthropomorphiques. Dieu peut employer des idiomes, tel « le coucher du soleil », et Dieu peut recourir à nos catégories, en classant par exemple le lièvre selon la classification hébraïque des animaux qui ruminent, parce que le lièvre paraît le faire.
2c. La parole de Dieu contient à la fois une vérité propositionnelle et une présentation de Lui-même. Elle contient à la fois un langage positif sur ce qui est vrai et un langage négatif sur ce qui est faux.
2d. Les rédacteurs humains pouvaient se référer à des sources non bibliques, telles que des livres d’histoire juifs (le Livre de Jasher en Josué 10:13 ; 2 Samuel 1:18, etc.), et même à des poètes grecs lorsque ceux-ci énonçaient ce qui est vrai (Actes 17:23,28 ; Tite 1:12).
3. La parole de Dieu est entièrement vraie
3a. Toute Écriture vient de Dieu. La parole de Dieu est entièrement vraie sur tout ce dont elle traite. La vérité n’est pas contradictoire. L’Écriture ne contient pas seulement la parole de Dieu : elle est la parole de Dieu (Romains 3:1-2 ; Jean 10:35 ; Proverbes 30:5-6 ; 2 Timothée 3:15 ; 2 Samuel 22:31 ; Psaume 33:4 ; Psaume 119:151).
3b. L’Écriture n’est pas seulement exacte : elle possède la précision requise pour que nous connaissions le sens voulu par Dieu. Cette précision s’étend jusqu’aux temps des verbes et au nombre des mots, comme en Psaume 82:6 et Matthieu 22:32. Toutefois, l’Écriture recourt souvent à des approximations, notamment de temps et de quantité.
3c. Dieu ne ment pas. Cependant, ne pas tout dire sur un sujet n’est pas mentir. Par exemple, si au moins trois femmes se trouvaient au tombeau de Jésus en Marc 16:1, Matthieu 28:1 demeure vrai en ne mentionnant que deux d’entre elles. Le Nouveau Testament rapporte la substance exacte de l’enseignement de Jésus, mais non toujours les mots exacts (Matthieu 22:37 ; Matthieu 13:22 ; Marc 12:30 ; Marc 4:19).
3d. L’Écriture est complète, en ce qu’elle nous dit tout ce que nous devons savoir pour le salut et pour croître dans la foi. L’Écriture n’est pas une encyclopédie, et elle ne prétend pas nous dire tout sur tout.
3e. Dieu a permis quelques erreurs de transmission, mais Sa parole demeure à jamais. Ésaïe 59:21 ; Ésaïe 40:8 ; Psaume 119:89. Sa parole est préservée infailliblement (sans erreur significative) jusqu’à ce jour (Ésaïe 55:11 ; 1 Pierre 1:23-25 ; Psaume 119:89,91,144,160).
4. Notre réponse
4a. Nous devons chérir et aimer l’Écriture comme précieuse (Psaume 56:10 ; Psaume 119:72,97,105,120). Nous ne devons pas adorer l’Écriture, mais louer Dieu qui nous l’a donnée (Psaume 119:12). Nous devons faire nos délices de la loi de Dieu (Psaume 119:16,35,47) et « trembler » à Sa parole (Ésaïe 66:5). Notre espérance est dans la parole de Dieu (Psaume 119:74,81).
4b. Nous prenons conscience que nous sommes sauvés par Jésus, et non par l’étude de l’Écriture (Jean 5:39-40 ; Jacques 1:22-25 ; 1 Corinthiens 13:2).
4c. Estimez l’Écriture (Actes 13:48 ; Colossiens 3:16) pour enseigner, reprendre, corriger et instruire dans la justice (2 Timothée 3:16-17), ainsi que pour secourir dans la tentation (Psaume 119:10).
4d. Nous devons lire et étudier l’Écriture avec diligence (Actes 17:11 ; Apocalypse 1:3). Nous devons l’interpréter avec honnêteté et exactitude, sans la tordre ni la déformer (2 Pierre 3:16). Nous ne devons rien ajouter à la parole de Dieu ni aller au-delà d’elle (Proverbes 30:5-6 ; 1 Corinthiens 4:6-7 ; Deutéronome 4:2 ; Apocalypse 22:18-19 ; Ecclésiaste 12:12 ; Marc 7:13).
4e. Certains commandements de l’Ancien Testament ont été accomplis et ne sont plus à observer, comme les prescriptions relatives au porc, aux sacrifices, etc. (Actes 10:9-16 ; 15:1,5-29 ; Marc 7:19 ; Galates 5:2-4 ; Hébreux 9:9-10 ; 10:18).
4f. L’Écriture n’est pas de simples suggestions pour la vie : elle fait autorité dans notre existence (Psaume 119:33-34 ; Jean 8:37 ; Jean 12:48-50 ; Jean 14:23). Nous devons croire tout ce que Dieu enseigne et obéir à tous Ses commandements (Jean 14:23-24).
Pour les lecteurs mormons, ceci diffère de l’enseignement mormon sur l’inspiration du Livre de Mormon. Joseph Smith aurait, dit-on, traduit surnaturellement le Livre de Mormon mot à mot et lettre à lettre, en regardant une pierre voyante placée dans un chapeau noir.
Pour les lecteurs musulmans, la conception chrétienne de l’inspiration de la Bible diffère de la conception musulmane de l’inspiration du Coran. La plupart des musulmans croient que le Coran terrestre est une copie exacte, par « dictée mécanique », d’un Coran inscrit sur des tablettes au ciel.
Voir le développement relatif à la Bible pour la distinction entre inerrance et hyper-littéralisme. Voir The Complete Book of Bible Answers, p. 16, pour de plus amples précisions ainsi que sept conceptions erronées et les raisons de leur erreur. Pour un développement très étendu, voir Christian Theology de Millard Erickson, p. 175-259.
Q: En 2 P 2:1, de quels faux docteurs Pierre les mettait-il en garde ? Étaient-ce des personnes sauvées (2 P 2:1b, 3b) ?
R: Pierre décrit ces gens plus en détail en 2 Pierre 2:10-22. Il déclare : « ils sont nés pour être pris et détruits » (verset 12), « les ténèbres les plus profondes leur sont réservées » (verset 17), et « il eût mieux valu pour eux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de l’avoir connue et de se détourner ensuite du saint commandement qui leur avait été transmis » (verset 21). Il est donc évident que les faux docteurs dont parlait Pierre sont voués à l’enfer. Les chrétiens qui croient que l’on peut perdre son salut estiment que ces gens furent jadis sauvés, qu’ils ont perdu leur salut et qu’ils vont désormais en enfer (à moins qu’ils ne se repentent). Les chrétiens qui croient au principe « une fois sauvé, toujours sauvé » affirment que, bien que ces faux docteurs aient connu la voie de la vérité (verset 21), ils n’ont en réalité jamais été sauvés.
Q: En 2 P 2:1, Pierre dit-il que nous devrions être surpris par ces faux docteurs ?
R: 2 Pierre 2 nous fournit tant d’exemples historiques qu’il suggère que nous ne devrions pas être surpris par ce qui n’est, somme toute, que des exemples supplémentaires. De même qu’il y avait des méchants parmi les croyants pieux jadis, de même y a-t-il des méchants parmi les croyants pieux aujourd’hui. En fait, certains d’entre eux se trouvent au sein même de l’Église, y enseignant des choses mauvaises.
Q: En 2 P 2:1, qui est le « Maître » qui les a rachetés ?
R: Le terme grec despotès ne se rencontre que dix fois dans la Bible. Cinq fois, il désigne le maître d’une maison ; trois fois, Dieu le Père (Luc 2:29 ; Actes 4:24 [despota] ; Apocalypse 6:10) ; et une fois, Jésus-Christ, en Jude 4, où il est dit : « reniant le seul Maître [Dieu] et Seigneur, Jésus-Christ ».
Les hyper-calvinistes (tel John Gill) et certains autres calvinistes soulignent que « Maître » ne désigne pas ici seulement le Christ, mais soit le Père, soit le Dieu trinitaire. Cela ne renverrait à aucune œuvre expiatoire, mais au « rachat » des Israélites par Dieu lors de l’Exode, par la noyade de l’armée égyptienne. Clarke est l’un des commentateurs qui adoptent ce point de vue.
Les non-calvinistes, et certains autres calvinistes, affirment que « Maître » désigne ici le Christ, comme en Jude 4. Le commentateur Blum estime qu’il s’agit du Christ en raison de l’identité de « les », le substantif « le peuple » étant trop éloigné par rapport au substantif précédent « les faux docteurs ». Le commentateur Edmond Hiebert, dans Second Peter and Jude, y voit le Christ. Le commentateur Alford, dans The Greek New Testament, déclare qu’« aucune affirmation de la rédemption universelle ne saurait être plus claire que celle-ci ».
La New Geneva Study Bible, d’orientation calviniste (p. 1981), soutient un point de vue intéressant, exactement contraire à celui d’Alford. Elle admet qu’il s’agit du Christ, mais affirme que « le souci de Pierre est ici de mettre en relief la responsabilité des faux docteurs plutôt que d’avancer une théorie de l’expiation. Par leur prétention à être rachetés par le Christ, leurs “voies de perdition” (v. 2) déshonorent particulièrement le Christ et Son sacrifice pour le péché ».
Quoi qu’il en soit, tous doivent admettre que, à tout le moins dans une certaine mesure, Dieu a « racheté » pour Lui-même quelques réprouvés. La question n’est donc pas de savoir si Dieu rachète d’une quelconque manière les réprouvés, mais plutôt de savoir comment.
Q: En 2 P 2:1 et Jude 5, le Christ est-Il mort pour eux ? Si oui, comment ?
R: Jésus est mort avec grâce sur la croix afin de donner à tous l’occasion d’être sauvés. « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi — et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu… » (Éphésiens 2:8). Cependant, tous n’auront pas la foi. Hébreux 4:2 déclare : « Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux ; mais la parole qu’ils entendirent ne leur servit de rien, parce qu’ils ne se l’approprièrent pas par la foi. »
Les calvinistes stricts en désaccord affirmeraient que Jésus n’est pas mort pour ceux qui ne L’accepteraient jamais, et que ceux-ci n’avaient aucune possibilité d’échapper à l’enfer. Pourquoi Dieu, tout-puissant et souverain sur tout, se permettrait-Il d’avoir des « causes perdues », ou des tentatives infructueuses d’amener des hommes à Lui ?
La réponse réside dans le cri de douleur de Jésus : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (Matthieu 23:37).
Dieu maîtrise tout ; Il peut même choisir de Se maîtriser Lui-même. Rendons-en grâce, sans quoi tout ce qui est pécheur pourrait être détruit à l’instant. Les calvinistes affirmeraient peut-être qu’il n’y a point de causes perdues ; mais, selon les mots d’un non-calviniste nommé Jonas, « ceux qui s’attachent à des idoles vaines abandonnent la grâce qui pourrait être la leur » (Jonas 2:8). Il faut bien qu’il y ait quelque chose qu’ils aient abandonné.
Comment quelqu’un pourrait-il rejeter le dessein de Dieu, et le dessein de Dieu être contrarié ? Nul ne pourrait s’opposer au dessein du Dieu tout-puissant — à moins que Dieu ne choisisse de le permettre. Un autre non-calviniste, Luc, a écrit : « Mais les pharisiens et les docteurs de la loi rejetèrent le dessein de Dieu à leur égard, en ne se faisant pas baptiser par Jean » (Luc 7:30).
Ce n’est pas que Dieu ait voulu que les hommes Le rejettent et périssent, mais Dieu peut le permettre s’Il le veut — et Il l’a fait. Ézéchiel 33:11 déclare : « Dis-leur : Je suis vivant ! dit le Seigneur l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive… »
« Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous ; c’est là le témoignage rendu en son propre temps » (1 Timothée 2:3-6).
Jésus n’est pas mort seulement pour une partie du monde, en 1 Jean 2:2 ; soit ce verset a induit en erreur tous les premiers chrétiens de langue grecque, soit Jésus est mort pour le monde entier. Il existe aussi un aspect particulier et défini dans l’expiation du Christ, mais nous devons placer les deux côte à côte, car Jésus « est le Sauveur de tous les hommes, et principalement de ceux qui croient » (1 Timothée 4:10).
1 Jean 2:2 : « Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier. »
Romains 5:18 : « Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes. » Or, si le second « tous » ne désigne pas tous les hommes, pourquoi le premier « tous » désignerait-il tous les hommes ? Les mots sont identiques dans le grec et dans la compréhension des premiers chrétiens.
(Les citations bibliques sont tirées de la version NIV.)
Q: En 2 P 2:2, puisque certains cherchent la vérité, pourquoi Dieu permettrait-Il que la voie de la vérité soit calomniée ?
R: Dieu nous accorde une liberté suffisante pour que nous puissions en abuser et nous nuire à nous-mêmes. Dieu nous accorde même une liberté suffisante pour nuire à autrui.
1. Une part au moins de la vérité de Dieu peut toujours être trouvée (Romains 1:19-20 ; Psaume 19:1-3).
2. Dieu est empressé à révéler davantage de vérité à ceux qui Le cherchent (Matthieu 7:11 ; Romains 2:7).
3. Dieu est juste, et Il juge les hommes selon ce qu’ils savent (Romains 4:15 ; 5:13 ; Deutéronome 1:39).
4. Toutefois, pour ceux qui ne cherchent pas Dieu, Dieu n’hésite pas à permettre qu’ils croient un mensonge et s’égarent dans une parfaite folie (Romains 11:8-10).
Q: En 2 P 2:3, pourquoi les hommes sont-ils fascinés par des récits inventés ?
R: Les hommes désirent entendre des récits fascinants, et un récit est d’autant plus fascinant qu’il est véritable. Aussi, par un raccourci de raisonnement, il paraît conforme à la nature humaine que les hommes souhaitent parfois que les récits les plus fascinants soient vrais, et qu’ils soient dès lors plus enclins à les tenir pour vrais. Qu’il s’agisse des récits des anciens hindous et des gnostiques, ou du mormonisme et de la scientologie d’aujourd’hui, les hommes ont inventé des récits fascinants que beaucoup ont crus.
Q: En 2 P 2:4 et Jude 6, les anges déchus sont-ils liés, ou sont-ils libres comme le disent Ap 16:14 et d’autres versets ?
R: Trois points à considérer dans la réponse.
1. Certains démons sont liés.
2. D’autres sont libres, ainsi que le montrent Matthieu 12:22 ; 17:14-18 et Actes 16:16-18.
3. Certains démons étaient libres, mais craignaient d’être liés par la parole de Jésus, en Luc 8:28-32.
Q: En 2 P 2:5, puisque Dieu ne sauva que huit « âmes » dans l’arche, qu’en est-il des animaux marins qui possèdent des « âmes » en Ap 16:3 ?
R: Bien que le terme grec soit identique, le contexte diffère. En 2 Pierre 2:5, le contexte est celui des âmes humaines. Le terme grec peut aussi signifier « vie », comme en Apocalypse 16:3. Ainsi, seuls les hommes possèdent des âmes humaines qui ont besoin d’être sauvées, comme en 2 Pierre 2:5, tandis que les animaux possèdent la vie, comme en Apocalypse 16:3.
Q: En 2 P 2:7-8, comment Lot pouvait-il être un homme juste, compte tenu de ce qu’il fit en Gn 19:30-38 ?
R: Trois points à considérer dans la réponse.
1. Lot fut trompé et poussé à l’inceste par un excès de boisson, après avoir tout juste perdu sa femme.
2. Les suggestions et les tentations continuelles des injustes peuvent entraîner à la chute même un homme juste.
3. Le péché de Lot est postérieur aux événements auxquels 2 Pierre 2:7-8 faisait référence.
Q: En 2 P 2:8, en quoi est-il juste que l’âme droite de quelqu’un soit tourmentée par les actions impies d’autrui ? En quoi ne devrait-elle pas l’être ?
R: Lot s’efforçait de mener une vie juste au milieu d’un peuple extrêmement impie. Cela ne le tourmentait pas seulement extérieurement, mais le mettait aussi en danger physique lorsque les trois visiteurs vinrent. Pire encore, la désobéissance de sa femme causa sa mort. Mais, plus grave encore, les impies qui l’entouraient affectèrent son caractère, au point qu’il s’enivra. Et, pire que tout, cela affecta non seulement son propre caractère, mais aussi celui de ses enfants. Il vient un moment où une personne devrait se demander si Dieu veut réellement qu’elle demeure en un tel lieu.
Q: En 2 P 2:9, puisque Lot commit l’inceste, comment Lot fut-il un exemple de la manière dont Dieu délivre les hommes pieux de la tentation ?
R: Lot est un exemple utile de ce que Dieu fait et de ce que Dieu ne fait pas. Lot menait une vie pieuse. Dieu délivra chaque membre de sa famille, hormis la femme de Lot, qui regarda en arrière et fut changée en statue de sel. Cependant, les filles de Lot, après que celui-ci eut trop bu, commirent l’inceste avec lui. Dieu délivra Lot, mais Dieu ne le déchargea jamais de sa responsabilité de veiller sur sa vie et de tendre vers la piété.
Un autre exemple malheureux d’homme pieux, de la grande délivrance de Dieu et de la chute ultérieure de cet homme est celui de Gédéon, en Juges 8:24-28.
Q: En 2 P 2:9-10, quelle est la différence entre les « injustes » et ceux qui suivent particulièrement les désirs corrompus de la nature pécheresse et méprisent l’autorité ?
R: Suivre les désirs corrompus de la nature pécheresse et mépriser l’autorité sont deux formes plus extrêmes d’injustice.
Il existe une différence entre l’injustice passive et l’injustice active. Il existe une différence entre ceux qui succombent fréquemment dès que survient une tentation et ceux qui sont à l’affût d’occasions de chuter. Parfois, certains paraissent « perpétuellement désolés » de leur péché, tout en continuant de le commettre. D’autres ne feignent même pas d’en être désolés, mais font simplement ce qui leur semble naturel. Et d’autres encore semblent tirer un orgueil provocant de leur péché. Quel mérite y a-t-il à être « le meilleur buveur » d’un concours de boisson, ou à comptabiliser le plus grand nombre de « conquêtes » (aussitôt abandonnées) ? Il existe des films glorifiant l’habileté de certains voleurs, ou l’adresse de certains assassins. Peut-être y aurait-il moins de « glorificateurs » de leur propre péché s’il y avait moins de « glorifiés » impressionnés par leurs actes pécheurs.
Q: En 2 P 2:10 et Jude 8-10, comment des hommes peuvent-ils calomnier les êtres célestes ?
R: La calomnie revêt divers aspects. Calomnier peut signifier inventer des mensonges au sujet de quelque chose. Les anges ressemblent-ils à de mignons petits bébés ailés ? Qu’en est-il de Michel et de l’ange qui détruisit l’armée assyrienne ? Les démons ont-ils tous des cornes et des fourches ? En réalité, la Bible dit que Lucifer était d’une très belle apparence. Plus tard, les gnostiques élaborèrent des fictions fort compliquées au sujet des anges et des êtres semi-divins. Nous ne devons rien inventer au sujet des anges ni des démons.
Calomnier peut signifier tourner en dérision ou faire peu de cas de quelque chose. Je ne pense pas que Job aurait jamais songé à se moquer de Satan.
La calomnie, en 2 Pierre 2:10 et Jude 8-10, signifie porter une accusation contre quelqu’un de sa propre autorité. Ainsi, même Michel ne réprimanda pas Satan directement, mais dit : « Que le Seigneur te réprimande. »
Q: En 2 P 2:10, de quelle autorité s’agit-il ici ?
R: Le terme rendu par « autorité » peut désigner l’autorité de Dieu, des chefs de l’Église, des gouvernants, des parents, ou simplement l’autorité en général. Souvent, ceux qui méprisent une forme d’autorité éprouvent de la difficulté à se soumettre à toute autorité en général. Rien n’indique que Pierre vise une seule forme d’autorité à l’exclusion d’une autre.
Comme le suggère 2 Pierre 2:10, le mépris de l’autorité et les désirs corrompus peuvent aller de pair. Le Believer’s Bible Commentary (p. 2297) déclare : « Ce n’est un secret pour personne que les faux chefs religieux, se faisant passer pour des ministres du Christ, se caractérisent souvent par une moralité relâchée. Non seulement ils se livrent eux-mêmes à des activités sexuelles illicites, mais ils prônent ouvertement le libertinage. L’aumônier épiscopalien d’une école de jeunes filles à Baltimore, dans le Maryland, écrivit : “Nous devrions tous nous détendre et cesser de nous sentir coupables de nos activités, pensées et désirs sexuels. Et je le dis, que ces pensées soient hétérosexuelles, homosexuelles ou autosexuelles… Le sexe est un plaisir… et cela signifie qu’il n’y a aucune loi prescrivant ce que vous devez ou ne devez pas faire. Il n’y a point de règles du jeu, pour ainsi dire.” » (cité de Pageant Magazine, octobre 1965).
Q: En 2 P 2:10-11, où ailleurs le terme grec rendu par « êtres glorieux / puissants » est-il employé ?
R: Il est employé dans une grande variété de contextes. En voici quelques-uns.
La gloire de la Shekinah de Dieu : Lc 2:9 ; Ac 7:55
La gloire de Dieu, ou nous glorifiant Dieu : Mt 24:30 ; Mc 13:26 ; Lc 2:14 ; 19:38 ; 21:27 ; Jn 7:18 ; 11:4 ; Rm 1:23 ; 3:7,23 ; 4:20 ; 15:7 ; 16:27 ; 1 Co 10:31 ; 2 Co 1:20 ; 4:6 ; 4:15 ; 8:19 ; Ga 1:5 ; Ép 3:21 ; Ph 1:11 ; 4:19 ; Col 1:17 ; 1 Tm 1:17 ; Tt 2:13 ; Hé 1:3 ; 1 P 4:13,14 ; 2 P 1:17 ; Apocalypse 4:9,11 ; 19:7 ; Jr 13:16 (Septante) ; 1 S 6:5 (Septante)
Gloire au Seigneur : 2 Tm 4:18
Glorifier Dieu : Apocalypse 11:13 ; 14:7 ; diverses formes de doxa dans le cantique de Marie, en Ex 15:1-6 dans la Septante
Rendre gloire à Dieu [en disant la vérité] : Jn 9:24 ; Jos 7:19 dans la Septante
Honorer Dieu : le livre apocryphe 4 Maccabées 1:12
Ne pas rendre gloire à Dieu : Ac 12:23 ; Apocalypse 16:9
La majesté de la grâce de Dieu : Rm 9:23 ; Ép 1:12,14,18 ; 3:16 ; 1 Tm 1:11 ; 2 P 1:3 ; Ép 1:6
Des actes de puissance : Jn 11:40 ; Rm 6:4 (= És 12:2 ; 45:24 Septante)
Le Père : Jn 8:49 ; Ép 1:17 ; Ph 2:11 ; 4:20
Le Père glorifiant le Christ : Jn 8:54
La majesté du Christ : Mc 10:37 ; Mt 16:27 ; Mc 8:38 ; Lc 9:26 ; 24:26 ; Jn 17:5,22,24 ; 1 Tm 3:16 ; Hé 2:7,9 ; 13:21 ; 1 P 1:11,21 ; Ph 3:21 ; Apocalypse 5:12
Le Père / Dieu a glorifié le Fils : Jn 11:4 ; 2 P 1:17
Jésus a plus d’honneur que Moïse : Hé 3:3
Le Christ dans la transfiguration : Lc 9:32
Lorsque des anges apparurent : Lc 9:31 ; Apocalypse 18:1
Les hommes sont la gloire du Christ : 2 Co 8:23
Nous devons glorifier le Christ : 2 P 3:18
Dieu nous loue : Jn 5:44
Une personne honorant / louant une autre : Lc 14:10 ; Jn 5:44
Ne pas rechercher la louange des hommes : 1 Th 2:6
Le visage de Moïse : 2 Co 3:7
Pour notre gloire : 1 Co 2:7 ; 2 Co 6:8 ; Ép 3:13
Les Thessaloniciens étaient la gloire de Paul : 1 Th 2:20
Nous recevrons une couronne de gloire : 1 P 5:4
Leur gloire est dans leur honte : Ph 3:19
Acquérir de l’honneur pour soi-même : Jn 7:18 ; 8:50,54
Double : Ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu : Jn 12:43
Le soleil, la lune et les étoiles : Ac 22:11 ; 1 Co 15:40
Autres passages : 1 P 1:17
Selon le Lexique de Thayer, en grec classique le terme doxa s’étend, dans son acception, de l’opinion ou de la fantaisie privée jusqu’à la renommée publique.
Dans le livre apocryphe 4 Maccabées 5:17, il signifie opinion, jugement ou point de vue, selon le Greek Lexicon of the New Testament de Thayer, p. 155.
Le Lexique de Thayer poursuit en indiquant que, bien qu’il ne signifie ni splendeur ni éclat dans les écrits grecs, il fut employé en ce sens dans la Bible pour traduire le terme hébreu.
Comme on peut le constater, la gloire est un concept très important dans la Bible. 2 Corinthiens 3:18 déclare que nous devons refléter la gloire du Seigneur. Vous êtes peut-être attentif à l’amour que vous portez à autrui pour Dieu, à l’étendue de votre savoir et à l’ampleur de vos œuvres ; mais êtes-vous également attentif à la manière dont vous reflétez la gloire de Dieu ?
Q: En 2 P 2:10-11, qui sont ici les êtres glorieux / puissants ?
R: Le terme grec doxas signifie littéralement « gloires » (Strong 1391). En grec classique, il désignait le fait d’avoir une opinion, une haute opinion, ou l’honneur. Selon le Vocabulary of the Greek New Testament de Moulton et Milligan (p. 168), il était employé à propos du soleil, dans la description des femmes et des navires, ainsi que dans un papyrus astrologique. Les chrétiens de langue grecque employaient ce terme pour désigner la gloire ou la majesté de Dieu et des anges, ainsi que la gloire dont Dieu nous revêt, dans le Nouveau Testament et dans la traduction de l’Ancien Testament par la Septante.
Il existe des ressemblances entre la deuxième épître de Pierre et celle de Jude. Jude 8 déclare que ces hommes méchants rejettent l’autorité et calomnient les êtres célestes (doxa, le même terme grec). Jude 9 poursuit en donnant l’exemple de Michel qui ne réprimande pas directement Satan, mais dit plutôt : « Que le Seigneur te réprimande. »
Deux conclusions : les ressemblances avec l’épître de Jude montrent qu’il s’agit de la calomnie d’êtres célestes. Toutefois, rien dans le terme n’interdit qu’il s’applique aussi à la calomnie d’autres « dignitaires », qu’il s’agisse de chefs de l’Église ou de gouvernants.
Q: En 2 P 2:12, en quoi certains hommes ressemblent-ils à des bêtes brutes ?
R: Certains animaux ne sont capables de songer qu’à leur sécurité, à se nourrir, à s’accoupler, au plaisir, ainsi qu’à combattre et à dominer. Certains hommes leur ressemblent fort.
Q: En 2 P 2:13, comment expliqueriez-vous à un incroyant pourquoi il n’est pas bon de vivre pour faire la fête ?
R: Comme le demande Jérémie 5:31b : « que ferez-vous à la fin ? » Supposons que vous ayez assisté, il y a quelques années, à la « fête ultime ». En quoi cela vous rendrait-il plus heureux aujourd’hui ? Recherchez une joie qui dure, et non un plaisir passager qui se change en douleur.
Q: En 2 P 2:14, que dit encore la Bible au sujet des yeux et de l’adultère ? Quel rapport entretiennent-ils ?
R: Souvent, les tentations d’adultère viennent par les yeux. C’est peut-être pourquoi Jésus évoqua, de manière métaphorique, le fait de s’arracher l’œil plutôt que de commettre l’adultère, en Matthieu 5:27-30. Job déclara avoir « fait un pacte avec ses yeux » afin de ne pas arrêter ses regards sur une jeune fille (Job 31:1).
Q: En 2 P 2:15, comment des hommes, même des croyants aujourd’hui, pourraient-ils s’égarer en suivant la voie de Balaam, fils de Beor ?
R: Balaam ne rejeta jamais Dieu directement ; il transigea plutôt pour l’amour de l’argent. L’argent n’est pas mauvais, et gagner de l’argent n’est pas mauvais. Mais, à cause de cela, il n’est que trop aisé de justifier un compromis de sa foi par amour de l’argent, comme le fit Balaam.
Q: En 2 P 2:16, comment un véritable prophète de Dieu tel que Balaam, fils de Beor, pouvait-il être insensé ?
R: Balaam n’était pas insensé au sens d’aliéné, mais il l’était au sens d’accomplir des actes déraisonnables et de chercher à repousser les limites de ce que Dieu permettait, afin de gagner de l’argent. C’est folie que de vouloir repousser les limites extrêmes de la volonté de Dieu pour l’amour de l’argent, du plaisir ou de la sécurité ; pourtant, les hommes le font encore aujourd’hui.
Q: En 2 P 2:17-19, en quoi certains docteurs ressemblent-ils à des sources sans eau ? Cela se rapporte-t-il à Pr 25:14 ?
R: Une source est à la fois attrayante et pourvue d’eau utilisable. Mais, privée de son eau, la source offre le mirage de l’utilité sans en avoir la réalité. Parfois, certains docteurs paraissent bons aux yeux de quelques-uns, alors qu’ils n’enseignent pas la vérité, mais seulement leurs propres opinions. D’autres docteurs possèdent peut-être la connaissance, mais leur enseignement est sans vie, parce qu’ils ne partagent pas l’eau vive du Christ.
Q: 2 P 2:19-22 enseigne-t-il que l’on peut perdre son salut ?
R: Le terme grec rendu ici par « connaître » signifie « reconnaissance » ou « acquiescement ». Certains chrétiens s’en servent pour démontrer que les croyants peuvent perdre leur salut. D’autres chrétiens le contestent, car la truie et le chien représentent des animaux impurs. Remarquez que la truie n’était lavée qu’extérieurement, et que ni la truie ni le chien ne cessèrent jamais d’être une truie et un chien.
Tous les chrétiens peuvent convenir qu’il existe, au sein de l’Église, des personnes qui paraissent aux autres, du moins pour un temps, être chrétiennes, mais qui iront en enfer à leur mort. L’ouvrage 1001 Bible Questions Answered (p. 87) souligne qu’il s’agit là d’un avertissement redoutable pour ceux qui connaissent la voie du salut et la rejettent néanmoins. Voir également le développement relatif à Hébreux 6:4-8.
Hard Sayings of the Bible (p. 729-730) explique comment des personnes peuvent devenir apostates, se trouver dans un état pire et aller en enfer ; ces personnes étaient « converties », bien qu’il ne soit pas dit qu’elles fussent nées de nouveau.
Q: En 2 P 2:19-22, à titre d’avocat du diable : si une truie est débauchée, ou si un chien en tue d’autres, et que cela n’offense pas Dieu, pourquoi Dieu est-Il offensé lorsque des hommes agissent de même ?
R: Même une truie ou un chien n’oublie pas ce qu’il est ; mais certains hommes, semble-t-il, oublient qu’ils ont été faits pour quelque chose de meilleur que de vivre à la manière d’un animal.
Q: En 2 P 3:1, quels sont précisément les desseins de Dieu en nous donnant la prophétie ?
R: Nous pouvons discerner au moins trois raisons pour lesquelles Dieu nous a gratifiés de Ses paroles prophétiques.
a) Parfois, il y a des choses précises que nous devons accomplir lorsque nous discernons une situation prophétique. Par exemple, à l’égard de la Babylone évoquée dans l’Apocalypse, il nous est ordonné de « fuir Babylone ». Lors de la venue du Messie, les Juifs étaient censés Le reconnaître et Le suivre.
b) Lorsque surviennent des événements affligeants et mauvais, Dieu nous en avertit souvent à l’avance, afin que nous puissions constater que, oui, Dieu était au courant de cela, et que même de tels événements ne contrarieront pas Son dessein. Daniel 7:28 et Daniel 11 en offrent deux exemples.
c) Pour affermir notre foi, à mesure que nous voyons Dieu accomplir ce qu’Il a promis.
Q: Quelle est l’affirmation de 2 Pierre 3:1-2 ?
R: Pierre affirme que ses paroles et celles des autres apôtres sont sur un pied d’égalité avec l’autorité de l’Ancien Testament. Pierre reconnaît aussi explicitement les écrits de Paul comme Écriture, en 2 Pierre 3:15-16.
Q: En 2 P 3:3, qu’est-ce précisément qu’un moqueur ?
R: Voyons d’abord ce qu’un moqueur n’est pas, puis ce qu’il est.
Chacun est sceptique à l’égard de certaines choses — ou du moins devrait l’être. Il n’est pas bon d’être crédule en quoi que ce soit ; nous devrions plutôt être sceptiques à l’égard des choses qui n’ont aucune preuve ou qui sont amplement contredites par les preuves.
Mais un moqueur est ouvertement sceptique à l’égard de choses dont il n’a pas examiné les preuves, ou dont il a ignoré les preuves. Souvent, un moqueur paraît insensé parce qu’il tourne ouvertement en dérision ce que d’autres savent être vrai.
Q: En 2 P 3:3, comment la moquerie et l’assouvissement de ses propres mauvais désirs vont-ils souvent de pair ?
R: Bien souvent, la raison ultime, quoique inavouée, de la moquerie est de fournir une justification à l’assouvissement de ses propres désirs au lieu de suivre Dieu. Si l’on ne croit pas en Dieu, on ne se sentira pas coupable de ne pas Le suivre.
Q: 2 P 3:4-7 se rapporte-t-il à l’uniformitarisme ?
R: Peut-être bien. L’uniformitarisme est le point de vue géologique séculier répandu selon lequel les processus actuels, ajoutés au temps, suffisent à expliquer tous les événements passés de l’histoire de la terre.
Cependant, le point de vue uniformitariste perd du terrain aujourd’hui. De plus en plus de géologues adoptent un point de vue différent, défendu par Stephen Jay Gould et appelé équilibre ponctué, parce que les données géologiques le soutiennent mieux. Bien que Gould fût un athée convaincu, certaines des données qui étayent l’équilibre ponctué de préférence à l’uniformitarisme étayent aussi le créationnisme (qu’il s’agisse de la vieille ou de la jeune terre).
Par parenthèse, il est arrivé que des hommes déclarent que tout demeure identique et passent à côté de grands événements. Ainsi, dans son journal, le roi George III d’Angleterre écrivit à la date du 4 juillet 1776 : « Rien d’important ne s’est produit aujourd’hui. » Le 4 juillet 1776 est le jour où les États-Unis déclarèrent leur indépendance de l’Angleterre.
Q: En 2 P 3:5-8, pourquoi, selon vous, le monde fut-il détruit par l’eau et par le feu ?
R: Il fut détruit par le déluge de Noé, en Genèse 6-8. Mais Dieu promit, en Genèse 9:11, de ne plus détruire la terre par un déluge. Dieu a donc promis de ne pas recourir à un déluge pour détruire la terre à l’avenir.
Q: En 2 P 3:7, « destruction » ou « perdition » signifie-t-il que les incroyants sont anéantis ?
R: Non. Trois points à considérer dans la réponse.
1. L’enfer est un châtiment éternel, en Matthieu 25:41,46. Satan et d’autres seront tourmentés à jamais, en Apocalypse 20:10.
2. C’est périr, en Luc 13:3 ; Jean 3:15,16 ; 10:28 et ailleurs. C’est une destruction éternelle, en 2 Thessaloniciens 1:9, et les incroyants seront détruits, en 1 Corinthiens 6:13 ; 2 Thessaloniciens 2:8 ; Apocalypse 11:18 et d’autres versets.
3. Aucun verset de la Bible ne dit que les hommes sont anéantis.
Comment les points 1 et 2 peuvent-ils être vrais l’un et l’autre ? Cela peut se concevoir de deux manières possibles, ou des deux à la fois.
1. Les ruines : bien des choses terrestres peuvent être détruites tout en subsistant. Elles fournissent des exemples grossiers de la manière dont les hommes peuvent être détruits tout en subsistant pour toujours. Une voiture peut être détruite, puis envoyée à la casse. Une maison peut être détruite par le feu, puis les débris calcinés rasés et emportés. Enfin, les impies subsistent, même après que leur corps a été détruit.
2. Les asymptotes : une chose peut être en voie de devenir inexistante, et pourtant demeurer éternelle parce que le processus prend un temps infini. Par exemple, supposons que, chaque année, la taille d’une chose diminue de moitié. Combien d’années faudra-t-il pour que la taille soit exactement nulle ? La réponse est un nombre infini d’années. Je n’ai rien trouvé dans la Bible qui étaie ou contredise cette conjecture sur les asymptotes.
Certains, qui enseignent ce qui revient essentiellement au point de vue de l’asymptote, le présentent comme une solution de rechange au point de vue traditionnel (les ruines). Cependant, ces deux points de vue se complètent, et démontrer le caractère raisonnable du point de vue de l’asymptote ne retire rien au point de vue traditionnel.
Voir When Critics Ask, p. 493-494 ; When Cultists Ask, p. 297 ; ainsi que la question suivante.
Q: En 2 P 3:7,10-12, Ap 21:1 et So 1:2-3, comment la terre est-elle détruite, alors qu’Ec 1:4 dit que la terre subsiste à jamais ?
R: Pour répondre à cette question, voyons comment la terre fut détruite par le déluge. Genèse 9:11 dit que le déluge « détruisit » la terre. Or, le sol et les roches subsistaient, mais toute vie, et tout le reste, fut balayé de la surface de la terre par le déluge. Ainsi, lorsque la terre fut détruite au temps de Noé, elle ne devint pas inexistante ; sa surface fut nettoyée.
Le terme hébreu rendu par « terre » possédait une acception étendue, tout comme le mot « terre » en français. « Terre » peut désigner le sol, le pays, ce monde, ou ce qui se trouve sur ce monde. Dieu a choisi de faire subsister à jamais ce qui se trouve sous la surface, mais Dieu balaiera la surface aussi nette qu’Il le dit en Sophonie 1:2-3. La terre nouvelle d’Apocalypse 21:1 sera fondée sur ce qui subsistera de l’ancienne terre.
Q: En 2 P 3:8, que signifient les 1 000 ans ?
R: De véritables chrétiens sont en désaccord à ce sujet.
1. Certains y voient presque une équation : 1 jour en Genèse = 1 000 de nos années. L’Épître de Barnabas (vers 70-130 apr. J.-C.), chapitre 15, p. 146, déclare : « Prêtez attention, mes enfants, au sens de cette expression : “Il acheva en six jours.” Cela signifie que le Seigneur achèvera toutes choses en six mille ans, car un jour est auprès de Lui comme mille ans. Et Lui-même en témoigne, disant : “Voici, aujourd’hui sera comme mille ans.” Ainsi donc, mes enfants, en six jours, c’est-à-dire en six mille ans, toutes choses seront achevées. Et Il se reposa le septième jour. »
2. D’autres relèvent le mot « comme », et le fait que 1 est comme 1 000 et que 1 000 est comme 1, pour signifier simplement que ce que Dieu appelle l’un de Ses jours peut être très long ou très court comparé à notre temps. Un exemple où le terme hébreu yom désigne plus de 24 heures se trouve lorsqu’il fut prédit qu’ils traverseraient le Jourdain, en Deutéronome 7:1. De même, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, le « jour du Seigneur » désigne une période supérieure à 24 heures.
Q: En 2 P 3:8-9, pourquoi, selon vous, Dieu attendit-Il si longtemps après la création du monde pour envoyer Jésus-Christ, la première fois ?
R: La réponse brève est que Jésus vint exactement au moment où Il vint parce que, en Daniel 9:20-27, c’est le moment où Dieu prophétisa que Jésus viendrait. Cela soulève toutefois la question de savoir pourquoi Dieu n’aurait pas prophétisé un autre moment, et fait venir Jésus à ce moment-là.
Romains 5:6 déclare : « Vous voyez, au temps marqué… Christ est mort pour des impies. » L’Écriture ne répond pas directement à la question de savoir pourquoi ce fut le moment opportun, mais il est intéressant d’en spéculer.
90 % de la population après : nous estimons qu’environ 32 milliards (± 6 milliards) de personnes ont vécu sur la terre. Plus de 90 % d’entre elles ont vécu après le temps du Christ.
Équité envers ceux qui précédèrent : Dieu juge les hommes selon la vérité qu’ils possèdent ; le péché n’est pas imputé là où il n’y a point de loi (Romains 4:15 ; 5:13). Ainsi, ceux qui vécurent avant le Christ, tels qu’Abraham, David, etc., purent être sauvés par le Christ, bien que le Christ ne fût pas encore venu.
Une époque plus paisible : le temps du Christ fut une période de paix relative comparée aux temps qui précédèrent, avec les conquêtes romaines, et à ceux qui suivirent, avec les guerres romano-parthes et les invasions des barbares européens dans l’Empire romain. Voir www.BibleQuery.org/History/Calamities/Wars.html pour de plus amples précisions sur les guerres de ces époques, si le sujet vous intéresse.
Le meilleur moment pour l’expansion : à l’époque romaine, l’une des raisons essentielles de la propagation rapide du christianisme fut l’excellent réseau de routes bâti par les Romains, qui permettait des déplacements étendus et rapides. Si Jésus était venu avant cette époque, il eût été bien plus difficile de répandre l’Évangile dans les diverses contrées.
La préservation des documents : si cela s’était produit beaucoup plus tôt, nous disposerions peut-être de bien moins de manuscrits attestant la fiabilité du Nouveau Testament. Si cela s’était produit des siècles plus tard, nous en aurions peut-être davantage ; mais, même ainsi, nous possédons plus de 10 000 manuscrits et fragments grecs du Nouveau Testament. Le plus ancien, soit dit en passant, est le papyrus John Rylands, daté de 110 à 138 apr. J.-C. Voici d’autres manuscrits que nous possédons.
110/117-125/138 apr. J.-C. — p52 (= papyrus John Rylands) — Jean 18:31-33, au verso 18:37-38 — 4 versets
100-150 apr. J.-C. — p104 — Matthieu 21:34-37,43,45 (?) — 5,5 versets
100-150 apr. J.-C. — p46 (= Chester Beatty II) — 70 % de Paul et d’Hébreux — 1 680 versets
vers 125 apr. J.-C. — p87 (écriture semblable à p46) — Philémon 13-15,24 (en partie),25b avec lacunes — 4 versets
IIe siècle — papyri Magdalen — Mt 26:7-8,10,14-15,22-23,31-33 — 10 versets
100/125-150/175 apr. J.-C. — p66 (= Bodmer II), p14/15, p75 — 92 % de l’Évangile de Jean — 808,5 versets
125-150 apr. J.-C. — p64, p67 (même manuscrit) — (p67) Mt 3:9,15 ; 5:20-22,25-28 — 19 versets ; (p64) Mt 26:7-8,10,14-15,22-23,31-33
Début à milieu du IIe siècle — p4 (écriture semblable à p64, p67) — Luc 1:58-59 ; 1:62-2:1,6-7, etc. — 95 versets
vers 170 apr. J.-C. — Onciale 0212 — fragments du Diatessaron : Mt 27 ; Mc 15 ; Lc 23 ; Jn 19
vers 175 apr. J.-C. — p90 — Jean 18:36-19:7 — 12 versets
177 apr. J.-C. — 97 % (855/878) de l’Évangile de Jean, 70 % de Paul et d’Hébreux (persécution d’Aurèle)
En nous fondant uniquement sur les manuscrits que nous possédons encore et qui furent rédigés avant la persécution de Marc Aurèle en 177 apr. J.-C., nous disposons de 97 % de l’Évangile de Jean (855/878 versets) et de 70 % de Paul et d’Hébreux.
L’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe (323-326 apr. J.-C.), livre 1, ch. 2, p. 84, donne une réponse différente mais complémentaire. Il déclare simplement que l’Évangile ne fut pas prêché plus tôt parce que l’humanité pécheresse n’y était pas encore prête. Nicene and Post-Nicene Fathers, deuxième série, vol. 1, p. 84.
Q: En 2 P 3:8-9, pourquoi, selon vous, Dieu prend-Il tant de temps avant d’envoyer Jésus une seconde fois ?
R: Dieu diffère avec grâce. Nous ne connaissons pas tous les facteurs que Dieu a considérés lorsqu’Il a fixé le calendrier. Actes 1:7 déclare qu’il ne nous appartient pas de connaître les temps ni les moments que le Père a fixés de Sa propre autorité. Mais 2 Pierre 3:8-9 dit que Dieu ne voulait qu’aucun ne périsse parmi ceux qui L’auraient accepté ; le délai de Dieu est donc gracieux.
Q: En 2 P 3:10, un voleur vient-il de manière attendue ou inattendue ? Lorsqu’un voleur vient, est-il pratiquement invisible ou visible ?
R: Un voleur est inattendu, et sa venue n’est pas visible. Cependant, une fois le voleur reparti, le résultat, lui, est assurément visible. De même, le jour du Seigneur sera inattendu ; mais, lorsque Jésus viendra, tout œil Le verra (Apocalypse 1:7). Sa venue se fera de la même manière que Jésus s’en alla : sur les nuées (Actes 1:9-11).
Q: En 2 P 3:11, comment, précisément, la connaissance de la prophétie devrait-elle nous encourager à mener une vie sainte et pieuse ?
R: Nous savons que Dieu voit et connaît toutes choses. Nous savons que les hommes devront rendre compte de toute parole vaine qu’ils auront prononcée (Matthieu 12:36-37). En tant que croyants, nous devrons rendre compte devant le tribunal (bêma) du Christ (2 Corinthiens 5:10). Nous savons que tous les plaisirs pécheurs dont nous pourrions jouir pour un temps ne sauraient se comparer à la joie éternelle auprès de Dieu.
Q: En 2 P 3:11-12, comment les croyants peuvent-ils sembler « hâter » la venue du Christ ?
R: Il a été demandé aux chrétiens de prier pour l’avènement du royaume de Dieu depuis que Jésus a donné la prière du Seigneur (que certains appellent aussi le « Notre Père »). Jésus ne nous a pas dit de réciter une petite prière « pour le plaisir » : nos prières agissent véritablement.
Il est admirable de songer que le Dieu tout-puissant a choisi notre prière comme l’un des instruments dont Il se sert pour accomplir Sa volonté.
De même, puisque 2 Pierre 3:9 déclare que Dieu diffère délibérément afin qu’aucun ne périsse parmi ceux qui pourraient être sauvés, le fait d’annoncer au monde entier la bonne nouvelle de Jésus-Christ est aussi un moyen de hâter la venue du Christ.
Q: En 2 P 3:16, comment les ignorants et les instables déforment-ils les Écritures ? Quels sont quelques exemples d’incroyants et d’hérétiques tordant l’Écriture ?
R: Remarquez d’abord que Pierre n’a pas employé ici les mots « stupides » ou « inintelligents ». Une personne peut demeurer fort habile et intelligente, tout en étant ignorante. En fin de compte, tout se ramène à l’exégèse par opposition à l’eiségèse. L’exégèse consiste à tirer de l’Écriture le sens qu’elle cherche à transmettre. L’eiségèse consiste à lire dans l’Écriture le sens que l’on souhaite lui prêter. Satan veut nier l’Écriture ; mais, s’il ne peut y parvenir, il veut jeter le doute sur l’Écriture. Et, s’il ne peut y parvenir, il veut tordre l’Écriture. Tordre l’Écriture peut consister à affirmer ce qui est faux, ou à faire douter que nous puissions jamais connaître son sens exact.
Proverbes 30:5-6 nous enjoint de prendre garde à ne rien ajouter à l’Écriture. Lorsque nous plaçons nos raisonnements et nos interprétations sur le même plan que l’Écriture, nous désobéissons à Proverbes 30:4-5. Et cela, même si nos raisonnements et notre interprétation sont justes.
Voici quelques exemples de torsion de l’Écriture.
Le révérend Moon, qui nie que le Christ apparaisse littéralement sur les nuées, interprète toutes ces références comme des nuées désignant des groupes de personnes, puisque Hébreux 12:1 déclare que nous [et non Jésus] sommes environnés d’une si grande nuée de témoins [et non d’une simple nuée].
Les Témoins de Jéhovah, qui nient la conscience après la mort, interprètent en Luc 16:19-31 la souffrance du riche qui avait négligé Lazare comme désignant simplement « la classe des pharisiens humiliée par la classe des serviteurs fidèles ».
La Divine Light Mission enseigne que, puisque le Christ revient sur les nuées et que le gourou Maharaji s’est rendu en Amérique dans un avion qui a traversé les nuées, il a de ce fait accompli ce verset.
Les mormons, qui croient que Dieu est un homme glorifié, interprètent parfois Nombres 23:19 : « Dieu n’est point un homme pour mentir » (KJV) comme « Dieu n’est pas le genre d’homme qui mentirait ».
Ces interprétations relèvent d’une « logique étrange ». Comme le sens évident de la parole de Dieu contredit leur théologie, ils doivent substituer un autre sens au sens évident.
Une autre forme de torsion de l’Écriture consiste à enseigner que nous ne pouvons connaître le sens d’un passage donné, alors qu’en réalité nous le pouvons et le connaissons. Nous ne devons pas hésiter à affirmer ce que nous savons être vrai. On ne peut choisir arbitrairement certains versets et en ignorer d’autres. Par exemple, les évangéliques, le révérend Moon, les Témoins de Jéhovah, les musulmans, les adeptes du Nouvel Âge, les libéraux et tant d’autres ont proposé tant de conceptions différentes de la résurrection de Jésus que, « par conséquent », nous ne pourrions savoir ce que la Bible entendait en disant que Jésus est ressuscité des morts. Aussi, plutôt que de croire une chose fausse, ne croyons donc rien du tout. Une autre manière de considérer la même chose consiste à demander : combien de mensonges différents Satan doit-il inventer avant que vous ne lui disiez : « D’accord, je jette l’éponge et je capitule. Je ne croirai plus rien de ce que Dieu dit à ce sujet » ? Les chrétiens n’ont jamais à prêter l’oreille à Satan, et nous ne devrions nous soucier ni du nombre de mensonges proférés sur un passage, ni de l’ampleur du doute que Satan suscite. Le sens de « résurrection » était clair et manifeste, tant pour les rédacteurs bibliques que pour les premiers chrétiens ; et, d’après 1 Corinthiens 15, nous devons reconnaître que ceux qui nient la résurrection physique de Jésus sont hors du troupeau et, à moins d’être convertis par la suite, n’ont aucune part au salut de Dieu.
Voici quelques symptômes de la torsion de l’Écriture.
1) Lorsque vous exigez qu’un verset possède un « sens plus profond » qui contredit le sens évident que tout un chacun comprendrait comme voulu par l’auteur. Si cela était toléré, alors chaque verset qui ordonne ou déclare une chose qui déplaît à une personne pourrait bien avoir un prétendu « sens véritable » contraire à ce que Dieu affirme clairement. Lorsqu’on cherche à l’excès un sens profond et que celui-ci contredit le sens évident, alors le prétendu sens plus profond est erroné.
2) De même, sur-allégoriser l’Écriture : certains passages de l’Écriture sont déclarés allégoriques par l’Écriture elle-même, mais la plupart ne le sont pas.
3) Lorsque vous êtes contraint d’affirmer que le grec ou l’hébreu possède un sens particulier qu’aucun locuteur natif du grec ou de l’hébreu ne reconnaîtrait. Si vous devez donner à des mots des sens étranges ou inhabituels que le lecteur ordinaire n’y aurait nullement discernés, alors vous tordez l’Écriture en la redéfinissant.
4) Lorsque le sens que vous voulez donner à une Écriture contredit d’autres Écritures et la tonalité générale du reste de la Bible.
5) Lorsque vous vous souciez davantage d’écarter une Écriture par explication que de l’expliquer. À l’inverse, il vaut mieux que votre théologie non seulement explique [en l’écartant] une Écriture, mais requière la vérité de cette Écriture. Si votre interprétation vide de sens certains passages de l’Écriture, alors votre interprétation est erronée.
6) À l’extrême, votre interprétation implique que Dieu a tenu caché à tout croyant pendant près de 2 000 ans un sens spécial et secret qu’Il vous aurait désormais révélé.
Même de véritables chrétiens peuvent, à leur insu, tordre à l’occasion l’Écriture. James Sire a écrit sur ce sujet un excellent ouvrage, sobrement intitulé Scripture Twisting (IVP). Nous devrions demander au Saint-Esprit de nous guider lorsque nous étudions l’Écriture.
Q: En 2 P 3:16, quels sont quelques exemples de véritables croyants déformant l’Écriture ?
R: Voici des exemples historiques que tous les chrétiens d’aujourd’hui devraient reconnaître comme erronés. Le but de les rapporter n’est pas de mépriser ceux qui ont commis ces erreurs, mais de veiller à ne pas commettre nous-mêmes d’autres erreurs pour les mêmes raisons.
Manque d’attention au détail : Justin Martyr (138-165 apr. J.-C.) affirma que le grand prêtre portait 12 clochettes au bas de sa robe. En réalité, il y avait 12 pierres précieuses sur l’éphod, mais un nombre non précisé de clochettes au bas de sa robe. Dialogue avec Tryphon le Juif, ch. 42, p. 215.
Confusion de noms : Jean Chrysostome (mort en 407 apr. J.-C.) évoque le meurtre de Mephibosheth alors qu’il aurait dû dire Ishbosheth. Commentaire sur les Philippiens, homélie 5, verset 3, p. 206.
Confusion entre ce que l’Écriture rapporte comme dit par un incroyant et ce que Dieu déclare : Irénée (182-188 apr. J.-C.) affirme que Jésus avait près de 50 ans lorsqu’Il commença Son ministère. Irénée, Contre les hérésies, livre 2, ch. 22.6, p. 392.
Absence de prise en compte des autres Écritures : le Pasteur d’Hermas (vers 115-155 apr. J.-C.), livre 2, commandement 10, ch. 2, p. 27, affirme que la tristesse chasse le Saint-Esprit, parce que le Saint-Esprit est un esprit joyeux. Qu’en est-il alors de la repentance et du livre des Lamentations ? Le Saint-Esprit est-Il réellement chassé des chrétiens chaque fois que nous nous attristons ?
Sur-allégorisation de l’Écriture : Novatien (250/254-256/257 apr. J.-C.) affirme que le commandement de l’Ancien Testament de ne pas manger de chameau signifie qu’il condamne une vie tortueuse et criminelle. Sur les viandes juives, ch. 3, p. 647.
Sur-allégorisation véritablement excessive : Clément d’Alexandrie (193-202 apr. J.-C.) : « Or, la robe du grand prêtre est le symbole du monde sensible. Les sept planètes sont représentées par cinq pierres et les deux escarboucles, pour Saturne et la Lune. La première est sud-occidentale, humide, terreuse et lourde ; la seconde est aérienne, d’où elle est appelée par certains Artémis, comme si elle était Aérotomos (qui fend l’air) ; et l’air est nuageux. » Stromates, livre 4, ch. 6, p. 453.
Mauvaise lecture des mots traduits : Théodote, probable montaniste (vers 240 apr. J.-C.) : « “Dieu a dressé Sa tente dans le soleil”, faut-il l’entendre ainsi ? Dieu “dressé dans le soleil”, c’est-à-dire dans le Dieu qui est auprès de Lui, comme dans l’Évangile, Éli, Éli, au lieu de mon Dieu, mon Dieu. » La note précise que Théodote confondit Éli, Éli, avec Hélios, Hélios. Extraits de Théodote, ch. 57, p. 50, 5:2,8.
Restriction au-delà de ce que dit l’Écriture : l’anabaptiste Conrad Grebel (1498-1526 apr. J.-C.) croyait qu’aucun chant n’était permis dans l’Église. Colossiens 3:16 déclare : « …chantez des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, avec reconnaissance dans vos cœurs, à Dieu. » Cependant, Conrad interpréta « dans vos cœurs » comme signifiant que l’on ne devait pas chanter à voix haute.
Extrapolation à partir de ce que l’Écriture énonce modestement : Athanase (326-373 apr. J.-C.) enseignait que Jérémie et Jean-Baptiste étaient nés sans nature pécheresse.
Projection de ses sentiments sur Dieu : Dieu serait exempt de toute colère, selon Clément de Rome (96-98 apr. J.-C.) (1 Clément, ch. 19, p. 10) et l’Épître à Diognète (vers 130-200 apr. J.-C.), ch. 8, p. 28.
Assimilation de ses vues à l’Écriture : Cyprien de Carthage (vers 248-256 apr. J.-C.) (Lettres de Cyprien, lettre 58.2, p. 353), Ambroise de Milan (370-390 apr. J.-C.), Augustin d’Hippone (388-430 apr. J.-C.) et Prosper d’Aquitaine (vers 390-455) (Sur la rémission des péchés 5:25,26-28-29, et Le baptême, ch. 26-30, 33-35) enseignèrent tous que les enfants baptisés qui meurent vont assurément au ciel, et que les enfants non baptisés qui meurent vont assurément en enfer.
Ajout de ses vues spirituelles à l’Écriture : Origène (225-254 apr. J.-C.) croyait à la préexistence des âmes, dans le De Principiis. (Il ne croyait toutefois pas à la réincarnation.)
Introduction de sa propre conception de la nature dans l’Écriture : Lactance (vers 303-vers 325 apr. J.-C.) enseignait que la terre est plate. Il serait absurde, selon lui, de la croire sphérique et de penser qu’il y aurait des gens aux antipodes marchant la tête en bas. Les Institutions divines, livre 3, ch. 24, p. 94.
Ajout de superstition à la parole de Dieu : le luthérien Philippe Mélanchthon (1497-1560) croyait à l’utilité de l’astrologie et de la chiromancie. (Luther rejetait toutefois ces choses.)
Introduction de ses préjugés dans la parole de Dieu : Lactance (vers 303-vers 325 apr. J.-C.) qualifie les hommes de forts et de plus robustes, et les femmes de plus faibles et de plus fragiles. Les Institutions divines, livre 1, ch. 16, p. 29. Athanase (318 apr. J.-C.) écrivit : « Car même les femmes, qu’il n’est pas prudent d’admettre à la délibération sur les affaires publiques, ils les adorent et les servent avec l’honneur dû à Dieu, telles celles instituées par Thésée comme il est dit plus haut. » Athanase, Contre les païens, ch. 10.2, p. 9. Jean Chrysostome (mort en 407 apr. J.-C.) était antisémite ; il rédigea un ouvrage entier contre les Juifs. Il n’était pas seulement critique à l’égard de la religion juive, mais dirigé contre les Juifs eux-mêmes.
Absence de pardon : Novatien (250/254-256/257 apr. J.-C.) provoqua un schisme au sein de l’Église. Les novatianistes croyaient comme les autres chrétiens, sauf que, si une personne avait un jour renié la foi, même sous la contrainte, les novatianistes enseignaient qu’elle avait perdu son salut à jamais et ne pouvait jamais le recouvrer.
Absence de charité : Martin Luther estimait que tous les anabaptistes devaient être mis à mort. (Il changea toutefois d’avis dans le dernier sermon qu’il prononça.) Augustin approuvait la torture des hérétiques, tel Priscillien.
Mais de véritables chrétiens peuvent encore commettre des erreurs de même ampleur que celles ci-dessus. Nous devons avoir une saine doctrine tout en étant en accord avec l’Esprit. Comme l’a plaisamment observé un écrivain chrétien contemporain : « Si vous avez la doctrine sans l’Esprit, vous vous desséchez ; si vous avez l’Esprit sans la doctrine, vous explosez ; et si vous avez les deux, vous grandissez. »
Q: En 2 P 3:17, comment de véritables croyants peuvent-ils être entraînés par l’égarement des hommes sans loi ?
R: Il est triste de le dire, mais cela peut arriver. Je connais personnellement un chrétien qui se convertit au mormonisme. Il le quitta par la suite et revint au christianisme.
J’ai aussi lu l’histoire d’une femme qui quitta le christianisme et se convertit à l’islam. Après 15 années passées dans l’islam, elle déclara : « Hier, j’ai pris conscience de ce que je m’efforçais d’ignorer, surtout par orgueil. J’ai toujours été chrétienne, bien que je me sois convertie à l’islam. Il y a toujours eu en moi une part qui ne pouvait tout simplement pas croire comme les autres musulmans. Une petite voix qui disait : “Dieu voudrait-Il que l’on lapide des gens à mort ?”, “Dieu voudrait-Il que l’on désigne spécialement les femmes pour porter un voile ?”, “si l’islam est meilleur, pourquoi se traitent-ils si mal les uns les autres ?”. Hier, j’ai éprouvé une aspiration à la rédemption et à la véritable compassion du christianisme. »
Ainsi, la deuxième épître de Pierre adresse aux véritables croyants un avertissement rigoureux : soyons sur nos gardes, car cela peut nous arriver. Déchoir de sa position assurée peut renvoyer non seulement à la perte de récompense, mais aussi à la perte de l’assurance du salut. Cependant, si nous avons une foi persévérante, nous reviendrons à Dieu.
Q: En 2 P 3:17, pourquoi de véritables chrétiens, déjà sauvés, doivent-ils être sur leurs gardes ?
R: Dieu nous ordonne de nous examiner nous-mêmes, en 2 Corinthiens 13:5-7, afin de nous assurer que nous sommes réellement sauvés. De même, nous devons demander à Dieu de nous examiner, afin qu’Il nous montre si nous faisons quoi que ce soit qui Lui soit offensant, comme le dit le Psaume 139:24.
Q: En 2 P 3:17, comment des croyants peuvent-ils déchoir de leur position assurée ?
R: Certains chrétiens estiment que de véritables croyants peuvent perdre leur salut ; d’autres croyants ne le pensent pas. Mais, quoi qu’il en soit, ce que décrit Matthieu 7:22-23 se produira, que vous l’appeliez perte du salut ou conversion factice. Il nous est ordonné de nous examiner nous-mêmes, pour voir si nous sommes dans la foi, en 2 Corinthiens 13:5-7.
Même de véritables chrétiens peuvent, pour un temps, être trompés. J’ai eu connaissance d’un mormon qui quitta le mormonisme et vint au Christ. Plus tard, il retourna au mormonisme. Puis d’autres anciens mormons devenus chrétiens s’entretinrent avec lui, et il repartit à nouveau pour revenir au Christ.
Même de véritables chrétiens peuvent tomber dans le péché. Mais ils peuvent revenir, comme l’indiquent 1 Corinthiens 5:1-5 et 2 Corinthiens 2:5-11.
En outre, les chrétiens peuvent subir une perte de récompense, comme le montrent 1 Corinthiens 3:5-15 et 2 Jean 8. Nous ne voulons pas nous tenir honteux devant le Christ à cause de ce que nous avons fait (1 Jean 2:28).
Q: En 2 P 3:18, puisque la grâce nous a déjà été donnée en Jésus à la croix, comment pouvons-nous croître dans la grâce ?
R: Nous pouvons croître dans la grâce de multiples manières ; en voici quelques-unes.
1. Chacun peut croître dans la manifestation de la grâce de Dieu dans sa vie. Nos dons d’argent sont des actes de grâce (2 Corinthiens 8:6), et nous devons travailler à notre salut qui est en nous (Philippiens 2:12-13).
2. Chacun peut croître dans la connaissance de la grâce de Dieu et dans la confiance en elle. En 2 Timothée 2:1, Timothée est appelé à se fortifier dans la grâce qui est en Jésus-Christ.
3. La grâce de Dieu peut atteindre un nombre toujours croissant de personnes dans notre entourage (2 Corinthiens 4:15).
4. Nous recevrons les richesses incomparables de la grâce de Dieu, selon Éphésiens 2:6-7.
Q: Quand la deuxième épître de Pierre fut-elle rédigée ?
R: Puisque 2 Pierre 1:13-15 indique que Dieu montra à Pierre que sa mort était proche, l’explication la plus simple est qu’elle fut rédigée peu avant sa mort, en 67-68 apr. J.-C. Le Bible Knowledge Commentary : New Testament apporte les éléments suivants à l’appui :
Firmilien (256 apr. J.-C.) fait référence à la mise en garde de Pierre contre les faux docteurs.
Méthode d’Olympe et de Patara (270-311/312 apr. J.-C.) cite 2 Pierre 3:8 comme étant de Pierre, dans Sur la résurrection.
Pour un point de vue non chrétien, l’Asimov’s Guide to the Bible (p. 1165) déclare : « il est possible que la deuxième épître de Pierre, comme la première épître de Pierre et l’épître de Jacques, date de la persécution domitienne » (commencée en 90 apr. J.-C.). Divers commentateurs l’affirment parce que :
a. Elle mentionne les épîtres de Paul comme si elles étaient déjà rassemblées, ou du moins rédigées.
b. Elle présente une orientation indiquant que les chrétiens étaient persécutés.
c. La deuxième épître de Pierre ressemble à celle de Jude ; peut-être les deux furent-elles rédigées à une date proche l’une de l’autre.
Cependant, puisque les lettres de Paul furent rédigées avant la mort de Pierre, qu’une très lourde persécution commença trois à quatre ans avant la mort de Pierre, et que l’épître de Jude a fort bien pu être rédigée avant la mort de Pierre, rien ne s’oppose à ce que l’on affirme que la deuxième épître de Pierre fut rédigée avant 67-68 apr. J.-C. Voir également le développement relatif à la date de rédaction de la première épître de Pierre.
Q: En 2 P, comment savons-nous que le livre de la deuxième épître de Pierre fut rédigé par Pierre, d’autant que le style et le grec de la première et de la deuxième épître de Pierre diffèrent ?
R: Il y a au moins trois raisons.
1. 2 Pierre 1:1 l’affirme, et l’Église primitive l’a admis. La seule exception est Origène, qui déclara que la seconde lettre de Pierre était douteuse. Après Nicée, Eusèbe indique que la deuxième épître de Pierre est contestée.
2. Le style (mais non la grammaire grecque) des deux diffère parce que les sujets diffèrent. Comme le souligne Gleason Archer (Encyclopedia of Bible Difficulties, p. 425-426), comparer des listes de mots ne prouve pas davantage qu’ils sont d’auteurs différents que de telles listes ne « prouveraient » que les poèmes de John Milton sont d’une autre personne que Le Paradis perdu, alors que tous reconnaissent que Milton les a tous écrits.
3. La grammaire grecque de la deuxième épître de Pierre est plus fruste parce que, comme l’indique 1 Pierre 5:12, Silas aida Pierre à consigner la première épître de Pierre. Nous ignorons toutefois si Pierre dicta à Silas ce qu’il devait écrire en araméen ou en grec.
Q: En 2 P, comment Pierre a-t-il pu rédiger ce livre, puisque Pierre [prétendument] ne connaissait pas le grec (argument avancé par Bart Ehrman) ?
R: Ehrman suppose que Pierre ne pouvait connaître le grec parce qu’il était à la fois ethniquement et culturellement un Juif de Palestine pratiquant la culture juive. Or, les propres parents de Pierre donnèrent à leur fils un nom grec ! Si le nom donné à Pierre à sa naissance était Simon (nom hébreu et araméen), son frère fut nommé André, ce qui signifie « viril » en grec. En outre, ils étaient de Bethsaïda, laquelle était proche de la frontière de Nazareth et des régions de langue grecque situées sur la moitié orientale du rivage de la mer de Galilée. Philippe, encore un nom grec, était lui aussi de Bethsaïda. Cela revient à peu près à supposer qu’un citoyen américain né et élevé dans une ville frontalière du Texas telle qu’El Paso, ayant un frère nommé Manuel ou José, ne pourrait connaître un mot d’espagnol parce qu’ils sont américains.
Q: En 2 P, comment savons-nous si ce que nous possédons aujourd’hui est une préservation fidèle de ce qui fut originellement rédigé ?
R: Il y a au moins trois raisons.
1. Dieu a promis de préserver Sa parole en Ésaïe 55:10-11 ; Ésaïe 59:21 ; Ésaïe 40:6-8 ; 1 Pierre 1:24-25 et Matthieu 24:35.
2. Le témoignage de l’Église primitive. Voici les auteurs qui firent référence à la deuxième épître de Pierre ou à des versets qui en sont tirés.
Clément de Rome (96-98 apr. J.-C.) fait allusion à 2 Pierre 2:5 dans 1 Clément, ch. 7, vol. 1, p. 7 ; vol. 9, p. 231.
Justin Martyr fait référence à la fois au Psaume 90:4 et à 2 Pierre 3:8 lorsqu’il déclare : « Le jour du Seigneur est comme mille ans. »
L’Épître de Barnabas, ch. 15, p. 146 (100-150 apr. J.-C.), Justin Martyr (vers 138-165 apr. J.-C.) et Irénée (182-188 apr. J.-C.) déclarent qu’un jour auprès du Seigneur est comme mille ans (2 Pierre 3:8). Toutefois, cela pourrait renvoyer aussi bien au Psaume 90:4 qu’à 2 Pierre 3:8. La deuxième épître de Pierre est le livre le moins attesté du Nouveau Testament.
2 Clément (120-140 apr. J.-C.), ch. 2, p. 517, fait allusion à 2 Pierre 3:9 : « Car c’est en vérité une chose grande et admirable que d’affermir, non ce qui est debout, mais ce qui est en train de tomber. Ainsi le Christ voulut-Il sauver ce qui périssait… »
2 Clément (120-140 apr. J.-C.), ch. 16, p. 522, fait allusion à la deuxième épître de Pierre : « Mais vous savez que le jour du jugement vient dès à présent “comme une fournaise ardente”, et que certains “des cieux se fondront”, et que toute la terre sera comme du plomb fondant au feu, et alors les œuvres cachées et manifestes des hommes apparaîtront. »
Irénée (182-188 apr. J.-C.) cite un tiers de 2 Pierre 3:8 : « un jour auprès du Seigneur est comme mille ans ». Cette formulation exacte ne se trouve qu’en 2 Pierre 3:8 et au Psaume 90:4. Irénée, Contre les hérésies, p. 551. Il cite le même passage dans Irénée, Contre les hérésies, p. 557.
Notons, à titre incident, que le Canon de Muratori (vers 170 apr. J.-C.) n’incluait ni l’épître de Jacques, ni celle aux Hébreux, ni la première et la deuxième épître de Pierre, ni la troisième lettre de Jean.
Clément d’Alexandrie cite la partie centrale de 2 Pierre 2:5 dans les Stromates (193-202 apr. J.-C.), livre 1, ch. 21, p. 331 : « Noé prêcha la repentance ». Cette pensée exacte, que Clément suppose apparemment déjà connue de ses lecteurs, ne figure dans l’Écriture qu’en 2 Pierre 2:5. (3 mots, dont un long, sur 15 mots.)
Hippolyte (222-235/246 apr. J.-C.) cite un quart de 2 Pierre 2:22 : « mais, peu après, se vautrer de nouveau dans la même fange ». La Réfutation de toutes les hérésies, livre 9, ch. 1, p. 125.
Hippolyte (222-235/236 apr. J.-C.) fait allusion à 2 Pierre 1:18,19. La Réfutation de toutes les hérésies, livre 10, ch. 24, p. 151.
Hippolyte (222-235/236 apr. J.-C.) fait allusion à 2 Pierre 1:21. Traité sur le Christ et l’Antéchrist, ch. 2, p. 204.
Hippolyte (222-235/236 apr. J.-C.) fait probablement allusion à 2 Pierre 1:18,19. La Réfutation de toutes les hérésies, livre 10, ch. 24, p. 151.
Origène (225-254 apr. J.-C.) déclare que Pierre laissa « une seule épître d’authenticité reconnue. Admettons qu’il en ait laissé une seconde ; car cela est douteux. » Commentaire de Jean d’Origène, tiré du cinquième livre, ch. 3, p. 346.
Origène (225-254 apr. J.-C.) déclare : « notre Seigneur Jésus-Christ, qui est “la lumière véritable” et qui “se lève dans nos cœurs” ». « Se lève dans nos cœurs » est une allusion à 2 Pierre 1:19.
Cyprien de Carthage (vers 246-258 apr. J.-C.) mentionne « l’épître de Pierre » et cite 2 Pierre 2:11,12 dans les Traités de Cyprien, traité 12 — le troisième livre des Témoignages, ch. 11, p. 536.
Firmilien (256 apr. J.-C.) fait référence à la mise en garde de Pierre contre les faux docteurs, ce qui est une allusion à la deuxième épître de Pierre.
Adamantius (300 apr. J.-C.) cite 2 Pierre 3:15b comme étant de Pierre : « puis par l’apôtre Pierre, lorsqu’il écrivit : “selon la sagesse donnée à mon frère Paul” ».
Adamantius (vers 300 apr. J.-C.) cite avec autorité scripturaire 2 Pierre 2:19b. Il déclare citer un passage de l’Écriture lorsqu’il dit : « Par ce qui triomphe d’un homme, celui-ci en est aussi l’esclave. »
Méthode d’Olympe et de Patara (270-311/312 apr. J.-C.) cite 2 Pierre 3:8 comme étant de Pierre, dans Sur la résurrection.
Lactance (vers 303-vers 325 apr. J.-C.) fait allusion à 2 Pierre 2:22 : « Les Cyrénaïques disent que la vertu elle-même est à louer pour cette raison, qu’elle est productrice de plaisir. Certes, dit le chien immonde, ou le porc qui se vautre dans la fange. » Les Institutions divines, livre 3, ch. 8, p. 75.
Lactance (vers 303-vers 325 apr. J.-C.) fait allusion à 2 Pierre 2:22 : « ils se plongent dans d’immondes convoitises, telle la truie qui se vautre dans la fange ; car ils se souillent de boue, ceux qui adorent des dieux, c’est-à-dire qui adorent la boue et la terre. » Les Institutions divines, livre 4, ch. 17, p. 119.
Lactance (vers 303-vers 325 apr. J.-C.) fait allusion à 2 Pierre 2:11, qui est aussi le Psaume 90:4. Les Institutions divines, livre 7, ch. 14, p. 211.
Beaucoup citèrent le jour du Seigneur comme étant de 1 000 ans.
Après Nicée
Le concile de Nicée (mai-juin 325 apr. J.-C.) fait allusion à 2 Pierre 2:22 (les chiens et les truies) dans le canon 12, p. 27.
L’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe (323-326 apr. J.-C.), livre 3, ch. 3, p. 133-135, examine les livres du Nouveau Testament. Il déclare que la première épître de Pierre est authentique. Il affirme que les 14 lettres de Paul sont bien connues, quoique l’Église de Rome doutât que Paul eût écrit l’épître aux Hébreux. Il déclare que la deuxième épître de Pierre est contestée. Les prétendus Actes de Paul, [le Pasteur d’]Hermas, les Actes de Pierre, l’Évangile de Pierre, la Prédication de Pierre et l’Apocalypse [de Pierre] ne sont pas authentiques. Nicene and Post-Nicene Fathers, deuxième série, vol. 1, p. 133-145.
Firmicus (IVe siècle) fait référence à 2 Pierre 2:11.
Athanase (367 apr. J.-C.) ne fait référence à aucun verset précis de la deuxième épître de Pierre, mais il énumère les livres du Nouveau Testament dans la Lettre festale 39, p. 552.
Le Synopsis Scripturae Sacrae (350-370 apr. J.-C. ou Ve siècle) mentionne deux livres de Pierre comme faisant partie du Nouveau Testament. Il cite l’intégralité de 2 Pierre 1:1.
Hilaire de Poitiers (355-367/368 apr. J.-C.) : « Et de nouveau, quoiqu’il sache qu’il est participant de la nature divine, comme le dit le saint apôtre Pierre dans sa seconde épître, il ne doit cependant pas mesurer la nature divine aux limites de la sienne… » Sur la Trinité, livre 1, ch. 18, p. 45.
Éphrem le Syrien (373 apr. J.-C.).
Cyrille de Jérusalem (vers 349-386 apr. J.-C.) (implicitement) mentionne les sept épîtres de Jacques, Pierre, Jean et Jude. Catéchèses, leçon 4, ch. 36, p. 27-28.
Cyrille de Jérusalem (vers 349-386 apr. J.-C.) fait allusion à 2 Pierre 1:19 dans la leçon 10.15, p. 61.
Ambroise de Milan (370-390 apr. J.-C.) fait allusion à 2 Pierre 1:21 : « de même le Saint-Esprit est unique, qui agissait dans les prophètes ».
Le troisième concile de Carthage (397 apr. J.-C.).
Le schismatique Lucifer de Cagliari (370/371 apr. J.-C.).
Didyme l’Aveugle (398 apr. J.-C.).
Julius Firmicus Maternus (IVe siècle), L’Erreur des religions païennes.
Jérôme (404 apr. J.-C.) fait référence à 2 Pierre 1:4 ; 2:13 ; 3:10.
Jérôme déclare : « Les apôtres Jacques, Pierre, Jean et Jude ont publié tout à la fois sept épîtres spirituelles et pertinentes, brèves et longues, brèves quant aux mots mais amples quant à la substance, de sorte que rares sont ceux qui ne se trouvent pas dans l’obscurité en les lisant. » Lettre 53 (à Paulin), vol. 6, p. 102.
Jérôme remarqua toutefois que le style de la première et de la deuxième épître de Pierre diffère. Il attribua cela au fait que Silvain consigna la première épître de Pierre en qualité de secrétaire.
Augustin d’Hippone (416-430 apr. J.-C.) mentionne 2 Pierre 1:4 comme étant de l’apôtre Pierre dans Sur les actes de Pélage, ch. 42, p. 202 (vol. 5). Il fait aussi référence à 2 Pierre 1:2,17,21 ; 2:4,15,20 ; 3:9,11,18.
Jean Cassien (419-430 apr. J.-C.) fait allusion à 2 Pierre 2:19 dans les Institutions de Jean Cassien, livre 5.8, p. 238.
Cyrille d’Alexandrie (444 apr. J.-C.) fait référence à 2 Pierre 2:4 ; 3:11.
Le Speculum (Ve siècle) fait référence à 2 Pierre 1:2(3),5 ; 2:11,13 ; 3:9,10,11.
Quodvultdeus (vers 453 apr. J.-C.) fait référence à 2 Pierre 1:21 ; 2:4.
Le Varimadum (445/480 apr. J.-C.) fait référence à 2 Pierre 1:21.
Jean de Damas (706-749 apr. J.-C.) : « …sept épîtres catholiques, à savoir une de Jacques, deux de Pierre, trois de Jean, une de Jude… » Exposition de la foi orthodoxe, livre 4, ch. 17, p. 90.
Témoignage des hérétiques et des livres apocryphes
L’hérétique Priscillien fait référence à 2 Pierre 2:2.
Le pseudo-Hippolyte (après 235/246 apr. J.-C.) fait référence à 2 Pierre 3:3 comme étant de Pierre. Section 10, p. 244.
Le pseudo-Cyprien (après 358 apr. J.-C.) fait référence à 2 Pierre 2:13.
Le pseudo-Méthode (après 312 apr. J.-C.) présente une citation qui peut correspondre à la moitié de 1 Pierre 2:6, au Psaume 118:22 ou à Ésaïe 28:16. Oraison sur Siméon et Anne, ch. 6, p. 387.
L’hérétique Pélage (416-418 apr. J.-C.) fait référence à 2 Pierre 2:20 ; 3:9,10,11.
L’hérétique pélagien Julien d’Éclane (vers 454 apr. J.-C.) fait référence à 2 Pierre 3:11.
3. Les plus anciens manuscrits que nous possédons de la deuxième épître de Pierre présentent de menues variantes, mais aucune erreur théologiquement significative.
p72 — Papyrus Bodmer 7 et 8 — 1 Pierre 1:1-5:14, 2 Pierre 1:1-3:18 et Jude 1-25. Vers 300 apr. J.-C. Une photographie d’une partie de ce manuscrit (montrant 2 Pierre 1:16-2:2) figure dans The Complete Text of the Earliest New Testament Manuscripts, p. 468. Il y est indiqué que l’écriture est de type « documentaire ».
p74 (= Bodmer 17) — Actes 1:2-5,7-11,13-15,18-19,22-25 ; 2:2-4 ; 2:6-3:26 ; 4:2-6,8-27 ; 4:29-27:25 ; 27:27-28:31 ; Jacques 1:1-6,8-19,21-23,25,27 ; 2:1-3,5-15 ; 18-22,25-26 ; 3:1,5-6,10-12,14,17-18 ; 4:8,11-14 ; 5:1-3,7-9,12-14,19-20 ; 1 Pierre 1:1-2,7-8,13,19-20,25 ; 2:6-7,11-12,18,24 ; 3:4-5 ; 2 Pierre 2:21 ; 3:4,11,16 ; 1 Jean 1:1,6 ; 2:1-2,7,13-14,18-19,25-26 ; 3:1-2,8,14,19-20 ; 4:1,6-7,12,16-17 ; 5:3-4,9-10,17 ; 2 Jean 1,6-7,13 ; 3 Jean 6,12 ; Jude 3,7,12,18,24 (VIIe siècle).
Vaticanus [B] (325-350 apr. J.-C.), Sinaiticus [Si] (340-350 apr. J.-C.) et Alexandrinus [A] (vers 450 apr. J.-C.) contiennent l’intégralité de la deuxième épître de Pierre.
Vulgate clémentine (IVe-Ve siècles) — 2 Pierre 1:1 ; 2:14.
Vulgate de Wordsworth-White (IVe-Ve siècles) — 2 Pierre 1:1-2 ; 3:9.
Vulgate de Stuttgart (IVe-Ve siècles) — 2 Pierre 1:1-2 ; 3:9.
048 (Ve siècle). 0209 (VIIe siècle). Italique (h) (Ve siècle). Italique (j) (Ve siècle). Italique (q) (VIe/VIIe siècle).
Copte bohaïrique [Boh] (IIIe/IVe siècle). Copte sahidique [Sah] (IIIe/IVe siècle). Ephraemi Rescriptus [C] (Ve siècle).
Peshitta syriaque [SyrP] — plus de 350 manuscrits, les plus anciens datant de 411-435 apr. J.-C. (2 Pierre 3:18 selon Bruce Metzger dans A Textual Commentary on the New Testament, p. 633).
Harcléenne syriaque [SyrH] — IIIe/IVe siècle ou 616 apr. J.-C. — 2 Pierre 1:3-5,10,17,19,21 ; 2:4,6,9-13,15,20 ; 3:9-11,18.
Philoxénienne syriaque [SyrPh] — 507/508 apr. J.-C. — 2 Pierre 1:3,10,14,17 ; 2:4,6,11-13,15,17,20 ; 3:9-11,18.
Palestinienne syriaque [SyrPal] — VIe siècle — 2 Pierre 1:1-5,10 ; 3:10-11,18.
Arménien [Arm] — à partir du Ve siècle. Géorgien [Geo] — à partir du Ve siècle. Gothique — 493-555 apr. J.-C.
Voir www.BibleQuery.org/2 Peter Manuscripts.html pour de plus amples précisions sur les premiers manuscrits de la deuxième épître de Pierre.
par Steven M. Morrison, docteur en philosophie (PhD).